Dernière mise à jour: 16 Septembre 2026

Livraison de colis : maîtrisez vos coûts de tournée

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EN RÉSUMÉ

Livreur indépendant : quels tarifs aujourd'hui ? Pour une activité vendue directement aux clients en France, nous retiendrions environ 10 à 15 € HT pour une petite course urbaine, 15 à 25 € pour une livraison plus longue ou contraignante et 25 à 40 € ou davantage pour une vraie urgence.

Le chiffre le plus trompeur du secteur reste le revenu horaire affiché pendant les courses. Uber Eats, Deliveroo ou Stuart peuvent dépasser 20 €/h pendant le temps effectivement passé en livraison, mais cette mesure laisse de côté l’attente entre deux commandes.

Le nouveau minimum de 19 € par heure d’activité améliore la rémunération des mauvaises courses, sans garantir 19 € pour chaque heure passée connecté. Quarante-cinq minutes réellement actives au plancher ne représentent que 14,25 € sur une heure complète de disponibilité.

Le temps mort change complètement l’économie des plateformes. Avec les durées moyennes de course et d’attente observées récemment, un rendement qui paraît supérieur à 20 €/h pendant les livraisons peut retomber vers 10 à 15 €/h lorsqu’on raisonne sur un cycle plus complet.

Pour un indépendant qui trouve lui-même ses clients, le bon repère n’est donc pas le tarif par kilomètre mais le chiffre d’affaires par heure productive. Nous viserions plutôt 30 à 40 € HT/h, et davantage avec une voiture, un utilitaire ou des courses vraiment urgentes.

Une petite course facturée 12 ou 15 € peut être parfaitement rentable si elle s’intègre dans une journée dense. La même course devient mauvaise si elle demande quinze minutes d’approche, dix minutes d’attente et un retour à vide.

Les tournées récurrentes sont souvent plus intéressantes que les urgences isolées. Vingt colis facturés seulement 6 ou 8 € chacun peuvent produire un meilleur rendement horaire que vingt missions séparées vendues plus cher.

Le véhicule fait aussi une grosse différence. Le vélo et le VAE supportent mieux des tarifs modestes ; avec un scooter ou une voiture, carburant ou électricité, assurance, entretien, amortissement et kilomètres à vide mangent rapidement la marge.

Les cotisations sociales accentuent encore cet écart. Avec un taux de 21,2 %, 30 € de chiffre d’affaires horaire deviennent 23,64 € avant les autres frais et l’impôt, tandis que 25 € deviennent seulement 19,70 €.

Le vrai levier pour gagner davantage n’est pas forcément de facturer chaque course au maximum. Une base de clients récurrents — commerces, fleuristes, cabinets, e-commerçants locaux — permet surtout de remplir plusieurs heures d’affilée et de réduire les trajets inutiles.

En pratique, nous éviterions de construire une activité directe autour de moins de 25 € de chiffre d’affaires par heure productive. Autour de 30 à 40 €, le modèle commence à disposer d’assez de marge pour absorber les cotisations, le matériel et les minutes qui ne seront jamais facturées.

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Livreur indépendant : quels tarifs aujourd’hui ?

Combien rapporte vraiment une livraison Uber Eats ou Deliveroo aujourd’hui ?

Une livraison de repas rapporte actuellement autour de 5 à 6 € brut en moyenne sur les grandes plateformes, et ce tarif a très peu progressé par rapport au temps nécessaire pour effectuer la course.

La dernière analyse de l’ARPE, fondée sur les données publiées par les plateformes pour 2025, permet de comparer quatre acteurs. Le revenu moyen atteint environ 4,9 € par prestation chez Uber Eats, 5,8 € chez Deliveroo, 5,8 € chez Stuart et 6 € chez Delicity.

Pris seuls, ces montants donnent cependant une mauvaise idée de ce que gagne réellement le livreur. Une course Uber Eats dure en moyenne 13,7 minutes, contre 13,6 minutes chez Deliveroo et 15,3 minutes chez Stuart. Pendant le temps où la livraison est effectivement en cours, cela représente donc environ 21,5 €/h chez Uber Eats, 25,7 €/h chez Deliveroo et 22,7 €/h chez Stuart.

Le problème apparaît dès qu’on élargit le calcul à toute la période pendant laquelle le livreur attend du travail. Les chiffres horaires publiés par l’ARPE excluent ce temps mort.

La tendance longue est d’ailleurs assez mauvaise. Entre 2021 et 2025, l’ARPE mesure une baisse du revenu horaire brut en course de 22,4 % chez Uber Eats, 15 % chez Deliveroo et 21,5 % chez Stuart. Une fois l’inflation prise en compte, les reculs sont encore plus importants.

Uber Eats a connu un petit rebond sur la dernière année disponible, avec +4,7 % de revenu horaire brut en course. C’est la première hausse observée depuis le début de la série, mais elle ne suffit pas à effacer la dégradation accumulée depuis 2021.

Plateforme Revenu moyen par livraison Durée moyenne Revenu brut pendant les courses
Uber Eats 4,9 € 13,7 min 21,5 €/h
Deliveroo 5,8 € 13,6 min 25,7 €/h
Stuart 5,8 € 15,3 min 22,7 €/h
Delicity ~6 € ~10 min ~35 €/h
Uber Eats : évolution 2021-2025 +36,5 % -22,4 %
Deliveroo : évolution 2021-2025 hausse -15,0 %
Stuart : évolution 2021-2025 +6,5 % -21,5 %

Les 19 € par heure garantis veulent-ils dire qu’un livreur gagne maintenant 19 €/h ?

Non. Les 19 € garantis actuellement aux livreurs de plateformes correspondent aux heures d’activité, pas à toutes les heures pendant lesquelles le livreur est disponible pour travailler.

Le changement est récent et assez important : l’accord sectoriel qui prévoyait auparavant un minimum de 11,75 €/h a été revalorisé à 19 €/h. Deliveroo explique par exemple que le calcul commence au moment où le livreur accepte une commande et s’arrête lorsqu’il remet celle-ci au client.

Une heure passée connecté avec seulement 45 minutes de commandes ne donne donc pas automatiquement 19 €. Si ces 45 minutes sont toutes rémunérées exactement au plancher, elles correspondent à 14,25 € rapportés à l’heure complète de disponibilité. Avec 36 minutes actives, nous tombons à 11,40 €.

Le nouveau minimum améliore clairement la protection des livreurs sur les mauvaises courses. Il ne règle cependant pas le problème du temps passé à attendre une commande.

Il faut aussi garder en tête qu’il s’agit toujours de chiffre d’affaires d’indépendant. Les cotisations sociales et les dépenses nécessaires pour travailler restent ensuite à payer.

Combien le temps d’attente fait-il perdre à un livreur de plateforme ?

Beaucoup : aujourd’hui, le temps entre deux commandes peut réduire de moitié l’impression de revenu horaire donnée par le tarif d’une course.

Dans sa dernière analyse, l’ARPE constate que le temps d’attente avant une nouvelle proposition a encore augmenté sur toutes les plateformes étudiées. La hausse annuelle va de 4,3 % à 22,7 %, et sur certaines plateformes l’augmentation cumulée dépasse 200 % depuis le début de la série.

Les ordres de grandeur donnent une bonne idée du problème. L’attente moyenne avant une nouvelle proposition tourne autour de 11 minutes chez Deliveroo et de 14 minutes chez Uber Eats. Sur d’autres plateformes moins denses, elle peut être beaucoup plus longue.

Prenons Deliveroo. Une prestation moyenne génère environ 5,8 € pour 13,6 minutes de livraison. Si nous ajoutons environ 11 minutes avant la prochaine proposition, un cycle complet dure près de 25 minutes. Un calcul simplifié ramène alors le chiffre d’affaires autour de 14 €/h.

Avec Uber Eats, une prestation proche de 4,9 €, 13,7 minutes de course et environ 14 minutes avant une nouvelle proposition donnent un ordre de grandeur légèrement supérieur à 10 €/h sur un cycle théorique complet.

Ces calculs ne constituent pas des revenus moyens officiels, surtout parce que de nombreux coursiers utilisent plusieurs applications en parallèle. Ils montrent en revanche pourquoi quelqu’un peut afficher 20 ou 25 €/h lorsqu’il roule et terminer sa journée avec un rendement beaucoup plus faible.

Combien reste-t-il au livreur après les cotisations de micro-entreprise ?

À 30 € de chiffre d’affaires, un livreur en micro-entreprise soumis à 21,2 % de cotisations sociales conserve environ 23,64 € avant ses autres dépenses et son impôt sur le revenu.

Bercy indique actuellement un taux de 21,2 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales relevant du régime micro-BIC. Ce prélèvement est calculé sur le chiffre d’affaires, sans déduction préalable des coûts réellement supportés.

À 20 €/h de CA, il reste ainsi environ 15,76 € après cotisations. À 25 €/h, 19,70 €. À 30 €/h, 23,64 €. À 35 €/h, 27,58 €, et à 40 €/h, 31,52 €.

C’est particulièrement important pour un livreur motorisé. Essence ou électricité, assurance, entretien, pneus, réparations et amortissement du véhicule viennent ensuite diminuer cette somme.

Le vélo et le VAE ont ici un gros avantage économique. Même avec une batterie à remplacer, de l’entretien et une assurance, leurs coûts variables restent généralement beaucoup plus légers que ceux d’un scooter ou d’une voiture.

Chiffre d’affaires horaire Cotisations à 21,2 % Reste avant frais et impôt
20 € 4,24 € 15,76 €
25 € 5,30 € 19,70 €
30 € 6,36 € 23,64 €
35 € 7,42 € 27,58 €
40 € 8,48 € 31,52 €
45 € 9,54 € 35,46 €
50 € 10,60 € 39,40 €
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25 € de chiffre d’affaires par heure, est-ce assez pour un livreur indépendant ?

25 €/h peut fonctionner avec très peu de frais et presque aucun temps mort, mais nous le considérerions aujourd’hui comme un tarif assez serré pour un indépendant qui trouve lui-même ses clients.

À 25 €/h, 140 heures facturées dans le mois donnent 3 500 € de chiffre d’affaires. Après 21,2 % de cotisations sociales, il reste environ 2 758 € avant véhicule, téléphone, assurance, équipement et impôt.

Le point faible vient surtout des 140 heures « facturées ». Pour les produire, un indépendant doit aussi répondre aux clients, établir des devis, envoyer ses factures, rejoindre les lieux d’enlèvement et absorber les kilomètres entre deux missions. Une activité avec 140 heures réellement vendues peut facilement demander davantage de temps.

À 35 €/h, ces mêmes 140 heures génèrent 4 900 € de CA et environ 3 861 € après seules cotisations sociales. Les dix euros supplémentaires par heure représentent donc 1 400 € de chiffre d’affaires mensuel en plus sans travailler davantage.

Pour construire une activité en direct, nous chercherions plutôt à dépasser 30 €/h de CA productif. À 25 €/h, il faut une organisation particulièrement dense pour conserver une rémunération confortable.

Combien peut facturer un livreur indépendant pour une course en ville ?

Pour une petite course urbaine vendue directement à un client, 10 à 20 € HT constitue actuellement un ordre de grandeur beaucoup plus réaliste que les 5 ou 6 € observés sur les plateformes de repas.

Les grilles publiques de coursiers professionnels donnent des repères intéressants. À Bordeaux, Coursiers Bordelais affiche 9 € HT pour un petit colis sur moins de 2 km, 12 € jusqu’à 5 km et 19 € jusqu’à 8 km dans son niveau de service standard.

À Paris, TPLM affiche actuellement 15 € pour une course express à vélo dans Paris intra-muros, 18 € en scooter et 25 € en voiture. Pour une livraison effectuée dans la journée, les prix redescendent respectivement à 12 €, 15 € et 22 €.

Ces tarifs correspondent aux prix facturés au client par des entreprises de coursiers. Un indépendant sans salariés ni gros frais administratifs peut avoir une structure différente. Ils montrent toutefois ce que les entreprises acceptent déjà de payer sur le marché réel.

Pour démarrer en vélo dans une grande ville, une petite course directe facturée autour de 12 à 15 € n’a donc rien d’excessif. Descendre systématiquement sous les 10 € laisse très peu de place aux enlèvements longs, aux attentes et aux trajets à vide.

Combien facturer une livraison urgente ?

Une livraison vraiment urgente peut aujourd’hui valoir 50 à 100 % de plus qu’une course planifiée, surtout lorsqu’elle oblige le livreur à partir immédiatement et l’empêche de regrouper plusieurs commandes.

Les tarifs visibles sur le marché français le montrent assez clairement. Coursiers Bordelais applique un coefficient de 1,5 lorsque le client demande une livraison en une heure et double son tarif de base pour une livraison en trente minutes.

À Paris, les écarts entre service dans la journée et express vont dans la même direction. TPLM facture par exemple une course parisienne à vélo 12 € en livraison journée contre 15 € en express. D’autres coursiers parisiens montent davantage lorsque la course devient réellement prioritaire et dédiée.

Ce supplément rémunère surtout la perte de flexibilité. Une livraison programmée pour l’après-midi peut être combinée avec plusieurs autres arrêts. Pour tenir un délai de trente minutes, le livreur doit souvent abandonner cette optimisation.

Nous ferions donc apparaître clairement plusieurs délais dans la grille tarifaire : standard, express et urgence immédiate. Donner systématiquement le même prix revient à offrir gratuitement l’un des services les plus coûteux à produire.

Vaut-il mieux facturer une livraison au kilomètre ou à la course ?

En ville, une prise en charge minimale complétée par la distance fonctionne généralement mieux qu’un pur prix au kilomètre.

Une course de 1,5 km peut facilement prendre vingt ou trente minutes. Il faut rejoindre le client, récupérer le colis, parfois patienter, effectuer le trajet, trouver le destinataire puis confirmer la livraison. Si le tarif est seulement de 1,50 € par kilomètre, cette mission serait vendue 2,25 €, ce qui ne tient pas économiquement.

Les coursiers établis utilisent justement des minimums. Chez Coursiers Bordelais, moins de 2 km coûte déjà 9 € HT. TPLM démarre encore plus haut à Paris. La distance augmente ensuite le prix, mais elle ne constitue pas le seul élément facturé.

Pour un indépendant, une grille simple pourrait démarrer autour de 10 à 15 € de prise en charge pour une petite livraison urbaine, puis ajouter un supplément lorsque la distance dépasse un certain rayon. Ce sont des prix à tester localement, pas un barème réglementaire.

L’attente mérite la même discipline. Après cinq ou dix minutes gratuites, mieux vaut prévoir un supplément clairement annoncé. Plusieurs coursiers professionnels appliquent déjà ce principe. Sans limite, une course rentable peut rapidement devenir une demi-heure immobilisée pour presque rien.

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Une tournée de 20 colis peut-elle être plus rentable que 20 courses séparées ?

Oui, et une bonne tournée peut accepter un prix par colis nettement plus bas tout en gagnant davantage par heure.

Imaginons 20 livraisons indépendantes à 12 €. Le chiffre d’affaires théorique atteint 240 €, mais il faut organiser 20 enlèvements ou 20 commandes distinctes et absorber les trajets entre chaque mission.

Une tournée change complètement cette économie. Un seul enlèvement peut alimenter 20 dépôts successifs, les adresses peuvent être classées par secteur et les kilomètres à vide diminuent fortement. Si les 20 livraisons sont terminées en quatre heures, un prix moyen de seulement 8 € par colis représente déjà 160 € de CA, soit 40 €/h sur la tournée.

À 6 € par colis, nous sommes encore à 120 €, soit 30 €/h sur quatre heures. À 4 €, le rendement tombe à 20 €/h et devient beaucoup moins confortable.

Voilà pourquoi les entreprises de coursiers proposent souvent les navettes et tournées récurrentes sur devis plutôt qu’avec un prix public fixe. Le nombre de colis ne suffit pas pour fixer le tarif. Dix adresses dans trois rues peuvent être excellentes ; dix dépôts dispersés sur 60 km peuvent être mauvais même avec un prix unitaire supérieur.

Avant d’accepter une tournée, nous calculerions donc le temps total, les kilomètres, le nombre d’arrêts, la facilité de stationnement et le taux d’échec attendu. Le prix par colis vient ensuite.

Vélo, scooter ou voiture : combien faut-il facturer en plus ?

Le véhicule peut facilement ajouter 20 à 50 % au prix d’une même course, et les tarifs professionnels actuels montrent déjà cet écart.

Chez TPLM, une livraison express dans Paris intra-muros coûte 15 € en vélo cargo, 18 € en scooter et 25 € en voiture. Pour une course entre Paris et la petite couronne, les prix passent respectivement à 20 €, 25 € et 35 €.

La voiture permet de transporter des objets beaucoup plus lourds et volumineux. Elle coûte aussi davantage à exploiter et perd une partie de son avantage dès que le stationnement devient compliqué. Le scooter se situe entre les deux : plus de rayon d’action qu’un vélo, avec des frais sensiblement inférieurs à ceux d’une voiture.

Le choix d’un véhicule motorisé apporte également des contraintes administratives supplémentaires. Uber Eats précise actuellement que les livreurs utilisant un scooter doivent fournir notamment une licence et une capacité professionnelle de transport léger de marchandises, ainsi que les documents relatifs au conducteur et au véhicule. Le vélo et le VAE restent beaucoup plus simples à lancer dans ce cadre.

Pour une petite activité urbaine, nous commencerions volontiers par le vélo ou le VAE lorsque les colis s’y prêtent. Il devient plus facile d’atteindre 30 €/h de CA quand chaque heure travaillée ne génère que quelques euros de coûts de véhicule.

À partir de quand la TVA change-t-elle les tarifs d’un livreur indépendant ?

La TVA peut arriver bien avant la sortie du régime micro-entreprise, ce qui oblige un livreur qui grandit à surveiller deux seuils différents.

Bercy indique actuellement que la franchise en base de TVA pour les « autres prestations de services » s’applique jusqu’à 37 500 € de chiffre d’affaires de l’année précédente, avec un seuil de 41 250 € en cours d’année. Le plafond du régime micro pour les prestations de services est, lui, passé à 83 600 €.

Un livreur peut donc rester micro-entrepreneur tout en devant facturer la TVA.

Avec des clients professionnels qui récupèrent cette TVA, le changement est souvent assez indolore commercialement. Un tarif de 30 € HT reste 30 € de coût hors taxe pour l’entreprise cliente.

La situation est plus délicate avec des particuliers. Si le prix final doit rester identique après l’entrée dans la TVA, une partie de la somme auparavant conservée par le livreur disparaît de sa marge. Mieux vaut donc construire dès le départ des prix capables d’absorber la croissance de l’activité plutôt que de partir très bas et devoir brutalement les relever ensuite.

Quel chiffre d’affaires horaire faut-il viser en livraison indépendante ?

Pour une activité de livraison vendue directement aux clients, nous viserions actuellement autour de 30 à 40 € HT de chiffre d’affaires par heure productive, avec davantage pour une voiture, une course dédiée ou une forte urgence.

Cette fourchette ressort assez naturellement lorsqu’on croise les prix réellement facturés par des coursiers, les 21,2 % de cotisations sociales du régime micro-BIC et le temps qu’un indépendant ne peut pas toujours vendre.

À 30 €/h, il reste environ 23,64 € après seules cotisations. À 35 €/h, 27,58 €. À 40 €/h, 31,52 €. Le livreur doit encore financer ses frais, mais il dispose enfin d’un peu de marge pour absorber les minutes perdues entre deux missions.

En vélo, atteindre 30 à 35 € de CA par heure productive peut déjà donner une économie intéressante. Avec une voiture ou un utilitaire, nous chercherions plutôt 35 à 45 € ou davantage, selon les kilomètres et la nature des colis.

Il n’est pas nécessaire d’afficher ces montants comme un tarif horaire au client. Une course peut être vendue 15 €, une autre 28 €, une tournée 120 €. Le livreur suit simplement son rendement horaire en interne pour vérifier si ses prix fonctionnent.

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Un livreur gagne-t-il davantage avec ses propres clients qu’avec Uber Eats ?

Le potentiel est nettement supérieur avec des clients directs, à condition d’obtenir des commandes récurrentes plutôt qu’une succession de petites missions isolées.

Sur les principales plateformes de repas, une livraison reste aujourd’hui autour de 5 à 6 € en moyenne. Une course B2B directe peut facilement se vendre 12, 15, 20 ou 30 €, et davantage lorsqu’elle devient urgente ou nécessite une voiture.

La comparaison ne s’arrête pourtant pas au prix unitaire. Uber Eats ou Deliveroo fournissent la demande, l’application, le paiement et un flux de commandes. Un coursier direct doit trouver ses propres clients et remplir son planning.

C’est pour cette raison que les meilleurs clients ne sont pas forcément ceux qui paient la course la plus chère. Un fleuriste qui donne quinze livraisons tous les après-midi, un commerce qui expédie chaque jour, un cabinet qui utilise régulièrement un coursier ou un e-commerçant local peuvent produire davantage de revenu qu’une série d’urgences à 30 € réparties au hasard dans la semaine.

La différence économique devient forte lorsque le livreur arrive à remplir plusieurs heures d’affilée. À ce stade, il peut cumuler un prix par course supérieur aux plateformes avec beaucoup moins de temps passé à attendre la prochaine commande.

Alors, quels tarifs retenir aujourd’hui pour un livreur indépendant ?

Pour démarrer en France aujourd’hui, nous retiendrions environ 10 à 15 € HT comme minimum pour une petite course urbaine directe, 15 à 25 € pour une livraison plus longue ou plus contraignante et 25 à 40 € ou davantage pour une vraie urgence.

Sur plateforme, la logique reste très différente : les revenus moyens tournent encore autour de 5 à 6 € par livraison. Le nouveau plancher de 19 €/h d’activité protège mieux les périodes où les courses sont peu rémunératrices, mais il ne transforme pas chaque heure connectée en heure payée 19 €.

Pour quelqu’un qui construit son propre service, le meilleur repère reste donc le revenu obtenu par heure productive. Autour de 30 à 40 € de CA horaire, l’activité commence à disposer d’une marge correcte pour absorber les cotisations, les petits temps morts et le matériel. Sous 25 €/h, l’équation devient vite tendue, surtout avec un véhicule motorisé.

Les courses récurrentes changent le plus la rentabilité. Une tournée dense permet de diminuer le prix par livraison tout en augmentant le chiffre d’affaires horaire, tandis que l’urgence justifie au contraire une forte majoration. Le tarif doit refléter cette différence.

Type de livraison Tarif à tester
Petite course vélo planifiée 10–15 € HT
Course urbaine standard 15–20 € HT
Course plus longue ou contraignante 20–30 € HT
Livraison urgente 25–35 € HT
Livraison immédiate et dédiée 30–45 € HT ou plus
Tournée régulière dense prix calculé à partir du temps total
Attente longue supplément après quelques minutes incluses
Objectif interne en vélo/VAE 30–35 € HT/h productif
Objectif avec véhicule motorisé 35–45 € HT/h productif

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer quels tarifs permettent aujourd’hui à un livreur indépendant de construire une activité viable en France. Nous distinguons volontairement le revenu par course, le revenu pendant une prestation, le temps d’attente, le chiffre d’affaires facturé au client, les cotisations et les frais réellement supportés.

Pour mesurer l’économie des plateformes, nous avons privilégié les données 2025 publiées par les plateformes et l’analyse réalisée par l’ARPE en 2026. Elles permettent de comparer le revenu moyen par prestation, la durée des courses et les temps d’attente sur Uber Eats, Deliveroo, Stuart et Delicity.

Les revenus horaires calculés pendant une prestation ne sont pas traités comme un revenu horaire sur toute la journée. Le temps entre deux propositions de course est analysé séparément, car il peut modifier fortement le rendement réel d’une heure passée disponible.

Lorsque nous combinons revenu moyen par livraison, durée de prestation et attente moyenne pour construire un cycle théorique, le résultat sert uniquement d’ordre de grandeur économique. Il ne s’agit pas d’un revenu horaire officiel : certains livreurs utilisent plusieurs plateformes en parallèle, changent de zone ou enchaînent les commandes différemment.

Le minimum de 19 € par heure est interprété à partir de l’accord sectoriel et de sa mise en œuvre par les plateformes. Nous parlons donc bien d’heure d’activité, entre l’acceptation d’une prestation et sa fin, et non de l’ensemble du temps de connexion du livreur.

Pour les courses vendues directement aux clients, il n’existe pas de tarif national obligatoire. Nous avons donc comparé plusieurs grilles publiques de coursiers professionnels, notamment à Bordeaux et à Paris, afin d’observer ce que le marché facture selon la distance, le véhicule, le délai et le niveau d’urgence.

Les fourchettes proposées dans l’article ne sont pas des moyennes statistiques. Elles synthétisent ces tarifs de marché avec l’économie d’un indépendant : temps non facturable, kilomètres à vide, véhicule, cotisations et capacité à regrouper plusieurs livraisons dans une même tournée.

Les calculs de revenu après cotisations utilisent le taux de 21,2 % applicable aux prestations de services commerciales ou artisanales relevant du régime micro-BIC. Les seuils de TVA et de chiffre d’affaires du régime micro sont traités séparément, puisqu’un entrepreneur peut devenir redevable de la TVA tout en restant sous le régime micro.

Pour les livraisons motorisées, nous avons également vérifié les contraintes administratives liées au transport léger de marchandises. Elles comptent dans le choix du véhicule, même si elles n’apparaissent pas directement dans le prix affiché au client.

Les principales sources utilisées sont l’ARPE pour son analyse 2026 des indicateurs d’activité 2025, l’analyse ARPE 2025 pour la comparaison historique, les accords collectifs du secteur des livreurs publiés par l’ARPE, Légifrance pour l’homologation de l’accord sectoriel de 2026, Deliveroo pour la mise en œuvre du minimum de 19 € par heure d’activité, Uber Eats pour ses indicateurs d’activité 2025, Deliveroo pour ses indicateurs d’activité, Stuart pour ses données 2025 et sa méthodologie, le ministère de l’Économie pour les cotisations de micro-entreprise, impots.gouv.fr pour la franchise en base de TVA, Service Public Entreprendre pour les règles du transport routier léger de marchandises, Coursiers Bordelais pour sa grille tarifaire et TPLM Industrie pour ses tarifs de courses à Paris selon le délai, la zone et le véhicule.

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