Bureau d'études : quels tarifs aujourd'hui ?

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Un business plan de 35 pages, déjà rédigé et mis en forme pour cette activité : marché, concurrence, stratégie et tableaux financiers.
C'est partiEN RÉSUMÉ
Pour créer un bureau d’études en France aujourd’hui, nous prendrions 650 à 900 € HT par jour comme vraie base de calcul, avec beaucoup de petites études individualisées facturées autour de 1 000 à 5 000 € HT et des missions complètes qui montent vite à cinq chiffres.
Le « prix d’une étude » ne veut presque rien dire seul. Une RE2020 très standardisée peut rester à quelques centaines d’euros, alors qu’une étude structure avec visite, hypothèses, plans et échanges consomme plusieurs jours et engage beaucoup plus le bureau.
Le point le plus facile à sous-estimer n’est pas le salaire de l’ingénieur, mais le nombre de journées réellement vendables. Entre 130 et 170 jours facturés par an, l’écart de chiffre d’affaires devient énorme, même avec exactement la même équipe.
À 600 € par jour, un BET avec salariés peut déjà travailler trop serré. Si le coût complet d’un ingénieur et de son environnement approche 75 000 € par an, 130 jours facturés ramènent le coût de la journée vendue à près de 577 € avant même la marge.
Un taux interne autour de 80 à 120 € HT de l’heure est souvent plus utile qu’un simple prix au mètre carré. Le client peut recevoir un forfait, mais le bureau doit quand même savoir combien d’heures il vend réellement derrière ce forfait.
Le forfait fonctionne bien lorsque le périmètre est fermé. Dès que les plans peuvent changer, que les variantes s’empilent ou que les réunions deviennent imprévisibles, le devis doit fixer des limites claires et prévoir des avenants.
Les études structure et géotechniques se comparent mal sur le seul prix final. Sur l’existant, l’incertitude sur ce qui a réellement été construit augmente vite le temps d’ingénieur ; en géotechnique, une grosse partie du coût vient aussi des investigations, du matériel et du terrain.
La pression sur les prix est la plus forte là où la production peut être standardisée. C’est déjà visible sur la RE2020 : plus une prestation ressemble à un formulaire transformé en document réglementaire, plus elle se retrouve en concurrence avec des modèles très industrialisés.
La ville compte moins qu’avant pour les missions numériques. Le vrai écart de prix vient davantage du niveau d’expertise, de la responsabilité, des visites, du temps de déplacement et de la complexité du projet que du simple fait d’être à Paris, Lyon ou Nantes.
Pour un nouveau BET, nous éviterions de casser les prix. Mieux vaut vendre un périmètre plus court ou une remise temporaire, suivre le temps passé affaire par affaire, puis augmenter les tarifs dès que les dossiers débordent régulièrement du chiffrage ou que le planning commence à saturer.
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Pourquoi deux bureaux d’études peuvent-ils facturer 500 € et 5 000 € pour une « étude » ?
Aujourd’hui, parler du tarif moyen d’un bureau d’études sans préciser la mission donne un chiffre presque inutilisable : sous le même mot « étude », on trouve des prestations de quelques centaines d’euros et d’autres qui dépassent facilement 10 000 €.
Une étude RE2020 standardisée peut aujourd’hui être produite et vendue à quelques centaines d’euros. Une étude structure complète de maison tourne plutôt autour de quelques milliers d’euros. Dès que le bureau intervient sur plusieurs phases d’un bâtiment tertiaire ou industriel, les honoraires passent rapidement à cinq chiffres.
Le contenu explique une bonne partie de l’écart. Un calcul réalisé à partir de plans déjà propres demande beaucoup moins de travail qu’un diagnostic avec visite, relevés, recherche de la structure existante, plusieurs hypothèses et échanges avec l’architecte. Même différence entre une note de calcul ponctuelle et une mission comprenant conception, plans, réunions, modifications et suivi des travaux.
Pour fixer nos tarifs, le mot « bureau d’études » nous aide donc assez peu. Il faut regarder ce que nous livrons, combien d’heures la mission absorbe et surtout quelle responsabilité nous prenons.
Quels prix voit-on réellement pour les études techniques en France aujourd’hui ?
Pour les petites opérations de bâtiment, beaucoup d’études techniques individualisées se vendent actuellement entre 1 000 et 5 000 € HT, avec des prestations standardisées moins chères et des missions de conception complètes nettement au-dessus.
Les prix publics disponibles donnent des ordres de grandeur assez cohérents. Les relevés publiés par des plateformes de travaux placent fréquemment une étude structure de maison autour de 1 000 à 4 000 €, avec des dossiers plus complets pouvant monter davantage. Une G2 AVP se retrouve couramment autour de 1 500 à 3 000 € et peut dépasser ce niveau lorsque les sondages deviennent plus lourds. Pour une RE2020, l’écart est énorme : certaines prestations très standardisées restent à quelques centaines d’euros, tandis qu’un accompagnement thermique plus poussé passe facilement au-dessus de 1 000 €.
Sur les bâtiments professionnels, le changement d’échelle est rapide. Quelques jours de calcul peuvent encore produire un devis de quelques milliers d’euros, mais plusieurs phases de conception, des réunions régulières et des plans détaillés amènent vite la mission vers 10 000, 20 000 ou 50 000 €.
| Type de mission | Ordre de grandeur actuellement observable |
|---|---|
| Note de calcul ponctuelle | 300 à 1 500 € HT |
| Ouverture de mur porteur | 800 à 2 500 € HT |
| Étude structure de maison | 1 000 à 5 000 € HT, parfois davantage |
| G2 AVP pour une maison | 1 500 à 3 000 € HT, davantage selon investigations |
| RE2020 standardisée | quelques centaines d’euros |
| Étude thermique avec accompagnement | environ 600 à 2 000 € et plus |
| Simulation thermique dynamique | souvent plusieurs milliers d’euros |
| Mission d’ingénierie tertiaire ou industrielle | fréquemment plusieurs dizaines de milliers d’euros |
Quel tarif journalier peut facturer un bureau d’études aujourd’hui ?
Pour un ingénieur réellement autonome, nous situerions aujourd’hui un TJM crédible autour de 600 à 900 € HT ; les profils très spécialisés, les missions senior ou les dossiers à forte responsabilité peuvent passer au-dessus de 1 000 €.
Les profils visibles sur les plateformes de freelances montrent bien l’étendue du marché. En structure, génie civil, CVC ou gestion de projet technique, on trouve encore des profils autour de 400 ou 500 € par jour, puis beaucoup d’ingénieurs expérimentés entre 500 et 700 €. Les spécialistes capables de prendre un dossier presque seuls montent plus facilement vers 700, 800 € et davantage.
Ces prix ne veulent pas dire qu’un bureau avec salariés doit reprendre directement le TJM d’un freelance. Le BET paie aussi le temps commercial, les logiciels, l’assurance, l’encadrement, les journées sans mission, les réunions internes et les reprises non facturées.
Nous éviterions donc de bâtir une entreprise avec salariés sur un TJM moyen de 400 €. Ce niveau peut fonctionner pour un indépendant léger, une mission longue avec très peu de frais commerciaux ou de la production technique parfaitement cadrée. Dès que le bureau doit financer une vraie structure, 600 à 900 € devient beaucoup plus cohérent.
Pourquoi un bureau d’études peut-il manquer d’argent en facturant 600 € par jour ?
À 600 € par jour, un bureau d’études peut déjà être trop bas si l’ingénieur coûte cher et ne facture que 130 ou 140 jours dans l’année.
L’Apec indique actuellement que 80 % des rémunérations proposées aux ingénieurs d’études BTP se situent entre 33 000 et 50 000 € brut annuels, avec une moyenne de 41 000 €. Le salaire brut ne représente pourtant qu’une partie de ce que l’ingénieur coûte à l’entreprise. Le simulateur Urssaf rappelle qu’il faut ajouter les cotisations employeur, puis viennent les logiciels, l’ordinateur, les assurances, la comptabilité, les déplacements et le reste de la structure.
Prenons un coût complet de 75 000 € par an pour un ingénieur et son environnement de travail. Avec 150 jours facturés, nous sommes déjà à 500 € de coût par journée vendue. À 600 € facturés au client, l’écart n’est plus que de 100 € par jour avant de payer une erreur de chiffrage, une période creuse ou le bénéfice de l’entreprise.
Le calcul devient encore plus serré à 130 jours facturés : 75 000 € divisés par 130 donnent près de 577 € de coût par journée vendue. Une grille à 600 € laisserait alors pratiquement aucune marge de sécurité.
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Combien de jours un ingénieur de bureau d’études facture-t-il vraiment dans l’année ?
Pour construire un prévisionnel prudent, nous partirions plutôt sur 130 à 170 jours réellement facturés par ingénieur que sur les 200 jours parfois utilisés dans les business plans.
Un ingénieur travaille évidemment plus que 150 jours dans l’année. Mais le client ne paie pas tout ce temps. Il faut retirer les congés, les jours fériés, la formation, les devis, les rendez-vous commerciaux, l’administration, les périodes entre deux affaires et les nombreuses petites tâches internes.
Il faut ensuite compter les heures passées sur un projet qui ne finissent jamais sur une facture. Une réunion supplémentaire, un plan modifié, un appel avec l’entreprise ou une nouvelle émission du rapport consomment du temps même lorsque le forfait reste inchangé.
L’écart entre 130 et 170 jours est énorme. À 700 € par jour, il représente 28 000 € de chiffre d’affaires annuel par ingénieur. Avant même de discuter d’une hausse de tarif, un BET doit donc savoir combien de son temps il arrive réellement à vendre.
Quel taux horaire faut-il utiliser pour calculer ses devis ?
Pour un ingénieur confirmé, travailler aujourd’hui avec un taux interne de vente autour de 80 à 120 € HT de l’heure est beaucoup plus réaliste que de partir du simple salaire horaire du collaborateur.
À 650 € la journée de huit heures, nous sommes à environ 81 € de l’heure. Un TJM de 800 € correspond à 100 €. À 1 000 €, le taux passe à 125 €.
Ce taux sert surtout à construire le devis. Le client d’un bureau d’études n’a généralement aucun intérêt à savoir qu’une note a demandé 13,5 heures. Il veut connaître le coût de sa mission. En interne, en revanche, ces heures doivent être comptées avec précision.
Le danger apparaît lorsqu’un bureau choisit 60 ou 70 € de l’heure parce que ce montant semble déjà très supérieur au salaire horaire de l’ingénieur. Une heure facturée doit financer aussi les heures impossibles à facturer. Le taux de vente doit absorber l’ensemble.
| TJM | Équivalent sur 8 h | CA à 140 jours facturés | CA à 160 jours facturés |
|---|---|---|---|
| 400 € | 50 €/h | 56 000 € | 64 000 € |
| 500 € | 62,50 €/h | 70 000 € | 80 000 € |
| 600 € | 75 €/h | 84 000 € | 96 000 € |
| 700 € | 87,50 €/h | 98 000 € | 112 000 € |
| 800 € | 100 €/h | 112 000 € | 128 000 € |
| 900 € | 112,50 €/h | 126 000 € | 144 000 € |
| 1 000 € | 125 €/h | 140 000 € | 160 000 € |
Faut-il facturer une étude au forfait ou à la journée ?
Pour une mission courte dont le périmètre est clair, le forfait est aujourd’hui le format le plus simple à vendre ; dès que les demandes peuvent bouger en cours de route, le TJM ou les avenants deviennent beaucoup plus sûrs.
Un particulier qui demande une étude de mur porteur préfère entendre « 1 500 € pour la mission » plutôt que « 90 € de l’heure sans savoir combien d’heures seront nécessaires ». Une G2 ou une étude RE2020 se prête également bien au forfait lorsque le contenu est standardisé.
Le problème commence lorsque le client peut modifier plusieurs fois les plans ou demander des variantes sans limite. Le BET avait chiffré trois jours, puis en consomme cinq ou six. Le forfait reste identique et la marge disparaît.
Le devis doit donc préciser ce qu’il comprend : documents d’entrée, visite éventuelle, nombre de réunions, livrables, nombre de variantes et quantité de reprises incluses. Lorsqu’une modification change franchement le travail prévu, un avenant devient normal.
Nous garderions le TJM pour les missions de renfort, l’assistance technique, certaines expertises et les projets où il serait artificiel de prédire précisément le nombre de jours dès le départ.
Combien facturer une étude de structure ?
Pour une maison ou une petite rénovation, beaucoup d’études structure se situent aujourd’hui entre environ 1 000 et 5 000 € HT ; une mission plus complète, une réhabilitation délicate ou un bâtiment professionnel peut très vite dépasser cette fourchette.
Une ouverture de mur porteur simple se retrouve couramment autour de 800 à 2 500 €. Une note de calcul isolée peut coûter moins de 1 000 €, alors qu’une véritable étude structure de maison avec plusieurs éléments à dimensionner, plans et échanges passe plus facilement à quelques milliers d’euros.
La rénovation est souvent plus difficile à chiffrer que le neuf. Sur un bâtiment existant, nous pouvons perdre du temps à comprendre ce qui a réellement été construit, découvrir des écarts avec les plans ou devoir examiner plusieurs scénarios avant de retenir une solution. Deux projets de même surface peuvent alors demander des charges de travail complètement différentes.
À l’autre extrême, un grand bâtiment répétitif peut coûter relativement peu par mètre carré. C’est la raison pour laquelle nous ne choisirions jamais un tarif structure uniquement à partir de la surface du projet.
Le prix au mètre carré reste utile pour vérifier un devis après coup. Pour construire le prix, les heures, la complexité des calculs, les plans nécessaires et le risque donnent une base bien plus solide.
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Combien facturer une étude thermique ou RE2020 ?
Une RE2020 simple subit aujourd’hui une forte pression sur les prix, tandis qu’une vraie mission de conception thermique garde beaucoup plus de valeur : selon le contenu, nous passons de quelques centaines d’euros à plusieurs milliers.
Les offres actuellement visibles en ligne montrent déjà des études réglementaires d’entrée de gamme pour quelques centaines d’euros. Lorsque l’ACV, les attestations, les tests ou davantage d’accompagnement sont inclus, le prix monte. Les bureaux qui accompagnent réellement la conception d’une maison se retrouvent fréquemment autour de plusieurs centaines à plus de 1 000 €.
Une simulation thermique dynamique demande un autre niveau de travail. Nous devons comprendre les usages, modéliser le bâtiment, tester les scénarios et interpréter les résultats. Sur un projet tertiaire, la mission peut rapidement représenter plusieurs milliers d’euros.
Cette différence devrait guider le positionnement d’un nouveau bureau thermique. Vendre uniquement le calcul réglementaire place le BET face à des acteurs capables d’automatiser une grande partie de la production. Les rénovations complexes, le confort d’été, la STD, l’optimisation des systèmes et le tertiaire permettent de vendre beaucoup plus d’analyse humaine.
Combien facturer une étude géotechnique G2 ?
Pour une maison individuelle, une G2 AVP tourne actuellement autour de 1 500 à 3 000 € dans beaucoup de devis et peut monter davantage lorsque le terrain exige plus de sondages ou d’essais.
Le prix d’une G2 dépend directement du programme d’investigation. Deux devis à 1 700 et 3 000 € peuvent couvrir des prestations assez différentes : nombre de sondages, profondeur, essais pressiométriques, analyses de laboratoire, accès au terrain ou complexité géologique.
La géotechnique comporte aussi des coûts que le client voit moins facilement. Il faut déplacer du matériel, intervenir sur le terrain, mobiliser un technicien, analyser les résultats puis produire les recommandations de fondation.
C’est justement ce qui rend une comparaison par prix final assez dangereuse. Une entreprise qui réduit fortement le nombre d’investigations peut proposer moins cher, mais elle travaille également avec moins d’informations.
Pour créer un BET géotechnique, nous chiffrerions donc d’abord la campagne d’investigation, puis le temps d’ingénieur. La simple multiplication d’un TJM par quelques jours de bureau sous-estime une grosse partie du coût.
Comment facturer le CVC, les fluides et l’électricité ?
Pour un bureau d’études CVC, fluides ou électricité, nous partirions aujourd’hui du nombre de jours nécessaires par phase, avec un TJM généralement situé autour de 600 à 900 € pour un ingénieur autonome, puis nous transformerions ce calcul en forfait lorsque le périmètre est stable.
Une petite mission peut tenir dans quelques journées : récupération des données, calcul, dimensionnement, plan et réunion. La facture reste alors dans les quelques milliers d’euros.
Sur un immeuble, le travail s’étale beaucoup plus. APS, APD, PRO, DCE, analyse des offres, visa des documents d’exécution et réunions de chantier peuvent mobiliser le bureau pendant des mois. Les honoraires atteignent alors assez naturellement cinq chiffres.
Les honoraires exprimés en pourcentage des travaux peuvent servir de deuxième contrôle. Dans les opérations de maîtrise d’œuvre, les taux globaux atteignent plusieurs points du coût de construction, mais ils rémunèrent généralement toute l’équipe de conception et pas seulement le BET technique.
Nous préférons donc calculer les journées par phase puis regarder le pourcentage obtenu. Si le résultat semble complètement déconnecté du montant et de la complexité des travaux, il faut reprendre le devis.
Combien de réunions et de modifications faut-il inclure dans le prix ?
Un bureau d’études devrait inclure un nombre précis de réunions et de reprises dans son forfait, car les modifications gratuites répétées peuvent transformer une mission apparemment rentable en mauvais dossier.
Imaginons une étude vendue 2 000 € sur la base de trois jours de travail. Si le dossier finit par consommer une visite, deux réunions, plusieurs échanges techniques et deux nouvelles versions après modification des plans, cinq jours peuvent facilement être utilisés.
Avec un coût interne de 400 € par jour, les trois jours prévus coûtaient 1 200 € et laissaient une marge confortable. Cinq jours coûtent déjà 2 000 €. Le bénéfice a disparu sans que le client ait nécessairement demandé quelque chose d’extraordinaire.
La manière la plus simple d’éviter ce problème consiste à annoncer dès le devis ce qui est inclus : une visite, deux réunions, une variante, une série de remarques ou toute autre règle adaptée au métier. Une demande supplémentaire reçoit ensuite un prix supplémentaire.
La même logique vaut pour les urgences. Lorsqu’un client veut trois jours de délai à la place des deux semaines habituelles, une majoration de 20 à 50 % peut parfaitement se défendre. Le bureau doit déplacer d’autres dossiers et réserver une capacité qui avait déjà une valeur.
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Les tarifs d’un bureau d’études doivent-ils vraiment changer selon la ville ?
Oui, mais beaucoup moins qu’avant pour les missions largement réalisables à distance : aujourd’hui, le type de projet et le niveau d’expertise créent souvent plus d’écart de prix que le simple fait d’être à Paris, Lyon ou Nantes.
Les salaires et les loyers restent plus élevés dans certaines grandes métropoles, particulièrement en Île-de-France. Les visites coûtent aussi plus cher lorsqu’il faut intégrer transports, stationnement et temps de trajet.
Pour les calculs réalisés entièrement à distance, la concurrence devient en revanche nationale. Un client parisien peut très bien confier son étude structure à un ingénieur installé à plusieurs centaines de kilomètres si le dossier ne demande presque aucun déplacement.
Nous garderions donc un tarif de production relativement stable et nous ferions payer ce qui est réellement local : visite, déplacement, accès compliqué au chantier ou temps passé dans les transports. Appliquer automatiquement 30 % de plus à toutes les missions parisiennes devient beaucoup plus difficile à défendre lorsque le travail est entièrement numérique.
L’automatisation va-t-elle faire baisser les prix des bureaux d’études ?
L’automatisation tire déjà vers le bas les prestations les plus standardisées, mais elle touche beaucoup moins les missions où l’ingénieur doit comprendre un bâtiment imparfait, choisir une solution et en assumer la responsabilité.
La RE2020 illustre bien cette pression. Une partie du calcul peut être industrialisée à partir des données saisies, ce qui explique les offres en ligne à quelques centaines d’euros. Faire exactement la même chose manuellement avec un ingénieur vendu 800 € par jour devient difficile à défendre.
Dans une étude structure, le logiciel sait également résoudre très vite un modèle. Le vrai travail reste souvent ailleurs : comprendre le chemin des charges, décider comment représenter l’existant, choisir les hypothèses, vérifier la cohérence et résoudre les cas qui ne rentrent pas proprement dans un modèle standard.
Nous serions donc prudents avec les business models fondés sur la vente d’un document réglementaire presque identique d’un client à l’autre. Plus la mission peut être produite à partir d’un formulaire, plus le prix risque d’être comprimé.
À l’inverse, l’expertise sur l’existant, l’arbitrage technique, la coordination entre disciplines et les dossiers inhabituels résistent beaucoup mieux.
À partir de quel TJM un bureau d’études devient-il vraiment rentable ?
Avec une petite structure employant des ingénieurs, 700 à 900 € HT par journée facturée offre aujourd’hui une base beaucoup plus confortable que 400 ou 500 €, surtout lorsque le bureau ne réussit pas à vendre plus de 150 jours par personne.
Le calcul permet de voir immédiatement l’écart. À 150 jours facturés, un TJM de 500 € produit 75 000 € de chiffre d’affaires annuel par ingénieur. À 700 €, nous montons à 105 000 €. À 900 €, nous atteignons 135 000 €.
Une différence de seulement 100 € par jour vaut ainsi 15 000 € de chiffre d’affaires annuel avec 150 jours vendus. C’est énorme pour une petite société.
Nous ne dirions pas pour autant qu’un BET à 500 € est forcément déficitaire. Un indépendant avec peu de charges peut très bien gagner sa vie à ce niveau. Mais employer des ingénieurs, acheter des licences coûteuses, financer du management et conserver une marge de sécurité demande généralement davantage.
| TJM moyen | CA avec 150 jours facturés | Ce que ce niveau permet plus facilement |
|---|---|---|
| 400 € | 60 000 € | Indépendant très léger ou production cadrée |
| 500 € | 75 000 € | Petite structure avec coûts serrés |
| 600 € | 90 000 € | Modèle possible mais encore sensible aux creux |
| 700 € | 105 000 € | Base plus confortable pour un BET |
| 800 € | 120 000 € | Davantage de marge pour logiciels et structure |
| 900 € | 135 000 € | Positionnement senior solide |
| 1 000 € | 150 000 € | Expertise, pilotage ou responsabilité élevée |
| 1 200 € | 180 000 € | Expertise rare ou forte valeur ajoutée |
Faut-il casser ses prix pour trouver les premiers clients d’un bureau d’études ?
Nous éviterions clairement de lancer un bureau d’études avec des prix cassés : une remise temporaire de 10 ou 15 % ou un périmètre réduit est beaucoup plus sain qu’un tarif divisé par deux.
Dans une activité technique, un prix anormalement bas peut même créer de la méfiance. Le client sait que l’étude touche parfois à la stabilité d’un bâtiment, à ses fondations ou à ses systèmes énergétiques. Une offre à 800 € face à plusieurs devis à 2 000 € ne ressemble pas forcément à une bonne affaire.
Il vaut mieux garder le vrai prix visible. Une étude habituellement facturée 2 000 € peut être proposée à 1 700 € pour obtenir les premières références, avec la remise clairement indiquée. Lorsque le bureau a davantage de demandes, il retrouve son tarif normal sans devoir expliquer une hausse de 100 %.
Nous pouvons aussi réduire ce qui est vendu : pas de visite, une seule variante, délai standard, nombre de réunions limité. Le prix baisse parce que le travail baisse lui aussi.
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Quand faut-il augmenter les tarifs de son bureau d’études ?
Un bureau d’études devrait revoir ses tarifs dès que les projets consomment régulièrement plus d’heures que prévu ou que le planning commence à refuser des missions intéressantes faute de capacité.
Le meilleur indicateur se trouve souvent dans les feuilles de temps. Une étude vendue 4 000 € avec cinq journées prévues semble avoir été facturée 800 € par jour. Si elle demande en réalité sept jours, le TJM réel tombe à 571 €. Une simple hausse de prix générale de 3 % ne corrigera pas ce problème.
Les contrats longs méritent aussi une attention particulière. L’indice Syntec, utilisé pour actualiser le prix de nombreuses prestations intellectuelles, reste actuellement autour de 321-323 après avoir augmenté sur plusieurs années. Son niveau récent a plutôt été stable, ce qui évite de raconter une histoire d’inflation galopante qui ne correspondrait plus aux derniers chiffres. Il reste néanmoins utile pour éviter de bloquer un prix plusieurs années sans mécanisme de révision.
Le moment le plus intéressant pour augmenter les prix reste celui où la demande le permet. Si le BET reçoit assez de commandes pour allonger continuellement ses délais, quelques dossiers refusés après une hausse de 10 % peuvent améliorer la rentabilité globale.
Quels tarifs choisir concrètement lorsqu’on crée un bureau d’études aujourd’hui ?
Pour lancer un bureau d’études en France aujourd’hui, nous prendrions environ 650 à 800 € HT par jour comme base de calcul pour un ingénieur confirmé, puis 800 à 1 000 € pour un profil senior ou une mission plus exigeante ; les expertises rares et les dossiers à forte responsabilité peuvent aller plus haut.
À partir de cette base, une petite note de calcul peut rester sous 1 000 € lorsqu’elle demande peu d’heures. Une ouverture de mur porteur se retrouve volontiers autour de 1 000 à 2 500 €. Une étude structure complète de maison passe dans les quelques milliers d’euros. Une G2 AVP se situe fréquemment autour de 1 500 à 3 000 €. Une RE2020 standardisée peut coûter quelques centaines d’euros, tandis qu’une vraie étude thermique avec simulation et arbitrages passe assez vite dans les milliers.
Pour le tertiaire, l’industrie et les missions couvrant plusieurs phases, nous arrêterions de chercher un forfait « type ». Chaque phase doit être estimée en jours : diagnostic, conception, plans, pièces écrites, réunions, consultation, visa et suivi.
Enfin, le prix affiché ne suffit pas. Il faut comparer le temps prévu au temps réellement passé sur chaque affaire. C’est probablement la donnée la plus utile qu’un nouveau BET puisse accumuler pendant sa première année.
Alors, combien un bureau d’études doit-il facturer aujourd’hui ?
Pour la plupart des nouveaux bureaux d’études techniques en France, nous viserions aujourd’hui un TJM de référence autour de 650 à 900 € HT et des forfaits allant d’environ 1 000 à 5 000 € pour beaucoup de petites études individualisées ; les missions complètes sur des bâtiments professionnels montent rapidement à 10 000 € et bien davantage.
Les dernières données disponibles confortent ce positionnement plutôt qu’elles ne le remettent en cause. L’Apec observe toujours une rémunération moyenne proposée de 41 000 € pour les ingénieurs d’études BTP, avec 80 % des offres entre 33 000 et 50 000 €. Les profils indépendants expérimentés restent fréquemment affichés autour de plusieurs centaines d’euros par jour. De son côté, le simulateur Urssaf actuellement à jour rappelle l’écart important entre salaire brut et coût total employeur.
Le prix à retenir dépend ensuite du contenu précis de la mission. Une prestation automatisable peut supporter un tarif beaucoup plus bas. Une étude où l’ingénieur visite le site, construit plusieurs hypothèses, engage sa responsabilité, coordonne d’autres intervenants et absorbe des modifications doit être facturée beaucoup plus cher.
Pour un créateur de bureau d’études, nous serions surtout méfiants sous 600 € par journée réellement vendue dès qu’il faut financer une structure. Entre 700 et 900 €, l’entreprise commence à disposer d’un peu plus d’air pour payer les jours non facturés, les outils, les assurances et les erreurs de chiffrage. C’est aujourd’hui la zone que nous utiliserions comme point de départ avant d’ajuster chaque spécialité et chaque type de client.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à donner des tarifs utilisables par quelqu’un qui envisage de créer un bureau d’études en France. Nous avons d’abord séparé les missions comparables — structure, thermique et RE2020, géotechnique, CVC, fluides, électricité et missions d’ingénierie plus larges — plutôt que de chercher un prix moyen unique qui mélangerait des prestations très différentes.
Pour les prix de marché, nous avons privilégié les tarifs publiés directement par des bureaux d’études et les observations récentes permettant de voir ce qu’un client peut réellement acheter aujourd’hui. Les offres RE2020 de BET Malosi, LECOBAT et RE2020+ servent notamment à mesurer la pression sur les prestations standardisées, tandis que NOVINNTEC permet de regarder le contenu concret d’une étude structure pour ouverture de mur porteur.
Nous avons séparé le prix facturé de l’économie du BET. Les données Apec sur les ingénieurs d’études BTP servent de repère de rémunération, le simulateur Urssaf aide à passer du salaire brut au coût employeur, et les données Insee donnent le contexte récent du coût du travail. Le nombre de jours facturés, lui, est utilisé comme variable de sensibilité du modèle et non comme une statistique universelle.
Pour les missions réglementaires, nous avons vérifié le contenu à partir de sources officielles. Le ministère de la Transition écologique et le Cerema servent de référence pour la RE2020, l’ACV et le confort d’été. Pour la géotechnique, l’arrêté du 22 juillet 2020 et les pages du ministère sur le retrait-gonflement des argiles permettent de distinguer correctement une étude de conception G2 et le rôle des investigations.
Pour les missions couvrant plusieurs phases, nous avons privilégié le périmètre réel plutôt qu’un simple prix au mètre carré. Le Code de la commande publique distingue notamment diagnostic, avant-projet, projet, exécution, visa, direction des travaux et assistance à la réception ; cela aide à comprendre pourquoi une note de calcul isolée et une mission complète ne sont pas comparables.
L’indice Syntec est utilisé uniquement comme repère d’actualisation pour les contrats de prestations intellectuelles. Son niveau récent, autour de 321-323 dans les données utilisées ici, sert à éviter de projeter mécaniquement les fortes hausses passées dans les tarifs actuels.
Les principales sources utilisées sont : Apec sur le métier et les rémunérations des ingénieurs d’études BTP, Urssaf / Mon-entreprise pour le coût employeur, Insee sur le coût horaire du travail, Insee sur l’évolution récente du coût du travail, Fédération Syntec pour l’indice Syntec, Service-Public sur la garantie décennale, le ministère de la Transition écologique sur la RE2020, le Cerema sur l’impact carbone en RE2020, Légifrance sur les études géotechniques, Légifrance sur les éléments d’une mission de maîtrise d’œuvre, BET Malosi, LECOBAT, RE2020+ et NOVINNTEC.
Le business plan est déjà rédigé pour un bureau d'études (construction)
35 pages écrites et mises en forme par notre équipe : marché, projet, concurrence, stratégie et tableaux financiers. Vous ajoutez vos chiffres, vous présentez le dossier.
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