Smartphone : le reconditionné est-il en croissance ?

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C'est partiEN RÉSUMÉ
Oui, le smartphone reconditionné est encore en croissance en France, mais nous sommes désormais sur un marché mature : il gagne encore des parts au neuf, sans retrouver la croissance presque automatique de ses premières années.
Notre estimation à partir des données de l’Arcep place le reconditionné autour de 20 % des téléphones vendus en France en 2024, contre environ 17 % en 2022. Cela représente près de 3,8 millions d’appareils sur une seule année.
Le paradoxe est que les ventes progressent alors que la pénétration dans le parc plafonne. Environ 22 % des smartphones détenus sont de seconde main, un niveau quasiment stable : le marché vit désormais beaucoup du renouvellement de clients déjà convertis.
La France est d’ailleurs en avance sur une bonne partie de l’Europe. Avec environ 23 % de smartphones de seconde main en usage, elle se situe au-dessus d’une moyenne européenne proche de 18 %, ce qui réduit mécaniquement le réservoir de nouveaux consommateurs faciles à convaincre.
Le prix reste le vrai moteur du marché. L’écologie aide à justifier l’achat, mais 71 % des Français citent le prix parmi les principaux attraits du reconditionné : le produit gagne surtout lorsqu’il permet d’acheter un meilleur smartphone avec le même budget.
La reprise des anciens appareils devient presque aussi stratégique que leur revente. Les Français sont plus nombreux à vouloir revendre leur téléphone, tandis que l’allongement de la durée de détention ralentit l’arrivée de modèles récents chez les reconditionneurs.
C’est probablement là que se déplace une partie de la valeur. Un acteur qui contrôle son sourcing, récupère directement les téléphones et connaît leur historique part avec un avantage bien plus solide qu’un vendeur qui achète le même stock que ses concurrents.
Le marché peut générer beaucoup de chiffre d’affaires sans être très rentable. Largo affichait encore un EBITDA négatif en 2025 malgré plus de 32 millions d’euros de ventes : quelques points perdus sur l’achat, les batteries, les réparations, les retours ou la logistique peuvent suffire à casser la marge.
Les marketplaces restent utiles pour obtenir du trafic, mais elles rendent les produits extrêmement comparables. Sur un iPhone 13 proposé par dix vendeurs avec le même stockage et le même grade, la bataille finit vite par se jouer sur quelques euros.
Pour créer un business aujourd’hui, les meilleures opportunités sont donc moins dans un catalogue générique d’iPhone que dans la reprise, le sourcing, le B2B, les flottes d’entreprises, le premier smartphone des adolescents, la traçabilité, la batterie ou une promesse de confiance vraiment supérieure. Le marché continue de grossir, mais il faut désormais prendre des parts à des acteurs déjà installés.
Le smartphone reconditionné est-il encore vraiment en croissance en France ?
Oui, le smartphone reconditionné continue de gagner du terrain en France, mais la croissance est désormais beaucoup plus lente et irrégulière qu’à ses débuts.
Les dernières données consolidées de l’Arcep montrent un rebond assez net. Après un recul en 2023, les ventes de téléphones reconditionnés ont progressé de 4 % chez les quatre grands opérateurs en 2024 et de 10 % chez les autres distributeurs. Chez ces derniers, 29 % des téléphones vendus étaient reconditionnés, contre 26 % un an auparavant.
On peut aller plus loin en combinant les données de l’Arcep par canal. Les opérateurs réalisent 37 % des ventes françaises de téléphones et seulement 4 % de leurs ventes sont reconditionnées. Les autres circuits représentent environ 63 % du marché et affichent 29 % de reconditionné. Cela place la part du reconditionné autour de 20 % des ventes françaises de téléphones, contre environ 18 % un an plus tôt.
Le mouvement reste donc positif, mais avec des à-coups. Le marché avait reculé en 2023 avant de repartir en 2024. Nous voyons surtout un secteur installé qui continue de grappiller des parts, avec beaucoup moins de croissance automatique qu’il y a cinq ou six ans.
| Indicateur | 2022 | 2023 | 2024 |
|---|---|---|---|
| Téléphones vendus par les opérateurs | 7,7 M | 6,9 M | 7,1 M |
| Part des opérateurs dans le marché | 37 % | 37 % | 37 % |
| Reconditionné chez les opérateurs | 4 % | 4 % | 4 % |
| Reconditionné hors opérateurs | 25 % | 26 % | 29 % |
| Marché total estimé | ~20,8 M | ~18,6 M | ~19,2 M |
| Part totale reconditionnée estimée | ~17 % | ~18 % | ~20 % |
| Volume reconditionné estimé | ~3,6 M | ~3,3 M | ~3,8 M |
Pourquoi entend-on aussi que le marché du smartphone reconditionné stagne ?
Le smartphone reconditionné progresse encore dans les ventes, mais sa présence dans les poches des Français commence clairement à plafonner.
Le dernier Baromètre Recommerce réalisé avec Kantar trouve 22 % de smartphones de seconde main parmi les appareils détenus en France. C’était déjà 22 % dans l’édition précédente, après 20 % un an plus tôt et seulement 7 % en 2018. Le grand rattrapage des années précédentes s’est donc largement calmé.
L’Arcep arrive à une conclusion proche avec une enquête différente. Dans son Baromètre du numérique, 22 % des smartphones avaient été achetés d’occasion ou reconditionnés, contre 78 % neufs, et le régulateur souligne que cette proportion évolue peu.
Les deux séries racontent finalement la même histoire. La seconde main a énormément gagné depuis la fin des années 2010, mais elle ne prend plus plusieurs points chaque année. Un parc stable autour de 22 % peut néanmoins générer plusieurs millions de ventes annuelles simplement parce que les utilisateurs remplacent leurs appareils.
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Le smartphone reconditionné prend-il encore des clients au neuf ?
Oui, le reconditionné continue de prendre des parts au smartphone neuf en France, même si le neuf représente toujours l’immense majorité du marché.
Notre calcul à partir des données de l’Arcep place le reconditionné autour de 17 % des ventes en 2022 et près de 20 % en 2024. Le changement paraît modeste exprimé en points, mais sur un marché proche de 20 millions de téléphones annuels, trois points représentent plusieurs centaines de milliers d’appareils.
Le neuf garde toutefois une avance énorme. Le Baromètre du numérique indique encore 78 % de smartphones achetés neufs. Présenter le reconditionné comme le nouveau choix majoritaire des Français serait donc très loin de la réalité.
Ce qui a changé, c’est sa place dans l’arbitrage. Acheter un téléphone de seconde main n’est plus un comportement marginal réservé aux consommateurs les plus sensibles au prix ou à l’écologie. Environ un achat sur cinq peut aujourd’hui basculer vers ce marché.
Combien de smartphones reconditionnés se vendent chaque année en France ?
Nous estimons qu’environ 3,8 millions de téléphones reconditionnés ont été vendus en France en 2024, soit un marché qui se compte déjà en millions d’appareils par an.
L’Arcep indique que les quatre grands opérateurs ont vendu 7,1 millions de téléphones et représentaient 37 % du marché français. Cela implique environ 19,2 millions de téléphones vendus au total.
En appliquant ensuite les parts de reconditionné publiées par l’Arcep — 4 % chez les opérateurs et 29 % dans les autres circuits — nous arrivons autour de 3,8 millions d’unités. Le même calcul donne environ 3,3 millions en 2023 et 3,6 millions en 2022.
Ce sont nos estimations, puisque l’Arcep ne publie pas directement ce total national sous cette forme. L’ordre de grandeur est néanmoins robuste : le reconditionné français représente plusieurs millions de transactions annuelles. Même 1 % de ce marché correspond déjà à près de 40 000 téléphones.
La France achète-t-elle plus de smartphones d’occasion que ses voisins européens ?
Oui, la France fait partie des pays européens où le smartphone de seconde main est le plus répandu.
Le dernier Baromètre européen de Recommerce et Kantar place la France autour de 23 % de smartphones de seconde main en usage, au même niveau que l’Allemagne. La moyenne européenne tourne autour de 18 %. L’Italie se situe autour de 11 % et l’Espagne autour de 10 %.
Cela change la lecture du potentiel français. Il reste des consommateurs à convertir, mais la France a déjà effectué une bonne partie du chemin que certains voisins commencent seulement à parcourir. Pour un entrepreneur, nous sommes face à un marché relativement mature où les attentes sur les prix, les grades, la batterie, la garantie et le SAV sont déjà bien installées.
| Pays | Smartphones de seconde main en usage |
|---|---|
| France | 23 % |
| Allemagne | 23 % |
| Slovaquie | 20 % |
| Royaume-Uni | 19 % |
| Belgique | 19 % |
| Roumanie | 19 % |
| Suisse | 18 % |
| Hongrie | 18 % |
| Moyenne européenne | 18 % |
| Portugal | 16 % |
| Pays-Bas | 15 % |
| République tchèque | 12 % |
| Italie | 11 % |
| Espagne | 10 % |
Les Français veulent-ils encore acheter plus de smartphones reconditionnés ?
Oui, beaucoup de Français restent ouverts au reconditionné, mais les intentions générales surestiment fortement le nombre d’achats qui se concrétisent réellement.
Le baromètre Kantar/Recommerce trouvait récemment 53 % de Français intéressés par un futur achat reconditionné, avec plus de 60 % chez les 16-34 ans. Pris seul, ce chiffre pourrait laisser penser que la moitié du marché va bientôt basculer.
La question posée plus concrètement donne une tout autre réponse. Dans la dernière édition, 22 % des Français déclarent vouloir choisir un smartphone d’occasion lors de leur prochain achat. C’est exactement le niveau déjà constaté dans le parc.
Nous utiliserions donc très peu le chiffre de 53 % dans un business plan. Il mesure surtout l’absence de rejet du produit. Pour estimer la demande immédiate, les quelque 20 à 25 % d’acheteurs réellement prêts à passer à l’acte constituent une base beaucoup plus crédible.
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Pourquoi les Français achètent-ils un smartphone reconditionné aujourd’hui ?
Le prix reste de très loin la première raison d’acheter un smartphone reconditionné en France.
Dans le dernier Baromètre Recommerce/Kantar, 71 % des Français citent le prix parmi les principaux attraits du reconditionné. L’année précédente, c’était 72 %. Malgré toute la communication faite autour de l’économie circulaire, le moteur commercial numéro un reste donc très concret.
L’écologie arrive derrière. Kantar mesurait 36 % de motivations environnementales dans l’édition précédente. L’Arcep trouvait également un écart marqué entre motivations économiques et écologiques chez les acheteurs de reconditionné.
Pour comprendre pourquoi le prix domine, il suffit de regarder ce que permet le marché : quelques centaines d’euros peuvent donner accès à un ancien iPhone ou Galaxy premium qui coûtait plusieurs fois plus cher à son lancement. Le consommateur achète souvent d’abord un meilleur téléphone pour son budget. Le bénéfice environnemental vient renforcer ce choix.
L’ADEME confirme pourtant que ce bénéfice écologique est réel : son analyse estime qu’un téléphone reconditionné peut économiser environ 82 kg de matières premières et réduire de 87 % les émissions de gaz à effet de serre par rapport à l’achat de son équivalent neuf.
Les jeunes sont-ils vraiment plus attirés par les smartphones reconditionnés ?
Oui, les jeunes générations achètent beaucoup plus naturellement du reconditionné, et le premier smartphone est devenu un cas d’usage particulièrement fort.
Kantar et Recommerce trouvaient plus de 60 % des 16-34 ans intéressés par un futur téléphone reconditionné. Chez les adolescents, la tendance est encore plus concrète : dans la dernière enquête, 56 % des 11-18 ans avaient déjà été équipés d’un mobile reconditionné selon leurs parents.
Le budget explique une bonne partie du phénomène. Dans l’édition précédente du baromètre, près de 70 % des parents dépensaient entre 100 et 299 € pour le premier smartphone de leur enfant. Cette tranche correspond précisément aux prix de nombreux iPhone et Samsung premium vieux de quelques générations.
Le choix devient alors assez naturel : pour 200 ou 250 €, beaucoup de familles préfèrent un modèle connu reconditionné à un smartphone neuf très bas de gamme. Pour un business spécialisé, le premier équipement adolescent est donc un segment beaucoup plus précis et exploitable que la vague idée de « cibler les jeunes ».
Pourquoi les opérateurs vendent-ils encore si peu de smartphones reconditionnés ?
Les opérateurs français restent très sous-exposés au reconditionné dans leurs ventes, alors même que les consommateurs leur font confiance pour acheter et revendre leurs téléphones.
L’écart publié par l’Arcep est énorme : seulement 4 % des téléphones vendus par les quatre grands opérateurs sont reconditionnés, contre 29 % chez les autres distributeurs. La part des opérateurs reste d’ailleurs bloquée autour de 4 % depuis plusieurs années.
Dans le même temps, le dernier Baromètre Recommerce/Kantar montre que 47 % des consommateurs envisagent les opérateurs comme canal d’achat et que 76 % attendent de leur opérateur un service de reprise de leur ancien appareil.
Le mouvement récent de Largo montre que cette contradiction commence à créer du business. Le reconditionneur français réalise désormais l’essentiel de son activité avec les opérateurs. Au premier trimestre 2026, son chiffre d’affaires a atteint 10,5 millions d’euros, en hausse de 33,8 % sur un an, et 70 % provenaient du canal opérateurs.
Pour un nouvel acteur, vendre directement au consommateur n’est donc pas la seule voie. Fournir les opérateurs qui possèdent déjà les boutiques, les clients et la confiance peut être bien plus intéressant.
La reprise des anciens smartphones est-elle devenue le prochain gros marché ?
Oui, la reprise devient l’un des endroits les plus intéressants du marché français, parce que vendre du reconditionné exige d’abord de récupérer suffisamment de bons téléphones.
Le dernier Baromètre Recommerce/Kantar montre que 44 % des Français souhaitent revendre leur appareil lors de leur prochain changement, soit 7 points de plus en un an. Seulement 33 % préfèrent désormais le conserver. Dans les faits, 37 % déclarent déjà avoir revendu leur ancien téléphone.
Le comportement évolue donc des deux côtés du marché : les Français acceptent mieux d’acheter un appareil déjà utilisé et commencent aussi à remettre davantage leurs propres téléphones en circulation.
Un autre chiffre mérite l’attention : 50 % des Français interrogés se disent intéressés par des systèmes de « reprise à terme », dans lesquels le prix de rachat futur du smartphone est fixé dès son achat. Cela transforme la reprise en élément de financement du prochain téléphone.
Pour un reconditionneur, récupérer l’appareil peut devenir aussi stratégique que vendre le suivant. Celui qui sécurise son approvisionnement local dépend moins des grossistes, des importations et des variations de disponibilité sur les modèles recherchés.
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Est-ce qu’il y aura assez de bons smartphones à reconditionner ?
Pas forcément : le manque d’appareils récents disponibles est déjà l’un des freins les plus sérieux à la croissance du reconditionné.
Counterpoint Research a mesuré une croissance mondiale des ventes de smartphones reconditionnés de seulement 5 % en 2024 et décrit une arrivée à maturité dans plusieurs régions. Le cabinet pointe notamment le manque de modèles récents disponibles sur le marché secondaire.
La France connaît exactement le phénomène susceptible de provoquer cette pénurie. Selon l’Arcep, 27 % des utilisateurs gardent désormais leur smartphone au moins trois ans, soit 11 points de plus qu’en quatre ans. Seulement 21 % renouvellent encore leur appareil alors qu’il fonctionne, une proportion en baisse.
Un téléphone gardé quatre ans au lieu de deux ans reste deux années supplémentaires hors du circuit de reprise. Si ce comportement se généralise, les acheteurs de reconditionné peuvent continuer d’être nombreux tandis que les bons appareils arrivent moins vite chez les reconditionneurs.
C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles les programmes de reprise prennent autant d’importance actuellement. La bataille se joue autant sur l’accès aux appareils que sur l’acquisition des acheteurs.
Apple domine-t-il vraiment le smartphone reconditionné ?
Oui, Apple domine massivement le marché mondial du smartphone reconditionné, avec plus d’un appareil vendu sur deux.
Counterpoint Research estime qu’Apple représentait 56 % des ventes mondiales de smartphones reconditionnés en 2024, contre 51 % un an auparavant. Samsung et les autres fabricants se partagent donc moins de la moitié du marché.
Cette domination est logique. Un ancien iPhone garde généralement une valeur de revente élevée, bénéficie de mises à jour pendant plusieurs années et reste identifiable immédiatement par l’acheteur. Des modèles comme les iPhone 11, 12 ou 13 permettent aussi d’accéder à Apple avec un budget bien inférieur à celui demandé pour les dernières générations.
Pour un vendeur, l’iPhone présente donc un avantage évident : la demande est profonde et le produit se revend facilement. Le revers est tout aussi clair. Des centaines de vendeurs cherchent exactement les mêmes références, les prix sont faciles à comparer et l’approvisionnement devient extrêmement compétitif.
Apple est probablement l’endroit le plus facile pour générer du volume et l’un des plus difficiles pour créer une vraie différence.
Qu’est-ce qui empêche encore les Français d’acheter un smartphone reconditionné ?
La confiance reste l’un des principaux problèmes du smartphone reconditionné, et les consommateurs deviennent même plus exigeants sur la traçabilité.
Dans la dernière étude Kantar/Recommerce, 34 % des Français citent le doute sur la durée de vie du produit parmi leurs freins et 30 % évoquent un manque de confiance envers les professionnels du reconditionnement.
Les réponses deviennent particulièrement précises lorsqu’on demande ce qui pourrait rassurer. 80 % veulent une certification de l’effacement des données, 71 % souhaitent connaître précisément l’identité du reconditionneur, 69 % regardent les certifications ou labels et 63 % demandent une labellisation indépendante.
L’édition précédente trouvait déjà 39 % de consommateurs inquiets de la durée de vie du produit. Plus étonnant, 28 % pensaient qu’un smartphone reconditionné ne bénéficiait pas d’une garantie.
Un vendeur qui affiche simplement « excellent état » et un prix bas laisse donc une bonne partie de la question sans réponse. Batterie, pièces remplacées, origine de l’appareil, tests effectués, grade esthétique, garantie et procédure de retour doivent être faciles à comprendre avant l’achat.
En France, est-ce que n’importe quel téléphone d’occasion peut être vendu comme « reconditionné » ?
Non, la réglementation française impose des conditions précises avant de pouvoir présenter un téléphone comme reconditionné.
Le Code de la consommation prévoit que le produit doit avoir subi des tests sur toutes ses fonctionnalités. Les interventions nécessaires doivent avoir été réalisées pour restituer ses fonctions et les données de l’ancien utilisateur doivent être supprimées avant le changement de propriétaire.
La DGCCRF rappelle également qu’un produit reconditionné bénéficie d’une garantie légale de conformité de deux ans. La mention « reconditionné en France » est elle aussi encadrée : les opérations de reconditionnement doivent avoir été effectuées entièrement sur le territoire français.
Ces règles réduisent une partie du flou qui existait autrefois entre un téléphone simplement revendu et un téléphone réellement contrôlé par un professionnel. Elles ajoutent évidemment du travail et des coûts, mais elles donnent aussi aux entreprises sérieuses quelque chose de concret à montrer aux clients encore méfiants.
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Est-ce qu’on gagne vraiment beaucoup d’argent en vendant des smartphones reconditionnés ?
Non, le smartphone reconditionné peut générer beaucoup de chiffre d’affaires sans produire de grosses marges, et les comptes de Largo montrent à quel point l’équation peut être tendue.
Largo est particulièrement intéressant à regarder parce que l’entreprise publie ses résultats. En 2025, le reconditionneur français a réalisé 32,4 millions d’euros de chiffre d’affaires. Sa marge brute atteignait 20,1 %, mais elle tombait à 10,5 % une fois les coûts de reconditionnement pris en compte. L’EBITDA restait négatif d’environ 2 millions d’euros.
L’année précédente montre aussi à quel point croissance et rentabilité peuvent diverger. Largo avait fait bondir son chiffre d’affaires de 64 %, à 34,8 millions d’euros. Malgré cette croissance spectaculaire et une forte amélioration opérationnelle, l’EBITDA annuel restait négatif.
Recommerce prouve de son côté qu’il est possible d’atteindre une tout autre taille : l’entreprise annonçait 175 millions d’euros de chiffre d’affaires avec plus de 15 % de croissance en 2024. Mais le secteur demande une vraie maîtrise de la chaîne de valeur. Acheter trop cher quelques milliers d’iPhone, sous-estimer les retours ou changer trop de batteries peut rapidement absorber plusieurs points de marge.
| Largo | 2023 | 2024 | 2025 |
|---|---|---|---|
| Chiffre d’affaires | 21,2 M€ | 34,8 M€ | 32,4 M€ |
| Croissance annuelle | — | +64 % | -7 % |
| Marge brute | 16,6 % | 21,4 % | 20,1 % |
| Marge après coûts de reconditionnement | 2,9 % | 12,5 % | 10,5 % |
| EBITDA | -5,4 M€ | -1,9 M€ | -2,0 M€ |
| Part du CA opérateurs | 15 % | 62 % | 68 % |
| CA marketplaces | — | — | -38 % sur un an |
Est-ce encore intéressant de vendre ses smartphones reconditionnés sur les marketplaces ?
Oui pour trouver rapidement des clients, beaucoup moins si toute la rentabilité du business dépend des marketplaces.
Les résultats de Largo donnent un exemple assez parlant. En 2025, l’entreprise a volontairement réduit de 38 % son activité sur les marketplaces. En parallèle, son propre site e-commerce a progressé de 28 % et les opérateurs sont montés jusqu’à 68 % du chiffre d’affaires annuel.
Le trimestre suivant renforce encore cette tendance : les opérateurs ont représenté 70 % des ventes de Largo pendant son trimestre record.
Une marketplace reste utile parce qu’elle concentre énormément de trafic et permet de lancer rapidement un catalogue. Le problème apparaît quand dix vendeurs proposent le même iPhone 13 de même capacité et de grade comparable. Le consommateur peut alors comparer le prix en quelques secondes et la plateforme contrôle une grande partie de la relation client.
Nous voyons donc davantage les marketplaces comme un canal parmi d’autres que comme un avantage concurrentiel. Plus un vendeur dépend uniquement d’elles, plus son activité ressemble à du trading de smartphones avec une pression permanente sur les prix.
Où peut-on encore créer un bon business dans le smartphone reconditionné ?
Il reste de vraies opportunités dans le smartphone reconditionné, mais le simple site qui revend les mêmes iPhone que tout le monde arrive tard sur le marché.
La reprise est probablement l’une des pistes les plus solides. Comme vu plus haut, 44 % des Français veulent désormais revendre leur téléphone au prochain changement et 76 % attendent ce service de leur opérateur. Une entreprise capable de collecter efficacement des appareils obtient à la fois du stock, des données sur leur état et une relation directe avec le prochain acheteur.
Le B2B paraît également beaucoup plus intéressant qu’il y a quelques années. Largo tire désormais environ 70 % de son activité des opérateurs, tandis que Recommerce travaille avec Bouygues Telecom, Orange, SFR, Free, Boulanger, Samsung, Vodafone ou encore Microsoft. Derrière les grandes enseignes visibles du consommateur, il y a donc un vrai métier de collecte, test, réparation, logistique, reprise et garantie.
Les niches consommateurs peuvent aussi fonctionner lorsqu’elles résolvent un problème précis. Le premier smartphone d’un adolescent en est un bon exemple. Les flottes d’entreprises en sont un autre. On peut également imaginer une proposition très forte autour de la batterie, de la traçabilité ou du reconditionnement réellement réalisé en France.
Un doublement rapide de l’ensemble du marché français paraît en revanche difficile. Avec déjà environ 20 % des ventes et 22 % du parc en seconde main, il faudrait convaincre massivement une population qui choisit encore volontairement le neuf. Les derniers baromètres montrent plutôt une stabilisation.
Pour un nouveau business, nous chercherions donc moins à profiter d’une hypothétique explosion du nombre d’acheteurs qu’à prendre davantage de valeur sur chaque appareil : meilleur sourcing, meilleure reprise, moins de retours, meilleure distribution ou clientèle plus précise.
Smartphone : le reconditionné est-il finalement en croissance ?
Oui, le smartphone reconditionné est encore en croissance en France, mais le marché est entré dans une phase beaucoup plus mature où gagner de l’argent devient plus difficile que gagner des clients.
Les chiffres récents sont assez nets. Les ventes reconditionnées ont progressé de 4 % chez les grands opérateurs et de 10 % dans les autres circuits lors du dernier exercice consolidé par l’Arcep. Notre calcul place désormais le reconditionné autour de 20 % des téléphones vendus en France. Nous estimons le volume annuel proche de 4 millions d’appareils.
En parallèle, la pénétration auprès des consommateurs ne monte presque plus : le dernier baromètre Kantar/Recommerce trouve toujours 22 % de smartphones de seconde main en circulation et 22 % des Français envisageant ce choix pour leur prochain achat. C’est probablement le chiffre qui résume le mieux la situation actuelle. Le reconditionné a trouvé sa place ; il ne conquiert plus le marché à la vitesse d’autrefois.
Les signaux les plus frais montrent néanmoins où la croissance continue. Les intentions de reprise ont gagné 7 points en un an. La moitié des consommateurs ont déjà acheté un smartphone d’occasion. Largo vient d’afficher un trimestre à +33,8 % grâce surtout aux opérateurs. Les grands circuits de distribution prennent donc de plus en plus au sérieux la seconde vie des téléphones.
Pour quelqu’un qui veut créer un business en France, nous considérerions le marché comme attractif mais exigeant. Plusieurs millions d’appareils changent de mains chaque année et la demande paraît durable. En revanche, vendre un catalogue générique d’iPhone reconditionnés au milieu de dizaines de concurrents laisse peu de marge de manœuvre.
Les meilleures opportunités se déplacent actuellement vers la reprise, le sourcing, les partenariats B2B, la confiance et les segments où le reconditionné règle un problème précis. Le marché continue de grandir. Désormais, il faut surtout être meilleur que les acteurs déjà présents pour grandir avec lui.
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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à déterminer si le smartphone reconditionné continue réellement de croître en France et, surtout, ce que cette croissance signifie pour quelqu’un qui envisage de créer un business sur ce marché. Nous avons comparé les ventes annuelles, la part du reconditionné dans le parc, les intentions d’achat, les comportements de reprise, la disponibilité des appareils, les contraintes réglementaires et les résultats économiques d’acteurs du secteur.
Nous avons volontairement séparé les indicateurs qui mesurent des réalités différentes. La part de smartphones de seconde main déjà détenus par les Français ne mesure pas la même chose que la part du reconditionné dans les ventes d’une année, et une intention d’achat n’équivaut pas à un achat réellement effectué.
Les données françaises de l’Arcep constituent le point de départ de l’estimation du marché. Lorsque nous estimons environ 3,8 millions de téléphones reconditionnés vendus en 2024, ce chiffre n’est pas publié directement par le régulateur : nous le reconstruisons à partir des 7,1 millions de téléphones vendus par les quatre grands opérateurs, de leur poids de 37 % dans les ventes nationales et des parts de reconditionné observées chez les opérateurs et dans les autres circuits.
Les baromètres Recommerce réalisés avec Kantar servent surtout à suivre les comportements des consommateurs : part de smartphones de seconde main en circulation, intentions pour le prochain achat, motivations, freins, reprise des anciens appareils, confiance, premiers smartphones des jeunes et comparaison entre pays européens. Nous avons comparé plusieurs éditions pour éviter de lire une variation annuelle isolée comme une tendance de fond.
Les données internationales sont utilisées pour replacer la France dans un marché plus large. Counterpoint Research apporte notamment un point de comparaison sur la croissance mondiale des smartphones reconditionnés, les difficultés d’approvisionnement en modèles récents et le poids très élevé d’Apple sur le marché secondaire.
Pour la réglementation et l’impact environnemental, nous avons privilégié les sources publiques françaises. Légifrance et la DGCCRF permettent de vérifier les conditions d’utilisation du terme « reconditionné », l’effacement des données, la mention « reconditionné en France » et la garantie légale. L’ADEME fournit l’étude de référence utilisée pour comparer l’impact environnemental d’un smartphone reconditionné avec celui d’un appareil neuf équivalent.
Enfin, les publications financières de Largo et les données communiquées par Recommerce permettent de regarder l’économie réelle du secteur : chiffre d’affaires, marges, EBITDA, évolution des marketplaces, poids des opérateurs et développement des partenariats B2B. Ces données d’entreprises ne sont pas utilisées comme une mesure de l’ensemble du marché, mais comme des exemples concrets de ce que la croissance peut donner une fois les coûts de sourcing, réparation, logistique et distribution pris en compte.
Les principales sources utilisées sont : l’Arcep sur les ventes de téléphones et le poids du reconditionné par circuit, le Baromètre du numérique de l’Arcep, le Référentiel des usages numériques Arcep-Arcom, le Baromètre annuel Recommerce/Kantar 2026, l’édition précédente du baromètre français, Kantar sur l’évolution historique du reconditionné en France, l’ADEME sur l’impact d’un smartphone reconditionné, Légifrance sur la définition légale du reconditionné, la DGCCRF sur les produits reconditionnés, Counterpoint Research sur le marché mondial du reconditionné, les résultats annuels 2025 de Largo, l’activité de Largo au premier trimestre 2026 et les données d’activité publiées par Recommerce Group.