Chaussures : quel coefficient multiplicateur aujourd'hui ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Magasin de chaussures : maîtrisez votre stock

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EN RÉSUMÉ

Pour une boutique de chaussures multimarque en France, viser environ 2,4 à 2,7 au prix catalogue, avec 2,5 comme repère central, est aujourd’hui raisonnable ; le coefficient réellement encaissé devrait idéalement rester autour de 2,2 ou plus.

Le coefficient n’a de sens que si l’on précise la convention. Ici, nous divisons le prix de vente TTC par le prix d’achat HT : une paire achetée 40 € HT et vendue 100 € TTC est donc à coefficient 2,5.

Le chiffre affiché en rayon surestime souvent la marge réellement conservée. À coefficient 2,5, le taux de marque est de 52 % plein tarif, mais une remise de 20 % le ramène déjà à 40 %, et une remise de 30 % à 31,4 %.

Le vrai sujet est donc moins le coefficient catalogue que le coefficient encaissé après promotions, ventes privées et déstockage. Sur le marché actuel, les remises ne sont plus un accident de fin de saison : elles font partie du modèle économique.

Un coefficient 2 paraît vite trop court pour un indépendant. Avec la TVA à 20 %, il ne laisse que 40 % de taux de marque avant loyer, salaires, frais bancaires, marketing, pertes et invendus.

La rotation du stock peut compter davantage qu’un demi-point de coefficient. Une boutique à 2,4 qui vend vite ses références peut être plus saine qu’une boutique à 2,8 qui finit par solder une grosse partie de ses pointures.

Le bon prix se construit souvent à l’envers : on part du prix public que le client acceptera vraiment, puis on en déduit le prix d’achat maximal. Sur une paire vendable 120 € TTC, viser 2,5 impose par exemple de l’acheter 48 € HT maximum.

Les produits très comparables, notamment certaines grandes sneakers, limitent la liberté tarifaire. Les marques moins diffusées, les exclusivités, le premium et les accessoires donnent davantage de marge de manœuvre.

La marque propre peut permettre de dépasser 3, mais elle déplace le risque vers le commerçant : développement, minimums de commande, qualité, communication et surtout invendus. Un gros coefficient ne compense pas une mauvaise collection.

Dans un business plan, nous testerions donc au moins deux niveaux : environ 2,5 au prix catalogue et 2,2 à 2,3 réellement encaissé. Si le projet ne fonctionne qu’avec 2,5 encaissé toute l’année, il est probablement trop fragile.

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Quand on parle d’un coefficient multiplicateur de 2,5 en chaussure, ça veut dire quoi exactement ?

Pour une boutique de chaussures, un coefficient multiplicateur de 2,5 signifie généralement qu’une paire achetée 40 € HT est vendue 100 € TTC.

C’est la convention que nous utiliserons ici : prix de vente TTC divisé par prix d’achat HT. Il faut la préciser, car certains commerçants raisonnent plutôt entre achat HT et vente HT.

Dans notre exemple, les 100 € TTC correspondent à 83,33 € HT avec une TVA à 20 %. La boutique ne gagne donc pas 60 € sur une paire achetée 40 €. Sa marge commerciale est de 43,33 €.

Cette distinction change complètement la lecture d’un coefficient. Avec un coefficient 2, la marge commerciale représente seulement 40 % du chiffre d’affaires HT. À 2,4, nous arrivons à 50 %. À 2,5, nous sommes à 52 %. Un coefficient 3 donne 60 %.

Coefficient achat HT → vente TTC Achat HT Vente TTC Vente HT Taux de marque
1,8 40 € 72 € 60 € 33,3 %
2,0 40 € 80 € 66,67 € 40,0 %
2,2 40 € 88 € 73,33 € 45,5 %
2,4 40 € 96 € 80 € 50,0 %
2,5 40 € 100 € 83,33 € 52,0 %
2,6 40 € 104 € 86,67 € 53,8 %
2,8 40 € 112 € 93,33 € 57,1 %
3,0 40 € 120 € 100 € 60,0 %
3,5 40 € 140 € 116,67 € 65,7 %

Un coefficient de 2 suffit-il encore pour vendre des chaussures aujourd’hui ?

Pour une boutique de chaussures classique, partir sur un coefficient de 2 est aujourd’hui trop juste.

Une paire achetée 50 € HT et vendue 100 € TTC ne génère que 33,33 € de marge commerciale. Le taux de marque est de 40 %, avant le moindre euro de loyer, salaire, paiement par carte, marketing ou invendu.

Le problème devient évident dès qu’une remise apparaît. Avec -20 %, cette paire est vendue 80 € TTC, soit 66,67 € HT. La marge tombe à 16,67 € et le taux de marque à 25 %.

Un coefficient 2 peut rester logique sur un produit acheté à prix cassé, une référence qui tourne très vite ou dans une structure avec très peu de charges. Pour bâtir le modèle économique d’un détaillant indépendant, nous le trouvons beaucoup trop fragile.

Pourquoi le coefficient 2,5 est-il un bon repère pour une boutique de chaussures ?

Le coefficient 2,5 reste aujourd’hui un bon point de départ parce qu’il donne environ 52 % de taux de marque avant promotions.

Prenons une paire achetée 40 € HT et affichée à 100 € TTC. Vendue plein tarif, elle laisse 43,33 € de marge commerciale.

À -20 %, le client paie 80 € TTC. Le coefficient réellement encaissé tombe déjà à 2 et la marge à 26,67 €.

À -30 %, le coefficient descend à 1,75. La marge commerciale n’est plus que de 18,33 €.

Voilà pourquoi un coefficient initial de 2,5 peut sembler confortable sur Excel alors qu’il devient assez banal une fois la saison terminée. Une partie de cette marge de départ sert simplement à absorber les réductions.

Les promotions obligent-elles aujourd’hui à augmenter le coefficient sur les chaussures ?

Oui, le poids actuel des promotions pousse clairement les boutiques de chaussures à protéger davantage leur marge de départ.

La Fédération Française de la Chaussure estimait qu’en 2024, 51 % des achats de chaussures en valeur avaient bénéficié d’une remise : soldes, promotions, ventes privées, déstockage ou avantage fidélité. Nous parlons donc de plus d’un euro sur deux dépensé sur le marché.

Le phénomène reste très présent. Pour la saison automne-hiver 2025/2026, la Fédération indiquait que le démarrage difficile avait maintenu les achats avec remise à un niveau élevé. Dans son premier bilan du printemps-été 2026, portant sur les achats de mars à mai, elle constatait encore que les achats remisés gagnaient du terrain.

Pour un business plan, ce point est difficile à contourner. Les promotions ne sont plus seulement un événement exceptionnel de fin de saison : elles font régulièrement partie du prix réellement payé par le client.

Un magasin qui construit son modèle avec un coefficient 2,2 plein tarif prend donc un risque sérieux : quelques semaines de promotions peuvent faire tomber sa marge effective à un niveau difficile à soutenir.

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Combien de marge perd-on avec -20 % ou -30 % sur une paire de chaussures ?

Sur une paire affichée avec un coefficient 2,5, une réduction de 20 % fait passer le taux de marque de 52 % à 40 %, tandis qu’une réduction de 30 % le ramène à seulement 31,4 %.

L’effet est plus violent qu’il n’en a l’air. Avec un coût d’achat de 40 € HT, une paire vendue 100 € TTC laisse 43,33 € de marge commerciale.

À 80 € TTC, il ne reste plus que 26,67 €. La remise client est de 20 €, mais elle a supprimé 16,66 € de marge HT, soit près de 38 % de la marge commerciale initiale.

À 70 € TTC, la marge tombe à 18,33 €. Plus de la moitié de la marge initiale a alors disparu.

Et à -50 %, un coefficient initial de 2,5 ne laisse pratiquement plus rien : 50 € TTC représentent 41,67 € HT pour une marchandise payée 40 €.

Remise sur le prix initial Coefficient réel avec départ à 2,5 Taux de marque restant
0 % 2,50 52,0 %
10 % 2,25 46,7 %
20 % 2,00 40,0 %
25 % 1,88 36,0 %
30 % 1,75 31,4 %
35 % 1,63 26,2 %
40 % 1,50 20,0 %
50 % 1,25 4,0 %

Les magasins de chaussures encaissent-ils vraiment 50 % de marge ?

Non, beaucoup de distributeurs de chaussures démarrent avec une marge théorique proche ou supérieure à 50 %, puis terminent nettement plus bas après promotions, déstockage et mix produit.

Les derniers comptes de Spartoo donnent un exemple intéressant à grande échelle. Sur 2025, le groupe annonçait une marge commerciale de 44,5 % sur ses activités B2C. C’est très inférieur aux 52 % que produirait un coefficient 2,5 encaissé sans aucune remise.

Le reste du compte de résultat montre pourquoi quelques points de marge comptent autant. Spartoo a réalisé 122,2 millions d’euros de chiffre d’affaires ajusté et seulement 2,3 millions d’euros d’EBITDA ajusté, soit 1,9 %. Son résultat net restait négatif à -1,5 million d’euros.

Spartoo n’est évidemment pas une petite boutique indépendante : le groupe vend en ligne, opère plusieurs activités et supporte une structure différente. Mais l’exemple illustre bien l’écart entre marge sur les marchandises et argent qui reste réellement à la fin.

Comme nous l’avons vu plus haut, les remises restent fréquentes sur le marché actuel. Une boutique qui affiche 52 % de taux de marque sur son tarif initial ne doit donc surtout pas inscrire 52 % de marge moyenne dans son prévisionnel sans corriger les démarques.

Pourquoi une boutique de chaussures peut-elle avoir une grosse marge et gagner très peu d’argent ?

Parce que la chaussure demande beaucoup de stock et que chaque modèle se fragmente en couleurs et en pointures.

Une paire immobilisée pendant six mois avant de partir à -40 % peut rapporter moins qu’une paire moins margée vendue rapidement. C’est là qu’un coefficient pris tout seul devient trompeur.

Les données de l’Insee montrent depuis longtemps cette difficulté. En 2022, la rentabilité économique des magasins d’habillement et de chaussures atteignait 9,1 %, contre 11,3 % pour l’ensemble du commerce de détail et 17,5 % pour les magasins de sport. L’Insee reliait notamment les difficultés historiques du secteur à une marge commerciale qui progressait insuffisamment par rapport au besoin en fonds de roulement et aux immobilisations.

Pour un magasin de chaussures, le stock est particulièrement exigeant. Avoir le bon modèle ne suffit pas. Il faut encore avoir la bonne couleur et la bonne pointure au moment où le client entre.

Nous regarderions donc autant la rotation du stock que le coefficient. Un magasin qui réalise 2,4 et renouvelle vite ses références peut être bien plus sain qu’un magasin à 2,8 qui liquide une grosse partie de son stock à la fin de chaque saison.

Est-il devenu plus difficile de vendre des chaussures plein tarif ?

Oui, vendre les chaussures plein tarif reste actuellement difficile, et les chiffres les plus récents ne montrent pas de vraie détente.

Le baromètre de la Fédération des Détaillants en Chaussures de France, réalisé auprès de 472 détaillants indépendants, a mesuré une baisse de 4,2 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre 2026. Les commerces sans salarié, les entreprises de moins de cinq salariés et les boutiques de centre-ville figuraient parmi les plus touchés.

La Fédération Française de la Chaussure arrive à une conclusion proche en regardant directement la consommation. Sur les trois premiers mois de la saison printemps-été 2026, le marché accusait environ 2 % de retard en chiffre d’affaires sur un an. Les achats avec remise progressaient en même temps.

La pression vient donc des deux côtés. Le commerçant voudrait préserver un coefficient élevé pour financer ses charges, alors que le consommateur continue à chercher les promotions.

Cela rend les hausses de prix difficiles. Passer mécaniquement un coefficient de 2,5 à 3 ne crée aucune marge supplémentaire si le nouveau prix oblige ensuite à solder davantage la paire.

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Peut-on mettre le même coefficient sur des sneakers, des chaussures de ville et des chaussures premium ?

Non, appliquer le même coefficient à toutes les chaussures d’un magasin est rarement une bonne idée.

Une sneaker Nike ou Adidas facilement comparable en ligne laisse peu de liberté tarifaire. Le client peut vérifier le prix chez plusieurs concurrents en quelques secondes. Dans ce cas, le prix public du marché dicte largement ce que nous pouvons payer au fournisseur.

Une marque moins distribuée, une chaussure premium ou une référence exclusive laisse davantage de latitude. Le commerçant peut défendre son prix avec la rareté, le conseil, le chaussant ou une sélection difficile à retrouver ailleurs.

Les accessoires changent encore la donne. Chaussettes, semelles, produits d’entretien ou lacets peuvent parfois supporter des coefficients supérieurs et relever la marge du panier global.

Nous construirions donc plutôt un mix : quelques références très visibles qui attirent les clients, des produits moins comparables qui portent davantage de marge, puis des accessoires qui améliorent le panier.

Une marque propre permet-elle vraiment de passer à un coefficient de 3 ?

Oui, une marque propre peut assez facilement viser un coefficient 3 ou davantage si le client accepte le prix final.

Une paire dont le coût rendu est de 30 € HT et qui se vend 90 € TTC affiche un coefficient 3. Son chiffre d’affaires HT est de 75 €, ce qui laisse 45 € de marge commerciale et un taux de marque de 60 %.

À 105 € TTC, le coefficient passe à 3,5 et le taux de marque approche 66 %.

Cette marge plus élevée a toutefois une contrepartie. Le détaillant doit financer le développement du modèle, les prototypes, les minimums de commande, le packaging, les photos, le contrôle qualité, la communication et les éventuels défauts de collection. Il assume également tout le risque d’invendus.

La marque propre devient donc particulièrement intéressante quand la boutique connaît déjà très bien ses clients et sait quelles formes, pointures et gammes de prix tournent. Pour une première collection lancée sans historique de ventes, un coefficient 3 peut rapidement être mangé par des stocks qui ne sortent pas.

Faut-il absolument viser un coefficient 3 pour ouvrir un magasin de chaussures ?

Non, viser 3 sur toute la boutique serait trop contraignant pour beaucoup de commerces multimarques.

Si une paire coûte 50 € HT, un coefficient 3 impose un prix public de 150 € TTC. C’est parfait lorsque les clients acceptent 150 €. Si les autres magasins vendent exactement la même référence autour de 120 €, le coefficient prévu disparaît avant même l’ouverture.

Le calcul le plus utile fonctionne à partir du prix public réaliste. Pour une paire que le marché accepte à 120 € TTC, un coefficient 2,5 impose un achat à 48 € HT maximum. Pour obtenir 2,7, il faut descendre à 44,44 €. Pour atteindre 3, le prix d’achat ne doit pas dépasser 40 €.

Cette façon de raisonner remet l’achat au centre du modèle. Une bonne négociation fournisseur, une exclusivité ou un sourcing plus direct peuvent créer davantage de marge qu’une hausse de prix difficile à défendre auprès du client.

Prix public TTC réaliste Achat max. pour coeff. 2,2 Achat max. pour coeff. 2,5 Achat max. pour coeff. 2,7 Achat max. pour coeff. 3
60 € 27,27 € 24 € 22,22 € 20 €
80 € 36,36 € 32 € 29,63 € 26,67 €
100 € 45,45 € 40 € 37,04 € 33,33 €
120 € 54,55 € 48 € 44,44 € 40 €
150 € 68,18 € 60 € 55,56 € 50 €
180 € 81,82 € 72 € 66,67 € 60 €
200 € 90,91 € 80 € 74,07 € 66,67 €
250 € 113,64 € 100 € 92,59 € 83,33 €

Une petite boutique de chaussures doit-elle viser plus de marge qu’une grande chaîne ?

Oui, un indépendant a généralement intérêt à chercher une meilleure marge par produit, car il dispose de moins d’économies d’échelle et de moins de pouvoir de négociation.

Une grande chaîne peut gagner avec une marge unitaire plus serrée lorsqu’elle achète mieux, écoule davantage de paires, mutualise ses équipes et répartit ses coûts sur des dizaines ou des centaines de magasins.

La période actuelle rend cette différence encore plus visible. Dans son dernier baromètre disponible, la Fédération des Détaillants en Chaussures de France constate que les petites structures font partie des acteurs les plus exposés au recul des ventes.

Cela pousse l’indépendant à chercher des produits moins faciles à comparer : marques rares localement, grandes ou petites pointures, chaussures confort, enfant, premium, modèles techniques ou références exclusives.

Plus une référence apparaît exactement sous le même SKU chez dix concurrents, plus la boutique perd la maîtrise de son prix. Dans ce cas, il faut surtout être très bon à l’achat.

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Le e-commerce permet-il de travailler avec un coefficient plus bas sur les chaussures ?

Pas vraiment : vendre des chaussures en ligne supprime certaines charges de magasin mais ajoute logistique, retours, transport et acquisition client.

La chaussure est particulièrement sensible à ce problème parce qu’un client peut commander la mauvaise pointure ou simplement ne pas aimer le chaussant une fois le produit essayé.

Les derniers résultats de Spartoo donnent ici encore un ordre de grandeur utile. Malgré sa taille et ses années d’expérience dans l’e-commerce, le groupe n’a dégagé que 1,9 % de marge d’EBITDA ajusté en 2025. Il a d’ailleurs continué à travailler sur ses frais logistiques, ses coûts marketing et son coût d’acquisition client, tombé à 10,40 €.

Le canal en ligne permet éventuellement de réduire le poids du loyer commercial et d’élargir la zone de chalandise. Il ne rend pas un coefficient 2 confortable par magie.

Pour un nouvel e-commerçant, un produit très comparable acheté trop cher peut même devenir difficile à rentabiliser une fois Google Ads, Meta Ads, expédition et retours ajoutés.

Quel coefficient faut-il réellement mettre dans le business plan d’un magasin de chaussures ?

Pour un magasin de chaussures multimarque, nous prendrions environ 2,5 comme scénario central au prix catalogue, mais plutôt 2,2 à 2,3 comme test prudent du coefficient réellement encaissé.

La différence entre les deux est énorme.

Imaginons 100 000 € HT de marchandises effectivement vendues. À coefficient 2,5, leur valeur théorique au prix public représente 250 000 € TTC, soit 208 333 € HT de chiffre d’affaires. La marge commerciale atteindrait alors 108 333 €.

Si promotions et démarques ramènent le coefficient moyen encaissé à 2,2, le chiffre d’affaires tombe à 183 333 € HT et la marge à 83 333 €.

Nous venons de perdre 25 000 € de marge sur le même coût d’achat.

À coefficient réalisé 2,0, la marge tombe à 66 667 €. L’écart avec le scénario initial atteint alors plus de 41 000 €.

C’est cette sensibilité que nous mettrions dans un prévisionnel. Faire fonctionner le projet uniquement avec 2,5 encaissé partout et toute l’année serait trop optimiste au regard de la fréquence actuelle des remises.

En dessous de quel coefficient un magasin de chaussures devient-il vraiment fragile ?

Pour un indépendant classique, un coefficient moyen réellement encaissé qui descend durablement sous 2,1 à 2,2 nous paraît dangereux.

À 2,2, le taux de marque est de 45,5 %. À 2,1, nous sommes à 42,9 %. À 2,0, seulement 40 % du chiffre d’affaires HT reste après le coût des marchandises.

Ces quelques points font vite une grosse différence. Sur 500 000 € de chiffre d’affaires HT, passer de 45,5 % à 40 % de taux de marque représente environ 27 500 € de marge commerciale en moins.

Cette fragilité colle assez bien avec ce que nous voyons actuellement dans le secteur. Les indépendants ont encore subi un recul d’activité récent, les promotions restent fréquentes et les petits commerces sont les plus exposés. Les coûts salariaux ne disparaissent pas non plus : la branche des détaillants en chaussure a encore revalorisé ses minima salariaux en 2026.

Nous accepterions donc un coefficient réalisé inférieur à 2,2 uniquement avec une vraie compensation : rotation très rapide, faible loyer, masse salariale légère, excellent prix d’achat ou revenus complémentaires particulièrement rentables.

Alors, quel coefficient multiplicateur faut-il viser pour vendre des chaussures aujourd’hui ?

Aujourd’hui, nous viserions 2,4 à 2,7 au prix catalogue pour une boutique de chaussures multimarque en France, avec 2,5 comme repère central et un objectif de coefficient réellement encaissé d’au moins 2,2 environ.

Le niveau exact dépend évidemment du produit. Les grandes sneakers très comparables peuvent obliger à travailler plus bas. Une exclusivité, une marque de niche ou une marque propre peut permettre de monter à 2,8, 3 ou davantage.

Le contexte actuel justifie surtout de garder une marge de sécurité. Les dernières études disponibles de la Fédération Française de la Chaussure montrent encore un marché légèrement en retrait au début de la saison printemps-été 2026 et des achats avec remise qui reprennent du terrain. Le dernier baromètre des détaillants indépendants mesure de son côté une baisse de 4,2 % du chiffre d’affaires au deuxième trimestre.

Dans ces conditions, partir à 2 ou 2,2 puis espérer vendre plein tarif nous paraît trop risqué. Autour de 2,5, la boutique dispose déjà de beaucoup plus d’air pour traverser une saison moyenne sans sacrifier immédiatement sa marge.

Et pour savoir si le business tient vraiment, nous regarderions toujours trois chiffres ensemble : le coefficient de départ, le coefficient réellement encaissé après remises et la vitesse à laquelle le stock se vend. C’est cette combinaison qui décide si une paire rapporte réellement de l’argent.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Il n’existe pas de chiffre officiel donnant le « bon » coefficient multiplicateur d’un magasin de chaussures. Nous avons donc traité la question comme un problème à plusieurs dimensions : marge générée par chaque niveau de coefficient, effet des promotions, pression du stock, écart entre marge commerciale et rentabilité finale, différence entre magasin physique et e-commerce, et situation actuelle des détaillants indépendants.

La convention retenue dans tout l’article est la suivante : prix de vente TTC divisé par prix d’achat HT. Les calculs de taux de marque sont ensuite effectués sur le chiffre d’affaires HT, avec le taux normal de TVA de 20 %. Nous avons appliqué cette même convention à tous les scénarios afin d’éviter de mélanger coefficient TTC, marge sur achat et taux de marque.

Nous avons confronté plusieurs types de sources plutôt que de demander à une seule d’entre elles de fournir la réponse. Les données de la Fédération Française de la Chaussure servent à mesurer la consommation et le poids des achats remisés ; celles de la Fédération des Détaillants en Chaussures de France permettent de suivre les petites structures ; l’Insee replace la marge dans l’économie plus large du commerce ; et les comptes publiés de Spartoo montrent, à une autre échelle, comment une marge commerciale encore substantielle peut être fortement réduite une fois les coûts d’exploitation intégrés.

Les fourchettes proposées dans l’article ne sont donc pas présentées comme des normes professionnelles. Ce sont des zones de travail construites à partir de la convergence entre données de marché, économie unitaire, comportement des remises, structure de coûts et situation récente des indépendants. Les scénarios à 2,5 au prix catalogue puis 2,2 à 2,3 réellement encaissé servent surtout à tester la résistance d’un business plan.

Parmi les principales sources utilisées figurent les études de marché de la Fédération Française de la Chaussure, son Assemblée générale 2025, son bilan économique 2024-2025, le baromètre T2 2026 de la Fédération des Détaillants en Chaussures de France, l’Insee sur les difficultés des magasins d’habillement-chaussures, le ministère de l’Économie sur les taux de TVA, la DGCCRF sur les réductions de prix, le rapport financier annuel 2025 de Spartoo, ses résultats annuels publiés sur Euronext et Légifrance pour l’avenant salarial 2026 de la branche.