Marché du meuble : qui gagne des parts de marché en France ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Aujourd’hui, les gagnants les plus nets du marché français du meuble sont les spécialistes, surtout les cuisinistes, tandis que les généralistes, les pure players et une partie du milieu-haut de gamme perdent plutôt du terrain.

Le point important est que le marché lui-même recule. Avec des ventes de mobilier domestique en baisse de 1,8 % en 2025 puis encore de 3,2 % sur les sept premiers mois de 2026, prendre des parts signifie d’abord faire moins mal que le marché.

Les magasins spécialisés ont justement progressé de 1,6 % en 2025. Leur part de marché passe, selon nos calculs, d’environ 24,7 % à 25,6 % : près d’un point gagné en un an sur un marché de 13,6 milliards d’euros.

La cuisine concentre une bonne partie de cette surperformance. Les ventes de cuisine intégrée ont progressé d’environ 2 % en 2025 et les spécialistes cuisine d’environ 4,2 %, avec des réseaux comme Schmidt, Cuisinella et Ixina qui continuent d’avancer.

IKEA est un cas à part. Son chiffre d’affaires français baisse de 4,4 %, mais l’enseigne gagne des clients, vend davantage de pièces et accélère fortement en ligne après avoir baissé ses prix ; on voit une compétitivité qui se renforce, sans preuve propre d’un gain de part en valeur.

Le recul des pure players ne signifie pas que le e-commerce meuble recule. Les ventes en ligne de meuble et décoration progressent encore, mais une part croissante de cette activité est captée par des enseignes omnicanales comme IKEA ou Conforama, ainsi que par de grandes marketplaces.

Le marché se polarise de plus en plus. Les produits simples et comparables subissent la pression du discount, d’Amazon, de Temu, de Cdiscount et de la seconde main ; les achats complexes comme la cuisine résistent mieux parce que le conseil, la conception, la prise de mesures et la pose ont encore une vraie valeur.

Le milieu du marché est donc la zone la plus inconfortable. Un meuble standard, à prix moyen, sans service fort ni marque très différenciante, se retrouve en concurrence avec presque tout le monde.

JYSK mérite d’être surveillé, mais reste encore un challenger en France. À l’inverse, Maisons du Monde et Roche Bobois ont récemment reculé plus vite que le marché, ce qui indique une perte de terrain plus claire.

Pour quelqu’un qui veut créer un business dans le meuble en France, la meilleure logique n’est pas d’attendre une reprise générale. Il vaut mieux attaquer un besoin précis : cuisine, rangement sur mesure, literie, reprise et reconditionnement, outlet, rénovation ou certains marchés professionnels.

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Qui gagne vraiment des parts de marché dans le meuble en France aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les gagnants les plus évidents sont les spécialistes, surtout dans la cuisine, tandis que les grands généralistes, les pure players et le milieu-haut de gamme perdent plutôt du terrain.

C’est la comparaison la plus utile parce que le marché français du meuble lui-même recule. D’après l’IPEA, les ventes de mobilier domestique ont baissé de 1,8 % en 2025, à 13,6 milliards d’euros TTC. Une enseigne n’a donc pas besoin d’afficher +10 % pour prendre des parts : il lui suffit de faire sensiblement mieux que ce -1,8 %.

Or les écarts entre circuits sont importants. Les magasins spécialisés ont progressé de 1,6 % en 2025. Dans le même temps, la grande distribution de l’ameublement a reculé de 2,7 %, les grandes surfaces de bricolage de 2,6 %, les pure players de 3,4 % et le milieu-haut de gamme de 3,8 %.

En reconstituant les parts de marché de l’année précédente à partir des chiffres publiés par l’IPEA, les spécialistes passent grosso modo de 24,7 % à 25,6 % du marché. Près d’un point gagné en un an sur un marché de plus de 13 milliards d’euros, c’est beaucoup.

La tendance reste visible actuellement. Les derniers chiffres disponibles montrent que tous les circuits ont souffert pendant l’été, mais les spécialistes cuisine continuent de mieux résister que la moyenne.

Circuit Part du marché en 2025 Évolution 2025 Part 2024 estimée
Grande distribution ameublement 38,4 % -2,7 % ~38,8 %
Magasins spécialisés 25,6 % +1,6 % ~24,7 %
Grandes surfaces de bricolage 12,3 % -2,6 % ~12,4 %
Milieu / haut de gamme 10,8 % -3,8 % ~11,0 %
Pure players 8,7 % -3,4 % ~8,8 %
Autres circuits 4,2 % ~-2,6 % ~4,2 %
Marché total 100 % -1,8 % 100 %

Le marché français du meuble est-il en train de repartir ?

Non, le marché du meuble français ne repart pas vraiment : l’amélioration de la fin 2025 a été suivie d’un nouveau recul en 2026.

Le marché avait donné un peu d’espoir. Après -5,1 % en 2024, la baisse avait ralenti à -1,8 % en 2025 et le deuxième semestre avait même progressé de 0,5 %. Entre juillet et novembre, cinq mois légèrement positifs s’étaient enchaînés.

Le début de 2026 a vite calmé cet optimisme. Janvier a progressé de 2,8 %, mais l’IPEA insistait déjà sur un effet de calendrier favorable avec un samedi supplémentaire. Février a ensuite chuté de 4,2 %, puis mars de 6,3 %. À fin mars, le marché reculait de 2,1 %.

Avril n’a pas inversé la tendance : -1,4 %, avec un cumul de -2 % depuis le début de l’année. À la fin du premier semestre, le recul atteignait 2,6 %.

Puis juillet a perdu 6,1 % sur un an. Le cumul des sept premiers mois tombe ainsi à -3,2 %.

Pour un créateur d’entreprise, la lecture est assez simple : mieux vaut bâtir un business plan sur un marché plat ou en baisse et chercher à prendre des clients aux concurrents, plutôt que compter sur une reprise générale qui ferait monter tout le monde.

Période Évolution du marché
2023 -2,5 %
2024 -5,1 %
2025 -1,8 %
2e semestre 2025 +0,5 %
1er trimestre 2026 -2,1 %
Avril 2026 -1,4 %
1er semestre 2026 -2,6 %
Juillet 2026 -6,1 %
7 premiers mois de 2026 -3,2 %

Pourquoi les cuisinistes gagnent-ils autant de terrain en France ?

Les cuisinistes gagnent actuellement des parts parce que la cuisine résiste beaucoup mieux que presque toutes les autres grandes catégories de meubles.

En 2025, les ventes de cuisine intégrée ont progressé d’environ 2 %, alors que l’ensemble du marché reculait de 1,8 %. L’écart devient encore plus parlant lorsqu’on regarde les autres catégories : le meuble meublant a perdu environ 4 %, le mobilier de jardin 3,8 % et la literie 2,7 %.

Les spécialistes cuisine ont fait encore mieux que leur propre produit. Selon l’IPEA, leurs ventes ont augmenté d’environ 4,2 % en 2025. Nous avons donc une catégorie à +2 % et, à l’intérieur de cette catégorie, un circuit spécialisé à environ +4 %.

Les dernières données confirment que ce n’était pas simplement un bon millésime. En février 2026, la cuisine était encore la seule catégorie en croissance. En avril, même constat. À la fin du premier semestre puis en juillet, elle ne progressait plus systématiquement, mais elle résistait toujours mieux que l’essentiel du marché.

On comprend assez facilement pourquoi. Une cuisine coûte cher, doit être configurée pour une pièce précise et implique souvent prise de mesures, rendez-vous, visualisation 3D, financement, livraison et pose. Comparer deux cuisines est donc beaucoup plus compliqué que comparer deux bibliothèques ou deux tables basses.

Cette complexité donne aux spécialistes un vrai avantage. Ils vendent un projet complet là où une grande partie du meuble reste beaucoup plus facile à comparer sur le prix.

Schmidt, Cuisinella et Ixina gagnent-ils réellement des parts de marché ?

Oui, Schmidt, Cuisinella et Ixina font partie des enseignes françaises pour lesquelles les indices de gain de parts sont aujourd’hui les plus solides.

Schmidt Groupe a communiqué un chiffre d’affaires retail d’environ 1,6 milliard d’euros pour 2025 et une hausse de 7 % des prises de commandes. Le groupe exploitait alors 373 magasins Schmidt et 342 Cuisinella en France, auxquels s’ajoutaient quelques unités ID Pro.

Le plus intéressant vient des comparaisons faites ensuite par le groupe sur le marché français. Au cours d’une période où son marché de référence progressait d’environ 4 %, Schmidt Groupe annonçait des commandes en hausse de 7 %. Plus tard, le groupe indiquait encore avancer d’environ 3 % lorsque le marché ne progressait que de 0,3 %.

Ce type d’écart est beaucoup plus convaincant qu’une simple ouverture de magasins : l’enseigne vend davantage alors même que nous corrigeons pour l’évolution générale de son secteur.

Ixina avance également. Son réseau français a réalisé 365 millions d’euros de chiffre d’affaires HT en 2025, ouvert onze magasins pendant l’année et dépassé le cap des 200 implantations. Dix nouvelles ouvertures étaient déjà annoncées pour 2026, avec un objectif de 250 points de vente en France d’ici 2030.

Il reste difficile de départager précisément Schmidt, Cuisinella et Ixina en parts gagnées, car les entreprises ne publient pas toutes leurs ventes françaises avec le même périmètre. Mais la conclusion utile est déjà assez claire : la croissance du marché de la cuisine est aujourd’hui renforcée par une concentration progressive autour de grands réseaux spécialisés.

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Ikea gagne-t-il encore des parts de marché dans le meuble en France ?

Ikea continue de gagner des clients et de vendre davantage de produits, mais son chiffre d’affaires français baisse : nous ne pouvons donc pas dire qu’Ikea gagne clairement des parts de marché en valeur actuellement.

Les chiffres FY25 d’Ikea France sont assez inhabituels. Le chiffre d’affaires est passé à 3,5 milliards d’euros, en baisse de 4,4 %. Pourtant, le nombre de pièces vendues a augmenté de 1,3 % et le nombre de clients de 1,5 %.

La raison principale vient de la politique de prix. Ikea avait massivement réduit les prix de près de 2 000 produits et a continué cet effort durant l’exercice suivant. L’enseigne a donc pu vendre davantage d’unités tout en encaissant moins d’euros.

Pour comprendre sa position concurrentielle, regarder uniquement le chiffre d’affaires serait trompeur. Ikea attire toujours énormément de monde : 57,7 millions de visites en magasin sur l’exercice et environ 12 millions de membres Ikea Family. La France reste par ailleurs le troisième marché du groupe Ikea.

Le numérique progresse vite également. Les ventes à distance ont augmenté de 22 % et représentent désormais 28,9 % du chiffre d’affaires français, contre 27 % un an auparavant.

Ikea est donc aujourd’hui dans une situation particulière : moins de chiffre d’affaires, mais plus de clients, plus de produits vendus et davantage de ventes en ligne.

Nous le classerions plutôt parmi les acteurs qui renforcent leur compétitivité que parmi ceux pour lesquels un gain de part de marché en valeur est déjà démontré.

Jysk est-il vraiment en train de devenir un gros concurrent dans le meuble en France ?

Jysk grandit vite en France, mais l’enseigne reste pour l’instant un challenger plutôt qu’un acteur capable de bouleverser Ikea, But ou Conforama à l’échelle nationale.

Jysk compte aujourd’hui plus de 70 magasins français. L’enseigne a longtemps été surtout présente dans le Nord et l’Est, puis a commencé à élargir son réseau vers l’Ouest, le Sud-Ouest et de plus grandes agglomérations.

Sa direction française avait annoncé un rythme visé de huit à dix ouvertures annuelles et un objectif de 100 magasins à l’horizon 2027. Le potentiel reste donc important si l’expansion continue à ce rythme.

Surtout, Jysk s’appuie sur un groupe beaucoup plus gros que son activité française ne le laisse penser. Le réseau international a réalisé 46,3 milliards de couronnes danoises, soit environ 6,2 milliards d’euros, sur son exercice 2024-2025 et exploite plus de 3 600 magasins.

Il faut cependant éviter de confondre expansion physique et gain de part déjà acquis. Les données publiques françaises ne permettent pas encore de mesurer proprement l’évolution récente du chiffre d’affaires de Jysk en France face au marché.

Nous le surveillerions donc surtout comme un concurrent qui pourrait peser beaucoup plus lourd dans quelques années, notamment sur la literie, le petit meuble et l’équipement accessible.

Le discount est-il en train de manger le marché du meuble ?

Le discount prend du terrain sur le petit mobilier et la décoration, mais il ne remplace pas les enseignes de meubles sur tous les achats.

La pression est particulièrement forte sur les produits faciles à comparer : petites tables, rangements, étagères, chaises, accessoires ou mobilier de jardin. Sur ce terrain, le client peut passer en quelques minutes d’un magasin physique à Amazon, Temu, Lidl, Action, Cdiscount ou une marketplace.

L’IPEA souligne d’ailleurs que les discounters continuent de bien résister sur certains petits meubles et sur le jardin. La montée des plateformes chinoises accentue encore la pression sur les prix : une étude de l’Institut de la Maison indiquait que 37 % des Français interrogés avaient acheté au moins un produit sur Shein ou Temu pendant les douze mois étudiés.

La cuisine montre cependant la limite du modèle discount. Plus l’achat demande de conseil, de personnalisation ou d’installation, moins le prix affiché sur la fiche produit suffit à faire la vente.

C’est pour cela que le meuble français se polarise autant en ce moment. Les produits simples partent vers des acteurs capables d’être extrêmement compétitifs sur le prix et la disponibilité. Les projets plus compliqués vont plus facilement vers des spécialistes.

La zone la plus inconfortable se trouve au milieu : un meuble relativement standard, vendu à un prix ordinaire, sans service très différenciant.

Les pure players du meuble gagnent-ils encore grâce au e-commerce ?

Non, les pure players du meuble perdent actuellement du terrain alors même que l’achat de meuble sur Internet continue de progresser.

C’est probablement l’un des résultats les plus intéressants du marché actuel.

En 2025, les pure players suivis par l’IPEA ont reculé de 3,4 %, contre -1,8 % pour le marché total. Leur part du marché du meuble ressort autour de 8,7 %, contre environ 8,8 % un an auparavant selon nos calculs.

Pourtant, la Fevad observe exactement l’inverse lorsqu’elle regarde le e-commerce meuble et décoration dans son ensemble. Les ventes des acteurs de son panel ont progressé d’environ 3 % en 2025 et 41,1 % des cyberacheteurs déclarent avoir acheté au moins un produit de meuble ou de décoration en ligne au cours des douze mois étudiés.

Il n’y a aucune contradiction. Une vente en ligne peut très bien être réalisée chez Ikea, Leroy Merlin ou Conforama.

Le classement Fevad le montre bien. Amazon reste largement premier auprès des cyberacheteurs de meuble et décoration interrogés avec 32,4 %. Ikea atteint 17,3 %, contre 16,3 % lors de l’édition précédente. Cdiscount recule de 14,4 % à 12,8 %. Conforama gagne une place et atteint 11,2 %. Vinted entre même directement dans le Top 10.

Le consommateur achète donc toujours davantage avec son téléphone ou son ordinateur, mais le site spécialisé sans magasins n’est plus automatiquement celui qui récupère cette croissance.

Indicateur e-commerce meuble / décoration Niveau récent
Cyberacheteurs ayant acheté dans la catégorie 41,1 %
Amazon 32,4 %
Ikea 17,3 %
Cdiscount 12,8 %
Conforama 11,2 %
Évolution des ventes meuble/déco du panel Fevad +3 %
Évolution des pure players meuble suivis par l’IPEA -3,4 %
Part des pure players dans le marché du meuble ~8,7 %
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Pourquoi Ikea progresse-t-il en ligne alors que les pure players reculent ?

Ikea montre actuellement qu’un bon réseau de magasins peut devenir un avantage en ligne plutôt qu’un handicap.

Près de 29 % du chiffre d’affaires français d’Ikea passe maintenant par les ventes en ligne, après une hausse de 22 % des ventes à distance en un exercice. En parallèle, 57,7 millions de visites continuent d’être enregistrées dans ses magasins.

Les deux canaux se nourrissent. Un client peut découvrir un produit sur l’application, aller le voir en magasin, commander depuis chez lui et choisir ensuite entre livraison ou retrait. Pour une cuisine ou un rangement, il peut aussi utiliser un atelier de conception avant de finaliser l’achat autrement.

Une étude de l’Institut de la Maison présentée par la Fevad donne une autre indication intéressante : 47 % des achats de meuble et décoration effectués en ligne répondraient à l’impossibilité de trouver l’offre recherchée en magasin, tandis que 45 % sont motivés par le gain de temps.

Le web sert donc beaucoup à élargir le choix et à simplifier l’achat. Une enseigne physique capable de proposer ces deux choses peut récupérer une bonne partie des avantages autrefois réservés aux pure players.

Pour un nouvel acteur, ouvrir “un site de meubles” n’est plus vraiment un positionnement. Il faut expliquer pourquoi le client devrait venir sur ce site plutôt que sur Amazon, Ikea, Leroy Merlin, Cdiscount ou les dizaines de marketplaces déjà installées.

Maisons du Monde perd-il encore du terrain en France ?

Oui, Maisons du Monde a reculé nettement plus vite que le marché français récemment, ce qui indique une perte de terrain.

Les ventes françaises de Maisons du Monde ont baissé de 6,4 % en 2025, à environ 519 millions d’euros. Sur la même année, le marché français du mobilier domestique reculait de 1,8 %.

Les périmètres ne sont pas parfaitement identiques puisque Maisons du Monde vend beaucoup de décoration en plus du meuble. Mais le recul apparaît aussi dans son activité mobilier : les ventes de meubles du groupe ont baissé de 6,4 %.

Le e-commerce, longtemps l’une des grandes forces de l’enseigne, a souffert davantage encore. Les ventes en ligne du groupe ont reculé de 10,5 %, contre -3,5 % dans les magasins. La part du digital dans les ventes est passée de 27,8 % à 26,3 %.

Ces chiffres placent Maisons du Monde dans une zone concurrentielle compliquée. Pour la décoration et les petits objets, les marketplaces, les bazars et l’ultra-low-cost tirent les prix vers le bas. Sur les meubles plus chers, Ikea reste extrêmement puissant et les spécialistes peuvent offrir davantage d’accompagnement.

L’enseigne travaille actuellement sur sa restructuration financière et commerciale. Tant qu’une amélioration des ventes n’apparaît pas clairement, nous la classons parmi les acteurs qui cèdent du terrain plutôt que parmi les futurs gagnants déjà en train de rebondir.

Le haut de gamme résiste-t-il mieux que le meuble grand public ?

Non, le haut de gamme français ne résiste pas particulièrement bien actuellement et certains chiffres récents sont même franchement faibles.

L’ensemble du circuit milieu-haut de gamme a reculé de 3,8 % en 2025, soit deux points de moins que l’ensemble du marché.

Roche Bobois apporte un bon exemple récent. Au premier semestre 2026, le groupe a vu son chiffre d’affaires baisser de 8,9 % à 187,9 millions d’euros. En France, l’enseigne Roche Bobois a réalisé 54 millions d’euros, en recul de 6,7 %.

Le détail est intéressant car toutes les marques du groupe ne suivent pas exactement la même trajectoire. Cuir Center a progressé de 14,3 % en France au deuxième trimestre, alors que Roche Bobois restait nettement en retrait.

Cela montre que “le haut de gamme” est une catégorie trop large pour expliquer les performances. Le positionnement prix, le type de canapé ou de meuble vendu et la clientèle visée comptent énormément.

Une clientèle aisée peut toujours acheter un canapé à plusieurs milliers d’euros. Elle peut aussi décider de garder celui qu’elle possède déjà et de dépenser cet argent en voyage, en restauration ou dans un autre projet. Un gros pouvoir d’achat ne rend pas le remplacement d’un meuble urgent.

La seconde main prend-elle réellement des clients au meuble neuf ?

Oui, la seconde main devient un concurrent sérieux du meuble neuf sur les produits faciles à transporter et à réutiliser.

Nous ne pouvons pas lui attribuer proprement une part du marché du meuble neuf, car les périmètres statistiques ne sont pas construits de la même façon. Les comportements d’achat montrent pourtant que l’occasion est désormais suffisamment importante pour modifier le prix auquel un client compare un produit neuf.

Des travaux de l’IPEA montrent par exemple qu’autour de 18 % des consommateurs envisageant l’achat d’un petit meuble pouvaient considérer l’occasion. Pour le rangement, la proportion atteignait environ 19 %.

Le classement e-commerce de la Fevad apporte un autre indice récent : Vinted a fait son entrée directement dans le Top 10 meuble et décoration lorsque la plateforme a été intégrée pour la première fois au classement.

Pour une bibliothèque, une commode, un bureau ou une table, le consommateur peut aujourd’hui comparer un produit neuf à 250 euros avec un meuble similaire d’occasion à 80 euros disponible à dix kilomètres.

La concurrence est beaucoup moins forte pour une cuisine faite sur mesure ou pour certains produits de literie. Une fois encore, les produits standardisés sont les plus exposés.

Pour quelqu’un qui lance une marque de meuble, cela change aussi la question du prix. Il ne suffit plus d’être compétitif face aux autres magasins neufs : il faut parfois justifier pourquoi le client devrait payer trois fois plus que sur Leboncoin ou une marketplace d’occasion.

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Pourquoi le meuble meublant souffre-t-il autant ?

Le meuble meublant souffre parce qu’une grande partie de ses achats peut être repoussée, achetée moins cher ailleurs ou trouvée d’occasion.

C’est pourtant le plus gros segment du marché, avec environ 4,3 milliards d’euros de ventes et près d’un tiers de la dépense française de mobilier. En 2025, il a reculé d’environ 4 %, soit plus de deux fois la baisse du marché total.

Cela fait particulièrement mal aux généralistes. Le meuble meublant représente environ 45 % des ventes de mobilier de la grande distribution ameublement. Lorsqu’une catégorie aussi importante baisse de 4 %, les bonnes performances d’un petit rayon ne suffisent pas à compenser.

Le consommateur dispose aussi de beaucoup de solutions pour retarder l’achat. Une table de salle à manger peut durer quinze ans. Une commode peut attendre six mois de plus. Un bureau peut être acheté d’occasion. Une étagère peut être remplacée par un modèle discount.

C’est beaucoup plus difficile de reporter indéfiniment une cuisine devenue inutilisable ou un matelas qui pose un vrai problème de confort.

Ce décalage explique une grande partie du marché actuel : le besoin concret tient mieux que l’envie de renouvellement.

Est-ce le prix bas ou le service qui fait gagner des parts de marché dans le meuble ?

Aujourd’hui, les deux peuvent gagner, mais les positions les plus difficiles sont celles qui n’offrent ni un prix imbattable ni un vrai service.

Les données récentes convergent assez bien sur ce point. Du côté du prix, les marketplaces, les discounters et la seconde main captent les produits faciles à comparer. Amazon reste numéro un des achats en ligne de meuble et décoration mesurés par la Fevad, tandis que Vinted entre dans le Top 10 et que les plateformes à très bas prix continuent de gagner des utilisateurs.

À l’autre bout, la cuisine résiste mieux que le marché et les cuisinistes gagnent des parts. La literie spécialisée tient également mieux que de nombreux rayons généralistes.

Dans ces catégories, le magasin apporte quelque chose que le client ne récupère pas facilement en tapant une référence dans Google : prise de mesures, conception, essai, conseil, financement, installation ou SAV.

Les acteurs les plus exposés sont donc les généralistes intermédiaires. Une table ordinaire à un prix moyen, vendue sans histoire de marque très forte et sans service particulier, se retrouve en concurrence avec presque tout Internet.

Pour un entrepreneur, cette question doit être réglée avant même de chercher un local : veut-on être nettement moins cher, nettement meilleur sur un besoin précis, ou réellement différent ? “Une belle sélection de meubles pour tout le monde” devient une promesse particulièrement difficile à défendre.

Un nouvel entrepreneur peut-il encore gagner des parts dans le meuble en France ?

Oui, un nouvel entrant peut encore gagner des parts dans le meuble en France, mais aujourd’hui il vaut mieux attaquer un problème très précis que lancer un magasin généraliste de plus.

La cuisine donne le meilleur exemple. Les spécialistes y gagnent parce qu’ils combinent produit, conseil, personnalisation et pose. Le rangement sur mesure peut suivre la même logique. Schmidt Groupe indique d’ailleurs qu’environ 10 % de son activité vient déjà d’aménagements autres que la cuisine.

La literie montre une autre possibilité : devenir très bon sur une catégorie dans laquelle le client veut essayer et être conseillé. Même dans un marché de literie en baisse, plusieurs réseaux spécialisés ont mieux résisté que les généralistes.

La seconde main ouvre également des modèles différents : reprise, reconditionnement, dépôt-vente, outlet, rénovation ou services facilitant la revente.

Enfin, le marché professionnel mérite davantage d’attention qu’il n’en reçoit souvent. Une étude pilotée par l’Ameublement français estime le marché français du mobilier contract autour de 675 millions d’euros, soit environ 5 à 6 % du marché du meuble, avec notamment l’hôtellerie et la restauration comme débouchés.

Ce sont des marchés beaucoup plus petits que le meuble grand public, mais c’est justement ce qui peut les rendre accessibles à une PME. Un nouvel entrant n’a pas besoin de prendre 1 % des 13,6 milliards d’euros du marché français. Il peut construire une entreprise solide en devenant très bon sur une niche de quelques dizaines ou centaines de millions d’euros.

Alors, qui gagne vraiment des parts de marché dans le meuble en France ?

Aujourd’hui, les spécialistes de la cuisine sont les gagnants les plus nets du marché français du meuble, tandis que le meuble généraliste classique, les pure players et une partie du milieu-haut de gamme sont sous pression.

Nous avons plusieurs preuves qui vont dans le même sens. Les spécialistes ont progressé de 1,6 % en 2025 pendant que le marché reculait de 1,8 %. Les spécialistes cuisine ont fait mieux encore, autour de +4,2 %. Schmidt Groupe affiche des prises de commandes en hausse de 7 % et a plusieurs fois annoncé une croissance supérieure à celle de son marché. Ixina a atteint 365 millions d’euros de ventes réseau et poursuit ses ouvertures.

Comme vu plus haut, Ikea demande une lecture différente. Son chiffre d’affaires français a baissé de 4,4 %, mais l’enseigne a vendu 1,3 % de pièces supplémentaires et gagné 1,5 % de clients après d’importantes baisses de prix. Ikea reste donc extrêmement puissant, mais nous n’avons pas de preuve propre d’un gain de part en valeur.

Jysk mérite d’être surveillé parce que son réseau français continue de s’étendre, même si sa taille actuelle reste modeste face aux leaders.

À l’inverse, les pure players du meuble ont reculé de 3,4 % alors que l’e-commerce meuble et décoration continue de progresser. Maisons du Monde a perdu 6,4 % en France en 2025. Le milieu-haut de gamme a reculé de 3,8 %, et Roche Bobois France était encore en baisse de 6,7 % au premier semestre 2026.

Le partage du marché devient ainsi plus brutal. Les produits très comparables vont vers le prix bas, les marketplaces et l’occasion. Les achats qui demandent de la conception ou du conseil favorisent les spécialistes.

Pour quelqu’un qui veut créer un business dans le meuble en France, c’est la conclusion la plus utile : il reste de la place, mais beaucoup moins pour une offre moyenne destinée à tout le monde. Les parts de marché se gagnent actuellement en étant beaucoup moins cher sur un produit simple ou beaucoup plus utile sur un achat compliqué.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer qui gagne réellement des parts de marché dans le meuble en France aujourd’hui. Comme il n’existe pas un tableau unique donnant une réponse propre pour chaque enseigne, nous avons croisé l’évolution du marché, les performances par circuit, les catégories de produits, les données publiées par les entreprises et les changements dans les canaux d’achat.

Le point de départ est le marché français lui-même. Nous utilisons les données IPEA / Institut de la Maison et CNEF pour mesurer l’évolution du mobilier domestique, puis nous comparons chaque circuit à cette base. Une enseigne ou un réseau qui progresse dans un marché en baisse peut ainsi gagner des parts sans afficher une croissance spectaculaire.

Les parts 2024 indiquées dans le tableau ne sont pas des parts publiées telles quelles : elles sont reconstituées à partir des parts de marché 2025 et des taux d’évolution communiqués par l’IPEA. Nous les utilisons comme ordre de grandeur pour mesurer le déplacement des circuits, pas comme une donnée officielle au dixième de point près.

Pour les enseignes, nous accordons plus de poids à une croissance des ventes ou des commandes supérieure à celle du marché qu’à une simple ouverture de magasins. Les périmètres publiés ne sont pas toujours identiques d’un groupe à l’autre ; nous évitons donc de fabriquer un classement trop précis lorsque les chiffres ne sont pas directement comparables.

Nous séparons aussi plusieurs notions qui peuvent facilement être mélangées : part de marché en valeur et volumes vendus, e-commerce et pure players, croissance d’une catégorie et croissance d’une enseigne, meuble neuf et concurrence de la seconde main. Cette distinction est notamment indispensable pour lire correctement le cas Ikea, dont le chiffre d’affaires baisse alors que les clients et les volumes progressent.

Pour le e-commerce et les nouveaux comportements d’achat, nous nous appuyons sur les données Fevad et Institut de la Maison. Elles permettent de suivre à la fois la pénétration de l’achat en ligne, le classement des principaux sites et la montée d’acteurs comme Vinted ou des plateformes à très bas prix.

Les principales sources utilisées sont : CNEF / IPEA sur le bilan 2025 du marché français du meuble, L’Ameublement français pour le suivi conjoncturel IPEA en 2026, la Fevad pour le classement e-commerce 2025, la Fevad et l’Institut de la Maison sur les comportements d’achat meuble et décoration, IKEA France pour ses résultats FY25, Schmidt Groupe pour ses données réseau et corporate, Ixina France pour ses chiffres 2025 et ses ouvertures, JYSK pour la taille de son réseau, Maisons du Monde pour ses ventes 2025, Roche Bobois pour son chiffre d’affaires du premier semestre 2026 et L’Ameublement français pour les marchés professionnels, dont le mobilier Contract.

La conclusion repose donc sur l’agrégation de plusieurs preuves récentes plutôt que sur une seule statistique. Nous considérons une tendance comme solide lorsqu’elle apparaît à plusieurs niveaux de l’analyse ou lorsqu’un acteur surperforme clairement son marché de référence.