Quels sont les chiffres du marché du jardinage en France ?

Lancez une entreprise de paysagiste avec des chiffres solides dès le départ
Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier.
C'est partiEN RÉSUMÉ
Quels sont les chiffres du marché du jardinage en France ? L’économie du jardin tourne autour de 17 milliards d’euros si l’on rapproche environ 8 milliards d’euros de ventes de produits et 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les entreprises du paysage.
Le chiffre le plus important n’est pas forcément la taille totale du marché, mais la divergence entre ses deux grandes moitiés. Les produits de jardin reculent depuis plusieurs années, alors que les entreprises du paysage ont encore gagné environ 60 % de chiffre d’affaires en dix ans.
Le boom du Covid est clairement derrière nous. Les ventes en euros restent élevées, mais les volumes sont revenus autour de leurs niveaux d’avant-crise et Promojardin enchaîne désormais plusieurs années de baisse du marché.
La demande potentielle reste pourtant énorme : 74 % des foyers disposent d’un jardin ou d’une terrasse, alors que seulement 15 % paient quelqu’un pour l’entretenir ou l’aménager. C’est probablement le chiffre qui crée le plus d’espace pour un nouvel entrant.
Les végétaux restent un gros marché, autour de 2,2 milliards d’euros, mais la base de clients s’érode. En 2025, 68 % des foyers ont acheté au moins un végétal, contre 76 % avant la crise sanitaire.
À l’intérieur d’un marché de produits assez mou, quelques besoins résistent beaucoup mieux. L’arrosage progresse nettement, tandis que le jardin motorisé, les pulvérisateurs, les nettoyeurs haute pression et les pompes reculent fortement.
Le commerce reste très physique. Les jardineries, spécialistes et grandes surfaces de bricolage captent encore près de quatre euros sur cinq, alors qu’Internet représente environ 7 % des ventes malgré une pratique d’achat en ligne déjà très répandue.
Le paysage est très facile à pénétrer à petite échelle, mais beaucoup plus difficile à industrialiser. La France compte 33 550 entreprises, 85 % d’entre elles ont au maximum cinq salariés, et les 15 % les plus grandes réalisent 76 % du chiffre d’affaires du secteur.
Pour une petite entreprise, l’entretien récurrent paraît aujourd’hui plus solide que la dépendance aux gros chantiers ponctuels. La création pèse davantage en valeur, mais la tonte, la taille, les remises en état ou l’entretien programmé donnent un chiffre d’affaires plus prévisible.
Le crédit d’impôt de 50 % sur certains petits travaux de jardinage change aussi fortement le prix ressenti par le client. Sur les prestations éligibles, une facture de 60 euros peut revenir à 30 euros après avantage fiscal, ce qui facilite nettement la vente.
Le meilleur angle pour créer un business semble donc être un service local, dense géographiquement, avec des interventions récurrentes et quelques prestations plus chères en complément. Le vrai enjeu n’est pas seulement de trouver des clients : c’est de réduire les kilomètres improductifs, organiser les tournées et recruter assez bien pour grandir.
Tous les documents pour lancer une entreprise de paysagiste
Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier. Vous y mettez vos chiffres, vous présentez le dossier.
Voir le pack completTéléchargement immédiat
Le marché du jardinage en France pèse-t-il vraiment plus de 15 milliards d’euros ?
Oui. Si nous additionnons les ventes de produits pour le jardin et l’activité des entreprises du paysage, le marché français tourne autour de 17 milliards d’euros, même si les deux périmètres ne se recouvrent pas parfaitement.
Le commerce des produits de jardin représente environ 8 milliards d’euros par an. À côté, l’Unep mesure 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les entreprises françaises du paysage en 2024.
Ce deuxième marché est déjà presque aussi gros que le premier. Il comprend la création de jardins, l’entretien des espaces verts, la taille, l’élagage, les plantations ou encore les aménagements réalisés pour des particuliers, des entreprises et des collectivités.
Le chiffre de 17 milliards d’euros doit donc être lu comme un ordre de grandeur de l’économie du jardin plutôt que comme un marché statistique unique. Pour quelqu’un qui veut créer une entreprise, la distinction est surtout utile parce que les deux moitiés n’évoluent plus du tout au même rythme.
| Partie du marché français du jardin | Ordre de grandeur récent |
|---|---|
| Produits pour le jardin | ≈ 8 Md€ |
| Entreprises du paysage | 8,5 Md€ |
| Paysage auprès des particuliers | ≈ 4,2 Md€ |
| Paysage auprès des entreprises privées | ≈ 2,2 Md€ |
| Paysage auprès du secteur public | ≈ 2,1 Md€ |
| Achats de végétaux des ménages | ≈ 2,2 Md€ |
| Produits + entreprises du paysage | ≈ 17 Md€ |
Le marché du jardinage est-il encore en croissance en France ?
Pas vraiment si l’on parle des ventes de produits. Elles baissent encore, tandis que les entreprises du paysage continuent de grossir.
Promojardin-Promanimal estime que le marché des produits de jardin a reculé de 2 % en 2025. C’était déjà la quatrième année consécutive de baisse. Le contraste est fort avec le paysage : selon l’Unep, son chiffre d’affaires est passé de 5,3 milliards d’euros en 2014 à 8,5 milliards en 2024, soit environ +60 % en dix ans.
La croissance a aussi résisté après le rebond post-Covid. Entre 2022 et 2024, l’activité des entreprises du paysage a encore gagné 10 %. Leur nombre d’actifs n’a progressé que de 3 % sur la même période, ce qui montre que le chiffre d’affaires a augmenté beaucoup plus vite que les effectifs.
Pour quelqu’un qui veut se lancer aujourd’hui, cette divergence change complètement la lecture du marché. Ouvrir un commerce généraliste de produits de jardin revient à entrer dans une activité mature qui perd des ventes. Vendre du temps, du savoir-faire et de l’entretien permet d’entrer dans une branche qui a encore grandi récemment.
Le boom du jardinage pendant le Covid est-il vraiment terminé ?
Oui. Le boom des achats de jardinage lié au Covid est terminé depuis plusieurs années et les volumes vendus sont revenus autour de leur niveau d’avant-crise.
L’Insee a reconstitué l’évolution des fleuristes, jardineries et animaleries jusqu’en 2025. Les ventes avaient fortement accéléré pendant la période sanitaire, lorsque les ménages consacraient davantage de temps et d’argent à leur logement. Ensuite, l’inflation a changé la trajectoire : le chiffre d’affaires est resté élevé en euros, mais les quantités vendues ont baissé.
Depuis 2023, les volumes évoluent à nouveau autour de leurs niveaux pré-Covid. C’est une nuance importante lorsque nous regardons un chiffre d’affaires exprimé en euros : une partie de la hausse apparente du marché sur plusieurs années vient simplement des prix.
Promojardin arrive au même constat par une autre méthode. Après +13,5 % en 2020 et +10,1 % en 2021, son marché a enregistré -6,4 % en 2022, -6,1 % en 2023, -3,6 % en 2024 et encore environ -2 % en 2025.
Construire un business plan en supposant que les Français vont retrouver leur frénésie d’achat du Covid serait donc difficile à défendre aujourd’hui.
Combien de Français ont vraiment un jardin ou une terrasse ?
Près de trois foyers français sur quatre ont un jardin ou une terrasse : 74 % exactement dans la dernière étude FranceAgriMer-VALHOR sur les espaces extérieurs.
La clientèle potentielle va donc bien au-delà des propriétaires d’une grande maison avec terrain. Elle comprend aussi les petites maisons de ville, les cours, les terrasses et certains espaces extérieurs d’appartements.
La taille de cette base explique pourquoi le jardin demeure un marché de masse malgré la baisse récente des achats de produits. Une activité locale n’a pas besoin d’une pénétration énorme pour trouver des clients : dans une zone résidentielle de plusieurs dizaines de milliers de foyers, une proportion importante possède déjà un espace à entretenir.
Mais possession et dépense ne doivent pas être confondues. L’écart entre les 74 % de foyers équipés d’un espace extérieur et les 15 % qui paient quelqu’un pour s’en occuper est justement l’un des chiffres les plus intéressants du marché.
Combien facturer pour rentabiliser une entreprise de paysagiste ?
Le prévisionnel du pack calcule votre seuil de rentabilité, votre besoin en fonds de roulement et votre trésorerie à partir de vos propres hypothèses. Vous changez un chiffre, tout se recalcule.
Voir le pack completAucune connaissance financière requise
Les Français achètent-ils encore beaucoup de plantes et de végétaux ?
Oui, mais beaucoup moins de foyers achètent des plantes qu’avant : les végétaux représentent encore environ 2,2 milliards d’euros, alors que le nombre d’acheteurs continue de baisser.
Le panel Kantar réalisé pour FranceAgriMer et VALHOR montre que 68 % des foyers ont acheté au moins un végétal en 2025, soit environ 20 millions de foyers. Avant la crise sanitaire, cette proportion atteignait 76 %.
Le marché a perdu 7 % en valeur sur un an, alors que les quantités n’ont baissé que de 1 %. Le budget annuel moyen des foyers acheteurs s’établit autour de 108 euros. Nous avons donc surtout moins d’acheteurs, plutôt qu’un effondrement des achats chez ceux qui continuent à jardiner.
Le potager n’échappe pas à cette pression. Seulement 27 % des foyers ont acheté des végétaux pour leur potager en 2025, contre 28 % l’année précédente. Ce segment ne représente que 8 % des dépenses totales en végétaux.
Il y a néanmoins une particularité intéressante : les achats pour le potager ont progressé d’environ 10 % en volume tout en reculant de 7 % en valeur. Le panier annuel est d’à peine 23,20 euros. Beaucoup de Français continuent donc à acheter tomates, pommes de terre, aromatiques ou semences, mais ce sont des produits à faible valeur.
Pour une pépinière ou une jardinerie, le problème actuel est assez clair : vendre davantage de plantes à davantage de ménages devient difficile. Augmenter le panier avec du conseil, de la plantation, des pots, du terreau ou d’autres services paraît beaucoup plus intéressant.
Quels produits de jardin se vendent encore bien aujourd’hui ?
L’arrosage fait partie des rares grandes catégories de jardinage qui progressent franchement, tandis que le matériel motorisé et plusieurs équipements traditionnels reculent fortement.
Les données de distribution font apparaître une progression proche de 8 % pour l’arrosage sur la dernière année disponible. À l’autre bout du classement, le jardin motorisé recule nettement, tout comme les pulvérisateurs, les pompes et les nettoyeurs haute pression.
Le changement est intéressant pour un entrepreneur. Une tondeuse ou un nettoyeur haute pression est un achat facilement reportable lorsque le budget du ménage se resserre. Les solutions d’arrosage répondent davantage à un problème immédiat : maintenir un jardin vivant, automatiser une corvée ou utiliser moins d’eau.
Il existe donc encore de la croissance à l’intérieur d’un marché global en baisse. Il faut simplement aller la chercher dans des besoins beaucoup plus précis que le « jardinage » en général.
| Catégorie | Évolution récente en valeur |
|---|---|
| Arrosage | +7,8 % |
| Produits pour jardin | +0,4 % |
| Barbecues | -0,4 % |
| Semences | -2,1 % |
| Outillage à main | -4,5 % |
| Jardin motorisé | -8,3 % |
| Pulvérisateurs | -12,4 % |
| Nettoyeurs haute pression | -14,0 % |
| Pompes | -14,9 % |
Qui vend réellement les produits de jardin en France ?
Les jardineries et spécialistes restent les premiers vendeurs de produits de jardin en France, et Internet est encore loin de les avoir remplacés.
Dans la dernière ventilation disponible de Promojardin, les jardineries et autres spécialistes représentaient environ 42,5 % du marché. Les grandes surfaces de bricolage pesaient 35,6 %, devant les grandes surfaces alimentaires autour de 12,5 % et Internet autour de 7 %.
Près de quatre euros sur cinq passent donc encore par les jardineries, spécialistes et grandes surfaces de bricolage. Voir la plante, comparer sa taille, obtenir un conseil ou repartir immédiatement avec un produit lourd continue à favoriser les magasins.
Internet joue pourtant un rôle réel. La Fevad indique que 32,1 % des cyberacheteurs français ont acheté au moins une fois en ligne dans la catégorie bricolage-jardinage en 2025. Beaucoup de Français utilisent donc le web, mais cela ne signifie pas que 32 % des dépenses y sont réalisées.
Cette distinction rend le pur e-commerce généraliste assez peu séduisant pour un nouvel entrant. En revanche, Internet fonctionne très bien pour acquérir des clients locaux ou vendre des références précises : pièces détachées, arrosage, consommables, semences, accessoires techniques ou produits difficiles à trouver en magasin.
| Circuit de vente | Part approximative du marché |
|---|---|
| Jardineries et spécialistes | 42,5 % |
| Grandes surfaces de bricolage | 35,6 % |
| Grandes surfaces alimentaires | 12,5 % |
| Internet | 7,0 % |
| Autres circuits | ≈ 2,4 % |
Combien d’entreprises se partagent le marché français du paysage ?
Le paysage est extrêmement fragmenté : la France compte 33 550 entreprises pour 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Cela donne environ 253 000 euros de chiffre d’affaires par entreprise en moyenne, mais cette moyenne décrit assez mal la réalité. Selon l’Unep, 61,5 % des entreprises n’ont aucun salarié et 23,5 % en emploient seulement un à cinq.
Autrement dit, 85 % des entreprises du paysage comptent au maximum cinq salariés. À l’inverse, les 15 % qui dépassent cinq salariés réalisent 76 % du chiffre d’affaires du secteur.
Cette concentration donne une photographie assez parlante du business. Il est relativement facile d’entrer sur le marché avec une petite structure, mais beaucoup plus difficile de bâtir une entreprise de taille significative. Dès qu’il faut gérer plusieurs équipes, les contraintes de recrutement, véhicules, matériel, tournées et trésorerie deviennent beaucoup plus lourdes.
Le marché continue pourtant d’attirer des entrepreneurs. Selon l’Unep, plus d’un tiers des entreprises actuellement présentes ont été créées ou reprises depuis 2020 et près de 60 % ont moins de huit ans.
Trois semaines de travail pour une entreprise de paysagiste, déjà faites
Vous récupérez les quatre documents, vous les adaptez à votre projet, et notre équipe les relit gratuitement avant que vous les envoyiez à votre banque.
Voir le pack completAccompagnement par nos experts, gratuit
Est-ce que l’entretien de jardins rapporte plus sûrement que la création ?
Pour une petite entreprise, l’entretien offre actuellement un revenu beaucoup plus prévisible que les gros chantiers de création, même si la création reste le premier marché en valeur.
Dans les chiffres de l’Unep, la création représente 56 % du chiffre d’affaires du paysage et l’entretien 41,5 %. La différence vient en partie du prix des chantiers : refaire entièrement un jardin, une terrasse ou des plantations peut rapidement générer plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros.
L’entretien possède toutefois quelque chose que le chantier ponctuel n’a pas : la répétition. Une pelouse, une haie ou un jardin doit être entretenu encore et encore. Un contrat annuel permet donc de commencer chaque mois avec une partie du chiffre d’affaires déjà sécurisée.
Cette caractéristique compte beaucoup pour une petite structure. Dix clients qui dépensent 1 000 euros chaque année ne ressemblent pas économiquement à dix clients qui dépensent 1 000 euros une seule fois.
La création reste très intéressante pour augmenter le panier moyen. Mais si nous cherchons un business plus régulier, combiner entretien récurrent et travaux ponctuels paraît plus robuste que dépendre uniquement de nouveaux chantiers.
Combien de Français paient réellement quelqu’un pour entretenir leur jardin ?
Seulement 15 % des foyers français ont payé une personne extérieure pour entretenir ou aménager leur jardin ou leur terrasse en 2025.
Le chiffre vient de l’étude FranceAgriMer-VALHOR mise à jour récemment. Il est particulièrement intéressant face aux 74 % de foyers qui disposent d’un espace extérieur.
Parmi les ménages qui délèguent, 56 % font appel à un professionnel du jardin ou du paysage. Le reste passe notamment par d’autres types de prestataires ou par l’emploi direct.
Le recours à une personne extérieure est remonté vers son niveau d’avant la crise sanitaire, mais nous sommes encore très loin d’un service utilisé par la majorité des propriétaires de jardins.
Cela laisse une réserve de clientèle considérable. Il ne faut évidemment pas imaginer transformer tous les jardiniers amateurs en clients. Même gagner quelques points de pénétration représenterait cependant des centaines de milliers de foyers supplémentaires à l’échelle française.
Pour quels travaux de jardin les Français acceptent-ils le plus facilement de payer ?
L’élagage des arbres et la taille des haies restent parmi les travaux de jardin les plus souvent confiés à quelqu’un d’autre.
La dernière étude FranceAgriMer-VALHOR place encore ces prestations en tête des travaux délégués. Le résultat est assez intuitif : monter en hauteur, manipuler du matériel puissant, évacuer beaucoup de déchets verts ou passer plusieurs heures sur une longue haie crée une vraie raison de payer.
Le même principe peut guider le choix d’une activité. Une tonte très simple se heurte facilement au « je peux le faire moi-même ». Une remise en état, un élagage, une taille importante, une intervention technique ou l’entretien d’une résidence secondaire réduisent beaucoup cette objection.
Il y a aussi de la vente additionnelle à aller chercher. VALHOR constate que la majorité des ménages faisant intervenir quelqu’un pour une haie ou un élagage achètent également d’autres prestations.
Une spécialité peut donc servir de produit d’entrée, puis ouvrir vers un contrat d’entretien plus large.
Le crédit d’impôt rend-il vraiment le jardinage à domicile beaucoup plus facile à vendre ?
Oui. Pour les petits travaux de jardinage éligibles aux services à la personne, le crédit d’impôt de 50 % peut pratiquement diviser par deux le prix ressenti par le client.
Le ministère de l’Économie fixe un plafond spécifique de 5 000 euros de dépenses de petit jardinage par foyer fiscal et par an. Un ménage peut donc obtenir jusqu’à 2 500 euros de crédit d’impôt sur ces prestations s’il respecte les conditions du dispositif.
Prenons une prestation éligible facturée 60 euros. Après avantage fiscal, son coût final peut revenir à 30 euros. À ce niveau, déléguer une tâche pénible devient beaucoup plus facile à arbitrer qu’à 60 euros.
L’avance immédiate renforce encore l’effet commercial puisque, lorsqu’elle est disponible, le client n’a plus besoin d’attendre la déclaration suivante pour récupérer son avantage.
Il faut en revanche bien définir son offre avant de communiquer dessus. Le régime couvre les petits travaux de jardinage à domicile ; il ne permet pas de faire passer automatiquement un gros chantier paysager, certains travaux d’élagage ou une création complète de jardin dans le crédit d’impôt.
Pour une entreprise d’entretien positionnée sur les bonnes prestations, cet avantage fiscal reste aujourd’hui l’un des arguments commerciaux les plus puissants du marché.
Ce qu’il faut pour faire financer une entreprise de paysagiste
Une banque veut des chiffres sourcés, un marché documenté et une stratégie tenable. Les quatre documents répondent à ces trois questions dans l’ordre où elles se posent.
Voir le pack completConvient pour une demande de prêt
Une jardinerie est-elle encore rentable aujourd’hui ?
Une jardinerie peut encore gagner de l’argent, mais les données récentes de l’Insee montrent un commerce nettement moins confortable qu’un taux de marge sur les produits pourrait le faire croire.
Dans l’ensemble fleuristes-jardineries-animaleries étudié par l’Insee, le taux de marge commerciale atteint 44,8 %. C’est élevé : le commerce spécialisé non alimentaire comparable affiche 38,2 %.
Une grande partie de cet avantage disparaît ensuite dans l’exploitation. Les frais de personnel absorbent 81,3 % de la valeur ajoutée, contre 75,2 % dans le commerce spécialisé non alimentaire. Le taux de marge économique tombe alors à 18,7 %, contre 24,8 % pour le secteur de comparaison.
La rentabilité économique moyenne ressort à 9,4 %. Les PME du secteur sont beaucoup plus basses, à 6,6 %. Les microentreprises atteignent 15,5 %, mais l’Insee prévient qu’une partie du résultat rémunère directement le travail du dirigeant et ne doit donc pas être lue comme un rendement passif du capital.
Un entrepreneur doit surtout regarder le stock, le personnel, le local et la trésorerie nécessaire. Une belle marge sur un sac de terreau ou une plante ne suffit pas à rendre une grande surface commerciale rentable.
À quel point la météo et les saisons peuvent-elles faire bouger les ventes de jardinage ?
Énormément : quelques semaines de bonne ou mauvaise météo peuvent encore déplacer une part importante du chiffre d’affaires annuel d’une jardinerie.
L’Insee a mesuré la saisonnalité du commerce des fleuristes, jardineries et animaleries sur plus de vingt ans. En moyenne, le chiffre d’affaires brut de mai se situe 41 % au-dessus de son niveau corrigé de la saisonnalité. Avril affiche également un écart de +28,5 %, alors que plusieurs mois d’été et d’automne tournent autour de -12 % à -14 %.
L’année 2025 offre un cas concret. Selon Promojardin, le marché affichait encore +3 % à la fin mai après un printemps favorable. Les ventes sont ensuite reparties à la baisse et l’année s’est finalement terminée autour de -2 %.
Un commerce qui commande beaucoup de stock pour quelques semaines cruciales peut donc subir très vite une mauvaise saison. L’Insee estime d’ailleurs que le besoin en fonds de roulement des fleuristes, jardineries et animaleries équivaut à 34 jours de chiffre d’affaires, davantage que dans plusieurs autres commerces spécialisés.
Les services permettent un peu plus de souplesse. La tonte, la taille, les plantations, les remises en état ou certains travaux peuvent être répartis dans l’année, même si la météo continue évidemment à modifier les plannings.
Est-ce difficile de recruter pour une entreprise de jardinage ?
Oui. Pour une entreprise du paysage qui veut passer de l’artisan seul à plusieurs équipes, le recrutement devient rapidement l’un des principaux freins à la croissance.
L’Unep compte 140 300 actifs dans le paysage, dont 112 400 salariés. Environ 81 % de ces salariés sont en CDI et 95 % travaillent à temps plein. Nous sommes donc loin d’un secteur fonctionnant uniquement avec de la main-d’œuvre saisonnière.
Une grande partie des salariés intervient directement sur les chantiers. Ajouter du chiffre d’affaires oblige donc souvent à ajouter des heures de travail humain, contrairement à un business numérique où une même équipe peut parfois servir beaucoup plus de clients sans grossir au même rythme.
L’Unep continue d’ailleurs de signaler des difficultés de recrutement, notamment sur les postes d’ouvriers. Plus d’un tiers des entreprises prévoyaient malgré cela d’augmenter leurs effectifs à court terme.
Pour quelqu’un qui veut bâtir une entreprise de plusieurs millions d’euros, savoir recruter, former et organiser les tournées peut devenir un avantage plus important que d’être simplement meilleur jardinier.
Quel business de jardinage semble le plus intéressant à créer aujourd’hui ?
Aujourd’hui, le meilleur point d’entrée paraît être un service local d’entretien récurrent, éventuellement complété par des prestations plus chères, plutôt qu’un nouveau magasin généraliste de jardinage.
Plusieurs chiffres convergent. Le marché des produits vient d’enchaîner quatre années de baisse. Le nombre de foyers acheteurs de végétaux est passé de 76 % avant la crise sanitaire à 68 %. Les entreprises du paysage, elles, ont augmenté leur activité de 60 % en dix ans et encore de 10 % entre 2022 et 2024.
La clientèle potentielle est également très large : 74 % des foyers ont un jardin ou une terrasse, mais seuls 15 % paient quelqu’un pour s’en occuper. Comme vu plus haut, certains petits travaux bénéficient en plus d’un crédit d’impôt de 50 %.
Nous chercherions donc en priorité des prestations où le client a une vraie raison de déléguer et de revenir : taille de haies, entretien programmé, remise en état, résidences secondaires, petits travaux éligibles aux services à la personne, installation et maintenance d’arrosage ou entretien de copropriétés.
La géographie compte presque autant que la prestation. Une tournée de dix clients proches les uns des autres peut être beaucoup plus rentable que dix clients dispersés dans tout un département. Dans ce métier, réduire les kilomètres improductifs peut faire davantage pour la marge qu’augmenter légèrement les prix.
Les quatre documents pour lancer une entreprise de paysagiste
Le business plan raconte le projet, le prévisionnel le chiffre, l’étude de marché le justifie et l’executive summary le résume en deux pages. Rien à rédiger de zéro.
Voir le pack completPowerPoint, Excel et Word, modifiables
Alors, quels chiffres du marché du jardinage faut-il vraiment retenir ?
Le marché français du jardinage reste énorme, mais les chiffres récents donnent un verdict assez net : la croissance se trouve davantage dans le service que dans la vente de produits.
Nous avons environ 8 milliards d’euros de produits de jardin face à 8,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour le paysage. Les produits viennent d’enchaîner quatre années de recul, alors que le paysage a gagné 60 % de chiffre d’affaires en dix ans.
Les végétaux eux-mêmes montrent la fragilité de la consommation : seulement 68 % des foyers en achètent encore, contre 76 % avant la crise sanitaire, et les dépenses ont récemment reculé de 7 %. En parallèle, 74 % des ménages disposent toujours d’un jardin ou d’une terrasse.
Le chiffre qui résume peut-être le mieux l’opportunité est donc 15 % : c’est la proportion de foyers qui paient actuellement quelqu’un pour entretenir ou aménager leur extérieur.
Pour créer un business en France, nous miserions bien davantage sur cette faible pénétration des services que sur un retour du boom des jardineries. Une activité locale avec des interventions récurrentes, un planning dense et des prestations difficiles à faire soi-même a aujourd’hui de meilleurs fondamentaux qu’un commerce généraliste qui attend que les Français recommencent à remplir leur panier de produits de jardin.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à comprendre la taille réelle du marché français du jardinage et, surtout, quelles parties de ce marché offrent encore de bonnes conditions pour créer une entreprise en France. Nous séparons volontairement les ventes de produits de jardin de l’activité des entreprises du paysage, car les deux univers sont proches pour le client mais évoluent aujourd’hui dans des directions différentes.
Nous avons privilégié les données françaises les plus récentes disponibles et les sources de première main. L’Unep sert de référence pour le chiffre d’affaires du paysage, le nombre d’entreprises, les effectifs, la répartition entre création et entretien et la structure économique de la branche.
FranceAgriMer, VALHOR et le panel Kantar sont utilisés pour mesurer les comportements des ménages : part des foyers disposant d’un jardin ou d’une terrasse, achats de végétaux, budget moyen, potager et recours à des prestations extérieures.
Les données de l’Insee permettent de replacer le commerce des fleuristes, jardineries et animaleries dans une tendance plus longue. Elles sont notamment utilisées pour distinguer chiffre d’affaires et volumes, mesurer la saisonnalité, regarder les marges, les frais de personnel, la rentabilité et le besoin en fonds de roulement.
Promojardin-Promanimal complète cette lecture avec le suivi du marché des produits de jardin, les évolutions récentes par catégorie et la répartition des ventes entre spécialistes, grandes surfaces de bricolage, grande distribution alimentaire et Internet.
La Fevad est utilisée uniquement pour mesurer la pénétration de l’achat en ligne dans la catégorie bricolage-jardinage. Nous ne confondons pas cette proportion de cyberacheteurs avec la part du chiffre d’affaires réellement réalisée sur Internet.
Pour le crédit d’impôt et les activités éligibles aux services à la personne, nous nous appuyons sur le ministère de l’Économie et sur le portail officiel Services à la personne. Le taux de 50 %, le plafond spécifique du petit jardinage et le fonctionnement de l’avance immédiate viennent de ces sources officielles.
Nous accordons plus de poids à la direction récente de la demande, à la récurrence possible du chiffre d’affaires, à la profondeur de la clientèle et aux contraintes opérationnelles qu’à un simple chiffre de taille de marché. C’est pour cette raison que le verdict final favorise les services d’entretien locaux plutôt qu’un commerce généraliste de produits de jardin.
Sources clés utilisées : Unep sur la croissance et la structure du paysage, Unep sur les indicateurs économiques, FranceAgriMer sur les achats de végétaux et les prestations extérieures, le rapport Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR, VALHOR sur le marché des végétaux, l’Insee sur les fleuristes, jardineries et animaleries, Promojardin-Promanimal sur le marché du jardin en 2025, la Fevad sur l’achat en ligne, le ministère de l’Économie sur le crédit d’impôt et le portail officiel Services à la personne sur les activités éligibles.