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Laverie automatique : combien de cycles faut-il ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026
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EN RÉSUMÉ

Pour une petite laverie automatique classique en France, nous testerions sérieusement le projet autour de 20 lavages payés par jour et nous préférerions voir un potentiel crédible de 25 à 30 lavages quotidiens.

Le nombre de cycles n'est pourtant pas un seuil de rentabilité universel. Deux laveries qui réalisent 20 lavages par jour peuvent avoir des résultats complètement différents selon leur loyer, leur dette, leur panier moyen et la part du séchage.

Autour de 10 lavages par jour, une création classique paraît généralement trop juste. Ce volume peut fonctionner avec un local très peu coûteux et peu de dette, mais il laisse peu de marge dès que plusieurs machines doivent être financées.

Le passage de 20 à 30 lavages change beaucoup plus l'économie du commerce qu'il n'y paraît. Une partie importante des coûts reste fixe, si bien que les dix lavages supplémentaires contribuent davantage à la marge que les premiers.

Le nombre de machines compte presque autant que le trafic. Vingt lavages répartis sur quatre laveuses donnent cinq rotations par machine ; les mêmes vingt lavages avec huit laveuses n'en donnent plus que 2,5.

Il faut aussi éviter de comparer les machines uniquement par leurs rotations. Une 18 kg facturée autour de 10 € peut générer autant de chiffre d'affaires avec trois utilisations qu'une petite machine à 5 € utilisée six fois.

Le séchage peut faire baisser sensiblement le nombre de lavages nécessaires pour atteindre l'équilibre. Un client à 5 € qui ajoute 3 € de séchage augmente son panier de 60 % sans ajouter un lavage supplémentaire.

Le vrai danger est souvent le poids des charges fixes. Dans un scénario où chaque passage laisse 5,50 € pour les couvrir, 12 000 € de coûts fixes annuels supplémentaires ajoutent presque six lavages quotidiens au point mort.

Une moyenne quotidienne correcte peut également masquer un parc mal dimensionné. Une laverie peu occupée le matin peut manquer de machines pendant deux heures le soir ; c'est donc le trafic par heure et par machine qu'il faut regarder avant d'ajouter du matériel.

Au fond, le chiffre décisif n'est pas « 20 » ou « 30 » cycles. C'est l'écart entre le nombre de lavages nécessaires pour payer les charges et le nombre que l'emplacement peut raisonnablement produire : plus cet écart est large, plus le projet dispose d'une vraie marge de sécurité.

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Quand on demande combien de cycles il faut dans une laverie, qu’est-ce qu’on doit vraiment compter ?

Pour une laverie automatique, nous devons d’abord compter les lavages payés par jour, puis regarder combien de fois chaque laveuse tourne.

Le mot « cycle » crée facilement de la confusion. Un client peut lancer une machine à laver puis payer deux ou trois tranches de séchage. Si nous additionnons tous ces démarrages, nous pouvons afficher beaucoup de cycles alors que le nombre de clients reste faible.

Les lavages donnent donc le repère le plus propre pour estimer la fréquentation. Ensuite, nous regardons les rotations par laveuse. Une laverie qui réalise 24 lavages quotidiens avec quatre laveuses atteint six rotations par machine. Avec huit laveuses, le même trafic ne représente plus que trois rotations.

Le séchage doit rester à part, car son fonctionnement commercial est différent. À Bordeaux, Mousse & Go facture actuellement 1,30 € les huit minutes de séchage. À Biscarrosse, une laverie Wash’n Dry affiche 1,80 € les dix minutes et 2,80 € les quinze minutes. Un même client peut donc déclencher plusieurs paiements sans générer plusieurs lavages.

Pour la suite, quand nous parlons de 20 ou 30 cycles par jour, nous parlons surtout de 20 ou 30 lavages payés.

Existe-t-il aujourd’hui un nombre de lavages par jour qui garantit qu’une laverie est rentable ?

Non. Aucun nombre de lavages par jour ne garantit à lui seul la rentabilité d’une laverie automatique en France.

Bpifrance Création le rappelle dans sa fiche consacrée aux laveries libre-service : le seuil dépend du prix des prestations, du coût des machines, du loyer, de l’énergie, de la maintenance, des frais financiers et de l’amplitude d’ouverture. Son dossier sectoriel récemment actualisé conserve d’ailleurs cette approche plutôt que de publier un nombre national de cycles à atteindre.

Les rares exemples chiffrés disponibles montrent pourquoi.

Propulse by CA construit actuellement son exemple de rentabilité autour d’une grande laverie accueillant 30 clients par jour avec un panier moyen de 8 €. Cela produit 87 600 € de chiffre d’affaires annuel. Avec 60 000 € de charges, amortissements compris, Propulse calcule un seuil de rentabilité de 58 679 €.

À panier identique, 58 679 € correspondent à environ 7 335 passages annuels, soit un peu plus de 20 passages par jour.

Nous avons aussi retrouvé un ancien business plan Wash’n Dry reproduit dans une décision de la Cour de cassation. Le projet prévoyait environ 20 à 21 lavages quotidiens et situait son seuil de rentabilité à seulement 12 lavages par jour. Ce dossier est trop ancien pour servir de benchmark tarifaire aujourd’hui, mais il reste utile pour une chose : il montre à quel point le point mort change avec les charges du projet.

Nous avons donc déjà une première fourchette crédible. Une laverie légère peut parfois survivre autour d’une douzaine de lavages quotidiens, alors qu’un établissement avec davantage de charges peut avoir besoin d’environ 20 passages avant d’atteindre l’équilibre.

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Est-ce que 10 lavages par jour peuvent suffire pour une laverie automatique ?

Pour une laverie commerciale classique avec un vrai loyer et plusieurs machines à financer, 10 lavages par jour nous paraissent trop faibles.

Regardons ce que valent réellement dix lavages. Les prix affichés ces jours-ci donnent un bon ordre de grandeur : 3,80 € pour une 8 kg à la laverie Choulans à Lyon, 5 € chez Mousse & Go à Bordeaux et à Biscarrosse, ou encore 5 € chez Bemma à Toulon. Pour les 18 kg, nous trouvons plutôt 9 à 11 €.

Prenons un mix simple avec 80 % de lavages à 5 € et 20 % de lavages à 9,50 €. Le prix moyen ressort à 5,90 €.

Dix lavages quotidiens génèrent alors environ 21 500 € de chiffre d’affaires annuel sur le lavage. Le séchage et les consommables ajouteraient du revenu, mais la base reste étroite une fois qu’il faut payer un local, les machines, l’entretien, l’assurance, les abonnements et les réparations.

Nous garderions donc 10 lavages par jour uniquement pour un modèle très léger : petit parc, local peu coûteux, dette faible ou activité intégrée à un autre commerce. Pour une laverie créée de zéro, baser le projet sur ce volume laisse très peu de marge d’erreur.

Est-ce que 20 lavages par jour suffisent pour gagner de l’argent avec une laverie ?

Autour de 20 lavages par jour, une petite laverie peut commencer à atteindre son point mort, mais nous sommes encore loin d’une rentabilité garantie.

Avec notre mix indicatif de 5,90 € par lavage, 20 lavages quotidiens produisent environ 43 100 € de chiffre d’affaires annuel sur les laveuses.

Il faut ensuite ajouter le séchage. Chez Mousse & Go, par exemple, une machine de 8 kg est actuellement facturée 5 €, puis le séchage coûte 1,30 € par tranche de huit minutes. La laverie indique elle-même qu’une lessive complète revient autour de 7 €. À Biscarrosse, le lavage 8 kg coûte également 5 €, tandis que dix minutes de séchage valent 1,80 €.

Ces quelques euros supplémentaires par client changent rapidement le point mort.

L’exemple de Propulse permet de mesurer l’ordre de grandeur. Son panier complet est de 8 € et son seuil de rentabilité de 58 679 €. Cela demande environ 20 passages quotidiens à panier constant.

Nous considérerions donc 20 lavages par jour comme un niveau sérieux à tester dans un business plan. Un projet qui fonctionne déjà à ce trafic peut être intéressant. Un projet qui reste lourdement déficitaire à 20 lavages devra justifier de manière très solide pourquoi il en fera rapidement 30 ou 40.

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Est-ce que 30 lavages par jour rendent une laverie vraiment intéressante ?

À 30 lavages par jour, l’économie d’une petite laverie devient nettement plus convaincante, surtout si le loyer et la dette restent raisonnables.

Le passage de 20 à 30 lavages apporte 3 650 lavages supplémentaires par an. Avec notre prix moyen indicatif de 5,90 €, cela représente environ 21 500 € de chiffre d’affaires de lavage en plus.

Une bonne partie des coûts d’une laverie ne progresse pas au même rythme. Le loyer ne monte pas parce qu’un trentième client entre dans le local. L’assurance et l’abonnement comptable non plus. Les cycles supplémentaires consomment bien de l’eau, de l’énergie et des produits et accélèrent l’usure, mais ils contribuent davantage à couvrir les coûts déjà engagés.

C’est également ce que laisse voir le scénario de Propulse. Avec 30 clients par jour et 8 € de panier, le chiffre d’affaires atteint 87 600 €. Le seuil calculé est de 58 679 €. La différence est suffisamment large pour que l’établissement ne dépende plus d’un ou deux clients quotidiens pour franchir son point mort.

Pour un projet classique de petite taille, 25 à 30 lavages quotidiens nous semblent donc beaucoup plus rassurants que 15 à 20.

Lavages par jour Lavages par an CA lavage à 5,90 €
10 3 650 21 535 €
20 7 300 43 070 €
25 9 125 53 838 €
30 10 950 64 605 €
40 14 600 86 140 €
50 18 250 107 675 €

Combien de fois chaque machine doit-elle tourner par jour ?

Avec un parc correctement dimensionné, nous chercherions généralement à voir plusieurs rotations quotidiennes sur les petites laveuses plutôt qu’une batterie de machines qui ne tourne presque jamais.

Le nombre absolu de lavages ne raconte qu’une partie de l’histoire. Une laverie réalisant 20 lavages avec quatre laveuses tourne en moyenne cinq fois par machine. Avec huit laveuses, elle tombe à 2,5.

Nous devons cependant éviter un raccourci fréquent : quatre rotations par machine n’est pas un seuil officiel de rentabilité.

Electrolux Professional donne actuellement un repère intéressant pour ses appareils semi-professionnels. La myPRO Go, qui peut être équipée d’un système de paiement et servir en libre-service, est présentée pour une utilisation allant jusqu’à quatre cycles par jour. La myPRO XL monte à cinq à sept cycles quotidiens. Il s’agit de niveaux d’utilisation prévus pour ces gammes, pas d’objectifs financiers pour une laverie commerciale.

Le chiffre reste utile parce qu’il donne une idée de l’intensité que représentent quatre, cinq ou sept rotations quotidiennes.

Nombre de laveuses 20 lavages/jour 30 lavages/jour 40 lavages/jour
4 5,0 rotations 7,5 rotations 10,0 rotations
5 4,0 rotations 6,0 rotations 8,0 rotations
6 3,3 rotations 5,0 rotations 6,7 rotations
8 2,5 rotations 3,8 rotations 5,0 rotations
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Est-ce qu’une laverie peut avoir trop de machines ?

Oui. Une laverie peut parfaitement être suréquipée, et le problème coûte cher parce que chaque machine supplémentaire immobilise du capital sans créer de clients.

Prenons 25 lavages par jour. Avec cinq laveuses, nous obtenons cinq rotations moyennes. Avec huit, seulement 3,1.

Les trois machines supplémentaires peuvent avoir une vraie utilité si elles absorbent les heures de pointe ou proposent des capacités différentes. Elles deviennent beaucoup moins intéressantes si elles restent simplement vides une grande partie de la semaine.

Il faut aussi regarder le mix des capacités. Une 18 kg n’a aucune raison de tourner autant qu’une 8 kg. Elle répond davantage aux couettes et aux gros volumes et facture en échange beaucoup plus cher. Aujourd’hui, la 18 kg coûte 10 € chez Mousse & Go, 9,50 € à Biscarrosse, 9,90 € à Lyon Choulans et 11 € chez Bemma à Toulon.

Trois cycles à 10 € donnent le même chiffre d’affaires lavage que six cycles à 5 €. Une grande machine qui tourne moins peut donc parfaitement mériter sa place.

Nous préférons juger chaque machine avec deux données côte à côte : son nombre de rotations et son chiffre d’affaires. Les rotations seules pénaliseraient injustement les grandes capacités.

Est-ce que le prix du lavage peut compenser un manque de cycles ?

Oui, quelques euros supplémentaires sur le panier peuvent remplacer plusieurs lavages par jour et changer fortement la rentabilité d’une laverie.

Les tarifs actuellement visibles en France montrent déjà un écart important. À Lyon Choulans, la 8 kg est affichée à 3,80 €. Chez Mousse & Go à Bordeaux, elle vaut 5 €. Bemma à Toulon demande également 5 €, avec lessive et adoucissant inclus.

Les grandes capacités creusent encore l’écart : 9 € pour une 18 kg chez Wash’n Dry Cannes, 9,50 € à Biscarrosse, 10 € chez Mousse & Go et 11 € chez Bemma.

Supposons maintenant qu’une laverie réalise 25 lavages par jour. Avec 5 € encaissés en moyenne, nous obtenons 45 625 € par an. Avec 7 € de panier moyen, nous passons à 63 875 €. À fréquentation identique, l’écart approche 18 300 € par an.

Cela explique pourquoi « combien de cycles ? » n’a jamais une réponse totalement indépendante du prix.

Passages par jour Panier de 5 € Panier de 7 € Panier de 9 €
15 27 375 € 38 325 € 49 275 €
20 36 500 € 51 100 € 65 700 €
25 45 625 € 63 875 € 82 125 €
30 54 750 € 76 650 € 98 550 €
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Le séchage peut-il vraiment faire baisser le nombre de lavages nécessaires ?

Oui. Dans une laverie où beaucoup de clients utilisent les séchoirs, le revenu de séchage peut faire baisser sensiblement le trafic nécessaire pour couvrir les charges.

Les prix actuels montrent que ce complément est loin d’être anecdotique. Mousse & Go demande 1,30 € par huit minutes. Wash’n Dry Cannes facture 1 € les neuf minutes. À Biscarrosse, nous trouvons 1,80 € pour dix minutes et 2,80 € pour quinze minutes. Bemma facture 1,50 € les dix minutes.

Prenons un client qui paie 5 € son lavage et ajoute deux tranches de séchage à 1,50 €. Son passage vaut 8 €, soit 60 % de plus que le lavage seul.

C’est justement le panier retenu dans l’exemple actuel de Propulse : 8 € par client pour le lavage, le séchage et les produits.

Une laverie réalisant 20 lavages par jour avec un panier total autour de 8 € peut donc générer davantage qu’une laverie réalisant 25 lavages à 5 € sans presque aucune vente supplémentaire.

Pour mesurer la performance du commerce, nous suivrions donc le nombre de lavages et le panier moyen dans la même ligne du tableau de bord.

Le loyer peut-il ajouter cinq ou dix lavages au seuil de rentabilité ?

Oui. Quelques centaines d’euros de charges fixes supplémentaires par mois peuvent ajouter plusieurs lavages quotidiens au point mort.

La mécanique est assez simple pour que nous puissions la tester directement.

Supposons qu’après l’eau, l’énergie, les produits, les frais de paiement et les autres coûts liés au passage d’un client, chaque lavage laisse 5,50 € pour payer les coûts fixes. Ce chiffre de 5,50 € sert uniquement à illustrer le calcul ; nous ne le présentons pas comme une moyenne française.

Avec 24 000 € de coûts fixes annuels, il faut environ 12 lavages quotidiens. Avec 36 000 €, le chiffre approche 18. À 48 000 €, nous arrivons autour de 24.

Douze mille euros de coûts fixes supplémentaires représentent donc presque six lavages de plus chaque jour dans ce scénario.

Voilà pourquoi comparer le nombre de cycles de deux laveries sans connaître leur loyer et leur financement apporte peu d’information.

Coûts fixes annuels Contribution par lavage Lavages nécessaires par jour
24 000 € 5,50 € 12,0
36 000 € 5,50 € 17,9
48 000 € 5,50 € 23,9
60 000 € 5,50 € 29,9
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Est-ce que les factures d’eau et d’électricité peuvent faire rater le seuil ?

Oui, surtout sur un parc ancien ou mal réglé, mais nous regarderions d’abord le loyer, la dette et le niveau de chiffre d’affaires avant d’accuser l’eau ou l’électricité.

Bpifrance inclut bien l’énergie, la maintenance et les consommables dans les charges à mesurer pour une laverie. La hausse du volume augmente ces coûts : 30 lavages consomment évidemment davantage que 15.

Mais plusieurs coûts importants existent même pendant une journée calme. Le bail continue, les mensualités des machines continuent, l’assurance continue et une partie des contrats d’entretien ou de gestion reste identique.

Cette différence rend les cycles supplémentaires particulièrement précieux lorsque la laverie approche de son point mort.

Nous éviterions toutefois d’utiliser une « consommation moyenne par cycle » universelle dans le prévisionnel. Les consommations changent avec la capacité de la machine, son âge, le programme utilisé, la température, l’alimentation en eau chaude et le niveau de remplissage. Pour un vrai projet, les fiches techniques des machines choisies donnent une base beaucoup plus sérieuse qu’une moyenne trouvée sur internet.

Faut-il regarder la moyenne de la journée ou les heures où la laverie est pleine ?

La moyenne quotidienne permet de savoir si la laverie gagne de l’argent, tandis que les heures de pointe montrent si le parc est suffisamment grand pour ne pas refuser des clients.

Imaginons cinq laveuses qui réalisent 25 lavages par jour. Une moyenne de cinq rotations par machine paraît confortable. Pourtant, si quinze de ces lavages arrivent entre 18 h et 21 h, l’établissement peut avoir des files d’attente alors que plusieurs machines restent inutilisées le matin.

À l’inverse, ajouter trois laveuses uniquement pour absorber deux heures très chargées peut faire chuter la rotation moyenne et immobiliser beaucoup d’argent.

Les équipements et centrales de paiement actuels rendent ce suivi plus facile qu’auparavant. La digitalisation est justement l’une des évolutions mises en avant dans le dernier dossier sectoriel de Bpifrance Création sur les laveries automatiques.

Pour une laverie déjà ouverte, nous voudrions voir les données par machine et par heure avant d’acheter du matériel supplémentaire. Pour une reprise, ce sont aussi des données très utiles à demander au vendeur.

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Combien de lavages par jour faut-il prévoir au démarrage ?

Une nouvelle laverie devrait pouvoir survivre avec nettement moins de lavages que son objectif de croisière, parce que partir immédiatement à 25 ou 30 passages quotidiens serait une hypothèse agressive.

Prenons un projet dont le point mort se situe à 20 lavages par jour. Si l’ouverture ne produit que 12 lavages pendant plusieurs semaines, nous avons huit lavages manquants quotidiennement. À une contribution de quelques euros par passage, le déficit s’accumule vite.

Le risque devient beaucoup plus faible si le point mort est à 15 et que l’étude de marché laisse raisonnablement espérer 25 passages une fois l’activité installée.

Nous construirions donc le prévisionnel avec une vraie montée en charge. Les premiers mois doivent montrer ce qui se passe avec une fréquentation faible, puis moyenne, puis normale. Une prévision annuelle qui applique directement le volume de croisière aux 365 premiers jours embellit artificiellement le projet.

C’est aussi là que la trésorerie de départ prend tout son sens. Une laverie peut avoir de bonnes économies à maturité et manquer malgré tout de cash avant d’y arriver.

Peut-on vraiment prévoir si un emplacement fera 20 ou 30 lavages par jour ?

Nous ne pouvons jamais prévoir exactement les lavages d’une future laverie, mais une bonne étude locale doit au moins montrer pourquoi 20 ou 30 passages sont plausibles.

Un exemple ancien repris dans l’arrêt de la Cour de cassation permet de voir comment ce raisonnement peut être construit. L’étude Wash’n Dry partait d’une zone de chalandise d’environ 3 000 habitants, soit 1 200 ménages. Elle retenait un taux de ménages non équipés de lave-linge de 15 %, intégrait un concurrent existant, supposait deux lavages par foyer et une part de marché de 50 %. Le résultat arrivait à environ 7 488 lavages par an, soit 20 à 21 par jour.

Nous ne reprendrions évidemment pas aujourd’hui les hypothèses démographiques de ce dossier telles quelles. Le document remonte à plus d’une décennie et les comportements, l’équipement des foyers et les prix ont évolué.

Sa logique reste cependant valable. Nous partons du quartier, de ses habitants, des logements, des concurrents, des résidences étudiantes, des touristes éventuels, de l’accessibilité et des grosses machines déjà disponibles à proximité. Ensuite, nous vérifions si cette demande peut dépasser le point mort du projet.

Si le business plan a besoin de 30 lavages par jour mais que personne ne peut expliquer clairement d’où viendront ces 30 paniers de linge, nous avons déjà trouvé le principal problème du dossier.

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Est-ce que 50 lavages par jour sont réalistes pour une petite laverie ?

Cinquante lavages par jour sont possibles, mais nous parlerions déjà d’une petite laverie très fréquentée plutôt que d’un niveau normal à mettre au centre d’un prévisionnel.

Avec cinq laveuses, cinquante lavages représentent dix rotations quotidiennes par machine en moyenne. Avec huit laveuses, nous sommes encore à 6,25.

À notre tarif illustratif de 5,90 €, cinquante lavages quotidiens produisent près de 108 000 € de chiffre d’affaires annuel sur le lavage. Le séchage peut encore augmenter le total.

À cette intensité, la question du matériel devient beaucoup plus sérieuse. Electrolux présente aujourd’hui sa myPRO Go pour un maximum de quatre cycles quotidiens et sa myPRO XL pour cinq à sept. Ses gammes réellement professionnelles vont beaucoup plus loin en robustesse ; un document technique de la marque comparait notamment 7 500 cycles pour myPRO, 15 000 pour myPRO XL et jusqu’à 30 000 pour des solutions professionnelles.

Un commerce visant régulièrement 50 lavages par jour doit donc être pensé dès le départ comme une exploitation intensive. Les machines, le nombre de séchoirs, la maintenance et la capacité à absorber les pics doivent suivre.

Nous demanderions des preuves locales solides avant de mettre 50 lavages quotidiens dans le scénario central d’une création.

Quels chiffres faut-il regarder chaque semaine pour savoir si la laverie marche vraiment ?

Pour savoir si une laverie automatique marche vraiment, nous regarderions chaque semaine les lavages par machine, le chiffre d’affaires par machine et le panier moyen par client.

Ces trois chiffres répondent à des problèmes différents.

Si toutes les machines tournent peu, le trafic pose probablement problème. Si les petites machines sont pleines et les grandes presque jamais utilisées, le mix du parc mérite d’être revu. Si la fréquentation est correcte mais que le chiffre d’affaires reste faible, il faut regarder le tarif, le séchage et les ventes complémentaires.

Prenons une 8 kg vendue 5 € et utilisée six fois dans la journée. Elle génère 30 €. Une 18 kg à 10 € atteint le même montant avec seulement trois utilisations. Le nombre de cycles placerait la petite machine très loin devant alors que leur production de chiffre d’affaires est identique.

Nous ajouterions ensuite la fréquentation par tranche horaire et le ratio entre chiffre d’affaires de séchage et chiffre d’affaires de lavage. Ces données permettent de voir beaucoup plus vite ce qui fonctionne que le seul chiffre d’affaires mensuel.

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Alors, combien de cycles faut-il vraiment pour une laverie automatique rentable ?

Pour une petite laverie automatique classique en France, nous testerions sérieusement le projet autour de 20 lavages par jour et nous préférerions voir un potentiel crédible de 25 à 30 lavages quotidiens.

Voilà la réponse la plus utile que nous pouvons tirer des données disponibles aujourd’hui.

Autour de 10 lavages par jour, une laverie créée de zéro nous paraît généralement trop juste, sauf coûts fixes exceptionnellement faibles. Une douzaine de lavages a déjà suffi dans certains modèles historiques, mais nous ne bâtirions pas un nouveau projet sur l’idée que ce sera forcément le cas.

Entre 15 et 20 lavages quotidiens, tout dépend du loyer, de la dette et du panier. Le récent exemple Propulse est particulièrement parlant : avec un panier de 8 €, son seuil de rentabilité revient à un peu plus de 20 passages par jour.

À 25 ou 30 lavages, la situation devient plus confortable pour beaucoup de petits formats parce que les charges fixes sont réparties sur davantage de clients. Avec cinq laveuses, 25 lavages correspondent à cinq rotations quotidiennes par machine et 30 à six rotations. Cela commence à ressembler à un parc réellement utilisé.

Nous ne transformerions cependant pas 30 en nouvelle règle magique. Un local très cher peut demander davantage. Une petite laverie achetée sans dette et exploitée dans un local peu coûteux peut gagner de l’argent bien avant.

Le calcul décisif reste celui-ci : nous déterminons combien chaque client laisse réellement après les coûts directement liés à son passage, puis nous divisons les charges fixes annuelles par cette contribution. Nous obtenons ainsi le nombre de passages nécessaires pour atteindre le point mort.

Ensuite vient la question qui décide réellement si le projet tient : le quartier peut-il fournir ce trafic sans hypothèse héroïque ?

Si la laverie doit faire 28 lavages chaque jour pour survivre alors que l’étude locale en justifie difficilement 25, nous laisserions passer le projet. Si elle couvre ses charges autour de 16 à 18 lavages et que l’emplacement peut raisonnablement en produire 25 ou davantage, le dossier devient beaucoup plus intéressant.

Pour nous, c’est donc l’écart entre les lavages nécessaires et les lavages réalistes qui donne la vraie marge de sécurité d’une laverie.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Il n’existe pas, en France, de nombre officiel de cycles garantissant la rentabilité d’une laverie automatique. Nous avons donc décomposé la question en plusieurs dimensions : nombre de lavages, panier moyen, structure de coûts, rotations par machine, capacités du parc, revenus de séchage, montée en charge et potentiel réel de l’emplacement.

Nous avons privilégié les sources institutionnelles et sectorielles françaises pour cadrer l’économie d’une laverie, puis les tarifs effectivement affichés par des établissements en activité pour tester les niveaux de revenus. Les données techniques des fabricants servent uniquement à apprécier l’intensité d’utilisation des équipements, pas à fixer un seuil financier.

Cette méthode permet de séparer trois niveaux souvent mélangés : le trafic nécessaire pour atteindre le point mort, le trafic qui rend l’exploitation suffisamment confortable et le trafic que l’emplacement peut réellement produire. Notre fourchette finale vient de la confrontation de ces trois niveaux, et non d’un benchmark unique.

L’exemple historique Wash’n Dry repris dans une décision de la Cour de cassation est utilisé uniquement pour observer la mécanique d’un calcul de zone de chalandise et de seuil de rentabilité. Ses anciennes hypothèses démographiques et tarifaires ne sont pas transposées au marché actuel.

Les principaux repères économiques viennent de Bpifrance Création et son dossier sur les laveries automatiques en libre-service, de sa fiche consacrée à l’activité de laverie libre-service, de Propulse by CA pour son exemple chiffré de rentabilité et de la décision de la Cour de cassation reproduisant l’ancien business plan Wash’n Dry.

Pour les rotations et la robustesse du matériel, nous avons utilisé les informations publiées par Electrolux Professional sur myPRO Go, myPRO XL et ses différentes gammes professionnelles.

Enfin, les prix actuellement pratiqués ont été contrôlés à partir de laveries en exploitation, notamment Mousse & Go à Bordeaux, Wash’n Dry à Biscarrosse, Wash’n Dry à Cannes, Laverie Choulans à Lyon et Bemma à Toulon. Ces tarifs servent à construire des ordres de grandeur actuels pour le lavage et le séchage, pas à présenter une moyenne nationale.

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