Réparation auto : le marché est-il encore en croissance ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Oui, la réparation auto est encore en croissance en France aujourd’hui. Le volume d’entretien-réparation a rebondi de 2,7 % sur un an au deuxième trimestre 2026, tandis que le vieillissement du parc continue de créer un gros réservoir de demande.

Le marché reste pourtant beaucoup moins dynamique qu’il n’en a l’air lorsqu’on regarde uniquement le chiffre d’affaires. En 2025, les ateliers suivis par Mobilians-Solware ont gagné 0,8 % de chiffre d’affaires alors que le nombre d’entrées diminuait : les factures plus élevées font encore une bonne partie de la croissance.

Le meilleur soutien du marché se trouve déjà sur les routes françaises. Le pays compte 42,49 millions de voitures particulières et leur âge moyen atteint 12,3 ans, un niveau particulièrement favorable aux opérations de freinage, suspension, distribution, embrayage, climatisation et diagnostic.

Le faible renouvellement par le neuf prolonge cette situation. Seulement 1,665 million de voitures neuves ont été immatriculées en 2025, contre plus de 2 millions par an en moyenne avant 2020, tandis que 5,5 millions de voitures d’occasion ont changé de propriétaire.

Le vrai frein n’est donc pas forcément le manque de voitures à réparer. C’est de plus en plus la capacité des automobilistes à accepter des devis devenus beaucoup plus élevés, ce qui explique l’intérêt croissant des pièces adaptables, du réemploi et des réparations hiérarchisées selon l’urgence.

La carrosserie profite particulièrement de la hausse de la valeur des réparations. Le panier moyen observé dépasse 1 700 €, mais il faut beaucoup plus d’équipement, de surface et de compétences qu’en mécanique générale ; le gros ticket moyen ne garantit donc pas un meilleur business.

Les pièces de réemploi constituent l’une des poches de croissance les plus concrètes. Elles apparaissent désormais dans plus d’un dossier d’expertise sur cinq, mais représentent encore seulement 6,1 % des pièces remplacées, ce qui laisse une marge de progression importante.

L’électrique va retirer progressivement une partie des revenus liés à la mécanique moteur classique. En revanche, diagnostic électronique, haute tension, ADAS, pneus, climatisation, trains roulants et carrosserie deviennent plus techniques et peuvent récupérer une partie de cette valeur.

Pour un indépendant, le parc vieillissant reste plutôt favorable face aux concessions. Une voiture conservée douze ans ou davantage passe une grande partie de sa vie hors de sa période de garantie, et son propriétaire devient beaucoup plus sensible au prix, à la proximité, aux avis et à la confiance.

Le garage qui semble le mieux placé aujourd’hui est donc un indépendant multimarque capable de travailler sur des véhicules âgés tout en investissant progressivement dans le diagnostic, l’électronique et les motorisations électrifiées. La demande existe ; le risque serait surtout de construire en 2026 un atelier pensé exactement comme en 2010.

La réparation auto est-elle encore en croissance en France aujourd’hui ?

Oui. La réparation automobile recommence même à progresser en volume, mais la croissance reste fragile et les garages gagnent toujours beaucoup grâce à la hausse du montant facturé par intervention.

Les comptes annuels de l’Insee montraient une activité d’entretien-réparation en baisse de 1,5 % en volume en 2024 puis de 0,3 % en 2025. Pris seuls, ces chiffres donnaient l’image d’un marché arrivé à maturité.

Les données disponibles aujourd’hui sont un peu meilleures. Au deuxième trimestre 2026, le volume des ventes dans l’entretien et la réparation automobile était 2,7 % supérieur à celui du même trimestre un an plus tôt. Avril avait progressé, mai avait nettement reculé, puis juin était presque stable. Le redémarrage est réel, mais encore modeste.

Le baromètre Mobilians-Solware raconte l’autre moitié de l’histoire. Sur 1 164 ateliers suivis pendant 2025, le chiffre d’affaires avait augmenté de 0,8 % alors que le nombre d’entrées reculait aussi bien en mécanique qu’en carrosserie. Le montant dépensé à chaque passage compensait la moindre fréquentation.

Pour quelqu’un qui veut ouvrir un garage, le diagnostic est plutôt rassurant : la demande tient et semble même repartir récemment. En revanche, bâtir son business plan sur une forte augmentation annuelle du nombre de voitures à réparer serait risqué.

Indicateur Évolution récente Ce que nous en retenons
Volume entretien-réparation 2024 -1,5 % Année clairement faible
Volume entretien-réparation 2025 -0,3 % Recul presque stoppé
Volume T2 2026 sur un an +2,7 % Rebond récent
CA panel Mobilians-Solware 2025 +0,8 % Valeur toujours positive
Entrées mécanique 2025 -2,2 % Moins de passages
Panier mécanique 2025 +2,7 % Chaque passage rapporte davantage
Panier carrosserie 2025 +4,3 % Forte montée en valeur

Les garages gagnent-ils surtout plus parce que les réparations coûtent plus cher ?

Oui. Une bonne partie de la croissance récente de la réparation auto vient encore de factures plus élevées.

Chez les ateliers de mécanique suivis par Mobilians-Solware, le panier moyen est passé de 392,20 € à 402,60 € en un an. En carrosserie, il est monté de 1 633,90 € à 1 704,60 €. Pendant ce temps, les entrées atelier baissaient.

Les chiffres de France Assureurs donnent une perspective plus longue. Le coût moyen des sinistres matériels automobiles a encore augmenté de 5,3 % en 2025 après +6,7 % l’année précédente. Depuis 2020, la hausse cumulée atteint 39 %.

Même tendance chez SRA. Sur les réparations de collision, le coût moyen a progressé de 5,9 % en 2025 et de près de 30 % en quatre ans. La main-d’œuvre a augmenté de 6,2 % sur la dernière année étudiée, tandis que les ingrédients peinture ont pris 6,9 %.

Une voiture qui arrive aujourd’hui en atelier génère donc souvent davantage de chiffre d’affaires qu’il y a quelques années. Pour le garagiste, la difficulté est que les pièces, les salaires, l’outillage et la formation ont eux aussi renchéri. Une hausse du panier n’équivaut pas automatiquement à une hausse équivalente du bénéfice.

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Pourquoi le vieillissement des voitures françaises est-il une si bonne nouvelle pour les garages ?

Parce que la France conserve ses voitures de plus en plus longtemps, et un parc de plus de douze ans crée énormément de travail pour l’entretien et la réparation.

AAA Data comptait 42,49 millions de voitures particulières en circulation à la fin de 2025, soit encore 1 % de plus sur un an. Leur âge moyen atteignait 12,3 ans, contre 11,9 ans seulement un an plus tôt. Dans plusieurs départements ruraux, il dépasse même 14 ans.

Ce mouvement peut durer. La France n’a immatriculé que 1,665 million de voitures particulières neuves en 2025, selon l’Insee, alors que la moyenne annuelle de 2011 à 2019 dépassait 2,05 millions. Le renouvellement du parc reste donc lent.

En parallèle, 5,5 millions de voitures d’occasion ont changé de propriétaire en 2025. Nous sommes à plus de trois occasions pour une voiture neuve. Beaucoup de ces véhicules auront besoin de freins, pneus, amortisseurs, distributions, embrayages, batteries, climatisation ou réparations électroniques pendant encore plusieurs années.

L’ANFA observe d’ailleurs depuis longtemps la même mécanique : le vieillissement du parc entretient les besoins de maintenance et soutient l’emploi dans les services automobiles.

Une voiture de plus de dix ans coûte-t-elle vraiment beaucoup plus à entretenir ?

Oui. Une fois passée la barre des dix ans, une voiture entre dans une période où les réparations lourdes deviennent nettement plus fréquentes.

Les statistiques du contrôle technique donnent un bon aperçu. Les voitures les plus jeunes réussissent massivement leur contrôle sans défaillance imposant une contre-visite, tandis que la proportion de résultats défavorables augmente fortement avec l’âge.

Cette progression est assez intuitive lorsqu’on regarde les pièces concernées. À douze ou treize ans, un automobiliste ne paie plus uniquement une vidange et quelques filtres. Il commence à rencontrer amortisseurs, roulements, triangles, embrayage, distribution, système antipollution, fuites, climatisation ou composants électroniques vieillissants.

C’est justement là que le parc français se concentre de plus en plus.

Pour un créateur de garage, le potentiel vient donc moins de l’arrivée de millions de voitures supplémentaires sur les routes que de la quantité énorme de voitures déjà présentes qui avancent progressivement vers les âges les plus coûteux à entretenir.

Pourquoi les Français repoussent-ils leurs réparations alors que leurs voitures vieillissent ?

Parce que le besoin de réparer augmente plus vite que le budget que beaucoup d’automobilistes peuvent y consacrer.

C’est l’un des problèmes les plus concrets du marché aujourd’hui. Un parc âgé devrait théoriquement remplir les ateliers, mais une réparation de 800 €, 1 200 € ou 1 500 € devient difficile à absorber pour beaucoup de ménages.

Cette tension apparaît directement dans la fréquentation des ateliers. Chez Mobilians-Solware, les 796 garages mécaniques suivis sur toute l’année sont passés en moyenne de 41,7 à 40,8 entrées par semaine. La carrosserie a connu le même phénomène, à plus petite échelle.

Les automobilistes commencent alors à arbitrer. Certains retardent une opération non urgente, demandent une pièce d’occasion, comparent davantage les garages ou attendent le contrôle technique avant de réparer.

Pour un atelier, le prix devient donc une partie du produit. Pouvoir proposer plusieurs niveaux de réparation, expliquer précisément le devis et offrir une alternative en pièce de réemploi peut récupérer des dossiers qui auraient autrement été reportés.

Les pièces automobiles continuent-elles à faire exploser le prix des réparations ?

Oui, même si la hausse ralentit un peu, les pièces et la complexité des voitures continuent de pousser les factures vers le haut.

Sur la période 2020-2024, les données présentées par France Assureurs faisaient apparaître une hausse de 29 % du coût des pièces liées aux réparations automobiles, contre 14,4 % pour l’inflation générale. Les pièces avaient donc augmenté environ deux fois plus vite.

Les chiffres plus récents de SRA montrent que la complexité technique prend de plus en plus le relais de la simple inflation. En 2025, près de 72 % des pièces endommagées lors des sinistres analysés étaient remplacées plutôt que réparées. En moyenne, 6,5 pièces étaient touchées par sinistre.

Les optiques illustrent bien le changement. Un phare moderne peut intégrer LED, électronique, calculateurs et systèmes liés aux aides à la conduite. Un petit choc avant peut ainsi générer plusieurs milliers d’euros de pièces et davantage de temps de travail.

Cette évolution favorise les ateliers correctement équipés. Plus la voiture devient compliquée, plus le simple remplacement de pièces laisse place au diagnostic, au codage, à la mise en sécurité ou au recalibrage.

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La carrosserie automobile est-elle plus intéressante que la mécanique classique ?

La carrosserie est actuellement l’un des segments les plus intéressants en valeur, avec des paniers très élevés et des réparations qui deviennent toujours plus techniques.

Le panier moyen observé par Mobilians-Solware atteignait environ 1 705 € en carrosserie en 2025, contre environ 403 € en mécanique. Même avec moins d’entrées, la valeur d’un dossier carrosserie continue à progresser rapidement.

France Assureurs apporte un autre indice intéressant : la fréquence des sinistres matériels automobiles a baissé de 2 % en 2025, alors que leur coût moyen augmentait encore de 5,3 %. Les carrossiers peuvent donc avoir moins de dossiers tout en travaillant sur des réparations plus chères.

SRA estime désormais que le coût moyen d’une réparation collision a augmenté de près de 30 % en quatre ans. Les véhicules électriques et hybrides, les pièces en aluminium, les capteurs, les caméras et les procédures de mise en sécurité ajoutent du temps et de la technicité.

La carrosserie exige cependant beaucoup plus de capital qu’un petit atelier mécanique : cabine de peinture, surface, équipement, compétences et relations avec assureurs et experts. Le gros panier moyen ne signifie donc pas que l’activité soit automatiquement plus rentable.

Élément Mécanique Carrosserie
Panier moyen observé ~403 € ~1 705 €
Évolution du panier +2,7 % +4,3 %
Évolution des entrées -2,2 % -1,8 %
Intensité en équipement Moyenne Élevée
Complexité électronique En hausse En forte hausse
Besoin de surface Modéré Important
Barrière à l’entrée Plutôt accessible Nettement plus élevée

Les pièces d’occasion peuvent-elles devenir un vrai business pour les garages ?

Oui. Les pièces de réemploi progressent vite et restent encore assez peu utilisées pour laisser une vraie marge de développement.

Les données SRA sont particulièrement parlantes. En 2020, seulement 9,5 % des rapports d’expertise de collision comportaient au moins une pièce de réemploi. En 2025, cette proportion atteint 20,9 %.

En revanche, lorsqu’on compte toutes les pièces réellement remplacées, le réemploi ne pèse encore que 6,1 %. Sur les véhicules âgés d’au moins cinq ans, nous arrivons à 8,5 %.

Le contraste est intéressant : la pièce d’occasion apparaît désormais dans un dossier sur cinq, mais elle reste très minoritaire dans le nombre total de pièces montées.

Avec un parc qui dépasse douze ans d’âge moyen et des pièces neuves devenues beaucoup plus chères, le terrain est favorable. Un rétroviseur, une portière, un phare ou une aile de réemploi peut faire passer un devis sous le seuil que le propriétaire accepte de payer.

Pour un garage indépendant, savoir trouver rapidement une bonne pièce de seconde vie devient donc une compétence commerciale autant que technique.

Année Rapports avec au moins une pièce de réemploi Part du réemploi dans les pièces remplacées
2020 9,5 % 3,0 %
2021 11,7 % 3,9 %
2022 11,3 % 3,5 %
2023 15,6 % 4,9 %
2024 17,3 % 5,3 %
2025 20,9 % 6,1 %
Évolution 2020-2025 +11,4 points +3,1 points

La voiture électrique va-t-elle vraiment faire perdre du travail aux garages ?

Oui, à terme, surtout pour les ateliers qui vivent des opérations d’entretien moteur les plus classiques.

L’écart de coût d’entretien est déjà visible. La dernière étude Roole Data estime environ 50 € par mois pour l’entretien d’une voiture thermique contre 29 € pour une électrique, soit plus de 40 % de moins.

Le moteur électrique supprime directement une longue liste d’interventions : vidange moteur, bougies, courroie de distribution, embrayage, une grande partie des fluides moteur ou encore de nombreux problèmes liés à l’échappement.

Le freinage régénératif peut aussi ralentir l’usure des plaquettes et des disques.

Pour autant, la bascule du parc prend du temps. Même lorsque l’électrique représente une part importante des immatriculations neuves, ces voitures doivent remplacer progressivement des dizaines de millions de thermiques déjà en circulation.

Le risque est donc très réel sur dix ou quinze ans, mais beaucoup moins menaçant pour un garage lancé aujourd’hui qu’on pourrait le croire en regardant uniquement les ventes de voitures neuves.

Les voitures électriques créent-elles aussi de nouvelles réparations rentables ?

Oui. Elles demandent moins d’entretien courant, mais certaines réparations deviennent plus chères et exigent des compétences que tous les garages n’ont pas encore.

Les sinistres donnent un bon exemple. Les études de réparabilité montrent régulièrement un surcoût pour les électriques et les hybrides par rapport à des thermiques comparables. Poids supérieur, batteries, aluminium, systèmes haute tension, capteurs et architecture électronique compliquent certaines interventions.

La différence se voit particulièrement en carrosserie. Avant de travailler sur certains véhicules, l’atelier peut devoir mettre le système haute tension en sécurité. Une caméra ou un radar déplacé pendant la réparation peut ensuite imposer un calibrage.

L’électrification ne retire donc pas simplement du chiffre d’affaires aux garages. Elle déplace une partie de ce chiffre d’affaires vers d’autres interventions.

Les ateliers les plus exposés sont ceux qui restent centrés sur vidange, distribution et mécanique moteur. Ceux qui développent diagnostic, électronique, climatisation, trains roulants, ADAS, pneus, carrosserie et habilitations électriques ont davantage de possibilités de récupérer la valeur perdue ailleurs.

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Les garages indépendants peuvent-ils encore battre les concessions ?

Oui. Sur un parc français vieillissant, les garages indépendants gardent un terrain particulièrement favorable.

Les concessions disposent d’un avantage évident sur les voitures neuves et récentes, notamment lorsqu’elles sont sous garantie ou financées dans le réseau du constructeur. Mais cette période représente une part de plus en plus petite de la vie totale d’un véhicule conservé douze ans ou davantage.

Après quelques années, le propriétaire commence souvent à regarder le prix, la proximité et la confiance avant le logo de la marque.

Le marché de l’occasion renforce ce mouvement. Avec 5,5 millions de transactions sur une seule année, des millions de voitures passent régulièrement vers un nouveau propriétaire qui n’a aucune raison particulière de rester fidèle au concessionnaire d’origine.

C’est un excellent terrain pour les indépendants multimarques. Ils peuvent travailler sur plusieurs générations de véhicules, proposer de l’adaptable ou du réemploi et ajuster plus facilement le niveau de réparation au budget du client.

L’avantage n’est cependant pas automatique. Aujourd’hui, un indépendant mal noté en ligne, lent à répondre et incapable d’annoncer clairement son prix peut perdre face à un réseau beaucoup plus organisé. La qualité de l’accueil, les avis, le devis et la prise de rendez-vous comptent désormais presque autant que la proximité physique.

Trouver de bons mécaniciens devient-il plus difficile que trouver des clients ?

Dans certaines villes, oui. Le manque de techniciens qualifiés peut limiter la croissance d’un garage avant même que la demande commence à manquer.

L’ANFA compte environ 480 000 salariés dans l’ensemble de la branche des services automobiles et observe une progression de l’emploi depuis une dizaine d’années. Le secteur continue donc à absorber de la main-d’œuvre alors même que le volume de réparation n’a pas connu une croissance spectaculaire ces dernières années.

Le problème vient aussi de l’évolution du métier.

Un atelier a toujours besoin de mécaniciens capables de faire freinage, distribution ou embrayage, mais il lui faut également davantage de personnes à l’aise avec le diagnostic électronique, les réseaux embarqués, les systèmes ADAS ou la haute tension.

Un excellent emplacement avec beaucoup de voitures âgées autour de lui peut ainsi rester sous-exploité faute de bras.

Pour quelqu’un qui crée son garage, nous regarderions donc le bassin de recrutement presque aussi attentivement que le nombre de concurrents dans un rayon de dix kilomètres. Une baie de travail vide parce qu’aucun technicien ne peut être embauché ne produit aucun chiffre d’affaires.

Jusqu’où les garages peuvent-ils encore augmenter leurs prix ?

Pas indéfiniment. Les prix élevés commencent déjà à pousser certains automobilistes vers le report, les pièces moins chères et des arbitrages plus radicaux.

Le problème devient particulièrement visible sur les voitures anciennes. Le propriétaire d’un véhicule qui vaut 4 000 € ou 5 000 € peut accepter une facture de 300 €. Une réparation de 2 000 € déclenche une tout autre réflexion.

La décision se transforme alors en comparaison entre plusieurs options : réparer immédiatement, chercher une pièce de réemploi, effectuer seulement les travaux indispensables, vendre la voiture ou l’abandonner.

Cela explique pourquoi les ateliers ont intérêt à travailler leur taux d’acceptation des devis plutôt que simplement leur tarif horaire. Un devis très élevé qui n’est jamais signé ne crée aucune marge.

Les garages capables de montrer plusieurs solutions au client auront probablement un avantage croissant : pièce constructeur, équipementier, réemploi, intervention immédiate ou réparation à programmer quelques mois plus tard.

La transparence devient particulièrement importante dans ce contexte. Les automobilistes savent que les réparations ont fortement augmenté et veulent comprendre ce qu’ils paient.

Quel type de garage a le plus de potentiel aujourd’hui en France ?

Aujourd’hui, le meilleur pari nous semble être un garage indépendant multimarque capable de réparer des voitures assez âgées tout en montant progressivement en compétence sur l’électronique et les véhicules électrifiés.

Le gros réservoir de clients se trouve déjà sur la route : plus de 42 millions de voitures particulières, avec un âge moyen supérieur à douze ans. Une grande partie de ce parc a encore de nombreuses années devant elle.

Le garage idéal pour profiter de cette demande n’a pas forcément besoin d’être énorme. Il doit surtout couvrir les opérations fréquentes et rentables : freinage, trains roulants, pneus, climatisation, distribution, diagnostic, entretien, petites réparations électriques et, selon le niveau d’investissement, carrosserie.

La possibilité de proposer des pièces de réemploi ou des alternatives au réseau constructeur devient également plus utile à mesure que les factures augmentent.

Nous ajouterions rapidement les compétences hybrides et électriques. Elles ne seront peut-être pas le premier poste de chiffre d’affaires au lancement, mais elles évitent de construire un atelier qui vieillira en même temps que sa clientèle actuelle.

Enfin, un nouveau garage doit être facile à trouver et facile à comprendre. Prix lisibles, avis Google solides, réponse rapide au téléphone, devis clair et rendez-vous simple peuvent faire une différence énorme sur un marché où beaucoup d’acteurs restent encore assez traditionnels.

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Réparation auto : le marché est-il encore en croissance ?

Oui. Les derniers chiffres montrent même que la réparation automobile française retrouve actuellement de la croissance en volume, après deux années beaucoup plus molles.

Le marché reste porté par une base extrêmement solide : un immense parc roulant, des voitures qui vieillissent rapidement, un renouvellement par le neuf encore faible et des réparations qui deviennent plus techniques et plus coûteuses. Le rebond récent de 2,7 % du volume d’entretien-réparation sur un an va dans le même sens.

Nous ne miserions toutefois pas sur une explosion du nombre de passages en atelier. La hausse des prix pousse certains clients à repousser leurs réparations, et l’électrique réduira progressivement une partie de l’entretien mécanique traditionnel.

Pour un entrepreneur, la lecture est assez simple. La réparation auto reste un marché porteur en France, avec probablement encore de nombreuses années de demande élevée devant lui. Mais le garage qui gagnera demain devra être meilleur sur trois choses : réparer un parc vieillissant sans rendre la facture impossible à payer, maîtriser une automobile de plus en plus électronique et récupérer de la valeur sur les nouvelles interventions que cette complexité crée.

Aujourd’hui, ouvrir un garage peut encore avoir beaucoup de sens. Ouvrir exactement le même garage qu’il y a quinze ans en a beaucoup moins.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer si le marché français de la réparation automobile est encore réellement en croissance aujourd’hui. Nous avons comparé l’évolution récente des volumes d’activité avec le chiffre d’affaires des ateliers, leur fréquentation, les paniers moyens, le vieillissement du parc, le marché de l’occasion, les coûts de réparation, le réemploi, l’électrification et l’évolution des compétences nécessaires dans les garages.

Nous ne donnons pas le même poids à tous les indicateurs. Pour mesurer la dynamique immédiate du marché, nous privilégions les volumes d’activité et les entrées en atelier. Le chiffre d’affaires et le panier moyen servent surtout à distinguer une véritable progression de la demande d’une hausse provoquée par des réparations devenues plus coûteuses.

Pour mesurer la profondeur de la demande future, nous regardons davantage le parc déjà en circulation que les seules immatriculations neuves. L’âge des voitures, la lenteur de leur renouvellement et l’importance du marché de l’occasion permettent de mieux comprendre combien de véhicules continueront à nécessiter des réparations dans les prochaines années.

Lorsque plusieurs chiffres semblent aller dans des directions différentes, nous les lisons ensemble. Une hausse du chiffre d’affaires accompagnée d’une baisse des entrées indique par exemple que la valeur moyenne des interventions progresse, mais pas nécessairement que les garages accueillent davantage de clients.

Nous séparons aussi les mouvements de court terme des tendances structurelles. Le rebond observé au deuxième trimestre 2026 donne une indication utile sur l’activité récente, tandis que le vieillissement du parc, la progression du réemploi et l’électrification décrivent des transformations qui se jouent sur plusieurs années.

Les données de coûts de réparation et de sinistres servent à comprendre pourquoi les paniers augmentent et pourquoi la carrosserie, les pièces, la main-d’œuvre, le diagnostic ou les systèmes électroniques prennent davantage de poids. Elles ne sont pas utilisées comme une mesure directe de la rentabilité d’un garage.

Nous avons privilégié les données publiques, les organisations professionnelles de premier rang et les sources directement issues du secteur. Les études plus spécialisées sont utilisées lorsqu’elles permettent d’observer un indicateur qui apparaît mal dans les statistiques générales, notamment les paniers d’atelier, le réemploi ou les différences de dépenses d’entretien selon la motorisation.

Les principales sources utilisées sont l’Insee pour l’évolution récente du volume des ventes dans l’entretien-réparation automobile, l’Insee pour le compte du commerce 2025, Mobilians-Solware pour l’activité, les entrées et les paniers moyens des ateliers, France Assureurs pour l’évolution des sinistres et de leurs coûts, AAA Data pour le parc automobile et son âge moyen, le SDES pour les immatriculations neuves et d’occasion, l’UTAC-OTC pour le contrôle technique, l’ANFA pour l’emploi et les services automobiles, Roole Data pour les dépenses d’entretien selon la motorisation, ainsi que les données SRA sur les coûts de collision et les pièces de réemploi.