Événementiel : le marché est-il encore en croissance ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Événementiel : le marché est-il encore en croissance ? Oui. Le marché français continue de progresser, mais la croissance est surtout portée par le B2B, les salons professionnels, les congrès et les formats corporate capables de montrer un résultat concret.

Le chiffre d’affaires de la filière atteint environ 10,4 milliards d’euros, avec près de 3 940 entreprises et 37 700 salariés. Ce n’est plus un petit marché en reconstruction : l’écosystème a retrouvé une taille économique importante.

La dynamique la plus nette se trouve dans les salons professionnels. Les visites progressent de 12,2 %, alors que les exposants augmentent de 4,9 % et les surfaces de seulement 3,7 % : davantage de business se concentre dans presque le même espace.

Le retour des congrès confirme que la hausse ne peut plus être résumée à un simple rebond post-Covid. Paris a accueilli 1 200 congrès en 2025, contre 1 084 en 2019.

Les entreprises continuent à consacrer une place importante à l’événementiel, mais elles arbitrent davantage. Certaines réduisent les formats peu utiles tout en augmentant les budgets sur les salons, séminaires ou opérations capables de produire des leads, de la cohésion ou des rendez-vous qualifiés.

Le contraste entre B2B et grand public est devenu très visible. Les salons professionnels accélèrent, tandis que les événements grand public progressent peu et que les festivals peuvent afficher de très bonnes fréquentations tout en restant financièrement fragiles.

Le team building reste l’un des créneaux les plus intéressants pour un nouvel entrant : 59 % des entreprises interrogées disent en utiliser, contre 17 % en 2019. Le vrai potentiel est encore meilleur lorsqu’on possède un format reproductible plutôt qu’une prestation entièrement sur mesure.

La valeur économique se déplace aussi autour des événements eux-mêmes : activation de stands, prise de rendez-vous, collecte de leads, contenus, data, captation, accueil de délégations ou mesure du ROI. C’est souvent là qu’une petite entreprise spécialisée peut mieux défendre ses marges.

L’IA va réduire la valeur des tâches administratives et de préparation les plus simples, mais elle ne remplace ni la production sur place, ni la négociation, ni la gestion d’un imprévu, ni l’animation d’un public. Elle pousse surtout les agences à vendre moins d’heures de coordination basique et davantage de savoir-faire difficile à copier.

Pour quelqu’un qui veut créer un business en France, le marché reste attractif à condition d’éviter l’agence généraliste qui promet de tout organiser pour tout le monde. Les meilleures opportunités se trouvent aujourd’hui dans des offres spécialisées, répétables, mesurables et capables de conserver une bonne marge brute.

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Le marché français de l’événementiel grandit-il encore aujourd’hui ?

Oui, le marché français de l’événementiel continue de grandir, avec une accélération particulièrement visible sur les salons professionnels et les congrès.

Le dernier Event Data Book publié par UNIMEV évalue la filière française à 10,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Ce périmètre couvre les organisateurs de salons, foires et congrès, les agences événementielles, les gestionnaires de lieux, les concepteurs de stands et les prestataires. La filière compte environ 3 940 entreprises et 37 700 salariés.

Les données d’activité sont encore plus parlantes. Dans son dernier Observatoire, UNIMEV mesure une hausse de 12,2 % des visites sur les salons professionnels par rapport aux éditions précédentes comparables. Le nombre d’exposants augmente de 4,9 % et les surfaces nettes de 3,7 %. La fréquentation avance donc beaucoup plus vite que la taille physique des salons.

Le marché a également dépassé le simple rattrapage des années Covid. Paris a accueilli 1 200 congrès en 2025 selon Paris je t’aime – Convention Bureau, contre 1 084 en 2019. Les entreprises françaises restent elles aussi très présentes : dans l’étude OpinionWay menée pour UNIMEV auprès de 414 décideurs, près de neuf sur dix avaient organisé au moins une opération événementielle au cours des deux années précédentes.

La croissance est donc bien réelle aujourd’hui. Elle est simplement beaucoup plus forte dans certains morceaux du marché que dans d’autres.

Indicateur récent Niveau ou évolution Lecture
Chiffre d’affaires de la filière 10,4 Md€ Retour à une taille économique très importante
Entreprises de la filière ≈ 3 940 Marché encore très fragmenté
Salariés ≈ 37 700 Écosystème professionnel conséquent
Visites des salons professionnels +12,2 % Forte accélération
Exposants des salons professionnels +4,9 % Offre également en hausse
Surfaces des salons professionnels +3,7 % Croissance bien plus lente que la fréquentation
Congrès à Paris en 2025 1 200 Au-dessus des 1 084 de 2019
Entreprises ayant récemment fait de l’événementiel près de 9 sur 10 Demande corporate encore très large

Est-ce encore du rattrapage post-Covid ou une vraie croissance ?

Le rattrapage post-Covid explique de moins en moins la hausse actuelle de l’événementiel français : plusieurs indicateurs dépassent désormais leurs références d’avant-crise.

Le choc avait été énorme. D’après l’Insee, le chiffre d’affaires de la branche française de l’organisation de foires, salons professionnels et congrès était passé d’environ 3,74 milliards d’euros en 2019 à 1,41 milliard en 2020. Une chute de l’ordre de 62 % en un an laisse forcément plusieurs années de rebond derrière elle.

Mais ce rebond ne suffit plus à expliquer ce que nous observons. Paris vient par exemple d’atteindre 1 200 congrès en une année, soit environ 11 % de plus qu’en 2019. Les salons professionnels enregistrent aujourd’hui des hausses de fréquentation à deux chiffres par rapport à leurs précédentes éditions comparables. La Banque de France constate de son côté un renforcement progressif des performances économiques de la filière.

Le plus simple est donc de séparer deux périodes. Les premières années de reprise correspondaient largement à la reconstruction d’une activité détruite par les restrictions sanitaires. Aujourd’hui, certains segments dépassent leurs anciennes références et continuent d’avancer.

Cela ne garantit évidemment pas plusieurs années de croissance au même rythme. Mais parler encore uniquement de « rebond post-Covid » minimise ce qui se passe actuellement.

Les entreprises dépensent-elles vraiment plus en événementiel ?

Oui, les entreprises françaises veulent encore consacrer beaucoup d’argent à l’événementiel, même après une période où nombre d’entre elles ont serré leurs budgets.

L’étude OpinionWay pour UNIMEV donne un ordre de grandeur assez clair. Sur 414 décideurs d’entreprises réalisant plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires, près d’une entreprise sur deux consacre plus de 20 % de son budget communication, marketing et commercial à l’événementiel.

Pour leurs prochains budgets, 51 % des répondants anticipaient une augmentation des dépenses événementielles et 36 % prévoyaient de les maintenir. Seulement 13 % restaient donc dans la catégorie « baisse » ou autres réponses.

Le résultat devient encore plus intéressant lorsqu’on demande aux entreprises où elles veulent investir. Selon l’Event Data Book 2026, 44 % des entreprises utilisatrices citent les événements professionnels, qui arrivent devant la communication digitale parmi les leviers d’investissement envisagés.

Nous avons donc un marché où le client surveille davantage chaque dépense mais continue à réserver une vraie place à l’événement physique. Pour une agence, obtenir le budget est moins automatique qu’il y a quelques années ; convaincre qu’un événement mérite ce budget reste tout à fait possible.

Quels événements progressent le plus en France actuellement ?

Les salons professionnels ressortent clairement comme l’un des moteurs les plus dynamiques du marché événementiel français actuel.

L’écart avec le grand public est difficile à ignorer. UNIMEV mesure +12,2 % de visites sur les salons professionnels, accompagnées de +4,9 % d’exposants et +3,7 % de surfaces. Sur les événements grand public étudiés, les visites n’augmentent que de 1,5 %, les exposants de 1,8 %, tandis que les surfaces reculent de 1,5 %.

Les salons professionnels internationaux font encore mieux sur la fréquentation, avec +13,2 % de visites dans l’échantillon suivi. Cette hausse arrive alors même que leurs surfaces augmentent beaucoup moins vite.

La lecture est assez nette : davantage de personnes viennent faire du business dans des espaces qui, eux, ne grossissent presque pas. L’enjeu se déplace donc vers la qualité des rendez-vous, l’accueil, le networking, la collecte de leads, les animations, le contenu et tout ce qui permet de rentabiliser le temps passé sur place.

Type d’événement Visites Exposants Surfaces
Salons professionnels +12,2 % +4,9 % +3,7 %
Salons professionnels internationaux +13,2 % +3,7 % +6,0 %
Événements grand public +1,5 % +1,8 % -1,5 %
Lecture fréquentation B2B Très forte — —
Lecture fréquentation grand public Faible hausse — —
Croissance physique des salons B2B — — Modérée
Écart le plus frappant Plus de visiteurs Plus d’exposants Peu de mètres carrés supplémentaires
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Pourquoi certaines entreprises baissent-elles leurs budgets si l’événementiel grandit ?

Parce que les entreprises organisent encore beaucoup d’événements, mais elles coupent plus facilement ceux dont elles ne voient pas clairement l’utilité.

L’enquête MICE de Coach Omnium publiée cette année apporte justement le contrepoint aux chiffres très positifs du marché. Parmi les entreprises interrogées, 66 % déclaraient avoir réduit leur budget événementiel en 2025. Les formats ont souvent été raccourcis, rapprochés du siège ou rendus plus sélectifs.

Pourtant, 85 % des entreprises de cette même étude continuent à organiser des séminaires ou journées d’étude. Et dans l’étude OpinionWay réalisée sur un autre échantillon, 51 % des décideurs prévoyaient ensuite d’augmenter leurs dépenses événementielles.

Ces résultats paraissent contradictoires seulement si nous mettons tous les budgets dans le même panier. Une entreprise peut supprimer trois petits événements internes, raccourcir un séminaire et mettre davantage d’argent sur un salon qui génère des prospects. Elle aura réduit certaines dépenses tout en continuant à considérer l’événementiel comme stratégique.

C’est une évolution importante pour un nouvel entrant. Le client demande plus souvent : combien de prospects avons-nous obtenus, combien de collaborateurs ont participé, combien de rendez-vous ont été pris, que peut-on mesurer après l’événement ? Une jolie scénographie ne suffit plus toujours à défendre la facture.

Le team building continue-t-il vraiment de gagner du terrain ?

Oui, le team building a énormément progressé dans les entreprises françaises et reste actuellement l’un des formats les plus porteurs.

Dans l’étude Coach Omnium, 59 % des entreprises interrogées disent utiliser le team building. Elles n’étaient que 17 % en 2019. En quelques années, son taux d’utilisation a donc été multiplié par environ 3,5.

Cette progression accompagne aussi un changement dans les lieux. Les hôtels restent très présents, cités par 66 % des répondants, mais les châteaux et demeures de caractère atteignent 58 %, les restaurants et bars 43 %, et les équipements sportifs ou de loisirs 24 %.

Pour quelqu’un qui veut lancer un business, cette évolution ouvre plus de possibilités que la simple organisation de séminaires. Une activité propriétaire — jeu, challenge sportif, atelier culinaire, expérience immersive, escape game mobile, activité créative — peut être vendue encore et encore sans reconstruire toute l’offre à chaque client.

C’est l’un des créneaux les plus accessibles pour entrer dans l’événementiel aujourd’hui, surtout avec un concept clair et reproductible plutôt qu’une agence généraliste.

Les salons professionnels servent-ils encore vraiment à quelque chose face à LinkedIn et aux visioconférences ?

Oui, et la hausse actuelle de leur fréquentation montre que les salons professionnels ont gardé une fonction que les outils digitaux remplacent mal : concentrer énormément de rencontres commerciales en très peu de temps.

Les +12,2 % de visites mesurées par UNIMEV donnent déjà une réponse assez forte. Mais le fonctionnement concret de certains salons montre encore mieux pourquoi les entreprises continuent à se déplacer.

Rendez-vous en France, le salon B2B d’Atout France consacré au tourisme, a par exemple organisé plus de 28 000 rendez-vous professionnels en deux jours lors de sa dernière édition, avec plus de 800 acheteurs internationaux et environ 700 exposants. Un participant ne vient donc plus seulement « voir des stands ». Il peut arriver avec son agenda rempli de rendez-vous qualifiés.

Le digital contribue même à rendre ces rencontres plus efficaces : inscription, matchmaking, prise de rendez-vous, qualification des contacts, scanning des badges et suivi commercial se font avant, pendant et après le salon.

Pour une jeune entreprise événementielle, c’est un marché intéressant parce que la valeur se trouve de plus en plus autour du salon lui-même : activation du stand, génération de rendez-vous, expériences visiteurs, contenu, captation, data et suivi des leads.

Les congrès français ont-ils vraiment retrouvé leur niveau d’avant-Covid ?

Oui, les congrès ont largement récupéré leur activité, et Paris vient même de dépasser son nombre de congrès d’avant-Covid.

Paris je t’aime – Convention Bureau a comptabilisé 1 200 congrès dans la capitale en 2025. Il y en avait 1 084 en 2019, 646 en 2023 et seulement 589 pendant l’année olympique. La comparaison avec cette dernière année est évidemment trompeuse à cause des Jeux, mais le dépassement de 2019 est beaucoup plus instructif.

Ces 1 200 congrès ont mobilisé 317 sites et généré environ 942 millions d’euros de retombées économiques, soit encore 2 % de plus sur un an. Le marché évolue aussi vers des congrès plus petits et spécialisés sans baisse correspondante de leur impact économique.

L’international reste un gros avantage pour la France. Paris est revenue à la deuxième place du classement ICCA des grandes destinations de congrès internationaux selon le périmètre retenu par l’association. Et un participant étranger dépense généralement bien davantage sur l’hébergement, la restauration et les transports qu’un participant local.

La croissance ne se limite toutefois pas à Paris. Les précédentes données UNIMEV montraient déjà que la hausse des exposants et des visiteurs dans les régions suivait, voire dépassait sur certains indicateurs, celle de l’Île-de-France. Une agence basée à Lyon, Lille, Bordeaux, Nantes, Strasbourg, Toulouse ou Marseille peut donc travailler sur un véritable marché local sans dépendre de la capitale.

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Les festivals et événements grand public sont-ils encore un bon marché ?

Les festivals attirent toujours beaucoup de monde, mais leur économie est aujourd’hui nettement plus fragile que celle des meilleurs segments B2B.

Le tout dernier Baromètre des festivals du ministère de la Culture repose sur 3 200 festivals. Les difficultés financières arrivent largement en tête : 49 % disent en avoir rencontré « un peu » et 28 % « beaucoup ». Seuls 20 % déclarent des recettes supérieures à leurs dépenses, tandis que 46 % terminent à peu près à l’équilibre.

Le problème vient en partie des coûts. Les dépenses de voyages, d’hébergement et de restauration augmentent pour 46 % des festivals interrogés, les coûts techniques et logistiques pour 43 %, et les dépenses artistiques pour 41 %. La billetterie progresse chez 43 % des répondants, mais elle doit absorber plusieurs coûts qui montent en parallèle.

Les premiers résultats recueillis pendant la saison étaient pourtant bons côté public : la moitié des festivals avaient rempli plus de 90 % de leur jauge et environ un tiers avaient dépassé leur jauge maximale. Autrement dit, remplir un festival ne garantit pas aujourd’hui de gagner correctement sa vie.

Pour un entrepreneur qui dispose de peu de capital, le risque est donc plus élevé que sur une prestation B2B vendue avant d’être produite. Les festivals peuvent rester de très beaux business, mais il faut savoir gérer simultanément la billetterie, les sponsors, les artistes, la météo, la sécurité et parfois les subventions.

Les agences événementielles gagnent-elles vraiment mieux leur vie aujourd’hui ?

La santé financière des entreprises de l’événementiel s’est clairement améliorée, mais la croissance du marché ne garantit pas de bonnes marges à une agence.

La Banque de France, dans le diagnostic économique de la filière récemment publié avec UNIMEV, décrit une activité qui s’est redressée et des performances économiques qui se renforcent progressivement. L’Event Data Book reprend notamment une proportion importante d’entreprises bénéficiaires et une situation financière beaucoup plus saine qu’au sortir du Covid.

Le problème d’une agence reste la quantité de chiffre d’affaires qui repart immédiatement chez les fournisseurs. Lieux, traiteurs, techniciens, sécurité, transport, mobilier, décoration et personnel peuvent absorber une grande partie de la facture envoyée au client.

Une agence qui facture 100 000 € pour un événement et achète 85 000 € de prestations extérieures n’a évidemment pas le même modèle qu’une entreprise qui vend 100 000 € d’animations propriétaires, de conception ou de services utilisant principalement son équipe et son savoir-faire.

C’est pourquoi nous regarderions beaucoup plus la marge brute que le chiffre d’affaires pour juger un projet événementiel. Les modèles intéressants aujourd’hui sont souvent ceux qui possèdent quelque chose : un format, une technologie, du matériel, une communauté, une audience, un concept ou une expertise très difficile à remplacer.

L’IA va-t-elle faire baisser la valeur des agences événementielles ?

L’IA va probablement faire baisser la valeur des tâches événementielles les plus administratives, mais elle ne réduit pas pour l’instant la demande de rencontres physiques.

Dans l’étude Coach Omnium, plus d’une entreprise sur deux déclare déjà utiliser l’IA dans l’organisation de ses événements. Seulement 4 % l’utilisent systématiquement, ce qui montre que l’adoption est encore loin d’être totale mais qu’elle est déjà entrée dans les habitudes.

Préparer un premier planning, rédiger des invitations, rechercher des idées, résumer un brief, produire des variantes de programme ou générer du contenu devient beaucoup plus rapide. Les plateformes de réservation automatisent parallèlement la recherche de lieux, les devis et une partie des achats.

Une agence qui faisait payer beaucoup d’heures pour ces tâches va donc devoir justifier davantage ses honoraires. La conception d’une expérience, la négociation avec des fournisseurs, la production sur place, la gestion d’un imprévu, l’animation d’un public ou la connaissance très fine d’un territoire restent beaucoup plus difficiles à automatiser.

La croissance de la fréquentation des salons et des congrès est d’ailleurs assez parlante : l’IA progresse au moment même où davantage de personnes se déplacent pour se rencontrer. Les deux tendances coexistent très bien.

Où reste-t-il de la place pour créer un business dans l’événementiel ?

Il reste beaucoup de place dans l’événementiel français, mais lancer une agence généraliste qui « organise tous types d’événements » nous paraît aujourd’hui beaucoup moins séduisant qu’un concept spécialisé et répétable.

Les chiffres orientent assez clairement les meilleurs paris. Les salons B2B gagnent rapidement des visiteurs. Le team building est utilisé par 59 % des entreprises interrogées contre 17 % en 2019. Les congrès dépassent leurs anciens niveaux dans des destinations majeures. Les entreprises continuent à prévoir des budgets importants mais demandent davantage de résultats mesurables.

À partir de là, une jeune entreprise peut chercher un créneau très simple à comprendre : générer des rendez-vous sur les salons B2B, créer des team buildings propriétaires, organiser des séminaires bas carbone, accueillir des délégations étrangères, produire des activations de stands, mesurer le ROI d’un événement ou devenir extrêmement bonne sur une ville et un type de clientèle.

L’écoresponsabilité peut aussi devenir une vraie spécialité plutôt qu’un argument ajouté sur une plaquette. Les entreprises veulent davantage mesurer les déplacements, réduire les déchets, réutiliser les décors ou mieux choisir la restauration. UNIMEV développe désormais ses propres outils et accompagnements carbone, signe que ces demandes entrent dans le fonctionnement normal de la filière.

L’avantage d’une offre spécialisée tient aussi à son économie. Un concept de team building vendu cinquante fois, un outil utilisé sur plusieurs salons ou une offre d’accueil international standardisée peut devenir progressivement plus rentable. Une agence qui réinvente entièrement chaque événement recommence presque à zéro à chaque contrat.

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Alors, le marché de l’événementiel est-il encore en croissance ?

Oui, le marché français de l’événementiel est encore en croissance aujourd’hui, et plusieurs données récentes montrent même une accélération franche du B2B.

Les chiffres les plus solides vont tous dans cette direction : une filière estimée à 10,4 milliards d’euros de chiffre d’affaires, +12,2 % de visites sur les salons professionnels, une activité des congrès parisiens désormais supérieure à 2019 et des entreprises qui continuent de placer l’événementiel très haut dans leurs futurs investissements.

La croissance reste pourtant très inégale. Le dernier Baromètre du ministère de la Culture montre des festivals remplis mais financièrement tendus. Coach Omnium observe des entreprises qui ont réduit certains budgets et raccourci leurs événements. Et, comme nous l’avons vu plus haut, les salons professionnels avancent beaucoup plus vite que les événements grand public.

Pour quelqu’un qui veut créer une entreprise en France, le marché nous paraît donc encore attractif, avec une condition assez claire : mieux vaut vendre une compétence ou une expérience précise que devenir une agence événementielle de plus. Le B2B, le team building spécialisé, les services autour des salons, l’accueil international et les offres capables de prouver leur résultat offrent aujourd’hui les signaux les plus convaincants.

Le marché continue de grossir. La partie facile, elle, a disparu.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Déterminer si le marché français de l’événementiel est réellement en croissance est moins évident qu’il n’y paraît. Une hausse de fréquentation peut coexister avec des budgets sous pression, un segment peut accélérer pendant qu’un autre stagne, et plusieurs années de reprise après le Covid peuvent donner l’impression d’une croissance plus forte qu’elle ne l’est réellement.

Nous avons donc décomposé la question en plusieurs dimensions : niveau d’activité de la filière, dynamique récente des salons et congrès, évolution de la demande et des budgets des entreprises, différences entre B2B et grand public, santé économique des opérateurs et évolution des formats qui créent de nouvelles opportunités pour les entrepreneurs.

Pour chaque dimension, nous avons privilégié les données produites directement par les organismes qui mesurent la filière ou ses différents marchés : UNIMEV, Insee, Banque de France, ministère de la Culture, Paris je t’aime – Convention Bureau, Atout France et les producteurs des principales études MICE. Les données plus anciennes servent surtout de points de comparaison lorsqu’elles permettent de distinguer une progression récente d’un simple retour au niveau d’avant-crise.

Nous avons ensuite confronté les indicateurs plutôt que de les lire isolément. Fréquentation, nombre d’exposants et surfaces mesurent par exemple des formes de croissance différentes. De la même manière, intentions budgétaires, budgets effectivement réduits et fréquence d’organisation des événements peuvent évoluer simultanément sans raconter exactement la même chose.

Nous avons aussi séparé la croissance d’un segment de son attractivité entrepreneuriale. Un marché peut attirer davantage de public tout en restant économiquement difficile ; à l’inverse, un format plus spécialisé peut représenter un marché plus petit mais offrir une meilleure répétabilité, davantage de marge ou une proposition de valeur plus facile à défendre. Pour quelqu’un qui souhaite créer un business en France, cette distinction compte davantage que la seule progression du chiffre d’affaires sectoriel.

Notre conclusion repose donc sur l’agrégation de ces éléments plutôt que sur une statistique dominante. Lorsque activité, demande, fréquentation, investissement et santé économique convergent, nous considérons la tendance comme solide. Lorsqu’ils divergent, nous regardons ce que cette divergence révèle sur la transformation du marché et sur la capacité réelle à monétiser sa croissance.

Les principales sources utilisées sont : UNIMEV, Observatoire des événements 2025, UNIMEV, résultats consolidés de l’Observatoire, UNIMEV, espace Études, UNIMEV / Banque de France, diagnostic économique et financier de la filière, Insee, secteur 823, Paris je t’aime – Convention Bureau, congrès parisiens et classement ICCA, Atout France, Rendez-vous en France, Ministère de la Culture, Baromètre des festivals 2025, Coach Omnium, étude MICE 2026, 1001Salles, résultats de l’étude MICE 2026 et UNIMEV, accompagnement et bilans carbone.