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EN RÉSUMÉ
Pour une laverie automatique en France, l’eau et l’électricité coûtent assez cher pour rogner plusieurs points de marge, mais ce n’est généralement pas le lavage qui fait exploser la facture : c’est surtout le séchage électrique.
Sur des machines professionnelles récentes, l’eau reste étonnamment peu coûteuse à l’échelle d’un cycle. Avec un prix moyen de 4,89 €/m³, un lavage peut consommer seulement quelques dizaines de centimes d’eau, même sur une machine de grande capacité.
L’électricité du lave-linge reste elle aussi souvent contenue. Dans nos exemples techniques, un cycle de 8 à 20 kg représente grosso modo quelques dizaines de centimes à moins d’un euro d’électricité selon le prix du kWh.
Le vrai changement d’échelle arrive avec le sèche-linge. Un seul passage peut consommer trois à cinq fois plus d’électricité que le lavage qui le précède, ce qui explique pourquoi le choix du séchage pèse davantage que quelques litres économisés sur le lavage.
Pour une petite laverie autour de 20 lavages par jour, un budget voisin de 900 à 1 100 € par mois pour les fluides et les petites consommations annexes est crédible si une grande partie des clients utilise aussi les séchoirs électriques.
À fréquentation identique, deux laveries peuvent pourtant avoir plusieurs milliers d’euros d’écart sur l’année simplement à cause du prix local de l’eau ou du contrat électrique. Une moyenne nationale donne l’ordre de grandeur, pas le vrai coût du local.
En proportion du chiffre d’affaires, une laverie récente avec beaucoup de séchage électrique peut consacrer autour de 15 à 20 % de ses ventes aux fluides. Une hausse de 10 % de ces charges ne détruit pas le modèle, mais elle peut enlever près de deux points de marge dans un scénario courant.
Les grosses machines ne sont pas forcément inefficaces : leur consommation d’eau par kilo reste assez proche de celle des petites lorsqu’elles sont bien remplies. Le problème commence surtout lorsqu’une grosse capacité tourne régulièrement à moitié vide.
Un bon essorage peut être plus rentable qu’une chasse obsessionnelle aux litres d’eau. Retirer deux kilowattheures de séchage peut économiser environ huit fois plus que dix litres d’eau sur un cycle.
Pour une reprise, les factures réelles valent plus que les brochures. Les douze derniers mois d’eau et d’énergie, croisés avec le nombre de cycles et le chiffre d’affaires de la centrale de paiement, permettent de voir très vite si l’installation est vraiment sobre ou simplement présentée comme telle.
Le bon business plan ne part donc pas d’un « coût moyen de laverie ». Il remplace progressivement les hypothèses génériques par quatre données concrètes : le tarif eau + assainissement de la commune, l’offre électrique du local, les consommations des machines prévues et le nombre réaliste de cycles quotidiens.
Pourquoi l’eau et l’électricité comptent-elles autant dans la rentabilité d’une laverie aujourd’hui ?
Pour une laverie automatique en France, l’eau et surtout l’énergie restent assez chères pour prendre plusieurs points de marge, même après l’accalmie qui a suivi la crise énergétique.
Le contexte a encore évolué récemment. Les dernières données publiées par Eaufrance et l’Office français de la biodiversité placent le prix moyen national de l’eau potable et de l’assainissement à 4,89 €/m³ TTC. Il était de 4,69 € un an auparavant, 4,00 € quelques années plus tôt et 3,66 € quinze ans auparavant. La hausse est profonde : le prix moyen a progressé d’environ un tiers sur cette période.
Côté électricité, les prix professionnels sont redescendus par rapport aux sommets de la crise, puis ont connu de nouveaux ajustements. EDF indique que le Tarif Bleu non résidentiel, accessible sous conditions aux sites alimentés en basse tension jusqu’à 36 kVA, vient d’augmenter de 2,93 % HT en moyenne. Les laveries nécessitant plus de puissance passent dans d’autres catégories tarifaires et leur prix dépend davantage du contrat souscrit.
Pour un futur exploitant, la règle est simple : les chiffres trouvés sur un forum ou dans un ancien business plan vieillissent vite. L’eau monte lentement mais régulièrement, tandis que l’électricité peut bouger beaucoup plus brutalement.
Combien coûte l’eau pour faire un lavage en laverie ?
Sur une machine professionnelle récente, l’eau coûte souvent entre 0,20 et 0,60 € par lavage selon la capacité de la machine.
Prenons des machines Electrolux Professional de la gamme WH6 pour avoir une base technique homogène. Le constructeur indique environ 49 litres d’eau sur le programme ECO 60 °C d’une WH6-8 de 8 kg, 91 litres pour la WH6-14 de 14 kg et 123 litres pour la WH6-20 de 20 kg.
Au prix moyen national de 4,89 €/m³ publié par Eaufrance, 49 litres reviennent à environ 0,24 €, 91 litres à 0,45 € et 123 litres à 0,60 €.
Le résultat surprend souvent quand on monte un prévisionnel pour la première fois. Même une machine de 20 kg ne consomme ici qu’une soixantaine de centimes d’eau par cycle. Une économie de 10 litres sur un lavage représente environ cinq centimes avec le prix moyen français.
Il faut évidemment remplacer les 4,89 €/m³ par le tarif de la commune étudiée avant de signer un local. La moyenne nationale sert surtout à connaître le bon ordre de grandeur.
| Capacité du lave-linge | Eau par cycle de référence | Coût avec une eau à 4,89 €/m³ |
|---|---|---|
| 8 kg | ~49 L | ~0,24 € |
| 14 kg | ~91 L | ~0,45 € |
| 20 kg | ~123 L | ~0,60 € |
Combien coûte l’électricité pour faire un lavage en laverie ?
Un lavage professionnel moderne consomme souvent assez peu d’électricité pour que son coût énergétique reste dans les dizaines de centimes.
Les fiches techniques Electrolux donnent, sur leurs conditions de test, un ordre de grandeur proche de 1,3 kWh pour une machine de 8 kg, environ 2,3 kWh pour 14 kg et autour de 3,25 kWh pour 20 kg lorsque nous additionnons les postes électriques indiqués pour le cycle concerné.
Le prix du kWh demande davantage de prudence. Une petite entreprise éligible au Tarif Bleu non résidentiel peut se retrouver sous les 0,20 €/kWh HT pour sa consommation variable selon l’option et les taxes applicables, alors qu’une laverie avec une puissance supérieure, une offre de marché différente ou un ancien contrat peut payer davantage. Pour ne pas fabriquer un chiffre artificiellement précis, nous pouvons tester une fourchette de 0,16 à 0,22 €/kWh dans un prévisionnel.
À 0,18 €/kWh, nos trois machines coûtent environ 0,23 €, 0,41 € et 0,59 € d’électricité par lavage. Même en prenant 0,22 €/kWh, nous obtenons environ 0,29 €, 0,51 € et 0,72 €.
Le contrat peut donc faire varier le résultat de quelques dizaines de centimes sans transformer un lavage standard en gouffre électrique.
| Machine | Énergie de référence | Coût à 0,18 €/kWh | Coût à 0,22 €/kWh |
|---|---|---|---|
| 8 kg | ~1,30 kWh | ~0,23 € | ~0,29 € |
| 14 kg | ~2,30 kWh | ~0,41 € | ~0,51 € |
| 20 kg | ~3,25 kWh | ~0,59 € | ~0,72 € |
Combien coûtent l’eau et l’électricité ensemble pour un lavage ?
Avec des machines professionnelles récentes, nous arrivons généralement autour de 0,50 € pour un petit lavage et autour de 1,20 à 1,30 € pour une grosse capacité dans un scénario électrique prudent.
Reprenons le prix moyen français de l’eau et un kWh à 0,20 €. La machine 8 kg revient autour de 0,50 € en eau et électricité. La 14 kg tourne autour de 0,90 €. La 20 kg arrive aux environs de 1,25 €.
Ces chiffres prennent une autre dimension quand on les compare au prix payé par le client. Dans les laveries françaises, une petite machine se rencontre couramment autour de 4 à 6 €, tandis qu’une machine de 18 à 20 kg peut être facturée environ 9 à 12 € selon la ville et l’établissement.
Sur le lavage seul, les fluides absorbent donc souvent autour de 10 % du prix encaissé sur une machine récente. Cette proportion varie avec la température choisie, le tarif local de l’eau, le contrat électrique et le remplissage de la machine.
Le calcul s’arrête volontairement aux fluides. Il reste ensuite la lessive lorsqu’elle est incluse, le loyer, la maintenance, la centrale de paiement, le ménage, l’assurance, les frais bancaires et l’amortissement des équipements.
Est-ce vraiment le sèche-linge qui fait monter la facture d’électricité d’une laverie ?
Oui. Dans une laverie équipée de séchoirs électriques classiques, le séchage peut consommer plusieurs fois l’électricité utilisée par le lavage.
Un sèche-linge professionnel doit évaporer une quantité importante d’eau en peu de temps. Sur des appareils Electrolux Professional de la gamme TD6, les consommations observées dans la documentation technique atteignent plusieurs kilowattheures sur un seul passage. Un modèle d’environ 10 kg peut tourner autour de 4 kWh sur un cycle de référence, tandis que des modèles de plus grande capacité peuvent monter nettement plus haut selon la puissance et la durée.
À 0,20 €/kWh, un séchage consommant 4 kWh coûte déjà 0,80 € d’électricité. À 6 kWh, nous passons à 1,20 €. Un cycle à 9 kWh approche 1,80 €.
Comparons avec notre lave-linge de 8 kg : son cycle consommait environ 1,3 kWh. Un seul passage au sèche-linge peut donc demander trois, quatre ou cinq fois plus d’électricité que le lavage qui l’a précédé.
Dans une laverie tout électrique, c’est là qu’il faut regarder en premier. Quelques litres économisés au lavage pèsent peu face à plusieurs kilowattheures économisés au séchage.
Combien faut-il prévoir par mois pour l’eau et l’électricité d’une petite laverie ?
Une petite laverie faisant une vingtaine de lavages par jour peut facilement approcher 800 à 1 100 € de fluides par mois lorsque beaucoup de clients utilisent aussi les sèche-linge électriques.
Construisons un exemple. Imaginons 20 lavages par jour répartis entre plusieurs capacités. Avec les consommations précédentes, retenons environ 0,70 € d’eau et d’électricité par lavage en moyenne. Cela donne environ 420 € par mois.
Supposons ensuite que quatre clients sur cinq utilisent un sèche-linge et que chaque passage consomme en moyenne 5 kWh. Avec un kWh à 0,20 €, le séchage ajoute environ 480 € par mois.
Nous arrivons à environ 900 € pour les machines. Il reste quelques consommations supplémentaires : éclairage, ventilation, centrale de paiement, vidéosurveillance, box internet ou climatisation éventuelle. La facture totale peut donc se rapprocher de 1 000 €.
Avec 40 lavages quotidiens dans les mêmes conditions, l’ordre de grandeur approche naturellement les 2 000 €. Une laverie très fréquentée peut aller bien au-delà.
| Nombre de lavages par jour | Fluides machines, scénario indicatif |
|---|---|
| 12 | ~550 €/mois |
| 20 | ~900 €/mois |
| 30 | ~1 350 €/mois |
| 40 | ~1 800 €/mois |
Quelle part du chiffre d’affaires d’une laverie part dans l’eau et l’électricité ?
Une laverie récente bien exploitée peut consacrer autour de 15 à 20 % de son chiffre d’affaires aux fluides dans un scénario avec beaucoup de séchage électrique.
Reprenons nos 20 lavages quotidiens. Si les petites machines sont vendues autour de 5 €, les capacités intermédiaires autour de 7 ou 8 €, les grosses autour de 10 € et que le séchage ajoute quelques euros à une grande partie des tickets, une telle fréquentation peut produire autour de 60 000 € de chiffre d’affaires annuel selon le mix de ventes.
Une facture machines proche de 900 € par mois représente environ 10 800 € sur l’année. Nous sommes alors à 18 % d’un chiffre d’affaires de 60 000 €.
Cette proportion aide aussi à mesurer correctement le risque énergétique. Une hausse de 10 % des fluides ferait ici augmenter les charges d’environ 1 080 € par an. Rapportée au chiffre d’affaires, la perte représente environ 1,8 point.
Le poste mérite donc une vraie optimisation, surtout dans une laverie électrique très fréquentée. Il laisse malgré tout une grande partie du chiffre d’affaires disponible pour absorber le loyer, l’entretien, l’amortissement, les autres charges et, idéalement, dégager une marge.
Est-ce que l’eau coûte beaucoup plus cher dans certaines villes françaises ?
Oui. Le prix local de l’eau peut faire varier la facture annuelle d’une laverie de plusieurs milliers d’euros.
La moyenne française de 4,89 €/m³ cache des écarts importants entre territoires, parce que la production d’eau potable et l’assainissement dépendent des infrastructures locales, de la ressource disponible, de la densité et des choix des collectivités.
Les données SISPEA permettent de vérifier commune par commune le prix de l’eau potable et celui de l’assainissement. Dans certains territoires, leur somme reste autour de 4 €/m³. Ailleurs, elle dépasse largement 6 €/m³.
Prenons une laverie consommant 1 000 m³ dans l’année. À 4 €/m³, la facture atteint 4 000 €. À 6,50 €, elle atteint 6 500 €. L’écart annuel est de 2 500 € pour exactement les mêmes machines et exactement le même nombre de lavages.
Le tarif SISPEA de la commune fait donc partie des chiffres à relever pendant l’étude d’implantation. À fort volume, deux locaux avec des loyers semblables peuvent présenter des coûts d’exploitation assez différents simplement parce qu’ils se trouvent sur deux réseaux d’eau différents.
Quel prix de l’électricité faut-il mettre dans le business plan d’une laverie ?
Pour une laverie en création, nous testerions aujourd’hui plusieurs scénarios entre environ 0,16 et 0,22 €/kWh avant de remplacer cette fourchette par une offre fournisseur obtenue pour le local exact.
Le tarif dépend notamment de la puissance nécessaire. EDF maintient un Tarif Bleu non résidentiel pour certains clients professionnels éligibles alimentés en basse tension jusqu’à 36 kVA. Son barème a récemment été relevé de 2,93 % HT en moyenne.
Au-dessus de 36 kVA, la tarification change. EDF distingue notamment les puissances de 37 à 250 kVA dans la catégorie correspondant au Tarif Jaune réglementé pour les clients qui y sont éligibles. Une laverie avec plusieurs gros séchoirs électriques peut justement avoir besoin d’une puissance importante lorsque plusieurs appareils tournent en même temps.
La puissance souscrite doit donc être étudiée avec l’électricien et le fournisseur dès la conception du projet. Elle détermine une partie du coût fixe et peut aussi orienter le choix entre séchoirs électriques, gaz ou autres solutions.
Il faut également garder en tête la TVA. Une entreprise assujettie disposant du droit à déduction récupère normalement la TVA liée à ses dépenses professionnelles. Pour analyser la marge, nous travaillons donc généralement en hors taxes ; pour piloter la trésorerie, nous suivons bien les montants réellement débités sur les factures.
Les grosses machines coûtent-elles beaucoup plus cher à faire tourner ?
Une machine de 20 kg coûte davantage par cycle qu’une 8 kg, tout en conservant une consommation par kilo assez proche lorsque le tambour est bien utilisé.
Les trois machines Electrolux étudiées illustrent bien ce point. La 8 kg consomme environ 49 litres, soit 6,1 litres par kilo de capacité. La 14 kg est autour de 6,5 L/kg. La 20 kg revient autour de 6,2 L/kg.
La consommation d’eau augmente donc presque au même rythme que la capacité. Passer de 8 à 20 kg multiplie la taille de la machine par 2,5 et fait passer notre consommation de référence de 49 à 123 litres, elle aussi quasiment multipliée par 2,5.
L’économie de la grosse machine dépend surtout de son taux de remplissage et de son tarif de vente. Une 20 kg utilisée pour une couette ou une énorme charge exploite bien ses ressources. Une 20 kg qui tourne régulièrement avec huit kilos de linge devient beaucoup moins intéressante.
Remplir une laverie de très grosses machines sous prétexte qu’elles affichent un ticket plus élevé peut donc donner un mauvais résultat. Le bon parc correspond aux charges réellement apportées par les clients du quartier.
Pourquoi un bon essorage peut-il faire économiser plus que quelques litres d’eau ?
Un essorage puissant peut réduire fortement la facture totale parce qu’il raccourcit le passage au sèche-linge, qui reste le gros consommateur d’énergie d’une laverie électrique.
Les machines professionnelles utilisent souvent le facteur G pour mesurer la force d’extraction pendant l’essorage. Les WH6 Electrolux étudiées peuvent atteindre un facteur G élevé, autour de 450 selon les modèles.
Danube a publié une comparaison particulièrement parlante sur une machine professionnelle de grande capacité. Dans son test, un essorage à facteur G 500 ramène l’humidité résiduelle autour de 44 %, contre environ 65 % avec une machine à faible vitesse d’essorage. Le constructeur estime que ce niveau d’extraction peut réduire fortement le temps nécessaire au séchage.
Le calcul économique explique tout de suite l’intérêt. Dix litres d’eau économisés valent environ 0,05 € au prix moyen national. Deux kilowattheures retirés d’un séchage valent autour de 0,40 € avec un kWh à 0,20 €.
L’essorage peut donc peser beaucoup plus lourd dans la facture finale que de petites différences de consommation d’eau entre deux lave-linge.
Est-ce que des sèche-linge au gaz ou à pompe à chaleur peuvent vraiment faire baisser la facture ?
Oui, le choix de la technologie de séchage peut changer sensiblement le coût d’exploitation d’une laverie, surtout lorsque les séchoirs tournent beaucoup.
Le gaz reste disponible sur plusieurs gammes de sèche-linge professionnels précisément parce que le besoin thermique du séchage est élevé. Les statistiques nationales montrent que le coût énergétique du gaz professionnel par MWh reste généralement inférieur à celui de l’électricité, même si le résultat final dépend du contrat et du rendement de l’équipement.
Il faut ensuite compter l’installation : raccordement, extraction, ventilation, conformité, abonnement et maintenance. Le gaz devient beaucoup plus séduisant dans un local déjà adapté que dans un emplacement nécessitant des travaux lourds uniquement pour alimenter quelques séchoirs.
La pompe à chaleur suit une logique différente. Des fabricants comme Electrolux Professional proposent des solutions conçues pour réutiliser beaucoup plus efficacement la chaleur et diminuer la consommation électrique du séchage.
Pour une laverie, le temps de cycle compte autant que le nombre de kWh. Un séchoir très économe qui immobilise le tambour trop longtemps peut créer une file d’attente aux heures chargées. Nous regarderions donc deux chiffres ensemble : le coût énergétique d’un kilo de linge séché et le nombre de kilos que la machine peut traiter en une heure.
Est-ce qu’une vieille laverie peut vraiment consommer beaucoup plus qu’une laverie récente ?
Oui. Sur plusieurs milliers de cycles annuels, les écarts d’eau, d’essorage et de séchage entre générations de machines peuvent représenter plusieurs milliers d’euros.
Les fabricants professionnels ont progressivement réduit les volumes d’eau grâce au contrôle électronique des niveaux, aux programmes adaptés à la charge et aux nouvelles conceptions de cuve. Les machines Electrolux que nous avons utilisées comme référence tournent autour de 6 à 7 litres d’eau par kilo sur leurs programmes de test.
L’autre progrès important vient de l’extraction. Plus le linge ressort humide du lave-linge, plus le sèche-linge doit fournir d’énergie ensuite. Une vieille machine peut donc coûter davantage à deux endroits successifs : pendant le lavage, puis pendant le séchage.
Les chiffres publicitaires des fabricants doivent évidemment être lus avec leurs conditions de test. Une baisse annoncée de 20 ou 30 % ne garantit pas cette économie dans chaque laverie. Pour une reprise, nous pouvons faire beaucoup mieux qu’une comparaison de brochures.
Il suffit de demander les douze derniers mois de factures d’eau et d’énergie, le nombre de cycles enregistré sur chaque machine et le chiffre d’affaires de la centrale de paiement. Nous calculons alors la consommation d’eau par lavage vendu, les kWh par lavage et les euros de fluides pour 100 € de chiffre d’affaires. Une vieille laverie très efficace apparaîtra immédiatement, et une installation présentée comme « économique » aussi.
Combien de mètres cubes d’eau une laverie utilise-t-elle sur une année ?
Une laverie faisant 20 à 40 lavages par jour peut facilement consommer environ 500 à plus de 1 000 m³ d’eau par an rien que pour les machines.
Prenons une consommation moyenne de 70 litres par lavage, cohérente avec un parc mélangeant petites, moyennes et grosses capacités.
À 20 lavages quotidiens, nous utilisons 1 400 litres par jour. Sur une année complète, cela donne environ 511 m³. À 30 lavages par jour, nous arrivons autour de 767 m³. À 40 lavages, nous dépassons 1 020 m³.
Avec le prix moyen Eaufrance de 4,89 €/m³, les montants correspondants sont d’environ 2 500 €, 3 750 € et 5 000 € par an.
On comprend alors pourquoi l’eau paraît très bon marché quand nous regardons un cycle isolé et beaucoup moins anecdotique quand nous regardons le compte d’exploitation annuel.
| Lavages par jour | Eau à 70 L par lavage | Coût annuel à 4,89 €/m³ |
|---|---|---|
| 20 | ~511 m³/an | ~2 500 € |
| 30 | ~767 m³/an | ~3 750 € |
| 40 | ~1 022 m³/an | ~5 000 € |
Alors, combien faut-il vraiment budgéter pour l’eau et l’électricité d’une laverie automatique ?
Pour une laverie française moderne, nous budgéterions environ 0,50 à 1,30 € d’eau et d’électricité par lavage, puis souvent autour de 0,80 à 1,80 € d’énergie pour un passage au sèche-linge électrique.
Ces ordres de grandeur donnent une réponse beaucoup plus utile que l’idée d’un « coût moyen de laverie ». Une machine de 8 kg peut rester proche de 0,50 € de fluides sur un lavage standard. Une grande capacité tourne plutôt autour d’un euro ou un peu plus. Dès que le client passe au séchoir électrique, plusieurs dizaines de centimes ou plus d’un euro s’ajoutent rapidement.
Pour une laverie faisant une vingtaine de lavages quotidiens avec un usage fréquent des séchoirs, environ 900 à 1 100 € mensuels constitue un scénario de travail crédible pour les fluides et les petites consommations électriques annexes. À 40 lavages par jour, nous pouvons approcher 2 000 € dans les mêmes conditions. Une installation ancienne, un prix local de l’eau élevé ou des séchoirs énergivores peuvent pousser le montant plus haut.
Le séchage mérite la plus grande attention lors du choix du matériel. Nos exemples de lave-linge utilisent quelques dizaines de centimes d’eau et quelques dizaines de centimes d’électricité, tandis qu’un séchoir électrique peut avaler plusieurs kilowattheures en un seul passage. Un essorage efficace, un bon dimensionnement des sèche-linge et un contrat électrique adapté peuvent donc économiser davantage qu’une obsession pour quelques litres d’eau.
Pour un projet concret, quatre données suffisent déjà à rendre le prévisionnel beaucoup plus sérieux : le tarif eau + assainissement de la commune, l’offre électrique correspondant réellement à la puissance du local, les consommations techniques des machines envisagées et le nombre réaliste de cycles quotidiens. Une fois ces chiffres connus, nous pouvons calculer assez précisément ce que les fluides enlèveront au chiffre d’affaires et voir immédiatement si la laverie garde assez de marge.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Le coût réel de l’eau et de l’électricité d’une laverie est une question où les réponses approximatives circulent facilement : un coût « par machine », un pourcentage du chiffre d’affaires, une vieille facture ou un chiffre repris d’un forum. Nous avons donc décomposé le sujet en dimensions directement exploitables pour quelqu’un qui veut ouvrir une laverie en France : prix des fluides, consommation technique des équipements, capacité des machines, séchage, puissance électrique, technologie utilisée, niveau d’activité et écarts locaux.
Nous avons privilégié les données publiques françaises pour les prix de l’eau, de l’électricité, du gaz, la TVA et les règles tarifaires, puis les documentations techniques des fabricants pour les consommations et performances des machines. Lorsque plusieurs chiffres pouvaient être pertinents, nous les avons ramenés à des unités comparables — coût par cycle, coût par kWh, litres par kilo ou coût annuel — afin de mesurer leur poids économique réel.
Nous n’avons pas cherché à produire un faux « coût moyen » valable pour toutes les laveries. Nous avons construit plusieurs scénarios à partir de données récentes, puis regardé comment le résultat évolue lorsque changent la taille des machines, l’usage du séchage, le prix local de l’eau, le prix du kWh, la puissance nécessaire ou la fréquentation du site.
Cette méthode permet de mettre ensemble des données qui, prises séparément, donnent une vision incomplète. Les moyennes nationales servent de point de départ ; pour un projet réel, elles doivent ensuite être remplacées par le tarif d’eau de la commune, l’offre énergétique du local et les fiches techniques exactes du parc envisagé.
Les principales sources publiques utilisées sont Eaufrance pour le prix moyen national de l’eau et son évolution, l’OFB et SISPEA pour les services d’eau et d’assainissement, la CRE pour les tarifs réglementés de l’électricité, EDF Entreprises pour l’évolution récente du Tarif Bleu non résidentiel, EDF Entreprises pour les conditions des Tarifs Bleu et Jaune, le SDES pour les prix de l’électricité des entreprises, le SDES pour les prix du gaz naturel et impots.gouv.fr pour les règles de récupération de la TVA sur les achats professionnels.
Pour les consommations techniques, nous nous appuyons notamment sur les fiches Electrolux Professional des lave-linge WH6-8, WH6-14 et WH6-20, ainsi que sur les documentations des sèche-linge TD6-10, TD6-14 et TD6-20. La comparaison sur le facteur G et l’humidité résiduelle vient de la documentation constructeur Danube.
