Entreprise d'électricité : quelle rentabilité aujourd'hui ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Pour un électricien, combien de clients avant d'en vivre ?

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EN RÉSUMÉ

Une entreprise d'électricité peut encore être très rentable aujourd'hui en France, mais la rentabilité dépend beaucoup plus du prix des journées, du type de chantiers et de l'organisation que du simple volume de travail disponible.

Le bâtiment traverse pourtant une mauvaise passe. L'artisanat a encore reculé de 1,5 % sur un an au deuxième trimestre 2026, après treize trimestres consécutifs de baisse, et l'électricité faisait partie des métiers les plus touchés au début de l'année.

Le paradoxe est que les carnets de commandes restent bien remplis. Les artisans avaient encore environ 80 jours de travail devant eux au premier trimestre : le problème n'est donc pas seulement de trouver des chantiers, mais de les vendre assez cher et de les exécuter sans dérapage.

Pour un électricien seul, 60 000 à 100 000 € de chiffre d'affaires annuel constitue une zone réaliste. La variable décisive est moins le tarif horaire affiché que le chiffre d'affaires réellement produit par journée professionnelle, devis, trajets et achats compris.

Une journée vendue 500 € n'a rien à voir économiquement avec une journée vendue 350 €. Sur 175 journées facturables, cet écart représente déjà 26 250 € de chiffre d'affaires annuel supplémentaire avant même de parler de matériel.

La micro-entreprise fonctionne bien quand l'activité repose surtout sur de la main-d'œuvre. Elle devient nettement moins séduisante lorsqu'une grande partie du chiffre d'affaires correspond à du matériel acheté puis refacturé avec une petite marge.

Le dépannage peut être extrêmement rentable, mais seulement dans une zone géographique compacte. Un tarif élevé perd vite son intérêt quand deux heures de la journée disparaissent dans les déplacements.

Pour une création d'entreprise, la rénovation paraît aujourd'hui plus attractive que la dépendance au logement neuf. Elle permet généralement davantage de liberté sur les prix et valorise mieux le diagnostic, l'expérience et la capacité à gérer les imprévus.

Les meilleures extensions d'activité se trouvent autour de la maintenance professionnelle, de l'IRVE, du photovoltaïque, du stockage et de la domotique. L'intérêt est moins de suivre une mode que d'augmenter le panier moyen et de vendre plusieurs prestations au même client.

Grossir n'améliore pas automatiquement la rentabilité. Le premier salarié peut au contraire fragiliser une entreprise si le planning n'est pas déjà suffisamment rempli de chantiers rentables.

Le modèle que nous privilégierions aujourd'hui est donc assez simple : peu de dépendance au neuf et aux grands donneurs d'ordre, une zone d'intervention resserrée, des acomptes propres, une marge réelle sur les fournitures et des journées qui produisent régulièrement 400 à 500 € de chiffre d'affaires, voire davantage.

Une entreprise d’électricité est-elle encore rentable aujourd’hui en France ?

Une entreprise d’électricité bien gérée peut encore être très rentable aujourd’hui en France, même si le marché du bâtiment, lui, reste franchement mauvais.

La dernière conjoncture de la CAPEB refroidit immédiatement les discours trop optimistes. Au deuxième trimestre, l’activité de l’artisanat du bâtiment reculait encore de 1,5 % sur un an. C’était le treizième trimestre de baisse consécutif. Au premier trimestre, l’électricité faisait même partie des métiers les plus touchés, avec -2,5 % sur un an.

Pourtant, les carnets de commandes des artisans du bâtiment représentaient encore environ 80 jours de travail au premier trimestre. On a donc quelque chose d’assez particulier : moins d’activité qu’avant, mais toujours beaucoup de travail à réaliser.

L’électricité bénéficie aussi de marchés qui dépassent largement la construction de logements neufs. Il faut entretenir des millions de logements existants, refaire des tableaux, mettre des installations en sécurité, rénover des commerces, installer des bornes de recharge, raccorder du photovoltaïque et accompagner l’électrification du chauffage et de la mobilité.

La rentabilité dépend surtout de ce que l’entreprise arrive à facturer chaque journée réellement travaillée. Un électricien qui vend bien ses interventions et limite le temps perdu peut très bien gagner sa vie aujourd’hui. Celui qui sous-estime ses devis, roule deux heures entre ses clients et accepte systématiquement les prix des donneurs d’ordre peut travailler énormément pour une marge médiocre.

Combien facture vraiment un électricien aujourd’hui ?

Aujourd’hui, beaucoup d’électriciens facturent autour de 50 à 70 € de l’heure, mais regarder uniquement le taux horaire donne une vision assez trompeuse de leur chiffre d’affaires réel.

Les comparateurs de travaux français affichent actuellement des fourchettes allant approximativement de 35 à 95 € TTC par heure selon la région, le type de chantier et l’urgence. Pour une journée complète, les prix observés tournent souvent autour de 350 à 600 € HT.

L’écart entre ces deux extrêmes change complètement l’économie d’une petite entreprise. Avec 170 journées facturées dans l’année, 350 € par jour donnent 59 500 € de chiffre d’affaires de main-d’œuvre. À 500 €, nous arrivons déjà à 85 000 €. À 600 €, nous dépassons 100 000 €.

Un artisan ne vend cependant pas toujours huit heures de travail au client. Les devis, appels, commandes, visites avant chantier, chargement du véhicule et facturation prennent du temps sans apparaître comme huit heures supplémentaires sur la facture.

C’est pour cette raison que les forfaits fonctionnent bien dans l’électricité. Un dépannage facturé 120 € n’est pas simplement « une heure à 120 € ». Le prix rémunère aussi le trajet, le diagnostic, la disponibilité et tout le temps invisible autour de cette intervention.

Prestation Ordre de grandeur actuellement observé
Heure d’électricien environ 35 à 95 € TTC
Journée complète environ 350 à 600 € HT
Déplacement environ 20 à 50 €
Dépannage courant environ 80 à 200 €
Remplacement ou rénovation d’un tableau environ 600 à 2 500 €
Rénovation électrique partielle environ 90 à 140 €/m²
Rénovation électrique complète environ 125 à 200 €/m²
Borne de recharge résidentielle posée souvent 1 200 à 2 500 € TTC
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Combien de chiffre d’affaires peut faire un électricien seul ?

Un électricien seul peut assez facilement construire une activité entre 60 000 et 100 000 € de chiffre d’affaires annuel, mais dépasser durablement ce niveau demande généralement de vendre autre chose que ses seules heures.

Prenons 220 jours de travail dans l’année. Il serait irréaliste d’imaginer 220 journées entièrement facturées. Il faut retirer les congés, les jours creux, les devis, l’administratif, les commandes, les visites et les imprévus.

Avec 165 journées réellement facturées à 400 €, nous arrivons à 66 000 €. Avec 175 journées à 500 €, nous sommes à 87 500 €. Un artisan qui vend également du matériel avec une marge correcte peut ensuite dépasser 100 000 € de chiffre d’affaires total sans travailler 60 heures par semaine.

Le chiffre le plus utile est donc le chiffre d’affaires moyen par journée professionnelle, pas seulement le tarif horaire.

Imaginons un artisan qui génère 80 000 € sur 210 journées réellement travaillées dans l’année. Chaque journée professionnelle lui produit environ 381 € de chiffre d’affaires, y compris celles passées en partie à faire des devis ou des achats. S’il arrive à porter cette moyenne à 450 € sans rallonger ses semaines, son chiffre d’affaires grimpe à 94 500 €.

C’est souvent là que se trouve la vraie progression : mieux remplir et mieux vendre les journées déjà travaillées.

Combien peut vraiment gagner un électricien indépendant ?

Un bon électricien indépendant peut gagner nettement plus qu’un salarié, mais 80 000 € ou 100 000 € de chiffre d’affaires sont très loin de représenter 80 000 € ou 100 000 € de revenu personnel.

Les dépenses arrivent vite. Il faut généralement payer un utilitaire, son assurance, du carburant, l’outillage, des consommables, une responsabilité civile professionnelle, parfois une garantie décennale, la comptabilité, un téléphone, des logiciels et différents frais bancaires ou administratifs.

Puis viennent les cotisations sociales et l’impôt.

Prenons trois entreprises individuelles fictives pour voir l’ordre de grandeur. Dans le scénario intermédiaire, 175 journées facturées à 450 € produisent 78 750 € de main-d’œuvre. Nous ajoutons 10 000 € de marge brute gagnée sur les fournitures, puis retirons 20 000 € de frais professionnels. Il reste 68 750 € avant les prélèvements sociaux et fiscaux du dirigeant.

Ce montant n’est donc toujours pas son « salaire net ». En revanche, il montre pourquoi un artisan bien organisé peut dépasser assez nettement la rémunération d’un électricien salarié expérimenté.

Le vrai écart se crée surtout quand l’indépendant arrive à vendre une journée 450 ou 500 € plutôt que 300 ou 350 €, tout en conservant le même rythme de travail.

Hypothèse Activité prudente Activité solide Activité très performante
Journées facturées 160 175 180
Valeur moyenne facturée par jour 350 € 450 € 550 €
CA de main-d’œuvre 56 000 € 78 750 € 99 000 €
Marge brute ajoutée sur fournitures 6 000 € 10 000 € 15 000 €
Marge avant frais généraux 62 000 € 88 750 € 114 000 €
Frais professionnels retenus pour la simulation 15 000 € 20 000 € 25 000 €
Reste avant cotisations et impôt 47 000 € 68 750 € 89 000 €

La micro-entreprise est-elle vraiment intéressante pour un électricien ?

Oui pour démarrer léger ou vendre surtout de la main-d’œuvre ; beaucoup moins dès que l’électricien achète et refacture beaucoup de matériel.

Le plafond annuel applicable aux prestations de services en micro-entreprise est désormais de 83 600 €. Pour les prestations artisanales relevant des BIC, l’Urssaf applique actuellement un taux de cotisations sociales de 21,2 %.

Sur 60 000 € de prestations encaissées, cela représente 12 720 € de cotisations sociales, hors contribution à la formation professionnelle et fiscalité éventuelle.

Le piège apparaît avec les fournitures.

Supposons que nous achetions un équipement 1 000 € et que nous le refacturions 1 150 €. L’entreprise a gagné seulement 150 € de marge commerciale sur cette opération. Pourtant, le fonctionnement de la micro-entreprise repose sur le chiffre d’affaires encaissé plutôt que sur le bénéfice réellement dégagé.

Plus les achats deviennent lourds, moins ce système colle à l’économie réelle d’un électricien.

Il faut également surveiller la TVA. La franchise en base permet de ne pas facturer la TVA tant que les conditions sont remplies, mais elle empêche aussi de récupérer celle payée sur les achats. Pour un artisan qui achète beaucoup de tableaux, câbles, protections, bornes ou matériel photovoltaïque, ça finit vite par compter.

Pour du dépannage et des petites interventions avec beaucoup de main-d’œuvre, la micro reste donc très pratique. Pour une entreprise qui grandit et fait circuler beaucoup de matériel, le régime réel devient souvent plus naturel.

Le dépannage électrique rapporte-t-il plus que les gros chantiers ?

Le dépannage peut rapporter beaucoup plus par heure qu’un gros chantier, à condition de réussir à enchaîner les interventions sans passer la journée dans l’utilitaire.

Une petite panne facturée 120 € pour une heure sur place semble excellente. Quatre interventions de ce type donnent théoriquement 480 € de chiffre d’affaires quotidien.

Tout dépend ensuite de la géographie.

Quatre clients regroupés dans une même ville peuvent remplir une journée très rentable. Quatre interventions espacées de 30 ou 40 minutes de route produisent le même chiffre d’affaires, mais beaucoup moins de revenu par heure réellement consacrée au travail.

Pour une activité de dépannage, le chiffre que nous suivrions en priorité serait donc le chiffre d’affaires par heure entre le départ et le retour, plutôt que le tarif horaire inscrit sur le devis.

Cette logique explique aussi pourquoi un électricien à 65 € de l’heure peut être moins rentable qu’un concurrent officiellement à 55 €. Si le premier perd deux heures chaque jour en déplacement et que le second travaille presque exclusivement dans un rayon de quelques kilomètres, le second peut produire davantage de chiffre d’affaires sur sa semaine.

Les villes moyennes et les périphéries denses peuvent ainsi être particulièrement intéressantes. Les prix restent corrects, les trajets sont souvent moins pénalisants que dans les très grandes métropoles et un bon bouche-à-oreille permet de concentrer progressivement les clients.

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Pour un électricien, la rénovation rapporte-t-elle plus que le neuf ?

Aujourd’hui, nous choisirions clairement la rénovation plutôt qu’une forte dépendance au logement neuf pour lancer une petite entreprise d’électricité.

La conjoncture explique en partie ce choix. L’activité artisanale du bâtiment recule toujours de 1,5 % sur un an et le neuf reste bien en dessous de ses niveaux d’avant-crise, même si les autorisations et mises en chantier montrent dernièrement quelques signes d’amélioration.

Le neuf reste agréable à produire. Les logements sont vides, les plans sont connus, les gaines passent facilement et une équipe peut rester plusieurs jours sur le même site. Cette productivité est précieuse.

En revanche, le pouvoir de négociation appartient souvent au constructeur, au promoteur ou à l’entreprise générale. Ils achètent régulièrement de gros volumes et connaissent parfaitement les prix.

En rénovation, la relation est différente. Un particulier qui doit refaire l’électricité d’une maison ancienne achète davantage l’expertise de l’artisan. Les surprises sont nombreuses, mais elles rendent aussi le travail moins facilement comparable au devis d’un concurrent.

Les niveaux de prix reflètent en partie cette complexité : une rénovation électrique complète est souvent estimée autour de 125 à 200 €/m² selon l’état du logement et le niveau de finition.

Une maison de 100 m² peut donc représenter un chantier à cinq chiffres. La marge dépendra évidemment du nombre d’heures et du matériel réellement nécessaires, mais ce type de chantier laisse généralement plus de place à la valeur ajoutée qu’une installation neuve répétitive négociée au plus bas.

Est-ce que les électriciens gagnent vraiment de l’argent sur le matériel ?

Oui, le matériel peut ajouter plusieurs milliers d’euros de marge dans l’année, mais gonfler la facture avec des fournitures ne signifie pas automatiquement gagner davantage.

Prenons 30 000 € de matériel acheté puis revendu avec 20 % de marge sur le coût. L’entreprise encaisse 36 000 € auprès de ses clients et génère 6 000 € de marge brute sur ces fournitures.

Ces 6 000 € rémunèrent aussi une série de tâches que le client ne voit pas : choisir les références, commander, aller chercher du matériel manquant, avancer la trésorerie, stocker certaines pièces et gérer les éventuels retours ou problèmes de garantie.

Nous devons donc regarder la marge en euros plutôt que le montant total refacturé.

Cette distinction devient particulièrement importante sur des prestations à gros panier. Une borne, un tableau haut de gamme ou une installation photovoltaïque peut ajouter plusieurs milliers d’euros au chiffre d’affaires alors qu’une grande partie repart immédiatement chez les fournisseurs.

À l’inverse, laisser systématiquement le client fournir son matériel supprime cette marge et peut créer des ennuis lorsque les références achetées sont mauvaises ou incompatibles.

Pour une petite entreprise, vendre le matériel reste donc intéressant tant que le prix couvre réellement le temps et le risque associés.

Embaucher un premier électricien fait-il vraiment gagner plus d’argent ?

Pas forcément. Le premier salarié est souvent le moment où une entreprise d’électricité devient plus difficile à rentabiliser.

Un artisan seul peut absorber une semaine plus calme. Avec un salarié, les charges continuent même si le planning comporte deux journées vides.

Le recrutement est en plus compliqué dans le métier. L’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail montre encore des tensions fortes. En Centre-Val de Loire, par exemple, 77,7 % des projets de recrutement d’ouvriers en électricité du bâtiment étaient jugés difficiles cette année.

La bonne question devient alors : combien de chiffre d’affaires supplémentaire ce salarié peut-il réellement produire ?

À 400 € facturés par journée productive pendant 180 jours, nous obtenons 72 000 € de chiffre d’affaires. À 500 €, nous passons à 90 000 €. Il faut ensuite payer le salaire, les charges patronales, le véhicule éventuel, l’outillage, les vêtements, les temps de déplacement et les heures qui ne seront jamais facturées.

Et le patron change lui aussi de métier. Il passe davantage de temps à préparer les plannings, contrôler les chantiers, répondre aux clients et corriger les erreurs.

Le premier recrutement devient intéressant lorsqu’il existe déjà davantage de demandes rentables que l’artisan ne peut en réaliser seul. Embaucher d’abord puis chercher comment remplir le planning ensuite est beaucoup plus risqué.

Les bornes de recharge sont-elles encore rentables pour un électricien ?

Oui, les bornes de recharge restent aujourd’hui une bonne spécialité pour un électricien, mais la simple pose d’une wallbox est devenue beaucoup plus concurrentielle qu’il y a quelques années.

Le marché continue pourtant de grossir. Le dernier baromètre Avere-France comptait 200 926 points de recharge ouverts au public, soit 13 % de plus qu’un an auparavant.

L’évolution des usages est encore plus intéressante. Une borne publique enregistrait récemment 39,3 sessions mensuelles en moyenne, contre environ 31 un an plus tôt. L’énergie distribuée par point de recharge a progressé de 34 % sur la même période.

Nous ne sommes donc plus seulement dans une phase où l’on installe des bornes en anticipant une utilisation future. Les infrastructures existantes servent de plus en plus.

Le résidentiel reste également énorme. La recharge à domicile représente l’essentiel des recharges de véhicules électriques, et une installation classique de wallbox se vend souvent entre environ 1 200 et 2 500 € selon la puissance, le tableau et la distance de câblage.

Le marché s’est néanmoins professionnalisé. Les énergéticiens, constructeurs automobiles et réseaux spécialisés vendent maintenant des offres packagées. Pour dépasser 3,7 kW, la qualification IRVE entre également dans le jeu.

Nous préférerions donc intégrer la borne à une offre électrique plus large. Un client qui appelle pour sa voiture peut avoir besoin d’une modification du tableau, d’un délestage, d’un passage en triphasé, puis quelques années plus tard de panneaux solaires ou d’une batterie.

La borne devient alors une porte d’entrée vers plusieurs milliers d’euros de travaux électriques, plutôt qu’un produit isolé.

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Le photovoltaïque est-il vraiment intéressant pour une entreprise d’électricité ?

Oui, le photovoltaïque peut augmenter fortement le panier moyen d’une entreprise d’électricité, surtout lorsqu’il est associé à l’autoconsommation, au stockage et à la recharge automobile.

Enedis observe une progression continue des installations photovoltaïques en autoconsommation individuelle depuis 2022. L’autoconsommation collective accélère elle aussi : 1 945 opérations étaient déjà actives à la fin du premier trimestre, soit 320 de plus depuis le début de l’année.

Ce marché donne à l’électricien davantage à vendre qu’une simple pose de panneaux. Il faut raccorder l’installation, installer les protections, adapter éventuellement le tableau, puis ajouter parfois une batterie, un système de pilotage énergétique ou une borne de recharge.

Le même client peut donc acheter plusieurs équipements électriques autour de sa production et de sa consommation d’énergie.

Un artisan qui réalise uniquement un dépannage à 120 € doit trouver en permanence de nouveaux rendez-vous. Une entreprise qui gagne un client à 10 000 ou 15 000 € entre rénovation électrique, solaire, stockage et recharge peut consacrer beaucoup plus de temps à chaque prospect tout en restant rentable.

Il faut toutefois maîtriser davantage de règles, de qualifications et de problématiques techniques que dans l’électricité générale. Nous intégrerions donc le photovoltaïque après avoir construit une activité électrique stable, plutôt que de faire reposer toute une création d’entreprise sur la vente de panneaux.

Quelles activités électriques rapportent le plus aujourd’hui ?

Aujourd’hui, les créneaux les plus intéressants pour une petite entreprise sont souvent la rénovation, la maintenance professionnelle, l’IRVE et certaines installations énergétiques plutôt que la sous-traitance électrique standard.

Le dépannage produit beaucoup de valeur en peu de temps, mais les paniers restent petits. La rénovation offre des contrats de plusieurs milliers ou dizaines de milliers d’euros. Les clients professionnels peuvent apporter des interventions répétées. Les bornes et le photovoltaïque font monter le panier moyen.

Les qualifications prennent alors une vraie valeur commerciale.

La qualification IRVE donne accès à une partie du marché de la recharge. Des qualifications adaptées sont également importantes pour certaines installations photovoltaïques et pour permettre au client d’accéder à certains dispositifs.

Une certification qui ne débloque aucun client supplémentaire reste un coût. En revanche, payer une formation qui permet ensuite de vendre régulièrement des chantiers à 1 500, 5 000 ou 15 000 € peut rapidement devenir rentable.

Nous regarderions donc d’abord la demande locale avant de choisir la spécialité. À proximité d’une grande zone tertiaire, la maintenance peut être excellente. Dans une zone pavillonnaire aisée, rénovation, wallbox, photovoltaïque et domotique peuvent mieux fonctionner. Un même modèle ne sera pas optimal partout.

Activité Panier moyen potentiel Clients récurrents Niveau de spécialisation Intérêt pour une petite entreprise
Dépannage Faible Oui Faible à moyen Bon si les déplacements sont courts
Rénovation résidentielle Moyen à élevé Peu Moyen Très bon
Logement neuf Élevé Possible Moyen Correct mais prix souvent serrés
Maintenance de commerces et PME Moyen Oui Moyen Très bon
IRVE résidentiel Moyen Peu Qualification spécifique Bon
IRVE entreprises et copropriétés Élevé Possible Élevé Très bon
Photovoltaïque Élevé Possible Élevé Très bon si l’entreprise sait vendre
Domotique et haut de gamme Élevé Possible Élevé Excellent sur certains marchés locaux
Sous-traitance de gros chantiers Élevé Oui Moyen Souvent moins intéressant sur la marge

Vaut-il mieux travailler avec des particuliers ou des entreprises ?

Pour une petite entreprise d’électricité, le meilleur portefeuille mélange généralement des particuliers rentables et quelques clients professionnels réguliers.

Les particuliers offrent souvent davantage de liberté sur le prix. Un artisan connu localement peut facturer directement son client, obtenir des acomptes et être payé assez rapidement après les travaux.

Les professionnels sont intéressants pour une autre raison : ils reviennent.

Un restaurant change son éclairage, ajoute une prise, remplace un équipement, subit une panne puis ouvre éventuellement un deuxième établissement. Un syndic peut apporter plusieurs immeubles. Un commerçant possédant dix boutiques peut générer dix sites d’intervention avec une seule relation commerciale.

Ce type de compte réduit le temps passé à chercher de nouveaux clients.

Il faut toutefois éviter qu’un seul donneur d’ordre devienne l’entreprise à lui tout seul. Si un constructeur représente 60 % du chiffre d’affaires, il possède de fait un énorme pouvoir de négociation. Perdre ce contrat peut supprimer plusieurs mois de travail du jour au lendemain.

Un portefeuille où aucun client ne pèse trop lourd laisse beaucoup plus de liberté sur les tarifs et protège mieux la trésorerie.

Est-ce vraiment le manque de clients qui fait couler les entreprises d’électricité ?

Non. Beaucoup d’entreprises artisanales se retrouvent en difficulté alors qu’elles ont encore du travail, simplement parce que ce travail a été mal vendu ou consomme trop de trésorerie.

La situation actuelle du bâtiment l’illustre assez bien. Au premier trimestre, la CAPEB mesurait encore environ 80 jours de carnet de commandes chez les artisans. Pourtant, 25 % des entreprises déclaraient un besoin de trésorerie et 19 % constataient une dégradation de leurs marges, contre seulement 6 % une amélioration.

Avoir deux ou trois mois de travail devant soi ne garantit donc absolument pas une entreprise saine.

Prenons une rénovation vendue 12 000 € et prévue pour huit jours. Si des surprises font passer le chantier à douze jours, l’entreprise vient de consommer 50 % de temps en plus sans forcément facturer 50 % de plus.

Un autre piège apparaît avec le matériel. Un chantier à 20 000 € peut nécessiter plusieurs milliers d’euros d’achats avant que le client ne règle le solde. Sans acompte suffisamment important, l’entreprise finance son client avec sa propre trésorerie.

Comme vu plus haut, le bâtiment reste actuellement dans une période difficile. Pour un nouvel électricien, nous préférerions pourtant un carnet de commandes de six semaines avec de bonnes marges et des acomptes propres plutôt que quatre mois de chantiers vendus trop bas.

La quantité de travail impressionne. La qualité du travail vendu paie les factures.

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Peut-on vraiment gagner beaucoup avec plusieurs électriciens salariés ?

Oui, une petite entreprise de trois à dix électriciens peut gagner beaucoup plus qu’un artisan seul, mais uniquement si chaque technicien produit régulièrement assez de chiffre d’affaires pour absorber son coût et une partie de la structure.

Prenons cinq techniciens qui génèrent chacun 75 000 € de chiffre d’affaires annuel. Cela représente déjà 375 000 €. À 90 000 € par technicien, l’entreprise arrive à 450 000 €.

À cette taille, quelques points de marge deviennent très importants.

Une entreprise à 450 000 € de chiffre d’affaires qui améliore sa marge nette de 5 points crée 22 500 € de résultat supplémentaire sans trouver un seul nouveau client.

Le patron ne peut cependant plus rester huit heures par jour sur les chantiers tout en gérant correctement cinq personnes. Il faut vendre, faire les devis, organiser les interventions, suivre les heures, négocier les achats, récupérer les paiements et traiter les problèmes.

Les meilleures petites entreprises d’électricité finissent donc par fonctionner différemment de l’artisan solo. Le dirigeant produit moins directement avec ses mains et fait davantage travailler le planning, les prix et l’équipe.

Ce changement explique aussi pourquoi grossir n’est pas toujours le meilleur choix. Un artisan seul qui gagne très bien sa vie avec peu de frais peut préférer rester petit. Une entreprise de huit salariés peut réaliser quatre fois plus de chiffre d’affaires et procurer au dirigeant davantage de stress pour un revenu personnel à peine supérieur si les marges sont mauvaises.

Entreprise d’électricité : quelle rentabilité peut-on vraiment viser aujourd’hui ?

Une entreprise d’électricité reste aujourd’hui un bon business en France : un artisan seul bien organisé peut viser environ 60 000 à 100 000 € de chiffre d’affaires, tandis qu’une petite équipe peut atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros, avec une rentabilité qui dépend surtout des prix, des journées réellement facturées et du choix des chantiers.

Le contexte n’est pourtant pas facile. L’artisanat du bâtiment vient d’enchaîner treize trimestres de baisse et l’électricité a récemment reculé plus vite que certains autres métiers. Nous éviterions donc un modèle trop dépendant du logement neuf ou d’un seul grand donneur d’ordre.

Les perspectives à moyen terme sont meilleures. La France compte maintenant plus de 200 000 points de recharge publics, et leur utilisation augmente nettement. L’autoconsommation photovoltaïque continue de progresser. Les logements existants doivent toujours être rénovés, entretenus et adaptés à de nouveaux usages électriques.

Pour un artisan seul, la priorité devrait être assez simple : produire régulièrement 400 à 500 € ou davantage de chiffre d’affaires par journée facturable, limiter les déplacements inutiles et protéger la marge sur le matériel.

À partir de là, rénovation, dépannage dense, maintenance de petits professionnels, IRVE ou photovoltaïque peuvent faire monter le panier moyen.

Nous serions beaucoup plus prudents avec une entreprise qui vend principalement des journées bon marché en sous-traitance. À 300 ou 350 € la journée, il faut énormément travailler pour absorber les frais et créer un revenu vraiment intéressant. À 500 € et plus, avec du matériel correctement margé et des journées bien remplies, l’équation change vite.

Deux entreprises voisines peuvent donc avoir des résultats totalement différents alors qu’elles font techniquement le même travail. L’une vend surtout des heures. L’autre vend des dépannages, des rénovations et des installations assez bien valorisés pour que chaque journée crée une vraie marge.

Aujourd’hui, c’est cette deuxième entreprise que nous chercherions à construire.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à répondre à une question précise : une entreprise d’électricité peut-elle encore être rentable en France aujourd’hui ? Nous avons décomposé le sujet en plusieurs dimensions : niveau de demande, capacité à facturer, productivité réelle des journées travaillées, structure de coûts, poids du matériel, trésorerie, régime fiscal et social, choix des chantiers, spécialisation et potentiel de développement avec des salariés.

Pour chacune de ces dimensions, nous avons recherché les données françaises les plus récentes disponibles et privilégié les sources de première main : statistiques publiques, organisations professionnelles, organismes sociaux, textes réglementaires et données directement publiées par les opérateurs concernés. Pour les indicateurs qui évoluent rapidement, notamment le bâtiment, le logement neuf, le recrutement, la recharge électrique et le photovoltaïque, nous avons privilégié les publications 2026 disponibles au moment de l’analyse.

Nous n’avons pas utilisé un seul indicateur pour décider si le métier était rentable ou non. Nous avons confronté plusieurs données qui ne racontent pas toujours exactement la même chose. La CAPEB montre par exemple à la fois une baisse de l’activité artisanale, des carnets de commandes encore importants et une dégradation de la trésorerie ou des marges chez une partie des entreprises. Cela permet de séparer la quantité de travail disponible de la qualité économique de ce travail.

Les scénarios de chiffre d’affaires présentés dans l’article ne sont pas des moyennes nationales. Ils servent à tester l’économie d’un artisan ou d’une petite entreprise avec différents nombres de journées facturées, différents prix moyens par jour, une marge sur les fournitures et des niveaux de frais professionnels. Nous avons accordé davantage d’importance au chiffre d’affaires produit par journée professionnelle, à la marge réelle sur le matériel et aux besoins de trésorerie qu’au chiffre d’affaires affiché seul.

Les comparaisons entre dépannage, rénovation, neuf, maintenance professionnelle, IRVE, photovoltaïque et domotique ne constituent pas un classement officiel du métier. Elles croisent plusieurs critères utiles à quelqu’un qui veut créer son entreprise : panier potentiel, récurrence des clients, déplacements, capacité à défendre ses prix, poids du matériel, qualifications nécessaires et évolution de la demande.

Pour le cadre général du bâtiment, nous nous sommes notamment appuyés sur la conjoncture CAPEB du deuxième trimestre 2026, la publication CAPEB du premier trimestre 2026, les statistiques du SDES sur la construction de logements et les données de l’Insee sur le parc de logements.

Pour le cadre de création et d’exploitation de l’entreprise, les principales références sont Bpifrance Création sur la réglementation du métier d’électricien, Service-Public sur la garantie décennale, le ministère de l’Économie sur les seuils de la micro-entreprise, le ministère de l’Économie sur les cotisations sociales et Service-Public Entreprendre sur la franchise en base de TVA.

Pour les marchés de spécialisation, nous avons utilisé le baromètre Avere-France sur les points de recharge publics, les informations d’Enedis sur la recharge à domicile, le cadre réglementaire IRVE publié sur Légifrance, l’Observatoire Enedis de l’autoconsommation, le tableau de bord photovoltaïque du SDES et France Rénov’ sur les qualifications RGE.

Enfin, pour les difficultés de recrutement, nous avons retenu l’enquête Besoins en main-d’œuvre 2026 de France Travail en Centre-Val de Loire. L’ensemble de ces sources a ensuite été confronté aux scénarios économiques présentés dans l’article afin d’obtenir une réponse utile à quelqu’un qui envisage réellement de créer une entreprise d’électricité en France.

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Les quatre documents pour lancer un électricien

Le business plan raconte le projet, le prévisionnel le chiffre, l’étude de marché le justifie et l’executive summary le résume en deux pages. Rien à rédiger de zéro.

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PowerPoint, Excel et Word, modifiables