Clinique : peut-on vraiment trouver assez de médecins ?

Structure médicale : atteignez le bon remplissage
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C'est partiEN RÉSUMÉ
Oui, il est encore possible de trouver assez de médecins pour créer une clinique en France aujourd’hui, mais seulement si le projet est conçu autour du vivier médical réellement disponible et non autour d’un programme immobilier décidé à l’avance.
La pénurie médicale n’a pas disparu, mais elle a changé de forme. Le nombre total de médecins repart nettement à la hausse ; ce sont surtout certaines spécialités, certains territoires et certaines contraintes de présence qui rendent encore le recrutement difficile.
Le bon indicateur n’est pas le nombre de médecins qui disent être intéressés. Ce sont les journées médicales réellement sécurisées chaque semaine, avec des créneaux précis, des remplacements possibles et les spécialités indispensables couvertes en même temps.
Une clinique de consultations peut donc ouvrir avec relativement peu de médecins si chacun vient régulièrement. Une clinique chirurgicale, elle, peut être bloquée par une seule spécialité manquante — typiquement l’anesthésie — même si elle a déjà trouvé plusieurs chirurgiens.
Les grandes métropoles offrent le vivier médical le plus profond, mais pas forcément le recrutement le plus facile : les médecins y ont beaucoup d’alternatives. Une périphérie métropolitaine peut parfois mieux combiner demande de soins, disponibilité immobilière et accès à un bassin de praticiens.
Les déserts médicaux sont trompeurs pour un entrepreneur. Ils montrent une demande énorme, mais cette demande existe précisément parce qu’il est difficile d’y faire venir et surtout d’y garder des médecins.
Le modèle économique devient plus réaliste quand la clinique n’essaie pas de salarier tout le monde. Dans le privé lucratif, une grande partie des médecins exerce en libéral ou en exercice mixte, avec des vacations dans plusieurs établissements.
L’attractivité de la clinique dépend alors moins d’une surenchère salariale que de la qualité de travail proposée : blocs bien remplis, secrétariat efficace, assistants, planning prévisible, équipements disponibles et peu de temps perdu.
Le recrutement international élargit réellement le vivier, mais il ne résout pas une ouverture imminente. Les procédures d’autorisation et d’inscription imposent de construire ce canal longtemps avant le lancement.
Le modèle le plus facile à staffer reste une structure ambulatoire spécialisée, proche d’un bassin urbain, avec un noyau de médecins déjà engagés et des vacations qui montent progressivement. Le vrai feu vert avant d’investir est simple : les spécialités critiques doivent déjà être sécurisées en capacité hebdomadaire, pas seulement en intentions.
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Y a-t-il vraiment une pénurie de médecins en France aujourd’hui ?
Oui, trouver assez de médecins reste difficile en France aujourd’hui, même si leur nombre recommence clairement à augmenter.
Les dernières données de la DREES changent un peu la lecture du problème. La France compte environ 242 200 médecins en activité, soit 5 000 de plus en un an. La hausse atteint 2,1 % sur la dernière année observée, après +1,6 % puis +1,4 % les deux années précédentes. Pendant plus de dix ans, la croissance était restée sous 1 % par an.
L’Ordre des médecins arrive à un total légèrement différent parce qu’il utilise une autre définition : 245 847 médecins sont inscrits comme actifs, dont 205 214 en activité régulière. Son constat est néanmoins similaire. La baisse des effectifs médicaux est derrière nous.
Le problème qui intéresse une clinique est ailleurs. Selon la DREES, les généralistes ne progressent que de 1 % en un an tandis que les autres spécialistes progressent de 2,9 %. Et l’Ordre continue de trouver d’énormes écarts entre territoires et spécialités.
Nous avons donc davantage de médecins au niveau national, sans disposer pour autant des bons médecins partout où une clinique pourrait vouloir s’installer.
| Indicateur | Situation récente |
|---|---|
| Médecins actifs selon la DREES | 242 200 |
| Hausse en un an | +5 000 |
| Généralistes | 101 000 |
| Autres spécialistes | 141 200 |
| Croissance annuelle des généralistes | +1,0 % |
| Croissance annuelle des autres spécialistes | +2,9 % |
De combien de médecins une clinique a-t-elle réellement besoin pour ouvrir ?
Une clinique peut parfois démarrer avec quelques médecins, mais une activité chirurgicale ou hospitalière demande vite une équipe beaucoup plus large que le nombre de praticiens visibles sur la brochure.
Prenons un établissement de consultations spécialisées. Trois ou quatre médecins peuvent suffire au départ si chacun exerce plusieurs demi-journées et si aucune permanence médicale lourde n’est nécessaire.
Ajoutons un bloc opératoire et le calcul change. Il faut des chirurgiens, mais aussi des anesthésistes disponibles aux mêmes heures. Avec de l’hospitalisation, il faut organiser le suivi des patients. Une maternité ajoute encore l’obstétrique, l’anesthésie, la pédiatrie et la continuité des soins.
Le nombre de noms signés importe donc moins que le nombre de journées médicales réellement couvertes.
Imaginons qu’un bloc ait besoin de deux anesthésistes cinq jours par semaine. Cela représente dix journées d’anesthésie chaque semaine. Si chacun des médecins recrutés ne souhaite venir que deux jours, cinq anesthésistes sont déjà nécessaires avant même de prévoir les congés, absences ou gardes.
C’est ce calcul qu’il faut faire spécialité par spécialité avant de dimensionner une clinique.
Quels médecins sont les plus difficiles à trouver pour une clinique ?
Pour une clinique avec chirurgie, l’anesthésie-réanimation fait partie des recrutements qui peuvent réellement empêcher l’activité de démarrer.
La France compte pourtant environ 14 000 anesthésistes-réanimateurs selon les dernières données de la DREES. C’est même l’un des groupes de spécialistes les plus importants en effectif. Mais ce total national cache la vraie contrainte : il faut trouver plusieurs anesthésistes disponibles au même endroit, avec des horaires compatibles avec ceux des chirurgiens.
L’exemple est suffisamment concret pour avoir été évoqué par Ramsay Santé devant le Sénat : le groupe avait expliqué avoir abandonné un projet de coopération autour d’un bloc obstétrical à Giens faute d’avoir pu réunir suffisamment d’anesthésistes pour assurer son fonctionnement permanent.
La radiologie peut créer une difficulté comparable lorsqu’elle fait partie du parcours de soins. Certaines activités rencontrent aussi des tensions très locales en pédiatrie, gynécologie-obstétrique, cardiologie ou psychiatrie.
Une clinique chirurgicale devrait donc sécuriser ses spécialités indispensables très tôt. Trouver ensuite davantage de chirurgiens n’aide pas beaucoup si personne ne peut anesthésier leurs patients.
Les spécialistes sont-ils vraiment si rares en France ?
Les médecins spécialistes ne sont pas rares à l’échelle de la France : ils sont aujourd’hui environ 141 200, contre 101 000 généralistes, mais leur répartition locale peut transformer une spécialité abondante en recrutement presque impossible.
La différence apparaît dès que nous quittons les moyennes nationales. Deux régions ou départements peuvent avoir une densité de médecins d’une même spécialité plusieurs fois différente.
L’Ordre insiste justement dans son dernier Atlas sur cette fracture territoriale. Certains territoires universitaires et métropolitains ont gagné et rajeuni leurs médecins alors que d’autres cumulent une densité faible, un vieillissement des praticiens et moins de nouveaux arrivants.
Pour un entrepreneur, savoir qu’il existe des milliers de cardiologues ou de radiologues en France aide finalement assez peu. La vraie population disponible est celle qui habite déjà à distance raisonnable de la future clinique, envisage de déménager ou accepte un exercice sur plusieurs sites.
Nous devrions donc cartographier le bassin médical dans un rayon de trajet réaliste avant même de choisir définitivement l’emplacement.
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Est-ce vraiment plus facile de recruter des médecins à Paris ou dans une grande ville ?
Oui, une clinique située dans une grande métropole dispose généralement d’un vivier médical beaucoup plus profond, mais elle doit aussi convaincre des médecins qui ont déjà beaucoup d’autres options.
Paris concentre une densité médicale sans commune mesure avec celle de nombreux départements ruraux. Les grands CHU de Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Lille, Montpellier ou Nantes créent également autour d’eux des bassins importants de spécialistes, d’internes et de médecins habitués aux exercices multi-sites.
Pour une nouvelle clinique, cette proximité simplifie énormément certaines recherches. Il devient possible de proposer une ou deux vacations par semaine à un praticien qui travaille déjà ailleurs plutôt que d’exiger son déménagement.
La concurrence est évidemment plus dure. Dans une grande ville, le même spécialiste peut choisir entre un cabinet établi, plusieurs cliniques privées, un CHU, un établissement privé non lucratif et parfois son propre plateau technique.
Une périphérie métropolitaine peut alors offrir un compromis intéressant : assez près du bassin médical pour recruter, mais suffisamment éloignée des quartiers déjà saturés en établissements pour disposer d’une vraie demande locale.
| Implantation | Patients potentiels | Vivier médical | Problème principal |
|---|---|---|---|
| Grande métropole | Élevé | Très large | Forte concurrence |
| Périphérie métropolitaine | Élevé | Large | Temps de trajet |
| Ville moyenne | Souvent élevé | Plus étroit | Certaines spécialités manquent |
| Zone rurale isolée | Besoin parfois énorme | Faible | Recrutement très difficile |
Les déserts médicaux sont-ils une bonne opportunité pour ouvrir une clinique ?
Un désert médical peut offrir énormément de patients à une nouvelle clinique, mais c’est aussi là que nous risquons le plus de ne pas trouver les médecins nécessaires pour les soigner.
C’est le paradoxe le plus dangereux du projet. Les zones avec les besoins les plus visibles attirent naturellement l’entrepreneur : agendas médicaux pleins, délais de rendez-vous longs, habitants obligés de parcourir de grandes distances. Pourtant, ces symptômes existent précisément parce que les praticiens sont difficiles à installer durablement.
L’Assurance Maladie reconnaît toujours le problème. Sa convention médicale vise une hausse de 7 % par an des installations en zones sous-dotées et prévoit désormais des aides de 10 000 euros pour certaines primo-installations en zone d’intervention prioritaire, ainsi que 5 000 euros dans certaines zones complémentaires. Elle finance aussi des consultations avancées pour faire venir ponctuellement des médecins installés ailleurs.
Un autre chiffre est assez parlant : seulement 11 % des primo-installations médicales avaient lieu dans les zones sous-denses au moment où ces objectifs ont été fixés.
Une demande médicale énorme ne garantit donc absolument pas l’offre.
Pour une clinique privée, s’installer juste à côté d’un désert médical peut être plus malin que de s’installer en plein milieu : nous pouvons capter une partie de la demande tout en restant assez proches d’une ville où les médecins vivent déjà.
Une clinique doit-elle salarier tous ses médecins ?
Non, une clinique privée à but lucratif fonctionne généralement avec beaucoup de médecins libéraux, ce qui réduit fortement le nombre de médecins qu’elle doit recruter comme salariés classiques.
La Cour des comptes rappelle que 86 % des médecins exerçant dans les cliniques privées à but lucratif ont une activité libérale. Ils utilisent l’établissement, ses lits, son bloc et ses équipes, mais leurs honoraires médicaux ne prennent pas la forme d’un salaire versé par la clinique.
C’est une différence majeure pour un créateur.
Pour attirer un chirurgien libéral, par exemple, nous pouvons lui proposer un accès régulier au bloc, une organisation fluide, des équipes paramédicales, un secrétariat efficace et un environnement capable de générer suffisamment d’activité.
Les grands groupes privés montrent jusqu’où ce système peut aller. Ramsay Santé a déjà indiqué devant le Parlement travailler avec environ 9 000 médecins libéraux en France.
Une nouvelle clinique ne cherche donc pas forcément à embaucher vingt médecins. Elle peut construire un réseau de praticiens indépendants qui choisissent d’y exercer une partie de leur semaine.
Pourquoi un médecin choisirait-il une nouvelle clinique plutôt qu’un établissement déjà connu ?
Un médecin rejoindra une nouvelle clinique si elle lui offre une activité intéressante et une vie professionnelle plus simple que ses alternatives.
Pour un spécialiste déjà installé, le problème dépasse largement le salaire ou le niveau des honoraires. Il va regarder s’il peut réellement remplir son agenda, combien de temps il perdra entre deux actes, si le bloc fonctionne correctement, si les patients sont bien préparés, si le secrétariat répond, si les équipements sont disponibles et si son planning reste prévisible.
Cette question devient encore plus importante avec l’évolution actuelle des modes d’exercice. Selon le dernier Atlas de l’Ordre, le salariat représente désormais le premier mode d’exercice des médecins avec 47 % des effectifs, contre 41,6 % en libéral exclusif et 11,4 % en exercice mixte.
Chez les générations les plus jeunes, l’attrait pour les formes d’exercice organisées et salariées est encore plus marqué. Quelques années auparavant, l’Ordre relevait déjà que près de six médecins de moins de 40 ans sur dix en activité régulière étaient salariés.
Une nouvelle clinique peut profiter de cette évolution si elle enlève des tâches pénibles plutôt que d’en ajouter. Un bon assistant médical, un secrétariat qui fonctionne et des horaires maîtrisés ont aujourd’hui une vraie valeur de recrutement.
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Faut-il payer beaucoup plus pour attirer des médecins ?
Payer davantage peut débloquer certains recrutements médicaux, mais une clinique qui ne sait attirer les médecins que par l’argent risque vite de construire un modèle trop cher.
Certaines spécialités disposent déjà de revenus libéraux élevés. Un chirurgien ou un anesthésiste bien installé ne va probablement pas bouleverser toute son organisation pour un petit avantage financier.
Et surtout, une partie du revenu dépend directement de la productivité de l’environnement. Deux journées opératoires bien remplies peuvent être plus intéressantes que trois journées mal organisées. Un praticien préférera souvent un établissement où les patients arrivent à l’heure, les salles tournent correctement et les annulations sont rares.
La clinique dispose donc de leviers très concrets : donner davantage de créneaux utiles, réduire les temps morts, fournir des assistants, simplifier la facturation et créer un flux de patients.
Il existe aussi des limites déontologiques fortes. L’indépendance professionnelle du médecin doit être respectée et le partage illicite d’honoraires ou les commissions liées aux prescriptions et aux actes sont interdits.
Nous pouvons rendre l’exercice économiquement très attractif. Acheter directement des prescriptions ou orienter la pratique médicale en fonction de notre rentabilité n’est évidemment pas une option.
Les jeunes médecins veulent-ils encore exercer en libéral dans une clinique ?
Oui, mais beaucoup de jeunes médecins veulent aujourd’hui une version plus organisée et moins solitaire du libéral.
La montée du salariat le montre clairement, tout comme la progression des exercices mixtes. Cela ne veut pas dire que les jeunes praticiens refusent toute activité privée. Ils sont simplement moins obligés qu’avant d’accepter le modèle historique du cabinet individuel avec toute l’administration qui l’accompagne.
Les données récentes sur le temps de travail des généralistes permettent de comprendre pourquoi. La DREES mesure toujours des semaines professionnelles longues, dont plusieurs heures consacrées à des tâches autres que les consultations elles-mêmes.
Un établissement capable de mutualiser secrétariat, assistants, facturation, équipements et gestion des agendas peut récupérer une partie de ce temps.
Cela favorise aussi un modèle de démarrage assez pratique : un médecin conserve son activité principale et teste la nouvelle clinique une journée par semaine. S’il remplit facilement cette journée et apprécie l’organisation, nous pouvons progressivement lui ouvrir davantage de vacations.
La nouvelle génération rend donc certains recrutements plus difficiles si nous exigeons une disponibilité totale, mais probablement plus faciles si la clinique accepte d’être construite autour d’activités partagées.
Peut-on lancer une clinique avec beaucoup de médecins qui ne viennent qu’un ou deux jours par semaine ?
Oui, une clinique peut démarrer avec de nombreux médecins à temps partiel, à condition d’avoir quelques praticiens suffisamment engagés pour garantir les activités qui ne peuvent jamais rester découvertes.
Cette organisation réduit énormément la barrière à l’entrée pour le médecin. Un cardiologue, dermatologue ou chirurgien peut essayer une nouvelle structure sans abandonner son cabinet ou son établissement principal.
Elle ouvre également l’accès aux médecins hospitaliers ou à d’autres praticiens ayant un exercice mixte lorsque leur statut et leurs obligations le permettent. Certaines contraintes doivent toutefois être vérifiées au cas par cas, notamment lorsqu’un praticien quitte un établissement public pour rejoindre un établissement privé proche.
Le problème apparaît quand tout le monde devient occasionnel. Six médecins qui disent pouvoir venir « selon leurs disponibilités » ne donnent pas forcément six journées fiables de médecine.
Nous construirions plutôt un petit noyau fixe, complété par un cercle plus large de médecins venant en vacations. Pour les consultations programmées, ce modèle peut fonctionner très tôt. Pour l’anesthésie, les soins continus ou une activité 24 heures sur 24, il faut beaucoup plus de stabilité.
Les médecins étrangers peuvent-ils vraiment résoudre le problème de recrutement ?
Les médecins formés à l’étranger sont déjà une partie importante de la réponse française, mais une clinique ne peut pas compter sur le recrutement international comme solution rapide de dernière minute.
Les chiffres de l’Ordre sont désormais assez impressionnants. Parmi les 205 214 médecins en activité régulière, 15,2 % ont obtenu leur diplôme hors de France. La proportion n’était que de 7,2 % en 2010.
Cela représente environ 31 000 médecins en activité régulière formés à l’étranger. Parmi eux, 9,2 % de l’ensemble des médecins actifs réguliers ont un diplôme obtenu hors de l’Union européenne et 6 % un diplôme européen.
Selon la DREES, qui utilise une définition différente de la population médicale, les médecins diplômés à l’étranger représentent également une part croissante des effectifs et expliquent une partie de l’augmentation observée depuis 2012.
Le recrutement international peut donc considérablement agrandir notre vivier, surtout pour certaines spécialités et certains territoires.
Mais les médecins diplômés hors Union européenne passent par des procédures spécifiques de vérification des connaissances, d’autorisation et d’inscription. Le calendrier administratif compte autant que le sourcing.
Pour une clinique ambitieuse, c’est un canal de recrutement à construire longtemps en amont, pas le numéro que l’on appelle lorsqu’il manque trois médecins avant l’ouverture.
| Médecins en activité régulière | Part |
|---|---|
| Diplôme français | 84,8 % |
| Diplôme dans un autre pays de l’UE | 6,0 % |
| Diplôme hors UE | 9,2 % |
| Total formé hors de France | 15,2 % |
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Le retour de la démographie médicale va-t-il bientôt faciliter le recrutement ?
Oui, recruter des médecins devrait progressivement devenir un peu moins tendu, mais cette amélioration sera lente et très inégale selon les spécialités et les villes.
C’est l’un des changements récents les plus importants. Comme vu plus haut, la DREES mesure maintenant trois années consécutives d’accélération du nombre de médecins : +1,4 %, puis +1,6 %, puis +2,1 %. Les 242 200 médecins actifs représentent 12,2 % de plus qu’en 2012.
Même la médecine générale, qui avait reculé en moyenne de 0,5 % par an entre 2018 et 2024, est repartie à la hausse depuis deux ans.
Les cohortes formées après l’augmentation du nombre de places en médecine arrivent progressivement sur le marché. L’Ordre considère aujourd’hui qu’une augmentation d’environ 40 % du nombre de médecins d’ici 2040 fait consensus.
Pour autant, construire un business plan sur 2040 ne nous aide pas beaucoup pour ouvrir une clinique dans deux ans.
La demande de soins augmente aussi avec le vieillissement de la population, les médecins ne choisissent pas tous les territoires de la même manière et certaines spécialités restent beaucoup plus difficiles à renforcer que d’autres.
Le vent démographique tourne dans le bon sens. Les prochains recrutements ne deviendront pas faciles pour autant.
Vaut-il mieux convaincre des médecins un par un ou recruter directement une équipe ?
Pour l’anesthésie, la radiologie ou certaines spécialités chirurgicales, convaincre un groupe médical déjà constitué peut faire gagner plusieurs années à une nouvelle clinique.
Un groupe apporte davantage qu’une liste de praticiens. Il possède déjà ses habitudes de travail, organise ses remplacements et répartit les vacations entre ses membres. Dans certains cas, il arrive également avec une patientèle, un réseau de correspondants et une réputation locale.
C’est particulièrement puissant lorsqu’une spécialité commande la capacité de toute la clinique. Un groupe d’anesthésistes fiable peut permettre à plusieurs chirurgiens de travailler. Recruter cinq anesthésistes indépendamment demande cinq négociations et crée cinq risques de départ.
Le raisonnement vaut aussi pour la demande. Un groupe de chirurgiens ou de spécialistes qui réalise déjà plusieurs milliers d’actes apporte un volume beaucoup plus crédible qu’un établissement qui promet aux médecins une future patientèle encore inexistante.
L’inconvénient est évident : plus le groupe devient important pour la clinique, plus son pouvoir de négociation augmente.
Mais pour un nouvel entrant, une dépendance à une équipe solide peut être nettement moins dangereuse qu’une clinique vide attendant que vingt médecins arrivent séparément.
Comment savoir si assez de médecins ont vraiment signé avant de construire la clinique ?
Une clinique devrait convertir chaque engagement médical en journées disponibles et en capacité d’activité avant d’engager les investissements difficiles à annuler.
Une lettre d’intérêt n’a pas la même valeur qu’un engagement à opérer deux jours chaque semaine. Un médecin intéressé n’a pas la même valeur qu’un praticien ayant déjà défini ses vacations. Et cinq médecins partageant tous le même créneau ne produisent pas cinq fois plus de capacité.
Nous pouvons donc partir du programme médical réel. Combien de salles doivent fonctionner le lundi ? Combien d’anesthésistes faut-il simultanément ? Combien de consultations faut-il remplir pour alimenter les actes ? Qui remplace le médecin absent pendant trois semaines ?
Cette méthode révèle parfois que le projet a déjà suffisamment de médecins malgré un petit effectif. Elle peut aussi montrer l’inverse : quinze noms figurent dans le dossier, mais deux départs suffiraient à fermer une grande partie de l’activité.
Avant de signer un bail très long, acheter un équipement lourd ou construire plusieurs salles, nous voudrions connaître cette capacité semaine par semaine.
Une clinique risque-t-elle surtout de perdre ses médecins après l’ouverture ?
Oui, le départ de quelques médecins clés peut devenir l’un des principaux risques économiques d’une clinique, surtout lorsque plusieurs activités dépendent d’eux.
Tous les praticiens n’ont pas le même poids opérationnel. Si un dermatologue réalisant des consultations quitte une structure multidisciplinaire, nous perdons principalement son activité. Si une équipe d’anesthésistes part, plusieurs chirurgiens peuvent se retrouver incapables d’opérer.
La concentration doit donc être mesurée comme nous mesurerions la dépendance d’une entreprise à ses plus gros clients.
Combien de chiffre d’affaires dépend des cinq premiers médecins ? Combien d’interventions deviennent impossibles si un groupe quitte l’établissement ? Existe-t-il un remplaçant local crédible ?
C’est aussi pourquoi la qualité de l’organisation quotidienne compte tellement. Un médecin peut accepter une bonne proposition financière et partir quelques mois plus tard si les blocs prennent systématiquement du retard, si les équipements manquent ou si les décisions sont prises sans lui.
Recruter ouvre la clinique. Garder les praticiens permet de continuer à l’exploiter.
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Est-ce vraiment le manque de médecins qui peut empêcher une clinique d’ouvrir ?
Le recrutement médical peut bloquer une clinique, mais les autorisations sanitaires peuvent arrêter le projet encore plus tôt.
Le Code de la santé publique soumet à autorisation de l’Agence régionale de santé la création d’un établissement de santé ainsi que la création, la conversion ou le regroupement de certaines activités de soins et l’installation des équipements matériels lourds concernés.
Une autorisation dépend notamment des besoins de santé identifiés dans la planification régionale. Nous ne pouvons donc pas simplement trouver un bâtiment, réunir des médecins et décider d’y ouvrir n’importe quelle activité hospitalière.
La distinction avec un centre de santé est également importante pour un entrepreneur. Un centre de santé exerce sans hébergement, ses professionnels de santé sont salariés et le Code de la santé publique interdit désormais de distribuer les bénéfices issus de son exploitation. Ces bénéfices doivent être mis en réserve ou réinvestis.
Le choix du véhicule juridique et réglementaire change donc profondément le business model.
Il faut régler cette question très tôt, car une excellente stratégie de recrutement ne compense jamais une activité que l’ARS n’autorise pas.
Quel type de clinique est le plus facile à staffer aujourd’hui ?
Une clinique ambulatoire concentrée sur quelques spécialités programmables est aujourd’hui beaucoup plus facile à staffer qu’un établissement généraliste qui doit maintenir des équipes médicales en permanence.
Une structure de consultations peut monter progressivement. Nous ouvrons davantage de journées lorsque les médecins et les patients arrivent. Un praticien peut commencer par une vacation hebdomadaire. Une spécialité qui fonctionne mal peut être remplacée sans remettre en cause toute l’activité.
La chirurgie ambulatoire augmente déjà fortement l’interdépendance. Chaque journée opératoire exige une équipe cohérente et souvent de l’anesthésie. Avec l’hospitalisation complète, les besoins de continuité deviennent encore plus importants. Une maternité ou une activité nécessitant une forte permanence médicale monte d’un cran supplémentaire.
Pour un nouvel acteur, démarrer avec une offre spécialisée permet donc de prouver le volume avant d’empiler les coûts fixes et les recrutements difficiles.
| Modèle de départ | Difficulté à réunir les médecins |
|---|---|
| Consultations spécialisées | Faible à moyenne |
| Plateau ambulatoire spécialisé | Moyenne |
| Chirurgie ambulatoire | Élevée |
| Clinique avec hospitalisation | Très élevée |
| Activité avec forte permanence 24 h/24 | Très élevée |
Alors, peut-on vraiment trouver assez de médecins pour créer une clinique en France ?
Oui, nous pouvons encore réunir assez de médecins pour créer une clinique en France, mais le projet devient beaucoup plus risqué dès qu’il dépend de nombreuses spécialités rares, d’une présence permanente ou d’un territoire médicalement isolé.
Les dernières données rendent même la situation un peu moins sombre qu’elle ne l’était récemment. La France gagne à nouveau des médecins, la croissance des spécialistes dépasse désormais nettement celle des généralistes et les médecins formés à l’étranger représentent une part importante du vivier. Il serait donc excessif de conclure qu’un nouvel établissement est condamné faute de praticiens.
En pratique, nous devons réussir une combinaison beaucoup plus précise : choisir une zone où les médecins peuvent réellement venir travailler, sécuriser les spécialités qui commandent toute la capacité de la clinique et proposer un exercice suffisamment agréable et productif pour que les praticiens restent.
Un projet de consultations spécialisées ou d’ambulatoire, proche d’un bassin urbain et lancé avec un premier groupe médical déjà engagé, nous paraît tout à fait recrut-able aujourd’hui. Une clinique lourde construite dans un désert médical en espérant trouver ensuite anesthésistes, radiologues, chirurgiens et médecins de garde serait beaucoup plus spéculative.
Le point à vérifier avant d’investir devient donc très concret : combien de journées médicales fermes pouvons-nous sécuriser chaque semaine dans les spécialités sans lesquelles la clinique ne fonctionne pas ?
Tant que cette capacité médicale n’est pas sécurisée, construire davantage de mètres carrés ne rapproche pas vraiment le projet de l’ouverture.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à répondre à une question très concrète pour un entrepreneur : peut-on réellement trouver assez de médecins pour créer une clinique en France aujourd’hui ? Nous avons séparé le problème en plusieurs dimensions qui changent directement la faisabilité du projet : évolution des effectifs médicaux, spécialités critiques, implantation géographique, modes d’exercice, disponibilité réelle des praticiens, recrutement international, continuité des équipes et contraintes réglementaires.
Pour chaque dimension, nous avons privilégié les données les plus récentes et les sources de premier rang. L’objectif n’était pas de compter les médecins de façon abstraite, mais de comprendre quelle capacité médicale une clinique peut effectivement sécuriser dans un territoire donné, avec des jours de présence, des spécialités indispensables et des contraintes de fonctionnement réelles.
Lorsque plusieurs organismes utilisent des définitions différentes, nous ne forçons pas les chiffres à coïncider. Les données de la DREES, du Conseil national de l’Ordre des médecins ou de l’Assurance Maladie sont utilisées pour ce qu’elles mesurent réellement. Nous cherchons surtout la convergence entre plusieurs sources indépendantes plutôt qu’un chiffre unique présenté comme vérité absolue.
Les exemples opérationnels sont également intégrés lorsqu’ils éclairent une contrainte impossible à voir dans une moyenne nationale. C’est notamment le cas du témoignage de Ramsay Santé devant le Sénat sur les difficultés de recrutement d’anesthésistes, ou des règles du Code de la santé publique qui peuvent bloquer un projet même si les médecins sont disponibles.
Les principales sources mobilisées sont : la DREES sur la démographie médicale au 1er janvier 2026, la DREES sur les 5 000 médecins supplémentaires en activité, le Conseil national de l’Ordre des médecins sur l’Atlas 2026, l’Ordre sur les médecins diplômés hors de France, l’Assurance Maladie sur les engagements d’accès aux soins et les zones sous-dotées, le Sénat sur l’audition de Ramsay Santé, Elsan et Vivalto Santé, la DREES sur le temps de travail des généralistes libéraux et la Cour des comptes sur les aides à l’installation des médecins libéraux.
Pour le cadre juridique, nous nous appuyons directement sur Légifrance, notamment l’article L6122-1 sur les autorisations sanitaires, l’article L6323-1-4 sur l’affectation des bénéfices des centres de santé, l’article L6323-1-5 sur le salariat dans les centres de santé, l’article L4111-2 sur l’exercice des médecins diplômés hors Union européenne, ainsi que l’article R4127-5 sur l’indépendance professionnelle du médecin et l’article R4127-23 sur l’interdiction du compérage.
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