Épicerie fine : quel coefficient multiplicateur aujourd'hui ? Calculateur Excel gratuit et fiche à télécharger

Dernière mise à jour: 19 Octobre 2026

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EN RÉSUMÉ

Pour une épicerie fine en France aujourd’hui, viser en moyenne un coefficient de ×1,8 à ×2,0 entre prix d’achat HT et prix de vente HT est la zone la plus crédible. Cela correspond à environ 44 à 50 % de marge brute sur le chiffre d’affaires HT.

Le ×2,5 existe, mais il fonctionne surtout sur certaines références : produits exclusifs, marque propre, épices, petits producteurs, coffrets ou articles difficiles à comparer. En faire la moyenne du magasin revient déjà à supposer 60 % de marge brute, très au-dessus des comptes réellement observés dans le métier.

Les benchmarks professionnels donnent plutôt un rappel à la réalité. Les panels URBCGA et FCGA disponibles pour l’épicerie fine et exotique se situent autour de 42 à 43 % de marge brute globale, soit l’équivalent d’un coefficient voisin de ×1,73 à ×1,75.

Le coefficient affiché sur un produit peut aussi être trompeur si l’on mélange HT et TTC. Acheter 10 € HT et afficher 20 € TTC donne environ 47 % de marge avec une TVA à 5,5 %, mais seulement 40 % avec une TVA à 20 %.

Une bonne épicerie n’a pas besoin d’appliquer le même coefficient partout. Quelques références connues peuvent rester autour de ×1,5 à ×1,8 pour préserver une impression de prix raisonnable, pendant que les produits exclusifs ou peu comparables compensent avec des coefficients supérieurs à ×2,2.

La rotation du stock compte presque autant que la marge par vente. Un produit à ×1,8 qui se renouvelle six fois dans l’année peut rapporter davantage par euro immobilisé qu’un très beau produit à ×2,5 qui reste plusieurs mois sur l’étagère.

Les promotions font vite tomber la marge réelle sous le coefficient théorique. Sur un produit acheté 10 € HT et vendu 18 € HT, une remise de seulement 10 % fait déjà baisser les euros de marge de 22,5 %.

Le contexte de consommation n’interdit pas le premium, mais il oblige à mieux le justifier. Les Français ont fortement arbitré leurs dépenses alimentaires pendant la période inflationniste, alors que le commerce alimentaire spécialisé a malgré tout progressé en 2025.

Pour un business plan, trois scénarios autour de ×1,75, ×1,9 et ×2,05 sont plus utiles qu’un unique coefficient optimiste. Ils permettent de voir immédiatement si le projet reste rentable avec 43 % de marge brute ou s’il dépend d’une hypothèse supérieure à 50 %.

Au final, une nouvelle épicerie fine capable de maintenir 45 à 50 % de marge brute tout en gardant un stock qui tourne correctement possède déjà une base économique solide. Chercher absolument ×2,5 de moyenne risque surtout de masquer les deux vrais sujets : est-ce que les clients acceptent les prix, et est-ce que les produits se vendent assez vite ?

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Coefficient et marge

Prix de vente, taux de marge et de marque, coefficient moyen.

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Quel coefficient multiplicateur faut-il viser dans une épicerie fine aujourd’hui ?

Pour une épicerie fine en France aujourd’hui, nous partirions sur environ ×1,8 à ×2,0 entre prix d’achat HT et prix de vente HT en moyenne sur le magasin.

Cette fourchette donne une marge brute théorique de 44 à 50 % du chiffre d’affaires HT. Elle colle beaucoup mieux aux comptes réellement observés que le fameux ×2,5 parfois repris dans les conseils de création d’entreprise.

La statistique URBCGA la plus récente que nous ayons trouvée pour la catégorie « épicerie fine et exotique » porte sur 22 entreprises et affiche 42,3 % de marge brute. Cela équivaut à un coefficient moyen d’environ ×1,73. Un échantillon FCGA beaucoup plus large, avec 158 entreprises, donnait 42,8 %, soit environ ×1,75.

Ces chiffres ne nous disent évidemment pas qu’il faut mettre ×1,75 sur chaque étiquette. Ils montrent plutôt où finit la moyenne du magasin une fois mélangés les produits très margés, les références d’appel, les remises, le mix des ventes et les marchandises qui tournent moins bien.

Aujourd’hui, viser réellement 45 à 50 % de marge brute sur l’ensemble des ventes nous paraît déjà être un bon objectif pour un nouveau commerce. Pour dépasser durablement 50 %, il faut généralement avoir un vrai avantage dans les achats ou dans la valeur perçue des produits.

Coefficient HT/HT Marge brute sur le CA HT
×1,50 33,3 %
×1,60 37,5 %
×1,70 41,2 %
×1,75 42,9 %
×1,80 44,4 %
×1,90 47,4 %
×2,00 50,0 %
×2,20 54,5 %
×2,50 60,0 %
×3,00 66,7 %

Quand un commerçant dit qu’il applique ×2, de quel coefficient parle-t-il vraiment ?

Dans une épicerie fine, un vrai coefficient ×2 signifie que nous achetons par exemple 10 € HT et revendons 20 € HT.

La différence paraît évidente, mais beaucoup de raisonnements commerciaux mélangent prix d’achat HT et prix de vente TTC. Le résultat peut être très trompeur.

Avec 10 € d’achat HT et 20 € de vente HT, nous gagnons 10 € de marge brute. Le taux de marque, c’est-à-dire la marge rapportée au prix de vente, est de 50 %.

Le taux de marge calculé sur le prix d’achat est, lui, de 100 %. Les deux chiffres décrivent exactement la même vente. Cette différence explique une bonne partie des discussions où un commerçant parle de « 100 % de marge » tandis qu’un autre affirme que la marge est de 50 %.

Pour piloter une épicerie fine, nous préférons raisonner avec le coefficient HT/HT et avec la marge brute exprimée en pourcentage du CA HT. Les comparaisons deviennent beaucoup plus simples.

Pourquoi faire ×2 sur un prix d’achat ne donne-t-il parfois que 40 % de marge ?

Parce qu’un commerçant qui double son prix d’achat HT pour obtenir directement son prix TTC n’applique pas réellement ×2 HT/HT.

Prenons un article acheté 10 € HT et vendu 20 € TTC.

Avec une TVA de 5,5 %, les 20 € TTC correspondent à 18,96 € HT. Le coefficient réel atteint donc ×1,90 et la marge brute 47,3 %.

À 20 % de TVA, le même prix affiché de 20 € ne représente plus que 16,67 € HT. Le coefficient tombe à ×1,67 et la marge brute à 40 %.

Le problème est particulièrement concret en épicerie fine puisque tous les produits n’ont pas la même TVA. Le BOFiP applique en principe 5,5 % aux produits alimentaires vendus pour une consommation différée, tandis que les boissons alcoolisées restent à 20 %. La confiserie et plusieurs catégories de chocolat peuvent également relever du taux normal.

Un magasin qui fixe tous ses prix avec une simple règle « achat ×2 = prix TTC » peut donc avoir des marges très différentes d’un rayon à l’autre sans l’avoir voulu.

Achat HT Prix TTC TVA Vente HT Coefficient réel Marge brute
10 € 20 € 5,5 % 18,96 € ×1,90 47,3 %
10 € 20 € 10 % 18,18 € ×1,82 45,0 %
10 € 20 € 20 % 16,67 € ×1,67 40,0 %
10 € 22 € 5,5 % 20,85 € ×2,09 52,0 %
10 € 22 € 20 % 18,33 € ×1,83 45,5 %
10 € 25 € 5,5 % 23,70 € ×2,37 57,8 %
10 € 25 € 20 % 20,83 € ×2,08 52,0 %

Le coefficient ×2,5 est-il vraiment réaliste dans une épicerie fine ?

Oui, ×2,5 fonctionne sur certaines références, mais nous aurions beaucoup de mal à défendre ×2,5 comme moyenne d’un magasin entier dans un business plan.

Un coefficient ×2,5 HT/HT donne 60 % de marge brute. Or les deux panels professionnels d’épiceries fines que nous avons examinés tournent autour de 42 à 43 %. L’écart dépasse 17 points de marge.

Cela ne veut pas dire que les commerçants qui annoncent ×2,5 se trompent. Ils peuvent très bien appliquer ce coefficient à des épices, des produits exclusifs, certains thés, de petits producteurs ou des coffrets tout en vendant d’autres articles à ×1,5 ou ×1,7.

Le poids des ventes fait ensuite la différence. Un article vendu à ×2,7 mais écoulé cinq fois par mois influence peu la marge globale face à une huile, un café ou une bouteille vendue à ×1,7 plusieurs dizaines de fois.

Nous nous méfierions donc d’un prévisionnel qui prend le coefficient le plus confortable du catalogue et l’applique à 100 % du chiffre d’affaires. C’est une manière assez simple de rendre artificiellement rentable un projet qui l’est beaucoup moins une fois ouvert.

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Quels produits d’épicerie fine peuvent vraiment supporter ×2,2, ×2,5 ou davantage ?

Les coefficients supérieurs à ×2,2 passent surtout sur les produits que le client compare difficilement et sur lesquels l’épicerie apporte quelque chose de visible.

Une référence achetée directement auprès d’un petit producteur, un mélange d’épices propre au magasin, une marque peu distribuée, un produit importé en exclusivité ou un coffret créé sur place laisse généralement plus de latitude.

Prenons deux pots de condiment. Le premier appartient à une marque nationale disponible sur plusieurs sites pour 8,90 €. Si notre prix arrive à 12,90 €, le client peut voir l’écart en quelques secondes. Le second vient d’un producteur local peu distribué et n’a quasiment aucun prix de référence en ligne. La valeur perçue dépend alors davantage du produit, de son histoire et de notre sélection.

Le sourcing direct aide beaucoup ici. Supprimer un grossiste peut laisser quelques points supplémentaires au détaillant tout en gardant un prix public acceptable. En contrepartie, nous récupérons les minimums de commande, davantage de fournisseurs à gérer et parfois des frais de transport moins favorables.

Les meilleurs coefficients apparaissent donc souvent là où l’achat et la différenciation travaillent ensemble. Monter le prix d’un produit banal donne rarement le même résultat.

Sur quels produits faut-il accepter un coefficient plus faible ?

Une épicerie fine a intérêt à rester plus raisonnable sur les références connues, facilement comparables ou capables de donner au client une impression générale du niveau de prix du magasin.

Une bouteille largement distribuée, une huile d’olive connue, un café de marque ou une conserve que l’on trouve facilement en ligne peuvent difficilement absorber ×2,5 si les concurrents travaillent beaucoup plus bas.

Le contexte actuel renforce cette contrainte. Dans son étude publiée en 2026 sur les comportements alimentaires depuis la poussée inflationniste, l’Insee estime que la consommation alimentaire en volume a reculé de 6,3 % entre 2021 et 2024. Environ deux points de cette baisse s’expliquent par une descente en gamme : les ménages ont déplacé une partie de leurs achats vers des alternatives moins chères.

L’inflation alimentaire a depuis fortement ralenti. Les prix alimentaires n’ont augmenté que de 1,2 % en moyenne en 2025, après les hausses beaucoup plus brutales des années précédentes. Pourtant, les réflexes de comparaison et d’arbitrage n’ont pas disparu.

Pour une épicerie fine, quelques produits bien placés autour de ×1,5 à ×1,8 peuvent donc être très utiles. Ils évitent que le client sorte avec l’impression que tout est systématiquement beaucoup plus cher qu’ailleurs.

Est-ce encore possible de vendre cher alors que les Français ont réduit leurs dépenses alimentaires ?

Oui, le commerce alimentaire spécialisé se porte actuellement bien mieux que le recul global de la consommation alimentaire pourrait le laisser penser.

Les dernières données annuelles de l’Insee sont assez parlantes. En 2025, les ventes des magasins d’alimentation spécialisée et de l’artisanat commercial ont progressé de 4,0 % en volume et de 6,3 % en valeur. Elles ont atteint 77,8 milliards d’euros.

L’ensemble est large puisqu’il comprend notamment les boulangeries et les boucheries, mais la tendance est intéressante pour une épicerie fine : les consommateurs continuent d’acheter dans des commerces spécialisés alors même que la consommation globale des ménages avance peu.

Les magasins d’alimentation spécialisée représentaient également 20,4 % des ventes alimentaires hors tabac en 2025. La catégorie « autres magasins d’alimentation spécialisée », la plus proche de nombreux concepts d’épicerie fine, comptait à elle seule pour 8,0 %.

Nous n’interprétons donc pas la période actuelle comme un rejet du premium. Le client demande surtout davantage de raisons pour payer plus cher. Une belle bouteille introuvable ailleurs, un produit régional très bon ou un cadeau bien composé peut encore tenir un prix élevé. Le même prix premium devient beaucoup plus difficile à défendre sur une référence banale disponible partout.

Une remise de 10 % fait-elle vraiment autant de dégâts sur la marge ?

Oui, 10 % de remise peut facilement supprimer 20 à 30 % des euros de marge que nous avions prévu de gagner sur un produit.

Prenons un article acheté 10 € HT et vendu 18 € HT. Le coefficient est ×1,8 et nous gagnons 8 € de marge brute.

Une remise de 10 % fait tomber le prix de vente à 16,20 €. La marge descend à 6,20 €. Le client bénéficie de 10 % de réduction, mais notre marge en euros baisse de 22,5 %.

À 20 % de remise, le produit est vendu 14,40 € et la marge tombe à 4,40 €. Nous avons alors perdu 45 % de la marge initialement prévue.

Cette mécanique explique aussi pourquoi le coefficient théorique posé au moment de référencer le produit ne se retrouve jamais parfaitement dans les comptes. Promotions, programmes de fidélité, paniers d’entreprise négociés, produits abîmés et fins de série finissent par rogner la moyenne.

Pour un projet qui prévoit beaucoup de promotions, nous intégrerions donc cette baisse directement dans le prévisionnel plutôt que de partir d’un coefficient catalogue intact.

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Vaut-il mieux vendre vite à ×1,8 ou lentement à ×2,5 ?

Dans beaucoup de cas, une épicerie fine gagne davantage avec un produit qui tourne vite à ×1,8 qu’avec un produit très margé qui dort six mois sur une étagère.

La rotation du stock donne ici une information que le coefficient ignore complètement.

Dans le panel FCGA de 158 épiceries fines et exotiques déjà cité, la rotation moyenne du stock atteignait 56 jours d’achats. Elle montait à 86 jours chez les plus petites entreprises de l’échantillon et se situait autour de 47 à 53 jours dans certaines tranches plus importantes.

Cela représente vite beaucoup d’argent. Une épicerie qui achète 15 000 € de marchandises par mois peut facilement immobiliser 25 000 à 30 000 € de trésorerie si elle conserve environ deux mois d’achats en stock.

Prenons ensuite deux articles achetés 10 €. Le premier est vendu 18 € et tourne six fois dans l’année : chaque tranche de 10 € de stock peut générer 48 € de marge brute annuelle si elle est continuellement réinvestie. Un produit vendu 25 € mais ne tournant que deux fois génère 30 € dans le même raisonnement simplifié.

La marge par vente reste importante, mais la marge produite par euro de stock l’est encore davantage. Une boutique pleine de beaux produits à ×2,5 qui ne bougent pas peut rapidement manquer de trésorerie.

Les petites épiceries peuvent-elles appliquer de meilleurs coefficients que les grosses ?

Les données professionnelles suggèrent que les plus petites épiceries fines arrivent parfois à garder une marge plus élevée, mais leur faible chiffre d’affaires limite fortement ce que cette marge produit en euros.

Dans le panel FCGA de 158 entreprises, la tranche la plus petite affichait 47,9 % de marge brute, contre 41,6 % pour les entreprises de la tranche la plus élevée. Nous retrouvons intuitivement une logique de petite boutique très spécialisée : davantage de produits de niche, moins de références de gros volume et parfois plus de souplesse sur les prix.

Le chiffre d’affaires change cependant complètement le résultat. Dans ce même échantillon, la plus petite tranche réalisait environ 74 000 € de CA HT moyen, tandis que la plus grande atteignait environ 672 000 €.

À 47,9 % de marge, 74 000 € de CA produisent autour de 35 400 € de marge brute. À 41,6 % sur 672 000 €, nous dépassons 279 000 €.

Chercher le coefficient le plus élevé possible peut donc devenir une distraction. Pour un porteur de projet, quelques points de marge gagnés ne compensent pas forcément un magasin qui manque de trafic ou un panier moyen trop faible.

Une marge brute de 45 % suffit-elle pour qu’une épicerie fine soit rentable ?

Une marge brute de 45 % peut suffire, mais le magasin doit encore payer pratiquement tout le reste avec ces 45 € conservés sur 100 € de ventes HT.

Imaginons une épicerie à 300 000 € de CA HT. À 45 % de marge brute, il reste 135 000 € après le coût des marchandises vendues.

Ces 135 000 € doivent financer le loyer, les salaires et charges sociales, l’électricité, l’assurance, la comptabilité, les frais de carte bancaire, les emballages, la communication, les logiciels, les pertes de produits et les amortissements.

Quelques points de marge changent vite l’équation. À 42 %, le même magasin produit 126 000 € de marge brute. À 48 %, il en produit 144 000 €. Six points séparent les deux scénarios, soit 18 000 € par an.

Nous pouvons donc accepter 42 ou 43 % dans une structure légère avec un bon chiffre d’affaires. Une boutique de centre-ville avec plusieurs salariés et un loyer élevé aura beaucoup moins de marge de sécurité à ce niveau.

C’est aussi pourquoi les coefficients doivent être pensés avec le compte de résultat entier. Un magasin à ×1,85 qui réalise beaucoup de ventes peut être nettement meilleur qu’un magasin à ×2,2 qui reste vide une grande partie de la journée.

Quel coefficient mettre dans le business plan d’une nouvelle épicerie fine ?

Pour un nouveau projet, nous testerions aujourd’hui trois scénarios autour de ×1,75, ×1,9 et ×2,05 de coefficient moyen HT/HT.

Le premier donne environ 42,9 % de marge brute. C’est le scénario prudent et il se rapproche des benchmarks comptables observés par les organismes de gestion agréés.

À ×1,9, nous obtenons 47,4 %. Ce niveau nous paraît très intéressant pour un concept indépendant bien sourcé. Il exige déjà un assortiment capable de produire de bonnes marges sans devenir trop cher.

À ×2,05, nous approchons 51,2 %. Nous demanderions davantage de preuves avant de retenir cette hypothèse : achats directs importants, produits exclusifs, cadeaux, marque propre ou clientèle clairement premium.

Nous éviterions ×2,5 comme scénario central. Avec 60 % de marge brute théorique, le business plan peut absorber beaucoup de loyer et de salaires sur Excel. Les statistiques réelles du métier ne montrent pas une telle marge moyenne.

Le plus crédible est de construire le coefficient famille par famille, puis de pondérer chaque famille par son chiffre d’affaires prévu.

Type de vente Coefficient HT/HT à tester Marge brute approximative
Produit d’appel très comparable ×1,50–1,65 33–39 %
Marque connue disponible ailleurs ×1,60–1,80 38–44 %
Cœur de gamme classique ×1,80–2,00 44–50 %
Produit direct producteur ×1,90–2,20 47–55 %
Produit peu comparable ×2,10–2,40 52–58 %
Produit exclusif ×2,20–2,50 55–60 %
Marque propre ×2,20–2,70 55–63 %
Coffret et composition cadeau ×2,20–2,80 55–64 %
Moyenne raisonnable du magasin ×1,80–2,00 44–50 %
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Alors, ×1,8, ×2 ou ×2,5 : quel coefficient choisir aujourd’hui pour une épicerie fine ?

Nous choisirions aujourd’hui ×1,8 à ×2,0 comme zone de travail pour la moyenne d’une épicerie fine, avec ×2,2 à ×2,8 réservé aux produits qui permettent vraiment de prendre cette marge.

Les derniers chiffres du commerce français sont plutôt encourageants : l’alimentation spécialisée a de nouveau progressé nettement en 2025. En parallèle, les études de l’Insee montrent que les années d’inflation ont laissé des consommateurs beaucoup plus habitués à descendre en gamme et à arbitrer leurs achats.

Ces deux tendances peuvent très bien coexister. Les Français continuent d’aller chez les spécialistes, mais un prix premium doit davantage se justifier.

Pour un nouveau magasin, nous utiliserions donc volontiers ×1,5 à ×1,8 sur quelques produits très comparables, autour de ×1,8 à ×2,1 sur le cœur du catalogue, puis ×2,2 ou davantage dès que le sourcing, l’exclusivité ou la présentation rendent le produit difficile à comparer.

Le benchmark comptable autour de 42–43 % de marge brute, vu précédemment, constitue un bon plancher de réalité. Une nouvelle épicerie qui réussit à tenir 45–50 % de marge brute tout en faisant tourner correctement son stock possède déjà une base économique sérieuse.

À ×2,5 de moyenne, nous serions beaucoup plus sceptiques tant que le porteur de projet ne peut pas expliquer précisément quels produits produiront cette marge et pourquoi les clients accepteront les prix.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer quel coefficient multiplicateur est réellement crédible aujourd’hui pour une épicerie fine en France. Nous avons comparé les coefficients théoriques avec les marges observées dans les comptes d’entreprises du métier, puis ajouté l’effet de la TVA, des remises, de la rotation du stock, du mix produit et du contexte actuel de consommation.

Le point de départ est la marge réellement obtenue par les entreprises. Nous avons utilisé les statistiques professionnelles URBCGA et FCGA consacrées à la catégorie « épicerie fine et exotique », notamment un panel URBCGA de 22 entreprises et un panel FCGA de 158 entreprises. Ces données permettent de comparer marge brute, chiffre d’affaires, taille des entreprises et rotation des stocks au lieu de partir d’un coefficient commercial supposé « normal ».

Les différents millésimes URBCGA ont également été regardés pour vérifier que la conclusion ne dépendait pas d’une seule année. Les statistiques des organismes de gestion agréés servent ici de benchmark comptable : elles indiquent ce que produit réellement le mix de ventes d’une boutique après combinaison de références très margées, de produits plus compétitifs, de remises et de niveaux de rotation différents.

Les calculs de coefficient ont été normalisés en HT/HT. Cette méthode permet de ne pas confondre la marge commerciale avec l’effet de la TVA. Les règles fiscales utilisées dans les exemples reposent sur le BOFiP et sur l’article 278-0 bis du Code général des impôts, notamment pour distinguer les produits alimentaires à 5,5 %, les cas relevant de 10 % et les produits soumis au taux normal de 20 %.

Nous avons volontairement séparé le coefficient applicable à une référence de la marge moyenne obtenue par le magasin. Un produit exclusif peut supporter ×2,5 ou davantage sans que cette hypothèse puisse être étendue à l’ensemble du chiffre d’affaires. Le poids des ventes, les promotions et la rotation du stock sont donc intégrés au raisonnement avant de retenir une hypothèse de business plan.

La rotation du stock est analysée à partir des données FCGA sur les jours d’achats immobilisés. Elle sert à comparer la marge générée par vente avec la marge annuelle produite par l’argent immobilisé dans les marchandises, ce qui est particulièrement important pour une petite boutique disposant d’une trésorerie limitée.

Le contexte de consommation repose principalement sur l’Insee. Nous avons croisé les travaux sur la baisse de 6,3 % de la consommation alimentaire en volume entre 2021 et 2024 et la descente en gamme observée pendant la période inflationniste avec les données 2025 sur le commerce alimentaire spécialisé, les parts de marché des différentes formes de vente et l’évolution des prix alimentaires.

Les fourchettes proposées pour le business plan ne sont donc pas des barèmes officiels. Elles sont des zones de travail construites en confrontant les marges comptables observées, la mécanique HT/HT, la TVA, la sensibilité des produits à la comparaison des prix, les remises, la rotation du stock et l’économie générale du magasin.

Parmi les principales sources utilisées figurent les statistiques URBCGA 2024 sur l’épicerie fine et exotique, le panel FCGA / ANPRECEGA de 158 entreprises, les statistiques URBCGA 2023, les statistiques URBCGA 2022 et la présentation méthodologique des statistiques professionnelles CGA par OGI-France.

Pour le contexte économique et commercial, nous avons utilisé l’étude de l’Insee sur la descente en gamme pendant la période inflationniste, les données 2025 sur l’activité des formes de vente du commerce de détail, les parts de marché du commerce de détail en 2025, Le compte du commerce en 2025, les données d’inflation moyenne en 2025, les données sur la consommation des ménages en 2025 et la définition officielle de la sous-classe NAF 47.29Z.

Pour les taux de TVA, les références principales sont le BOFiP sur les produits destinés à l’alimentation humaine, le tableau BOFiP des taux applicables aux ventes alimentaires à emporter ou à livrer et l’article 278-0 bis du Code général des impôts sur Légifrance.