Pharmacie : quel budget pour ouvrir aujourd'hui ?

Lancez une pharmacie sans immobiliser trop de trésorerie dans le stock
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C'est partiEN RÉSUMÉ
Pour ouvrir une pharmacie en France aujourd’hui, le scénario réaliste est généralement la reprise d’une officine existante : pour une première installation classique, un projet total autour de 1,5 à 2 millions d’euros est devenu un ordre de grandeur normal.
Créer une officine de zéro reste beaucoup plus compliqué qu’ouvrir un commerce classique. La licence dépend de l’ARS, de règles de population et d’implantation, avec une priorité donnée aux regroupements et aux transferts avant les créations.
Le prix affiché de la pharmacie n’est qu’une partie du budget. Stock, droits d’enregistrement, honoraires, travaux et trésorerie peuvent facilement ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros à une acquisition.
Les transactions récentes montrent un marché très capitalistique. CGP observe un prix d’achat moyen de 1,783 million d’euros, tandis que l’emprunt moyen d’un pharmacien en première installation atteint 1,364 million d’euros dans les données Interfimo.
L’apport personnel reste donc un vrai filtre. Autour de 250 000 à 350 000 € constitue aujourd’hui une zone beaucoup plus crédible pour une reprise moyenne, même si une association ou un financement complémentaire peut réduire l’effort individuel.
Le chiffre d’affaires est devenu un indicateur particulièrement trompeur pour juger une pharmacie. Les médicaments coûteux peuvent gonfler fortement les ventes tout en apportant proportionnellement beaucoup moins de marge.
La valorisation se lit désormais beaucoup mieux à travers la marge et l’EBE. Les données de transactions montrent d’ailleurs que les grandes officines acceptent généralement des multiples d’EBE plus élevés que les petites structures.
Une petite pharmacie coûte moins cher à acheter, mais elle n’est pas forcément plus facile à exploiter. Avec 70 000 ou 100 000 € d’EBE, il reste vite peu de marge pour rembourser la dette, rémunérer le titulaire, remplacer un salarié et continuer à investir.
Les travaux peuvent encore modifier sérieusement l’équation. Une modernisation importante peut demander 100 000 à 300 000 €, et une robotisation ambitieuse peut ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros supplémentaires.
Le vrai budget d’installation doit finalement être calculé à partir du cash que l’officine peut générer après la reprise. Une pharmacie moins impressionnante en chiffre d’affaires mais avec une bonne marge, un EBE solide et une équipe soutenable peut être beaucoup plus confortable qu’une grosse officine achetée trop cher.
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Peut-on encore créer une pharmacie de zéro en France aujourd’hui ?
Créer une nouvelle pharmacie de zéro reste aujourd’hui un cas particulier en France : pour la plupart des pharmaciens qui veulent s’installer, le projet réaliste consiste à reprendre une officine existante.
L’ouverture dépend d’une licence délivrée par l’ARS et de règles précises de population et d’implantation. Le Code de la santé publique donne en plus la priorité aux regroupements, puis aux transferts, avant les créations. On ne peut donc pas simplement repérer un quartier intéressant, louer 150 m² et demander une autorisation comme on le ferait pour un autre commerce.
Cette contrainte explique une bonne partie du budget d’installation. Le pharmacien qui reprend une officine paie une activité déjà autorisée, avec sa clientèle, son emplacement, son équipe éventuelle et sa capacité à générer de la marge.
Le réseau continue d’ailleurs de se resserrer. Dans son relevé le plus récent, l’Ordre national des pharmaciens compte 19 816 officines en métropole et dans les DOM, soit 276 de moins. On reste donc dans un marché où l’installation passe surtout par le rachat et la consolidation d’officines existantes.
Quel budget faut-il vraiment pour reprendre une pharmacie aujourd’hui ?
Pour une première installation classique, nous partirions aujourd’hui sur un projet total autour de 1,5 à 2 millions d’euros, avec une dispersion énorme selon la taille et la rentabilité de l’officine.
Les dernières données CGP disponibles sur les cessions font ressortir un prix d’achat moyen de 1,783 million d’euros sur 143 opérations. Interfimo donne un autre repère très actuel : dans sa dernière étude, le montant moyen emprunté par un pharmacien en première installation atteint 1,364 million d’euros, contre 1,260 million l’année précédente.
Le chiffre Interfimo est particulièrement parlant parce qu’il s’agit uniquement de la dette moyenne. Il reste l’apport du pharmacien et, selon la structure de la transaction, le stock, les droits, les honoraires, les travaux et le besoin de trésorerie.
Cela ne veut pas dire qu’il est impossible de s’installer sous le million. Les petites officines existent toujours. Mais dès qu’on vise une pharmacie avec plusieurs salariés, une marge confortable et une activité déjà bien installée, on arrive vite dans une opération à sept chiffres.
| Type de projet | Ordre de grandeur à envisager |
|---|---|
| Petite officine à reprendre | 600 000 à 1 M€ |
| Officine autour de 1 à 2 M€ de CA | 900 000 à 1,5 M€ |
| Officine intermédiaire solide | 1,3 à 2 M€ |
| Grande officine | 2 à 4 M€+ |
| Prix d’achat moyen observé par CGP | 1,783 M€ |
| Emprunt moyen d’un primo-installant chez Interfimo | 1,364 M€ |
| Projet complet avec stock et frais | souvent supérieur au prix affiché de 15 à 30 % |
Comment savoir si le prix demandé pour une pharmacie est raisonnable ?
Aujourd’hui, nous regarderions d’abord la marge et l’EBE d’une pharmacie ; le vieux réflexe du prix exprimé uniquement en pourcentage du chiffre d’affaires devient franchement trompeur.
La dernière étude Interfimo repose sur 888 dossiers de financement. Pour les officines qui génèrent plus de 400 000 € de marge, le prix de vente moyen ressort à 2,68 fois la marge. Sous 400 000 €, il descend à 1,88 fois.
L’EBE montre encore mieux ce que l’acheteur paie réellement. Une officine sous 400 000 € de marge s’est vendue en moyenne 5,8 fois son EBE retraité. Au-dessus d’un million d’euros de marge, le multiple monte à 7,9 fois. Entre 400 000 et 550 000 € de marge, il tourne autour de 6,9 fois.
L’écart est considérable. Une pharmacie avec 200 000 € d’EBE valorisée six fois cet EBE représente environ 1,2 million d’euros. À 400 000 € d’EBE et 7,5 fois, on arrive déjà autour de 3 millions.
Les grosses officines se vendent donc généralement plus cher en proportion de leur résultat parce que les acheteurs valorisent leur taille, leur organisation et leur capacité à absorber les charges. Cela ne rend pas automatiquement l’investissement meilleur, mais le marché accepte clairement de payer davantage pour les structures les plus solides.
| Profil de l’officine | Multiple de valorisation observé |
|---|---|
| Marge < 400 k€ | 1,88 × la marge |
| Marge > 400 k€ | 2,68 × la marge |
| EBE, marge < 400 k€ | 5,8 × l’EBE |
| EBE, marge 400–550 k€ | ~6,9 × |
| EBE des grandes officines > 400 k€ de marge | ~7,2 × en moyenne |
| EBE, marge > 1 M€ | ~7,9 × |
| 60 % des grosses transactions | entre 5,5 × et 9,1 × l’EBE |
Pourquoi le chiffre d’affaires d’une pharmacie peut-il donner une mauvaise idée de sa valeur ?
Une pharmacie qui affiche 3 millions d’euros de chiffre d’affaires peut aujourd’hui être moins rentable qu’une officine beaucoup plus petite.
Le problème vient notamment des médicaments chers. Dans les chiffres CGP, les médicaments dont le prix fabricant dépasse 150 € ont progressé de 13,83 % sur un an et représentent désormais plus de 42 % de l’activité remboursable de l’échantillon. Or ces ventes génèrent beaucoup de chiffre d’affaires pour une marge proportionnellement faible.
Interfimo constate encore une croissance supérieure à 10 % de ces produits dans sa dernière étude et estime désormais que le pourcentage du chiffre d’affaires a perdu une grande partie de sa pertinence pour valoriser une officine.
On comprend le problème avec deux pharmacies fictives. Une officine peut réaliser 3 millions d’euros de ventes et dégager 180 000 € d’EBE, tandis qu’une autre fait 2,4 millions et en dégage 280 000 €. Pour un repreneur qui doit payer sa dette et se rémunérer, la deuxième situation est beaucoup plus confortable.
Les comptes CGP montrent la même tension à l’échelle du secteur : le chiffre d’affaires moyen de leur échantillon avait progressé de 5,03 %, alors que l’EBE moyen reculait de 3,8 %. La hausse des ventes ne raconte donc plus toute l’histoire.
Combien facturer pour rentabiliser une pharmacie ?
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Combien d’apport faut-il aujourd’hui pour acheter une pharmacie ?
Autour de 250 000 à 350 000 € d’apport personnel constitue actuellement un repère beaucoup plus crédible pour une reprise moyenne que 50 000 ou 100 000 €.
Dans les dernières transactions étudiées par CGP, l’apport moyen était de 305 000 €, soit 17 % d’un prix d’acquisition moyen de 1,783 million. Les années précédentes, le ratio se situait plutôt autour de 15 à 18 %.
Il n’existe toutefois pas un seuil bancaire universel de 17 %. Interfimo indique plutôt que l’apport doit au minimum permettre de couvrir les frais d’acquisition et une partie du besoin en fonds de roulement. La rentabilité de l’officine, l’expérience de l’acquéreur, les garanties et le niveau d’endettement font ensuite varier le montage.
Avec seulement 100 000 € de cash, l’installation reste possible dans certains dossiers, mais le choix se réduit nettement. Une petite officine très rentable, une association ou un financement complémentaire deviennent alors beaucoup plus importants.
Interfimo propose par exemple son dispositif Propuls’IF aux primo-installants. Le prêt complémentaire peut égaler l’apport personnel, dans la limite de 200 000 €. Un pharmacien disposant de 125 000 € peut ainsi injecter 250 000 € dans son projet. Cette dette supplémentaire devra évidemment être remboursée : elle renforce le montage au départ sans transformer 125 000 € d’épargne en 250 000 € de fonds propres gratuits.
Combien le stock et les frais ajoutent-ils au prix d’une pharmacie ?
Le stock, les droits et les frais peuvent facilement ajouter 200 000 à 400 000 € au prix affiché d’une pharmacie de taille moyenne.
Interfimo donne un ordre de grandeur simple : pour une pharmacie moyenne proche de 1,5 million d’euros, il faut compter autour de 10 % du prix pour le stock et encore environ 10 % pour les droits, frais et éventuelle commission d’intermédiaire. Ce sont des moyennes, mais elles montrent pourquoi le prix d’annonce ne suffit jamais à construire le plan de financement.
Le stock mérite particulièrement d’être isolé. Sur une pharmacie bien remplie, avec beaucoup de références, de parapharmacie ou de produits coûteux, plusieurs centaines de milliers d’euros de marchandises peuvent changer de mains au moment de la cession.
Les droits d’enregistrement montent également vite. Pour une cession de fonds de commerce, le barème passe à 5 % sur la fraction du prix au-dessus de 200 000 €, après les premières tranches. Un fonds à 1,5 million d’euros entraîne donc à lui seul environ 70 000 € de droits.
Ajoutons les honoraires juridiques, l’expert-comptable, les éventuels audits, les frais bancaires et la constitution de sociétés. Une officine annoncée à 1,4 million d’euros peut alors devenir une opération proche de 1,8 million avant même une rénovation importante.
Combien faut-il prévoir pour rénover et équiper une pharmacie ?
Pour une pharmacie à reprendre et à moderniser sérieusement, nous prévoirions aujourd’hui environ 100 000 à 300 000 € de travaux et d’équipements, avec un budget bien supérieur si l’on ajoute une robotisation complète.
Une rénovation légère peut rester sous les 100 000 € lorsque le mobilier, l’électricité, l’éclairage et les zones de travail sont encore adaptés. Une restructuration complète d’une officine de 150 à 200 m² change d’échelle : mobilier, comptoirs, façade, éclairage, climatisation, sécurité, back-office et circulation peuvent rapidement absorber 150 000 à 250 000 €.
La robotisation peut ensuite ajouter environ 100 000 à 300 000 € pour les solutions les plus ambitieuses une fois intégrés le robot, le convoyage, l’installation et les adaptations du local. Toutes les pharmacies n’en ont évidemment pas besoin dès la reprise.
L’informatique est beaucoup plus modeste. Un LGO coûte généralement quelques centaines d’euros par mois, auxquels s’ajoutent postes, caisses, lecteurs, imprimantes, réseau et migration. Sur une refonte complète, plusieurs dizaines de milliers d’euros couvrent déjà un équipement informatique sérieux.
Pour un primo-installant fortement endetté, nous éviterions surtout d’empiler tous les investissements le jour de la reprise. Une rénovation qui améliore directement le parcours client ou la productivité peut être pertinente tout de suite. Un robot à 200 000 € mérite une vraie démonstration de retour sur investissement.
Quelle trésorerie faut-il garder après la reprise d’une pharmacie ?
Une pharmacie reprise avec une trésorerie presque vide devient inutilement risquée ; garder au moins plusieurs dizaines de milliers d’euros disponibles nous paraît indispensable.
Une officine paie les salaires, le loyer, les fournisseurs, les cotisations, les achats de marchandises et les mensualités d’emprunt alors que les encaissements ne tombent pas tous exactement au même moment. Le stock immobilise lui aussi du cash.
Le besoin varie beaucoup avec le chiffre d’affaires, les délais fournisseurs et le rythme de remboursement du tiers payant. Une petite pharmacie peut fonctionner avec une réserve relativement limitée. Sur une structure de plusieurs millions d’euros de chiffre d’affaires et une équipe importante, 50 000 à 100 000 € de matelas ne paraissent déjà plus énormes.
Le danger apparaît souvent après la signature. L’acquéreur a réussi à financer le fonds, le stock et les droits, puis découvre qu’il reste très peu de latitude pour une baisse d’activité, un salarié à remplacer ou un investissement urgent.
Nous intégrerions donc le besoin de trésorerie au financement dès le départ plutôt que de compter sur un découvert bancaire après l’installation.
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Une petite pharmacie est-elle vraiment plus facile à acheter ?
Une petite pharmacie demande moins de capital mais peut être nettement plus difficile à rendre confortable financièrement.
Les chiffres récents sont assez parlants. Dans l’échantillon CGP, les officines sous 1 million d’euros de chiffre d’affaires dégageaient en moyenne environ 70 200 € d’EBE. Les officines réalisant entre 2,5 et 4 millions dépassaient 320 000 €, et celles au-dessus de 4 millions approchaient 543 000 €.
Le prix de vente s’adapte en partie à cette différence. Les petites structures se négocient sur des multiples plus faibles. Interfimo observe lui aussi seulement 1,88 fois la marge et 5,8 fois l’EBE pour les officines sous 400 000 € de marge.
Le problème arrive après l’acquisition : 70 000 ou 100 000 € d’EBE laissent beaucoup moins de place pour payer la dette, rémunérer correctement le titulaire, remplacer un salarié et investir.
Le mouvement actuel du réseau renforce cette prudence. Comme vu plus haut, l’Ordre dénombre désormais 19 816 officines, avec 276 officines de moins sur son dernier relevé. Interfimo a parallèlement recensé 1 407 transactions sur la dernière année étudiée, soit 2,5 % de moins, et les procédures collectives sont passées de 140 à 144.
Une petite officine achetée au bon prix peut être excellente. Mais le faible ticket d’entrée ne suffit pas à en faire un projet facile.
Acheter les murs en même temps que la pharmacie est-il une bonne idée ?
Acheter les murs peut ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros au projet, donc nous traiterions cet achat comme une deuxième opération plutôt que comme un simple détail du budget de reprise.
Une pharmacie vendue 1,5 million d’euros correspond souvent au fonds ou aux titres de la société d’exploitation. Si le local vaut également 500 000 €, 700 000 € ou davantage, le montant financé change immédiatement de catégorie.
Pour un pharmacien disposant déjà de 300 000 € d’apport et qui doit financer le fonds, le stock et les frais, vouloir acheter les murs le même jour peut rendre le plan trop tendu. Reporter l’achat immobilier permet parfois de préserver du cash pour l’activité.
La situation est différente lorsque l’immobilier est attractif, que le vendeur accepte un montage favorable ou que plusieurs associés apportent suffisamment de capital. Une SCI peut aussi séparer l’immobilier de l’exploitation.
Le point à vérifier reste simple : quand une annonce indique un prix, il faut savoir immédiatement si les murs sont compris. Deux pharmacies affichées au même montant peuvent demander des financements radicalement différents.
Est-ce plus facile d’acheter une pharmacie à plusieurs ?
S’associer peut faire tomber l’apport individuel de plusieurs centaines de milliers d’euros à un niveau beaucoup plus accessible.
Prenons une pharmacie qui demande 360 000 € de capital au départ. Un pharmacien seul doit porter toute la somme. À deux associés qui investissent à parts égales, l’effort descend théoriquement à 180 000 € chacun. À trois, il tombe à 120 000 €.
Le montage réel peut bien sûr être différent selon les participations, la dette et la structure juridique, mais l’effet sur l’accessibilité est évident.
Cette logique apparaît déjà dans la structure du marché. Selon les données les plus récentes de l’Ordre, plus de 92 % des officines sont désormais exploitées sous forme de société, contre moins de 8 % en nom propre. La société ne signifie pas forcément plusieurs titulaires, mais l’exercice officinal est aujourd’hui très largement organisé autour de structures juridiques adaptées à des investissements élevés.
Interfimo prévoit d’ailleurs que chaque co-titulaire primo-installant puisse, sous conditions, utiliser individuellement son dispositif Propuls’IF jusqu’à la limite prévue. Pour une grosse acquisition, deux pharmaciens avec chacun 100 000 à 200 000 € disponibles peuvent donc accéder à des projets hors de portée d’un acquéreur isolé ayant le même patrimoine.
Il faut ensuite accepter l’autre côté de l’équation : décisions partagées, rémunérations à répartir et pacte d’associés à construire sérieusement.
À quoi ressemble le budget complet d’une reprise de pharmacie à 1,4 million d’euros ?
Une pharmacie affichée à 1,4 million d’euros peut facilement demander près de 1,8 à 1,9 million d’euros de financement économique une fois tous les postes additionnés.
Prenons un cas simple. Le fonds vaut 1,4 million. Nous ajoutons 180 000 € de stock, environ 65 000 € de droits, 30 000 € de conseil et de frais de financement, 100 000 € de rénovation et 70 000 € de trésorerie.
Nous arrivons à environ 1,85 million d’euros. Et nous n’avons encore prévu ni achat des murs, ni robot à 200 000 €, ni chantier exceptionnel.
C’est là que beaucoup d’estimations grand public deviennent trop basses : elles répondent à « combien coûte le fonds ? » alors que le pharmacien doit savoir combien d’argent le projet entier va absorber.
| Poste | Exemple de budget |
|---|---|
| Fonds de commerce | 1 400 000 € |
| Stock repris | 180 000 € |
| Droits d’enregistrement | ~65 000 € |
| Juridique, audit, banque, conseils | 30 000 € |
| Travaux et agencement | 100 000 € |
| Matériel et informatique complémentaire | 20 000 € |
| Trésorerie de départ | 70 000 € |
| Budget total approximatif | 1 865 000 € |
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Alors, quel budget faut-il prévoir pour ouvrir une pharmacie aujourd’hui ?
Pour une première installation par reprise, nous considérerions aujourd’hui qu’un projet autour de 1,5 à 2 millions d’euros est parfaitement normal et qu’un apport personnel proche de 250 000 à 350 000 € place l’acquéreur dans une zone beaucoup plus réaliste.
Les dernières données disponibles convergent assez bien. CGP observe un prix d’achat moyen de 1,783 million d’euros et 305 000 € d’apport. Interfimo constate de son côté que le prêt moyen du primo-installant est désormais monté à 1,364 million d’euros. Et une fois ajoutés stock, droits, frais, travaux et trésorerie, le coût économique dépasse régulièrement le prix de cession de plusieurs centaines de milliers d’euros.
Avec 100 000 € disponibles, nous chercherions plutôt une petite cible très rentable, une association ou un montage permettant de renforcer l’apport. Entre 200 000 et 300 000 €, beaucoup plus de reprises deviennent envisageables. À partir de 300 000 à 400 000 €, le choix s’élargit nettement, sans que cela dispense de vérifier la capacité de remboursement.
Le vrai changement actuel concerne surtout la façon de sélectionner la pharmacie. Le chiffre d’affaires seul est devenu un mauvais raccourci. Les médicaments chers gonflent les ventes sans produire la même progression de marge, et les dernières études montrent qu’une hausse du CA peut parfaitement coexister avec une baisse de l’EBE.
Nous achèterions donc d’abord une capacité à générer du cash : une marge solide, un EBE capable de payer la dette et le titulaire, une équipe soutenable et suffisamment de trésorerie pour continuer à investir. C’est ce calcul qui détermine aujourd’hui le budget qu’un pharmacien peut réellement se permettre.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
La question paraît simple — combien faut-il pour ouvrir une pharmacie en France aujourd’hui ? — mais elle mélange plusieurs sujets : possibilité de créer une nouvelle officine, prix d’une reprise, apport nécessaire, capacité d’endettement, rentabilité de la cible et coûts qui viennent s’ajouter au prix de cession.
Nous avons donc décomposé l’analyse en plusieurs dimensions : cadre d’installation, marché des cessions, financement des primo-installants, valorisation des officines, rentabilité opérationnelle et coût complet de la reprise. Nous avons principalement travaillé sur les données 2025 et 2026 disponibles au moment de l’analyse.
Pour le cadre d’installation, nous avons privilégié le Code de la santé publique et les données de l’Ordre national des pharmaciens. Pour les transactions et le financement, nous nous sommes appuyés principalement sur Interfimo. Pour la rentabilité des officines, les données comptables de Conseil Gestion Pharmacie servent de deuxième lecture du marché.
Nous n’avons pas traité le chiffre d’affaires, la marge et l’EBE comme des indicateurs équivalents. Lorsque ces mesures racontaient des histoires différentes, nous avons donné davantage de poids à la marge et à l’EBE, qui permettent de mieux voir ce qu’une officine peut réellement supporter en dette et générer en cash.
Les données CGP et Interfimo ont été utilisées comme deux lectures complémentaires plutôt que comme des séries interchangeables. CGP permet d’observer l’économie d’un échantillon d’officines ; Interfimo apporte une lecture particulièrement utile des transactions financées, des valorisations et des premières installations.
Enfin, les fourchettes présentées dans l’article correspondent à un budget économique complet, pas seulement au prix du fonds. Nous avons donc intégré, selon les cas, le stock, les droits d’enregistrement, les frais professionnels, les travaux et la trésorerie de départ. Le cas chiffré à 1,4 million d’euros sert à vérifier que ces postes restent cohérents une fois réunis dans une opération réelle.
Les principales sources utilisées sont le Code de la santé publique sur les seuils de population, le Code de la santé publique sur les licences délivrées par l’ARS, les règles de priorité entre regroupements, transferts et créations, la carte officinale 2026 de l’Ordre national des pharmaciens, le Panorama de la démographie pharmaceutique, l’étude Interfimo sur les prix et valeurs des pharmacies, la synthèse Interfimo des transactions 2025, le dispositif Propuls’IF, les statistiques nationales 2025 de Conseil Gestion Pharmacie, les statistiques nationales 2026 de Conseil Gestion Pharmacie, ainsi que Service Public sur la fiscalité des cessions de fonds de commerce et l’Assurance Maladie sur le fonctionnement du tiers payant en officine.