Chocolaterie : quel taux de marge aujourd'hui ?

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C'est partiEN RÉSUMÉ
Une chocolaterie peut aujourd’hui viser environ 50 à 55 % de marge brute sur le chiffre d’affaires lorsqu’elle revend des chocolats finis, et plutôt 65 à 75 % après matières et emballages lorsqu’elle fabrique elle-même.
Le chiffre de marge dépend surtout du modèle. Comparer directement une franchise qui achète des produits finis avec un artisan qui transforme du chocolat dans son propre laboratoire donne rapidement des conclusions trompeuses.
Une marge matière de 70 % chez un artisan ne signifie pas 70 % de bénéfice. Cette marge doit encore financer des heures de fabrication importantes, les vendeurs, le laboratoire, l’énergie, les machines, le loyer et les périodes creuses.
Le cacao reste cher, mais le choc s’est nettement détendu par rapport aux sommets. Le vrai décalage vient désormais du temps nécessaire pour que la baisse des marchés mondiaux se retrouve dans les tarifs des couvertures achetées par les artisans.
Le prix de vente compte souvent plus que quelques euros économisés sur les matières. Avec 23 € de matières et d’emballage par kilo, passer de 50 à 90 € HT de prix de vente fait passer la marge disponible avant travail de 27 à 67 €.
Le bon produit n’est pas forcément celui qui affiche le plus gros pourcentage de marge matière. Dans un atelier, la marge générée par heure de fabrication peut être beaucoup plus révélatrice que la marge par kilo.
Les remises B2B sont plus dangereuses qu’elles n’en ont l’air. Une réduction de prix de 20 % peut retirer un tiers de la marge en euros si les coûts variables restent identiques, sauf si le volume permet en contrepartie de produire beaucoup plus efficacement.
La hausse des prix commence aussi à peser sur les quantités achetées. Les consommateurs peuvent dépenser davantage en chocolat tout en achetant moins d’unités, ce qui rend les hypothèses de volume plus fragiles qu’il y a quelques années.
Noël et Pâques restent déterminants, mais une chocolaterie solide doit trouver des relais en dehors de ces pics. Tablettes, cadeaux d’entreprise, glace, pâtisserie ou vente en ligne peuvent améliorer fortement l’utilisation du laboratoire sur l’ensemble de l’année.
Pour un business plan, une hypothèse centrale autour de 52 % de marge brute convient à une boutique de revente. Pour un atelier artisanal, 70 % après matières et emballages constitue un bon scénario central, avec 65 % en prudent et 75 % en scénario favorable.
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Quel taux de marge peut vraiment viser une chocolaterie aujourd’hui ?
Pour une chocolaterie en France, nous viserions aujourd’hui environ 50 à 55 % de marge brute sur le chiffre d’affaires pour une boutique qui revend des chocolats finis, et plutôt 65 à 75 % après matières et emballages pour un artisan qui fabrique lui-même.
Le premier repère est assez solide. Jeff de Bruges annonce actuellement une marge de 51 à 53 % sur le chocolat et les dragées. Une autre page récente de l’enseigne élargit la fourchette à 50-55 %. Son réseau réalise environ 517 000 à 521 000 € de chiffre d’affaires annuel moyen selon les pages consultées.
Pour un artisan qui produit ses propres bonbons, tablettes ou moulages, la logique change. Une grande partie du prix de vente rémunère le travail de transformation plutôt que l’achat d’un produit fini. Il peut donc conserver 70 % du prix après chocolat, garnitures et emballages, puis dépenser une grosse partie de ces 70 % en salaires, laboratoire, énergie et loyer.
C’est la distinction à garder pendant tout l’article. Une marge matière élevée peut parfaitement coexister avec une rentabilité finale moyenne.
| Modèle | Marge à regarder | Ordre de grandeur utile |
|---|---|---|
| Boutique de revente | Marge brute / CA | 50-55 % |
| Jeff de Bruges | Marge annoncée sur chocolat et dragées | 51-53 % |
| Artisan avec laboratoire | Après matières + emballages / CA | 65-75 % |
| Produit simple et fortement valorisé | Après matières + emballage | >75 % possible |
| Produit chargé en fruits secs premium | Après matières + emballage | Souvent plus faible |
| Vente B2B remisée | Marge brute | Inférieure au retail |
| Résultat de l'entreprise | Après personnel, local et frais fixes | Très inférieur aux chiffres ci-dessus |
Un taux de marge de 100 % veut-il dire qu’on gagne 100 € sur 100 € vendus ?
Absolument pas : un taux de marge de 100 % correspond simplement à un produit revendu deux fois son prix d’achat.
Le vocabulaire crée beaucoup de confusion. En comptabilité, le taux de marge se calcule sur le coût d’achat. Le taux de marque se calcule sur le prix de vente.
Prenons un chocolat acheté 47 € HT puis revendu 100 € HT. La marge commerciale vaut 53 €. Le taux de marque atteint 53 %, tandis que le taux de marge atteint 113 %.
C’est important pour lire les chiffres du secteur. Quand un réseau parle d’une « marge de 53 % », il peut désigner la part du prix de vente conservée après achat du produit. Traduit en taux de marge comptable, le chiffre dépasse alors 100 %.
| Part du prix conservée | Achat pour 100 € vendus | Taux de marge sur achat |
|---|---|---|
| 40 % | 60 € | 67 % |
| 45 % | 55 € | 82 % |
| 50 % | 50 € | 100 % |
| 51 % | 49 € | 104 % |
| 53 % | 47 € | 113 % |
| 55 % | 45 € | 122 % |
| 60 % | 40 € | 150 % |
| 70 % | 30 € | 233 % |
Le cacao est-il encore le principal problème pour la marge des chocolatiers ?
Le cacao reste cher et extrêmement volatil, mais la situation actuelle est clairement moins violente qu’au sommet de la crise.
Les contrats de cacao à Londres tournent actuellement autour de 4 100 £ la tonne. Sur les douze derniers mois, ils ont évolué dans une fourchette immense, d’environ 2 000 à 5 250 £. L’International Cocoa Organization affichait encore récemment un prix quotidien mondial proche de 6 000 $ la tonne.
Cette volatilité explique en partie pourquoi les prix professionnels ne suivent jamais instantanément la courbe du cacao. Les fabricants achètent, couvrent et stockent leur matière en avance. Cémoi expliquait par exemple qu’il pouvait se passer huit à dix-huit mois entre l’achat du cacao et la commercialisation du chocolat correspondant.
Nous sommes donc aujourd’hui dans une phase différente de celle du choc initial. Le risque d’une nouvelle poussée existe toujours, mais, pour un artisan, la vraie question devient surtout : à quel moment la baisse des marchés va-t-elle réellement arriver dans ses factures ?
La baisse récente du cacao commence-t-elle enfin à améliorer les marges ?
Oui, les premiers effets apparaissent maintenant chez les fournisseurs, même si la baisse reste progressive.
Le meilleur exemple vient de Valrhona. Le fabricant annonce désormais à ses clients professionnels une baisse des prix au kilo de ses couvertures après plus de deux ans de tensions sur le cacao. C’est un changement concret : pendant la phase précédente, les artisans recevaient surtout des hausses tarifaires successives.
La détente du cacao ne remet toutefois pas automatiquement les chocolatiers dans la situation d’avant-crise. Une couverture intègre aussi le beurre de cacao, le sucre, parfois le lait, l’énergie, les salaires, la transformation, le conditionnement et le transport. Les contrats déjà signés doivent également arriver à échéance.
Aujourd’hui, il faut plutôt voir la baisse du cacao comme un petit vent arrière pour les marges futures que comme un retour aux anciens coûts.
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Combien coûte réellement le chocolat utilisé par un artisan ?
Pour une couverture professionnelle, il faut facilement compter une grosse dizaine d’euros par kilo et davantage pour certaines références premium.
Chez des fournisseurs français spécialisés, on trouve actuellement des couvertures professionnelles autour de 11 à 18 €/kg selon la marque, la quantité, l’origine et la teneur en cacao. Une chocolaterie peut bien sûr négocier d’autres tarifs avec le volume, mais cet ordre de grandeur montre déjà pourquoi le cours de la fève ne peut pas servir directement de coût matière dans un business plan.
Un kilo de bonbons finis coûte ensuite davantage que le kilo de couverture. Il faut ajouter crème, beurre, sucre, noisettes, amandes, pistaches, fruits, alcools ou inclusions selon les recettes.
Le poste matière devient donc très différent entre une tablette noire relativement simple et un assortiment contenant pralinés aux fruits secs, ganaches et décors. Pour piloter la marge, mieux vaut calculer chaque recette que retenir un unique « coût du chocolat ».
Fabriquer ses chocolats soi-même rapporte-t-il plus que les revendre ?
Fabriquer soi-même donne généralement beaucoup plus de marge sur la matière, mais cela ajoute aussi toute la main-d’œuvre que le fournisseur assumait auparavant.
Prenons 100 € HT de ventes. Une boutique achetant ses chocolats finis peut conserver autour de 50 à 55 € de marge brute. Une chocolaterie artisanale peut parfois n’utiliser que 20 à 30 € de matières et emballages et conserver 70 à 80 € avant travail et frais fixes.
L’écart paraît énorme jusqu’à ce qu’on ajoute la production. Tempérer, mouler, enrober, préparer les ganaches, laisser cristalliser, démouler, décorer, conditionner et nettoyer prend du temps. Le laboratoire doit également être équipé même les jours où il fonctionne en dessous de sa capacité.
La fabrication maison devient très intéressante quand elle permet de vendre plus cher et de produire suffisamment de volume. Une petite série compliquée vendue au prix d’une chaîne peut au contraire laisser très peu de bénéfice.
Quels chocolats donnent aujourd’hui les meilleures marges ?
Les produits les plus intéressants sont souvent ceux qui combinent peu de matière coûteuse, une fabrication répétable et une forte valeur perçue.
Une tablette, une friture, certaines orangettes ou un moulage standardisé peuvent avoir une excellente économie unitaire. Les coffrets cadeaux fonctionnent aussi bien lorsqu’ils permettent de monter le prix au kilo sans ajouter trop de temps de fabrication.
Les recettes riches en pistache, noisette ou amande sont plus exigeantes. C’est encore plus vrai actuellement lorsque ces ingrédients sont utilisés généreusement et achetés en petite quantité. Les décors individuels et les formes complexes ajoutent de leur côté surtout du temps de travail.
Pour choisir une gamme, il faut donc regarder deux choses en parallèle : la marge par kilo vendu et la marge générée par heure de fabrication. Le produit qui affiche le meilleur pourcentage matière n’est pas forcément celui qui gagne le plus d’argent.
À quel prix au kilo une chocolaterie artisanale commence-t-elle à être confortable ?
Autour de 70 à 90 € HT par kilo, une chocolaterie artisanale bien positionnée dispose de beaucoup plus d’air qu’à 45 ou 50 €, si son coût matières et emballage reste maîtrisé.
Imaginons 23 € de matières et d’emballage pour un kilo vendu. À 50 € HT, il reste 27 € pour payer tout le reste. À 70 €, il reste 47 €. À 90 €, il reste 67 €.
Nous avons donc ajouté 40 € de marge par kilo en passant de 50 à 90 € de prix de vente sans modifier la recette. Pour un atelier artisanal, cette différence peut financer plusieurs minutes de travail supplémentaires, un meilleur emplacement ou davantage de personnel.
C’est pourquoi le positionnement prix pèse souvent davantage sur la rentabilité que quelques centimes économisés sur chaque bonbon.
| Prix HT/kg | Matières + emballage | Marge disponible avant travail | Part du CA restante |
|---|---|---|---|
| 45 € | 23 € | 22 € | 49 % |
| 50 € | 23 € | 27 € | 54 % |
| 55 € | 23 € | 32 € | 58 % |
| 60 € | 23 € | 37 € | 62 % |
| 70 € | 23 € | 47 € | 67 % |
| 80 € | 23 € | 57 € | 71 % |
| 90 € | 23 € | 67 € | 74 % |
| 100 € | 23 € | 77 € | 77 % |
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Les Français achètent-ils moins de chocolat à cause des prix ?
Oui, les dernières données de Pâques montrent clairement que les prix élevés commencent à faire reculer les volumes, même si les dépenses continuent d’augmenter.
NielsenIQ a compté 81,4 millions d’unités vendues à Pâques récemment, contre 86,6 millions un an auparavant, 89,1 millions deux ans auparavant et 90,6 millions trois ans auparavant. Cela représente une baisse d’environ 10 % depuis le point de départ de cette série.
Dans le même temps, le chiffre d’affaires de Pâques a progressé de 29 % sur quatre ans pour atteindre 440,5 millions d’euros. Les ménages achètent donc moins d’unités tout en dépensant beaucoup plus.
Cette évolution est importante pour une nouvelle chocolaterie. Monter ses prix protège la marge unitaire, mais on ne peut plus supposer que les volumes resteront identiques. Le premium, le cadeau et les occasions spéciales résistent probablement mieux qu’une offre achetée uniquement pour sa quantité.
Le marché reste néanmoins très large. Les données les plus récentes du Syndicat du Chocolat font état de 343 099 tonnes vendues en grande distribution pour 3,9 milliards d’euros, et Kantar estime que 99,3 % des foyers achètent du chocolat au moins une fois dans l’année.
Noël et Pâques changent-ils complètement l’économie d’une chocolaterie ?
Oui, la saisonnalité peut faire gagner beaucoup d’argent pendant quelques semaines tout en laissant machines et personnel sous-utilisés une partie de l’année.
Le Syndicat du Chocolat chiffre les ventes de Noël en grande distribution à 744 millions d’euros et celles de Pâques à 345 millions d’euros sur sa dernière année sectorielle complète. À elles seules, ces deux périodes représentent plus d’un milliard d’euros.
Pour une chocolaterie spécialisée dans les coffrets et cadeaux, la concentration des ventes peut être encore plus forte. Il faut alors fabriquer avant le pic, constituer des stocks, acheter des emballages saisonniers et parfois recruter temporairement.
Cette saisonnalité explique pourquoi deux boutiques affichant la même marge produit peuvent avoir des résultats très différents. Celle qui trouve des relais pendant les périodes creuses — tablettes, goûter, glace, pâtisserie, cadeaux d’entreprise ou commandes en ligne — utilise beaucoup mieux son laboratoire.
Le chocolat présente quand même un avantage : une grande partie de la gamme se conserve nettement mieux que la pâtisserie fraîche. Jeff de Bruges met d’ailleurs en avant ses pertes produits très faibles et sa rotation rapide des stocks parmi les éléments qui soutiennent la rentabilité de ses magasins.
La main-d’œuvre peut-elle manger toute la marge d’une chocolaterie ?
Oui, et pour un artisan la main-d’œuvre devient aujourd’hui au moins aussi importante à surveiller que quelques euros de variation sur le chocolat.
Le Smic brut atteint actuellement 12,31 € de l’heure, soit 1 867,02 € mensuels à temps plein. Un chocolatier qualifié peut évidemment coûter davantage, et le salaire brut ne représente pas l’intégralité du coût employeur.
Prenons deux produits qui laissent chacun 10 € avant travail. Si le premier nécessite cinq minutes de fabrication et le second vingt minutes, ils n’ont pratiquement rien à voir économiquement malgré une marge matière identique.
C’est là que les petits ateliers peuvent se faire piéger. Les très beaux bonbons individuels, décors manuels et petites séries donnent une impression de forte valeur ajoutée, mais les heures peuvent s’accumuler vite.
Il faut donc suivre systématiquement le chiffre d’affaires et la marge brute générés par heure de production. Pour une chocolaterie artisanale, ce ratio raconte souvent davantage que le seul pourcentage de matière.
Une remise de 20 % aux entreprises fait-elle vraiment perdre beaucoup de marge ?
Oui, une remise de 20 % sur le prix peut facilement supprimer un tiers de la marge en euros.
Prenons un coffret vendu 20 € avec 8 € de coûts variables. Au tarif normal, il laisse 12 €. Avec 20 % de remise, le prix descend à 16 € et la marge à 8 €. La remise de 20 % a donc réduit la marge de 33 %.
À 30 % de remise, le coffret est vendu 14 € et laisse 6 €. La marge initiale a été divisée par deux.
Cela ne signifie pas que le B2B soit mauvais. Une commande de 500 coffrets identiques peut être beaucoup plus efficace à produire et à vendre que 500 ventes individuelles en boutique. Le risque apparaît lorsque l’entreprise cumule remise élevée, petits volumes, personnalisation et fabrication manuelle.
Pour les cadeaux d’entreprise, mieux vaut souvent simplifier le produit que défendre absolument le même taux de marge qu’en boutique.
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Une franchise de chocolat peut-elle être plus rentable qu’un artisan ?
Oui, surtout si le volume compense une marge produit plus faible et si l’exploitant évite la complexité d’un laboratoire.
Jeff de Bruges fournit ici un benchmark intéressant. Le réseau annonce autour de 520 000 € de chiffre d’affaires moyen par boutique, avec des marges de 51 à 53 % sur chocolat et dragées. L’investissement indiqué tourne autour de 120 000 € hors droit au bail en centre-ville et de 140 000 à 190 000 € en centre commercial. L’enseigne estime qu’un bon projet peut rembourser son investissement en cinq à sept ans.
Leonidas suit un modèle différent. La marque indique actuellement qu’une boutique standard demande généralement 50 000 à 120 000 € d’investissement selon le local et les travaux, sans droit d’entrée ni royalties. Le Guide 2026 de la Fédération Française de la Franchise donne de son côté une fourchette d’investissement de 80 000 à 160 000 € hors immobilier pour le réseau français.
Un artisan indépendant dispose de davantage de liberté sur son prix, ses recettes et sa marque. Il doit aussi financer et faire tourner le laboratoire.
Au fond, la franchise cherche surtout l’efficacité commerciale et le volume. L’artisan, lui, doit réussir à transformer son savoir-faire en prix de vente suffisamment élevés.
Faut-il vraiment viser 70 % après matières dans une chocolaterie artisanale ?
Oui, autour de 70 % après matières et emballages nous paraît actuellement être un bon objectif pour un vrai atelier artisanal ; descendre durablement vers 50 % rend l’équation beaucoup plus tendue.
Prenons une chocolaterie réalisant 500 000 € HT de chiffre d’affaires. Avec 50 % restant après matières, elle dispose de 250 000 € pour le personnel de fabrication et de vente, le dirigeant, le local, l’énergie, les machines, les assurances et tous les autres frais.
Avec 70 %, il reste 350 000 €. La différence atteint 100 000 € par an.
Pour une simple boutique qui achète ses produits finis, viser 70 % serait beaucoup moins réaliste. Le repère public de Jeff de Bruges autour de 50-55 % convient beaucoup mieux à ce modèle.
La marge cible dépend donc directement de ce que l’entreprise fait elle-même. Mélanger les ratios d’un revendeur et ceux d’un fabricant conduit presque toujours à un prévisionnel trompeur.
Quel taux de marge faut-il mettre dans le business plan d’une chocolaterie ?
Pour un prévisionnel réaliste aujourd’hui, nous prendrions environ 52 % de marge brute pour une boutique de revente et trois scénarios à 65 %, 70 % et 75 % après matières et emballages pour une chocolaterie artisanale.
Le scénario central à 70 % donne une base assez exigeante sans partir immédiatement sur une hypothèse exceptionnelle. À 65 %, nous testons ce qui se passe si les matières coûtent plus cher, si certains produits sont trop remisés ou si le mix de ventes se dégrade. À 75 %, nous voyons ce qu’un bon positionnement premium peut produire.
Nous réduirions aussi les volumes prévus de 10 à 15 % dans un scénario prudent. Les dernières données de Pâques montrent justement que les consommateurs peuvent continuer à dépenser davantage tout en achetant moins d’unités.
Enfin, nous ne construirions plus aujourd’hui un scénario central supposant que le cacao va continuer à grimper comme pendant le pic de crise. Les marchés se sont détendus et Valrhona a commencé à réduire ses tarifs. À l’inverse, compter sur un retour rapide aux coûts d’avant-crise serait trop optimiste.
Alors, quel taux de marge peut réellement espérer une chocolaterie aujourd’hui ?
Une chocolaterie reste aujourd’hui un métier à forte marge brute, avec environ 50 à 55 % du chiffre d’affaires pour une boutique de revente et plutôt 65 à 75 % après matières et emballages pour un artisan qui fabrique ses produits.
Le contexte s’améliore légèrement du côté du cacao. Les cours sont nettement moins tendus que lors des sommets et les premières baisses apparaissent chez les fournisseurs professionnels. En parallèle, le consommateur devient plus sensible au prix : les chiffres récents de Pâques montrent moins d’unités vendues malgré une dépense totale en hausse.
Pour un créateur de chocolaterie, nous serions donc plus exigeants aujourd’hui sur le prix de vente, la productivité et le temps passé par recette que sur la recherche obsessionnelle du chocolat le moins cher.
Une boutique de revente capable de conserver 52 à 55 € sur 100 € vendus dispose déjà d’une marge cohérente avec les benchmarks du marché. Un atelier artisanal devrait plutôt chercher à conserver autour de 70 € après matières et emballages.
Le vrai danger commence lorsque ces 70 € sont interprétés comme du bénéfice. Il reste encore à payer tout ce qui fait vivre une chocolaterie : les heures passées à produire, les vendeurs, le laboratoire, le local, les machines et les mois où Noël et Pâques sont encore loin.
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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à déterminer quel niveau de marge une chocolaterie peut réellement viser aujourd’hui en France. Nous avons séparé la boutique qui revend des chocolats finis de l’artisan qui fabrique lui-même, puis confronté les niveaux de marge observables avec les coûts de matières, le prix de vente, la main-d’œuvre, la saisonnalité, les remises et l’évolution récente du cacao.
La principale difficulté vient du vocabulaire. Une marge commerciale, un taux de marge calculé sur le coût d’achat, un taux de marque calculé sur le prix de vente, une marge après matières et un résultat final d’entreprise ne décrivent pas la même chose. Nous avons donc ramené les exemples à des montants simples par tranche de 100 € de ventes lorsque cela permettait de comparer les modèles proprement.
Pour la revente, les données publiques de Jeff de Bruges servent de benchmark parce que l’enseigne publie à la fois des niveaux de marge sur ses produits, un chiffre d’affaires moyen par boutique et des indications d’investissement. Ces chiffres ne sont pas appliqués automatiquement à toutes les chocolateries, mais ils donnent un point de comparaison concret pour un modèle sans véritable laboratoire de production.
Pour l’artisanat, la fourchette de 65 à 75 % après matières et emballages n’est pas traitée comme un bénéfice. Nous avons reconstruit l’économie de plusieurs cas simples par kilo vendu et par heure de travail afin de montrer ce qu’il reste réellement pour financer la production, le personnel, le local, les équipements et les autres charges.
Pour le cacao, nous avons séparé le prix mondial de la fève du coût réellement payé par un artisan pour une couverture professionnelle. Les données de l’International Cocoa Organization permettent de suivre le marché, tandis que les tarifs et annonces de fournisseurs professionnels comme Valrhona donnent une indication plus directe de ce qui commence à arriver dans les achats des chocolatiers.
Nous avons également regardé la demande et la saisonnalité. Les données du Syndicat du Chocolat permettent de situer la taille du marché français et le poids de Noël et de Pâques. Les évolutions récentes des volumes et des dépenses servent surtout à tester une hypothèse importante pour un créateur : une hausse des prix de vente peut protéger la marge sans garantir que les quantités vendues resteront stables.
Enfin, les scénarios proposés pour le business plan ne viennent pas d’une moyenne unique. Ils résultent de la confrontation entre benchmarks de réseaux, définitions comptables, coûts professionnels observables, évolution des matières premières et calculs unitaires. L’objectif est d’obtenir une hypothèse assez solide pour construire un prévisionnel, pas de prétendre qu’un pourcentage unique conviendra à toutes les chocolateries.
Les principales sources utilisées sont Jeff de Bruges sur l’économie de son réseau, Jeff de Bruges sur le chiffre d’affaires moyen, les marges et l’investissement, la Fédération Française de la Franchise pour Jeff de Bruges, Leonidas sur l’investissement nécessaire à l’ouverture d’une boutique, Leonidas sur son modèle de franchise, le Guide 2026 de la Fédération Française de la Franchise, l’International Cocoa Organization pour les statistiques du cacao, l’International Cocoa Organization pour les prix quotidiens, Valrhona Selection sur l’évolution récente de ses tarifs professionnels, Valrhona Selection pour les couvertures professionnelles, le Syndicat du Chocolat pour les chiffres clés du marché français, son panorama chiffré du secteur, le ministère du Travail pour le Smic, ainsi que l’Insee pour la définition du taux de marge commerciale et la définition de la marge commerciale.