Spectacle : la fréquentation est-elle encore en hausse ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Oui, la fréquentation du spectacle vivant augmente encore en France aujourd’hui, mais la phase de rattrapage spectaculaire est terminée : le marché avance désormais de quelques pourcents par an, avec de gros écarts selon les formats.

Le chiffre national reste positif : environ 65 millions de billets ont été délivrés sur le dernier bilan complet, soit +4 % en un an, alors que le nombre de représentations bouge à peine. La croissance vient donc davantage d’un meilleur remplissage que d’une multiplication des dates.

La musique montre très bien le ralentissement. Après +11 % de fréquentation l’année précédente, les concerts, spectacles musicaux et humoristiques suivis par le CNM ne gagnent plus qu’environ 2 %, tandis que les recettes augmentent bien plus vite.

C’est d’ailleurs l’un des points les plus importants du marché actuel : le chiffre d’affaires progresse davantage que le nombre de spectateurs. La hausse des prix et le mix de spectacles pèsent désormais beaucoup dans la croissance économique du secteur.

Le théâtre ne suit pas exactement la même courbe. Après un recul, il vient de retrouver environ 1,7 million de spectateurs en douze mois, surtout grâce au retour des publics occasionnels. Ce n’est donc pas une croissance régulière, mais le rebond est réel.

Les festivals se redressent eux aussi : leur taux de remplissage moyen atteint 80 % dans le dernier bilan anticipé et 36 % des festivals étudiés dépassent 90 %. Pourtant, une salle pleine ou un festival presque complet ne garantit toujours pas la rentabilité.

Le marché est financièrement très concentré. Une petite part de très grands événements capte une grosse portion des recettes, alors que plus de la moitié des représentations musicales payantes restent sous 200 entrées.

Pour un nouvel acteur, les jauges intermédiaires sont probablement les plus intéressantes aujourd’hui. Les catégories situées entre quelques centaines et quelques milliers de spectateurs ont récemment mieux progressé que les toutes petites jauges et offrent plus de marge pour amortir les coûts fixes.

Le vrai sujet n’est donc plus seulement d’attirer du public, mais de savoir combien chaque spectateur rapporte après location de salle, technique, personnel, droits, commissions et communication. Sur une salle de 500 places, quelques milliers d’euros de coûts supplémentaires peuvent faire passer le point mort de 67 % à plus de 90 % de remplissage.

Notre lecture du marché est simple : le spectacle vivant reste porteur, mais la croissance facile est derrière nous. Les projets les mieux placés sont ceux qui savent remplir régulièrement, répéter le même concept dans plusieurs villes, justifier leur prix et garder une structure de coûts disciplinée.

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La fréquentation des spectacles augmente-t-elle encore en France aujourd’hui ?

Oui, la fréquentation du spectacle vivant augmente encore en France, mais la hausse est devenue assez lente.

Le dernier bilan national complet du ministère de la Culture compte 65 millions de billets délivrés pour près de 230 000 représentations. Cela représente 4 % de billets supplémentaires en un an alors que le nombre de représentations reste pratiquement inchangé.

La musique raconte encore mieux le ralentissement. D’après le Centre national de la musique, les concerts, spectacles musicaux et humoristiques suivis par son dispositif ont accueilli 37,9 millions de spectateurs en 2024. La fréquentation gagne seulement 2 %, après une hausse de 11 % l’année précédente.

Les données arrivées depuis vont dans le même sens. Sur l’ensemble de 2025, le ministère de la Culture estime que l’activité des arts de la scène a encore progressé de 2 % en volume. Au quatrième trimestre, en revanche, elle était simplement stable par rapport à l’année précédente.

Nous avons donc encore de la croissance aujourd’hui, mais plus vraiment de boom. Pour un porteur de projet, la différence est importante : le public continue de sortir, sans créer pour autant une vague de demande qui remplirait automatiquement de nouveaux spectacles.

Indicateur Dernier niveau disponible Évolution
Billets du spectacle vivant ~65 millions +4 %
Recettes de billetterie ~2,4 Md€ +11 %
Représentations ~230 000 Stable
Public musique et variétés 37,9 millions +2 %
Billetterie musique et variétés ~1,6 Md€ HT +13 %
Prix moyen musique et variétés 45 € +10 %
Activité des arts de la scène en 2025 — +2 % en volume
Activité au dernier trimestre 2025 — Stable sur un an

Le spectacle vivant a-t-il vraiment dépassé son niveau d’avant-Covid ?

Oui, le spectacle vivant français a largement dépassé son niveau économique d’avant-Covid.

Les dernières données conjoncturelles du ministère de la Culture placent le volume d’activité des arts de la scène environ 40 % au-dessus de 2019 sur l’ensemble de 2025. En valeur, l’écart atteint 52 %.

Même le dernier trimestre, pourtant beaucoup moins dynamique sur un an, reste 39 % au-dessus du trimestre comparable de 2019 en volume et 50 % au-dessus en valeur.

Le débat sur le simple retour du public est donc largement derrière nous. Le spectacle vivant ne fait plus que récupérer les années perdues pendant la pandémie.

Il faut toutefois éviter une mauvaise lecture de ces chiffres. Une hausse de 40 % du volume économique ne signifie évidemment pas que chaque théâtre ou chaque salle accueille 40 % de personnes supplémentaires. Le secteur s’est aussi transformé : prix des billets plus élevés, grosses productions, nouvelles capacités et différences très fortes entre disciplines.

Pour quelqu’un qui lance un spectacle aujourd’hui, le sujet intéressant n’est plus le retour post-Covid. Il faut surtout savoir quels formats continuent réellement de gagner du public.

Les spectacles gagnent-ils surtout de l’argent parce qu’il y a plus de spectateurs ?

Non, les recettes du spectacle vivant augmentent aujourd’hui beaucoup plus vite que le nombre de spectateurs.

Le contraste est frappant. Sur l’ensemble du spectacle vivant, le nombre de billets gagne 4 % en un an alors que les recettes progressent de 11 %. Dans la musique et les variétés, l’écart est encore plus grand : environ +2 % de fréquentation et +13 % de recettes HT.

Le prix moyen d’un billet suivi par le CNM est passé d’environ 41 à 45 €, soit +10 % en un an.

Une petite partie de cette hausse vient d’événements exceptionnels, notamment les cérémonies olympiques et paralympiques intégrées aux données fiscales du CNM. Même en tenant compte de cet effet, les prix contribuent clairement davantage à la croissance du marché qu’il y a quelques années.

Pour un entrepreneur, regarder uniquement le chiffre d’affaires du secteur serait trompeur. Un marché qui gagne 11 ou 13 % de billetterie alors que son audience n’ajoute que quelques pourcents raconte surtout une meilleure monétisation de chaque spectateur.

Les concerts tirent-ils encore le spectacle vivant vers le haut ?

Oui, les concerts restent de loin le plus gros moteur commercial du spectacle vivant français.

Le ministère de la Culture recense plus de 58 000 concerts dans son dernier panorama. Ils attirent près de la moitié de tous les spectateurs du spectacle vivant et génèrent plus de la moitié de ses recettes.

Le contraste avec le théâtre donne l’ordre de grandeur. Le théâtre représente environ 96 800 représentations, donc beaucoup plus de dates, mais celles-ci se jouent généralement devant des jauges beaucoup plus petites.

Il y a en fait deux marchés très différents sous une même étiquette. Le théâtre fonctionne beaucoup sur la répétition de petites et moyennes représentations. La musique peut faire basculer les statistiques nationales avec quelques grandes tournées, arenas ou festivals.

Pour créer un business, il faut garder cette différence en tête. Dire que « le spectacle vivant progresse » renseigne assez peu sur les chances de remplir une salle de théâtre de 150 places. Pour un concert de taille moyenne, en revanche, les données récentes sont plus franchement favorables.

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Le théâtre gagne-t-il vraiment de nouveaux spectateurs en ce moment ?

Oui, le théâtre vient de retrouver beaucoup de spectateurs après une année de recul.

Le dernier baromètre ASTP-Médiamétrie estime à 13 millions le nombre de Français ayant fréquenté un théâtre au cours des douze mois précédents. Ils étaient 11,3 millions dans la vague précédente.

Cela représente 1,7 million de spectateurs supplémentaires, soit environ +15 %. L’étude explique cette hausse surtout par le retour des publics occasionnels.

Ce rebond mérite d’autant plus notre attention que la vague précédente montrait une baisse de 7 %. Le théâtre vient donc de faire recul puis rebond en deux mesures successives. Parler d’une croissance régulière serait trompeur.

Le profil du public évolue aussi. Son âge moyen est désormais de 46,8 ans dans l’étude, contre 47 ans pour l’ensemble des Français. L’image d’un théâtre fréquenté presque uniquement par un public vieillissant colle donc de moins en moins aux données.

Pour un nouveau spectacle, le chiffre intéressant est surtout celui des 1,7 million de spectateurs retrouvés. La croissance récente semble venir davantage du retour de gens qui vont au théâtre de temps en temps que d’une intensification chez les habitués.

Les festivals attirent-ils encore plus de monde actuellement ?

Oui, les festivals ont retrouvé une bonne dynamique de fréquentation en 2025, après une année 2024 franchement plus difficile.

Le dernier bilan anticipé du CNM porte sur 947 festivals de musique et d’humour. Leur taux de remplissage moyen atteint 80 %. Parmi ceux qui ont répondu sur leur évolution, 50 % disent avoir amélioré leur remplissage par rapport à l’édition précédente.

Plus d’un tiers, 36 %, atteignent désormais au moins 90 % de remplissage. C’était seulement 26 % dans le bilan précédent.

Ce retournement arrive après un vrai recul. Pour les festivals payants de musique et de variétés suivis par le CNM, la fréquentation avait diminué de 5 % en 2024 pour atteindre 8,6 millions de spectateurs. Le nombre de festivals payants avait lui aussi baissé de 5 %, et celui des représentations payantes de 17 %.

Nous avons donc une reprise nette du remplissage, plutôt qu’une longue courbe qui monterait sans interruption.

Indicateur festivals Bilan précédent Dernier bilan
Festivals étudiés dans le bilan anticipé 877 947
Fréquentation moyenne 8 181 8 707
Remplissage ≥ 90 % 26 % 36 %
Remplissage en hausse 44 % 50 %
Remplissage stable 26 % 26 %
Remplissage en baisse 30 % 24 %
Taux de remplissage moyen — 80 %

Un festival peut-il être presque complet et quand même perdre de l’argent ?

Oui, et c’est actuellement l’un des plus gros pièges économiques du spectacle en France.

Dans le bilan précédent du CNM, 44 % des festivals affichant plus de 90 % de remplissage déclaraient malgré tout un exercice déficitaire. Autrement dit, presque un festival très bien rempli sur deux pouvait perdre de l’argent.

La dernière enquête ne montre pas vraiment de détente. Sur les festivals ayant organisé leur édition 2025, 79 % disent avoir rencontré des difficultés et, parmi eux, 80 % citent d’abord des problèmes financiers.

Le problème apparaît directement dans les coûts. Les dépenses artistiques et techniques ont augmenté pour presque la moitié du panel. Les assurances avaient déjà gagné 14 % sur un an dans l’étude économique précédente, après une hausse cumulée de 49 % entre 2019 et 2022.

La billetterie ne représente par ailleurs qu’environ 44 % des produits moyens d’un festival étudié par le CNM. Les bars et la restauration comptent environ 15 %, auxquels s’ajoutent subventions, partenaires, mécénat et autres revenus.

Un porteur de projet qui construit son modèle autour de la seule idée « si je remplis, je gagne de l’argent » prend donc un vrai risque. Le taux de remplissage doit être lu avec le coût par spectateur, le prix moyen et les revenus annexes.

Le public accepte-t-il encore de payer plus cher ses billets de spectacle ?

Oui, le public a jusqu’ici absorbé des billets nettement plus chers sans faire chuter la fréquentation globale.

Dans la musique et les variétés, le prix moyen suivi par le CNM est passé d’environ 41 à 45 € en un an. Malgré cette hausse de 10 %, la fréquentation a encore gagné environ 2 %.

La capacité à payer n’est évidemment pas la même partout. Une star internationale, un artiste rare ou une production très spectaculaire peut demander beaucoup plus qu’un humoriste inconnu dans une petite salle.

Le prix reste d’ailleurs un frein important. Les travaux sur les pratiques culturelles utilisés par le ministère montrent qu’environ 53 % des personnes ne fréquentant pas les concerts citent le prix parmi leurs obstacles. Pour le théâtre, le manque d’intérêt ressort davantage et le prix est cité par environ 39 % des non-spectateurs.

Pour un nouveau spectacle, monter simplement le tarif parce que « les billets sont plus chers aujourd’hui » serait une lecture paresseuse du marché. Les productions qui réussissent à augmenter leurs prix vendent aussi de la rareté, un artiste, une histoire ou une expérience suffisamment forte pour rendre ce prix acceptable.

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Les très gros spectacles prennent-ils tout l’argent du marché ?

Ils en prennent une énorme part, mais la meilleure croissance récente se trouve plutôt dans les jauges intermédiaires.

Dans la musique et les variétés, plus de la moitié des représentations payantes enregistrent moins de 200 entrées. À l’autre extrême, les spectacles dépassant 6 000 spectateurs captent plus d’un tiers des recettes.

Le marché est donc très concentré financièrement : beaucoup de petites dates coexistent avec un petit nombre d’événements capables de générer des millions d’euros.

Pourtant, le CNM observe récemment une hausse particulièrement nette de la fréquentation et des recettes pour les spectacles compris entre environ 200 et 6 000 entrées. Les représentations de moins de 200 entrées ont moins bien résisté, tout comme les très grandes jauges sur la période mesurée.

C’est probablement la partie la plus intéressante du marché pour un nouvel acteur qui ne dispose pas déjà d’une superstar. Une salle de 500, 1 000 ou 2 000 places reste assez grande pour amortir des coûts fixes, tout en restant beaucoup plus accessible qu’une arena.

Est-ce encore rentable de lancer un spectacle dans une salle de 200 à 1 000 places ?

Oui, les jauges de quelques centaines à un millier de places peuvent encore offrir un très bon terrain, à condition de pouvoir répéter le spectacle.

Prenons une salle de 500 places avec un billet moyen de 35 €. À 75 % de remplissage, une représentation génère 13 125 € de billetterie brute. Vingt dates donnent environ 262 500 €.

Avec 1 000 places, toujours à 75 % et 35 € le billet, nous obtenons 26 250 € par date et 525 000 € sur vingt représentations.

Ces montants ne correspondent évidemment pas à un bénéfice. Il faut encore payer la salle, l’artiste, la production, la technique, le personnel, la communication, les commissions, les droits et les taxes.

Mais ils montrent pourquoi les formats réplicables sont intéressants. Une création coûte cher une fois puis peut être amortie sur une tournée. Humour, magie, spectacle familial, tribute, spectacle musical léger ou certains formats immersifs se prêtent particulièrement bien à cette logique.

Le dernier mouvement du marché renforce cette idée : les jauges intermédiaires font justement partie de celles où la fréquentation récente a le mieux progressé.

Une toute petite salle profite-t-elle aussi de la hausse du spectacle vivant ?

Beaucoup moins : aujourd’hui, les très petites jauges restent parmi les modèles les plus fragiles du spectacle.

Plus de la moitié des représentations musicales payantes enregistrent moins de 200 entrées, mais cette catégorie a récemment perdu de la fréquentation alors que les jauges intermédiaires progressaient.

Le calcul explique rapidement la difficulté. Une date à 150 spectateurs et 25 € le billet ne produit que 3 750 € de billetterie brute. Avec 70 % de remplissage, nous tombons à 2 625 €.

Sur cette somme doivent encore passer artiste, technicien, salle, communication, personnel, droits et autres frais. Quelques centaines d’euros supplémentaires de coûts peuvent donc complètement changer la rentabilité de la soirée.

Une petite jauge peut évidemment fonctionner avec un loyer faible, un artiste peu coûteux, beaucoup de dates ou de bons revenus annexes. Mais la croissance nationale du spectacle vivant ne protège pas mécaniquement ce modèle.

Combien faut-il remplir une salle pour commencer à gagner de l’argent ?

Il faut souvent dépasser largement 60 ou 70 % de remplissage, et certains spectacles ont besoin d’être presque complets pour atteindre leur point mort.

Prenons une salle de 500 places avec 30 € réellement conservés par spectateur après les prélèvements directement liés au billet.

Avec 10 000 € de coûts par représentation, il faut vendre environ 334 places pour couvrir les dépenses, soit 67 % de remplissage. À 12 000 € de coûts, le point mort passe à 400 spectateurs, donc 80 %. À 14 000 €, il faut environ 467 entrées, soit 93 % de la salle.

Trois ou quatre mille euros de coûts supplémentaires peuvent ainsi transformer un spectacle confortable à 70 % de remplissage en spectacle qui doit pratiquement afficher complet. C’est le vrai piège.

Comme nous l’avons vu avec les festivals, un excellent taux de remplissage ne suffit donc pas à prouver que le modèle fonctionne.

Coûts par représentation Revenu net par spectateur Billets à vendre Remplissage sur 500 places
6 000 € 30 € 200 40 %
8 000 € 30 € 267 53 %
10 000 € 30 € 334 67 %
11 000 € 30 € 367 73 %
12 000 € 30 € 400 80 %
13 000 € 30 € 434 87 %
14 000 € 30 € 467 93 %
15 000 € 30 € 500 100 %
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Y a-t-il encore beaucoup de Français à convaincre d’aller au spectacle ?

Oui, et le potentiel se trouve surtout chez les spectateurs occasionnels et les gens qui ne trouvent pas encore une offre assez attirante.

Le dernier baromètre relayé par le CNM indique que 53 % des Français vont au moins une fois par an à un spectacle. Cela laisse mécaniquement une très grosse partie de la population hors du marché annuel.

Le prix n’explique qu’une partie du problème. Pour les concerts, il ressort fortement comme frein. Pour le théâtre, le manque d’intérêt est encore plus souvent cité. Chez les jeunes, des enquêtes ont également fait ressortir un problème de lisibilité de l’offre.

Cela change la manière de penser un nouveau concept. Baisser un billet de 5 € ne donnera pas envie à quelqu’un qui ne comprend pas ce que le spectacle va lui apporter.

Les 15-24 ans donnent d’ailleurs un bon contre-exemple à l’idée d’une génération qui ne sortirait plus. Les dernières études de pratiques culturelles les montrent très présents au cinéma, dans les festivals et autour de la musique. Le baromètre Ekhoscènes indique aussi que 74 % des 15-24 ans se disent passionnés par au moins un artiste musical.

Il reste donc beaucoup de demande potentielle, mais il faut une proposition qui se comprend immédiatement. Pour un nouveau spectacle, « pourquoi est-ce que j’irais voir ça samedi soir ? » est probablement une meilleure question commerciale que « comment augmenter notre notoriété ? ».

Faut-il programmer plus de dates pour profiter de la hausse de fréquentation ?

Non, les chiffres récents donnent plutôt envie de mieux remplir les dates existantes.

Le dernier bilan national compte environ 230 000 représentations, un nombre pratiquement stable, alors que le volume de billets progresse de 4 %. Dans la musique et les variétés, le nombre de représentations payantes reste lui aussi quasiment inchangé d’une année à l’autre pendant que la fréquentation gagne environ 2 %.

Une salle de 500 places avec un billet à 30 € gagne 3 000 € de billetterie brute supplémentaire en passant de 55 % à 75 % de remplissage. Sur trente dates, cela représente 90 000 € de revenus supplémentaires sans ajouter une représentation.

Ajouter dix dates peu remplies crée au contraire dix nouvelles journées de location, de personnel, de technique et parfois de transport.

Pour beaucoup de nouveaux projets, mieux vaut donc vingt dates bien remplies que quarante soirées ajoutées trop vite. Le calendrier n’est pas la croissance.

La hausse actuelle du spectacle vivant peut-elle encore durer ?

Oui, mais probablement à quelques pourcents par an plutôt qu’au rythme spectaculaire du rebond post-Covid.

Plusieurs indicateurs racontent la même histoire. La billetterie nationale gagne encore 4 %. La musique est passée de +11 % de fréquentation à +2 %. L’activité des arts de la scène progresse encore de 2 % en volume sur 2025, puis devient stable sur un an au dernier trimestre. Le théâtre vient de fortement rebondir, alors que les festivals retrouvent de meilleurs taux de remplissage après leur recul précédent.

Le marché continue donc d’avancer, mais chaque segment suit désormais sa propre trajectoire.

Pour continuer à croître, le spectacle vivant devra surtout ramener les publics occasionnels, justifier des billets devenus plus chers et créer des formats assez désirables pour gagner un arbitrage face au cinéma, aux restaurants, au sport, au gaming, au streaming et aux autres loisirs.

Le temps où le simple retour des Français dans les salles faisait monter presque tout le secteur est derrière nous.

Spectacle : la fréquentation est-elle encore en hausse ?

Oui, la fréquentation du spectacle vivant est encore en hausse en France, mais nous sommes aujourd’hui dans une croissance lente et très inégale.

Le dernier bilan national complet compte environ 65 millions de billets, soit +4 %, sans augmentation significative du nombre de représentations. La musique et les variétés gagnent encore 2 % de public. L’activité des arts de la scène progresse de 2 % en volume sur l’année suivante. Le dernier baromètre du théâtre ajoute 1,7 million de spectateurs, tandis que la moitié des festivals interrogés disent avoir amélioré leur remplissage.

En même temps, plusieurs limites sont déjà visibles. La croissance trimestrielle du spectacle vivant s’est tassée. Les petites jauges musicales ont davantage de mal. Les festivals peuvent perdre de l’argent avec 90 % de remplissage. Et la hausse des recettes vient désormais beaucoup plus des prix que d’une explosion du nombre de spectateurs.

Pour quelqu’un qui veut créer un business dans le spectacle en France, la conclusion est assez nette : il y a encore du public à prendre, mais beaucoup moins de croissance facile.

Les projets les mieux placés aujourd’hui sont probablement ceux qui peuvent remplir des jauges intermédiaires, répéter le même concept dans plusieurs villes et garder leurs coûts sous contrôle. Une salle pleine reste une excellente nouvelle. Elle n’est simplement plus une preuve suffisante que le business est bon.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à répondre à une question simple en apparence : la fréquentation des spectacles augmente-t-elle encore en France aujourd’hui ? Pour éviter de tirer une conclusion à partir d’un seul chiffre national, nous avons croisé fréquentation, nombre de représentations, recettes, prix des billets, remplissage, taille des jauges et évolution de plusieurs segments du spectacle vivant.

Le socle national vient du ministère de la Culture et du DEPS. Le bilan de la billetterie du spectacle vivant en 2024 sert à mesurer le nombre de billets délivrés, les recettes, le nombre de représentations et la répartition entre disciplines. Les notes de conjoncture 2025 permettent ensuite de vérifier si l’activité continue réellement de progresser après ce bilan annuel.

Pour la musique et les variétés, nous nous appuyons surtout sur le Centre national de la musique. Ses données permettent de comparer fréquentation, recettes, prix moyen, nombre de représentations et évolution selon les tailles de jauge. Le bilan 2023 est utilisé comme point de comparaison pour mesurer le ralentissement de la croissance entre deux années successives.

Les festivals sont traités séparément. Le bilan anticipé 2025 du CNM permet de suivre le taux de remplissage et son évolution, tandis que l’étude économique sur les festivals sert à vérifier qu’un bon niveau de fréquentation ne signifie pas automatiquement un exercice rentable. Les coûts artistiques, techniques, d’assurance et la part de la billetterie dans les produits sont donc analysés à part.

Pour le théâtre, nous utilisons le baromètre ASTP-Médiamétrie 2026, qui mesure le nombre de Français déclarant avoir fréquenté un théâtre, son évolution par rapport à la vague précédente et le retour des publics occasionnels. Ces données d’enquête ne sont pas additionnées aux volumes de billets : elles servent à comprendre la dynamique du public, pas à reconstruire un total national.

Les travaux du Crédoc publiés par le ministère de la Culture sont utilisés pour éclairer les freins à la fréquentation, notamment le prix, le manque d’intérêt ou la difficulté à identifier une offre attirante. Les données sur les 15-24 ans servent à vérifier si la demande des jeunes s’éloigne réellement du spectacle vivant ou si elle se déplace vers certains formats.

Nous séparons aussi volontairement fréquentation et recettes. Une hausse de la billetterie en euros peut venir d’un public plus nombreux, de billets plus chers ou d’un mix de spectacles différent. Comparer volumes, prix et recettes permet donc de voir si le marché gagne réellement des spectateurs ou s’il monétise mieux ceux qui viennent déjà.

Les simulations économiques de salles de 500 ou 1 000 places, ainsi que les calculs de point mort, sont des scénarios pédagogiques construits à partir d’hypothèses explicites de capacité, de prix et de coûts. Ils ne sont pas présentés comme des moyennes nationales ni comme des prévisions de rentabilité.

Parmi les principales sources utilisées figurent le bilan 2024 de la billetterie du spectacle vivant du ministère de la Culture, la note de conjoncture du quatrième trimestre 2025, les chiffres 2024 de la diffusion live du CNM, le bilan anticipé des festivals 2025, l’étude du CNM sur l’économie des festivals, le baromètre ASTP-Médiamétrie sur les Français et le théâtre en 2026 et l’étude du ministère de la Culture et du Crédoc sur les sorties culturelles.