Quels sont les chiffres du marché des fleurs en France ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Le marché français des fleurs reste un gros marché, mais il est aujourd’hui mature : les fleuristes spécialisés représentent à eux seuls 1,52 milliard d’euros HT de chiffre d’affaires annuel, alors que la consommation générale de végétaux recule.

La bonne lecture n’est donc pas « les Français n’achètent plus de fleurs », mais plutôt « il faut aller chercher les ventes ». La fleur coupée résiste mieux que plusieurs catégories de plantes, et le fleuriste reste fort sur les achats émotionnels.

Le secteur compte 7 692 entreprises, dont près de trois sur quatre ont moins de trois salariés. Cela donne un marché très fragmenté, avec une concurrence surtout locale et beaucoup de petites structures.

Le chiffre d’affaires moyen théorique tourne autour de 198 000 € HT par entreprise, mais cet indicateur cache de gros écarts. Le panier moyen reste faible, autour de 28 € TTC, ce qui oblige à générer du trafic ou à développer des commandes plus importantes.

Les fleurs coupées restent le cœur économique du métier. À elles seules, les bottes et bouquets hors événementiel représentent près de la moitié du chiffre d’affaires dans l’étude sectorielle, avant même d’ajouter le deuil et d’autres compositions florales.

Les fêtes créent des pics très puissants sans suffire à faire vivre une boutique toute l’année. La Saint-Valentin, la fête des Mères, le 1er mai, la Toussaint et Noël imposent surtout une organisation capable d’absorber beaucoup de ventes sur quelques jours.

Le fleuriste garde un avantage sur les achats où le conseil, la présentation et l’émotion comptent vraiment. En parallèle, le numérique est devenu banal : site, réseaux sociaux, livraison et click-and-collect font désormais partie du métier plutôt que d’être un bonus.

La France dépend massivement des importations de végétaux d’ornement frais, avec environ 1,012 milliard d’euros importés pour seulement 85 millions exportés. Cela crée une faiblesse d’approvisionnement, mais aussi un angle de différenciation pour les fleurs françaises et saisonnières.

Le B2B, les mariages, l’événementiel, les hôtels, les restaurants et les abonnements d’entreprise sont particulièrement intéressants parce qu’ils augmentent le panier et rendent le chiffre d’affaires moins dépendant du passage spontané en boutique.

Pour créer une fleuristerie aujourd’hui, le meilleur terrain n’est probablement pas la boutique généraliste qui vend les mêmes bouquets que tout le monde. L’opportunité est davantage dans un positionnement très identifiable, une meilleure rotation du stock et une part plus forte de commandes à valeur élevée.

Quelle est vraiment la taille du marché des fleurs en France ?

Le marché français des fleurs représente au minimum un business de plus d’un milliard d’euros par an, mais aucun chiffre unique ne permet de mesurer correctement tout le secteur.

Le meilleur point de départ pour quelqu’un qui veut ouvrir une fleuristerie est le chiffre d’affaires des fleuristes. FranceAgriMer dénombre 7 692 entreprises spécialisées, qui génèrent ensemble 1,52 milliard d’euros HT. C’est le périmètre le plus proche du marché réellement accessible à une boutique de fleurs.

Les statistiques de consommation sont plus larges. Le panel Kantar réalisé pour FranceAgriMer et VALHOR suit les fleurs coupées, les plantes d’intérieur, les végétaux d’extérieur, le potager, les achats pour le cimetière, les obsèques et les sapins de Noël. Actuellement, 68 % des foyers français achètent au moins un végétal dans l’année, avec un budget moyen de 108 €.

À l’intérieur de ce vaste marché, les fleurs coupées occupent une place centrale. Leur poids a même augmenté ces dernières années dans les dépenses de végétaux d’intérieur, surtout parce que les plantes d’intérieur ont davantage reculé.

Pour un porteur de projet, nous retiendrons donc trois ordres de grandeur différents : 1,52 milliard d’euros de chiffre d’affaires chez les fleuristes, près de sept foyers sur dix encore actifs sur le marché végétal et une fleur coupée qui reste l’un des principaux moteurs de la fleuristerie.

Indicateur Dernier ordre de grandeur disponible Ce que cela mesure
Chiffre d’affaires des fleuristes 1,52 Md€ HT Commerce spécialisé
Entreprises de fleuristes 7 692 Nombre d’acteurs
Foyers achetant des végétaux 68 % Pénétration du marché large
Budget annuel moyen en végétaux 108 € Dépense par foyer acheteur
Foyers achetant chez un fleuriste Environ 28 % Clientèle du circuit spécialisé
Part des dépenses de fleurs coupées chez le fleuriste 46 % Poids du circuit spécialisé
Importations de végétaux d’ornement frais 1,012 Md€ Dépendance extérieure de la filière

Les Français achètent-ils encore autant de fleurs et de plantes qu’avant ?

Non, les Français achètent actuellement moins de végétaux qu’il y a quelques années, et surtout moins de foyers participent au marché.

Le dernier panel Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR montre que 68 % des foyers achètent désormais au moins un végétal dans l’année. Nous étions autour de 76 % avant la crise sanitaire. Cela représente une perte d’environ huit points de pénétration en quelques années.

La tendance se retrouve dans les dépenses. Sur la dernière année complète, les achats d’arbres, plantes et fleurs ont reculé de 7 % en valeur. Le nombre de produits achetés a beaucoup moins baissé, de seulement 1 % sur l’ensemble du périmètre.

Ce décalage est assez parlant : les consommateurs continuent à acheter, mais dépensent moins. FranceAgriMer et VALHOR observent depuis deux ans un déplacement vers des végétaux moins chers, après plusieurs années où le prix moyen par achat avait augmenté.

La baisse dure maintenant depuis quatre années consécutives. Nous sommes donc suffisamment loin du rebond exceptionnel de la période Covid pour considérer que le tassement est devenu une tendance de fond.

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Le marché des fleurs est-il en train de décrocher ?

Oui, le marché français des végétaux recule actuellement, mais la fleur coupée tient mieux que plusieurs catégories de plantes.

Pour les seuls végétaux d’ornement, hors potager, le dernier bilan Kantar fait ressortir une baisse de 7 % des dépenses et de 9 % des quantités. Les végétaux d’extérieur d’ornement souffrent particulièrement et les plantes d’intérieur ont également perdu du terrain ces dernières années.

Les fleurs coupées suivent elles aussi une tendance baissière en volume. Leur poids relatif dans les végétaux d’intérieur augmente pourtant, car les achats de plantes reculent encore plus vite.

Nous retrouvons le même phénomène du côté de la distribution. Les dépenses chez les fleuristes diminuent, mais moins rapidement que la moyenne des circuits. La grande distribution et les magasins de bricolage ont subi des baisses plus importantes sur la dernière année mesurée.

La fleur reste donc assez résistante dans un marché qui, lui, se contracte clairement. Pour ouvrir une entreprise aujourd’hui, il vaut mieux partir de l’idée qu’il faudra prendre des parts de marché plutôt qu’attendre une croissance générale de la demande.

Combien y a-t-il de fleuristes en France ?

La France compte 7 692 entreprises de fleuristes, avec un secteur dominé par de toutes petites structures.

Les chiffres FranceAgriMer issus de l’enquête Xerfi Specific montrent que 36 % des fleuristes n’ont aucun salarié et 38 % n’en emploient qu’un ou deux. Au total, près de trois entreprises sur quatre fonctionnent donc avec moins de trois salariés.

Le magasin physique reste très présent. 69 % des points de vente sont installés en centre-ville et environ un quart en zone périurbaine. La franchise reste minoritaire, autour de 4 % des entreprises interrogées.

La concurrence est donc extrêmement locale. Dans la plupart des villes, un nouvel entrant affronte plusieurs indépendants implantés depuis longtemps, auxquels s’ajoutent supermarchés, jardineries, marchés, producteurs et vendeurs en ligne.

Avec environ 7 700 entreprises pour quelque 68 millions d’habitants, nous arrivons à un ordre de grandeur d’un fleuriste pour moins de 9 000 habitants. Ce ratio national cache évidemment de très gros écarts selon les communes, mais il montre déjà que la France ne manque pas de points de vente.

Taille du fleuriste Part des entreprises
Aucun salarié 36 %
1 à 2 salariés 38 %
3 à 5 salariés 19 %
6 salariés ou plus 7 %
Moins de 3 salariés 74 %
Implantés en centre-ville 69 %
Implantés en zone périurbaine Environ 25 %
Fonctionnant sous franchise Environ 4 %

Combien de chiffre d’affaires peut faire un fleuriste ?

Un fleuriste français réalise autour de 200 000 € HT de chiffre d’affaires par an en moyenne théorique, mais cette moyenne ne dit presque rien de ce que gagne réellement le dirigeant.

En divisant les 1,52 milliard d’euros de chiffre d’affaires sectoriel par les 7 692 entreprises recensées, nous arrivons à environ 198 000 € par entreprise.

Ce chiffre permet de placer la barre. Une petite boutique qui réalise 100 000 € n’évolue pas du tout dans la même configuration qu’un point de vente à 400 000 €, mais une activité autour de 150 000 à 250 000 € se situe dans le bon ordre de grandeur pour comprendre l’économie d’un fleuriste indépendant.

Le revenu du gérant peut cependant être bien inférieur. Il faut payer les fleurs et plantes, les salariés, le local, les emballages, le véhicule ou la livraison et surtout absorber la casse sur les produits périssables.

FranceAgriMer recense près de 23 000 actifs dans la profession. Le chiffre d’affaires généré par actif varie finalement assez peu avec la taille des entreprises : l’étude Xerfi tourne autour de 66 000 à 68 000 € par personne entre les plus petites structures et celles de six salariés ou davantage.

Ajouter des salariés ne crée donc pas automatiquement beaucoup plus de chiffre d’affaires par personne. Une boutique gagne davantage lorsqu’elle améliore ses ventes, son prix moyen, sa rotation des stocks et la part des prestations plus chères.

Un panier moyen autour de 30 € suffit-il pour faire vivre une fleuristerie ?

Un panier inférieur à 30 € oblige une fleuristerie à faire beaucoup de transactions, ce qui explique pourquoi le trafic et les grosses commandes comptent autant.

Dans l’étude Xerfi Specific menée pour FranceAgriMer et VALHOR, 66,5 % des points de vente avaient un panier moyen inférieur à 30 €. Le panier moyen sectoriel se situait autour de 28 € TTC.

Prenons simplement l’ordre de grandeur. Une boutique qui ferait 200 000 € de ventes uniquement avec des tickets de 28 € devrait encaisser plus de 7 000 achats par an. Cela correspond à plusieurs dizaines de ventes par jour selon les jours d’ouverture.

En pratique, les fleuristes mélangent des petits bouquets, des achats plus importants, du deuil, des mariages, de l’événementiel, des livraisons et parfois des contrats professionnels. C’est justement ce mix qui permet de dépasser l’économie assez serrée du bouquet vendu quelques dizaines d’euros.

Pour quelqu’un qui crée une entreprise, le panier moyen est donc un chiffre beaucoup plus important qu’il n’en a l’air. Gagner 5 ou 10 € de panier moyen peut transformer l’équation sans nécessiter autant de clients supplémentaires.

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Qu’est-ce qui fait vraiment le chiffre d’affaires d’un fleuriste ?

Les fleurs coupées restent aujourd’hui le produit qui fait vivre la fleuristerie française, très loin devant les activités annexes.

Dans l’étude détaillée réalisée pour FranceAgriMer et VALHOR, les bottes et bouquets de fleurs coupées hors événementiel représentaient à eux seuls 48,5 % du chiffre d’affaires. Les plantes d’intérieur et d’extérieur pesaient autour de 19,5 % et le deuil environ 12 %.

D’autres travaux de la filière donnent une part encore plus élevée aux fleurs coupées lorsque le deuil, les compositions et certaines prestations florales sont rattachés à cette catégorie. Selon le périmètre retenu, environ les trois quarts du chiffre d’affaires peuvent ainsi être liés directement ou indirectement à la fleur coupée.

Cette concentration explique une bonne partie de l’économie du métier. Les fleurs fraîches tournent vite, demandent du travail et peuvent perdre toute valeur commerciale en quelques jours. Une erreur de commande sur des roses ou des pivoines coûte beaucoup plus cher qu’un stock de pots ou d’accessoires qui attendra plusieurs semaines.

Le meilleur chiffre d’affaires n’est donc pas forcément celui obtenu avec le plus grand stock. Les fleuristes capables de prévoir finement leurs ventes et de vendre une part importante de leur marchandise avant qu’elle se dégrade disposent d’un avantage très concret.

Quelles fleurs les Français achètent-ils le plus ?

La rose reste la fleur dominante en France, mais quelques autres espèces concentrent une grande partie du marché.

Les travaux de Kantar pour FranceAgriMer et VALHOR montrent que les roses, lys, gerberas, tulipes, pivoines et œillets représentent ensemble environ 81 % des dépenses des foyers en fleurs coupées. Cela laisse des centaines d’autres variétés se partager moins d’un cinquième de la dépense.

La rose est particulièrement forte lorsque les fleurs sont choisies à la pièce et lors des achats cadeaux. Elle reste également très visible pendant les grandes fêtes, même si son poids peut changer brutalement d’une année à l’autre. À la dernière fête des Mères mesurée, par exemple, la rose représentait 23 % des fleurs achetées, contre 34 % l’année précédente.

La saison joue beaucoup. Pivoines au printemps, tulipes en hiver et au début du printemps, dahlias en fin d’été ou renoncules sur leur saison permettent à un indépendant d’éviter de vendre exactement la même chose toute l’année.

Un nouveau fleuriste doit donc maîtriser les espèces incontournables tout en donnant au client une raison de regarder ailleurs que le bouquet standardisé de roses disponible au supermarché.

Les fêtes représentent-elles une grosse part du marché des fleurs ?

Les fêtes génèrent des pics énormes pour les fleuristes, mais elles représentent une minorité du chiffre d’affaires annuel.

Les principales fêtes calendaires pèsent environ 16 % des dépenses annuelles en végétaux effectuées chez les fleuristes selon VALHOR. C’est assez pour bouleverser une semaine de travail, sans être suffisant pour faire vivre une boutique toute l’année.

La Saint-Valentin reste l’un des meilleurs exemples. Sur la dernière campagne disponible, 1,2 million de foyers ont acheté des fleurs ou plantes, avec 25,70 € de budget moyen. Les fleuristes ont capté 59 % des dépenses et les bouquets ou bottes déjà préparés en ont représenté 49 %.

La fête des Mères est encore plus large. La dernière mesure indique que 8 % des foyers français ont acheté des fleurs ou plantes pour l’occasion, avec un budget moyen de 16 €. Les fleurs coupées ont capté 58 % de la dépense.

Le 1er mai reste lui aussi un vrai marché : 4 % des foyers achètent du muguet pour cette occasion et les fleuristes ont récemment capté 41 % des dépenses. À Noël, 2,7 millions de foyers ont acheté au moins un végétal pour les fêtes de fin d’année, avec 25 € de dépense moyenne.

Une fleuristerie performante doit donc être capable d’absorber quelques semaines extrêmement fortes tout en trouvant du chiffre d’affaires régulier entre ces pics.

Occasion Dernier indicateur disponible Place du fleuriste
Saint-Valentin 1,2 M de foyers acheteurs 59 % des dépenses
Saint-Valentin 25,70 € de budget moyen
Fête des Mères 8 % des foyers acheteurs Forte
Fête des Mères 16 € de budget moyen
Fête des Mères 58 % des dépenses en fleurs coupées
1er mai 4 % des foyers achètent du muguet 41 % des dépenses
Fêtes de fin d’année 2,7 M de foyers acheteurs 38 % des dépenses
Toussaint 13 % des foyers acheteurs 12 % des dépenses

Les fleuristes perdent-ils leurs clients au profit des supermarchés et d’Internet ?

Les fleuristes gardent actuellement une vraie avance sur les achats floraux à forte valeur émotionnelle, même si le client peut acheter des fleurs presque partout.

Le dernier panorama VALHOR indique que 28 % des foyers français effectuent au moins un achat annuel chez un fleuriste. Surtout, 46 % des dépenses nationales en fleurs coupées passent par ce circuit.

La domination devient encore plus nette sur certaines occasions. Les fleuristes prennent 59 % des dépenses de la Saint-Valentin et 38 % des dépenses de végétaux des fêtes de fin d’année. Pour la dernière fête des Mères documentée en détail, leur part atteignait déjà 46 %, devant les jardineries et la grande distribution.

Le numérique a surtout changé la manière de vendre. Dans l’enquête structurelle sur la profession, 65 % des fleuristes avaient un site Internet, 85 % utilisaient les réseaux sociaux professionnellement et 96 % proposaient la livraison à domicile. Le click-and-collect était disponible chez trois quarts des répondants.

Les chaînes de transmission florale restent elles aussi très présentes : environ 69 % des fleuristes travaillent avec au moins une de ces plateformes et elles représentent en moyenne 11,5 % du chiffre d’affaires de leurs adhérents.

Le magasin physique continue donc à peser lourd, mais le client s’attend désormais à pouvoir repérer la boutique en ligne, commander rapidement, payer à distance et faire livrer le bouquet. Ouvrir une fleuristerie totalement déconnectée du numérique devient difficile à défendre.

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La France produit-elle encore ses propres fleurs ?

La production française existe toujours, mais elle est bien trop petite pour couvrir la consommation nationale : la filière dépend massivement des importations.

Le dernier bilan douanier de FranceAgriMer chiffre les importations françaises de végétaux d’ornement frais à 1,012 milliard d’euros, contre seulement 85 millions d’euros d’exportations. Les importations valent donc environ douze fois les exportations et le taux de couverture tombe à 8 %.

La fleur coupée contribue fortement à ce déséquilibre. Les importations de fleurs coupées fraîches ont encore progressé de 2 % en valeur lors de la dernière année mesurée, alors même que la consommation française de végétaux reculait.

Les Pays-Bas occupent une place centrale dans ce système. Il faut toutefois lire correctement l’étiquette : une fleur achetée à un opérateur néerlandais peut avoir été cultivée au Kenya, en Éthiopie ou en Équateur avant de passer par les grandes plateformes néerlandaises.

La production française de fleurs coupées ne compte qu’environ 500 producteurs selon VALHOR. Plus largement, FranceAgriMer avait recensé 2 741 entreprises de production horticole et de pépinière ornementales, un nombre en recul de 12,5 % entre deux enquêtes structurelles.

La fleur française peut donc constituer une vraie différenciation commerciale, particulièrement avec un assortiment saisonnier et une relation directe avec des producteurs. Mais l’offre locale disponible reste trop limitée pour imaginer remplacer rapidement la chaîne d’approvisionnement internationale.

Les clients sont-ils vraiment prêts à payer plus cher pour des fleurs françaises ?

Les consommateurs aiment clairement l’idée de la fleur française, mais leur volonté de payer davantage reste assez limitée.

Une étude Kantar menée pour VALHOR sur le label Fleurs de France avait trouvé que 70 % des Français se déclaraient prêts à payer un supplément pour une origine française. Le détail est plus intéressant que le chiffre global : 53 % limitaient cette prime à seulement 1 à 5 %.

Autrement dit, un bouquet à 30 € pourrait plus facilement supporter un écart de quelques dizaines de centimes ou d’un euro qu’un passage brutal à 40 € uniquement grâce à son origine.

Les dernières données de consommation vont dans le même sens. Alors que les ménages réduisent leurs dépenses en végétaux, le producteur est le seul circuit de vente qui a enregistré une hausse des dépenses sur la dernière année complète. L’achat direct conserve donc un attrait réel.

Ce créneau paraît surtout intéressant lorsque l’origine française vient avec autre chose : saisonnalité, fraîcheur, variété inhabituelle, histoire du producteur ou esthétique plus travaillée. La seule mention France aura du mal à compenser un gros écart de prix.

Les particuliers suffisent-ils pour faire tourner une fleuristerie ?

Les particuliers fournissent l’essentiel des ventes d’une fleuristerie, mais les clients professionnels peuvent rendre le chiffre d’affaires beaucoup plus régulier.

Les particuliers représentent autour de 83 % du chiffre d’affaires des fleuristes dans l’étude sectorielle. Entreprises, administrations et autres professionnels pèsent donc une part nettement plus petite du marché.

Pourtant, un contrat professionnel peut valoir bien plus qu’un client occasionnel. Un hôtel peut renouveler ses compositions chaque semaine, un restaurant fleurir plusieurs tables, une entreprise entretenir son accueil et une agence événementielle envoyer régulièrement des commandes.

Le même raisonnement vaut pour les mariages et autres événements privés. Une seule prestation peut représenter plusieurs centaines ou plusieurs milliers d’euros, là où il faudrait des dizaines de bouquets classiques pour atteindre le même montant.

Pour un nouveau fleuriste, le B2B et l’événementiel sont ainsi deux moyens assez évidents de sortir du modèle où chaque nouvelle vente dépend d’un client qui pousse spontanément la porte de la boutique.

Le marché des fleurs en France est-il encore intéressant pour créer un business ?

Oui, on peut encore créer un bon business dans les fleurs en France, mais ouvrir une fleuristerie généraliste sans vraie différence devient une proposition assez faible.

Le marché garde une taille sérieuse : les fleuristes réalisent plus de 1,5 milliard d’euros de chiffre d’affaires, la fleur coupée reste profondément ancrée dans les cadeaux et les grandes occasions, et le circuit spécialisé conserve près de la moitié des dépenses de fleurs coupées.

En revanche, nous avons maintenant assez de recul pour voir que la consommation générale ne pousse plus le secteur. Comme vu plus haut, le nombre d’acheteurs baisse depuis plusieurs années et les ménages arbitrent davantage vers des produits moins chers. Il faut donc convaincre des clients déjà sollicités par les fleuristes existants, la grande distribution, les jardineries et Internet.

Les meilleurs espaces nous semblent ailleurs que dans le simple bouquet standard : fleurs françaises et saisonnières, univers visuel très identifiable, mariages, événements, abonnements d’entreprises, hôtels et restaurants, livraison locale ou modèle mêlant boutique et commande en ligne.

L’approvisionnement mérite autant d’attention que le marketing. Les importations dépassent désormais 1 milliard d’euros et représentent douze fois les exportations de la filière ornementale. Sécuriser des producteurs, réduire la casse et construire un assortiment moins interchangeable peut avoir plus d’impact sur la rentabilité que chercher quelques points de croissance supplémentaire du marché.

Notre réponse à la question de départ est donc claire : la France reste un gros marché de fleurs, mais c’est aujourd’hui un marché mature et disputé. Il y a encore largement de quoi créer une entreprise rentable. Copier la fleuristerie traditionnelle du quartier en espérant que la demande fasse le reste est beaucoup moins convaincant.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Il n’existe pas un chiffre unique permettant de dire simplement si le marché français des fleurs est grand, dynamique ou attractif pour un nouvel entrant. Nous avons donc traité la question comme un ensemble de dimensions complémentaires plutôt que de chercher une statistique qui résumerait artificiellement tout le secteur.

Nous avons croisé les données les plus récentes disponibles sur la consommation des ménages, l’activité économique des fleuristes, la structure de la profession, les catégories de produits, les temps forts calendaires, les circuits de distribution, la production française et les échanges internationaux. L’objectif était de faire apparaître les tendances qui se confirment à travers plusieurs indicateurs indépendants, plutôt que de donner trop de poids à une variation isolée.

Nous avons privilégié les données françaises produites ou publiées directement par FranceAgriMer et VALHOR, ainsi que les statistiques agricoles et douanières qu’ils exploitent. Pour les comportements d’achat, nous nous sommes principalement appuyés sur le panel consommateurs Kantar utilisé conjointement par FranceAgriMer et VALHOR, qui suit plusieurs milliers de foyers français et permet de comparer les catégories de végétaux, les circuits et leur évolution dans le temps.

Lorsque plusieurs périmètres coexistent, nous les avons conservés séparément. Le marché large des végétaux permet de comprendre la demande des ménages ; les données propres aux fleuristes donnent une lecture beaucoup plus directe de l’économie accessible à une boutique spécialisée ; les statistiques sur les fleurs coupées permettent enfin d’isoler le cœur commercial du métier. Nous n’avons donc pas additionné des chiffres correspondant à des périmètres différents pour fabriquer une estimation artificielle du marché.

Nous avons également distingué les niveaux absolus des évolutions relatives. Une catégorie peut rester importante tout en reculant, ou gagner du poids simplement parce que les catégories voisines baissent plus rapidement. De la même manière, un pic de ventes pendant une fête peut être déterminant opérationnellement sans représenter une part dominante du chiffre d’affaires annuel.

Enfin, nous avons interprété les chiffres avec une question entrepreneuriale précise en tête : que disent-ils réellement à quelqu’un qui envisage d’ouvrir ou de développer une activité florale en France ? Notre conclusion repose donc sur l’agrégation de ces différents éléments — taille du marché, évolution de la demande, intensité concurrentielle, valeur captée par les fleuristes, mix produit, dépendance aux importations et possibilités de différenciation — plutôt que sur une impression générale du secteur.

Les principales sources utilisées sont : FranceAgriMer sur les chiffres clés des fleuristes, VALHOR sur la structure économique de la profession, VALHOR sur le marché des végétaux en 2025, le rapport annuel du panel consommateurs Kantar 2025, VALHOR sur les achats de fleurs et plantes lors des fêtes, FranceAgriMer sur le commerce extérieur de l’horticulture ornementale, l’Observatoire des exploitations horticoles et des pépinières et VALHOR sur le label Fleurs de France.