Dernière mise à jour: 16 Septembre 2026

Lancez un élevage porcin sans sous-estimer le coût de l'alimentation

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EN RÉSUMÉ

Pour construire un élevage porcin neuf en France aujourd’hui, comptez environ 400 000 à 650 000 € pour 1 000 places d’engraissement et 1,1 à 1,3 million d’euros pour une chaîne naisseur-engraisseur conventionnelle de 100 truies.

Le coût par place varie énormément selon le stade d’élevage. Une place de post-sevrage sur litière peut rester sous 250 €, tandis qu’une place de maternité dépasse désormais couramment 6 000 €.

Le bâtiment d’engraissement concentre une grosse partie de l’investissement d’un élevage complet. Passer de la litière au caillebotis, réduire la taille des salles ou choisir une alimentation liquide peut ajouter plusieurs dizaines de milliers d’euros sur 1 000 places.

Les systèmes sur paille ou avec naissage plein air réduisent fortement le capital de départ. Dans les références IFIP, une chaîne légère peut tourner autour de 5 100 à 6 100 € par truie productive, soit presque deux fois moins qu’un système conventionnel neuf complet.

Cette économie n’est pas gratuite : les bâtiments sur litière utilisent davantage de surface et déplacent une partie des coûts vers la paille, la manutention, le travail et la gestion des effluents.

Les équipements périphériques deviennent vite des postes à six chiffres. Silos, automatisation de l’alimentation, ventilation, stockage du lisier, voirie, réseaux et terrassements peuvent faire déraper un projet qui semblait correct sur la seule base du prix par place.

La maternité mérite une attention particulière. C’est à la fois la zone la plus chère par place et celle où les choix de conception risquent le plus d’être remis en cause par l’évolution des pratiques de logement des truies.

Construire plus grand permet quelques économies d’échelle, mais elles restent modestes face au prix des places supplémentaires. Surdimensionner un bâtiment pour économiser quelques dizaines d’euros par place est rarement un bon calcul.

Les coûts du neuf restent élevés, mais la période de flambée semble s’être calmée. Les données récentes ressemblent davantage à une progression lente depuis un niveau déjà haut qu’à une nouvelle envolée à deux chiffres.

Le vrai risque budgétaire vient du cumul de petits choix : un peu plus de surface, une alimentation plus sophistiquée, une fosse à créer, un accès à reprendre et quelques capacités inutilisées peuvent ensemble ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros. Le budget doit donc être construit à partir du nombre exact de places et du système d’élevage, pas à partir d’un prix moyen au mètre carré.

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Élevage porcin : coûts de construction aujourd’hui ?

Combien coûte vraiment une place dans un bâtiment porcin aujourd’hui ?

Aujourd’hui, une place porcine neuve peut coûter moins de 250 € en post-sevrage sur litière et dépasser 7 000 € en maternité : parler d’un prix moyen de la porcherie brouille complètement le budget.

Le référentiel 2025-2026 de l’IFIP donne une bonne photographie du neuf en France. En post-sevrage, une place sur litière accumulée revient à environ 178 à 230 € clé en main. Sur caillebotis total, on monte à 329-395 €. En engraissement, comptez plutôt 412-506 € sur litière et 506-651 € sur caillebotis selon le système d’alimentation et la taille des salles.

Avec les truies, on change d’échelle. Une place de gestation équipée d’un distributeur automatique de concentrés tourne autour de 1 339 à 1 718 €. Une place de verraterie atteint 2 504 à 2 832 €. La maternité arrive très loin devant, à 6 201-7 123 € par place.

Pour un porteur de projet, le premier chiffre à fixer est donc le nombre de places nécessaires à chaque stade. Deux élevages hébergeant à peu près le même nombre d’animaux peuvent demander des investissements très différents s’ils ne couvrent pas les mêmes étapes de production.

Type de place Système Coût clé en main
Post-sevrage Litière accumulée 178-230 €
Post-sevrage Caillebotis total 329-395 €
Engraissement Litière accumulée 412-506 €
Engraissement Caillebotis + nourrisseur 506-570 €
Engraissement Caillebotis + soupe, grandes salles 531-616 €
Engraissement Caillebotis + soupe, petites salles 601-651 €
Gestation Litière + DAC 1 339-1 476 €
Gestation Caillebotis + DAC 1 470-1 718 €
Verraterie Caillebotis 2 504-2 832 €
Maternité Caillebotis + chauffage 6 201-7 123 €

Combien faut-il prévoir pour construire 1 000 places d’engraissement ?

Pour 1 000 places d’engraissement neuves, une première enveloppe réaliste se situe actuellement autour de 410 000 à 650 000 € pour le bâtiment d’élevage lui-même.

Avec les références IFIP, 1 000 places sur litière donnent environ 412 000 à 506 000 €. Un bâtiment sur caillebotis avec nourrisseurs passe à 506 000-570 000 €. Avec alimentation liquide, on arrive plutôt entre 531 000 et 651 000 € selon la configuration.

La taille des salles joue davantage qu’on pourrait le penser. Dans les exemples IFIP, une salle de 144 places avec alimentation en soupe revient à partir de 531 € par place, alors qu’une configuration de 72 places commence autour de 601 €. Sur 1 000 places, 70 € d’écart représentent déjà 70 000 €.

Il faut ensuite vérifier ce que le devis inclut réellement. Silos, mécanisation de l’aliment, stockage extérieur du lisier, terrassements particuliers, voirie, réseaux ou certains raccordements peuvent être chiffrés à part.

Pour préparer le financement, nous partirions donc plus volontiers d’une enveloppe de bâtiment de 500 000 à 650 000 € pour un engraissement conventionnel de 1 000 places, puis nous ajouterions les coûts propres au terrain et aux équipements périphériques. Un budget bloqué à 500 € multiplié par 1 000 places laisse trop peu de marge dès que le site demande des travaux supplémentaires.

Combien coûte un élevage naisseur-engraisseur complet ?

Un élevage naisseur-engraisseur neuf et conventionnel dépasse aujourd’hui 11 000 € d’investissement par truie productive et peut approcher 13 000 €.

Le référentiel IFIP 2025-2026 chiffre une chaîne complète avec verraterie, gestation, maternité, post-sevrage, engraissement, silos, distribution d’aliment, stockage des déjections, quarantaine et quai entre 11 155 et 12 702 € par truie productive.

À 100 truies, cela donne environ 1,12 à 1,27 million d’euros. À 200 truies, nous arrivons à 2,23-2,54 millions. Et ces montants restent des références techniques : un chantier difficile ou certains travaux extérieurs peuvent encore les faire monter.

L’engraissement est le plus gros morceau, avec 3 773 à 4 344 € par truie productive. La maternité ajoute 2 035-2 430 €, les bâtiments de reproducteurs 1 695-1 914 €, puis le post-sevrage 1 272-1 527 €. Les postes que l’on oublie facilement finissent aussi par peser lourd : 1 128 € pour les silos et la distribution, 631 € pour le stockage des déjections, puis plusieurs centaines d’euros pour la quarantaine et le quai.

À cette échelle, une petite erreur de conception devient vite une grosse somme. Sur 200 truies, seulement 500 € d’investissement supplémentaire par truie ajoutent déjà 100 000 € au projet.

Poste Coût par truie productive
Reproducteurs 1 695-1 914 €
Maternité 2 035-2 430 €
Post-sevrage 1 272-1 527 €
Engraissement 3 773-4 344 €
Silos + distribution 1 128 €
Stockage des déjections 631 €
Quarantaine 305-391 €
Quai 292-345 €
Total 11 155-12 702 €

Peut-on vraiment construire beaucoup moins cher avec de la paille ou du plein air ?

Oui, certains systèmes sur litière ou avec naissage plein air réduisent presque de moitié l’investissement par truie, mais ils changent aussi complètement l’organisation de l’élevage.

L’IFIP chiffre une chaîne associant naissage plein air, post-sevrage sur litière, engraissement sur litière et alimentation manuelle à 5 122-6 092 € par truie productive. Pour 100 truies, nous sommes donc autour de 510 000 à 610 000 €, très loin du million d’euros dépassé par une chaîne conventionnelle complète.

Si l’on garde le naissage plein air et le post-sevrage sur litière mais qu’on passe l’engraissement sur caillebotis, l’investissement grimpe déjà à 6 432-7 311 € par truie. Le choix du bâtiment d’engraissement ajoute donc plus de 1 000 € par truie productive dans ces scénarios.

La contrepartie apparaît dans les surfaces et le fonctionnement quotidien. Dans les références étudiées, un porc à l’engrais sur litière peut disposer d’environ 1,20 m², contre 0,70 m² dans certains systèmes sur caillebotis. Pour 1 000 porcs, cela représente jusqu’à 500 m² de surface animale supplémentaire.

Les travaux récents du programme BâtiPorc C4E de l’IFIP comparent justement ces systèmes sur le travail, les performances, les effluents et la propreté. Une économie de béton ou d’équipement peut très bien réapparaître ailleurs sous forme de surface, de paille, de manutention ou de temps de travail.

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Pourquoi une maternité porcine coûte-t-elle plus de 6 000 € par place ?

Une maternité porcine est aujourd’hui de très loin la zone la plus chère par animal, avec environ 6 200 à 7 100 € par place dans les références IFIP.

Chaque place concentre beaucoup de technologie. Il faut loger une truie et ses porcelets, protéger les petits contre l’écrasement, fournir de la chaleur aux porcelets tout en gardant une température supportable pour la truie, gérer l’alimentation individuelle, l’abreuvement, la ventilation, les sols et le nettoyage.

Rien que les matériaux représentent environ 3 779 à 4 338 € par place dans les références étudiées. Même avant la main-d’œuvre de chantier et l’installation des équipements, une salle de 40 places mobilise donc déjà environ 150 000 à 174 000 € de matériaux.

La maternité pose aussi une question de durée de vie du bâtiment. Les recherches françaises travaillent actuellement sur davantage de liberté de mouvement pour les truies et sur de nouveaux compromis entre bien-être animal, facilité de travail et performances. Une salle extrêmement difficile à modifier peut devenir un mauvais calcul si l’éleveur doit ensuite reprendre les cases, les cloisons ou les circulations.

Mieux vaut donc garder davantage de souplesse dans une maternité neuve que dans un bâtiment d’engraissement très standardisé. Le surcoût d’une conception adaptable peut être faible face au prix d’une transformation lourde plusieurs années plus tard.

Quels équipements font vraiment grimper le prix d’une porcherie ?

Dans une porcherie moderne, l’alimentation automatisée, les silos, la ventilation et les aménagements intérieurs peuvent ajouter des dizaines à plusieurs centaines d’euros par place ; sur un gros élevage, cela représente rapidement six chiffres.

La mécanisation de l’aliment donne un bon exemple. Selon l’IFIP, en engraissement, une chaîne de transfert simple avec silos revient autour de 35 à 39 € par place. En biphase, nous sommes à 61-66 €. Une installation d’alimentation en soupe atteint environ 66 à 86 € par place selon la taille de l’élevage.

Sur 1 000 places, la différence entre une chaîne simple à 35 € et un équipement de soupe à 86 € atteint environ 51 000 €. Le choix mérite donc d’être relié à la stratégie alimentaire et aux économies d’exploitation attendues plutôt qu’au seul confort technique.

La taille produit aussi de vraies économies d’échelle. Pour la gestation, l’IFIP chiffre l’alimentation en soupe autour de 178 € par place dans un modèle de 100 truies et 148 € dans un modèle de 200 truies. Un doseur volumétrique à sec passe de 325 à 286 €.

Les matériaux, eux, ne racontent qu’une partie du devis. Sur une place d’engraissement avec nourrisseur, ils représentent environ 280 à 313 € pour un coût clé en main de 506 à 570 €. Chercher uniquement à négocier les matériaux laisse donc de côté une grande partie du coût réel : montage, équipements, électricité, ventilation et travaux de chantier comptent beaucoup. Et là, ça chiffre vite.

Combien faut-il prévoir pour le lisier et les effluents ?

Le stockage du lisier ajoute facilement plusieurs dizaines de milliers d’euros à un projet porcin, et une exploitation complète peut consacrer plus de 600 € par truie productive à ce seul poste.

Pour une fosse en béton de plus de 300 m³, le référentiel IFIP se situe autour de 34 à 54 € par m³. Une capacité de 1 000 m³ représente donc environ 34 000 à 54 000 €. À 2 000 m³, l’ordre de grandeur passe mécaniquement à 68 000-108 000 €.

Dans le scénario naisseur-engraisseur conventionnel de l’IFIP, le stockage des déjections pèse 631 € par truie productive. Pour 200 truies, cela correspond à environ 126 000 €.

Le chiffre dépend évidemment du système retenu. Caillebotis et lisier liquide, litière accumulée, stockage extérieur et plan d’épandage n’entraînent pas les mêmes ouvrages.

Mieux vaut intégrer la gestion des effluents dès l’esquisse du projet. La traiter après avoir fixé la taille et l’implantation des bâtiments expose à découvrir tardivement qu’il manque une fosse, de la circulation ou une capacité de stockage adaptée.

Les normes de surface peuvent-elles ajouter des centaines de milliers d’euros ?

Oui. Une variation de seulement 0,5 m² par porc représente 500 m² supplémentaires dans un élevage de 1 000 animaux, donc la surface disponible peut bouleverser le coût du projet.

La réglementation européenne fixe notamment des surfaces minimales de 0,40 m² pour les porcs de 30 à 50 kg, 0,55 m² entre 50 et 85 kg, 0,65 m² entre 85 et 110 kg et 1 m² au-delà de 110 kg. Les truies élevées en groupe disposent d’au moins 2,25 m² chacune, avec des règles qui changent selon la taille du groupe.

Certains cahiers des charges vont plus loin. Le Label Rouge et surtout l’agriculture biologique imposent des conditions d’élevage différentes du standard, tandis que les systèmes sur litière étudiés par l’IFIP utilisent eux aussi davantage de surface dans certaines configurations.

Le coût supplémentaire ne correspond d’ailleurs pas simplement à « 500 m² × prix du hangar ». Il faut agrandir toiture, sols, murs, ventilation, circulations et parfois réseaux. Un petit changement dans la densité animale peut donc se répercuter sur plusieurs postes à la fois.

Pour cette raison, mieux vaut choisir le marché visé avant de figer les plans. Construire au standard conventionnel puis décider plus tard de passer sur un cahier des charges demandant plus d’espace peut rendre la conversion beaucoup plus chère qu’elle n’en avait l’air.

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À partir de quelle taille un élevage porcin devient-il plus compliqué administrativement ?

En France, le premier gros seuil arrive à plus de 450 animaux-équivalents : à ce niveau, un élevage porcin relevant de la rubrique ICPE 2102 passe de la déclaration à l’enregistrement.

Le Code de l’environnement compte un porc à l’engrais pour un animal-équivalent. Une truie ou un verrat compte pour trois, tandis qu’un porcelet sevré de moins de 30 kg compte pour 0,2.

Le seuil peut donc arriver vite. Cent truies représentent déjà 300 animaux-équivalents avant d’ajouter les porcelets et les autres animaux présents. Un atelier de 500 porcs à l’engrais dépasse directement les 450 animaux-équivalents.

Pour les élevages beaucoup plus grands relevant de la rubrique 3660, d’autres règles s’appliquent. Le régime exact doit donc être vérifié avec la configuration complète du projet plutôt qu’avec le seul nombre de truies affiché dans le business plan.

Ce point peut modifier les études à préparer, les prescriptions environnementales et le calendrier de construction. Dans un projet serré financièrement, plusieurs mois de décalage ou des travaux environnementaux ajoutés tardivement comptent presque autant que quelques dizaines d’euros gagnées sur une case.

Les coûts des bâtiments porcins continuent-ils de flamber ?

Les bâtiments restent chers aujourd’hui, mais les données récentes ressemblent davantage à une hausse lente depuis un niveau déjà élevé qu’à une nouvelle flambée des prix.

L’IFIP avait mesuré une forte rupture pendant la période de hausse des matériaux et de la construction. Entre ses références antérieures et celles de 2023, plusieurs catégories de bâtiments porcins avaient nettement renchéri.

Depuis, la progression est plus modérée. L’indice Insee du coût de production des bâtiments était à 113,0 au début de 2025 puis à 116,3 au printemps 2026, soit environ +2,9 %. C’est une hausse réelle, mais très différente du choc vécu quelques années auparavant.

Les références porcines vont dans le même sens. Une maternité donnée autour de 5 846-6 716 € par place dans les références de janvier 2023 apparaît à 6 201-7 123 € dans le référentiel 2025-2026. Cela représente environ 6 % de hausse aux deux extrémités de la fourchette.

Le contexte a donc changé. Attendre une chute massive du coût du neuf paraît aujourd’hui assez spéculatif. À l’inverse, bâtir son business plan sur une nouvelle hausse à deux chiffres chaque année serait trop pessimiste par rapport aux données récentes disponibles.

Construire plus grand fait-il vraiment baisser le coût par porc ?

Oui, certaines installations deviennent moins chères par place quand l’élevage grandit, mais cet avantage reste trop faible pour justifier à lui seul un bâtiment surdimensionné.

Ça se voit sur l’alimentation. En engraissement, une chaîne simple avec silos passe d’environ 39 € par place dans le modèle 100 truies à 35 € dans celui de 200 truies. L’alimentation liquide baisse de 86 à 66 €. En gestation, la soupe passe de 178 à 148 €.

Les salles plus grandes permettent également de répartir certains équipements et travaux fixes. Dans les références d’engraissement en soupe, une configuration de 144 places commence autour de 531 € par place, contre environ 601 € pour celle de 72 places.

Ces économies existent, mais leur ordre de grandeur reste souvent de quelques dizaines d’euros par place. Ajouter 500 places inutiles pour gagner 40 € sur chacune des 1 000 premières serait évidemment absurde : le projet économiserait 40 000 € sur un poste tout en finançant plusieurs centaines de milliers d’euros de capacités supplémentaires.

La bonne taille correspond donc au volume que l’exploitation peut réellement remplir, alimenter, gérer et financer. Dans le contexte actuel, le surdimensionnement est probablement un risque plus sérieux que de rater quelques économies d’échelle.

Combien de marge faut-il garder au-dessus du devis de construction ?

Un projet porcin financé exactement au montant du devis de bâtiment est trop serré ; il faut une enveloppe séparée pour le terrain, les raccordements, les adaptations du chantier et les imprévus.

Éviter cependant d’appliquer automatiquement un pourcentage universel de 10 %, 15 % ou 20 %. Les écarts entre sites sont trop grands. Une extension sur une exploitation déjà raccordée, disposant de voirie et d’une fosse suffisante, ressemble peu à une création sur terrain nu.

La méthode la plus propre consiste à chiffrer séparément le bâtiment d’élevage, les équipements non inclus dans le prix à la place, puis les travaux propres au site. Cela oblige à vérifier terrassement, accès des camions, électricité, eau, silos, stockage des effluents, biosécurité, quai, clôtures et éventuelles prescriptions administratives.

Le référentiel IFIP précise lui-même que ses coûts varient selon les choix techniques, la localisation et les devis obtenus. Ce sont des points de départ solides pour monter un prévisionnel, pas des prix garantis par constructeur.

Pour une création neuve, mieux vaut donc présenter au financeur une enveloppe centrale réaliste et une réserve visible plutôt qu’un chiffre artificiellement bas complété plus tard par des avenants.

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Avec les marges actuelles, construire une porcherie neuve reste-t-il rentable ?

Une porcherie neuve peut encore se défendre économiquement, mais l’investissement actuel laisse peu de place à un projet trop cher, trop grand ou financé avec une hypothèse de marge optimiste.

La tension apparaît clairement lorsqu’on rapproche le capital nécessaire et le revenu disponible pour absorber les autres charges. Des données IFIP récentes ont montré une marge sur coût alimentaire et renouvellement qui pouvait tourner autour de 1 200 à 1 300 € par truie et par an selon les mois. Cette marge intermédiaire doit encore contribuer au travail, à l’énergie, à l’entretien, aux intérêts, aux amortissements et aux autres dépenses de l’exploitation.

Face à cela, comme vu plus haut, une chaîne naisseur-engraisseur conventionnelle neuve demande environ 11 155 à 12 702 € par truie productive. Il ne faut pas diviser directement l’un par l’autre pour calculer un temps de retour, puisque la marge citée ne correspond pas à un cash-flow disponible pour rembourser le bâtiment. L’écart donne tout de même une idée assez nette du poids du capital à financer.

Prenons 200 truies. À 12 000 € par truie productive, le projet approche 2,4 millions d’euros. Si une option technique ajoute seulement 1 000 € par truie, 200 000 € supplémentaires doivent produire un bénéfice suffisamment tangible pour justifier leur financement.

La situation récente de la filière va d’ailleurs dans ce sens. Lors d’une réunion professionnelle en Pays de la Loire, des données IFIP ont été utilisées pour montrer que le coût du neuf est devenu un frein important aux installations, dans une région qui a perdu 23 % de ses sites porcins professionnels en dix ans. Ce n’est donc plus un problème théorique réservé aux gros projets.

Alors, quel budget faut-il réellement prévoir pour construire un élevage porcin aujourd’hui ?

Pour démarrer un budget sérieux en France, comptez actuellement autour de 400 000 à 650 000 € pour 1 000 places d’engraissement et autour de 1,1 à 1,3 million d’euros pour 100 truies dans une chaîne naisseur-engraisseur conventionnelle neuve.

Le chiffre peut descendre fortement avec une organisation plus légère. L’IFIP place par exemple une chaîne avec naissage plein air et bâtiments sur litière autour de 5 122-6 092 € par truie productive. À l’autre extrême, une maternité neuve dépasse désormais régulièrement 6 000 € par place et concentre une grande quantité d’équipements.

Le coût du neuf reste élevé ces jours-ci, même si la hausse des prix de construction s’est clairement calmée. Le risque principal pour un nouveau projet vient désormais du cumul : quelques mètres carrés supplémentaires, une alimentation plus sophistiquée, une fosse à créer, davantage de terrassement et un bâtiment légèrement surdimensionné peuvent ensemble ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros.

Pour établir le budget, il faut partir du nombre exact de places nécessaires à chaque stade, puis choisir le système d’élevage avant de chiffrer alimentation, silos, effluents et travaux du site. C’est cette séquence qui donne aujourd’hui le budget le plus crédible.

À retenir, les ordres de grandeur sont assez tranchés : quelques centaines d’euros par place en post-sevrage ou engraissement, plusieurs milliers d’euros autour des truies, et plus d’un million d’euros dès qu’un projet naisseur-engraisseur complet atteint une centaine de truies. Avec les coûts actuels, le dimensionnement compte davantage que la recherche du bâtiment le moins cher au mètre carré.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à estimer ce que coûte réellement la construction d’un élevage porcin neuf en France aujourd’hui. Plutôt que de retenir un prix moyen unique, nous avons séparé les principaux postes qui font varier l’investissement : stade de production, type de logement, alimentation, stockage des effluents, surface, taille de l’élevage et contraintes réglementaires.

Pour les coûts de bâtiment, nous avons donné la priorité au référentiel récent de l’IFIP, construit à partir de devis collectés auprès de la filière puis standardisés. Les montants ont été comparés par place ou par truie productive afin d’éviter de mélanger des élevages de tailles et de fonctions différentes.

Nous avons traité séparément le coût technique du bâtiment et le coût complet du projet. Un référentiel à la place ne couvre pas nécessairement les terrassements particuliers, les raccordements, la voirie, certains silos, les capacités supplémentaires de stockage, les adaptations environnementales ou les autres travaux propres au terrain.

Pour les systèmes sur litière, le plein air et les bâtiments offrant davantage d’espace, nous avons utilisé les travaux BâtiPorc C4E de l’IFIP afin de regarder en même temps l’investissement, les surfaces, le travail, les effluents et les performances. Cela évite de considérer comme réellement moins cher un système qui déplace simplement une partie de ses coûts vers d’autres postes.

L’évolution récente du coût du neuf a été examinée à partir de deux familles de données : les séries historiques de l’IFIP sur les bâtiments porcins et l’indice du coût de production des bâtiments publié par l’Insee. Les indices généraux de construction sont utilisés comme contrôle de tendance, pas comme substitut aux références spécifiques à l’élevage porcin.

Les surfaces minimales et les seuils administratifs ont été vérifiés dans les textes réglementaires. Nous avons notamment utilisé la rubrique ICPE 2102 du Code de l’environnement, les textes applicables aux grands élevages relevant de la rubrique 3660, la directive européenne relative à la protection des porcs et les règlements européens encadrant l’agriculture biologique.

Pour la partie économique, les marges récentes publiées par l’IFIP servent uniquement à donner une idée du poids du capital à financer. Une marge sur coût alimentaire et renouvellement n’est pas assimilée à un cash-flow disponible et n’a donc pas été utilisée pour calculer artificiellement une durée de retour sur investissement.

Les principales sources utilisées sont : IFIP — Référentiel de coûts de construction des bâtiments porcins français, IFIP — Le porc par les chiffres 2025-2026, IFIP — Évolution des coûts à la place des bâtiments porcins, IFIP — comparaison de trois systèmes d’élevage BâtiPorc C4E, IFIP — maternités en liberté, IFIP — marges sur coûts alimentaires et renouvellement, Insee — indice du coût de production des bâtiments, Légifrance — rubrique ICPE 2102, Légifrance — évolution de la rubrique ICPE 3660, EUR-Lex — directive 2008/120/CE relative à la protection des porcs, EUR-Lex — règlement d’exécution 2020/464 sur les surfaces en agriculture biologique, Chambre d’agriculture Pays de la Loire — chiffres clés de la filière porcine et DRAAF Pays de la Loire — fiche filière porcine.

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