Bien-être : le marché est-il encore en croissance ?

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Bien-être : le marché est-il encore en croissance ? Oui. La demande continue de progresser en France, mais la croissance ne profite pas de la même manière à tous les acteurs et elle ne garantit absolument pas qu’un nouveau concept sera rentable.
Le chiffre de 211 milliards de dollars pour l’économie française du wellness montre surtout l’ampleur du périmètre. Il additionne sport, beauté, tourisme, spas, alimentation, santé mentale, médecines complémentaires et même une partie de l’immobilier : ce n’est pas le chiffre d’affaires d’un seul marché homogène.
Le meilleur signe de croissance réelle vient des usages. La pratique sportive régulière est passée de 54 % des Français en 2018 à 61 % en 2025, ce qui signifie qu’une partie de la hausse existe bien en volume et pas seulement dans les prix.
Le fitness continue d’absorber de nouvelles capacités, mais les grandes chaînes captent une part croissante du marché. Basic-Fit a ajouté 247 clubs en France entre 2022 et 2025, pendant que son chiffre d’affaires français progressait encore plus vite.
Pour les indépendants, le contraste est fort : un marché populaire peut rester difficile à monétiser. Dans les soins de beauté et plusieurs services personnels, les revenus moyens des non-salariés restent modestes malgré la visibilité du secteur.
Les concepts les plus fragiles sont ceux qui vendent essentiellement du temps individuel sans vraie différenciation. Un massage générique ou un institut généraliste doit sans cesse remplir son agenda, alors qu’un studio en petit groupe ou un abonnement transforme mieux chaque heure disponible.
Le tourisme bien-être est plus intéressant économiquement lorsqu’il augmente le panier global d’un séjour. Hébergement, restauration, activités et soins peuvent être vendus ensemble, ce qui rend le modèle moins dépendant d’une prestation isolée.
Le thermalisme rappelle que tout le bien-être ne monte pas en même temps : les cures conventionnées restent près de 20 % sous leur fréquentation de 2019. À l’inverse, le stress, le sommeil, la mobilité et l’activité physique continuent d’attirer de nouveaux usages.
Le marché se polarise aussi davantage entre volume très efficace et premium très différencié. Le milieu de gamme banal, avec des coûts fixes réels mais sans avantage de prix ni expérience forte, est probablement la zone la plus inconfortable.
Pour quelqu’un qui veut créer un business en France, les pistes les plus convaincantes aujourd’hui sont les offres spécialisées avec récurrence : petits groupes sportifs, récupération, seniors, stress et sommeil, tourisme bien-être et certaines offres B2B. Le sujet n’est plus de savoir si le bien-être progresse, mais de choisir une niche où cette progression n’est pas déjà entièrement captée par des concurrents mieux installés.
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Le marché du bien-être en France continue-t-il vraiment de croître ?
Oui, le marché du bien-être continue de grossir en France aujourd’hui, mais le chiffre global donne une image plus flatteuse que celle de nombreux entrepreneurs sur le terrain.
Le dernier travail du Global Wellness Institute évalue l’économie française du wellness à environ 211 milliards de dollars. La France arrive ainsi au 6e rang mondial, derrière les États-Unis, la Chine, l’Allemagne, le Japon et le Royaume-Uni. Entre 2019 et 2024, le marché français aurait progressé de 5,9 % par an en moyenne.
À l’échelle mondiale, la tendance reste également forte. Le Global Wellness Institute estime que l’économie du wellness a atteint 6 800 milliards de dollars en 2024 et pourrait approcher 9 800 milliards en 2029. Tous les grands segments suivis par l’institut ont désormais dépassé leur niveau d’avant-Covid.
Il faut toutefois comprendre ce que recouvrent ces 211 milliards. Le périmètre additionne notamment l’activité physique, l’alimentation, les cosmétiques, le tourisme, les spas, le bien-être mental, les médecines complémentaires et même une partie de l’immobilier. Il est donc beaucoup plus large que ce qu’un entrepreneur français appelle spontanément un “business du bien-être”.
La croissance existe bien. Mais elle est suffisamment inégale pour qu’un spa, un studio de Pilates, une marque de cosmétiques et un centre thermal puissent vivre des situations complètement différentes au même moment.
Le marché du bien-être grandit-il vraiment, ou est-ce surtout l’inflation ?
La croissance du bien-être en France ne vient pas seulement des prix : plusieurs usages progressent aussi en volume.
Le sport donne l’un des exemples les plus propres. D’après le Baromètre national des pratiques sportives publié par le ministère des Sports, 61 % des Français de 15 ans ou plus pratiquaient régulièrement une activité sportive en 2025. Ils étaient 54 % en 2018. En sept ans, la pratique régulière a donc gagné 7 points.
Basic-Fit montre la même chose sous un autre angle. En France, le chiffre d’affaires de la chaîne est passé d’environ 397 millions d’euros en 2022 à presque 660 millions en 2025, soit une hausse de 66 %. Son nombre de clubs est monté de 647 à 894 sur la période, environ +38 %. Une partie de la croissance vient évidemment des ouvertures, mais les revenus ont progressé beaucoup plus vite que le réseau.
Le dernier exercice est encore plus parlant : le chiffre d’affaires français de Basic-Fit a progressé de près de 18 % en un an tandis que son parc de clubs n’augmentait que d’environ 4 %. La société explique cet écart par davantage d’adhérents par salle et un revenu moyen par membre plus élevé.
À l’inverse, les comptes nationaux de l’Insee montrent un ralentissement général des services marchands en 2025. Leur valeur ajoutée n’a progressé que de 1,3 % en volume, contre 2,1 % l’année précédente. On ne peut donc pas prendre chaque hausse de chiffre d’affaires dans le bien-être pour une explosion réelle de la demande.
Les Français font-ils vraiment plus de sport qu’avant ?
Oui, les Français bougent davantage qu’il y a quelques années, et cette hausse est assez forte pour créer une vraie demande supplémentaire autour du fitness et du bien-être physique.
Le taux de pratique sportive régulière est passé de 54 % en 2018 à 59 % en 2023 puis 61 % en 2025 selon le ministère des Sports. En incluant ceux qui ont pratiqué au moins une activité dans les douze derniers mois, on arrive à 72 % des Français de 15 ans ou plus.
Ce qui change surtout, c’est la manière de pratiquer. Une partie importante de la progression vient de la marche, de la course et des activités réalisées de façon autonome. Santé publique France observe également qu’environ 40 % des adultes pratiquent régulièrement une activité physique pendant leurs loisirs.
Pendant ce temps, la part des pratiquants qui passent par un club associatif a reculé, de 24 % à 20 % depuis 2018 selon le Baromètre national.
Pour un entrepreneur, la nuance est importante. Il y a davantage de clients potentiels pour le mouvement, la remise en forme et la santé physique, mais ils ont aussi davantage de façons gratuites ou très bon marché de pratiquer. Une salle ou un studio doit donc apporter quelque chose que courir dehors ou suivre une séance sur son téléphone n’apporte pas facilement : encadrement, matériel, communauté, progression ou spécialisation.
Le fitness français peut-il encore grossir avec autant de salles ?
Oui, le fitness continue de grossir en France, mais les grandes chaînes prennent une part croissante de cette expansion.
Basic-Fit en donne une illustration assez brutale. La chaîne exploitait 647 clubs français fin 2022. Elle en comptait 781 un an plus tard, 858 en 2024 et 894 en 2025. En seulement trois ans, 247 clubs supplémentaires ont donc été ajoutés au réseau français.
La croissance des revenus a été encore plus rapide. Le chiffre d’affaires français est passé d’environ 397 millions à 660 millions d’euros sur la même période. À titre indicatif, cela correspond à environ 614 000 euros de chiffre d’affaires par club en 2022 contre près de 738 000 euros en 2025, même si ce calcul simplifié mélange évidemment des salles matures et des ouvertures récentes.
Basic-Fit indique aussi que le revenu mensuel moyen par adhésion est passé de 22,86 euros en 2022 à 24,91 euros en 2025 au niveau du groupe, pendant que le nombre d’adhésions par club augmentait.
Le marché peut donc encore absorber des capacités supplémentaires. Pour un indépendant, le problème vient plutôt de la bataille choisie. Ouvrir une grande salle généraliste pour affronter directement un réseau de près de 900 établissements français paraît aujourd’hui beaucoup plus difficile que développer du Pilates, du coaching en petit groupe, du sport-santé, de la récupération ou une offre destinée à une population précise.
| Basic-Fit en France | 2022 | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|---|
| Nombre de clubs | 647 | 781 | 858 | 894 |
| Clubs ajoutés depuis 2022 | — | 134 | 211 | 247 |
| CA France | ~397 M€ | ~505 M€ | ~560 M€ | ~660 M€ |
| Hausse du CA depuis 2022 | — | +27 % | +41 % | +66 % |
| CA approximatif par club | ~614 k€ | ~647 k€ | ~652 k€ | ~738 k€ |
| Hausse du réseau depuis 2022 | — | +21 % | +33 % | +38 % |
| Lecture | point de départ | expansion rapide | poursuite du maillage | revenus bien plus rapides que le réseau |
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Est-ce que les petits indépendants profitent vraiment du boom du bien-être ?
Beaucoup moins qu’on pourrait le penser : la demande augmente, mais elle se partage aussi entre énormément de petits prestataires.
Les revenus des indépendants donnent une image bien moins euphorique que les grandes estimations de marché. Dans les dernières statistiques détaillées de l’Insee, le revenu d’activité moyen des non-salariés classiques de la coiffure et des soins de beauté tourne autour de 1 700 euros par mois. Le niveau est proche pour l’ensemble des services personnels.
Ce chiffre ne décrit évidemment pas chaque institut ou praticien. Certains gagnent beaucoup plus, surtout avec une clientèle premium, plusieurs salariés ou des prestations à forte valeur. Mais il rappelle une réalité simple : une catégorie peut être populaire auprès des consommateurs sans enrichir automatiquement les personnes qui y travaillent.
Le problème est accentué par des barrières à l’entrée assez faibles sur plusieurs métiers. Une activité de coaching, de massage bien-être ou certains soins peuvent démarrer avec beaucoup moins de capital qu’un restaurant ou un commerce disposant d’un stock important. De nouveaux concurrents peuvent donc arriver rapidement lorsqu’une niche devient visible.
Aujourd’hui, “le bien-être est en croissance” ne suffit plus comme thèse pour lancer un projet. La capacité à obtenir des clients réguliers et à facturer correctement son temps devient beaucoup plus déterminante.
Les spas et les massages sont-ils encore un bon marché en France ?
Oui pour les concepts capables de vendre une vraie expérience ; beaucoup plus difficilement pour une prestation de massage générique entourée de dizaines d’alternatives.
Les investissements touristiques donnent un indice intéressant. Dans son dernier Tableau de bord des investissements touristiques, Atout France constate que 69 % des opérateurs interrogés disent avoir utilisé leurs investissements de 2024 pour monter en gamme. L’organisme décrit une demande allant vers des expériences plus complètes qui mélangent hébergement, restauration, loisirs et bien-être.
Les filières du thermalisme et de la thalassothérapie font d’ailleurs partie de celles où Atout France observe encore une dynamique d’investissement soutenue. Cela favorise surtout les établissements où un spa complète déjà une chambre d’hôtel, une destination touristique ou une offre de séjour.
Le massage indépendant se trouve dans une situation moins confortable. La prestation est locale, facile à comparer et généralement limitée par le nombre d’heures que peut travailler le praticien. Un positionnement autour de la récupération sportive, des couples, du luxe, d’un protocole précis ou d’un lieu touristique peut changer nettement l’équation.
Il faut également respecter la frontière avec les professions de santé. Le Code de la santé publique réserve aux masseurs-kinésithérapeutes les actes qui relèvent du diagnostic kinésithérapique et du traitement des altérations fonctionnelles. Une prestation de détente ne peut donc pas se vendre comme un traitement médical déguisé.
Le thermalisme français est-il toujours en croissance ?
Non, la cure thermale conventionnée reste aujourd’hui nettement en dessous de son niveau d’avant-Covid.
Les établissements thermaux français ont accueilli 465 874 curistes conventionnés en 2025, selon L’Officiel du Thermalisme. En 2019, ils étaient près de 580 000. La fréquentation reste donc inférieure de 19,3 % à son ancien niveau.
Le rattrapage avait pourtant bien commencé. La fréquentation avait progressé de 6,1 % en 2023 puis de 2,7 % en 2024. Le mouvement s’est ensuite essoufflé, avec un léger recul en 2025.
C’est un bon contre-exemple à l’idée d’un secteur du bien-être qui monterait uniformément. La clientèle thermale traditionnelle ne suit clairement pas la trajectoire du fitness.
Les exploitants cherchent donc à élargir leur activité avec des séjours plus courts, de la prévention, des soins de bien-être, du spa et de la thalassothérapie. Atout France constate encore des investissements soutenus dans ces filières. Pour un nouvel entrepreneur, le potentiel se trouve davantage autour de cette diversification que dans une dépendance exclusive à la cure conventionnée de 18 jours.
Le tourisme bien-être a-t-il encore de la place en France ?
Oui, le tourisme bien-être reste l’une des pistes les plus intéressantes parce qu’il permet de vendre beaucoup plus qu’une seule prestation.
Atout France observe que les investissements touristiques récents servent de plus en plus à enrichir l’expérience proposée. Hébergement, restauration, loisirs et bien-être se retrouvent davantage réunis dans le même séjour. Sur la période 2022-2024, environ 21 milliards d’euros par an ont été investis en moyenne dans le tourisme français, avec une forte logique de montée en gamme.
Le modèle économique peut devenir intéressant assez vite. Un client venu uniquement pour un massage achète une prestation. Un client qui vient deux nuits pour une retraite autour du yoga, du sommeil ou de la randonnée peut aussi payer l’hébergement, les repas, les activités et plusieurs soins.
La campagne française offre également un terrain naturel pour ce type de projet. Atout France observe depuis plusieurs années l’intérêt pour la nature, la déconnexion et les séjours plus lents. Pour une destination rurale ou un petit hôtel, le bien-être peut donc servir à augmenter le panier, prolonger le séjour et remplir certaines périodes plus creuses.
Nous sommes actuellement plus confiants sur un bon concept de séjour bien-être avec hébergement que sur un spa urbain générique qui dépend d’un nouveau rendez-vous à chaque vente.
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La santé mentale crée-t-elle un nouveau marché du bien-être ?
Oui, la demande autour du stress, du sommeil et du bien-être mental augmente très vite, mais elle exige une frontière particulièrement claire entre wellness et soin médical.
Le Global Wellness Institute classe le “mental wellness” parmi les catégories les plus dynamiques de son économie mondiale du bien-être. Entre 2019 et 2024, ce segment aurait progressé de 12,4 % par an en moyenne.
En France, la demande est visible dans des données beaucoup plus concrètes. Le ministère de la Santé indique que le nombre annuel de bénéficiaires de Mon soutien psy est passé de 109 798 en 2022 à 519 051 en 2025. Il a donc presque quintuplé en trois ans. Depuis le lancement du dispositif, près de 1,8 million de personnes en ont bénéficié.
Cela concerne d’abord la santé et la psychologie, avec des professions et des actes encadrés. Autour de ce besoin se développe néanmoins tout un marché moins médical : relaxation, sommeil, méditation, activité physique, récupération ou gestion du stress.
La demande paraît aujourd’hui suffisamment profonde pour ne plus être traitée comme une petite niche “zen”. Un entrepreneur doit simplement éviter toute promesse thérapeutique qu’il n’est pas habilité à faire.
Le bien-être au travail est-il devenu un vrai business ?
Oui, surtout quand l’offre aide à résoudre un problème concret de stress, d’absentéisme ou de santé au travail plutôt que de vendre une vague journée “bien-être”.
Une grande enquête réalisée auprès de 2 000 salariés par l’Ifop avec Moka.Care, le GHU Paris psychiatrie & neurosciences et BCG montre qu’environ un salarié français sur quatre se trouve en situation de mal-être et que près de sept sur dix disent avoir déjà ressenti un trouble lié au travail.
L’activité physique montre aussi qu’une demande existe lorsque l’entreprise rend la pratique facile. Santé publique France constate que seulement 21 % des actifs interrogés disent pouvoir faire de l’activité physique sur leur lieu de travail. Parmi ceux qui disposent de cette possibilité, environ 60 % l’utilisent.
L’écart est assez frappant. Une majorité des salariés concernés utilise l’offre lorsqu’elle existe, alors que peu d’entreprises la proposent encore.
Les projets les plus convaincants sont donc probablement ceux qui peuvent montrer ce que l’entreprise achète : séances utilisées, taux de participation, salariés accompagnés, activité physique réalisée ou amélioration mesurée d’un indicateur RH. La séance de yoga ponctuelle sans suivi devient beaucoup plus facile à couper lorsque les budgets se resserrent.
La beauté est-elle encore un moteur du marché du bien-être ?
Oui, la beauté reste énorme en France, mais la puissance de l’industrie cosmétique ne dit presque rien sur la rentabilité d’un institut indépendant.
L’industrie cosmétique française a généré 35,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024 selon la FEBEA. Ses exportations ont atteint 22,5 milliards d’euros, en hausse de 6,8 %, avec un excédent commercial de 17,6 milliards. La filière reste le deuxième contributeur net à la balance commerciale française derrière l’aéronautique.
La croissance ralentit néanmoins : les exportations avaient progressé de 10,8 % l’année précédente. La Chine, longtemps moteur important, a même reculé de 8,9 %, tandis que l’Union européenne et les États-Unis ont davantage soutenu les exportations françaises.
Ces chiffres racontent surtout la force de L’Oréal, des grands groupes, des parfums, des marques et de l’export. Un institut local évolue dans une économie beaucoup plus fragmentée, avec des revenus indépendants modestes en moyenne et une concurrence de proximité élevée.
Un porteur de projet doit donc éviter un raccourci fréquent : 35,6 milliards d’euros de cosmétique française ne signifient pas qu’il manque des instituts généralistes. Une marque différenciée, un soin technique, une spécialité ou une clientèle précise donne actuellement une histoire bien plus convaincante.
Le low-cost ou le premium : où gagne-t-on encore de l’argent dans le bien-être ?
Aujourd’hui, les positions les plus faciles à comprendre sont le volume très efficace et le premium très différencié ; le milieu de gamme banal devient beaucoup plus difficile à défendre.
Le fitness low-cost montre jusqu’où le premier modèle peut aller. Basic-Fit possède désormais 894 clubs en France et continue d’augmenter à la fois son réseau, son nombre d’adhérents par salle et son revenu moyen par abonnement.
Même le low-cost cherche d’ailleurs à faire monter le panier. Au niveau du groupe, les formules Premium et Ultimate ont pris une place croissante dans les nouvelles adhésions. Le revenu mensuel moyen par membre est passé de 22,86 euros en 2022 à 24,91 euros en 2025.
À l’autre extrémité, Atout France constate une montée en gamme rapide de l’offre touristique. Près de sept opérateurs sur dix interrogés disaient que leurs investissements réalisés en 2024 avaient contribué à cette montée en gamme. Spa, restauration, hébergement de qualité et expériences annexes sont de plus en plus combinés.
Entre les deux, un établissement physique qui paie du loyer et du personnel mais ne possède ni l’efficacité d’une grande chaîne ni une vraie raison de facturer cher se retrouve vite coincé.
Cette polarisation mérite d’être prise au sérieux avant de lancer un concept. “Accessible mais un peu premium” peut sembler rassurant sur un business plan ; pour un client, cela peut simplement ressembler à une offre parmi vingt autres.
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Les seniors peuvent-ils devenir un gros marché du bien-être ?
Oui, les seniors offrent probablement l’une des demandes les plus durables pour les activités liées à la mobilité, à l’équilibre et au maintien en forme.
Le vieillissement de la population donne évidemment une base démographique au marché, mais les données sportives montrent surtout que les seniors sont déjà des consommateurs actifs. Le dernier Baromètre national des pratiques sportives indique que 61 % des 60 ans et plus pratiquent régulièrement une activité sportive.
Cette clientèle est particulièrement intéressante pour des concepts autour de la mobilité, du Pilates, du renforcement, de l’équilibre, de la récupération ou de l’activité physique adaptée lorsque l’encadrement et les qualifications nécessaires sont présents.
Elle peut aussi résoudre un problème très concret pour les studios : les heures creuses. Une clientèle retraitée dispose généralement de davantage de flexibilité qu’un actif qui cherche presque toujours un créneau avant 9 heures ou après 18 heures.
Le marché est probablement moins “tendance” que certaines niches visibles sur les réseaux sociaux, mais sa demande repose sur une évolution démographique de plusieurs décennies. Pour construire une activité locale durable, c’est un argument beaucoup plus sérieux qu’un effet de mode.
Quels business du bien-être semblent les plus porteurs aujourd’hui en France ?
Aujourd’hui, nous privilégierions les concepts spécialisés avec revenus récurrents : petits groupes sportifs, récupération, seniors, stress et sommeil, tourisme bien-être et certaines offres B2B.
Le fitness généraliste conserve une demande forte, mais il affronte des chaînes extrêmement efficaces. Les studios spécialisés ont davantage de marge pour créer une communauté et facturer un accompagnement supérieur. Le Pilates et les petits groupes répondent bien à cette logique, même si l’arrivée rapide de nouveaux acteurs commence déjà à faire monter la concurrence.
La récupération sportive profite de la progression de la pratique physique tout en offrant des prestations additionnelles. Les offres destinées aux seniors reposent sur une tendance démographique durable. Le stress et le sommeil profitent d’un besoin très visible, avec les précautions réglementaires nécessaires. Le tourisme bien-être permet de construire un panier beaucoup plus élevé. Enfin, le B2B donne accès à des contrats récurrents lorsqu’un service réussit à prouver son utilisation.
Nous serions nettement plus prudents sur le massage totalement généraliste, l’institut sans spécialité ou une grande salle indépendante construite pour battre les chaînes sur le prix.
| Concept | Demande | Pression concurrentielle | Modèle économique | Notre lecture |
|---|---|---|---|---|
| Grande salle généraliste | forte | très forte | abonnement, gros volume | difficile sans taille |
| Studio spécialisé | forte | forte | abonnement / séances | encore intéressant |
| Pilates / petits groupes | forte | monte vite | panier élevé par heure | porteur, mais déjà très visible |
| Récupération sportive | en hausse | moyenne | séances + forfaits | bon potentiel |
| Massage généraliste | solide | très forte | temps individuel | difficile à différencier |
| Spa premium | solide | moyenne | panier élevé | bon avec clientèle solvable |
| Tourisme bien-être | en hausse | locale | séjour + prestations | très intéressant |
| Stress / sommeil | forte | fragmentée | abonnement / programme | demande profonde |
| Bien-être en entreprise | réelle | fragmentée | contrats B2B | bon si résultat mesurable |
| Seniors / mobilité | structurelle | encore modérée | récurrence | très durable |
Un marché du bien-être en croissance garantit-il qu’un nouveau business sera rentable ?
Non, et c’est probablement le chiffre le plus important à garder en tête avant d’ouvrir : certains métiers du bien-être attirent beaucoup de clients tout en laissant des revenus assez faibles aux indépendants.
Les statistiques de l’Insee sur les soins de beauté l’illustrent bien. Le revenu d’activité moyen des indépendants classiques y tourne autour de 1 700 euros mensuels. On est très loin de l’image d’un marché à 211 milliards de dollars où chaque opérateur profiterait mécaniquement de la croissance.
Le modèle compte énormément. Un praticien qui facture 60 euros une heure ne peut vendre physiquement qu’un nombre limité d’heures. Un studio qui fait travailler huit clients à 25 euros chacun transforme la même heure en 200 euros de chiffre d’affaires. Un abonnement mensuel réduit également le besoin de revendre la prestation à chaque visite.
Nous regarderions donc d’abord le chiffre d’affaires généré par heure disponible, le taux de retour des clients, le panier moyen et le coût nécessaire pour acquérir un nouveau client. Ces quatre variables peuvent faire davantage de différence qu’un marché national annoncé à +5 % ou +10 %.
C’est aussi pour cela que les concepts spécialisés reviennent souvent dans les segments intéressants. La spécialisation aide à facturer davantage, améliore le bouche-à-oreille et donne une raison précise de revenir.
Alors, le marché du bien-être est-il encore en croissance en France ?
Oui, le marché du bien-être est toujours en croissance en France, mais la période où il suffisait de surfer sur le mot “bien-être” pour bénéficier de la tendance est largement derrière nous.
La France reste le 6e marché mondial du wellness selon le Global Wellness Institute, avec environ 211 milliards de dollars de dépenses et une croissance moyenne estimée à 5,9 % par an entre 2019 et 2024. L’activité physique progresse réellement : la pratique sportive régulière a gagné 7 points depuis 2018. La demande liée au stress et à la santé mentale s’est fortement renforcée. Le tourisme investit dans des expériences qui intègrent davantage le bien-être.
D’autres parties du marché racontent une histoire nettement moins dynamique. La fréquentation des cures thermales reste près de 20 % sous son niveau de 2019. Certains services personnels progressent peu en volume. Les revenus moyens de nombreux indépendants restent modestes. Et les chaînes ont déjà industrialisé une partie du fitness.
Nous avons donc aujourd’hui un marché de croissance, mais surtout un marché de sélection. Les meilleures opportunités se concentrent là où une tendance forte rencontre encore une offre imparfaite : fitness spécialisé, petits groupes, récupération, seniors, stress et sommeil, tourisme bien-être et certaines offres pour les entreprises.
Pour créer un business en France, notre conclusion est assez nette : la demande de bien-être continue de monter. Le vrai risque consiste désormais à choisir une offre tellement générique que toute cette croissance passe chez les concurrents.
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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
La question « le marché du bien-être est-il encore en croissance ? » paraît simple, mais elle mélange des activités très différentes. Nous avons donc évité de chercher un indicateur unique censé représenter à lui seul le fitness, les spas, la beauté, le tourisme, le thermalisme, le bien-être mental et les autres services associés.
Nous avons décomposé le sujet en plusieurs dimensions : taille et trajectoire du marché, évolution réelle des usages, dynamique de l’offre, pression concurrentielle, économie des opérateurs, moteurs structurels de la demande et contraintes propres à certaines activités. Le but est de répondre à la question avec le regard de quelqu’un qui envisage de créer un business en France.
Nous avons privilégié les données françaises et les sources de première main : statistiques publiques, ministères, organismes sectoriels reconnus, textes réglementaires et comptes publiés par les entreprises elles-mêmes. Les données internationales servent surtout à remettre la France dans son contexte ou à éclairer les catégories pour lesquelles les séries françaises sont moins complètes.
Nous avons aussi distingué les différentes formes de croissance. Une hausse du chiffre d’affaires ne raconte pas la même chose qu’une hausse du nombre de pratiquants, du nombre de clients, de la fréquentation ou du revenu par établissement. Quand c’était possible, nous avons croisé plusieurs indicateurs pour séparer croissance des prix, croissance des volumes, expansion de l’offre et intensification réelle de la demande.
Enfin, nous n’avons pas assimilé « marché en croissance » et « bon marché pour créer une entreprise ». La seconde question oblige à regarder la récurrence des revenus, la capacité de différenciation, le panier, le revenu généré par heure disponible, l’intensité concurrentielle, les coûts fixes et les contraintes réglementaires.
Parmi les principales sources utilisées figurent le Global Wellness Institute sur le classement et la taille du marché français, son 2025 Global Wellness Economy Monitor et sa définition du périmètre de la wellness economy.
Pour les usages et la pratique sportive, nous nous appuyons notamment sur le Baromètre national des pratiques sportives du ministère des Sports et sur les données de Santé publique France concernant l’activité physique pendant les loisirs et en entreprise.
Pour le fitness, les comptes publiés par Basic-Fit servent de cas observable, avec son historique sur cinq ans et ses comptes consolidés 2025. Nous utilisons l’entreprise comme exemple de ce qui se passe sur son segment, pas comme une représentation automatique de tout le fitness français.
Pour l’économie des indépendants et le contexte macroéconomique, les références principales sont l’Insee sur les services marchands en 2025 et sur les revenus d’activité des non-salariés. Pour le tourisme et la montée en gamme, nous utilisons les travaux d’Atout France sur les investissements touristiques ainsi que son analyse du nouveau cycle d’investissement.
Les autres sources importantes incluent Légifrance pour la frontière réglementaire avec la masso-kinésithérapie, le ministère de la Santé pour Mon soutien psy, l’étude Moka.Care / Ifop / GHU Paris / BCG sur la santé mentale au travail, la FEBEA sur les exportations cosmétiques, son Beauty Industry Package et les projections démographiques de l’Insee pour la lecture sur les seniors.