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Quel apport faut-il aujourd’hui pour ouvrir un restaurant ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026
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EN RÉSUMÉ

Pour ouvrir un restaurant en France aujourd’hui, 30 % du besoin total reste le meilleur point de départ pour calculer son apport, mais viser 30 à 40 % de ressources solides donne une structure financière beaucoup plus confortable.

Le vrai piège est de calculer ces 30 % uniquement sur le fonds de commerce, les travaux ou le matériel. L’apport doit être mis en face du coût complet du projet, trésorerie de départ comprise.

Un restaurant annoncé à 120 000 € peut facilement devenir un projet à 150 000 ou 170 000 € une fois ajoutés le dépôt de garantie, les frais, le stock, le lancement et quelques mois de trésorerie. L’apport nécessaire grimpe avec lui.

En dessous de 30 %, le financement reste possible, mais la qualité du dossier devient beaucoup plus importante. Un restaurateur expérimenté reprenant un local déjà équipé peut défendre 20 ou 25 % bien plus facilement qu’un débutant qui crée tout de zéro.

Le local peut avoir plus d’impact sur l’apport que le concept lui-même. Une extraction déjà installée, une cuisine exploitable et une électricité adaptée peuvent économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros avant le premier service.

Les banques continuent de financer les entreprises : 96 % des PME ayant demandé un crédit d’investissement au deuxième trimestre 2026 ont obtenu au moins 75 % du montant souhaité. Mais la restauration reste beaucoup plus fragile que la moyenne, ce qui explique pourquoi les banques regardent ces dossiers avec davantage de prudence.

Mettre plus d’apport ne sert pas seulement à obtenir le prêt. Cela réduit aussi les mensualités après l’ouverture, donc le chiffre d’affaires nécessaire chaque mois pour payer le loyer, les salaires et la dette.

Une partie des 30 % peut venir d’autres ressources que de l’épargne personnelle. Prêt d’honneur, associés, ARCE et crédit vendeur peuvent parfois transformer un dossier trop juste en financement beaucoup plus crédible.

La reprise n’est pas automatiquement moins chère qu’une création et la franchise ne demande pas forcément moins de cash. Ce qui compte est le montant en euros à financer et la visibilité qu’on peut apporter à la banque.

Enfin, utiliser toutes ses économies pour atteindre artificiellement 30 % est une mauvaise idée. Il faut distinguer l’argent injecté dans l’entreprise, la trésorerie laissée dans le restaurant et la réserve personnelle du dirigeant.

Pour ouvrir un restaurant en France, faut-il vraiment 30 % d’apport ?

Oui, 30 % du besoin total reste aujourd’hui le chiffre le plus crédible à prendre comme point de départ pour financer un restaurant avec une banque.

Bpifrance Création indique encore dans sa documentation mise à jour en 2026 qu’une banque demande habituellement autour de 30 % du besoin de financement en apport personnel. Autrement dit, sur un projet de 150 000 €, mieux vaut commencer ses calculs avec environ 45 000 € de ressources à apporter.

Ce ratio n’a rien d’une règle obligatoire. Certains dossiers passent avec 20 ou 25 %, tandis qu’une banque peut réclamer davantage sur une création risquée. Dans la restauration, les écarts peuvent vite être importants : un restaurateur expérimenté reprenant un local déjà équipé n’arrive pas avec le même risque qu’un débutant qui doit créer une cuisine, réaliser 100 000 € de travaux et recruter six personnes avant l’ouverture.

Pour préparer un projet aujourd’hui, nous partirions donc sur 30 %. En dessous, il faut généralement avoir de bonnes raisons pour convaincre la banque.

30 % d’apport, mais 30 % de quoi exactement ?

Les 30 % d’apport doivent être calculés sur tout l’argent nécessaire pour ouvrir le restaurant, pas seulement sur le fonds de commerce ou les travaux.

C’est là que beaucoup de budgets deviennent trompeurs. Imaginons 120 000 € de travaux et d’équipements. À première vue, 36 000 € d’apport semblent correspondre aux fameux 30 %. Mais ajoutons 10 000 € de dépôt de garantie et frais, 10 000 € pour le lancement et le stock, puis 30 000 € de trésorerie. Le projet coûte alors réellement 170 000 €, ce qui porte les 30 % à 51 000 €.

La différence est d’autant plus importante que les banques aiment davantage financer des actifs durables, comme du matériel, que de la trésorerie consommée pendant les premiers mois. Bpifrance rappelle d’ailleurs que le besoin en fonds de roulement fait partie des dépenses plus difficiles à faire financer intégralement par une banque.

Le bon réflexe consiste donc à construire d’abord le budget complet, puis à calculer l’apport. Faire l’inverse donne presque toujours une vision trop optimiste.

Besoin du restaurant Montant
Travaux et équipements 120 000 €
Dépôt de garantie et frais 10 000 €
Stock et lancement 10 000 €
Trésorerie de départ 30 000 €
Besoin total 170 000 €
Apport à 30 % 51 000 €
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Combien faut-il apporter pour un petit restaurant ?

Pour un petit restaurant, 20 000 à 50 000 € d’apport permettent aujourd’hui de couvrir une bonne partie des projets raisonnablement dimensionnés.

La fourchette reste large parce qu’un petit restaurant peut coûter 70 000 € comme 150 000 €. Un comptoir avec peu de places, une petite cuisine et un local déjà aménagé se situe évidemment beaucoup plus bas qu’un établissement de 40 couverts nécessitant extraction, mobilier, travaux et salariés.

Les ordres de grandeur publiés par TheFork illustrent bien cet écart : une petite pizzeria principalement tournée vers l’emporter peut démarrer autour de quelques dizaines de milliers d’euros, alors qu’un restaurant gastronomique avec salle et équipe peut demander plusieurs centaines de milliers d’euros.

À 80 000 € de besoin total, 30 % représentent 24 000 €. Pour 120 000 €, nous passons à 36 000 €. Un projet à 150 000 € demande déjà environ 45 000 €.

Voilà pourquoi dire « j’ai 30 000 € pour ouvrir un restaurant » ne nous apprend presque rien tant qu’on ne connaît pas le concept, le local et le budget total.

Budget total Apport à 20 % Apport à 30 % Apport à 40 %
80 000 € 16 000 € 24 000 € 32 000 €
120 000 € 24 000 € 36 000 € 48 000 €
150 000 € 30 000 € 45 000 € 60 000 €
250 000 € 50 000 € 75 000 € 100 000 €

Peut-on ouvrir un restaurant avec seulement 10 ou 20 % d’apport ?

Oui, certains restaurants se financent avec 10 à 20 % d’argent personnel, mais nous n’en ferions pas l’hypothèse de départ pour une création classique.

Bpifrance continue de situer la demande bancaire habituelle autour de 30 % du besoin total. Descendre à 20 %, voire moins, devient surtout réaliste quand plusieurs éléments jouent en faveur du porteur : expérience solide, local déjà équipé, peu de travaux, concept éprouvé, associés, garanties ou financements complémentaires.

Prenons un projet de 150 000 €. Avec 15 000 € d’épargne seulement, le créateur apporte 10 %. Il demande donc à d’autres financeurs d’absorber 135 000 € du risque. Avec 45 000 €, la dette et les autres financements tombent à 105 000 €. Pour la banque, l’écart est loin d’être anecdotique.

Un dossier peut aussi afficher 30 % de ressources sans que tout provienne du compte bancaire du fondateur. Un prêt d’honneur ou l’entrée d’un associé peut renforcer le financement et permettre à quelqu’un disposant personnellement de 20 000 ou 25 000 € de porter un projet plus important.

En pratique, 10 % reste un montage agressif. Autour de 20 %, le financement devient possible dans certains bons dossiers. À 30 %, nous entrons dans une zone beaucoup plus normale.

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Les banques prêtent-elles encore facilement pour ouvrir un restaurant ?

Les banques continuent de prêter beaucoup aux entreprises, mais un nouveau restaurant reste aujourd’hui un dossier qu’elles ont de bonnes raisons d’examiner de près.

Les dernières données de la Banque de France sont assez parlantes. Au deuxième trimestre 2026, 96 % des PME ayant demandé un crédit d’investissement ont obtenu la totalité du montant demandé ou au moins 75 %. Il n’y a donc pas de fermeture générale du robinet bancaire.

La restauration raconte toutefois une histoire moins confortable. Sur les douze mois terminés à fin juillet 2026, la Banque de France comptabilisait 9 721 défaillances dans l’hébergement-restauration. C’est 7,4 % de plus qu’un an auparavant et surtout 31,8 % au-dessus de la moyenne observée entre 2010 et 2019.

Un banquier peut donc parfaitement être optimiste sur le crédit aux PME tout en demandant davantage de sécurité à un restaurateur. Les deux données vont ensemble.

Cela renforce l’importance de l’apport, mais aussi du reste du dossier : niveau du loyer, expérience du dirigeant, coût des travaux, hypothèses de chiffre d’affaires et trésorerie disponible au démarrage.

Est-ce que les taux d’intérêt changent vraiment l’apport nécessaire ?

Les taux actuels ne bloquent plus autant les projets qu’au pic de la hausse, mais emprunter 30 000 ou 50 000 € de moins reste très utile pour un restaurant.

Le coût moyen des nouveaux crédits aux entreprises a nettement reflué par rapport aux niveaux atteints après la remontée brutale des taux. Nous ne sommes toutefois pas revenus à l’époque où une entreprise pouvait s’endetter presque gratuitement.

Prenons simplement un crédit sur sept ans autour de 3,7 %. Emprunter 150 000 € représente environ 2 030 € de remboursement mensuel hors assurance. Avec 200 000 €, nous approchons 2 710 €.

Les 50 000 € de dette supplémentaires coûtent ainsi autour de 680 € chaque mois pendant sept ans. Pour un gros restaurant, cette somme peut paraître raisonnable. Pour un établissement qui dégage quelques milliers d’euros de résultat mensuel, elle compte beaucoup.

Aujourd’hui, l’intérêt d’un apport plus élevé se voit donc surtout après l’ouverture : moins de dette signifie un seuil de rentabilité plus bas et davantage de marge quand un mois se passe mal.

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Combien de trésorerie faut-il prévoir en plus de l’apport ?

Un restaurant qui utilise tout son argent avant son premier service démarre beaucoup trop serré, même si la banque a accepté le dossier.

Il n’existe pas de nombre magique de mois de trésorerie valable pour tous les restaurants. Nous regarderions plutôt les charges incompressibles de chaque projet. Un établissement supportant 8 000 € de loyer et une dizaine de salaires a besoin d’un coussin bien supérieur à celui d’un petit comptoir exploité par deux associés.

Le scénario à tester est assez simple : que se passe-t-il si le restaurant réalise 20 ou 30 % de chiffre d’affaires de moins que prévu pendant ses premiers mois ? Les loyers, salaires, assurances et remboursements bancaires continueront à tomber.

C’est aussi pour cette raison que les fonds propres prennent autant d’importance. La banque financera souvent plus volontiers un four, une chambre froide ou des travaux qu’un trou de trésorerie créé par trois mois de démarrage lent.

Un projet annoncé à 120 000 € sans aucune réserve peut finalement être plus risqué qu’un projet chiffré à 145 000 € dont 25 000 € sont volontairement laissés sur le compte de l’entreprise. Le second coûte davantage sur le papier, mais il a été financé jusqu’au bout.

Les travaux peuvent-ils doubler l’apport nécessaire pour un restaurant ?

Oui, le choix du local peut facilement faire gagner ou perdre plusieurs dizaines de milliers d’euros d’apport avant même que le restaurant ouvre.

Les fourchettes publiées par TheFork donnent une idée de l’ordre de grandeur : une rénovation peut tourner autour de 500 à 1 500 € HT par mètre carré, tandis que l’aménagement d’une cuisine professionnelle peut dépasser 1 000 € HT par mètre carré selon le niveau d’équipement.

Sur 100 m², un écart de seulement 500 € par mètre carré représente déjà 50 000 € de travaux supplémentaires. Avec 30 % de fonds propres, cela peut ajouter environ 15 000 € à l’apport nécessaire.

C’est énorme pour un créateur disposant initialement de 30 000 ou 40 000 €.

Un ancien restaurant avec extraction, électricité adaptée, sanitaires conformes et cuisine encore exploitable peut donc valoir beaucoup plus qu’un loyer facial légèrement inférieur. À l’inverse, un local commercial vide peut paraître bon marché jusqu’au jour où arrivent les devis.

État du local Effet probable sur le besoin de financement
Restaurant récent déjà équipé Faible
Quelques équipements à remplacer Modéré
Rénovation importante Élevé
Local brut avec cuisine et extraction à créer Très élevé
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Faut-il plus d’apport pour créer un restaurant ou pour en reprendre un ?

Une reprise ne demande pas forcément moins d’apport qu’une création, mais un bon restaurant existant peut être plus simple à défendre devant une banque.

Bpifrance utilise également un ordre de grandeur d’environ 30 % de fonds propres pour financer une reprise. Le prix du fonds de commerce peut même rendre l’investissement initial supérieur à celui d’une création modeste.

La différence se trouve surtout dans ce qu’on peut montrer au banquier. Une reprise apporte plusieurs exercices comptables, un historique de chiffre d’affaires, un niveau de marge réel, des tickets moyens, un loyer connu et parfois une équipe déjà en place. Dans une création, tous ces chiffres restent des prévisions.

Un restaurant réalisant réellement 600 000 € de chiffre d’affaires avec une rentabilité démontrée sera souvent plus facile à analyser qu’un concept censé atteindre 600 000 € dès sa première année.

La reprise ouvre aussi la porte au crédit vendeur. Le propriétaire du fonds peut accepter de recevoir une partie du prix plus tard, ce qui complète l’apport et le prêt bancaire. Sur certaines opérations, ce mécanisme réduit fortement la quantité de cash personnel à mobiliser au départ.

Le vrai avantage financier d’une reprise réussie vient donc de la visibilité et des possibilités de montage, pas d’un apport automatiquement plus faible.

Une franchise de restauration permet-elle de mettre moins d’apport ?

Une franchise connue peut aider à obtenir le financement, mais le montant à sortir reste souvent élevé parce que les projets eux-mêmes coûtent cher.

Bpifrance observe qu’un franchisé finance généralement autour de 30 % de son investissement avec son apport. Un réseau solide peut parfois rassurer suffisamment la banque pour descendre un peu sous ce niveau grâce à son concept déjà testé, ses données historiques et son accompagnement.

Mais regardons les euros plutôt que le pourcentage. Une franchise nécessitant 300 000 € d’investissement avec seulement 25 % d’apport demande encore 75 000 €. Un restaurant indépendant coûtant 120 000 € avec 35 % d’apport n’en demande que 42 000 €.

Le pourcentage plus faible ne rend donc pas forcément la franchise plus accessible.

Il faut également intégrer le droit d’entrée, les éventuels frais d’aménagement imposés par le réseau et les royalties futures. Pour quelqu’un disposant de peu de cash, une petite création indépendante bien pensée peut parfois être plus réaliste qu’une enseigne nationale réputée facile à financer.

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Comment compléter son apport quand on n’a pas assez d’épargne ?

Un bon projet de restaurant peut compléter l’épargne du fondateur avec un prêt d’honneur, l’ARCE, des associés ou, dans une reprise, un crédit vendeur.

Le prêt d’honneur est particulièrement intéressant parce qu’il peut renforcer fortement le dossier bancaire. Les dispositifs présentés par Bpifrance peuvent aller, selon le réseau et le projet, de quelques milliers d’euros jusqu’à plusieurs dizaines de milliers d’euros, sans garantie personnelle classique et à taux zéro.

Prenons à nouveau un restaurant nécessitant 150 000 €. Avec 25 000 € d’épargne et un prêt d’honneur de 20 000 €, le porteur arrive à 45 000 € de ressources, soit l’équivalent des 30 % recherchés. La banque peut alors regarder le projet très différemment.

Pour un demandeur d’emploi éligible, l’ARCE peut aussi fournir une somme significative. France Travail permet actuellement de recevoir sous forme de capital 60 % des droits ARE restants, après une retenue de 3 % destinée aux retraites complémentaires. Le versement se fait en deux parties, dont la seconde intervient six mois plus tard sous conditions.

Cela impose de bien distinguer l’argent disponible le jour de l’ouverture de l’argent attendu plus tard.

Le capital social peut également recevoir une partie de ces ressources, tandis que d’autres sommes peuvent être avancées en compte courant d’associé. Pour la banque, ce qui compte surtout est de voir suffisamment de ressources stables face au montant total demandé. Créer une SAS avec quelques centaines d’euros de capital ne rend évidemment pas finançable un restaurant à 200 000 €.

Peut-on ouvrir un restaurant sans apport personnel ?

Ouvrir un restaurant traditionnel avec zéro apport reste aujourd’hui très improbable dès qu’un prêt bancaire important est nécessaire.

Bpifrance est particulièrement claire sur ce point : l’absence de fonds propres est généralement considérée comme rédhibitoire par la banque lors de l’étude d’une création d’entreprise.

Il existe tout de même plusieurs façons de commencer avec très peu d’épargne personnelle. Un associé peut apporter le capital. Un prêt d’honneur peut renforcer le financement. L’ARCE peut fournir du cash. Une reprise peut intégrer du crédit vendeur. Certains projets utilisent aussi du financement participatif ou des investisseurs.

On peut également réduire radicalement le coût du concept lui-même : pas de salle, petit laboratoire, cuisine partagée, activité événementielle ou location-gérance plutôt qu’achat d’un fonds.

Dans ce cas, nous changeons toutefois de type de projet. Financer un petit modèle de restauration avec très peu de cash reste possible. Demander à une banque de financer quasiment 100 % d’un restaurant classique avec bail, cuisine, travaux et équipe relève d’un tout autre niveau de difficulté.

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Quel restaurateur peut convaincre une banque avec moins de 30 % d’apport ?

Un restaurateur expérimenté reprenant un local peu coûteux et déjà équipé peut parfois convaincre avec moins de 30 %, là où un premier projet très lourd aura du mal.

L’expérience compte énormément. Bpifrance cite précisément le parcours du porteur et le réalisme du business plan parmi les éléments qui facilitent l’obtention d’un crédit.

Imaginons deux créateurs ayant chacun 25 000 € à investir dans un projet de 100 000 €. Le premier a déjà dirigé un restaurant, reprend une petite affaire équipée et connaît ses ratios de matière, de personnel et de ticket moyen. Le second ouvre son premier établissement, doit créer l’extraction et prévoit immédiatement un niveau de fréquentation élevé pour atteindre l’équilibre.

Le ratio d’apport est identique : 25 %. Le risque bancaire, lui, n’a rien à voir.

Nous regarderions particulièrement quatre choses derrière le montant d’apport : ce que le porteur a déjà fait, combien coûte réellement le local, à quel niveau de chiffre d’affaires le restaurant atteint l’équilibre et combien de trésorerie reste disponible si le lancement est décevant.

C’est généralement sur ces points qu’un dossier à 20 ou 25 % peut compenser son manque de fonds propres.

Faut-il mettre toutes ses économies dans son restaurant pour rassurer la banque ?

Non, atteindre 30 % d’apport en vidant entièrement son épargne peut rendre le projet plus fragile au lieu de le rendre vraiment plus sûr.

Bpifrance recommande elle-même de ne pas engager 100 % de son épargne personnelle dans une création ou une reprise. Le dirigeant peut passer plusieurs mois sans pouvoir se verser une rémunération normale, particulièrement dans un restaurant qui vient d’ouvrir.

Prenons deux personnes qui injectent chacune 40 000 €. La première possédait 42 000 € au total. La seconde en avait 70 000 €. Leur restaurant reçoit exactement la même somme, mais leur situation personnelle est très différente si elles ne peuvent pas se payer pendant six mois.

Nous garderions donc trois montants séparés dans le plan : ce qui est investi durablement dans l’entreprise, la trésorerie laissée disponible dans le restaurant et l’épargne personnelle qui reste en dehors.

Cela évite un piège assez fréquent : obtenir enfin le prêt bancaire, ouvrir le restaurant, puis découvrir que le dirigeant doit immédiatement sortir trop d’argent de l’entreprise simplement pour payer ses dépenses personnelles.

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Un restaurant à 100 000 € peut-il vraiment être ouvert avec 30 000 € ?

Oui, 30 000 € peuvent suffire pour financer un restaurant dont le coût total est réellement limité à 100 000 €.

Le problème apparaît lorsque les « 100 000 € » correspondent seulement au prix du fonds, aux travaux ou aux principales factures visibles.

Ajoutons par exemple 10 000 € de dépôt et frais, 5 000 € de lancement puis 20 000 € de trésorerie à un budget initial annoncé à 100 000 €. Le besoin monte à 135 000 €. À 30 %, l’apport passe immédiatement de 30 000 à 40 500 €.

Cette différence de 10 500 € peut décider à elle seule si le projet est finançable.

Nous ferions donc systématiquement le test avant de chercher une banque : si toutes les dépenses jusqu’à l’ouverture et le coussin de trésorerie sont incluses, alors oui, 30 000 € peuvent financer un projet à 100 000 €. Si plusieurs postes attendent encore « d’être affinés », mieux vaut considérer que le budget n’est pas encore de 100 000 €.

Besoin réellement financé Apport à 30 %
100 000 € 30 000 €
120 000 € 36 000 €
135 000 € 40 500 €
180 000 € 54 000 €
250 000 € 75 000 €

Alors, combien faut-il avoir aujourd’hui pour ouvrir un restaurant ?

Pour une création de restaurant classique en France, nous viserions aujourd’hui 30 à 40 % du besoin total en ressources solides, avec encore de la trésorerie dans l’entreprise et une réserve personnelle à côté.

Dans les montants, cela donne souvent autour de 20 000 à 50 000 € pour un petit établissement, 40 000 à 75 000 € pour un projet plus classique entre 120 000 et 250 000 €, puis 100 000 € ou davantage dès que les travaux, la surface et l’équipe deviennent importants.

Les 30 % restent le repère bancaire le plus utile. Les données récentes ne montrent d’ailleurs aucun effondrement du crédit aux PME : les entreprises qui présentent de bons dossiers continuent très largement à obtenir leurs crédits d’investissement. La restauration reste néanmoins un secteur risqué, avec des défaillances toujours nettement supérieures à leur niveau historique. Arriver sous-capitalisé complique donc inutilement un dossier déjà observé avec prudence.

Un apport de 20 % peut fonctionner lorsque le restaurant est peu coûteux, le local déjà prêt, le dirigeant expérimenté et le financement complété intelligemment. À 10 %, nous entrerions dans un montage beaucoup plus difficile à défendre. Autour de 30 %, le projet commence à ressembler à ce que les banques ont l’habitude de financer. Entre 30 et 40 %, avec une vraie réserve de trésorerie, la structure devient franchement plus saine.

Pour un restaurant à 150 000 €, cela revient à chercher environ 45 000 à 60 000 € de ressources solides. Si le projet ne tient que parce que le créateur espère ouvrir avec 15 000 € et zéro marge pour un retard de travaux ou trois mauvais mois, le restaurant est probablement trop gros pour ses moyens actuels.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer quel niveau d’apport est aujourd’hui réaliste pour ouvrir un restaurant en France. Nous avons décomposé la question en plusieurs dimensions : les pratiques bancaires, le besoin total à financer, la capacité d’endettement, les conditions actuelles du crédit, le niveau de risque propre à la restauration et les ressources qui peuvent compléter l’épargne personnelle.

Nous avons privilégié les organismes qui produisent directement les données ou les règles utilisées dans l’analyse. Bpifrance Création sert notamment de référence pour le repère d’environ 30 % d’apport, la construction du plan de financement, le besoin en fonds de roulement, les prêts d’honneur, le crédit vendeur et l’utilisation de l’épargne personnelle. La Banque de France est utilisée pour l’accès récent des PME au crédit, le coût du financement et les défaillances dans l’hébergement-restauration.

Le chiffre de 30 % est traité comme un repère bancaire, pas comme une règle obligatoire. Nous l’avons confronté au coût complet du projet, à la trésorerie nécessaire au démarrage et au profil du porteur. Les exemples à 80 000 €, 100 000 €, 150 000 € ou 250 000 € sont des scénarios destinés à montrer l’effet concret de ces ratios ; ils ne représentent pas un budget moyen officiel des restaurants français.

Nous avons également distingué l’épargne personnelle des autres ressources pouvant renforcer le financement. Les informations sur l’ARCE proviennent de France Travail, celles sur la reprise, le crédit vendeur, les comptes courants d’associés et la location-gérance de Bpifrance Création, tandis que Service-Public est utilisé pour les principaux éléments à examiner lors de l’ouverture ou de la reprise d’un restaurant.

Key sources used for this analysis include: Bpifrance Création sur le recours au prêt bancaire et le niveau d’apport, Bpifrance Création sur le financement des créateurs, Bpifrance Création sur le plan de financement initial, Bpifrance Création sur le besoin en fonds de roulement, la Banque de France sur l’accès des entreprises au crédit au deuxième trimestre 2026, la Banque de France sur les défaillances d’entreprises en juillet 2026, la Banque de France sur les taux d’intérêt bancaires en juillet 2026, Bpifrance Création sur le prêt d’honneur Création-Reprise, France Travail sur l’ARCE, Bpifrance Création sur l’utilisation de l’épargne personnelle, et Service-Public sur l’ouverture et la reprise d’un restaurant.

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