Quelles pizzerias cartonnent en France maintenant ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Les pizzerias qui cartonnent en France maintenant sont surtout celles qui ont un avantage très clair : Peppe par sa marque et ses volumes, PizzaCosy par sa capacité à se répliquer, IMperfetto par l’excellence d’une adresse unique, Gruppomimo par le chiffre d’affaires recherché par restaurant, et Basilic & Co par sa solidité dans le temps.

Le point commun le plus intéressant n’est pas la pizza elle-même. Une bonne pâte, un four visible et des ingrédients italiens premium sont devenus beaucoup trop faciles à copier pour constituer un avantage durable.

Peppe ressort parce que son réseau grossit sans que les volumes semblent se diluer : environ 27,5 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 1,1 million de pizzas vendues en 2025. C’est une croissance commerciale, pas seulement une croissance du nombre d’adresses.

PizzaCosy donne un autre type de preuve : beaucoup de franchisés remettent leur propre argent dans une deuxième ou une troisième unité. C’est souvent plus instructif qu’une longue liste de nouvelles signatures.

IMperfetto rappelle qu’un réseau n’est pas obligatoire pour construire une grosse valeur. Une seule adresse peut devenir une destination nationale si le produit atteint réellement un niveau que les autres ne reproduisent pas facilement.

Gruppomimo montre qu’une pizzeria peut aller chercher beaucoup plus de chiffre d’affaires en vendant une soirée complète plutôt qu’une pizza seule. Mais ce potentiel vient avec une structure beaucoup plus lourde, davantage de personnel et un besoin de trafic élevé.

Les acteurs historiques restent loin d’être morts. Del Arte et Domino’s démontrent qu’une implantation bien pensée, une forte notoriété, la livraison ou une grosse machine commerciale peuvent encore produire des volumes qu’un indépendant isolé aura du mal à atteindre.

La zone la plus dangereuse du marché se situe au milieu : une pizzeria déjà chère, correcte mais sans personnalité forte, sans commodité particulière et sans produit franchement supérieur. C’est là que la concurrence devient la plus brutale.

La pizza napolitaine reste populaire, mais elle n’est plus un concept en soi. Aujourd’hui, dire « napolitaine authentique » décrit le produit ; cela n’explique plus pourquoi un client devrait venir précisément chez vous.

Pour quelqu’un qui veut ouvrir une pizzeria en France, la vraie question n’est donc pas seulement « est-ce que les gens aiment la pizza ? ». Ils l’aiment. Il faut surtout savoir quel avantage sera encore difficile à copier trois ans après l’ouverture.

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Quelles pizzerias cartonnent vraiment en France aujourd’hui ?

Aujourd’hui, Peppe, PizzaCosy, Basilic & Co, Gruppomimo et IMperfetto sont parmi les pizzerias françaises les plus intéressantes à regarder, mais elles réussissent de façons très différentes.

Peppe ressort fortement quand on combine chiffre d’affaires, volumes et vitesse de développement. Le groupe a réalisé environ 27,5 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2025 et vendu plus de 1,1 million de pizzas. Il a depuis ouvert sa neuvième adresse.

PizzaCosy joue sur un autre terrain. Le réseau avait atteint sa 73e pizzeria début 2026 et poursuit ses ouvertures en France. Surtout, 30 établissements sur 70 étaient exploités par des multi-franchisés lorsque Franchise Magazine a étudié le réseau récemment.

Basilic & Co comptait de son côté 63 restaurants selon les données publiées par l’enseigne cet été, dont 58 franchisés, avec 37,2 millions d’euros de chiffre d’affaires HT en 2025.

Gruppomimo cherche beaucoup plus de chiffre d’affaires par établissement. Pour son modèle de franchise, le groupe affiche un potentiel de 2 à 3 millions d’euros après deux ans et un EBITDA moyen annoncé de 20 à 25 %.

IMperfetto constitue enfin le cas indépendant le plus frappant : la pizzeria de Puteaux est actuellement troisième du classement européen 50 Top Pizza, devant toutes les autres adresses françaises.

Derrière ces résultats, on voit déjà trois façons assez différentes de cartonner : faire énormément de volume, réussir à dupliquer un restaurant ou devenir une adresse pour laquelle les clients acceptent de se déplacer.

Pizzeria ou réseau Donnée récente marquante Ce que cela montre
Peppe ≈ 27,5 M€ de CA en 2025 Gros volume sur peu d’adresses
PizzaCosy 30 restaurants exploités par des multi-franchisés sur 70 étudiés Modèle qui se réplique
Basilic & Co 37,2 M€ de CA HT en 2025 Réseau national installé
Gruppomimo 2–3 M€ de CA potentiel annoncé par restaurant Gros CA recherché par unité
IMperfetto 3e pizzeria d’Europe hors Italie chez 50 Top Pizza Puissance d’une adresse indépendante

Peppe est-il la pizzeria française qui monte le plus fort en ce moment ?

Peppe est aujourd’hui l’un des cas les plus impressionnants en France parce que ses ventes ont fortement progressé en même temps que son réseau.

En 2024, Gruppo Peppe annonçait près de 20 millions d’euros de chiffre d’affaires et plus de 800 000 pizzas vendues. En 2025, le groupe est passé à environ 27,5 millions d’euros et plus de 1,1 million de pizzas.

Cela donne environ 37 % de chiffre d’affaires supplémentaire et près de 38 % de pizzas vendues en plus en un an.

Cette croissance mérite davantage d’attention qu’une simple série d’ouvertures. Quand de nouveaux restaurants diluent les ventes des anciennes adresses, un réseau peut grossir sans vraiment devenir plus fort. Chez Peppe, le volume total a suivi très vite.

L’expansion continue. Le groupe a récemment ouvert Peppe 15 rue Saint-Charles à Paris, portant son parc à neuf adresses entre Paris, Boulogne-Billancourt, Levallois-Perret et Lyon.

Demea Agro est également entré au capital pour accompagner la suite du développement. Peppe commence donc à dépasser le stade du restaurateur à succès pour devenir une petite chaîne premium structurée.

Pourquoi les restaurants Peppe remplissent-ils autant ?

Peppe remplit parce que Giuseppe Cutraro a transformé une très bonne pizza napolitaine en marque beaucoup plus identifiable que la pizzeria premium moyenne.

La première force reste le produit. Cutraro a remporté le championnat du monde de pizza napolitaine contemporaine en 2019, ce qui donne à Peppe une crédibilité immédiatement compréhensible par le client.

Mais aujourd’hui, savoir faire une corniche gonflée et acheter de bons produits italiens ne suffit plus vraiment à créer une différence. Les grandes villes françaises comptent désormais énormément de pizzerias capables de proposer ce niveau de produit.

Peppe ajoute donc une personnalité forte autour de Giuseppe Cutraro, une identité napolitaine immédiatement visible et des restaurants dont la décoration varie d’une adresse à l’autre. Certaines recettes changent également selon les établissements.

Le groupe évite ainsi une sensation trop standardisée tout en construisant derrière les salles une vraie organisation de réseau.

Plus de 1,1 million de pizzas vendues en 2025 montrent que l’idée fonctionne à une échelle déjà sérieuse. Pour une nouvelle pizzeria, la leçon est assez nette : avoir une bonne pizza permet d’entrer dans la compétition ; il faut ensuite donner une raison précise de choisir cette adresse parmi toutes les autres.

IMperfetto prouve-t-il qu’une seule pizzeria peut encore devenir énorme ?

Oui, IMperfetto montre actuellement qu’une seule excellente pizzeria peut devenir une destination bien au-delà de son quartier.

IMperfetto se trouve à Puteaux, donc hors des quartiers parisiens où l’on attend spontanément l’une des adresses les plus recherchées de France.

Pourtant, 50 Top Pizza l’a classée troisième meilleure pizzeria d’Europe hors Italie dans son classement 2026. Elle était cinquième l’année précédente.

Cette progression compte davantage qu’un trophée isolé. Deux années de suite tout en haut du classement européen commencent à installer une vraie réputation.

IMperfetto montre aussi qu’un entrepreneur indépendant conserve une autre voie que la construction d’un réseau. Une pizzeria peut concentrer son énergie sur une adresse, atteindre un niveau de produit exceptionnel et faire venir les clients jusqu’à elle.

Le problème apparaît lorsqu’on veut reproduire cette réussite. Le modèle dépend énormément du savoir-faire, de la constance de l’équipe et de la réputation construite autour de Tonino Cogliano et Simone Lombardi. Plus on ouvre d’adresses, plus ces qualités deviennent difficiles à maintenir.

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PizzaCosy cartonne-t-il vraiment ou ouvre-t-il juste beaucoup de restaurants ?

PizzaCosy donne aujourd’hui des signes beaucoup plus convaincants qu’une simple course aux ouvertures, notamment parce que ses franchisés existants continuent d’investir dans le réseau.

Franchise Magazine indiquait récemment que 30 restaurants PizzaCosy sur 70 étaient exploités par des multi-franchisés, soit environ 43 % des établissements étudiés.

Encore plus parlant, 80 % des six ouvertures programmées sur la période étudiée étaient portées par des franchisés déjà présents dans l’enseigne.

Depuis, PizzaCosy a continué à ouvrir. Le réseau a notamment ajouté Castres, Hyères et Claira, cette dernière adresse étant exploitée par des franchisés déjà installés à Perpignan.

Un franchisé qui ouvre une deuxième unité prend une décision assez différente de celui qui signe son premier contrat. Il connaît déjà son chiffre d’affaires, ses salaires, son coût matière, ses difficultés de recrutement et le fonctionnement quotidien de l’enseigne. Quand une proportion importante recommence, c’est un indice assez sérieux sur la capacité du modèle à fonctionner.

PizzaCosy a également investi 5 millions d’euros dans un nouveau laboratoire et une plateforme logistique près de Saint-Étienne. L’outil est conçu pour alimenter un réseau beaucoup plus large que celui d’aujourd’hui.

On éviterait toutefois d’en déduire que chaque restaurant cartonne. Le réseau a connu des reprises d’établissements, et une moyenne nationale cache toujours de gros écarts entre emplacements. La répétition des investissements des franchisés reste cependant l’un des meilleurs éléments disponibles pour juger PizzaCosy.

Indicateur PizzaCosy Niveau observé
73e restaurant atteint Début 2026
Restaurants multi-franchisés dans l’échantillon communiqué 30 sur 70
Part correspondante ≈ 43 %
Projets étudiés portés par des franchisés existants 80 %
Investissement dans le nouvel outil logistique 5 M€

Pourquoi PizzaCosy arrive-t-il à reproduire son modèle ?

PizzaCosy réussit surtout à reproduire une impression artisanale avec une organisation beaucoup plus structurée derrière le comptoir.

La pâte maison, le discours sur les ingrédients et l’environnement du restaurant donnent au client les codes d’une pizzeria qualitative. Côté exploitant, le fonctionnement ressemble davantage à celui d’un réseau organisé.

PizzaCosy a internalisé sa formation, une partie de sa logistique et de sa production. Son centre Food Mood forme les nouveaux franchisés pendant six semaines, tandis que le laboratoire de La Talaudière permet de centraliser certaines préparations et l’approvisionnement.

Cette organisation règle l’un des vieux problèmes de la pizzeria indépendante : le restaurant devient vite dépendant de quelques personnes capables de produire exactement le bon résultat chaque jour.

Une enseigne qui veut ouvrir 50 ou 100 restaurants doit réduire cette dépendance sans donner au client l’impression de manger un produit industriel.

Le nombre de multi-franchisés suggère que PizzaCosy arrive actuellement à trouver un compromis assez efficace entre ces deux contraintes.

Basilic & Co marche-t-il encore aussi bien qu’avant ?

Basilic & Co reste un réseau solide, mais sa trajectoire récente demande davantage de nuance que celle de Peppe ou PizzaCosy.

L’enseigne indique actuellement 63 restaurants, dont 58 franchisés, et 37,2 millions d’euros de chiffre d’affaires HT en 2025.

Un an plus tôt, Basilic & Co communiquait 68 restaurants et 40,15 millions d’euros de chiffre d’affaires HT pour 2024. Les périmètres et dates de comptage peuvent varier, mais la baisse mérite d’être relevée : on n’est clairement pas devant le réseau qui accélère le plus vite en France.

Basilic & Co reste néanmoins intéressant pour une autre raison. Le concept existe depuis 2007 et conserve pratiquement la même idée centrale depuis des années : une pizza construite autour des terroirs français, avec pâte fabriquée sur place et ingrédients AOP, IGP ou issus de producteurs sélectionnés.

Cette constance distingue l’enseigne dans un marché où beaucoup de restaurants finissent par reprendre les mêmes codes napolitains.

Le réseau continue également d’attirer des exploitants déjà familiers du modèle. À Villeurbanne, par exemple, la reprise récente du restaurant a été confiée à des franchisés qui exploitaient déjà une autre adresse Basilic & Co.

Basilic & Co cartonne donc moins par accélération spectaculaire que par longévité. Pour quelqu’un qui envisage une franchise, c’est une réussite différente et probablement plus rassurante sur la durée, même si les derniers chiffres ne permettent pas de parler de croissance fulgurante.

Gruppomimo peut-il vraiment faire 2 à 3 millions d’euros par restaurant ?

Gruppomimo vise aujourd’hui des volumes très élevés par restaurant, mais les chiffres de 2 à 3 millions d’euros restent des performances potentielles communiquées par l’enseigne aux futurs franchisés.

Le groupe affiche sur sa page franchise un chiffre d’affaires potentiel de 2 à 3 millions d’euros après deux ans et un EBITDA moyen de 20 à 25 %.

Ce sont des niveaux particulièrement élevés dans la restauration. Un restaurant à 2,5 millions d’euros de chiffre d’affaires réalise environ 48 000 euros de ventes par semaine sur une année complète.

Gruppomimo possède cependant le format pour aller chercher ce volume. Les restaurants sont grands, la salle joue un rôle majeur et la carte pousse naturellement le client au-delà d’une simple pizza : antipasti, pâtes, desserts, cocktails et autres boissons augmentent le ticket.

Le décor et l’ambiance participent aussi directement aux ventes. Gruppomimo cherche une clientèle qui vient passer une soirée autant que manger une pizza.

Ce choix augmente fortement le potentiel d’une adresse, avec un prix à payer : gros investissement, davantage de salariés, exploitation plus complexe et besoin d’un emplacement capable de remplir beaucoup de places.

L’apport personnel demandé par Gruppomimo est d’ailleurs de 300 000 euros, nettement au-dessus des formats de pizzeria plus légers.

On prendrait donc les 2 à 3 millions annoncés comme un objectif du modèle plutôt que comme une performance automatique. Ce que Gruppomimo montre déjà très bien, en revanche, c’est jusqu’où peut monter le chiffre d’affaires lorsque la pizza devient le cœur d’une grosse sortie au restaurant.

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Big Mamma cartonne-t-il encore ou tout le monde l’a déjà copié ?

Big Mamma reste aujourd’hui une très grosse réussite de restauration italienne, même si copier son esthétique est devenu l’une des idées les moins originales du marché.

Le groupe compte désormais 28 restaurants dans sept pays et plus de 2 200 salariés. Il a créé environ 1 000 emplois en Europe en quatre ans selon ses propres données.

La force du modèle apparaît dès qu’on regarde ce que Big Mamma avait changé. Le restaurant italien devenait une sortie complète : très grand décor, ambiance forte, cuisine ouverte, produits italiens, équipes visibles et plats faits pour circuler facilement sur les réseaux sociaux.

Beaucoup de restaurants ont repris depuis les plantes au plafond, la vaisselle colorée, les énormes assiettes de pasta, la burrata et l’esthétique de trattoria spectaculaire.

Big Mamma possède cependant une organisation que les imitateurs récupèrent beaucoup moins facilement. Le groupe indique par exemple que 75 % du management de ses restaurants vient aujourd’hui de promotions internes.

Former suffisamment de managers pour faire fonctionner 28 grandes adresses dans sept pays est un avantage opérationnel autrement plus sérieux qu’un mur décoré de bouteilles italiennes.

Pour un entrepreneur français, reproduire un « petit Big Mamma » visuellement apporte donc peu. L’idée utile consiste plutôt à comprendre comment un restaurant transforme un dîner italien assez familier en moment suffisamment désirable pour que le client choisisse précisément cette adresse.

Del Arte est-il encore vraiment une grosse machine en France ?

Del Arte reste aujourd’hui une énorme machine de restauration italienne et ses volumes par restaurant sont difficiles à ignorer.

L’enseigne annonce plus de 190 restaurants en France. Sa documentation destinée aux franchisés indique environ 1,45 million d’euros de chiffre d’affaires HT moyen par restaurant.

Ce niveau place Del Arte très loin de l’image de la petite pizzeria de quartier. Le modèle fonctionne avec une carte italienne large, beaucoup de places assises et des implantations souvent situées en périphérie, près de centres commerciaux, de zones tertiaires, de zones commerciales ou de loisirs.

Cette géographie explique une bonne partie de son fonctionnement. Del Arte cherche davantage le repas familial ou de groupe facile d’accès que la clientèle qui traverse la ville pour tester la dernière pizza napolitaine à la mode.

Les chiffres de Del Arte montrent aussi pourquoi il faut arrêter de raisonner uniquement en taille de local. Une grande salle peut être très rentable lorsqu’elle tourne suffisamment et permet de vendre entrées, plats, desserts et boissons à beaucoup de tables.

À l’inverse, une grande pizzeria à moitié vide accumule surtout du loyer, du personnel et des mètres carrés improductifs.

Le modèle Del Arte reste donc pertinent pour un emplacement capable de générer beaucoup de couverts. Il serait beaucoup moins logique pour un entrepreneur disposant d’un petit flux local ou cherchant une structure légère.

Domino’s vend-il toujours autant de pizzas en France ?

Oui, Domino’s reste actuellement une machine à vendre des pizzas, avec une économie beaucoup plus orientée commande, emporter et livraison que les concepts premium qui montent.

La documentation française de Domino’s affiche environ 800 000 euros de chiffre d’affaires HT moyen par magasin. L’investissement total annoncé tourne autour de 300 000 à 350 000 euros HT hors pas-de-porte, pour des surfaces standards de 100 à 150 m².

Le fonctionnement dépend énormément de la puissance du réseau : marque connue, application, campagnes publicitaires, promotions permanentes, livraison et maillage géographique.

Un indépendant peut évidemment copier une pizza ou une offre promotionnelle. Il ne récupère pas pour autant les milliers de recherches de marque, la base de clients, la technologie et les achats mutualisés qui accompagnent Domino’s.

C’est ce qui rend les comparaisons parfois trompeuses. Les 800 000 euros de chiffre d’affaires moyen montrent que la pizza livrée reste un gros business. Ils ne nous disent pas qu’une nouvelle pizzeria générique orientée livraison atteindra facilement le même volume.

Domino’s possède précisément les avantages qui deviennent les plus difficiles à reproduire pour un nouvel entrant.

Les pizzerias premium gagnent-elles vraiment contre les pizzas moins chères ?

Les concepts qui attirent le plus l’attention actuellement montrent surtout qu’une partie des Français accepte encore de payer davantage lorsqu’elle comprend immédiatement ce qu’elle obtient en échange.

Peppe vend l’expertise de Giuseppe Cutraro et une expérience napolitaine très travaillée. IMperfetto pousse beaucoup plus loin l’excellence du produit. Basilic & Co défend les terroirs français. Gruppomimo augmente la valeur de la sortie avec l’ambiance, les cocktails et une carte plus large.

Toutes ces enseignes donnent au client une raison de regarder autre chose que le prix de la Margherita.

À l’autre bout du marché, Domino’s possède la commodité, la livraison, les offres et la puissance commerciale d’un réseau gigantesque.

La position la plus inconfortable se trouve au milieu : la pizzeria avec des prix déjà élevés, un produit correct et aucune raison très claire de la préférer.

C’est encore plus sensible aujourd’hui avec le niveau général des prix de la restauration. Lorsqu’une sortie coûte davantage au client, celui-ci remarque plus facilement la différence entre un restaurant qu’il avait vraiment envie de tester et une adresse interchangeable.

La vraie ligne de fracture passe donc moins entre pizza chère et pizza bon marché qu’entre concept très clair et concept générique.

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Est-ce encore la pizza napolitaine qui fait cartonner une pizzeria ?

La pizza napolitaine reste extrêmement populaire, mais elle ne suffit clairement plus à rendre une nouvelle pizzeria spéciale.

Corniche volumineuse, pâte hydratée, cuisson rapide, San Marzano, fior di latte, mortadelle, pistache et stracciatella : ces codes se retrouvent désormais dans énormément de restaurants français.

Une partie de ce qui paraissait moderne et différenciant il y a quelques années ressemble aujourd’hui au langage visuel normal d’une pizzeria premium.

Les meilleurs acteurs ajoutent donc autre chose.

IMperfetto s’appuie sur un niveau de produit reconnu parmi les meilleurs d’Europe. Peppe ajoute une personnalité et une marque très fortes. Gruppomimo transforme la pizza en élément d’une soirée plus large. Basilic & Co s’écarte en partie de cette bataille avec son angle terroir français.

Cette saturation crée un piège assez évident pour les nouveaux projets. Ouvrir une « pizzeria napolitaine authentique » décrit désormais le produit, mais cela explique rarement pourquoi quelqu’un devrait choisir cette adresse.

La question beaucoup plus utile est simple : qu’est-ce que notre pizzeria possède que les cinq autres pizzerias napolitaines autour n’ont pas ?

Est-ce surtout la marque qui fait gagner les pizzerias aujourd’hui ?

Oui, une marque reconnaissable devient aujourd’hui presque indispensable dès qu’une pizzeria veut dépasser le succès d’un seul emplacement.

Peppe possède immédiatement le visage et l’histoire de Giuseppe Cutraro. PizzaCosy a construit son propre langage visuel et un concept reproductible. Basilic & Co occupe depuis longtemps le territoire des produits régionaux. Gruppomimo pousse très loin son univers festif italien.

Même IMperfetto, qui reste beaucoup plus concentré, bénéficie désormais d’un nom associé à l’excellence grâce à ses classements successifs.

Cette différence compte beaucoup dans un marché rempli de produits proches.

Deux restaurants peuvent avoir un four similaire, utiliser des farines comparables et acheter leur fior di latte auprès des mêmes grossistes. Celui dont les clients retiennent le nom, parlent spontanément autour d’eux et recherchent la prochaine adresse dispose d’un avantage beaucoup plus durable.

Une marque forte aide aussi lorsqu’on quitte sa ville d’origine. PizzaCosy, né à Saint-Étienne, a progressivement construit un réseau national. Gruppomimo est sorti d’Île-de-France avec Bordeaux, Rennes et Nice. Peppe teste encore cette capacité à plus petite échelle avec Lyon.

C’est à ce moment-là qu’on voit si le concept est réellement transportable. Remplir trois restaurants dans une zone où tout le monde connaît déjà la marque est une chose ; arriver dans une ville où personne n’a encore entendu parler de vous est un test beaucoup plus sévère.

Comment savoir si une pizzeria “qui cartonne” gagne vraiment de l’argent ?

Une pizzeria peut sembler cartonner tout en ayant une économie médiocre, donc il faut regarder les ventes et les comportements d’investissement avant les files d’attente ou Instagram.

Un grand restaurant très photogénique possède naturellement un avantage sur les réseaux sociaux. Une ouverture bondée pendant trois semaines ne nous apprend pas non plus grand-chose sur ce qui se passe un mardi soir six mois plus tard.

Les chiffres utiles sont plus terre à terre : chiffre d’affaires par adresse, évolution des volumes, répétition des ouvertures, résultat d’exploitation lorsqu’il est disponible et volonté des franchisés de remettre leur propre argent dans une deuxième unité.

Peppe est intéressant parce que le chiffre d’affaires et le nombre de pizzas vendues ont progressé très fortement ensemble.

PizzaCosy apporte une autre preuve avec ses multi-franchisés. Comme vu plus haut, environ 43 % des restaurants étudiés étaient déjà exploités par des partenaires possédant plusieurs unités.

Pour Gruppomimo, il faut davantage de prudence : les 2 à 3 millions d’euros de chiffre d’affaires et 20 à 25 % d’EBITDA sont des chiffres avancés par le franchiseur. Ils sont intéressants, mais ils ne valent pas encore une longue série de comptes de franchisés indépendants.

Une pizzeria qui cartonne vraiment finit par laisser des traces financières beaucoup plus difficiles à maquiller qu’une salle pleine sur TikTok.

Le marché de la pizza est-il assez porteur pour copier ces réussites ?

Non, la réussite de quelques pizzerias très visibles ne rend pas le marché facile : la restauration française traverse actuellement une période où les défaillances restent très élevées.

Les données les plus récentes de l’Insee sont assez parlantes. L’hébergement-restauration a enregistré 2 748 défaillances d’entreprises au premier trimestre 2026 puis 2 493 au deuxième trimestre.

Sur six mois, on arrive à 5 241 défaillances.

Sur la même période en 2022, l’Insee en comptait 2 499. Le niveau a donc plus que doublé en quatre ans.

Cette statistique englobe toute la restauration et l’hébergement, pas seulement les pizzerias. Elle donne néanmoins une bonne idée du terrain sur lequel Peppe, PizzaCosy ou les autres développent leurs restaurants aujourd’hui.

On est clairement dans un marché où une demande correcte ne suffit plus à sauver un concept moyen. Loyers, salaires, énergie, matières premières, financement et arbitrages des consommateurs laissent moins de marge pour se tromper.

La réussite des meilleurs acteurs devient justement plus intéressante dans ce contexte. Ils continuent à ouvrir alors que beaucoup d’établissements disparaissent.

Défaillances dans l’hébergement-restauration Nombre
1er semestre 2022 2 499
1er semestre 2023 3 969
1er semestre 2024 4 398
1er semestre 2025 4 859
1er semestre 2026 5 241
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Qu’est-ce qu’il faut vraiment copier des pizzerias qui cartonnent ?

Les meilleures pizzerias françaises nous donnent aujourd’hui des idées de modèle économique beaucoup plus utiles à copier que leurs recettes ou leur décoration.

Peppe montre la puissance d’un excellent produit lorsqu’il est associé à une personnalité et une marque fortes. PizzaCosy montre qu’une pizzeria artisanale en apparence peut s’appuyer sur énormément de standardisation et de logistique derrière. Basilic & Co rappelle qu’un positionnement simple peut tenir près de vingt ans lorsqu’il reste cohérent.

Gruppomimo montre comment un restaurant peut augmenter très fortement son potentiel de chiffre d’affaires en vendant une soirée complète autour de la pizza. Del Arte exploite depuis longtemps une autre occasion de consommation : le restaurant italien familial facile d’accès. Domino’s gagne surtout grâce à la commodité, à son réseau et à sa capacité à provoquer une commande sans sortie au restaurant.

Il serait beaucoup moins intéressant de copier les choses visibles que toutes ces enseignes rendent populaires.

Un four à bois au milieu de la salle, quelques mots italiens sur le menu, une grosse corniche, de la mortadelle-pistache et un décor coloré peuvent être reproduits en quelques semaines par n’importe quel concurrent.

Les avantages vraiment intéressants demandent des années à construire : réputation, marque, savoir-faire, logistique, base clients, formation des équipes ou densité du réseau.

Alors, quelles pizzerias cartonnent vraiment en France maintenant ?

Les pizzerias françaises qui cartonnent le plus aujourd’hui sont surtout celles qui ont choisi un jeu très précis et qui le jouent beaucoup mieux que la pizzeria moyenne.

Peppe ressort probablement comme le cas premium le plus impressionnant du moment. Le groupe a dépassé 27 millions d’euros de chiffre d’affaires, vendu plus d’un million de pizzas en un an et continue d’ouvrir.

Pour la franchise, PizzaCosy est particulièrement intéressant. Le nombre de franchisés qui passent à plusieurs établissements donne un indice concret sur la solidité du modèle, et les ouvertures récentes continuent d’être largement portées par des partenaires existants.

IMperfetto représente presque l’autre extrême : une seule adresse capable d’atteindre la troisième place européenne grâce au produit.

Gruppomimo montre jusqu’où peut aller le chiffre d’affaires lorsque la pizza sert de point de départ à un gros restaurant expérientiel. Del Arte et Domino’s rappellent de leur côté que les acteurs historiques restent beaucoup plus gros que la plupart des nouveaux concepts à la mode.

Basilic & Co mérite enfin une lecture plus nuancée. L’enseigne reste importante et durable, mais ses chiffres récents ne montrent pas la même accélération que les cas les plus dynamiques.

Pour quelqu’un qui veut ouvrir une pizzeria en France maintenant, le message est assez clair. Une bonne pizza reste indispensable, mais elle est devenue facile à trouver. Le vrai avantage doit venir d’ailleurs : une marque que les gens retiennent, un produit réellement supérieur, une expérience qui justifie le déplacement, une structure de coûts particulièrement efficace ou une commodité difficile à reproduire.

C’est aujourd’hui ce qui sépare les pizzerias qui vendent des pizzas de celles qui construisent vraiment un business.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à identifier quelles pizzerias cartonnent réellement en France aujourd’hui et, surtout, ce que leur réussite apprend à quelqu’un qui veut ouvrir une pizzeria. Nous avons décomposé la notion de succès en plusieurs dimensions : traction commerciale, vitesse de développement, performance économique par établissement, capacité à reproduire un concept, réinvestissement des exploitants, force de marque et reconnaissance extérieure.

Nous avons privilégié les données publiées en 2025 et 2026. Une performance effectivement réalisée pèse davantage qu’un objectif commercial annoncé, et une évolution observée sur plusieurs périodes davantage qu’un chiffre isolé. Dans un réseau de franchise, le fait que des exploitants déjà présents réinvestissent dans une deuxième ou une troisième unité est également traité comme un indice particulièrement utile.

Nous avons donné plus de poids aux données économiques et opérationnelles qu’aux signes de popularité faciles à produire. Une file d’attente, une ouverture très visible ou de nombreux contenus sur les réseaux sociaux peuvent accompagner une réussite, mais ne suffisent pas à démontrer qu’un restaurant gagne bien sa vie ou qu’un concept est reproductible.

Nous avons ensuite confronté ces éléments sans chercher à fabriquer un classement unique. Une adresse indépendante comme IMperfetto, une jeune chaîne premium comme Peppe, un réseau de franchise comme PizzaCosy et une enseigne historique comme Del Arte ne jouent pas exactement au même jeu ; ils doivent donc être jugés avec des preuves adaptées à leur modèle.

Les chiffres prospectifs communiqués par les enseignes sont séparés des performances déjà observées. Les objectifs de chiffre d’affaires, de marge ou de développement restent utiles pour comprendre le modèle recherché, mais ils ne sont pas traités comme des résultats déjà obtenus.

Pour le contexte de marché, nous avons privilégié les statistiques publiques françaises ; pour les réseaux, les publications directes des enseignes et les données de la Fédération Française de la Franchise ; pour la reconnaissance gastronomique, la source originale du classement concerné.

Les principales sources utilisées incluent : Peppe pour la liste actuelle de ses restaurants, Gruppo Peppe pour le chiffre d’affaires 2025 et les volumes de pizzas, Cerea sur l’entrée de Demea Agro au capital, France Pizza sur le titre mondial de Giuseppe Cutraro, 50 Top Pizza pour le classement européen 2026, la FFF pour PizzaCosy, la documentation franchise 2026 de PizzaCosy, les données communiquées par la direction de PizzaCosy sur la multi-franchise, PizzaCosy sur son modèle de franchise et Le Grand Feu sur l’investissement logistique.

Nous avons également utilisé Basilic & Co pour ses données 2025, son communiqué sur les chiffres 2024, sa présentation du concept, Gruppomimo pour ses chiffres de franchise, Big Mamma pour la taille du groupe et la promotion interne, Big Mamma pour son implantation internationale, Del Arte pour son chiffre d’affaires moyen et sa logique d’implantation, la FFF pour les données réseau de Del Arte, Domino’s France pour l’investissement, les surfaces et le chiffre d’affaires moyen, et l’Insee pour la série des défaillances dans l’hébergement-restauration.

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