Quels sont les chiffres du marché de la pizza en France ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Lancez une pizzeria sans laisser les coûts grignoter votre marge

Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier.

C'est parti

EN RÉSUMÉ

Le marché français de la pizza pèse aujourd’hui autour de 5,6 milliards d’euros pour environ 1,2 milliard de pizzas consommées par an. C’est encore un énorme marché, mais il est désormais assez mature pour qu’un nouveau restaurant doive prendre des clients à des concurrents déjà installés.

Le volume tient mieux que le chiffre d’affaires. Les ventes de pizzas ont encore progressé de 1 % sur deux ans et restent 16 % au-dessus de 2021, alors que le chiffre d’affaires du marché a récemment reculé de 1,8 %.

Le vrai changement est donc moins la disparition de la demande que la pression sur le prix. La pizza Reine suivie par Gira atteint 13,24 €, alors que le prix psychologique mesuré par Speak Snacking tourne autour de 11,91 €.

Le premium peut dépasser 15 ou 18 €, mais il doit se voir immédiatement. À ce niveau de prix, une pâte travaillée, de bons ingrédients, un vrai décor ou une identité forte deviennent presque obligatoires.

La livraison reste naturelle pour la pizza, mais elle n’est plus un modèle confortable à elle seule. Les commissions, les promotions, l’emballage et la dépendance aux plateformes peuvent rogner une grosse partie de la marge.

Le recul des grandes chaînes ne signifie pas que les Français abandonnent la pizza. Les principaux réseaux ont perdu du chiffre d’affaires alors que le marché national restait massif, ce qui montre surtout une redistribution des commandes entre chaînes, indépendants, restaurants italiens, kiosques et autres formats.

Un bon indépendant peut encore battre une grande enseigne localement. Sur ce marché très fragmenté, une excellente réputation de quartier, une carte claire et un patron présent peuvent peser davantage qu’une marque nationale.

L’économie du produit reste séduisante : plusieurs réseaux visent autour de 70 à 76 % de marge brute. Le problème arrive après les ingrédients, avec les salaires, le loyer, les commissions, l’énergie et l’investissement initial.

À 18 € de ticket moyen et 350 jours d’ouverture, 60 commandes par jour donnent environ 378 000 € de chiffre d’affaires annuel, contre 630 000 € à 100 commandes. C’est souvent là que se joue la viabilité réelle du projet.

Le marché vaut encore le coup, mais surtout pour un concept facile à comprendre : très bon, très accessible, très pratique ou très léger à exploiter. La pizzeria générique de milieu de gamme, chère sans être vraiment premium et dépendante des plateformes, est probablement le positionnement le plus fragile aujourd’hui.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Tous les documents pour lancer une pizzeria

Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier. Vous y mettez vos chiffres, vous présentez le dossier.

Voir le pack complet

Téléchargement immédiat

Quels sont les vrais chiffres du marché de la pizza en France aujourd’hui ?

Le marché français de la pizza pèse actuellement autour de 5,6 milliards d’euros pour environ 1,2 milliard de pizzas consommées par an : la demande reste énorme, même si la croissance des volumes a nettement ralenti.

Les derniers Indices Gira donnent une bonne photographie du marché. Les volumes ont encore progressé de 1 % en deux ans et restent 16 % au-dessus de leur niveau de 2021. Sur quatre ans, cela représente environ 165 millions de pizzas supplémentaires par an si l’on reconstitue le point de départ à partir de cette hausse.

En revanche, le chiffre d’affaires du marché a récemment reculé de 1,8 %. Après plusieurs années de hausses de prix, le marché ne peut plus compter uniquement sur l’inflation pour faire monter ses ventes en valeur.

Pour un entrepreneur, nous sommes donc face à un très gros marché devenu plus mature. Plus de trois millions de pizzas sont encore consommées chaque jour en moyenne en France, mais gagner une part de ces commandes demande davantage de travail qu’il y a quelques années.

Indicateur Dernier ordre de grandeur disponible
Pizzas consommées en France ≈ 1,2 milliard/an
Consommation moyenne théorique ≈ 17 pizzas/habitant/an
Pizzas consommées par jour ≈ 3,3 millions
Chiffre d’affaires du marché ≈ 5,6 Md€
Volume sur deux ans +1 %
Volume depuis 2021 +16 %
Chiffre d’affaires récent -1,8 %
Prix moyen relevé d’une pizza Reine 13,24 €

La pizza est-elle encore en croissance en France ?

Oui, la consommation de pizza continue de progresser en France, mais elle avance désormais beaucoup plus lentement qu’au début de la décennie.

Le chiffre le plus parlant est l’écart entre +16 % depuis 2021 et seulement +1 % sur les deux dernières années observées par Gira. La majeure partie de la progression a donc eu lieu avant la période récente.

Le ralentissement se voit très bien dans les chiffres. Une hausse totale de 16 % depuis 2021 implique un marché proche de 1,03 milliard de pizzas à l’époque. Nous sommes aujourd’hui autour de 1,2 milliard. Le marché a donc ajouté environ 165 millions d’unités en quelques années, mais seulement une petite fraction de cette hausse est arrivée récemment.

Pour quelqu’un qui ouvre une pizzeria, la distinction est importante. Il reste énormément de clients, mais il devient plus difficile de compter sur une croissance générale du marché pour remplir naturellement un nouveau point de vente. Une bonne partie du chiffre d’affaires devra être prise aux établissements déjà présents.

La pizza est-elle vraiment le snack préféré des Français ?

Oui, la pizza fait aujourd’hui partie des produits de snacking les plus populaires en France, avec un avantage particulièrement fort chez les jeunes consommateurs.

L’étude Speak Snacking de Strateg’eat plaçait la pizza à 46 % de consommateurs, contre 31 % quelques années auparavant. Le burger atteignait également 31 %, tandis que le sandwich avait reculé de 45 % à 28 %.

Chez la génération Z, la pizza montait même à 51 %. Ce chiffre mérite d’être regardé de près pour un projet qui vise étudiants, jeunes actifs, livraison tardive ou restauration rapide.

La comparaison avec le burger est également intéressante. Gira estime à environ 1,4 milliard le nombre de burgers consommés en France, mais leurs volumes ont reculé de 6,9 % en deux ans. Sur la même période, la pizza gagnait encore 1 %.

La pizza reste donc très bien placée dans les arbitrages des consommateurs, alors que certains grands concurrents perdent du volume.

Pourquoi une pizza coûte-t-elle maintenant plus de 13 € ?

Le prix moyen relevé d’une pizza Reine atteint aujourd’hui 13,24 €, soit environ 23,5 % de plus qu’en 2021.

Gira mesurait 10,72 € en 2021, 12,09 € en 2023 puis 13,24 € dans son dernier indice. Une pizza qui coûtait un peu moins de 11 € il y a quelques années s’approche donc maintenant de 13,50 €.

La hausse vient en partie des matières premières et de l’énergie, auxquelles s’ajoutent salaires, loyers, emballages et coûts de livraison. Les indépendants comme les réseaux ont dû relever leurs prix. Lors du précédent relevé détaillé, Gira situait les indépendants autour de 13,09 € et les chaînes autour de 13,44 € pour la pizza suivie.

Le problème apparaît du côté du client. Speak Snacking situe actuellement le prix psychologique accepté pour une pizza autour de 11 à 12 € selon les vagues de l’étude. Dans l’une des dernières mesures, il descendait à 11,91 €, contre 13,25 € auparavant.

Nous avons donc un écart d’environ 1,30 € entre le prix moyen réellement affiché par Gira et le montant que les consommateurs disent idéalement vouloir payer. Pour une pizza standard, cet écart devient difficile à ignorer.

Repère Prix
Pizza Reine en 2021 10,72 €
Pizza Reine en 2023 12,09 €
Pizza Reine aujourd’hui 13,24 €
Hausse depuis 2021 ≈ +23,5 %
Prix psychologique Speak Snacking ≈ 11,91 €
Écart avec le prix moyen relevé ≈ 1,33 €
Écart en pourcentage ≈ 11 %
4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Combien facturer pour rentabiliser une pizzeria ?

Le prévisionnel du pack calcule votre seuil de rentabilité, votre besoin en fonds de roulement et votre trésorerie à partir de vos propres hypothèses. Vous changez un chiffre, tout se recalcule.

Voir le pack complet

Aucune connaissance financière requise

Les clients acceptent-ils encore une pizza à 15 ou 18 € ?

Oui, une pizzeria peut encore vendre des pizzas à 15 ou 18 €, mais à ce niveau de prix le client veut comprendre immédiatement pourquoi il paie plus cher.

Le prix psychologique autour de 12 € ne constitue pas un plafond absolu. Des pizzerias napolitaines premium, des chefs très identifiés et des restaurants installés dans des zones à fort pouvoir d’achat dépassent régulièrement ce montant.

En revanche, l’environnement s’est durci. La dernière édition de Speak Snacking indique que 41 % des consommateurs réduisent leur fréquence de sorties ou de consommation hors domicile. Dans le même temps, le montant qu’ils jugent acceptable pour une pizza a baissé.

Cela rend le milieu de gamme particulièrement inconfortable. Une Reine très standard à 16 € se retrouve comparée à des pizzas artisanales mieux travaillées, mais aussi à des burgers, kebabs, plats de boulangerie et formules complètes parfois moins chers.

Aujourd’hui, le premium fonctionne surtout lorsqu’il est visible : pâte travaillée, four, ingrédients identifiables, carte courte, chef, décor ou emplacement. Ajouter simplement quelques euros au ticket sans ajouter assez de valeur devient beaucoup plus difficile.

La livraison de pizza est-elle encore aussi forte qu’avant ?

La pizza reste excellente pour la livraison, mais construire toute une pizzeria autour de ce canal est aujourd’hui beaucoup moins confortable.

Speak Snacking a enregistré un retour spectaculaire du sur-place dans l’ensemble de la restauration rapide : 73 % des consommateurs déclaraient le privilégier, contre 50 % lors de la vague précédente. L’emporter passait dans la même enquête de 72 % à 41 %, et la livraison de 23 % à 11 %.

Ces pourcentages concernent les habitudes de snacking dans leur ensemble, donc nous ne devons pas les appliquer directement au marché de la pizza. La pizza garde justement une affinité exceptionnelle avec la livraison. Elle voyage bien, se partage facilement et supporte un temps de transport qu’accepteraient mal beaucoup d’autres produits.

Le coût économique reste toutefois lourd. Entre la commission de la plateforme, les promotions nécessaires pour rester visible, l’emballage et parfois les remises consenties, une commande livrée peut rapporter sensiblement moins qu’une commande retirée directement au restaurant.

Basilic & Co donne un exemple intéressant d’équilibre entre canaux : le réseau communiquait pour 2024 environ 39 % de chiffre d’affaires sur place, 30 % à emporter et 31 % en livraison. Aucun canal ne porte seul le restaurant.

Pour un nouveau concept, cette diversification paraît actuellement beaucoup plus saine qu’un modèle presque entièrement dépendant des plateformes.

Pourquoi les chaînes de pizza ferment-elles des restaurants alors que les Français mangent toujours autant de pizzas ?

Les chaînes de pizza souffrent actuellement davantage que le produit lui-même : leurs principales enseignes ont cumulé environ 933 millions d’euros de chiffre d’affaires avec un recul de 4,74 %.

Le contraste est assez net. Pendant que la consommation nationale restait proche de 1,2 milliard de pizzas, les grands réseaux suivis par France Snacking perdaient du chiffre d’affaires.

Domino’s comptait récemment 439 magasins en France, soit 23 de moins en un an, après une deuxième année de recul significatif. Pizza Hut, La Boîte à Pizza et d’autres réseaux ont également réduit leur présence.

Meaningful Vision arrive à une conclusion proche en regardant la densité des chaînes. Elle est passée d’environ 2,2 à 2,1 points de vente pour 100 000 habitants à l’échelle nationale. Dans les dix plus grandes villes étudiées, la contraction atteignait 14 %.

Le modèle historique livraison + promotions + grand réseau rencontre donc davantage de résistance. Prix, coûts d’exploitation, concurrence locale et commissions de livraison grignotent une économie qui fonctionnait beaucoup mieux lorsque les commandes augmentaient rapidement.

Comme nous l’avons vu plus haut, les Français continuent pourtant de manger énormément de pizzas. Une partie des commandes se déplace simplement vers d’autres concepts, des indépendants, des restaurants italiens, des kiosques ou d’autres circuits.

La France a-t-elle déjà trop de pizzerias ?

Oui dans certaines zones, clairement moins dans d’autres : le marché français de la pizza est assez dense pour qu’une étude locale de dix minutes autour du futur restaurant compte davantage qu’une moyenne nationale.

Meaningful Vision a mesuré une chute de 14 % de la densité des chaînes dans les dix principales villes observées en un an. Paris, Lyon et Montpellier figuraient autour de -22 %. Bordeaux reculait d’environ 17 %, alors que Toulouse ne baissait que d’environ 2 %.

Ces chiffres couvrent les chaînes et ne recensent donc pas toute la concurrence indépendante. Or le marché français compte depuis longtemps des dizaines de milliers de lieux capables de vendre des pizzas lorsqu’on additionne spécialistes, restaurants italiens, restauration rapide et offre annexe.

Les petites villes ne sont pas automatiquement plus faciles. Domino’s a justement rationalisé plusieurs implantations dans de petites agglomérations ou dans des zones devenues trop concurrentielles. À l’inverse, Le Kiosque à Pizzas a continué à ouvrir dans des implantations où son format plus léger fonctionne mieux.

Avant de signer un bail, nous regarderions donc combien de concurrents livrent réellement l’adresse, leur nombre d’avis récents, leurs prix, leurs notes, leurs horaires et leurs temps de livraison. Deux villes de même taille peuvent offrir des situations complètement différentes.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Trois semaines de travail pour une pizzeria, déjà faites

Vous récupérez les quatre documents, vous les adaptez à votre projet, et notre équipe les relit gratuitement avant que vous les envoyiez à votre banque.

Voir le pack complet

Accompagnement par nos experts, gratuit

Un indépendant peut-il encore battre Domino’s ou une franchise de pizza ?

Oui, un bon indépendant peut parfaitement battre une grande chaîne de pizza localement, surtout s’il combine meilleure qualité, réputation locale et coûts de structure plus légers.

La pizza française reste un marché très fragmenté. Une marque nationale apporte de la notoriété, des achats structurés, du marketing, des outils numériques et des procédures. Elle supporte aussi des royalties, des campagnes nationales et une organisation plus lourde.

Les chiffres publiés par les franchises permettent de mesurer l’avantage de volume que certains réseaux arrivent à créer. Basilic & Co communiquait un chiffre d’affaires annuel moyen d’environ 871 000 € HT pour son réseau en 2024. PizzaCosy présente selon ses supports des niveaux potentiels autour de 800 000 € ou davantage. Tutti Pizza travaille sur un format plus léger avec des objectifs inférieurs.

Il faut traiter ces données comme des chiffres communiqués par les enseignes, et surtout pas comme une moyenne de toutes les pizzerias françaises. Elles montrent néanmoins qu’un concept bien organisé peut générer plusieurs centaines de milliers d’euros par établissement.

Un indépendant garde une arme que les réseaux reproduisent difficilement : il peut devenir la pizzeria évidente d’un quartier précis. Une excellente note Google, un patron présent, une vraie identité et des habitués peuvent peser davantage localement qu’une campagne nationale.

Combien de chiffre d’affaires peut faire une pizzeria en France ?

Une pizzeria correctement installée peut faire quelques centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires par an, tandis que les grosses unités franchisées ou les restaurants très performants peuvent approcher ou dépasser le million.

L’écart entre les concepts est énorme. Pizza Bonici communique autour de 300 000 € à deux ans pour certains formats. Tutti Pizza donne un ordre de grandeur proche de 450 000 €. Des réseaux plus lourds comme PizzaCosy ou Basilic & Co affichent des potentiels ou moyennes nettement supérieurs.

Nous obtenons une vision plus concrète en raisonnant en tickets. Avec 18 € dépensés par commande et 350 jours d’ouverture, 400 000 € de chiffre d’affaires demandent environ 63 commandes quotidiennes. Pour atteindre 700 000 €, il en faut environ 111. À 900 000 €, nous dépassons 142 commandes par jour.

Le calcul fait vite ressortir les business plans trop optimistes. Un local qui prévoit 800 000 € de chiffre d’affaires doit pouvoir expliquer comment il fera passer plus d’une centaine de tickets presque tous les jours, y compris les semaines creuses.

Les boissons, desserts et accompagnements peuvent fortement améliorer l’équation. Faire passer un ticket de 16 à 20 € permet d’ajouter 25 % de chiffre d’affaires sans cuire 25 % de pizzas supplémentaires.

Commandes par jour Ticket moyen CA annuel sur 350 jours
30 18 € 189 000 €
40 18 € 252 000 €
50 18 € 315 000 €
60 18 € 378 000 €
80 18 € 504 000 €
100 18 € 630 000 €
120 18 € 756 000 €
150 18 € 945 000 €

Une pizza rapporte-t-elle vraiment beaucoup ?

Oui, la pizza peut laisser une très bonne marge après les ingrédients, mais cette marge fond vite une fois les salaires, le loyer et les frais de vente payés.

Plusieurs réseaux structurés visent environ 70 à 76 % de marge brute. Autrement dit, matières premières et parfois emballages représentent autour de 24 à 30 % du chiffre d’affaires selon le concept.

Prenons une pizza vendue 13 € avec 25 % de coût matière. Environ 9,75 € restent après les ingrédients. À première vue, le produit paraît extrêmement rentable.

Ces 9,75 € doivent pourtant financer toute l’entreprise : personnel, local, électricité, four, extraction, assurances, caisse, comptabilité, entretien, marketing, pertes, commissions éventuelles et remboursement de l’investissement. Le bénéfice réel du restaurant peut donc rester faible malgré une excellente marge sur la pâte et la garniture.

Le poste à surveiller de très près est le personnel. Les réseaux bien organisés communiquent souvent des ratios de masse salariale proches de 25 à 30 % du chiffre d’affaires. À 600 000 € de CA, 28 % représentent déjà 168 000 € par an.

Voilà pourquoi la vitesse de production compte autant. Sortir davantage de pizzas pendant le rush avec presque la même équipe améliore rapidement l’économie du restaurant.

Combien faut-il investir pour ouvrir une pizzeria en France ?

Pour ouvrir une vraie pizzeria en France aujourd’hui, il faut souvent prévoir entre 150 000 et 400 000 € pour un restaurant structuré, même si les petits formats peuvent coûter beaucoup moins cher.

Les montants publiés par les franchises montrent l’amplitude. Tutti Pizza annonce un investissement à partir d’environ 150 000 €. Basilic & Co se situe autour de 300 000 € ou davantage selon le projet. PizzaCosy affiche un besoin proche de 360 000 € dans sa documentation franchise.

Un kiosque, une petite unité d’emporter ou un local déjà équipé peut évidemment réduire fortement la facture. À l’opposé, un grand restaurant avec salle, terrasse, extraction à créer, gros travaux et droit au bail peut rapidement dépasser les références affichées par les réseaux.

Le four ne constitue qu’une partie du budget. Il faut ajouter froid, pétrin, mobilier, extraction, plomberie, électricité, décoration, caisse, enseigne, travaux, stock de départ, dépôt de garantie et trésorerie.

La trésorerie est justement le poste que nous sacrifierions le moins. Dépenser 250 000 € pour ouvrir un très beau restaurant puis se retrouver presque à zéro en banque laisse très peu de marge pour absorber six mois de démarrage médiocre.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Ce qu’il faut pour faire financer une pizzeria

Une banque veut des chiffres sourcés, un marché documenté et une stratégie tenable. Les quatre documents répondent à ces trois questions dans l’ordre où elles se posent.

Voir le pack complet

Convient pour une demande de prêt

Une franchise de pizza vaut-elle vraiment ses royalties ?

Une franchise de pizza peut valoir ses royalties si elle apporte assez de clients et d’efficacité pour compenser plusieurs dizaines de milliers d’euros de frais chaque année.

Des réseaux comme PizzaCosy ou Basilic & Co affichent des redevances qui tournent autour de 5 % pour l’exploitation auxquelles peuvent s’ajouter environ 2 % de communication.

À 700 000 € de chiffre d’affaires HT, 7 % représentent 49 000 € par an. Sur sept ans, avec un chiffre d’affaires constant, nous arrivons à 343 000 €, avant même de compter le droit d’entrée.

En échange, le franchisé reçoit normalement une marque, un concept déjà testé, une formation, des outils, un accompagnement, des achats négociés et du marketing. Ces services peuvent éviter des erreurs qui coûtent elles-mêmes très cher.

La décision devient donc assez concrète : l’enseigne peut-elle apporter au moins 50 000 € par an de valeur supplémentaire sur un restaurant qui lui verse autour de 50 000 € ? Dans une ville où personne ne connaît la marque, la réponse peut être très différente de celle obtenue dans un territoire où elle génère déjà beaucoup de commandes.

Les kiosques et distributeurs automatiques de pizzas sont-ils en train de prendre une vraie place ?

Oui, les formats légers gagnent une vraie place dans la pizza française, surtout là où le potentiel local reste trop faible pour supporter un restaurant classique.

Tutti Pizza comptait 80 implantations à la fin de son dernier exercice publié, dont 20 automates Tutti Matic. Un quart de son réseau reposait donc déjà sur ce format. L’enseigne vise maintenant 100 implantations à horizon 2030 tout en faisant évoluer son modèle.

Le Kiosque à Pizzas progresse également avec un format adapté aux périphéries et petites communes. Son besoin immobilier et humain est bien inférieur à celui d’un restaurant disposant d’une grande salle.

L’intérêt est simple : un village ou une zone commerciale capable de générer 30 ou 40 commandes par jour ne justifie pas forcément une équipe complète et 150 m² de restaurant. Un kiosque ou un automate peut exploiter ce même bassin de clientèle avec moins de frais fixes et des horaires beaucoup plus larges.

Ces modèles limitent toutefois le ticket additionnel, l’expérience sur place et parfois la perception premium. Ils répondent surtout à une demande de proximité et de disponibilité.

Ouvrir une pizzeria est-il devenu risqué aujourd’hui ?

Oui, ouvrir une pizzeria est aujourd’hui plus risqué que la popularité du produit ne le laisse penser, car l’ensemble de la restauration traverse une période de forte tension financière.

Les derniers chiffres de la Banque de France sont assez difficiles à ignorer. Sur douze mois à fin juillet 2026, l’hébergement-restauration a enregistré 9 721 défaillances d’entreprises. C’est 7,4 % de plus qu’un an auparavant et environ 31,8 % de plus que la moyenne observée entre 2010 et 2019.

La pression ne vient pas seulement des faillites. L’Insee indique également que plus de quatre entreprises d’hébergement-restauration sur dix déclaraient récemment rencontrer des difficultés de recrutement. Un restaurateur doit donc composer simultanément avec des clients plus attentifs aux prix et un marché du travail toujours compliqué.

La pizza dispose malgré tout d’un avantage considérable : les volumes consommés tiennent mieux que beaucoup d’autres catégories. Comme vu plus haut, les Français mangent toujours autour de 1,2 milliard de pizzas par an.

Cette solidité du produit ne protège cependant pas un mauvais local. Un loyer trop élevé, cinquante commandes quotidiennes quand le business plan en exige cent, ou une dépendance excessive aux plateformes suffisent à dégrader très vite le résultat.

Quel type de pizzeria semble le plus solide actuellement ?

Les pizzerias les mieux placées aujourd’hui ont un modèle très lisible : soit elles offrent une vraie qualité premium, soit elles gagnent par le prix et le volume, soit elles exploitent un format particulièrement léger.

Le milieu de gamme générique est plus exposé. Une pizza classique vendue 14 ou 15 €, dans un local sans vraie expérience et avec une forte dépendance aux plateformes, cumule plusieurs problèmes : prix supérieur au seuil psychologique déclaré, différenciation limitée et coûts de vente élevés.

À l’autre bout du marché, une pizzeria artisanale peut faire accepter 16 ou 18 € parce que le client voit la différence. Un concept accessible peut chercher le volume. Un kiosque ou automate peut fonctionner avec beaucoup moins de structure. Et un restaurant bien conçu peut augmenter son ticket grâce aux boissons, entrées et desserts.

Les derniers mouvements des réseaux vont dans ce sens. Tutti Pizza expérimente de nouveaux formats tout en utilisant ses automates. Certaines chaînes historiques réduisent leur parc. Les enseignes fast-casual travaillent davantage l’expérience et le sur-place.

Si nous devions résumer le marché pour un créateur, nous chercherions avant tout un avantage facile à expliquer en une phrase. « La meilleure napolitaine du quartier », « la pizza familiale à moins de 10 € », « la seule pizza disponible après 22 heures » ou « un vrai restaurant italien où l’on reste dîner » donnent au client une raison immédiate de choisir l’adresse.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Les quatre documents pour lancer une pizzeria

Le business plan raconte le projet, le prévisionnel le chiffre, l’étude de marché le justifie et l’executive summary le résume en deux pages. Rien à rédiger de zéro.

Voir le pack complet

PowerPoint, Excel et Word, modifiables

Alors, le marché de la pizza en France vaut-il encore le coup pour créer un business ?

Oui, le marché de la pizza reste très intéressant en France, mais ouvrir une pizzeria générique sans avantage évident est devenu un pari beaucoup plus mauvais.

Les chiffres de fond sont puissants : environ 1,2 milliard de pizzas consommées et 5,6 milliards d’euros de marché. La pizza reste extrêmement populaire, notamment chez les jeunes, et ses volumes ont beaucoup mieux résisté récemment que ceux du burger.

Le revers apparaît dans l’économie des restaurants. Le prix moyen dépasse 13 €, alors que le montant jugé acceptable par les consommateurs tourne plutôt autour de 12 €. Les principales chaînes ont récemment perdu près de 5 % de chiffre d’affaires. Plusieurs réseaux ferment des unités. Et l’hébergement-restauration reste proche de 9 700 défaillances sur douze mois.

Nous regarderions donc moins la taille du marché national que quatre chiffres propres au projet : le nombre réaliste de commandes quotidiennes, le ticket moyen, le coût matière et la somme loyer + personnel + commissions. Avec 18 € par commande, passer de 60 à 100 tickets par jour fait passer le chiffre d’affaires théorique de 378 000 à 630 000 € sur 350 jours. Ce sont ces quarante commandes supplémentaires qui changent réellement le business.

Le potentiel reste donc bien réel. Simplement, le marché récompense davantage les pizzerias qui savent exactement pourquoi les clients viendront chez elles. Aujourd’hui, vendre de la pizza ne suffit plus à créer un bon business ; il faut réussir à devenir l’adresse que les clients choisissent parmi toutes les pizzas déjà disponibles autour d’eux.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à répondre à une question très concrète : le marché de la pizza en France vaut-il encore le coup pour créer un business aujourd’hui ? Nous avons donc croisé la taille du marché avec l’évolution des volumes, les prix, les habitudes de consommation, la pression concurrentielle, les performances des chaînes, les modèles de franchise et l’économie d’un point de vente.

Les Indices Gira servent de base pour les grands repères du marché : volumes consommés, évolution récente et prix moyen de la pizza Reine. Nous utilisons ces données comme photographie du marché national, pas comme prévision automatique de ce qu’une nouvelle pizzeria peut réaliser localement.

Les données Speak Snacking de Strateg’eat sont utilisées pour les comportements de consommation : popularité de la pizza, génération Z, prix psychologique, arbitrages sur la fréquence de sorties et évolution du sur-place, de l’emporter et de la livraison. Ces indicateurs décrivent des comportements déclarés et ne doivent pas être confondus avec des ventes comptables de pizzerias.

Pour la concurrence, nous distinguons le marché total des seules chaînes. Le Top 200 de France Snacking permet de suivre le chiffre d’affaires et le parc des grandes enseignes, tandis que Meaningful Vision apporte une lecture de la densité des chaînes par ville. Ces chiffres n’incluent pas toute l’offre indépendante.

Les chiffres de Basilic & Co, PizzaCosy et Tutti Pizza sont utilisés pour illustrer des économies de réseau : chiffre d’affaires moyen ou potentiel, investissement, redevances, marge brute, masse salariale et répartition des ventes par canal. Ce sont des données publiées par les enseignes ou leurs supports franchise ; nous ne les traitons pas comme une moyenne nationale de toutes les pizzerias.

Les calculs de chiffre d’affaires par nombre de commandes sont des simulations simples : ticket moyen × commandes quotidiennes × jours d’ouverture. Ils servent à traduire un objectif annuel en volume réel à produire et à vendre. Ils n’intègrent pas automatiquement la saisonnalité, les jours de fermeture, la TVA ou les écarts entre vente sur place, emporter et livraison.

De la même manière, l’exemple de marge sur une pizza à 13 € avec 25 % de coût matière est un cas pédagogique. Il permet de voir ce qu’il reste après les ingrédients avant les salaires, le loyer, les commissions, l’énergie, les frais généraux et le remboursement de l’investissement.

Pour le risque financier, nous utilisons les statistiques de défaillances de la Banque de France sur l’hébergement-restauration. Elles donnent le contexte du secteur dans lequel évolue une pizzeria, mais elles ne mesurent pas spécifiquement les seules pizzerias.

Nous avons privilégié les données récentes, les sources spécialisées reconnues dans la restauration et les chiffres publiés directement par les réseaux. Quand plusieurs périmètres ne mesurent pas la même chose — marché total, chaînes, comportements déclarés, performances de franchise — nous les gardons séparés plutôt que de les additionner artificiellement.

Parmi les principales sources utilisées : Gira Conseil et ses Indices Pizza, France Snacking, Top 200 de la restauration rapide, Speak Snacking 2026, Meaningful Vision sur la densité des chaînes de pizzerias, Tutti Pizza, PizzaCosy, les données franchise de Basilic & Co et la Banque de France sur les défaillances d’entreprises.