
Nous avons plein de ressources à vous proposer pour votre projet d'entreprise
EN RÉSUMÉ
Studio Pilates Paris : marché déjà saturé ? Pas dans son ensemble, mais certaines zones de Paris le sont déjà suffisamment pour rendre un nouveau studio Reformer généraliste nettement plus risqué qu’il y a encore quelques années.
Le vrai sujet n’est plus de savoir si le Pilates attire des clientes. La demande continue de progresser fortement, mais l’offre augmente elle aussi très vite, avec des chaînes qui densifient leur maillage et des indépendants qui se concentrent souvent dans les mêmes quartiers.
La saturation parisienne se joue donc surtout à l’échelle du micro-marché. Quelques rues peuvent séparer une zone déjà remplie de studios premium d’un secteur encore sous-équipé mais suffisamment solvable pour soutenir une nouvelle adresse.
Les prix publics restent élevés, souvent entre 30 et 40 € à l’unité, mais ce chiffre est trompeur pour un business plan. Les cartes, abonnements, offres d’essai et plateformes ramènent rapidement le revenu moyen réellement encaissé par place vers des niveaux plus bas.
Paris garde un avantage structurel énorme : une forte concentration de cadres, de revenus élevés et d’emplois. Cela soutient le fitness premium, mais ne garantit plus qu’un nouveau studio remplira ses machines simplement parce qu’il est bien situé et joliment décoré.
Le point économique le plus sensible est le remplissage. Avec dix Reformers, passer de 50 % à 80 % d’occupation peut représenter environ 18 000 € de chiffre d’affaires mensuel supplémentaire, alors que le loyer, les machines et une grande partie des coûts fixes restent les mêmes.
Les loyers peuvent d’ailleurs saturer un quartier avant les clients. Un emplacement prestigieux avec un coût immobilier trop élevé peut être moins rentable qu’une adresse plus discrète, proche du métro, entourée d’une bonne clientèle résidentielle et avec moins de concurrence directe.
Les chaînes, ClassPass et Urban Sports Club rendent aussi le marché plus fluide. C’est utile pour remplir les places vides, mais cela facilite en même temps le passage d’un studio à l’autre et réduit la fidélité automatique dont bénéficiaient les premiers entrants.
La décoration, le café et l’univers lifestyle ne suffisent plus comme différenciation. Le marché commence à récompenser davantage la qualité réelle du coaching, une méthode reconnaissable, un planning mieux pensé ou une cible que les studios actuels servent mal.
Notre lecture est donc assez nette : Paris peut encore accueillir de très bons projets Pilates, mais plus vraiment des studios interchangeables. Un concept banal dans un quartier déjà encombré peut être considéré comme proche de la saturation, même si le marché parisien global continue de croître.
Studio Pilates Paris : marché déjà saturé ?
Pourquoi tout le monde parle de saturation des studios Pilates à Paris ?
Le Pilates à Paris donne aujourd’hui une impression de saturation parce que les studios se multiplient à une vitesse qu’on ne voyait pas encore il y a quelques années.
The New Me suffit à montrer à quel point le paysage a changé. L’enseigne indique désormais 17 studios au cœur de Paris et 26 en province. Son réseau parisien couvre notamment Batignolles, Bosquet, Invalides, Madeleine, Marais, Maubeuge, Miromesnil, Passy, Sentier, Vavin, Vaugirard et Wagram. POSES exploite de son côté six adresses dans la capitale, avec deux studios Reformer à Monceau et Voltaire.
Autour de ces réseaux, Paris a vu arriver quantité d’indépendants et de concepts voisins : Reformer classique, Lagree, Hot Pilates, sculpt, barre ou formats hybrides. Le client parisien qui voulait tester une machine il y a quelques années avait relativement peu de choix. Aujourd’hui, dans certains quartiers, il peut comparer plusieurs studios accessibles à pied ou en quelques stations.
La concurrence s’est donc clairement durcie.
Quand peut-on vraiment dire qu’un marché Pilates est saturé ?
Un marché Pilates devient vraiment saturé quand les studios doivent se battre pour les mêmes clients au point de dégrader leur remplissage, leurs prix ou leur rentabilité.
Compter les enseignes ne suffit pas. Dix studios peuvent coexister dans une zone très dense si les cours restent pleins et si de nouveaux pratiquants arrivent continuellement. Trois peuvent déjà être de trop dans un quartier où tous vendent le même Reformer aux mêmes horaires et au même public.
Pour juger Paris, il faut surtout regarder ce qui se passe derrière les vitrines : la capacité ajoutée, l’évolution de la demande, les prix réellement payés, les promotions nécessaires pour recruter et la capacité des studios à continuer de s’étendre.
Pour l’instant, plusieurs signes de concurrence intense sont visibles. Nous avons beaucoup moins de preuves d’un marché où les clients commencent réellement à manquer.
Combien de studios Pilates Reformer y a-t-il déjà à Paris ?
Paris compte désormais plusieurs dizaines de studios équipés de Reformers, et suffisamment d’acteurs pour que personne ne puisse sérieusement considérer ce marché comme une niche sous-exploitée.
Il n’existe cependant aucun registre officiel donnant un nombre fiable de studios Reformer. Les annuaires privés mélangent parfois studios spécialisés, salles proposant quelques cours et établissements situés en proche banlieue. Donner un chiffre extrêmement précis créerait donc une fausse impression de certitude.
Les réseaux connus permettent tout de même de mesurer le changement d’échelle. The New Me annonce actuellement 17 studios au cœur de Paris. POSES en possède six dans la capitale. À eux deux, ces acteurs représentent déjà plus de vingt implantations, même si tous leurs sites ne proposent pas exclusivement du Reformer.
Ajoutons Ritual Pilates, Studio Rituel, Reformation, Maison Amat, DNA Pilates, L’Académie 34, Les Ailes du Canal et de nombreux indépendants : la concurrence est devenue suffisamment dense pour que le micro-emplacement compte davantage que le nombre total de studios dans Paris.
La demande pour le Pilates Reformer continue-t-elle vraiment de monter ?
Oui, la demande pour le Pilates et le Reformer continue de progresser fortement, ce qui empêche pour l’instant de parler d’une saturation générale de Paris.
ClassPass offre l’un des rares ensembles de données suffisamment larges pour suivre les réservations réelles. Dans son dernier bilan annuel, la plateforme indique que le Pilates est resté l’entraînement le plus réservé pour la troisième année consécutive. Les réservations ont augmenté de 66 % sur un an et celles du Reformer de 71 %.
Le chiffre le plus intéressant dépasse la simple croissance. Plus de 15 millions de séances de Pilates ont été réservées sur ClassPass pendant l’année étudiée, et la discipline était à la fois le premier cours choisi par les nouveaux utilisateurs et celui qu’ils avaient le plus tendance à réserver de nouveau.
Cela ressemble davantage à une pratique qui s’installe dans les habitudes qu’à un phénomène reposant uniquement sur la curiosité.
Le problème parisien vient donc d’une course entre deux courbes qui montent en même temps : davantage de clients, mais aussi beaucoup plus de machines disponibles.
Paris a-t-il vraiment assez de clientes capables de payer du Reformer régulièrement ?
Oui, Paris possède une clientèle solvable assez importante pour soutenir beaucoup de studios Pilates premium, même à 25 ou 30 € la séance.
Les dernières données publiées par l’Insee renforcent ce point. Le salaire net mensuel moyen des cadres du privé travaillant à Paris atteint désormais 5 663 € en équivalent temps plein. Pour l’ensemble des salariés du privé, la moyenne se situe à 3 836 €.
La structure sociale de Paris aide également. Les cadres et professions intellectuelles supérieures y occupent une place particulièrement élevée, tandis que la capitale rassemble autour de 1,9 million d’emplois. Un studio proche de Saint-Lazare, Madeleine ou République travaille donc avec les habitants du quartier mais aussi avec une immense population qui vient y travailler.
Évidemment, tout Paris ne peut pas consacrer plusieurs centaines d’euros par mois au Pilates. Pourtant, la taille de la clientèle disposant de revenus élevés reste sans commune mesure avec celle d’une ville française moyenne.
Pour un entrepreneur, la difficulté consiste surtout à capter cette clientèle alors qu’elle a désormais beaucoup de choix.
Les prix du Pilates Reformer commencent-ils à casser à Paris ?
Les prix du Reformer restent élevés à Paris, mais le prix affiché à l’unité donne une image trompeuse de ce que les clientes régulières paient réellement.
Ritual Pilates facture actuellement 38 € le cours Reformer à l’unité, puis 30 € avec une carte de dix séances et 25 € avec vingt séances. Studio Rituel monte à 48 € pour un cours collectif sur appareils, mais descend à 38 € par séance avec vingt cours.
La concurrence apparaît encore plus clairement lors de l’acquisition. POSES propose aujourd’hui deux premières séances pour 19 €, soit 9,50 € par cours. Ce type d’offre permet à une nouvelle cliente d’essayer plusieurs studios avant de s’engager quelque part.
Nous ne voyons donc pas encore un effondrement généralisé des tarifs. En revanche, l’écart entre le prix vitrine et le revenu réellement encaissé devient assez grand pour fausser facilement un business plan.
Un entrepreneur qui construit ses prévisions sur 35 ou 40 € encaissés à chaque place occupée prendrait aujourd’hui un risque sérieux.
| Offre observée | Prix à l’unité | Prix avec volume ou découverte |
|---|---|---|
| Studio Rituel, appareils | 48 € | 38 € avec 20 cours |
| Ritual Pilates, Reformer | 38 € | 25 € avec 20 cours |
| POSES, offre découverte | — | 9,50 € par séance sur les 2 premières |
Quels quartiers de Paris semblent déjà les plus encombrés en Pilates Reformer ?
L’ouest et le centre de Paris concentrent déjà tellement d’offre premium qu’y ouvrir un Reformer sans différence claire devient particulièrement risqué.
La carte de The New Me le montre très bien. L’enseigne est présente dans les 2e, 4e, 6e, 7e, 8e, 9e, 15e, 16e et 17e arrondissements, avec plusieurs adresses dans certains d’entre eux. POSES ajoute notamment un Reformer rue de Monceau dans le 8e et un autre près de Voltaire dans le 11e.
Cette densité suit une logique évidente : pouvoir d’achat élevé, bureaux, transports, clientèle internationale et habitudes de consommation premium. Le problème, c’est que presque tous les entrepreneurs ont identifié les mêmes qualités.
Certaines zones du nord-est, du sud-est ou de la petite couronne paraissent moins couvertes. Cela ne les rend pas automatiquement attractives. Un loyer plus faible ne compense pas une zone où le bassin de clientes prêtes à payer 25 € plusieurs fois par semaine est trop petit.
À Paris, la saturation se joue parfois à quelques rues près.
Faut-il encore absolument ouvrir son studio Pilates dans un quartier premium ?
Non, payer très cher pour une adresse prestigieuse peut aujourd’hui rendre un studio Pilates parisien plus fragile au lieu de lui donner un avantage décisif.
Prenons un local de 150 m². Avec un loyer de 500 €/m² par an, nous arrivons déjà à 75 000 € annuels hors charges. À 800 €/m², le loyer atteint 120 000 €. Ces niveaux existent dans les zones commerciales recherchées de la capitale.
Le problème vient de ce qu’un studio Reformer utilise beaucoup de surface pour un nombre limité de clients à chaque cours. Il faut installer les machines, laisser de l’espace entre elles, créer des circulations et souvent ajouter accueil, vestiaires ou douches.
Un emplacement légèrement moins prestigieux mais situé à cinq minutes d’un métro, entouré d’une bonne clientèle résidentielle et avec nettement moins de concurrence peut donc produire une bien meilleure économie.
Aujourd’hui, nous regarderions d’abord combien de clientes pertinentes vivent ou travaillent à dix minutes du local, combien de machines concurrentes existent autour et combien coûte chaque mètre carré. Le prestige de l’adresse arriverait ensuite.
Un studio Pilates de dix Reformers peut-il encore être rentable à Paris ?
Oui, dix Reformers peuvent encore produire un très bon studio à Paris, à condition de remplir régulièrement beaucoup plus qu’une machine sur deux.
Prenons huit cours par jour, dix places et trente jours d’activité. Le studio dispose de 2 400 places mensuelles.
Avec 25 € de revenu moyen encaissé par réservation, 50 % de remplissage produit 30 000 € de chiffre d’affaires mensuel sur les cours. À 70 %, nous montons à 42 000 €. À 80 %, 48 000 €.
L’écart entre 50 % et 80 % représente donc 18 000 € par mois avec exactement le même local et les mêmes machines.
Quelques concurrents supplémentaires qui enlèvent deux ou trois clientes par cours peuvent transformer un excellent modèle économique en activité beaucoup plus tendue.
Et le chiffre d’affaires reste loin du bénéfice : il faut encore payer les coachs, le loyer, les charges, le marketing, le logiciel, le ménage, l’accueil éventuel, l’entretien et l’investissement initial.
| Remplissage | Places vendues par mois | CA mensuel à 25 € par place |
|---|---|---|
| 50 % | 1 200 | 30 000 € |
| 60 % | 1 440 | 36 000 € |
| 70 % | 1 680 | 42 000 € |
| 80 % | 1 920 | 48 000 € |
| 90 % | 2 160 | 54 000 € |
Peut-on encore faire payer 30 à 40 € pour un cours de Pilates Reformer à Paris ?
Oui, les Parisiens paient encore 30 à 40 € pour un cours Reformer, surtout à l’unité, mais compter sur ce tarif pour chaque réservation serait irréaliste.
Ritual Pilates affiche 38 € la séance. Studio Rituel atteint 48 € sur appareils. Plusieurs studios premium évoluent également autour de cette zone lorsqu’un client achète un seul cours.
Dès qu’il devient régulier, le client bénéficie généralement d’un tarif bien plus faible. Chez Ritual Pilates, dix séances reviennent à 30 € chacune et vingt à 25 €. Studio Rituel tombe de 48 à 38 € avec sa carte de vingt.
Pour un studio, le chiffre important est donc le revenu moyen par place occupée après les cartes, abonnements, offres de découverte, invitations et réservations via des plateformes.
À Paris aujourd’hui, 30 à 40 € reste une bonne fourchette de prix public. Le revenu moyen réellement encaissé demande beaucoup plus de prudence.
Les chaînes et ClassPass rendent-elles Paris beaucoup plus dur pour un studio indépendant ?
Oui, les réseaux et les plateformes ont rendu le marché parisien beaucoup plus dur pour un studio indépendant qui propose exactement la même chose qu’eux.
Une chaîne peut répartir sa marque, son marketing, son contenu et parfois son acquisition client sur plusieurs adresses. The New Me couvre maintenant une grande partie de Paris et permet l’utilisation de certaines cartes sur plusieurs studios. POSES bénéficie lui aussi d’un réseau de six adresses.
ClassPass et Urban Sports Club ajoutent une deuxième pression. Le client peut découvrir un studio sans acheter directement un gros forfait, puis passer facilement à un autre établissement la semaine suivante. Urban Sports Club référence par exemple plusieurs partenaires Reformer parisiens.
Cette flexibilité aide évidemment les studios à remplir des places disponibles. Elle réduit aussi la friction qui empêchait autrefois un client de changer sans arrêt d’établissement.
Un indépendant peut toujours gagner face à ces acteurs, mais difficilement en essayant de devenir une petite copie d’une chaîne. Une communauté locale forte, un excellent coaching ou un concept très identifiable deviennent beaucoup plus importants.
Une belle déco et un bar à matcha suffisent-ils encore pour lancer un studio Pilates à Paris ?
Non, la belle décoration et les boissons tendance sont désormais tellement courantes dans les studios Pilates parisiens qu’elles différencient très peu un nouveau concept.
The New Me a construit une partie de son univers autour de lieux très travaillés et de bars à lattes. D’autres studios associent déjà fitness, café, retail, lumière tamisée, miroirs, vestiaires soignés et identité visuelle pensée pour Instagram.
Ce vocabulaire est devenu familier au client parisien.
Un nouveau studio doit évidemment rester agréable et cohérent visuellement. Simplement, investir énormément dans une décoration spectaculaire n’assure plus que les clientes traverseront Paris pour venir.
Nous préférerions mettre une partie de cet argent dans quelque chose que le concurrent d’à côté reproduira moins facilement : des coachs remarquables, une méthode identifiable, un planning supérieur, une communauté déjà engagée ou une spécialisation précise.
Tous les studios Pilates parisiens courent-ils après les mêmes clientes ?
Une grande partie des studios Pilates parisiens vise encore un public assez similaire, ce qui crée probablement plus de concurrence que le nombre brut de studios ne le laisse penser.
Dans une interview récente consacrée au phénomène Pilates à Paris, la fondatrice de The New Me expliquait que sa clientèle, autrefois féminine à 99 %, restait autour de 93 % de femmes.
Cela laisse entrevoir une limite du boom actuel. Plusieurs dizaines de studios peuvent ouvrir, mais si presque tous cherchent une femme urbaine, plutôt aisée, sensible au wellness et disponible aux mêmes créneaux avant le travail, à midi ou en soirée, ils finissent rapidement par se disputer le même bassin.
Il reste pourtant d’autres angles : hommes, seniors actifs, sportifs recherchant mobilité et récupération, post-partum ou clientèle recherchant une pratique beaucoup plus athlétique.
La saturation du format dominant peut donc arriver avant celle de l’ensemble du marché Pilates.
Le Lagree et le Hot Pilates commencent-ils à piquer des clients au Reformer classique ?
Oui, le Reformer parisien doit désormais partager la croissance du boutique fitness avec le Lagree, le Hot Pilates et plusieurs formats plus intenses.
Le changement est visible dans les ouvertures et les sélections de studios. Vogue recensait récemment dix adresses Lagree à Paris, tandis que plusieurs concepts mélangent désormais Pilates, sculpt, barre, chaleur ou travail à haute intensité.
Pour une cliente, la comparaison devient très simple : dépenser 25 ou 30 € dans un Reformer classique, tester un Megaformer plus intense ou réserver une séance chauffée.
Cette concurrence oblige le Reformer traditionnel à offrir davantage qu’un accès à une machine. Plus le Pilates se démocratise, plus le contenu réel du cours reprend de l’importance.
Pour un nouvel entrant, créer un énième cours générique devient donc moins intéressant qu’auparavant.
Le boom du Pilates peut-il simplement retomber comme une mode fitness ?
Une forte correction est possible, mais le Pilates a déjà dépassé le stade d’une tendance qui dépend uniquement des réseaux sociaux.
ClassPass le classe comme activité la plus réservée depuis trois années consécutives. Dans son dernier bilan, les réservations continuaient encore d’augmenter fortement et le Pilates arrivait aussi en tête des disciplines que les nouveaux utilisateurs réservaient en premier puis réservaient à nouveau.
La durée compte beaucoup ici. Une mode fitness peut produire un pic rapide grâce à la curiosité. Réserver plusieurs fois la même discipline pendant plusieurs années raconte autre chose.
Cela ne garantit évidemment pas que tous les studios ouverts pendant le boom survivront. Au contraire, lorsque la croissance ralentira, les concepts moyens seront probablement les premiers touchés.
Le Pilates peut très bien rester durable alors que plusieurs studios disparaissent.
Les loyers peuvent-ils saturer le marché Pilates parisien avant même les clients ?
Oui, les loyers peuvent rendre certains quartiers économiquement saturés alors qu’il reste encore des clientes intéressées par le Pilates.
Un Reformer occupe beaucoup d’espace par rapport au revenu généré pendant une séance. Dix machines imposent une capacité maximale stricte : onze personnes ne peuvent pas réserver lorsque dix Reformers sont installés.
Cette contrainte devient pénible avec un loyer à plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Elle l’est encore davantage lorsque les meilleures plages horaires sont remplies mais que le studio peine à vendre le milieu de matinée, l’après-midi ou certains week-ends.
Un café peut augmenter son débit. Un commerce peut vendre davantage de produits au même endroit. Un studio Reformer doit surtout vendre davantage de ses créneaux disponibles.
C’est probablement l’une des principales raisons pour lesquelles nous verrons une grosse différence entre les studios capables d’obtenir un bon taux d’occupation toute la journée et ceux qui ne fonctionnent vraiment qu’à 7 h 30, midi et 19 h.
Comment saura-t-on que Paris est vraiment saturé en studios Pilates ?
Nous pourrons parler de vraie saturation parisienne lorsque les ouvertures continueront alors que les réservations ralentissent, que les prix encaissés reculent et que les fermetures deviennent régulières.
Pour l’instant, les données disponibles ne montrent pas encore cette combinaison.
Les nouveaux studios continuent d’arriver, les réseaux développent encore leur maillage et les derniers chiffres de réservation restent très forts. Les prix à l’unité de 30 à 40 € existent toujours.
En parallèle, plusieurs symptômes d’un marché devenu beaucoup plus compétitif sont déjà là : offres découverte très basses, cartes qui ramènent rapidement la séance vers 25 ou 30 €, multiplication des formats voisins et concentration des studios dans quelques quartiers.
Nous sommes donc déjà suffisamment avancés pour abandonner l’idée qu’une ouverture réussira simplement parce que « le Pilates est tendance ». Il manque encore les signes d’une contraction générale pour dire que Paris a dépassé sa capacité.
Studio Pilates Paris : le marché est-il déjà saturé ?
Paris n’est pas encore saturé en studios Pilates dans son ensemble, mais ouvrir aujourd’hui un Reformer généraliste dans un quartier déjà très équipé est clairement devenu un pari risqué.
La demande reste forte. Comme vu plus haut, les dernières données ClassPass montrent encore une nette progression des réservations, et les grands réseaux continuent d’ouvrir. Paris possède en plus une concentration de revenus, de cadres et d’emplois particulièrement favorable aux activités fitness premium.
La partie facile du marché, elle, a largement disparu.
Une cliente parisienne peut désormais comparer plusieurs studios, profiter d’offres d’essai à moins de 10 € la séance, réserver via une plateforme et choisir entre Reformer, Lagree, Hot Pilates, barre ou sculpt. Pendant ce temps, l’entrepreneur doit absorber un loyer parisien élevé et remplir suffisamment de machines durant bien plus que les seules heures de pointe.
Nous n’ouvririons donc plus un studio avec dix Reformers, une décoration pastel et l’idée que la croissance du marché fera le reste.
Un projet reste très défendable lorsqu’il possède un vrai avantage local ou produit : une zone où la concurrence directe reste faible, un loyer permettant de respirer, une communauté déjà existante, une méthode reconnaissable ou un public que les studios actuels servent mal.
Pour un excellent concept placé au bon endroit, Paris garde de la place. Pour un Reformer interchangeable, certaines parties de la capitale sont déjà saturées.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à déterminer si Paris est déjà saturé en studios Pilates, avec un angle précis : ce que cela implique pour quelqu’un qui envisage d’ouvrir un business en France aujourd’hui. Nous avons décomposé la question en plusieurs dimensions : progression de l’offre, dynamique de réservation, prix réellement pratiqués, profondeur de la clientèle potentielle, économie d’un studio à l’échelle d’un quartier et apparition de formats concurrents ou substituables.
Nous avons privilégié les données récentes et directement observables plutôt qu’un simple comptage d’articles sur le « boom du Pilates ». Pour la demande, nous nous appuyons notamment sur les données de réservation publiées par ClassPass. Pour l’offre et les tarifs, nous utilisons les pages officielles des studios et réseaux eux-mêmes.
Il n’existe pas de registre officiel exhaustif des studios Reformer à Paris. Nous avons donc évité de produire un nombre artificiellement précis et avons croisé les implantations des principaux réseaux, les studios indépendants identifiables et les plateformes qui référencent les cours disponibles.
La saturation est évaluée comme une combinaison de facteurs. Une hausse du nombre de studios ne suffit pas si les réservations, les prix et les ouvertures continuent de tenir. À l’inverse, une pression durable sur le revenu par réservation, le remplissage et les fermetures serait beaucoup plus convaincante.
Pour la profondeur de marché parisienne, nous utilisons les données de l’Insee sur les salaires, l’emploi et la part des cadres à Paris. Pour la pression immobilière, nous utilisons des références de marché publiées par JLL afin d’ancrer les hypothèses de loyers dans des niveaux réellement observés.
Les plateformes sont traitées à la fois comme canal d’acquisition et comme source de concurrence. ClassPass permet d’observer la demande et l’utilisation des capacités disponibles, tandis qu’Urban Sports Club aide à visualiser la largeur actuelle de l’offre Pilates et Reformer à Paris.
Nous avons également intégré les formats concurrents proches du Reformer classique. La présence du Lagree est documentée à partir du studio locator officiel de Lagree Fitness et du panorama publié par Vogue France, qui permet de mesurer à quel point l’offre boutique fitness se diversifie dans la capitale.
Les principales sources utilisées sont : The New Me pour son réseau actuel, POSES pour ses implantations parisiennes, POSES pour son offre de bienvenue, Ritual Pilates pour ses tarifs, Studio Rituel pour ses tarifs, ClassPass pour la dynamique de réservation 2025, ClassPass pour l’économie des capacités inutilisées, l’Insee pour les salaires à Paris, l’Insee pour l’emploi et la structure socio-professionnelle, Urban Sports Club pour l’offre Reformer à Paris, Lagree Fitness pour les implantations officielles, Vogue France pour le panorama Lagree et JLL pour les niveaux de loyers observés.
