Quels sont les chiffres du marché du textile en France ?

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Quels sont les chiffres du marché du textile en France ? Le marché reste immense : environ 35 milliards d’euros pour l’habillement, plus de 40 milliards avec les chaussures, 53 milliards pour le commerce de mode au sens large et environ 14 milliards pour l’industrie textile française.
Le paradoxe est que les Français achètent toujours énormément de pièces alors que la valeur du marché ne progresse plus vraiment. En 2025, 3,6 milliards de vêtements, chaussures et articles de linge ont été mis sur le marché, tandis que les ventes textile-habillement restent nettement sous leur niveau de 2019.
La pression sur les prix est devenue centrale. Environ 70 % des achats neufs se situent dans l’entrée de gamme, avec un prix moyen autour de 8,30 €, presque au même niveau que les 8,50 € observés pour un article textile de seconde main.
Le déplacement vers Internet continue : environ 31 % des dépenses d’habillement passent déjà par le e-commerce, et les ventes en ligne progressent encore pendant que les magasins physiques reculent.
La seconde main a changé de dimension. Elle représente autour de 11 % du marché en valeur et près d’un vêtement sur cinq en volume, avec Vinted devenu un acteur suffisamment gros pour concurrencer directement les enseignes traditionnelles.
Shein, Temu et AliExpress accentuent encore cette pression. Ensemble, ils représentaient 19 % des volumes d’habillement achetés en ligne en 2025, avec des prix moyens extrêmement bas.
Le magasin généraliste de milieu de gamme est probablement le modèle le plus exposé aujourd’hui : coûts fixes élevés, trafic qui se déplace vers Internet, concurrence du low-cost et montée de l’occasion.
Le Made in France garde une vraie place, mais surtout lorsqu’il apporte autre chose que l’origine : technicité, petites séries, rapidité de réassort, personnalisation, qualité ou positionnement premium.
Les opportunités les plus intéressantes ne se trouvent pas forcément dans la création d’une nouvelle marque généraliste. Les vêtements professionnels, les niches techniques, le bébé, certaines catégories de chaussures et les services autour de la réparation, du réemploi et du recyclage offrent des terrains plus lisibles.
Pour un créateur d’entreprise, la taille du marché ne suffit donc plus comme argument. Le textile français reste énorme, mais il récompense davantage les modèles très ciblés, capables d’éviter une guerre de prix frontale avec les plateformes et la seconde main.
Combien pèse vraiment le marché du textile en France ?
Le marché textile et de la mode en France pèse plusieurs dizaines de milliards d’euros, mais il faut absolument distinguer les vêtements vendus aux consommateurs, le commerce de mode et la fabrication textile française.
Pour l’habillement, l’ordre de grandeur tourne autour de 35 milliards d’euros de ventes annuelles. Si nous élargissons aux chaussures et aux autres dépenses vestimentaires des ménages, nous dépassons les 40 milliards.
Une étude Xerfi publiée par l’Alliance du Commerce donne une vision encore plus large. Le commerce de mode, qui comprend l’habillement, les chaussures, les articles textiles, les grands magasins et les magasins populaires, a généré 53 milliards d’euros de chiffre d’affaires direct en 2025. Il employait directement 198 500 personnes.
Avec les fournisseurs, la logistique, l’immobilier, le marketing et les autres activités entraînées par ces commerces, Xerfi estime l’activité totale soutenue à 92 milliards d’euros et 284 000 emplois.
Il faut ensuite séparer ce commerce de la production. L’Union des Industries Textiles recense 2 164 entreprises industrielles, 61 296 emplois et environ 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires.
Nous parlons donc d’un gros marché de consommation, adossé à une industrie française beaucoup plus petite et spécialisée.
| Ce que nous mesurons | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Marché français de l’habillement | ≈35 Md€ |
| Dépenses habillement + chaussures des ménages | >40 Md€ |
| Commerce de mode au sens large | 53 Md€ |
| Activité totale soutenue par le commerce de mode | 92 Md€ |
| Emplois directs du commerce de mode | 198 500 |
| Industrie textile française | 14 Md€ |
| Emplois dans l’industrie textile | 61 296 |
Est-ce que les Français dépensent encore autant en vêtements aujourd’hui ?
Non. Les ventes françaises d’habillement et de textile restent nettement en dessous de leur niveau d’avant-Covid, et le marché recule encore légèrement aujourd’hui.
Les dernières données de l’Institut Français de la Mode sont assez claires. Sur les sept premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires des distributeurs textile-habillement a baissé de 1,5 % par rapport à la même période de 2025.
Le décrochage devient plus impressionnant quand nous remontons à 2019 : les ventes en valeur restent 10,8 % plus basses.
Même le dernier mois disponible n’a pas vraiment changé la tendance. Les ventes ont baissé de 0,7 % sur un an en juillet, après un premier semestre à -1,6 %.
Ce n’est plus un simple trou d’air lié au Covid. Le secteur n’a jamais récupéré tout le chiffre d’affaires perdu depuis 2019.
Pour un entrepreneur, la taille du marché peut donc donner une fausse impression de confort. Trente-cinq milliards d’euros restent une masse énorme, mais un nouvel entrant se lance dans un marché où la valeur globale ne progresse pas.
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Si le marché baisse, pourquoi les Français achètent-ils toujours autant de vêtements ?
Les Français continuent actuellement d’acheter énormément de vêtements : 3,6 milliards de pièces neuves de vêtements, linge de maison et chaussures ont été mises sur le marché en 2025, soit 1,5 % de plus qu’un an auparavant.
C’est presque 10 millions de nouvelles pièces chaque jour.
Refashion calcule qu’un Français a acheté en moyenne 43 vêtements neufs en 2025, contre 42 l’année précédente. Les volumes avaient déjà progressé en 2024.
Le décalage est donc très net entre les euros dépensés chez les distributeurs traditionnels et le nombre d’articles qui circulent.
La réponse se trouve largement dans les prix. Sept achats sur dix concernent désormais des produits d’entrée de gamme.
Le prix moyen relevé par Refashion pour un article neuf d’entrée de gamme est de seulement 8,30 €.
Le marché français absorbe ainsi toujours des quantités gigantesques de vêtements, mais une part croissante de ces volumes se vend très peu cher. Pour une nouvelle marque, c’est probablement la tension économique la plus importante à comprendre.
Est-ce que le textile français est devenu un marché de produits à moins de 10 € ?
Pour une grande partie des volumes, oui : environ 70 % des achats neufs se font aujourd’hui dans l’entrée de gamme, avec un prix moyen autour de 8,30 € pour ces articles.
Et là, ça change beaucoup de choses pour une nouvelle marque.
Une entreprise française qui vend un tee-shirt à 35 €, une chemise à 70 € ou un pantalon à 100 € n’est plus uniquement comparée aux marques traditionnelles du même positionnement. Le client voit aussi des milliers de références à moins de 10 ou 20 € sur Shein, Temu, Primark ou diverses marketplaces.
En 2025, les produits importés via certaines grandes plateformes internationales coûtaient en moyenne seulement 6,40 € selon les chiffres des Douanes repris par le Sénat.
La pression ne vient d’ailleurs pas uniquement du neuf très bon marché. Un article textile de seconde main vendu en France coûte en moyenne 8,50 €, soit quasiment le même prix que les 8,30 € d’un produit neuf d’entrée de gamme.
Pour une marque indépendante, essayer de gagner cette guerre des prix paraît donc particulièrement dangereux. Avec de petits volumes de production, des coûts marketing élevés et peu de pouvoir de négociation auprès des fournisseurs, les économies d’échelle jouent immédiatement contre elle.
Quelle part des vêtements est désormais achetée sur Internet en France ?
Environ 31 % des dépenses françaises d’habillement passent actuellement par Internet, et le canal en ligne continue de gagner du terrain pendant que les magasins reculent.
Sur les sept premiers mois de 2025, la Fevad et l’IFM estimaient précisément la part du e-commerce à 30,7 % des achats d’habillement en valeur.
Chez les 18-34 ans, elle montait déjà à 34,7 %. Chez les 55 ans et plus, elle restait plus faible à 22,5 %.
Les toutes dernières données renforcent cette différence. Sur les sept premiers mois de 2026, les ventes en ligne de textile-habillement ont augmenté de 2,6 % alors que les ventes des magasins physiques ont baissé de 3,1 %.
En juillet seul, l’écart allait dans la même direction : +2,5 % en ligne contre -2,4 % en magasin.
Il devient donc difficile de lancer une marque textile en considérant Internet comme un simple canal supplémentaire. Pour beaucoup de catégories, le site, les marketplaces, les réseaux sociaux et l’acquisition digitale font désormais partie du cœur du modèle économique.
| Canal ou population | Part / évolution |
|---|---|
| Part du e-commerce dans l’habillement | 30,7 % |
| Part du e-commerce chez les 18-34 ans | 34,7 % |
| Part du e-commerce chez les 55 ans et plus | 22,5 % |
| Ventes en ligne textile-habillement, janv.-juil. 2026 | +2,6 % |
| Magasins physiques, janv.-juil. 2026 | -3,1 % |
| Ventes en ligne en juillet 2026 | +2,5 % |
| Magasins physiques en juillet 2026 | -2,4 % |
Est-ce que Vinted prend vraiment une grosse part du marché du vêtement ?
Oui. La seconde main représente désormais autour de 11 % du marché français de l’habillement en valeur et presque un vêtement sur cinq en volume.
Un récent rapport du Sénat chiffre le marché français de l’habillement d’occasion à environ 6 milliards d’euros. Cela représente 11,2 % du marché en valeur et 19 % en volume.
La seconde main n’est plus une petite activité périphérique.
La tendance continue également de progresser. Refashion estime que 65 400 tonnes de textiles, linge et chaussures d’occasion ont été vendues en France en 2025, soit 4,8 % de plus en un an.
Les jeunes sont nettement plus avancés dans ce basculement. Les données reprises par le Sénat attribuent à la seconde main 18 % des dépenses vestimentaires des 18-24 ans, contre seulement 4,2 % chez les 55 ans et plus.
Et Vinted a atteint un niveau assez remarquable : la plateforme est désormais présentée dans les travaux parlementaires comme le premier vendeur de textile en France toutes catégories confondues.
Pour une nouvelle marque, l’occasion devient donc un concurrent direct. Un consommateur disposant de 30 € peut comparer un vêtement neuf d’une jeune marque avec plusieurs produits de marques connues sur Vinted.
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Shein, Temu et AliExpress pèsent-ils vraiment lourd en France ?
Oui. Shein, Temu et AliExpress représentaient déjà 19 % des achats de vêtements en ligne en volume en 2025, ce qui suffit à peser directement sur les prix du marché français.
Les chiffres transmis par les Douanes et repris par le Sénat donnent une idée de l’échelle atteinte par les grandes plateformes asiatiques : 826 millions d’articles importés en France via ces circuits en 2025, pour une valeur de 5,6 milliards d’euros.
Cela correspond à environ 2,3 millions d’articles par jour.
Les vêtements achetés via Shein, Temu et AliExpress représentaient ensemble 19 % des volumes d’habillement en ligne et 8 % de la valeur. Leur prix moyen ressortait à 6,40 €.
Une autre étude présentée par la Fevad estimait que Shein et Temu à elles seules représentaient 16 % des volumes d’habillement achetés en ligne sur les sept premiers mois de 2025 et environ 5 % de tous les vêtements achetés en France, magasins compris.
Voilà pourquoi le prix moyen devient si difficile à défendre pour une nouvelle marque généraliste. Ces plateformes injectent des centaines de millions d’articles très peu chers dans le système.
| Indicateur | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Articles importés via grandes plateformes en 2025 | 826 M |
| Valeur correspondante | 5,6 Md€ |
| Articles par jour | ≈2,3 M |
| Prix moyen | 6,40 € |
| Origine chinoise | 97 % |
| Shein + Temu + AliExpress dans l’habillement en ligne, volume | 19 % |
| Shein + Temu + AliExpress dans l’habillement en ligne, valeur | 8 % |
Est-ce encore une bonne idée d’ouvrir une boutique de vêtements ?
Ouvrir une boutique de vêtements reste possible, mais le magasin généraliste de milieu de gamme est devenu l’un des modèles les plus difficiles du textile français.
Les dernières statistiques expliquent pourquoi. Le chiffre d’affaires global reste faible, le trafic se déplace vers Internet, les prix d’entrée de gamme descendent très bas et la seconde main récupère une part croissante des achats.
Pendant ce temps, les défaillances se sont accumulées dans le prêt-à-porter français : Camaïeu, San Marina, Burton, Jennyfer, Kaporal, Naf Naf, Esprit ou encore plusieurs restructurations chez Pimkie ont marqué les dernières années.
Ces entreprises n’avaient évidemment pas les mêmes problèmes. Mais leur accumulation montre bien la difficulté du positionnement traditionnel : des collections généralistes, un réseau de magasins coûteux et un prix supérieur aux plateformes low-cost sans atteindre l’image ou les marges du premium.
Le commerce physique garde des avantages lorsque le magasin apporte réellement quelque chose : essayage complexe, conseil, communauté locale, personnalisation, expérience, réparation, événementiel ou assortiment très spécialisé.
Ouvrir une boutique simplement pour y présenter des vêtements disponibles ailleurs sous des formes proches devient franchement risqué.
Le Made in France peut-il encore être rentable dans le textile ?
Oui, le textile Made in France peut être rentable, mais rarement en cherchant à concurrencer directement un vêtement importé à moins de 10 €.
L’industrie textile française compte encore 2 164 entreprises, dont 85 % de PME, pour environ 14 milliards d’euros de chiffre d’affaires et 61 296 emplois selon l’Union des Industries Textiles.
Elle exporte surtout beaucoup : 71 % de son chiffre d’affaires est réalisé à l’étranger.
Ce chiffre dit quelque chose d’important sur les entreprises qui ont résisté aux délocalisations. Elles ne survivent généralement pas grâce à une production de vêtements basiques vendus au même prix que les importations asiatiques. Elles travaillent davantage sur des produits haut de gamme, techniques, professionnels ou difficiles à substituer.
Le Made in France devient aussi plus crédible lorsque l’entreprise utilise la proximité pour produire autrement : petites séries, commandes rapides, personnalisation, réassorts courts ou moins de stocks.
Une étude KPMG réalisée pour l’UIT estimait par ailleurs qu’une entreprise textile produisant largement en France réinjectait environ 84 % de son chiffre d’affaires dans l’économie française, contre 35 % pour un modèle principalement importateur.
C’est un argument commercial intéressant, mais il ne remplacera jamais un bon produit. Un client accepte plus facilement de payer cher lorsque l’origine française vient renforcer une qualité, un design, une fonctionnalité ou une histoire déjà convaincante.
Est-ce que la France fabrique encore beaucoup de textile ?
La France possède toujours une vraie industrie textile, mais elle s’est énormément réduite et se concentre aujourd’hui sur des activités où le savoir-faire et la technicité comptent davantage que le coût de la main-d’œuvre.
L’Union des Industries Textiles compte actuellement 2 164 entreprises et 61 296 emplois. Le secteur annonce environ 3 000 postes à pourvoir chaque année.
Ces chiffres doivent être remis dans leur histoire. L’ADEME estime que la filière textile française a perdu plus de 300 000 emplois depuis 1990.
Dans le même temps, la consommation française s’est fortement appuyée sur l’importation. Pour la seule catégorie habillement, les Douanes ont enregistré en 2025 environ 15,6 milliards d’euros d’exportations françaises, contre plus de 25 milliards d’importations. Le déficit approche donc 9,5 milliards d’euros.
La France reste beaucoup plus forte lorsqu’on ajoute le cuir et la chaussure, où le luxe génère des exportations importantes.
Pour un entrepreneur, l’opportunité industrielle se trouve surtout dans ce que les producteurs à bas coûts reproduisent moins facilement : textile médical, protection, composites, filtration, défense, aéronautique, automobile, matières innovantes ou produits fortement personnalisés.
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Quels produits textiles continuent de progresser en France ?
Même dans un marché textile globalement faible, certaines catégories progressent franchement : les chemises ont gagné 8 % en volume en 2025, le vestiaire bébé 5 % et les chaussures restent particulièrement dynamiques.
Refashion a comptabilisé 281 millions de paires de chaussures vendues sur l’année. Les sneakers et baskets représentent 39 % de ces volumes, soit environ 110 millions de paires.
Le linge de maison a suivi le mouvement inverse et reculé après deux années de croissance.
Ces écarts sont plus intéressants pour un créateur d’entreprise que la croissance moyenne de tout le secteur. Une marque de vêtements bébé, un fabricant de linge, un vendeur de sneakers et une entreprise de vêtements professionnels travaillent tous dans le “textile”, mais ils ne rencontrent pas du tout la même demande.
Nous chercherions donc davantage un petit segment avec une demande identifiable qu’un morceau abstrait du marché français de 35 ou 50 milliards d’euros.
Une niche représentant seulement 1 % du marché de l’habillement correspond déjà à plusieurs centaines de millions d’euros. Il n’est pas nécessaire de vendre à tout le monde pour construire une entreprise importante.
La réparation, la seconde main et le recyclage peuvent-ils devenir de vrais business textiles ?
Oui. La réparation, le réemploi et le recyclage commencent à représenter une vraie économie textile, avec des volumes suffisamment grands pour créer des entreprises spécialisées.
Refashion compte actuellement 272 479 tonnes de textiles et chaussures usagés collectés. Environ 55 % des pièces collectées sont réutilisées en seconde main et 36 % sont orientées vers le recyclage.
À comparer aux 917 604 tonnes de produits neufs mises sur le marché en 2025, l’écart reste énorme. Il donne une idée de la quantité de matière qui circule et qui devra progressivement être mieux collectée, triée, réemployée ou recyclée.
La filière devient également plus coûteuse et structurée pour les marques. Refashion a encaissé 162,7 millions d’euros d’éco-contributions auprès des metteurs en marché en 2025, soit en moyenne 4,5 centimes par pièce mise en circulation.
Le nombre d’articles bénéficiant d’éco-modulations a augmenté de 121 % en une seule année.
Pour créer un business, il y a donc déjà autre chose à regarder que la vente du vêtement neuf : collecte, tri automatisé, réparation, reconditionnement, revente, traçabilité, logiciels de conformité, matières recyclées, préparation au recyclage ou recyclage industriel.
Ce marché reste beaucoup plus jeune que la vente de vêtements. Il est aussi directement poussé par la réglementation et par les obligations financières des marques, ce qui peut produire des besoins B2B plus prévisibles.
Alors, est-ce que le marché textile français reste intéressant pour lancer un business ?
Oui, mais lancer une marque de vêtements généraliste en France est aujourd’hui bien moins séduisant que la taille du marché ne le laisse penser.
Nous avons un marché de plusieurs dizaines de milliards d’euros et 3,6 milliards de pièces neuves mises en circulation chaque année. La demande existe clairement.
En revanche, les ventes textile-habillement restent 10,8 % sous leur niveau de 2019. Sept achats neufs sur dix se situent dans l’entrée de gamme. Environ 31 % des dépenses d’habillement passent par Internet. La seconde main approche 20 % des vêtements achetés en volume. Shein, Temu et AliExpress récupèrent déjà près d’un cinquième des volumes achetés en ligne.
Comme nous l’avons vu plus haut, le consommateur peut aujourd’hui choisir entre un article neuf d’entrée de gamme à environ 8,30 € et un produit d’occasion à environ 8,50 €. C’est une concurrence extrêmement difficile à affronter avec une marque générique créée de zéro.
Nous serions beaucoup plus confiants sur un business textile qui évite cette bataille frontale : une niche précise, des vêtements professionnels, une vraie technicité, un produit premium reconnaissable, une production très flexible, du Made in France lorsque celui-ci apporte un avantage concret, ou un service autour de la seconde main, de la réparation et du recyclage.
Le marché français du textile reste immense. Mais aujourd’hui, sa taille protège surtout les acteurs qui savent exactement quel morceau du marché ils veulent prendre.
Une nouvelle marque qui arrive avec “des vêtements de qualité à prix accessible” aura énormément de concurrents. Une entreprise capable de répondre à un besoin très précis peut encore avoir beaucoup de place.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à répondre à une question simple en apparence : le marché textile français reste-t-il intéressant pour lancer un business ? Pour éviter une réponse fondée sur des impressions, nous avons séparé la taille du marché, son évolution, les volumes achetés, les prix, les canaux de vente, la seconde main, les plateformes internationales, la production française et les activités de réparation, réemploi et recyclage.
Nous avons privilégié les données les plus récentes disponibles et les sources les plus proches de la donnée originale : Insee, Douanes françaises, Institut Français de la Mode, Refashion, administrations publiques et organismes représentatifs de la filière. Les indicateurs qui ne mesurent pas la même chose — valeur, volume, commerce, production, neuf ou seconde main — sont conservés séparément plutôt que fusionnés dans un total artificiel.
Les variations récentes servent à voir ce qui accélère ou ralentit aujourd’hui, tandis que les comparaisons avec 2019 ou avec des périodes plus longues permettent de distinguer une fluctuation ponctuelle d’un changement structurel. Nous donnons davantage de poids à la convergence de plusieurs données qu’à un chiffre spectaculaire isolé.
La lecture est volontairement entrepreneuriale. Un marché très gros peut être difficile à pénétrer, tandis qu’un segment beaucoup plus petit peut offrir de meilleures conditions si la demande, les prix, la distribution, les coûts de production ou la réglementation créent un espace plus favorable pour un nouvel entrant.
Les principales sources utilisées sont : Insee sur les dépenses françaises en habillement et chaussures, Insee sur l’évolution de la consommation et la comparaison avec l’avant-Covid, Alliance du Commerce / Xerfi sur le poids économique du commerce de mode, Institut Français de la Mode sur les ventes textile-habillement à fin juillet 2026, Institut Français de la Mode sur le premier semestre 2026, Fevad / IFM sur le poids du e-commerce et de Shein et Temu, Refashion, Baromètre annuel 2025, Refashion sur les mises en marché et les éco-contributions, Refashion sur les volumes collectés et le réemploi, Refashion sur la collecte, Sénat sur la seconde main et Vinted, Sénat sur Shein, Temu et AliExpress, Douanes françaises sur le commerce extérieur 2025, Union des Industries Textiles, UIT / KPMG sur les retombées économiques d’une production ancrée en France, ADEME sur la transformation de la filière textile, Ministère de la Transition écologique sur la REP textile, Ministère de la Transition écologique sur la refondation 2026 de la filière REP textile et Légifrance sur le cahier des charges de la responsabilité élargie des producteurs.
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