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Concept store : faut-il forcément vendre aussi en ligne ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026
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EN RÉSUMÉ

Concept store : faut-il forcément vendre aussi en ligne ? Non. Un concept store peut encore très bien fonctionner en France sans e-commerce, mais il devient difficile de se passer d’une présence numérique solide et d’une façon simple de prolonger la relation avec les clients après leur passage en boutique.

Le magasin physique reste de loin le principal canal pour les produits non alimentaires : la vente à distance représente 9,3 % du marché selon l’Insee, contre 53,8 % pour les magasins non alimentaires spécialisés. Le web est important, mais il n’a pas remplacé la boutique.

Le vrai seuil n’est donc pas « avoir ou non un site marchand ». Il est plutôt entre un commerce qui reste visible et accessible après la visite, et un commerce qui disparaît complètement une fois que le client a quitté la rue.

Toutes les catégories ne justifient pas le même effort. La mode est déjà très digitale, avec 30,7 % des achats d’habillement réalisés en ligne en valeur, alors que des objets fragiles, lourds, peu chers ou très dépendants du toucher se prêtent beaucoup moins bien à l’expédition.

Un concept store avec une sélection rare peut même avoir davantage intérêt à vendre à distance qu’une boutique vendant des produits très courants. Plus le produit est difficile à retrouver ailleurs, plus la possibilité de le recommander quelques semaines ou quelques mois plus tard a de la valeur.

Un site ne crée pas automatiquement une clientèle nationale. Le magasin bénéficie du passage ; le site, lui, doit obtenir son trafic quelque part. Le meilleur e-commerce d’un concept store est souvent celui qui convertit de nouveau des clients déjà acquis en boutique plutôt que celui qui achète chaque commande via la publicité.

Le chiffre d’affaires web peut aussi être trompeur. Une vente en ligne faite par une cliente locale qui serait venue acheter le même produit le jour même ne crée presque rien de supplémentaire ; une commande passée six mois plus tard depuis une autre ville, si.

La logistique devient vite le vrai sujet : stock peu profond, références nombreuses, colis, retours, synchronisation avec la caisse, service client. Quelques commandes par semaine sont faciles à gérer ; plusieurs dizaines par jour changent déjà l’organisation du magasin.

Pour beaucoup de petits concepts stores, la bonne séquence est progressive : visibilité numérique dès le départ, commandes manuelles ou réservations, click & collect, puis petite sélection e-commerce si la demande apparaît. Il n’y a aucune obligation de mettre 500 références en ligne dès l’ouverture.

Les boutiques touristiques, la mode, les accessoires et les produits rares ont plus à perdre en restant 100 % physiques. À l’inverse, un lieu centré sur l’expérience, les ateliers, le café, les pièces uniques ou de très petites séries peut rester principalement physique sans que ce soit un handicap majeur.

Le point décisif est simple : il faut mesurer les demandes réelles. Si les clients demandent régulièrement si la boutique livre, s’ils peuvent recommander plus tard ou acheter un produit vu sur Instagram, le besoin existe déjà. Le site doit venir résoudre ce problème, pas en créer un nouveau.

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Est-ce qu’un concept store peut encore fonctionner sans vendre en ligne ?

Oui, un concept store peut encore très bien fonctionner sans e-commerce en France aujourd’hui.

Les dernières données de l’Insee vont clairement dans ce sens. Dans le commerce de produits non alimentaires, la vente à distance représente 9,3 % du marché, tandis que les magasins non alimentaires spécialisés en représentent 53,8 %. La Fevad arrive à un ordre de grandeur un peu différent avec un périmètre plus large, mais sa conclusion reste proche : environ 12 % des ventes de produits passent actuellement par Internet.

Autrement dit, le magasin physique reste de très loin le principal canal de vente pour les produits qu’on retrouve dans beaucoup de concept stores.

Le e-commerce continue pourtant de progresser. Selon le dernier bilan annuel de la Fevad, les ventes de produits en ligne ont augmenté de 4 % sur un an. Mais nous ne sommes plus dans le bouleversement des années Covid. Internet a pris une place durable dans les habitudes d’achat sans faire disparaître le magasin.

Pour un concept store, c’est particulièrement important. Une partie de ce que le client achète vient justement du lieu : la sélection, la mise en scène, les conseils, l’ambiance, la découverte d’une marque qu’il ne connaissait pas. Un bon emplacement avec suffisamment de passage peut donc encore soutenir un commerce rentable sans expédier de colis partout en France.

Le vrai changement est ailleurs : rester complètement invisible ou inaccessible une fois que le client est sorti du magasin devient beaucoup plus risqué.

Est-ce qu’un concept store doit au moins être visible en ligne aujourd’hui ?

Oui, sur ce point nous serions beaucoup plus catégoriques : un concept store devrait presque toujours être visible en ligne, même s’il ne vend rien sur Internet.

Le Baromètre France Num montre bien la différence entre visibilité et vente. 84 % des TPE-PME françaises disposent actuellement d’au moins une solution de visibilité en ligne, mais seulement 27 % proposent une solution de vente en ligne. Parmi elles, 65 % ont un site présentant leur activité et 66 % utilisent au moins un réseau social.

Le comportement des entreprises reflète assez bien celui des clients. Quelqu’un peut entendre parler d’un concept store, chercher son nom sur Google, regarder les photos, vérifier les horaires, parcourir Instagram puis décider de venir en boutique. Aucun paiement en ligne n’a eu lieu, mais le numérique a quand même contribué à la vente.

France Num indique d’ailleurs que 77 % des TPE-PME considèrent le numérique comme un moyen de faciliter la communication avec leurs clients.

Pour un nouveau concept store, Google Maps, des horaires impeccablement renseignés, de bonnes photos, Instagram et une page claire présentant l’univers de la boutique nous semblent donc beaucoup plus urgents qu’un catalogue de 500 références avec paiement et livraison.

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Pourquoi la question du e-commerce devient-elle quand même difficile à éviter ?

Parce que commander sur Internet est aujourd’hui un comportement banal en France, y compris pour de petits achats.

La Fevad comptabilise 3,2 milliards de transactions en ligne sur la dernière année complète, soit 10 % de plus que l’année précédente. Le marché français du e-commerce, produits et services confondus, a atteint 196,4 milliards d’euros.

Le chiffre le plus intéressant pour un concept store est peut-être le panier moyen : 62 euros, en baisse de 3 %. Les consommateurs ne réservent donc plus Internet aux grosses dépenses ou aux achats exceptionnels. Ils commandent souvent et pour des montants relativement ordinaires.

Cela correspond assez bien à l’univers d’un concept store : vêtements, bijoux, accessoires, papeterie, objets déco, cadeaux ou petits produits lifestyle.

La conséquence est simple. Une personne peut découvrir un vase pendant un week-end à Bordeaux, rentrer chez elle à Lille et vouloir l’acheter deux semaines plus tard. Elle peut voir un sac dans une story Instagram le soir après la fermeture. Elle peut aussi vouloir envoyer à quelqu’un le lien d’un produit aperçu en boutique.

Sans aucune possibilité d’achat à distance, ces ventes deviennent compliquées ou disparaissent.

Quels concept stores perdent le plus à ne pas vendre en ligne ?

Les concept stores qui vendent de la mode, de petits objets déco, des accessoires ou des produits difficiles à trouver ailleurs ont aujourd’hui le plus à perdre en restant exclusivement physiques.

La mode est le cas le plus évident. D’après les données de l’Institut Français de la Mode publiées par la Fevad, Internet représente désormais 30,7 % des achats d’habillement en valeur. Chez les 18-34 ans, la part monte à 34,7 %.

Nous ne parlons plus d’un canal marginal. Pour un concept store de mode ciblant une clientèle jeune, environ un euro sur trois consacré aux vêtements par cette génération passe déjà par Internet.

La décoration est aussi beaucoup plus digitale qu’on pourrait le croire. Dans le dernier classement de la Fevad, 41,1 % des cyberacheteurs français déclarent avoir acheté du mobilier ou de la décoration en ligne au cours des douze mois précédents.

L’IPEA estime de son côté que le digital représente environ 24 % des ventes de meubles. La pénétration varie énormément selon les produits : environ 35 % pour la literie, 33 % pour le mobilier de jardin et seulement 21 % pour les canapés et fauteuils.

Cela nous donne déjà un bon filtre. Une bague, une affiche, un carnet ou un petit luminaire se prêtent beaucoup mieux au e-commerce qu’un canapé qu’il faut essayer et faire livrer.

Catégorie Poids récent du digital Ce que cela implique pour un concept store
Habillement 30,7 % des achats en valeur Difficile d’ignorer le canal
Habillement 18-34 ans 34,7 % Encore plus important avec une clientèle jeune
Meuble Environ 24 % des ventes Intérêt réel, mais très variable selon le produit
Meuble / décoration 41,1 % des cyberacheteurs ont acheté dans la catégorie L’achat déco en ligne est déjà normalisé
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Une sélection originale donne-t-elle encore plus de raisons de vendre en ligne ?

Oui, et c’est même un paradoxe intéressant : plus un concept store vend des produits rares, plus Internet peut prolonger la valeur de sa sélection.

Une étude de l’Institut de la Maison citée par la Fevad montre que 47 % des achats de meubles et de décoration réalisés en ligne répondent au fait que les consommateurs n’avaient pas trouvé ce qu’ils cherchaient en magasin. 45 % citent aussi le gain de temps.

Or la promesse d’un bon concept store consiste précisément à dénicher des produits qu’on ne voit pas partout.

Si nous vendons le même mug que vingt grandes enseignes, ouvrir un e-shop ne crée pas énormément d’avantage. Le client peut déjà acheter le produit ailleurs, parfois moins cher et avec une livraison plus rapide.

En revanche, si une cliente découvre dans notre boutique une céramique réalisée par un petit atelier portugais qu’elle ne retrouve pratiquement nulle part, la possibilité de la recommander six mois plus tard prend beaucoup plus de valeur.

L’exclusivité physique attire le client. L’accès en ligne permet ensuite de monétiser cette découverte au-delà de la première visite.

Est-ce qu’un site e-commerce donne vraiment accès à des clients partout en France ?

Un site rend un concept store accessible partout en France, mais il ne lui apporte absolument pas une clientèle nationale par magie.

C’est l’une des erreurs classiques quand on imagine le potentiel du e-commerce. Une boutique physique placée dans une bonne rue profite naturellement d’une partie du passage. Sur Internet, ouvrir un site ne crée aucun équivalent automatique de ce trafic.

Il faut que les consommateurs nous découvrent quelque part : Google, Instagram, TikTok, Pinterest, presse, newsletters, influenceurs, bouche-à-oreille, publicité ou passage antérieur en magasin.

La nuance change complètement l’économie du projet.

Prenons une commande de 60 euros laissant 30 euros de marge brute. Si nous dépensons 12 euros de publicité pour obtenir le client, puis quelques euros en paiement, emballage et livraison, la marge restante baisse très vite. Ajoutons un retour et la commande peut devenir médiocre, voire déficitaire.

À l’inverse, une cliente ayant découvert la boutique physiquement puis revenant directement sur le site six mois plus tard ne nécessite pratiquement aucun coût publicitaire supplémentaire.

Pour un concept store, le meilleur e-commerce est souvent celui qui prolonge une clientèle déjà acquise plutôt que celui qui tente d’acheter chaque nouveau client sur Meta ou Google.

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Est-ce que vendre en ligne augmente forcément le chiffre d’affaires du concept store ?

Non. Le e-commerce peut ajouter beaucoup de ventes, mais une partie du chiffre d’affaires en ligne ne fait parfois que remplacer des achats qui auraient eu lieu en boutique.

Le Baromètre France Num montre que 40 % des TPE-PME interrogées estiment que le numérique leur permet d’augmenter leur chiffre d’affaires. C’est suffisamment élevé pour prendre le canal au sérieux, mais certainement pas assez pour considérer l’effet comme automatique. Seules 35 % disent qu’il augmente leurs bénéfices.

Cette différence entre chiffre d’affaires et bénéfices est probablement la donnée la plus utile.

Imaginons qu’une cliente locale commande sur le site un samedi matin alors qu’elle serait venue acheter le même produit l’après-midi. Le site enregistre bien une vente, mais le concept store n’a presque rien gagné en chiffre d’affaires supplémentaire.

La situation change lorsqu’un ancien visiteur commande depuis une autre ville, lorsqu’un client rachète un produit sans retourner en boutique ou lorsque le site attire quelqu’un qui n’aurait jamais connu le magasin autrement.

Nous chercherions donc surtout à mesurer les commandes réellement additionnelles. Un chiffre d’affaires web impressionnant peut masquer beaucoup de cannibalisation entre deux canaux appartenant au même commerce.

Est-ce que la logistique peut rendre un petit e-commerce plus pénible que rentable ?

Oui. Pour un petit concept store, la logistique est souvent la partie que l’on sous-estime le plus.

Ajouter une fonction de paiement à un site est relativement facile aujourd’hui. Préparer correctement cinquante commandes par semaine l’est beaucoup moins.

Chaque vente peut demander de retrouver le produit, contrôler le stock, l’emballer, éditer une étiquette, organiser le ramassage ou le dépôt, répondre au client, suivre un colis perdu et parfois gérer son retour.

Ce travail devient particulièrement pénible dans un concept store parce que le stock est souvent large mais peu profond. Nous pouvons avoir 400 références avec deux ou trois exemplaires de chacune plutôt que cinquante exemplaires du même produit.

Le dernier vase disponible peut ainsi être dans les mains d’une cliente en boutique au moment exact où quelqu’un le commande sur Internet. Dès que les volumes montent, caisse physique et stock e-commerce doivent donc être synchronisés correctement.

Quelques commandes hebdomadaires restent faciles à gérer manuellement. Plusieurs dizaines par jour transforment déjà sérieusement l’organisation de la boutique.

Voilà pourquoi nous ne lancerions pas un e-commerce complet comme un simple projet de communication. À partir d’un certain volume, c’est une deuxième mécanique opérationnelle qui tourne derrière le magasin.

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Les retours rendent-ils la vente en ligne beaucoup plus risquée pour un concept store de mode ?

Oui. Pour un concept store de mode, les retours peuvent manger une partie importante de la marge que le site semblait apporter.

La vente à distance offre en France un droit de rétractation d’au moins quatorze jours pour la plupart des produits concernés. Le ministère de l’Économie le rappelle encore dans ses informations les plus récentes sur les droits des consommateurs.

Cette règle change beaucoup l’économie d’un vêtement.

En magasin, la cliente peut regarder la matière, essayer deux tailles et repartir avec celle qui lui convient. En ligne, le commerçant paie la préparation de la commande avant de savoir si la vente restera définitive.

Les taux de retour varient fortement selon les catégories et les enseignes, ce qui rend les moyennes globales moins utiles qu’elles en ont l’air. Ce que nous savons avec beaucoup plus de certitude, c’est que la mode cumule plusieurs causes de retour difficiles à supprimer : taille, coupe, couleur réelle, matière et rendu une fois porté.

Pour de la papeterie, des bougies ou certains petits objets déco, ce problème est beaucoup moins lourd.

Un concept store principalement mode doit donc être plus exigeant sur la marge, les photos, les descriptions de taille et l’organisation des retours qu’un concept store principalement cadeaux.

Faut-il mettre tous les produits du concept store sur le site ?

Non. Mettre tout le magasin en ligne est souvent une mauvaise idée pour un petit concept store.

Certains produits fonctionnent très bien physiquement mais très mal à distance. Une pièce unique fragile, un meuble lourd, une création dont la texture compte beaucoup ou un produit à faible prix mais coûteux à emballer peuvent parfaitement rester en boutique.

D’autres références sont presque faites pour le web : dimensions faciles à comprendre, belles photos, emballage simple, marge correcte, faible probabilité de retour et possibilité de réassort.

Cela signifie qu’un magasin disposant de 500 références pourrait commencer avec seulement 80 ou 120 produits en ligne.

Cette sélection facilite aussi énormément la gestion du stock et évite de passer des heures à photographier puis supprimer des articles disponibles en un seul exemplaire.

Le site conserve ainsi sa fonction de sélection. Il ne devient pas un inventaire interminable de tout ce qui a franchi la porte du magasin.

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Le click & collect est-il un bon compromis pour commencer ?

Oui, le click & collect est probablement l’une des meilleures étapes intermédiaires pour un concept store avec une clientèle locale.

Le client peut vérifier qu’un produit est disponible, le payer sans attendre puis venir le récupérer. Pour le commerçant, il n’y a ni carton à expédier ni problème de dernier kilomètre.

Le système fonctionne particulièrement bien lorsqu’un produit peut partir vite. Un client qui repère un cadeau ou une pièce en série limitée peut la sécuriser immédiatement au lieu d’espérer qu’elle soit encore disponible samedi.

Il faut néanmoins connaître une subtilité juridique. Le ministère de l’Économie rappelle que lorsqu’un achat est réellement conclu à distance puis retiré en magasin, le consommateur bénéficie normalement du droit de rétractation de quatorze jours applicable à la vente à distance.

Et le click & collect reste local par nature. Il aide énormément une personne vivant à vingt minutes de la boutique, beaucoup moins un ancien client qui habite désormais à 500 kilomètres.

Solution Jusqu’où peut-elle vendre ? Travail supplémentaire Bon choix au démarrage ?
Catalogue sans paiement Partout pour la découverte Faible Oui
Réservation / commande simple Surtout locale Faible Oui
Click & collect Locale Modéré Très souvent
Livraison nationale France entière Nettement plus élevé Seulement si la demande existe

Instagram peut-il suffire au début sans créer un vrai e-shop ?

Oui. Pour tester quelques ventes à distance, Instagram peut être plus intelligent qu’un gros site lancé trop tôt.

Un concept store publie déjà souvent ses nouveaux produits en stories ou en posts. Si quelqu’un répond « vous pouvez me l’envoyer ? », nous obtenons immédiatement une information extrêmement utile : il existe une demande réelle pour ce produit à distance.

Avec cinq ou dix commandes de ce type par mois, un processus semi-manuel reste tout à fait acceptable.

Le problème commence quand les demandes augmentent. Les messages deviennent difficiles à suivre, le stock peut être réservé deux fois, les adresses doivent être récupérées manuellement et les clients attendent une réponse avant de pouvoir payer.

À ce stade, le site commence à résoudre un problème qui existe réellement.

Nous préférons largement cette séquence à celle qui consiste à dépenser beaucoup d’argent dans un e-shop avant même de savoir si les clients veulent commander les produits hors magasin.

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Un concept store dans une ville touristique a-t-il davantage besoin d’un e-commerce ?

Oui, beaucoup plus. Une forte clientèle touristique rend le e-commerce particulièrement intéressant parce que le magasin rencontre sans cesse des clients qui ne pourront pas revenir facilement.

Imaginons une boutique à Paris, Nice, Biarritz, Annecy ou Bordeaux. Une cliente entre pendant un week-end, achète un objet, découvre trois marques qu’elle adore puis repart vivre à Rennes.

Sans vente en ligne, sa valeur commerciale s’arrête presque là.

Avec un site, cette première visite peut produire plusieurs achats ultérieurs. Et cette cliente connaît déjà la boutique : elle a vu les produits, compris l’univers et accordé sa confiance au commerce. Nous n’avons pas besoin de recréer cette confiance uniquement avec de la publicité et des avis Internet.

C’est probablement l’un des cas où le lien entre magasin et e-commerce est le plus puissant.

Le magasin acquiert physiquement le client une première fois. Le site rend ensuite possible la relation à distance.

Quels concept stores peuvent rester principalement physiques sans que ce soit un problème ?

Les concept stores dont la valeur repose surtout sur le lieu peuvent encore assumer un modèle très largement physique.

Prenons une boutique qui mélange café, plantes, objets de créateurs, ateliers et événements. Une grande partie de ce que les clients viennent acheter tient à l’expérience elle-même. Expédier quelques tasses à travers la France n’améliorera pas forcément beaucoup le business.

Même chose pour un magasin qui renouvelle constamment des pièces uniques ou de très petites séries. Photographier chaque article, rédiger sa fiche puis le retirer du site dès qu’il est vendu peut devenir un travail disproportionné.

Le prix des produits compte également. Une boutique vendant beaucoup de petits articles à 8, 12 ou 15 euros doit obtenir plusieurs articles par commande pour que l’expédition ait du sens économiquement.

Dans ces cas-là, nous n’insisterions pas pour construire un gros e-commerce.

Nous insisterions beaucoup plus pour récupérer la relation avec le client : réseaux sociaux, newsletter, Google, événements et éventuellement quelques commandes à distance sur demande.

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Comment savoir avant de lancer le site si nos clients veulent vraiment commander en ligne ?

Le plus simple est de mesurer les demandes réelles en boutique et sur les réseaux avant de dépenser beaucoup d’argent.

Pendant les premiers mois, nous pouvons relever chaque fois qu’un client demande s’il existe un site, si la boutique livre, s’il peut commander plus tard ou si un produit vu sur Instagram peut être envoyé.

Ces demandes deviennent rapidement exploitables.

Si une boutique réalise 1 500 tickets mensuels et reçoit quatre questions sur la livraison, nous avons peu de raisons de construire immédiatement un e-commerce complexe.

Si elle reçoit 80 ou 100 demandes, dont beaucoup viennent de personnes vivant hors de la région, nous avons déjà une preuve assez convaincante qu’une partie du chiffre d’affaires nous échappe.

Nous regarderions également quels produits déclenchent ces demandes. Il est possible que 70 % concernent seulement une petite partie de l’assortiment.

Dans ce cas, la bonne première version du site pourrait contenir trente produits plutôt que trois cents.

Cette donnée maison est beaucoup plus utile pour décider que n’importe quel chiffre national sur la croissance générale du e-commerce.

À quel moment un e-commerce devient-il vraiment rentable pour un concept store ?

Un e-commerce devient intéressant lorsqu’une commande supplémentaire laisse encore assez d’argent après tous les coûts propres au canal.

Le chiffre d’affaires web pris seul ne nous dit presque rien.

Prenons un exemple simple. Un site réalise 20 000 euros de ventes mensuelles avec une marge brute de 50 %. Il reste donc 10 000 euros avant les coûts directement liés au e-commerce.

Il faut ensuite payer une partie du transport, les emballages, les paiements, les logiciels, la préparation, le service client, les retours et éventuellement la publicité. Si ces dépenses atteignent 6 000 euros, les 20 000 euros de chiffre d’affaires ne produisent plus que 4 000 euros de contribution avant les autres charges de l’entreprise.

Un autre site peut ne vendre que 7 000 euros par mois mais recevoir presque toutes ses commandes de clients déjà acquis en boutique, avoir un panier élevé et très peu de retours. Il peut être plus intéressant économiquement.

C’est là que la différence relevée par France Num entre chiffre d’affaires et bénéfices reprend tout son sens : 40 % des TPE-PME interrogées estiment que le numérique augmente leurs ventes, mais seulement 35 % leurs bénéfices.

Nous chercherions donc la marge laissée par chaque commande supplémentaire bien avant de célébrer le chiffre d’affaires du site.

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Faut-il ouvrir le concept store et le site e-commerce en même temps ?

Dans la plupart des petits projets indépendants, non. Nous ouvririons d’abord le magasin avec une présence numérique solide, puis nous laisserions les premières semaines de vente nous montrer ce qu’il vaut réellement la peine de mettre en ligne.

Au lancement, nous ne savons pas encore parfaitement quelles marques vont marcher, quels produits vont être réassortis, ce que les clients vont demander ni quelles références servent surtout à donner du caractère à la boutique.

Quelques mois de données physiques peuvent éviter énormément de travail inutile.

Pendant cette période, nous pouvons déjà publier les produits, accepter certaines réservations, collecter des e-mails et tester quelques expéditions manuellement.

Ensuite, le site arrive avec un rôle beaucoup plus clair.

Cette approche est particulièrement adaptée à un petit entrepreneur qui doit déjà gérer le local, les fournisseurs, le stock, la caisse, les horaires, les clients et la communication. Ajouter dès le premier jour une activité logistique complète peut faire perdre du temps sur le problème principal : vérifier que le concept store lui-même fonctionne.

Alors, faut-il forcément vendre aussi en ligne quand on ouvre un concept store ?

Non. Un concept store n’a pas forcément besoin d’un e-commerce, mais nous construirions aujourd’hui presque toujours le business pour qu’il puisse vendre à distance dès que la demande le justifie.

Les derniers chiffres français ne racontent pas l’histoire d’un magasin physique devenu obsolète. La vente à distance représente seulement 9,3 % du commerce non alimentaire dans les comptes de l’Insee et environ 12 % des ventes de produits selon le périmètre de la Fevad. Les commerces spécialisés restent massivement physiques.

En revanche, certaines catégories typiques des concept stores sont déjà beaucoup plus digitales. Internet pèse 30,7 % des achats d’habillement en valeur. Le digital représente environ 24 % des ventes de meubles. Et 41,1 % des cyberacheteurs achètent désormais du mobilier ou de la décoration sur Internet.

Il serait donc difficile de défendre un magasin qui disparaît complètement dès que le client quitte la rue.

Pour un petit concept store, notre choix serait assez simple : excellente visibilité numérique dès le départ, possibilité de récupérer et contacter les clients, test des commandes à distance, puis click & collect ou petite sélection e-commerce si les demandes apparaissent. La livraison nationale à grande échelle vient seulement après, lorsque les marges, les produits et le volume la rendent logique.

Le e-commerce n’est donc pas obligatoire à l’ouverture. Être prêt à prolonger la relation avec un client au-delà du magasin l’est presque devenu.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Pour répondre à la question « faut-il forcément vendre aussi en ligne quand on ouvre un concept store ? », nous avons séparé le problème en plusieurs dimensions : poids actuel du commerce physique et du e-commerce, différences entre catégories de produits, comportements numériques des clients, intérêt du web pour prolonger une relation commencée en boutique, contraintes juridiques et charge opérationnelle de la vente à distance.

Nous avons privilégié les données françaises les plus récentes disponibles, essentiellement publiées en 2025 et 2026, ainsi que les sources publiques, les organismes sectoriels de référence et les acteurs directement responsables des règles ou services étudiés.

Nous n’avons pas cherché à fusionner artificiellement des chiffres qui ne mesurent pas exactement la même chose. L’Insee sert surtout à replacer la vente à distance dans l’ensemble du commerce français, tandis que la Fevad mesure plus directement le e-commerce et que l’Institut Français de la Mode ou l’Institut de la Maison permettent d’aller plus loin sur des catégories précises.

Les données ont ensuite été confrontées point par point. Le poids du canal numérique a été mis en regard des comportements d’achat, des pratiques des TPE-PME, des règles applicables à la vente à distance, du click & collect et des contraintes concrètes de préparation, d’expédition et de retour.

Les exemples économiques utilisés dans l’article ne sont pas présentés comme des moyennes de marché. Ils servent uniquement à tester la mécanique d’une commande : marge brute, coût d’acquisition, paiement, emballage, livraison, retour et part réellement additionnelle du chiffre d’affaires.

Les principales sources utilisées sont : l’Insee sur les parts de marché du commerce de détail selon la forme de vente, l’Insee sur le compte du commerce en 2025, la Fevad sur le bilan du e-commerce en France en 2025, le Baromètre France Num 2025, la Fevad et l’Institut Français de la Mode sur la mode et Internet, la Fevad et l’IPEA-Institut de la Maison sur l’ameublement, le ministère de l’Économie sur le droit de rétractation, le ministère de l’Économie sur le retrait en magasin et le click & collect, la DGCCRF sur les règles du e-commerce, France Num sur la vente avec Internet, la CNIL sur les communications électroniques aux prospects et clients, Google Business Profile sur la gestion d’une fiche d’établissement et La Poste Pro sur les expéditions e-commerce.

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