Dernière mise à jour: 16 Septembre 2026

Lancez une pharmacie sans immobiliser trop de trésorerie dans le stock

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C'est parti

EN RÉSUMÉ

Ouvrir une pharmacie en RDC aujourd’hui demande généralement 30 000 à 60 000 $, avec une zone de confort autour de 35 000 à 45 000 $ pour une pharmacie de quartier correctement capitalisée.

Le premier verrou n’est pas financier. L’officine doit être portée par un pharmacien congolais inscrit à l’Ordre et disposant du droit d’exercer, avec un rôle central dans la propriété et la responsabilité de l’établissement.

Le stock absorbe souvent la plus grosse part du capital. Une pharmacie qui paraît faisable avec 10 000 ou 15 000 $ devient vite trop juste dès qu’il faut couvrir plusieurs centaines de références et garder du réassort disponible.

Pour une pharmacie de quartier bien approvisionnée, 15 000 à 25 000 $ de médicaments au départ nous paraît plus crédible que 5 000 à 10 000 $. La bonne profondeur de stock dépend ensuite beaucoup de la vitesse réelle de réapprovisionnement.

Le local peut changer complètement l’économie du projet. À Kinshasa, surtout dans des zones comme la Gombe, plusieurs mois de garantie, d’avance et de courtage peuvent immobiliser plus de capital que l’aménagement lui-même.

Il faut aussi compter avec une contrainte simple : une officine ne peut pas être réduite à un petit kiosque. Les normes publiées imposent au moins 45 m², avec des conditions de stockage, d’électricité, de sécurité et de conservation adaptées.

L’alimentation électrique de secours n’est pas un détail. Une petite enveloppe de 1 000 à 3 000 $ peut suffire pour sécuriser l’essentiel, mais le coût grimpe vite si le froid, la climatisation ou le solaire deviennent critiques.

La marge réglementaire de 33 % appliquée au coût d’achat correspond à environ 24,8 % du prix de vente. Avec 3 000 $ de charges mensuelles, il faut donc environ 12 000 $ de chiffre d’affaires juste pour couvrir les charges avant bénéfice.

Le projet devient plus solide lorsqu’il garde deux à trois mois de charges en trésorerie après l’ouverture. Dépenser tout le capital dans le stock, le décor et le bail laisse une pharmacie vulnérable dès le premier réassort ou la première mauvaise surprise.

Le vrai budget ne se résume donc pas au prix des médicaments. Il faut financer en même temps un local conforme, un stock crédible, l’équipement, la continuité électrique et assez de cash pour tenir les premiers mois sans dépendre immédiatement des ventes.

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Ouvrir une pharmacie en RDC : quel budget aujourd’hui ?

Peut-on ouvrir une pharmacie en RDC simplement parce qu’on a l’argent ?

Non. Pour ouvrir une pharmacie en RDC aujourd’hui, avoir 30 000 ou 50 000 $ ne suffit pas : la réglementation place le pharmacien congolais au centre de l’officine.

L’arrêté qui encadre les établissements pharmaceutiques prévoit que le pharmacien doit notamment être de nationalité congolaise, inscrit à l’Ordre des pharmaciens et disposer d’un certificat d’exercice. Pour l’officine, le texte va plus loin : le pharmacien en est le propriétaire et le responsable.

C’est la première chose à régler avant de chercher un local ou de commander du stock. Le montage dans lequel un investisseur non-pharmacien finance librement une officine puis embauche simplement un pharmacien comme responsable ne doit pas être considéré comme acquis.

Pour quelqu’un qui veut investir depuis la France ou monter le projet avec des partenaires en RDC, il faut donc sécuriser la structure juridique et professionnelle avec l’Ordre et les autorités compétentes avant d’engager une grosse somme.

Combien faut-il vraiment pour ouvrir une pharmacie en RDC aujourd’hui ?

Pour une pharmacie de quartier sérieuse en RDC, nous viserions actuellement 30 000 à 60 000 $ de capital de départ ; 15 000 à 25 000 $ peuvent suffire pour une petite officine très serrée, tandis qu’un projet ambitieux à Kinshasa peut dépasser 80 000 $.

Ce qui surprend, c’est l’écart entre le coût administratif et le coût réel de l’ouverture. L’ANAPI affiche actuellement 40 $ pour une personne physique, 70 $ pour une personne morale avec statuts sous seing privé et 110 $ avec statuts notariés. Même en ajoutant les autres démarches, nous restons très loin des dizaines de milliers de dollars nécessaires au projet complet.

L’argent part surtout dans le stock, le local, son aménagement, le froid, l’alimentation électrique de secours et la trésorerie des premiers mois.

Pour une officine sobre, nous arrivons autour de 15 000 à 25 000 $. Avec 30 000 à 45 000 $, on peut déjà bâtir une pharmacie de quartier beaucoup plus confortable. Entre 45 000 et 60 000 $, le stock peut devenir nettement plus profond et la trésorerie moins tendue. À partir de 60 000 ou 80 000 $, le choix du quartier et la taille du projet commencent à peser davantage que les exigences minimales.

Poste au démarrage Petite officine Pharmacie de quartier solide Projet plus ambitieux
Dossiers, formalités et conformité 300–1 000 $ 500–1 500 $ 800–2 000 $
Bail, garantie et avance 1 500–4 000 $ 3 000–8 000 $ 10 000–30 000 $+
Travaux et aménagement 2 000–5 000 $ 5 000–10 000 $ 10 000–20 000 $
Mobilier et rangement 1 000–2 500 $ 2 000–4 000 $ 4 000–7 000 $
Électricité, froid et sécurité 1 000–3 000 $ 2 500–5 000 $ 5 000–10 000 $
Caisse, informatique et logiciel 500–1 500 $ 1 000–2 500 $ 2 000–4 000 $
Stock initial 7 000–12 000 $ 15 000–25 000 $ 30 000–50 000 $+
Trésorerie disponible 2 000–4 000 $ 4 000–8 000 $ 8 000–15 000 $+
Budget total à viser 15 000–25 000 $ 30 000–60 000 $ 60 000–120 000 $+

Est-ce vraiment le stock qui coûte le plus cher ?

Oui. Dans une pharmacie congolaise classique, le stock initial peut facilement devenir le premier poste d’investissement et absorber 40 à 60 % du capital disponible.

Une pharmacie ne fonctionne pas avec vingt médicaments populaires. Il faut couvrir suffisamment de prescriptions en antibiotiques, antalgiques, traitements cardiovasculaires, antidiabétiques, antipaludiques, produits gastro-intestinaux, dermatologiques, pédiatriques et gynécologiques, auxquels s’ajoutent consommables et produits de soins courants.

Le nombre de références grimpe vite. De grands distributeurs présents à Kinshasa annoncent plusieurs milliers de références disponibles. Une petite officine n’a évidemment aucune raison d’en stocker autant, mais même quelques centaines de références représentent déjà beaucoup d’argent lorsque plusieurs unités de chaque produit doivent rester disponibles.

Prenons un portefeuille de 500 références dans lequel seulement 20 $ sont immobilisés en moyenne par référence, quantités comprises : nous sommes déjà à 10 000 $. Avec 800 références et 25 $ immobilisés par référence, le stock atteint 20 000 $.

Ce calcul n’est pas une norme officielle. Il montre simplement pourquoi une pharmacie qui semblait faisable avec 10 000 $ devient rapidement sous-capitalisée dès qu’on veut proposer un assortiment crédible.

Faut-il prévoir 10 000, 20 000 ou 30 000 $ de médicaments au départ ?

Pour une pharmacie de quartier correctement approvisionnée en RDC, nous préférerions aujourd’hui démarrer avec environ 15 000 à 25 000 $ de médicaments plutôt qu’avec 5 000 ou 10 000 $.

Avec moins de 10 000 $, le projet reste possible si l’officine est petite, les besoins du quartier bien connus et le réapprovisionnement très rapide. Mais chaque famille thérapeutique ajoutée divise ce capital entre davantage de références.

À Kinshasa, la proximité de distributeurs importants permet de travailler avec un stock plus léger si les commandes peuvent être renouvelées plusieurs fois dans le mois. Une officine éloignée des grands circuits d’approvisionnement doit généralement garder davantage de sécurité sur place.

La chaîne d’approvisionnement congolaise continue d’ailleurs d’évoluer. Le ministère de la Santé a engagé une réorganisation du système national d’approvisionnement afin d’améliorer la disponibilité et la qualité des médicaments. Plus récemment, la RDC a aussi lancé avec PHATKIN une production locale de médicaments antituberculeux sous contrôle de l’autorité pharmaceutique.

Ces évolutions sont intéressantes, mais elles ne permettent pas encore à un nouvel entrepreneur de partir du principe que toutes les références seront disponibles immédiatement partout dans le pays. Nous dimensionnerions le stock après avoir testé les délais réels de trois ou quatre fournisseurs possibles.

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Peut-on louer un petit local de 20 ou 30 m² pour économiser ?

Non. Une officine en RDC doit actuellement disposer d’au moins 45 m² selon les normes minimales publiées pour les établissements pharmaceutiques.

Le local doit également être construit en matériaux durables, plafonné et électrifié. Les normes imposent différents espaces et équipements permettant de conserver correctement les médicaments, ainsi qu’un extincteur, un thermomètre, un hygromètre et des rangements adaptés.

Les économies possibles sur l’immobilier ont donc une limite assez nette. Un kiosque de 15 m² très bien placé peut sembler parfait commercialement, mais il ne répond pas au format prévu pour une officine.

Nous éviterions même de raisonner systématiquement sur exactement 45 m². Une surface autour de 50 à 70 m² laisse plus de place pour le comptoir, la réserve et la circulation, sans basculer immédiatement vers une grande pharmacie coûteuse.

L’emplacement doit aussi être validé. Les règles d’implantation encadrent la proximité entre officines et la réglementation prévoit un avis d’implantation. Signer un bail coûteux avant cette vérification serait une erreur franchement évitable.

Combien peut coûter le local d’une pharmacie à Kinshasa ?

À Kinshasa, le local peut faire passer un projet de 30 000 $ à plus de 60 000 $ presque à lui seul si l’on vise une zone chère comme la Gombe.

Les annonces immobilières donnent une bonne idée du risque. Une offre de local commercial à la Gombe, actualisée en 2026 par Immo24, affichait environ 5 300 $ par mois pour 150 m². Les conditions demandaient trois mois de garantie, un mois d’avance et un mois de courtage.

Cinq mensualités à verser autour de la signature représentent déjà 26 500 $. Nous n’avons encore acheté ni médicaments, ni rayonnages, ni système informatique.

Une autre annonce affichait 4 000 $ pour 70 m², avec des conditions de bail encore plus lourdes. Elle est plus ancienne, donc nous ne l’utiliserions pas comme photographie du marché actuel, mais elle montre à quel point les avances locatives peuvent immobiliser du capital à Kinshasa.

Ces niveaux concernent la Gombe et ne représentent évidemment pas toute la ville. Pour une première pharmacie, payer plusieurs milliers de dollars de loyer mensuel exige un volume de ventes considérable. Dans beaucoup de cas, un emplacement moins prestigieux mais entouré d’habitations, de cabinets ou de structures de soins donnera un meilleur usage au capital.

Combien coûte réellement l’aménagement d’une pharmacie en RDC ?

Une enveloppe d’environ 5 000 à 12 000 $ permet aujourd’hui d’aménager correctement une pharmacie de quartier en RDC, sans chercher une finition haut de gamme.

Le budget comprend généralement le comptoir, les étagères, les armoires fermées, le rangement de la réserve, l’éclairage, l’enseigne, les travaux électriques, la peinture, la sécurité incendie et le matériel de suivi des conditions de conservation.

À cela viennent s’ajouter l’ordinateur, la caisse, l’imprimante, éventuellement un lecteur de codes-barres et un logiciel de gestion du stock.

Nous éviterions deux excès. Dépenser 15 000 $ dans un décor alors que seulement 7 000 $ restent disponibles pour les médicaments affaiblit clairement le projet. À l’inverse, bricoler le stockage pour économiser quelques centaines de dollars peut créer des problèmes de conformité, de conservation et de gestion.

Une pharmacie de quartier n’a pas besoin de ressembler à une officine parisienne rénovée. Elle doit surtout être propre, pratique, sécurisée et facile à gérer.

Une pharmacie en RDC a-t-elle vraiment besoin d’une alimentation électrique de secours ?

Oui. Une pharmacie en RDC devrait actuellement prévoir une solution de secours dès l’ouverture, surtout si elle stocke des produits qui supportent mal les écarts de température.

Les normes exigent un établissement électrifié et de bonnes conditions de conservation. Dans la pratique, cela pousse rapidement vers un réfrigérateur adapté à certains produits, de la ventilation ou climatisation selon le local, ainsi qu’une solution en cas de coupure.

Pour une petite officine, un groupe électrogène ou un ensemble onduleur-batteries peut suffire. Certains groupes de quelques kVA vendus localement restent accessibles pour quelques centaines de dollars, mais le prix de la machine seule ne raconte pas toute l’histoire. Il faut ajouter installation, câblage, protections, carburant ou batteries et entretien.

Une enveloppe de 1 000 à 3 000 $ nous paraît plus réaliste pour sécuriser l’essentiel. Une installation solaire avec batteries ou une pharmacie qui dépend fortement du froid peut facilement dépasser ce montant.

Sur ce poste, chercher le prix minimum absolu est rarement une bonne affaire. Une panne qui détériore du stock peut effacer d’un coup l’économie réalisée sur l’installation.

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Les licences et les papiers coûtent-ils des milliers de dollars ?

Non. Les formalités existent et doivent être prises au sérieux, mais elles n’expliquent pas le gros du budget nécessaire pour ouvrir une pharmacie en RDC.

L’ANAPI affiche actuellement 40 $ pour la création d’une entreprise en personne physique, 70 $ pour une personne morale avec statuts sous seing privé et 110 $ avec statuts notariés. Sa documentation mentionne également des démarches complémentaires liées au lancement de l’activité.

À cela s’ajoute tout ce qui est spécifique à la pharmacie : documents professionnels, inscription et certificat d’exercice, dossier d’implantation, conformité du local, inspections et autorisation d’ouverture.

Nous garderions une enveloppe de plusieurs centaines de dollars, voire davantage si le dossier nécessite de nombreux déplacements ou un accompagnement professionnel. Mais même en prenant large, les démarches restent petites face à un stock de 20 000 $ ou à plusieurs mois de garantie locative.

Pour le business plan, la distinction est simple : constituer juridiquement l’entreprise coûte relativement peu ; financer une vraie officine coûte beaucoup plus cher.

Quelle marge une pharmacie peut-elle vraiment gagner en RDC ?

Une pharmacie congolaise ne peut pas construire son business plan sur une marge énorme : la réglementation publiée prévoit une marge de 33 % pour les officines dans la chaîne de distribution pharmaceutique.

Il faut bien comprendre le calcul. Si la pharmacie achète un médicament 100 $ et applique 33 %, le prix devient 133 $. Les 33 $ de marge représentent alors environ 24,8 % du prix de vente.

Sur 10 000 $ de chiffre d’affaires, cela donne autour de 2 480 $ de marge brute théorique avant le loyer, les salaires, l’énergie, les pertes, les péremptions et les autres dépenses.

À 20 000 $ de ventes, nous arrivons autour de 4 960 $. À 30 000 $, environ 7 440 $.

La rentabilité dépend donc énormément du volume vendu. Un beau magasin avec un loyer élevé peut faire beaucoup de chiffre d’affaires tout en laissant peu d’argent au propriétaire.

Ventes mensuelles Marge brute théorique autour de 24,8 % Charges mensuelles absorbables avant bénéfice
5 000 $ ≈ 1 240 $ ≈ 1 240 $
8 000 $ ≈ 1 980 $ ≈ 1 980 $
10 000 $ ≈ 2 480 $ ≈ 2 480 $
15 000 $ ≈ 3 720 $ ≈ 3 720 $
20 000 $ ≈ 4 960 $ ≈ 4 960 $
25 000 $ ≈ 6 200 $ ≈ 6 200 $
30 000 $ ≈ 7 440 $ ≈ 7 440 $
40 000 $ ≈ 9 920 $ ≈ 9 920 $

Combien faut-il vendre chaque mois pour qu’une pharmacie soit rentable ?

Avec 3 000 $ de charges mensuelles, une pharmacie doit faire autour de 12 000 $ de ventes par mois avant même de commencer à dégager un résultat significatif sur la base de la marge réglementaire publiée.

Le calcul permet surtout de voir rapidement si le loyer est supportable. Avec 2 000 $ de charges, il faut environ 8 100 $ de chiffre d’affaires pour les couvrir. Avec 4 000 $, nous approchons 16 100 $. À 5 000 $ de charges mensuelles, il faut déjà dépasser 20 000 $ de ventes.

Ces chiffres restent simplifiés. Une pharmacie peut perdre une partie de sa marge avec les produits expirés, les écarts de stock ou certaines dépenses variables. Le seuil réel peut donc être un peu plus haut.

Le loyer devient vite le poste dangereux. Ajouter 1 000 $ de charges mensuelles demande environ 4 000 $ de chiffre d’affaires supplémentaire pour retrouver le même résultat.

Nous préférerions donc un local à 800 $ capable de générer 15 000 $ de ventes à un local à 3 000 $ qui n’en génère que 20 000 $. Le second vend davantage, mais il peut laisser moins d’argent.

Combien d’argent faut-il garder en caisse après l’ouverture ?

Une nouvelle pharmacie en RDC devrait garder au moins deux ou trois mois de charges en trésorerie et éviter de dépenser tout son capital avant son premier jour de vente.

Pour une petite structure dont les dépenses mensuelles atteignent 1 500 à 2 000 $, cela signifie idéalement 3 000 à 6 000 $ encore disponibles après l’installation. Une pharmacie plus grande peut avoir besoin de 8 000 à 15 000 $ de réserve.

Cette trésorerie sert d’abord à renouveler les références qui partent vite. Une pharmacie peut avoir 20 000 $ de marchandises sur les étagères et manquer malgré tout de cash parce qu’une grande partie du capital dort dans des produits peu demandés.

La monnaie ajoute aussi une contrainte. La Banque centrale du Congo affichait le 16 septembre 2026 un cours indicatif de 2 270,29 francs congolais pour 1 USD. Beaucoup de décisions d’investissement, certains loyers et une partie des achats restent pourtant raisonnés en dollars. Il faut suivre les deux monnaies lorsqu’on construit ses prix et son fonds de roulement.

Une officine ouverte avec 35 000 $ de stock, travaux et mobilier mais presque plus aucune liquidité nous paraît plus risquée qu’un projet de 30 000 $ qui conserve 5 000 $ disponibles.

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Faut-il remplir les rayons au maximum dès le premier jour ?

Non. Pour une nouvelle pharmacie en RDC, acheter davantage de chaque médicament augmente surtout le risque d’immobiliser du cash dans des références lentes ou qui finiront par expirer.

Nous chercherions plutôt de la largeur sur les besoins courants, avec des quantités raisonnables au départ. Dès les premières semaines, les ventes permettent de voir les produits qui partent réellement, ceux que les clients demandent sans les trouver et ceux qui restent sur les étagères.

Cette discipline est encore plus importante dans un marché où l’approvisionnement reste en transformation. Le ministère de la Santé continue de renforcer le système national d’approvisionnement et la surveillance de la qualité. La production locale avance elle aussi sur certaines catégories, comme l’a montré récemment le lancement de traitements antituberculeux produits par PHATKIN.

Aucun de ces changements ne supprime le besoin d’une gestion très précise du stock. Ils rendent simplement possible, à terme, un approvisionnement plus structuré sur certaines catégories.

Après trois à six mois, les données propres à l’officine devraient peser davantage que le stock imaginé dans le business plan initial.

Peut-on augmenter la marge en achetant des médicaments beaucoup moins chers ?

Acheter des médicaments anormalement bon marché auprès de circuits difficiles à tracer peut transformer une économie de quelques milliers de dollars en problème réglementaire beaucoup plus grave.

La réglementation impose un circuit de distribution précis : les grossistes autorisés fournissent les pharmacies autorisées, et les achats en gros passent par des bons de commande signés par le pharmacien responsable.

La question de la qualité reste très actuelle en RDC. Le gouvernement a justement présenté la réorganisation du système d’approvisionnement comme un moyen de mieux lutter contre les médicaments de qualité douteuse et la contrefaçon. Des autorités sanitaires provinciales ont encore publié récemment des alertes concernant des produits falsifiés.

Nous budgéterions donc le stock à partir de fournisseurs formels et traçables. Les écarts de prix entre fournisseurs peuvent être négociés ; la provenance des médicaments, beaucoup moins.

Pour une nouvelle pharmacie qui doit construire sa réputation dans son quartier, quelques points de marge supplémentaires ne compensent pas un incident sur la qualité d’un médicament.

Faut-il beaucoup plus d’argent pour ouvrir une pharmacie à Kinshasa qu’en province ?

Souvent oui, mais la différence vient surtout du local et du niveau de stock nécessaire, pas d’un coût réglementaire radicalement différent.

Kinshasa donne accès à un marché beaucoup plus profond et à davantage de fournisseurs, mais certains quartiers affichent des loyers qui changent complètement l’économie du projet. Comme nous l’avons vu plus haut, une seule prise à bail dans la Gombe peut immobiliser plus de 20 000 $ avant l’ouverture.

Une ville secondaire peut réduire fortement ce poste. En revanche, une officine éloignée des principaux distributeurs doit parfois conserver davantage de stock et supporter plus de transport ou des délais plus longs.

Le calcul doit être fait quartier par quartier. Une pharmacie proche de plusieurs centres de soins dans une ville secondaire peut être plus intéressante qu’une belle officine coincée entre plusieurs concurrents à Kinshasa.

Nous regarderions surtout combien de prescriptions et de clients potentiels sont accessibles chaque jour, combien d’officines autorisées se trouvent déjà autour du local, combien coûte réellement le bail et combien de temps prend un réapprovisionnement.

Alors, quel budget faut-il prévoir pour ouvrir une pharmacie en RDC aujourd’hui ?

Pour ouvrir aujourd’hui une pharmacie de quartier en RDC sans démarrer immédiatement sous pression financière, nous viserions environ 35 000 à 45 000 $ ; la fourchette raisonnable reste autour de 30 000 à 60 000 $ selon le local et la profondeur du stock.

À 15 000 ou 20 000 $, une petite officine reste envisageable lorsque le loyer est bas, l’aménagement simple et l’approvisionnement facile. Le projet devient toutefois beaucoup plus sensible aux ruptures de stock et aux mauvaises surprises.

Autour de 35 000 à 45 000 $, l’équilibre nous paraît nettement meilleur. On peut consacrer environ 15 000 à 20 000 $ au premier stock, plusieurs milliers de dollars au local et à l’équipement, puis conserver 4 000 à 7 000 $ de trésorerie.

Avec 60 000 $ et plus, une pharmacie peut évidemment proposer davantage de références ou choisir un emplacement plus cher. Mais il faut que ces dépenses produisent davantage de ventes. Mettre 25 000 $ supplémentaires dans un bail premium, un décor sophistiqué et du stock lent ne rend pas automatiquement l’entreprise meilleure.

À l’autre extrême, un budget inférieur à 10 000 $ nous paraît aujourd’hui trop faible pour créer une officine complète à partir de zéro, sauf si le porteur possède déjà le local et une partie importante des équipements.

Le chiffre à retenir est donc autour de 40 000 $ pour une pharmacie de quartier correctement capitalisée. Ce montant n’est ni un minimum légal ni une somme magique. C’est simplement la zone où l’on peut financer en même temps un stock crédible, un local conforme, l’équipement indispensable et suffisamment de cash pour ne pas dépendre des ventes de la première semaine.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à estimer le capital réellement nécessaire pour ouvrir une pharmacie en RDC aujourd’hui. Nous avons séparé le problème en plusieurs blocs qui font réellement varier l’investissement : conditions d’ouverture, immobilier, stock, équipements et conservation, économie de la marge, approvisionnement et trésorerie.

Nous avons distingué les règles réglementaires des hypothèses de business plan. La surface minimale, les conditions d’exercice du pharmacien, les règles d’implantation, les obligations de conservation et la marge officinale viennent des textes applicables ; les enveloppes de stock, d’aménagement et de trésorerie sont des estimations construites à partir de ces contraintes et de cas de terrain.

Pour les formalités de création d’entreprise, nous utilisons les montants actuellement publiés par l’ANAPI : 40 USD pour une personne physique, 70 USD pour une personne morale avec statuts sous seing privé et 110 USD avec statuts notariés. Pour le change, nous retenons le cours indicatif affiché par la Banque centrale du Congo le 16 septembre 2026, soit 2 270,29 CDF pour 1 USD.

Les annonces immobilières sont utilisées comme exemples de capital immobilisé, pas comme un loyer moyen de Kinshasa. De la même manière, les simulations de stock servent à montrer combien de capital quelques centaines de références peuvent absorber ; elles ne définissent pas un nombre officiel de produits à détenir.

Nous avons aussi regardé l’évolution récente de la chaîne d’approvisionnement. Les communications du ministère de la Santé sur la réorganisation du système national d’approvisionnement et sur la production locale de médicaments antituberculeux par PHATKIN permettent de replacer le besoin de stock et de réassort dans un marché encore en transformation.

Enfin, la fourchette de budget est construite en vérifiant qu’elle permet de financer simultanément le local, la conformité, le stock, les équipements indispensables et une réserve de trésorerie. C’est ce croisement qui nous conduit à une zone centrale autour de 35 000 à 45 000 $ pour une pharmacie de quartier correctement capitalisée, plutôt qu’à un simple prix moyen pris isolément.

Parmi les principales sources utilisées : l’arrêté ministériel sur les établissements pharmaceutiques, le texte réglementaire sur le commerce des produits pharmaceutiques et la marge officinale, les lignes directrices nationales sur la distribution et les pratiques officinales, la loi n°18/035 du 13 décembre 2018, l’ANAPI pour les formalités de création, le Conseil national de l’Ordre des pharmaciens, l’ACOREP, le répertoire ACOREP des établissements pharmaceutiques privés certifiés, la publication ACOREP sur les médicaments autorisés en RDC, le programme national lié à l’approvisionnement en médicaments, la communication du ministère de la Santé sur la réorganisation du système d’approvisionnement, l’annonce sur la production locale de médicaments antituberculeux par PHATKIN, la Banque centrale du Congo pour le taux de change, les lignes directrices de l’OMS sur l’approvisionnement en médicaments essentiels en RDC, les bonnes pratiques de stockage et de distribution de l’OMS et la fiche OMS sur les produits médicaux de qualité inférieure ou falsifiés.