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Un business plan de 35 pages, déjà rédigé et mis en forme pour cette activité : marché, concurrence, stratégie et tableaux financiers.
C'est partiEN RÉSUMÉ
Le marché des boissons en France représente plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, avec déjà plus de 20 milliards d’euros lorsqu’on additionne seulement quelques grandes catégories bien documentées, sans même prétendre couvrir tous les circuits.
Le chiffre global est moins utile qu’il n’y paraît. Les BRSA, la bière, les spiritueux, l’eau, les jus et le vin sont chacun des marchés de plusieurs milliards, mais leurs périmètres statistiques ne sont pas les mêmes.
Les catégories les plus dynamiques ne sont pas forcément les plus grosses. Les energy drinks, le sans-alcool, le zéro sucre et certaines boissons fonctionnelles progressent bien plus vite que les marchés historiques.
Le sucre devient un sujet économique autant que marketing. Le zéro représente déjà environ 20 % des BRSA, tandis que le nouveau barème fiscal peut créer plus de 300 000 € d’écart par million de litres entre une recette peu sucrée et une recette très sucrée.
L’eau reste un marché énorme et très fréquent, mais c’est aussi l’un des plus difficiles à attaquer pour une petite marque : faible valeur par litre, logistique lourde et concurrents géants.
Le jus raconte l’histoire inverse des energy drinks : le marché reste proche de 2 milliards d’euros, mais la consommation par habitant a chuté d’environ 40 % en dix ans. La taille du marché ne suffit donc pas à dire s’il est attractif.
Dans l’alcool, la baisse de fond est nette. Vin et spiritueux reculent, la bière traditionnelle s’est surtout stabilisée, tandis que la bière sans alcool gagne encore à deux chiffres.
Le premium fonctionne encore, mais surtout lorsqu’il repose sur un bénéfice immédiatement compréhensible : énergie, absence d’alcool, goût distinctif, fonction précise ou usage particulier. Le beau packaging seul a de plus en plus de mal à faire le travail.
Pour une jeune marque, le meilleur point d’entrée n’est pas forcément la grande distribution. Bars, coffee shops, salles de sport, restaurants et commerces spécialisés permettent souvent de tester le produit, le prix et surtout le réachat avant de supporter la mécanique d’un référencement national.
Le terrain le plus favorable aujourd’hui se situe donc autour des boissons sans alcool ou peu alcoolisées, peu sucrées, avec une fonction claire et une fréquence d’usage élevée. Le marché n’a pas besoin d’un produit généraliste de plus ; il récompense surtout les propositions qui collent à un changement de consommation déjà visible.
Quels sont les chiffres du marché des boissons en France ?
Combien pèse vraiment le marché des boissons en France ?
Le marché des boissons en France pèse plusieurs dizaines de milliards d’euros par an, avec déjà plus de 20 milliards d’euros lorsqu’on regarde seulement quelques-unes des grandes catégories les mieux documentées.
Il faut simplement éviter un piège : les chiffres disponibles ne couvrent pas tous les mêmes circuits. Certains mesurent la grande distribution, d’autres les achats pour consommation à domicile, d’autres encore l’ensemble du marché. Les additionner sans précaution donnerait un faux total.
Pour les boissons sans alcool, le Syndicat des Boissons Sans Alcool évalue les BRSA — sodas, boissons aux fruits, thés glacés, tonics, eaux aromatisées et energy drinks notamment — à environ 4,5 milliards d’euros. Les eaux minérales naturelles représentent autour de 2,7 milliards et les jus de fruits environ 2 milliards.
Du côté de l’alcool, les ordres de grandeur sont tout aussi importants. La bière approche 5 milliards d’euros en grande distribution. La Fédération Française des Spiritueux situe également les spiritueux autour de 5 milliards d’euros TTC en grande distribution. Pour le vin, FranceAgriMer chiffre à lui seul les achats des ménages pour consommation à domicile à 4,4 milliards d’euros, tandis que les estimations portant sur l’ensemble des circuits dépassent largement ce montant.
Le chiffre à retenir pour un porteur de projet est donc moins un hypothétique "marché français des boissons à 27 ou 30 milliards" que l’existence de plusieurs marchés individuels de 2 à 5 milliards d’euros, auxquels s’ajoute l’énorme marché du vin.
| Catégorie | Ordre de grandeur | Périmètre à garder en tête |
|---|---|---|
| BRSA | ≈ 4,5 Md€ | Marché français |
| Eaux minérales naturelles | ≈ 2,7 Md€ | Marché français |
| Jus de fruits | ≈ 2 Md€ | Marché français |
| Bière | ≈ 4,9 Md€ | Grande distribution |
| Spiritueux | ≈ 5 Md€ | Grande distribution |
| Vin acheté à domicile | ≈ 4,4 Md€ | Tous circuits à domicile |
| Kombucha | ≈ 19,6 M€ | Marché encore émergent |
| Kéfir | ≈ 1,8 M€ | Marché encore émergent |
Les Français boivent-ils vraiment beaucoup de sodas et de boissons sans alcool ?
Les Français consomment relativement peu de BRSA par rapport au reste de l’Europe, même si le marché français atteint encore 4,5 milliards d’euros.
L’enquête Nutrimétrie menée par C-Ways auprès de 3 201 personnes estime les achats à environ 59 litres de BRSA par personne et par an en France, contre 98 litres en moyenne en Europe. Le Syndicat des Boissons Sans Alcool place ainsi la France parmi les pays européens qui en consomment le moins.
La consommation moyenne ressort autour de deux verres par semaine et serait globalement stable depuis une dizaine d’années.
Pour une nouvelle marque de soda, de thé glacé ou de boisson fruitée, le marché ne bénéficie donc pas d’une forte hausse naturelle de la consommation par personne. La croissance vient surtout des transferts entre marques, des nouveaux usages et des segments qui prennent des parts aux boissons traditionnelles.
On le voit très bien aujourd’hui avec les energy drinks, les versions zéro sucre et certaines eaux aromatisées : des sous-catégories peuvent progresser très vite au milieu d’un marché global beaucoup plus calme.
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Le zéro sucre est-il devenu vraiment important en France ?
Le zéro et le light sont désormais assez gros pour influencer la façon dont une nouvelle boisson doit être formulée : environ 20 % des BRSA consommées en France appartiennent à ces catégories.
Selon l’enquête Nutrimétrie, la part des boissons light ou zéro a doublé en cinq ans.
Les recettes classiques ont également changé. L’Observatoire de l’Alimentation a mesuré sur une décennie une baisse de 31 % de la teneur moyenne pondérée en sucres des colas et de 25 % pour les eaux aromatisées.
Cette évolution devient encore plus importante depuis le durcissement de la taxe française sur les boissons sucrées. Une recette très sucrée coûte aujourd’hui nettement plus cher fiscalement qu’une recette située sous le premier seuil.
Pour un entrepreneur, le taux de sucre touche directement le produit, son prix et sa marge. On peut toujours vendre une boisson sucrée, mais il faut désormais avoir une bonne raison de rester dans les tranches fiscales supérieures.
Les boissons énergisantes explosent-elles encore en France ?
Oui, les energy drinks restent actuellement l’une des catégories de boissons qui grandissent le plus vite en France.
NielsenIQ mesurait encore une hausse de 11,6 % des volumes sur un an en grande distribution, alors que l’ensemble des boissons sans alcool reculait de 1,5 %. La croissance en valeur atteignait 18,8 %, soit environ 108 millions d’euros de chiffre d’affaires supplémentaire en douze mois.
L’année suivante a encore confirmé l’écart. NielsenIQ a classé Red Bull parmi les fabricants enregistrant les plus fortes hausses de volumes en grande distribution, avec 54,9 millions d’unités supplémentaires et une progression de 25,5 %.
Même la taille exacte du marché mérite une petite prudence. Des données NielsenIQ situent le marché autour de 685 millions d’euros, tandis qu’un périmètre Circana plus récent monte jusqu’à environ 870 millions. Les deux panels ne mesurent pas exactement la même chose, mais racontent la même histoire : la catégorie se rapproche rapidement du milliard d’euros.
Red Bull reste très dominant. Selon les sources et les périmètres, la marque tourne autour de 60 % de la valeur du marché, Monster autour de 30 %. Les deux absorbent donc l’essentiel du rayon.
C’est ce qui rend la catégorie à la fois attirante et franchement difficile à attaquer. Celsius, Ciao Energy et d’autres nouvelles marques cherchent désormais à ouvrir le marché à des consommateurs qui trouvent les energy drinks classiques trop masculins, trop sucrés ou trop liés au gaming. Le prochain combat se joue probablement davantage sur ces nouveaux publics que sur une copie supplémentaire de Red Bull.
Pourquoi les ventes d’eau restent-elles aussi fortes ?
Les eaux figurent toujours parmi les moteurs les plus solides du rayon boissons en France, et leur énorme fréquence d’achat rend le marché difficile à ignorer.
Les eaux minérales naturelles représentent environ 2,7 milliards d’euros. Sur une période de dix ans étudiée par NielsenIQ, l’eau plate nature avait gagné environ 448 millions d’unités vendues, davantage que toutes les autres catégories de produits de grande consommation comparées.
La dynamique récente reste impressionnante. Sur l’ensemble de 2025, Sources Alma, propriétaire notamment de Cristaline, a vendu 80,6 millions d’unités supplémentaires en grande distribution, soit une progression de 10 %. Aucun autre fabricant du classement NielsenIQ n’a ajouté autant d’unités.
La météo joue toutefois énormément. NielsenIQ estime par exemple que les fortes chaleurs d’un seul mois ont généré 72 % de la croissance annuelle des boissons sans alcool en 2025. Une belle année pour l’eau ne doit donc pas automatiquement être extrapolée sur plusieurs années.
Pour une petite entreprise, le problème reste surtout économique. Une bouteille d’eau pèse lourd, se vend relativement peu cher et affronte des acteurs dont la production et la logistique tournent à une échelle gigantesque. Une nouvelle eau plate généraliste part donc avec un sérieux handicap. Les formats, l’aromatisation ou une fonction supplémentaire donnent davantage de possibilités de différenciation.
Le marché des jus de fruits est-il vraiment en train de s’effondrer ?
Le marché français des jus de fruits reste proche de 2 milliards d’euros, mais la baisse des volumes est devenue suffisamment longue pour qu’on ne puisse plus parler d’un simple passage à vide.
Unijus estime aujourd’hui la consommation à environ 920 millions de litres, soit 13,9 litres par personne et par an. En 2015, la France en consommait encore environ 23 litres par personne.
La chute approche donc 40 % en seulement dix ans.
Le recul n’est cependant pas identique partout. L’orange, qui reste le premier parfum, a perdu 15,1 % en volume en 2025. La pomme progressait de 2,3 %, les bi-fruits de 3 %, les jus de légumes de 5 % et les références clémentine-mandarine de 11,4 %.
Les Français continuent aussi d’acheter des jus : environ 90 % des foyers en prennent au moins une fois dans l’année. Le vrai problème est la fréquence et la quantité achetée.
Pour lancer une marque, la différence est assez nette. Le jus d’orange standard se trouve dans une catégorie dont les volumes diminuent fortement, alors que quelques recettes plus spécifiques continuent de recruter.
| Segment de jus | Part des volumes | Évolution récente |
|---|---|---|
| Orange | 32,4 % | -15,1 % |
| Multifruits | 22,5 % | -2,5 % |
| Pomme | 17,2 % | +2,3 % |
| Bi-fruits | 7,5 % | +3,0 % |
| Ananas | 4,2 % | -11,8 % |
| Jus de légumes | 3,4 % | +5,0 % |
| Clémentine / mandarine | Plus petit segment | +11,4 % |
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La bière française recommence-t-elle à grandir ?
La bière française s’est stabilisée après plusieurs années difficiles, mais la bière sans alcool fait aujourd’hui une bonne partie du travail de croissance.
Brasseurs de France estime que le marché avait perdu environ 7 % entre 2022 et 2024. Les dernières données montrent ensuite une consommation à domicile en hausse de 1,2 %, tandis que les volumes hors domicile reculaient encore d’environ 1,5 %.
La bière sans alcool suit une trajectoire beaucoup plus forte. Ses volumes en grande distribution ont progressé de 11,5 % sur un an et représentent désormais près de 6 % des volumes de bière.
Le mouvement commence même à changer l’offre des producteurs. Une enquête menée auprès des brasseurs au début de 2026 indiquait que 40 % produisaient déjà de la bière sans alcool, régulièrement ou ponctuellement, et que 30 % supplémentaires travaillaient sur un projet.
La France compte par ailleurs environ 2 500 brasseries. Cette densité montre à quel point lancer une bière traditionnelle de plus est devenu compliqué. Un nouvel entrant doit gagner sa place parmi des milliers de producteurs alors que le volume global ne progresse presque plus.
Les Français abandonnent-ils vraiment le vin ?
Oui, les Français boivent de moins en moins de vin et les dernières données prolongent une baisse qui dure depuis des années.
FranceAgriMer estime à 8 millions d’hectolitres les achats de vin destinés à la consommation à domicile en 2024, en baisse de 4 % en un an. Les dépenses ont elles aussi baissé de 4 %, à 4,4 milliards d’euros.
Le rouge souffre encore davantage, avec environ 7 % de volume perdu sur la même période.
Les données de l’OFDT donnent une perspective plus large. Les volumes d’alcool pur mis en vente en France ont encore baissé de 5,8 % en 2024, à 9,75 litres par habitant de 15 ans et plus. Le vin représente toujours 52 % des boissons alcoolisées vendues, ce qui explique pourquoi le recul général de l’alcool touche autant la filière viticole.
Le marché français du vin demeure gigantesque. Mais pour construire un business, compter sur une hausse naturelle de la consommation serait difficile à défendre aujourd’hui. Il faut plutôt prendre des parts dans une demande qui se contracte ou trouver un segment qui échappe à la baisse générale.
Les spiritueux sont-ils encore un bon marché en France ?
Les spiritueux restent un marché proche de 5 milliards d’euros en grande distribution, mais les ventes reculent assez nettement pour rendre un lancement généraliste risqué.
La Fédération Française des Spiritueux chiffre les ventes à environ 4,9 milliards d’euros, en recul de 3,6 % en valeur. Les volumes ont diminué de 3,8 %, à 247 millions de litres, signant une quatrième année consécutive de baisse.
Le recul touche particulièrement des catégories historiques comme le whisky, à -4,6 % en volume, et les anisés, à -5,8 %.
Quelques usages résistent beaucoup mieux. Les alcools blancs ont limité la baisse à 0,8 %, tandis que le spritz a gagné 32 % en valeur dans les cafés, hôtels et restaurants et représente désormais environ 3 % de la valeur des spiritueux dans ce circuit.
À ce stade, analyser "les spiritueux" en bloc ne suffit plus. Une boisson directement liée à un cocktail ou à une nouvelle occasion de consommation peut aller à contre-courant d’un marché général en baisse.
Le sans-alcool est-il devenu assez gros pour bâtir une vraie marque ?
Oui, le sans-alcool représente désormais un vrai marché en France, avec une croissance qui dépasse largement l’effet ponctuel du Dry January.
Circana estime que les produits peu ou pas alcoolisés représentent environ 4,5 % des ventes combinées de bière, vin et spiritueux. Le poids varie énormément selon les catégories : la bière est déjà autour de 6 à 7 % des volumes selon le périmètre, tandis que le vin sans alcool tourne encore autour de 0,4 %.
La progression sur plusieurs années est difficile à ignorer. Lors du Dry January 2026, Circana a calculé que les volumes d’alternatives sans alcool étaient 60 % plus élevés qu’en janvier 2020, tandis que les boissons alcoolisées avaient reculé de 10 %.
FranceAgriMer a également consacré une étude nationale au No/Low auprès de 1 111 Français en 2025, signe que la catégorie est désormais suivie comme un marché à part entière et plus seulement comme une curiosité.
Dans la bière, le passage à l’échelle est déjà visible. Brasseries Kronenbourg indiquait que ses volumes de bière sans alcool avaient progressé de 13,5 % sur les dix premiers mois de 2025, avec environ 60 % de part de marché sur son périmètre.
Le potentiel le plus évident se trouve donc dans la bière sans alcool. Sur le vin et les spiritueux, le marché est plus petit, ce qui laisse davantage d’espace mais aussi beaucoup plus d’incertitude sur la taille qu’il peut réellement atteindre.
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Les boissons fonctionnelles, le kombucha et le kéfir sont-ils déjà de gros marchés ?
Les boissons fonctionnelles gagnent vite du terrain, mais kombucha et kéfir restent encore minuscules face aux sodas, à l’eau ou aux energy drinks.
NielsenIQ estime que l’ensemble "boissons et aliments fonctionnels" a atteint 2,4 milliards d’euros en grande distribution en 2025, avec une croissance de 12 %. Le périmètre comprend aussi de l’alimentaire, donc nous ne pouvons pas présenter ces 2,4 milliards comme un chiffre du seul marché des boissons. Il montre néanmoins à quelle vitesse la promesse fonctionnelle gagne du terrain.
Le kombucha permet de mesurer plus précisément l’une de ces niches. Selon les données reprises par le SIAL, le marché français atteignait environ 19,6 millions d’euros en 2025, soit 92 % des boissons fermentées mesurées sur ce périmètre. Le kéfir représentait seulement 1,8 million d’euros.
Ensemble, kombucha et kéfir pèsent donc à peine plus de 20 millions d’euros. À côté des 4,5 milliards d’euros de BRSA, la différence est supérieure à un facteur 200.
Leur intérêt vient surtout de leur vitesse de développement. Ciao Kombucha s’est rapidement imposé parmi les lancements les plus performants du rayon liquides et le marché voit arriver de nouvelles marques et de nouveaux formats.
La prudence reste nécessaire. Une petite catégorie peut afficher +30 % ou +40 % pendant plusieurs années sans devenir un marché de plusieurs milliards. Pour un créateur d’entreprise, une niche de 20 millions d’euros peut déjà être suffisante ; simplement, il ne faut pas la confondre avec un marché de masse.
Les Français acceptent-ils encore de payer cher pour une boisson ?
Oui, les Français paient encore un premium lorsqu’ils comprennent immédiatement ce qu’une boisson leur apporte, alors que les produits facilement remplaçables subissent beaucoup plus la pression sur les prix.
Les energy drinks en donnent actuellement l’exemple le plus convaincant. Ils se vendent beaucoup plus cher au litre qu’un soda familial et leurs volumes continuent pourtant de progresser à deux chiffres.
Le kombucha fonctionne également avec un prix au litre élevé, même si le marché reste bien plus petit. À l’inverse, les catégories très standardisées voient les marques de distributeur et les enseignes à prix bas mieux résister.
Le hors-domicile révèle encore mieux la limite du premium. Une étude publiée en 2026 par la Fédération Nationale des Boissons, Food Service Vision et CGA NielsenIQ montre que les volumes de boissons en cafés, hôtels et restaurants ont reculé de 0,9 % en 2025 alors que la valeur progressait de seulement 0,4 %. Autrement dit, la hausse des prix a compensé la baisse des quantités, sans vraiment relancer la consommation.
Pour une nouvelle marque, "premium" fonctionne donc mieux quand le bénéfice est facile à expliquer : énergie, goût très différent, absence d’alcool, expérience, ingrédients ou fonction précise. Un beau packaging seul devient beaucoup plus difficile à monétiser.
Vaut-il mieux vendre une nouvelle boisson en supermarché ou dans les bars et restaurants ?
Pour une nouvelle marque de boisson, la grande distribution reste la voie vers les gros volumes, tandis que les bars, restaurants, salles de sport et commerces spécialisés peuvent être de meilleurs endroits pour se faire connaître au départ.
La grande distribution concentre encore une énorme partie des achats. Dans les jus, par exemple, hypermarchés et supermarchés représentent 58,9 % des volumes, devant les magasins à dominante marques propres à 21,5 %, le drive à 10,6 % et la proximité à 9 %.
Mais le hors-domicile offre autre chose : la possibilité de faire goûter une boisson et de la vendre dans un contexte où le consommateur accepte un prix à l’unité beaucoup plus élevé.
Ce circuit est cependant sous tension. L’étude FNB publiée en 2026 montre que la consommation de boissons en CHR a encore diminué en volume en 2025. La croissance en euros venait surtout des prix.
Une jeune marque n’a donc pas forcément intérêt à choisir immédiatement entre GMS et CHR. Le chemin le plus crédible peut être de créer la demande dans des lieux où le produit se comprend vite — bars, restaurants, salles de sport, coffee shops, épiceries spécialisées — puis d’utiliser cette preuve de demande pour négocier une distribution plus large.
Un référencement national trop précoce peut d’ailleurs coûter cher : production importante, promotions, remises, logistique et besoin en fonds de roulement arrivent avant même de savoir si le produit sera réellement racheté.
Combien la taxe sur le sucre peut-elle coûter à une marque de boisson ?
La taxe sur les boissons sucrées peut aujourd’hui créer plus de 300 000 € d’écart par million de litres selon la recette choisie.
Le nouveau barème français comporte trois grandes tranches. Une boisson contenant moins de 5 kg de sucres ajoutés par hectolitre est taxée autour de 4 € par hectolitre. Entre 5 et 8 kg, le tarif monte autour de 21 €. Au-delà de 8 kg, il atteint environ 35 €.
À l’échelle d’un litre, nous parlons approximativement de 4 centimes, 21 centimes ou 35 centimes.
La différence paraît petite sur une bouteille. À un million de litres vendus, elle devient énorme : le passage de la tranche basse à la tranche haute représente autour de 310 000 € de taxe supplémentaire.
Une marque située juste au-dessus d’un seuil a donc tout intérêt à tester sérieusement une reformulation. Quelques grammes de sucre peuvent changer beaucoup plus que l’étiquette nutritionnelle.
| Sucres ajoutés | Taxe approximative par hl | Équivalent par litre | Pour 1 million de litres |
|---|---|---|---|
| Moins de 5 kg/hl | ≈ 4 € | ≈ 0,04 € | ≈ 40 000 € |
| 5 à 8 kg/hl | ≈ 21 € | ≈ 0,21 € | ≈ 210 000 € |
| Plus de 8 kg/hl | ≈ 35 € | ≈ 0,35 € | ≈ 350 000 € |
| Écart tranche basse / haute | ≈ 31 € | ≈ 0,31 € | ≈ 310 000 € |
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Est-il encore possible de lancer une nouvelle marque de boisson en France ?
Oui, une nouvelle marque de boisson peut encore percer en France, mais les chiffres favorisent beaucoup plus une proposition très précise qu’un produit généraliste de plus.
Regardons où vont actuellement les volumes. Red Bull a ajouté près de 55 millions d’unités en grande distribution en une seule année. Sources Alma en a ajouté plus de 80 millions. La bière sans alcool croît à deux chiffres. Le zéro représente déjà un cinquième des BRSA. À l’échelle plus petite, kombucha et autres boissons fonctionnelles attirent de nouveaux consommateurs.
Pendant ce temps, le jus a perdu près de 40 % de consommation par habitant en dix ans. Les volumes de spiritueux baissent pour la quatrième année consécutive. Le vin continue de reculer. La bière alcoolisée a surtout retrouvé une forme de stabilité.
Ces écarts donnent une direction assez claire. Lancer aujourd’hui un jus standard, une bière blonde classique ou un spiritueux sans angle fort oblige à gagner des parts dans un marché encombré et souvent en baisse. Une boisson qui répond à une habitude en plein développement part avec un vent beaucoup plus favorable.
Le plus difficile reste le réachat. Un produit viral peut obtenir rapidement des centaines de points de vente et une première vague d’essais. Si les consommateurs ne rachètent pas, la distribution finit par se retourner contre la marque. La qualité du produit et la fréquence d’usage deviennent donc plus importantes une fois la curiosité du lancement passée.
Quels chiffres du marché des boissons faut-il vraiment retenir pour créer un business en France ?
Pour créer une marque de boisson en France aujourd’hui, les meilleurs vents porteurs se trouvent dans le sans-alcool, le zéro ou faible sucre, l’énergie, l’hydratation et certaines boissons fonctionnelles.
Les gros marchés restent énormes. Les BRSA pèsent autour de 4,5 milliards d’euros, la bière et les spiritueux approchent chacun 5 milliards en grande distribution, les eaux minérales environ 2,7 milliards et les jus autour de 2 milliards. Le vin reste lui aussi un mastodonte.
La direction des volumes raconte cependant quelque chose de beaucoup plus utile que leur taille. Les energy drinks progressent encore à deux chiffres. Les boissons light ou zéro représentent environ 20 % des BRSA. La bière sans alcool gagne plus de 10 % par an. Les eaux restent très dynamiques, même si la météo amplifie fortement certaines années. Les produits fonctionnels progressent rapidement.
À l’autre bout du marché, la consommation de jus par habitant a chuté d’environ 40 % en dix ans, les spiritueux viennent d’enchaîner quatre années de baisse en volume et les achats de vin continuent de s’éroder.
Si nous devions choisir aujourd’hui un terrain pour lancer une marque, nous chercherions donc une boisson sans alcool ou très peu alcoolisée, peu sucrée, avec une fonction comprise en quelques secondes et une occasion de consommation assez fréquente pour provoquer plusieurs achats par mois.
Le marché français n’a clairement pas besoin d’une boisson supplémentaire qui ressemble aux autres. Il reste en revanche beaucoup de place lorsqu’un produit colle à l’un des changements de consommation que les chiffres montrent déjà.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à comprendre la taille réelle du marché français des boissons et, surtout, les catégories les plus intéressantes pour quelqu’un qui envisage de créer une marque en France. Nous avons séparé les grands marchés, leurs circuits de vente, leur dynamique en volume, leurs prix, leurs usages et les contraintes réglementaires qui peuvent modifier directement l’économie d’un produit.
Nous n’additionnons pas mécaniquement les tailles de marché. Les données disponibles couvrent des périmètres différents : certaines concernent la grande distribution, d’autres la consommation à domicile, le hors-domicile ou un ensemble de circuits. Lorsqu’un même segment est mesuré par plusieurs panels, nous conservons les ordres de grandeur et les différences de périmètre plutôt que de fabriquer un total artificiellement précis.
Nous distinguons également croissance en valeur et croissance en volume. Une hausse de chiffre d’affaires peut venir des prix, une forte progression peut partir d’une base très petite, et certaines années sont fortement influencées par la météo. C’est notamment important pour l’eau, les boissons sans alcool et les catégories émergentes comme le kombucha.
Les principaux repères utilisés viennent du Syndicat des Boissons Sans Alcool et de l’enquête Nutrimétrie de C-Ways pour les BRSA, de l’Observatoire de l’Alimentation pour l’évolution du sucre, de NielsenIQ et Circana pour les ventes en grande distribution, d’Unijus pour les jus de fruits, de Brasseurs de France pour la bière, de FranceAgriMer et de l’OFDT pour le vin et la consommation d’alcool, de la Fédération Française des Spiritueux pour les spiritueux, ainsi que de la Fédération Nationale des Boissons, Food Service Vision et CGA NielsenIQ pour le hors-domicile.
Pour les niches et les nouveaux usages, nous avons également utilisé les données reprises par le SIAL sur le kombucha et le kéfir, les chiffres publiés par Brasseries Kronenbourg sur la bière sans alcool et les classements NielsenIQ sur les fabricants qui gagnent le plus de volumes. L’objectif n’est pas d’identifier la catégorie la plus spectaculaire sur une seule année, mais celles où plusieurs indicateurs récents commencent à raconter la même histoire.
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