
Lancez une activité de traiteur sans laisser les coûts grignoter votre marge
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C'est partiEN RÉSUMÉ
Traiteur : quelles dépenses faut-il prévoir aujourd'hui ? Pour un lancement solo et léger, nous viserions environ 10 000 à 20 000 €, tandis qu’un projet avec laboratoire propre, véhicule et vraie capacité événementielle monte plutôt vers 50 000 à 100 000 €, voire 80 000 à 150 000 € et plus avec une équipe.
Le principal levier n’est pas le prix d’un four ou d’un robot : c’est le choix entre posséder les actifs dès le départ ou louer ce qui n’est utilisé que quelques jours par mois. Une cuisine partagée à 15 à 35 € de l’heure rend encore crédible un démarrage sous les 20 000 €.
Équiper son propre laboratoire change immédiatement l’échelle du projet. Cuisson, cellule de refroidissement, armoires frigorifiques, laverie, inox et petit matériel peuvent absorber 15 000 à 30 000 € avant même les travaux et le dépôt de garantie.
Le froid peut devenir plus important que la cuisson. Un traiteur prépare souvent à l’avance, stocke, transporte puis remet en température : le besoin se dimensionne donc sur les grosses journées, pas sur le nombre moyen de commandes.
Une cuisine familiale peut dépanner pour une toute petite activité, mais elle devient vite un mauvais socle pour se développer. Dès que les volumes montent, le stockage, le nettoyage, la séparation des usages et la chaîne du froid prennent trop de place.
Les matières premières et le personnel sont les postes qui font le plus vite disparaître une marge mal calculée. Trois euros de coût matière supplémentaires par personne représentent déjà 600 € sur une réception de 200 convives, et quelques heures de présence oubliées sur une équipe peuvent produire le même effet.
Le véhicule frigorifique, la vaisselle et le mobilier ne devraient pas être achetés par réflexe. Tant qu’ils ne sortent pas très souvent, la location protège mieux le cash et évite d’accumuler du matériel adapté à des clients que l’on n’a peut-être pas encore.
Les petites dépenses ne sont pas petites une fois regroupées : carburant, péages, casse, linge, nettoyage, emballages, glaçons, commissions de paiement et manutention peuvent enlever plusieurs centaines d’euros à une seule prestation.
La trésorerie doit être prévue comme une dépense de lancement à part entière. Pour un traiteur solo, garder 5 000 à 10 000 € disponibles après les premiers achats nous paraît bien plus solide que de finir l’installation avec tout l’argent immobilisé dans du matériel.
Le modèle de départ le plus robuste reste donc assez simple : louer la cuisine, posséder le petit équipement mobile, louer le véhicule et le matériel de réception quand c’est nécessaire, puis acheter progressivement ce que les commandes rendent vraiment récurrent.
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Traiteur : quelles dépenses faut-il prévoir aujourd'hui ?
Peut-on encore lancer un traiteur avec moins de 20 000 € ?
Oui, lancer un petit traiteur avec moins de 20 000 € reste possible aujourd’hui, à condition de ne pas vouloir posséder dès le départ son laboratoire, son véhicule et tout son matériel de réception.
C’est devenu plus réaliste avec les cuisines professionnelles partagées. À Lyon, nous trouvons actuellement des laboratoires équipés entre 15 et 25 € de l’heure. À Paris, certains espaces partagés démarrent autour de 35 € TTC de l’heure. Une plateforme spécialisée dans la location de cuisines affiche aussi des laboratoires autour de 20 à 40 € de l’heure dans plusieurs villes françaises.
Pour quelqu’un qui produit 50 heures par mois, cela donne environ 750 à 1 750 € de cuisine selon la ville et le lieu choisi. Même à 100 heures, nous restons dans une dépense mensuelle de quelques milliers d’euros plutôt que dans plusieurs dizaines de milliers d’euros investis avant la première commande.
Avec 15 000 à 20 000 €, nous pouvons donc financer le petit matériel, les contenants de transport, un premier stock, les assurances, le marketing, les acomptes fournisseurs et surtout conserver quelques milliers d’euros disponibles en banque.
Cette approche convient bien à un traiteur solo qui démarre avec des buffets, brunchs, cocktails, plateaux-repas ou petits événements. Pour faire immédiatement des mariages de 200 personnes avec service complet, le budget change complètement.
Faut-il vraiment louer ou acheter son propre laboratoire de traiteur ?
Non, un nouveau traiteur n’a généralement aucune raison économique de prendre immédiatement un laboratoire permanent si les commandes restent irrégulières.
Une cuisine professionnelle actuellement louée 20 € de l’heure coûte 800 € pour 40 heures de production, 1 600 € pour 80 heures et 2 400 € pour 120 heures. Certaines offres lyonnaises descendent même à 15 € de l’heure.
Le laboratoire fixe devient intéressant plus tard, lorsque nous produisons presque tous les jours. Avec une activité encore instable, chaque journée sans commande laisse tourner le loyer, l’assurance, les abonnements, le matériel et parfois le remboursement des travaux.
Il faut aussi regarder ce que comprend réellement une cuisine partagée. Plusieurs espaces proposent déjà fours professionnels, plonge, inox, stockage, froid et zones de préparation conformes aux usages professionnels. Ce sont précisément les équipements les plus coûteux à réunir soi-même.
À l’inverse, un traiteur qui travaille cinq ou six jours par semaine, stocke de gros volumes et emploie plusieurs personnes finit par perdre beaucoup de temps dans un laboratoire partagé. À ce niveau d’activité, avoir son propre espace devient beaucoup plus logique.
Pour démarrer, nous préférerions donc acheter du temps de cuisine plutôt que des mètres carrés.
Combien coûte vraiment le matériel de cuisine d’un traiteur ?
Équiper sérieusement un laboratoire de traiteur coûte facilement 15 000 à 30 000 € aujourd’hui, et nous pouvons dépasser cette somme sans acheter aucun équipement particulièrement luxueux.
Le four montre bien le problème. Les prix actuellement publiés pour un four mixte professionnel six niveaux tournent grosso modo entre 3 000 et 12 000 €. Chez Unox, plusieurs modèles six niveaux sont affichés autour de 5 850 à 8 700 € HT. À l’UGAP, un Rational iCombi Pro six niveaux dépasse 8 000 € HT.
Le froid ajoute rapidement plusieurs milliers d’euros. Une cellule de refroidissement professionnelle cinq niveaux se trouve actuellement autour de 3 000 € HT sur plusieurs catalogues français. Les modèles dix niveaux montent vers 3 400 à 4 100 €, et les grandes cellules peuvent dépasser largement 5 000 €.
Ensuite arrivent les armoires frigorifiques, le lave-vaisselle, la plonge, les tables inox, les étagères, les robots, les plaques, les casseroles et tout le petit matériel.
Ce dernier semble bon marché pièce par pièce, mais un traiteur n’achète pas trois bacs gastronormes. Il lui en faut parfois plusieurs dizaines, avec les couvercles, grilles, plaques et différents formats. Même logique pour les couteaux, planches, caisses, casseroles et contenants.
Nous pouvons donc facilement dépenser 20 000 € dans une cuisine qui paraît encore assez basique une fois terminée.
| Équipement | Ordre de grandeur actuel |
|---|---|
| Four mixte professionnel 6 niveaux | 3 000 à 12 000 € |
| Cellule de refroidissement 5 niveaux | Environ 2 700 à 3 200 € |
| Cellule 10 niveaux | Environ 3 400 à 4 200 € |
| Armoire frigorifique professionnelle | Environ 800 à 2 000 € |
| Lave-vaisselle professionnel | Environ 1 000 à 3 000 € |
| Tables et meubles inox | Quelques centaines d’euros par élément |
| Petit matériel de cuisine complet | 2 000 à 5 000 € facilement |
| Froid, cuisson et laverie réunis | Souvent 10 000 à 20 000 € avant le reste |
Le froid peut-il coûter plus cher que la cuisson chez un traiteur ?
Oui, le froid devient vite l’un des postes les plus lourds chez un traiteur, surtout lorsque la nourriture est préparée plusieurs heures avant d’être servie.
Dans un restaurant, les plats parcourent parfois quelques mètres entre la cuisine et la table. Un traiteur doit souvent préparer, refroidir, stocker, charger, transporter puis remettre les aliments en température sur un autre site.
Une cellule de refroidissement autour de 3 000 €, deux armoires frigorifiques, éventuellement du froid négatif et des contenants isothermes peuvent déjà représenter plusieurs milliers d’euros. Une chambre froide pousse encore le budget vers le haut.
La capacité compte autant que le prix. Un réfrigérateur insuffisant pendant une semaine comprenant trois grosses prestations ne peut pas être compensé par un meilleur four.
Nous regarderions donc le volume maximal à produire le même jour, pas seulement le nombre moyen de clients dans la semaine. C’est souvent ce pic d’activité qui détermine les besoins en froid.
Pour un nouveau traiteur, louer un laboratoire déjà bien équipé permet justement d’éviter cet investissement pendant les premiers mois.
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Peut-on démarrer une activité de traiteur depuis sa cuisine personnelle ?
Une cuisine personnelle peut convenir à certains projets très limités, mais nous ne bâtirions pas un vrai développement de traiteur autour d’une cuisine familiale.
Dès qu’un traiteur manipule des denrées d’origine animale destinées directement aux consommateurs, Service-Public rappelle qu’une déclaration sanitaire doit être faite auprès de la DDPP avant l’ouverture. Lorsque les denrées sont fournies à d’autres établissements, des exigences supplémentaires peuvent s’appliquer, notamment autour de l’agrément sanitaire selon la situation.
En pratique, le problème d’une cuisine domestique apparaît très vite : stockage des matières premières, froid, nettoyage, circulation, séparation entre usage privé et professionnel, quantité de vaisselle et capacité de production.
Produire vingt repas de temps en temps et préparer 150 couverts pour un mariage sont deux métiers presque différents du point de vue logistique.
Nous trouvons aujourd’hui des cuisines professionnelles à louer autour de 15 à 35 € de l’heure dans plusieurs grandes villes. À ces tarifs, modifier lourdement son logement pour gagner quelques centaines d’euros par mois perd assez vite son intérêt.
Combien faut-il prévoir pour l’hygiène, les assurances et les obligations d’un traiteur ?
Les formalités administratives ne coûtent pas très cher en elles-mêmes, mais mettre réellement une activité de traiteur aux normes finit facilement par représenter quelques milliers d’euros.
Selon Service-Public, l’hygiène concerne notamment la fabrication, le personnel, le matériel, le stockage et l’eau. La formation spécifique à l’hygiène alimentaire en restauration commerciale dure environ 14 heures lorsqu’elle est requise pour l’établissement.
Autour de cela viennent les dépenses beaucoup plus concrètes : thermomètres, vêtements professionnels, produits de nettoyage, plans de travail adaptés, dispositifs de lavage, gestion des déchets, lutte contre les nuisibles et suivi du froid.
Il faut ensuite assurer l’activité et le matériel. Le prix dépend énormément du chiffre d’affaires, de la valeur des équipements, de l’existence d’un laboratoire, des salariés et du type d’événements couverts. Une petite responsabilité civile professionnelle peut rester dans les centaines d’euros par an ; une vraie multirisque avec local et matériel coûte davantage.
Pour un lancement léger, nous garderions environ 1 000 à 3 000 € pour l’ensemble formation, hygiène, assurance et petits équipements de conformité. Les travaux nécessaires pour remettre un local aux normes doivent être budgétés séparément, car ils peuvent complètement changer l’investissement.
Faut-il acheter un véhicule frigorifique quand on devient traiteur ?
Non, acheter immédiatement un véhicule frigorifique est rarement le meilleur usage du capital d’un nouveau traiteur.
Le vrai besoin dépend des produits transportés, du temps de trajet, des volumes et de la fréquence des prestations. Pour une petite activité locale, les solutions isothermes professionnelles et la location ponctuelle peuvent parfois suffire. Avec des volumes importants et des tournées régulières, le véhicule réfrigéré devient beaucoup plus difficile à éviter.
Son coût ne se limite pas au prix affiché chez le vendeur. Nous devons ajouter assurance, carburant, entretien, pneus, stationnement, nettoyage et immobilisation lorsque le véhicule tombe en panne.
Le transport mérite d’ailleurs davantage d’attention ces derniers temps. Les dernières données de l’Insee montrent une hausse de 4 % sur un an des prix de production des services de transport et d’entreposage, avec une progression encore plus forte du transport routier de fret sur le dernier trimestre publié.
Pour un traiteur qui réalise encore quatre ou cinq gros événements par mois, louer reste donc très défendable. À vingt livraisons par semaine, les calculs commencent à raconter une autre histoire.
Combien les matières premières mangent-elles vraiment la marge d’un traiteur ?
Les matières premières restent l’une des dépenses qui peuvent faire disparaître le plus vite la marge d’un traiteur, surtout lorsque les portions et les pertes sont mal suivies.
Supposons qu’un menu vendu 40 € par personne utilise 10 € de nourriture. Le coût matière représente 25 % du prix. À 13 €, nous sommes déjà à 32,5 %. Sur 200 convives, ces trois euros d’écart coûtent 600 € sur une seule prestation.
Et le coût réel dépasse parfois la fiche recette. Il faut acheter certains produits par conditionnement complet, garder une marge de sécurité, absorber les pertes de préparation et gérer ce qui ne peut pas être réutilisé après l’événement.
Les prix ne repartent actuellement pas dans la flambée exceptionnelle du début des années 2020, mais ils restent élevés. L’Insee montre que les prix payés par les consommateurs pour les services de restauration sont encore environ 2 % plus hauts sur un an. Côté entreprises, les prix de production de l’hébergement-restauration progressent d’environ 3 % sur la dernière période annuelle disponible.
Cela rend les vieux business plans particulièrement trompeurs. Une fiche de coût construite il y a quatre ou cinq ans peut sembler raisonnable tout en sous-estimant plusieurs postes aujourd’hui.
Nous recalculerions donc chaque recette à partir des prix réellement facturés par les fournisseurs, puis nous la mettrions à jour régulièrement. Quelques points de coût matière valent beaucoup plus qu’une économie sur l’abonnement d’un logiciel.
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Combien coûte vraiment le personnel sur un mariage ou un cocktail ?
Le personnel peut coûter autant que la nourriture sur une grosse prestation de traiteur, et c’est probablement l’un des postes les plus faciles à sous-estimer.
Le Smic brut horaire est actuellement de 12,31 €, selon la dernière mise à jour de l’Urssaf. Le montant mensuel correspondant à 35 heures est de 1 867,02 € brut.
Mais un extra ne coûte évidemment pas seulement son taux horaire brut. Il faut tenir compte des cotisations applicables, de la convention collective, d’éventuelles majorations et du niveau de rémunération nécessaire pour trouver des personnes expérimentées.
Surtout, une réception de quatre heures ne représente jamais seulement quatre heures de travail.
Prenons six personnes qui commencent deux heures avant l’arrivée des invités, assurent cinq heures d’événement puis passent une heure à ranger. Cela représente 48 heures de travail. Au simple Smic brut actuel, nous dépassons déjà 590 € de salaires bruts avant cotisations.
Avec huit personnes mobilisées neuf heures sur un mariage, nous arrivons à 72 heures, soit environ 886 € de brut au plancher légal.
La main-d’œuvre doit donc être chiffrée prestation par prestation avec les vraies heures de présence. Sinon, un événement qui semble très rentable sur la nourriture peut rapporter étonnamment peu à la fin.
Un traiteur doit-il acheter sa vaisselle, ses tables et tout son matériel de réception ?
Non, acheter immédiatement assez de vaisselle et de mobilier pour servir 150 ou 200 personnes immobilise beaucoup d’argent pour du matériel qui ne sera pas toujours utilisé.
Assiettes, verres, couverts, nappage, tables, chaises, mange-debout, éléments de buffet et matériel de maintien en température s’accumulent très vite.
Il faut ensuite trouver où ranger tout cela. Il faut aussi le charger, le transporter, le compter, le nettoyer et remplacer régulièrement les pièces cassées ou perdues.
Nous préférerions louer pendant les premières prestations et noter précisément ce que nous louons encore et encore. Si les mêmes 150 assiettes, les mêmes verres ou les mêmes chauffe-plats sortent vingt fois dans l’année, l’achat devient beaucoup plus facile à défendre.
Cette méthode évite également d’acheter trop tôt du matériel adapté aux mauvais clients. Un traiteur qui finit par se spécialiser dans les cocktails d’entreprise n’a pas les mêmes besoins que celui qui réalise principalement des mariages assis.
Quelles petites dépenses finissent par coûter cher à un traiteur ?
Les petites dépenses peuvent facilement prendre plusieurs points de chiffre d’affaires une fois additionnées, même si aucune ne paraît inquiétante au moment de payer la facture.
Nous retrouvons les emballages, consommables, produits de nettoyage, carburant, parkings, péages, linge, vêtements, casse, glaçons, commissions de paiement, téléphone, logiciels, maintenance, comptabilité et renouvellement du petit matériel.
Le numérique reste relativement bon marché. Les logiciels spécialisés pour traiteurs commencent à quelques dizaines d’euros par mois et peuvent dépasser 100 € lorsque nous ajoutons davantage de fonctions ou d’utilisateurs. Ce poste est secondaire face à la nourriture ou au personnel.
Le meilleur exemple reste la logistique d’un événement. Une prestation peut générer 100 € de carburant et péages, 150 € de consommables, 100 € de casse et de petites fournitures puis 150 € de nettoyage et de manutention supplémentaire. Nous avons déjà perdu 500 € sans toucher au menu ni aux salaires.
Ces dépenses méritent donc leur propre ligne dans le calcul de rentabilité. Les cacher dans une catégorie vague de « frais divers » finit presque toujours par les sous-estimer.
Combien de trésorerie faut-il garder quand on lance un traiteur ?
Un traiteur qui dépense tout son argent dans le matériel démarre beaucoup trop fragile ; nous garderions au minimum de quoi absorber plusieurs grosses prestations et quelques mois de charges.
La trésorerie doit financer les achats alimentaires, les extras, le transport et parfois la location de matériel avant que le client ait réglé l’intégralité de la facture.
Le problème devient encore plus visible avec les entreprises. Un traiteur B2B peut avoir déjà payé presque tous ses coûts alors que plusieurs factures restent à encaisser.
Les acomptes réduisent énormément ce risque, mais ils ne le suppriment pas. Deux événements importants le même week-end peuvent demander plusieurs milliers d’euros d’achats et de personnel en quelques jours.
Pour une petite activité solo avec très peu de charges fixes, conserver 5 000 à 10 000 € après les premiers achats nous paraît beaucoup plus sain que terminer l’installation avec quelques centaines d’euros sur le compte.
Pour une structure avec laboratoire, véhicule et salariés, 10 000 € deviennent rapidement insuffisants. Nous chercherions plutôt à conserver deux à trois mois de dépenses fixes, plus de quoi préfinancer les événements déjà signés.
Autrement dit, un budget de 40 000 € ne veut pas dire qu’il faut acheter 40 000 € de matériel. Dépenser 25 000 € et conserver 15 000 € disponibles peut donner un bien meilleur départ.
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Alors, quel budget faut-il vraiment prévoir pour ouvrir un traiteur aujourd’hui ?
Aujourd’hui, nous prévoirions environ 10 000 à 20 000 € pour un traiteur solo très léger, 20 000 à 40 000 € pour commencer avec davantage de matériel et de volume, puis 50 000 à 100 000 € ou plus dès que nous voulons notre propre laboratoire bien équipé.
Le bas de la fourchette fonctionne parce qu’il est désormais possible de louer une vraie cuisine professionnelle pour quelques dizaines d’euros de l’heure. Nous pouvons également louer véhicule, vaisselle et mobilier lorsqu’une prestation le demande.
À l’autre extrême, quelques achats suffisent à comprendre comment nous dépassons rapidement 50 000 €. Un four mixte peut prendre 5 000 à 10 000 €, une cellule environ 3 000 €, le reste du froid plusieurs milliers d’euros et le petit matériel encore quelques milliers. Il faut ensuite ajouter le local, d’éventuels travaux, le transport et la trésorerie.
Le personnel pèse également plus lourd aujourd’hui. Comme nous l’avons vu plus haut, le Smic brut horaire est passé à 12,31 €, et les grandes prestations consomment parfois plusieurs dizaines d’heures de travail en une seule journée.
Le modèle qui nous paraît le plus solide pour un premier lancement reste donc assez léger : cuisine louée, équipement mobile en propre, locations ponctuelles pour les événements et beaucoup plus de trésorerie que ne le prévoient habituellement les listes de matériel trouvées en ligne.
Nous achèterions ensuite ce que les commandes rendent vraiment récurrent. Un four, un véhicule ou 200 couverts deviennent intéressants lorsqu’ils travaillent souvent. Avant cela, ils prennent surtout de la place et du cash.
| Type de projet traiteur | Budget de départ que nous viserions | Ce qui explique le budget |
|---|---|---|
| Traiteur solo, cuisine partagée | 10 000 à 20 000 € | Petit matériel, transport, stock et trésorerie |
| Petit traiteur avec davantage de volume | 20 000 à 40 000 € | Plus de matériel, froid mobile et fonds de roulement |
| Petit laboratoire déjà équipé | 30 000 à 60 000 € | Dépôt, compléments de matériel et trésorerie |
| Laboratoire à équiper | 50 000 à 100 000 € | Cuisson, froid, laverie, inox et installation |
| Traiteur événementiel avec véhicule | 70 000 à 120 000 € | Laboratoire, transport et matériel de réception |
| Traiteur mariages avec équipe | 80 000 à 150 000 €+ | Forte capacité, logistique et trésorerie |
| Structure B2B avec production quotidienne | 100 000 € à plusieurs centaines de milliers | Local, équipes, véhicules, froid et gros volumes |
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à estimer les dépenses nécessaires pour lancer aujourd’hui une activité de traiteur en France sans mélanger des modèles qui n’ont rien à voir entre eux. Nous distinguons donc le traiteur solo qui loue une cuisine professionnelle, le petit traiteur qui possède davantage de matériel, le laboratoire propre et les structures événementielles ou B2B plus lourdes.
Nous avons séparé les postes qui changent réellement l’équation : production, cuisson, froid, transport, matériel de réception, matières premières, personnel, obligations sanitaires et trésorerie. Le but n’était pas de fabriquer un « budget moyen », mais de voir quels coûts sont fixes, lesquels suivent les commandes et lesquels peuvent être loués ou mutualisés au démarrage.
Les besoins de capacité sont évalués à partir des pics d’activité autant que de la semaine moyenne. C’est particulièrement important pour le froid, le transport, la vaisselle et le personnel : une grosse réception peut imposer beaucoup plus de capacité qu’une semaine normale, même si elle ne se produit que quelques fois par mois.
Pour les obligations sanitaires et administratives, nous avons privilégié Service-Public, le ministère de l’Agriculture et Légifrance. Pour le coût salarial minimum, nous nous appuyons sur l’Urssaf. Pour l’évolution récente des prix dans la restauration et le transport, nous utilisons les dernières publications de l’Insee.
Les prix de matériel sont des ordres de grandeur tirés de fabricants et distributeurs professionnels, notamment Unox, UGAP et METRO. Les cuisines partagées sont utilisées comme points de comparaison pour mesurer le coût d’un modèle léger, à partir de tarifs directement publiés à Lyon et à Paris. Les solutions de location de véhicules et de matériel de réception servent à tester l’alternative à l’achat.
Les budgets finaux sont reconstruits par scénario. La trésorerie est traitée comme un besoin de départ à part entière, car un traiteur peut devoir payer les matières premières, les extras, le transport ou la location avant d’avoir encaissé le solde d’une prestation. Les acomptes réduisent ce besoin, mais ne l’annulent pas.
Les principales sources utilisées sont : Service-Public sur les règles d’hygiène et les obligations applicables aux commerces alimentaires, la DRIAAF sur la déclaration de manipulation de denrées d’origine animale, le ministère de l’Agriculture sur la chaîne du froid, Légifrance sur les règles sanitaires de commerce, d’entreposage et de transport, Légifrance sur le refroidissement et la remise en température, l’Urssaf pour le Smic 2026, l’Insee pour les prix de production des services, l’Insee pour les prix à la consommation, le ministère de l’Économie sur les délais de paiement, Bpifrance Création sur le plan de trésorerie, Unox pour les fours professionnels, UGAP pour un Rational iCombi Pro six niveaux, METRO pour une cellule de refroidissement professionnelle, Location Cuisine Lyon, Location Cuisine Paris, OAFormation pour un autre signal de prix à Lyon, Petit Forestier pour la location de véhicules frigorifiques et Options pour la location de vaisselle, mobilier et matériel de réception.