
Lancez un restaurant africain sans laisser les coûts grignoter votre marge
Un business plan de 35 pages, déjà rédigé et mis en forme pour cette activité : marché, concurrence, stratégie et tableaux financiers.
C'est partiEN RÉSUMÉ
Pour ouvrir un restaurant africain de 40 à 60 places en France aujourd’hui, il faut viser environ 150 000 à 220 000 € de budget total ; une reprise très bien optimisée peut descendre vers 90 000 à 130 000 €, tandis qu’une création plus lourde dépasse vite 250 000 €.
Le local pèse souvent plus lourd que le concept lui-même. Reprendre un ancien restaurant avec extraction, froid, électricité et sanitaires déjà exploitables peut économiser plusieurs dizaines de milliers d’euros.
La trésorerie de départ ne doit pas être ce qu’il reste une fois les travaux terminés. Sur un projet avec plusieurs salariés, garder 30 000 à 50 000 € disponibles après l’ouverture donne beaucoup plus de marge pour absorber un démarrage lent.
Une cuisine professionnelle cohérente représente généralement 25 000 à 45 000 € lorsque les grosses infrastructures existent déjà. Une carte courte permet de descendre plus bas sans forcément dégrader l’offre.
Les marges peuvent être bonnes sur les plats construits autour du riz, des sauces, des légumineuses ou du poulet, mais poissons entiers, cabri, agneau, crustacés et produits importés font vite dériver le coût matière.
Un ticket moyen de 22 à 30 € TTC est une hypothèse plus crédible qu’un scénario construit directement à 35 ou 40 €. Les boissons maison, entrées et desserts comptent donc beaucoup dans l’économie du restaurant.
Pour une vraie salle avec plusieurs salariés, 40 000 à 50 000 € TTC de chiffre d’affaires mensuel constitue un bon test de solidité. À 50 000 € TTC, avec un ticket moyen de 26 € et 26 jours d’ouverture, il faut environ 74 clients par jour.
La masse salariale et le loyer sont les deux postes qui peuvent étouffer un projet pourtant correct sur le papier. Une équipe trop large dès l’ouverture ou un loyer proche de 10 % du chiffre d’affaires réaliste réduisent très vite la marge de manœuvre.
La livraison peut ajouter du volume, mais elle ne doit pas devenir la béquille du modèle. Il faut la suivre séparément, avec son coût matière, ses emballages, ses promotions et les frais du canal.
Avec seulement 50 000 € de capital, il faut changer le format plutôt que sous-financer un grand restaurant : moins de places, peu de travaux, une carte courte, beaucoup d’implication du dirigeant et un local déjà équipé.
Restaurant africain : quel budget prévisionnel aujourd’hui ?
Quel budget faut-il vraiment pour ouvrir un restaurant africain aujourd’hui ?
Pour ouvrir aujourd’hui un restaurant africain de 40 à 60 places en France, nous partirions plutôt sur 150 000 à 220 000 € de budget total ; une reprise très optimisée peut descendre autour de 90 000 à 130 000 €, tandis qu’une création plus ambitieuse dépasse vite 250 000 €.
La différence vient surtout du local. Reprendre un ancien restaurant avec extraction, cuisine, froid, électricité adaptée et sanitaires déjà en place évite une bonne partie des travaux les plus chers. À l’inverse, transformer une boutique vide peut absorber plusieurs dizaines de milliers d’euros avant même d’acheter le premier stock.
Il faut aussi compter l’argent qui restera disponible après l’ouverture. Bpifrance Création rappelle actuellement qu’un plan de financement initial doit intégrer les investissements, le stock, le besoin en fonds de roulement et une trésorerie de sécurité. Pour un restaurant, oublier cette dernière ligne peut rendre un budget de départ artificiellement bas.
Nous utiliserions donc ces trois ordres de grandeur pour tester un projet.
| Poste | Petite reprise | Restaurant standard | Projet ambitieux |
|---|---|---|---|
| Fonds, droit au bail, entrée dans les lieux | 20–35 k€ | 35–65 k€ | 60–100 k€+ |
| Travaux et mise aux normes | 8–20 k€ | 25–50 k€ | 60–100 k€+ |
| Cuisine et froid | 15–25 k€ | 25–45 k€ | 45–70 k€ |
| Salle, mobilier, caisse, enseigne | 6–12 k€ | 12–22 k€ | 20–35 k€ |
| Frais de lancement et dépôt de garantie | 5–8 k€ | 8–12 k€ | 12–20 k€ |
| Stock de départ | 2–4 k€ | 4–6 k€ | 5–8 k€ |
| Trésorerie conservée après ouverture | 20–30 k€ | 30–45 k€ | 45–70 k€ |
| Budget total à viser | 90–130 k€ | 150–220 k€ | 250 k€+ |
Pourquoi faut-il aujourd’hui garder autant de trésorerie pour un restaurant africain ?
Un restaurant africain qui dépense presque tout son capital avant l’ouverture prend actuellement un risque trop élevé : nous garderions au minimum 20 000 à 30 000 € disponibles sur un petit projet et plutôt 30 000 à 50 000 € avec plusieurs salariés.
Les derniers comptes analysés par FIDUCIAL donnent une bonne idée de la faiblesse du coussin disponible une fois le restaurant lancé. Dans les sociétés soumises à l’impôt sur les sociétés de son Observatoire 2026, les achats représentent 31 % des produits d’exploitation et le personnel 35 %. Le résultat net moyen n’est que de 5 %.
Les restaurants étudiés ont réussi à préserver leur marge malgré un léger recul du chiffre d’affaires. C’est plutôt rassurant pour les établissements déjà installés, beaucoup moins pour une ouverture qui démarre sans clientèle régulière.
Prenons un restaurant qui supporte 18 000 € de dépenses fixes et semi-fixes chaque mois. Si ses premières ventes ne génèrent que 12 000 € de marge disponible pour les couvrir, il perd 6 000 € de trésorerie par mois. Un coussin de 12 000 € lui laisse très peu de temps pour corriger sa carte, ses horaires ou son acquisition de clients. Avec 30 000 €, le dirigeant dispose déjà de plusieurs mois pour ajuster le modèle.
Cette réserve doit être décidée avant les travaux, pas calculée avec ce qu’il restera à la fin.
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Vaut-il mieux reprendre un ancien restaurant ou aménager un local vide ?
Pour un premier restaurant africain, nous privilégierions clairement un ancien restaurant déjà exploitable plutôt qu’un local commercial vide, même si son droit d’entrée est plus cher.
L’extraction peut à elle seule modifier fortement l’équation. S’ajoutent la puissance électrique, les évacuations, la plonge, les revêtements adaptés, la ventilation, le froid, les sanitaires, la sécurité incendie et l’accessibilité ERP. Plusieurs de ces dépenses sont pratiquement invisibles lors d’une première visite du local.
C’est encore plus important avec des cuisines utilisant beaucoup la friture, le braisage, les cuissons longues ou plusieurs productions chaudes simultanées. Une salle jolie dans une ancienne boutique ne compense pas une cuisine impossible à exploiter correctement.
Nous accepterions volontiers de payer 20 000 ou 30 000 € de plus pour reprendre un local dont les installations lourdes sont déjà utilisables si cette reprise évite 40 000 ou 50 000 € de travaux et plusieurs mois d’incertitude.
Combien coûte vraiment la cuisine d’un restaurant africain ?
Une cuisine professionnelle cohérente pour un restaurant africain classique représente aujourd’hui environ 25 000 à 45 000 € lorsque les grosses infrastructures du local existent déjà ; avec beaucoup d’occasion et une carte courte, nous pouvons descendre vers 15 000 à 25 000 €.
Les besoins dépendent beaucoup plus de la carte que de l’étiquette « restaurant africain ». Un établissement centré sur quatre ou cinq plats comme le mafé, le yassa, le thieb, le poulet braisé et quelques accompagnements peut mutualiser beaucoup de préparation et de matériel.
Ajouter poissons entiers, dibi, cabri, grillades, plusieurs fritures, sauces différentes et desserts augmente rapidement les besoins en cuisson, froid, préparation et stockage.
Aujourd’hui, un lave-vaisselle professionnel standard se trouve déjà couramment au-dessus de 1 000 € HT. À cela s’ajoutent fourneau, four, friteuses, grill, armoires froides, congélateurs, plonge, tables inox, maintien chaud, petit matériel et parfois adaptation de l’extraction.
| Équipement | Enveloppe indicative |
|---|---|
| Fourneau et cuisson principale | 3–7 k€ |
| Four et maintien chaud | 2–5 k€ |
| Friteuses, grill ou braisage | 2–5 k€ |
| Réfrigération | 4–8 k€ |
| Congélation | 1,5–4 k€ |
| Laverie | 1,5–3 k€ |
| Inox, plonge et préparation | 2–4 k€ |
| Petit matériel professionnel | 2–5 k€ |
| Extraction ou adaptation | 3–15 k€+ |
| Total courant | 25–45 k€ |
Les plats africains donnent-ils de bonnes marges aujourd’hui ?
Oui, certains plats africains peuvent donner de très bonnes marges, surtout lorsqu’ils reposent sur du riz, des sauces, des légumineuses, de l’oignon ou du poulet ; les poissons entiers, l’agneau, le cabri, les crustacés et certains produits importés sont beaucoup moins indulgents.
FIDUCIAL situe actuellement les achats matières autour de 31 à 32 % des produits d’exploitation des restaurants observés. Nous chercherions donc à construire une carte qui reste globalement dans cette zone plutôt que d’appliquer le même coefficient à chaque plat.
Les cartes actuelles montrent très bien l’écart. À Paris, Bama Resto propose des formules yassa poulet, mafé bœuf ou thieb poulet autour de 14,90 €, alors qu’O’massasy vend le mafé 18 € et le thieb poisson 25 €. Thiossane affiche le yassa poulet à 15 €, mais le thiof braisé ou les gambas braisées montent à 30 €.
Ce différentiel permet de construire intelligemment la carte. Les plats mijotés accessibles peuvent générer du volume, tandis que poissons et grillades apportent du choix et un prix facial supérieur. Il faut simplement éviter qu’une forte vente des plats les plus coûteux fasse dériver le taux matière de tout le restaurant.
Quel ticket moyen peut viser un restaurant africain ?
Pour un restaurant africain indépendant assez accessible, nous testerions aujourd’hui le business plan avec un ticket moyen de 22 à 30 € TTC plutôt qu’avec une hypothèse agressive à 35 ou 40 €.
Les prix visibles actuellement confirment une gamme très large. TheFork indique un prix moyen de 19 € chez Bama Resto, 25 € chez Cœur d’Afrique Grill, 29 € chez Le Djoko, 30 € chez O’massasy et 36 € chez Thiossane.
Les plats principaux restent souvent entre 13 et 20 €. À Saint-Denis, A la Bonne Sauce affiche par exemple le yassa et le mafé à 13 €, le thieb poisson à 14 € et le poisson braisé à 15 €. À Paris, La Nouvelle Mondaine propose le yassa poulet à 15,50 €, le mafé à 16,50 € et le dibi à 18,50 €.
Le ticket moyen doit donc venir aussi des boissons et des compléments. Un bissap, un jus de gingembre, des pastels, un dessert ou une entrée peuvent faire passer une addition de 17 € à 24 ou 26 € sans rendre le plat principal inaccessible.
Pour comparaison, le dernier Observatoire FIDUCIAL situe le ticket moyen à 19 € en restauration rapide et 38 € en restauration traditionnelle. Un restaurant africain populaire se place souvent entre ces deux univers.
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Combien de chiffre d’affaires faut-il faire pour que le restaurant tienne ?
Pour un restaurant africain avec une vraie salle et plusieurs salariés, nous viserions au moins 40 000 à 50 000 € TTC par mois en vitesse de croisière ; autour de 25 000 à 30 000 €, la structure devient vite trop serrée dès qu’il y a quatre ou cinq personnes à payer.
Les ratios actuels de FIDUCIAL expliquent pourquoi. Pour les sociétés étudiées, 31 % des produits d’exploitation partent dans les achats, 35 % dans le personnel, 5 % dans les locations immobilières et 15 % dans les autres charges externes.
Avec 45 000 € HT de chiffre d’affaires mensuel, matières et personnel absorbent ainsi près de 30 000 € à eux seuls si le restaurant se situe autour des ratios du secteur.
Il faut ensuite payer le loyer, l’énergie, les assurances, la comptabilité, les logiciels, l’entretien, les commissions éventuelles, le marketing et le remboursement des financements.
La question du business plan devient alors très concrète : est-ce que le restaurant peut atteindre 40 000 ou 50 000 € par mois avec sa capacité réelle, ses prix et son emplacement ?
Combien de clients faut-il servir chaque jour ?
Avec un ticket moyen de 26 € TTC, un restaurant africain visant 50 000 € TTC par mois doit servir environ 74 clients par jour s’il ouvre 26 jours.
C’est un test beaucoup plus parlant qu’un objectif annuel de chiffre d’affaires. Une salle de 40 places doit alors produire environ 1,9 couvert par siège et par jour. Avec midi et soir, c’est réaliste dans un bon emplacement. Pour un restaurant qui travaille presque uniquement le soir, l’objectif devient nettement plus exigeant.
À 20 € de ticket moyen, atteindre 50 000 € demande environ 96 clients par jour. À 30 €, il en faut autour de 64.
Dix euros de ticket moyen supplémentaires peuvent donc retirer plus de trente clients quotidiens de l’objectif nécessaire par rapport à un établissement bloqué autour de 20 €. C’est pourquoi les boissons maison, entrées et desserts peuvent peser autant dans le modèle économique que quelques places supplémentaires.
La masse salariale peut-elle tuer la rentabilité d’un restaurant africain ?
Oui, une équipe trop grande dès l’ouverture peut tuer très vite la rentabilité d’un restaurant africain, surtout lorsque le chiffre d’affaires met plusieurs mois à décoller.
Le SMIC est actuellement de 12,31 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € brut par mois à 35 heures selon le ministère du Travail. Un salarié coûte évidemment davantage au restaurant une fois intégrés les coûts employeur applicables, les repas et les contraintes propres à l’organisation HCR.
Comme vu plus haut, FIDUCIAL mesure déjà les charges de personnel autour de 32 à 35 % des produits d’exploitation dans son échantillon. Ce niveau inclut la rémunération et les charges sociales du dirigeant dans les ratios concernés.
Sur un lancement, nous préférerions donc une équipe pensée pour les ventes réalistes des trois premiers mois : dirigeant opérationnel, cuisine resserrée, polyvalence et renforts sur les services chargés. Embaucher immédiatement la brigade prévue pour un restaurant plein crée une dépense certaine face à un chiffre d’affaires qui ne l’est pas encore.
Quel loyer devient dangereux pour un restaurant africain ?
Pour un restaurant africain indépendant, nous commencerions à nous méfier sérieusement lorsque le loyer immobilier approche 10 % du chiffre d’affaires réaliste, surtout si le projet porte déjà de la dette.
Les restaurants observés par FIDUCIAL consacrent actuellement environ 4 à 5 % de leurs produits d’exploitation aux locations immobilières. Tous les emplacements ne permettent évidemment pas de rester aussi bas, notamment dans les grandes métropoles, mais cet ordre de grandeur aide à repérer les loyers trop lourds.
Un établissement prévu à 45 000 € HT par mois supporte assez bien 2 500 € de loyer. À 4 500 €, l’immobilier absorbe déjà 10 % du chiffre d’affaires avant charges locatives éventuelles.
La différence est énorme sur une année : 2 000 € supplémentaires par mois représentent 24 000 € de coûts fixes. Il faudrait vendre environ 920 tickets supplémentaires à 26 € simplement pour générer le même montant de chiffre d’affaires, avant même de regarder la marge sur ces ventes.
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Un restaurant africain doit-il compter sur la livraison pour être rentable ?
Non, nous ne construirions pas aujourd’hui le budget d’un restaurant africain autour de la livraison par plateforme ; elle peut ajouter du volume, mais elle doit rester rentable après commissions, emballages et promotions.
Le format s’y prête pourtant assez bien. Le mafé, le yassa, le thieb, le riz, plusieurs sauces et certains grillés supportent mieux le transport que des plats dont la qualité chute après dix minutes.
Cela peut élargir la zone de chalandise et faire travailler la cuisine sans ajouter de places assises. Mais un plat vendu 16 ou 18 € avec environ 30 % de coût matière laisse rapidement moins de marge lorsqu’on ajoute emballage et coût de distribution.
Nous prévoirions donc la livraison séparément dans le prévisionnel : prix de vente, coût matière, emballage et frais du canal. Si la commande livrée ne contribue presque plus aux coûts fixes du restaurant, augmenter son volume n’améliore pas forcément la situation.
La TVA et les charges peuvent-elles fausser complètement le business plan ?
Oui, un prévisionnel de restaurant africain construit uniquement à partir des montants TTC encaissés donne facilement une image trop flatteuse du chiffre d’affaires réellement disponible.
En restauration, le taux de TVA dépend actuellement du produit vendu. Les consommations alimentaires servies pour consommation immédiate relèvent généralement du taux de 10 %, certaines ventes alimentaires à emporter peuvent relever de 5,5 %, tandis que les boissons alcoolisées restent à 20 %.
Un restaurant qui annonce 50 000 € de ventes TTC n’a donc pas 50 000 € à répartir entre fournisseurs, salaires et loyer.
Le prévisionnel économique doit être suivi hors taxes, puis complété par un plan de trésorerie qui regarde les encaissements et décaissements réels. Cette distinction devient particulièrement importante lorsque le restaurant mélange salle, vente à emporter, alcool et plateformes.
Peut-on encore ouvrir un restaurant africain avec 50 000 € ?
Oui, 50 000 € peuvent encore suffire pour ouvrir un petit restaurant africain, mais surtout sous forme de reprise très légère, de comptoir ou de restauration rapide ; pour créer de zéro une salle classique de 40 à 50 places, le budget est trop court dans la plupart des cas.
Il faudrait cumuler plusieurs avantages : local déjà équipé, très peu de travaux, petit droit d’entrée, matériel conservé ou acheté d’occasion, dirigeant très présent dans l’exploitation et carte courte.
Un menu concentré sur quelques bases communes peut alors faire beaucoup. Le riz, les sauces, le poulet, le thieb, le mafé, le yassa, l’aloko et quelques boissons maison permettent de construire une offre lisible sans multiplier le froid, les références stockées et les postes en cuisine.
En revanche, utiliser les 50 000 € dans les travaux puis ouvrir avec presque aucune trésorerie nous paraît aujourd’hui trop fragile. Le capital disponible devrait pousser vers un format plus simple plutôt que vers une version sous-financée d’un grand restaurant.
À quoi ressemble un budget mensuel crédible pour un restaurant africain ?
Pour un restaurant africain de 40 à 50 places, un scénario autour de 50 000 € TTC par mois constitue aujourd’hui un bon test de solidité : il demande environ 74 clients par jour avec un ticket moyen de 26 € sur 26 jours d’ouverture.
Nous ne présentons pas ces chiffres comme la moyenne d’un restaurant africain français. Il s’agit volontairement d’un scénario de travail construit à partir des ratios sectoriels actuels et d’un niveau de prix cohérent avec les cartes que nous avons examinées.
Le point intéressant apparaît après les matières et la masse salariale. Même avec 50 000 € encaissés, le résultat disponible peut rapidement retomber à quelques milliers d’euros. Le prévisionnel doit donc tenir avant d’ajouter des hypothèses optimistes sur la fréquentation.
| Hypothèse mensuelle | Scénario central |
|---|---|
| Jours ouverts | 26 |
| Clients par jour | 74 |
| Clients par mois | 1 924 |
| Ticket moyen TTC | 26 € |
| Chiffre d’affaires TTC | ≈ 50 k€ |
| Chiffre d’affaires HT approximatif | ≈ 45 k€ |
| Matières à 30–32 % | 13,5–14,5 k€ |
| Personnel chargé | 14–16 k€ |
| Loyer et immobilier | 2,5–3,5 k€ |
| Autres charges d’exploitation | 6–8 k€ |
| Reste avant financement, impôt et aléas | ≈ 3–7 k€ |
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Alors, quel budget prévisionnel faut-il retenir pour ouvrir un restaurant africain ?
Aujourd’hui, nous retiendrions environ 150 000 à 200 000 € comme budget solide pour lancer un restaurant africain indépendant de taille moyenne en France, avec une vraie salle, une cuisine professionnelle et assez de trésorerie pour ne pas dépendre d’un démarrage parfait.
Une reprise particulièrement favorable peut ramener le projet vers 90 000 à 120 000 €. Dès qu’il faut refaire sérieusement le local, financer un emplacement cher ou installer une cuisine plus lourde, nous arrivons facilement autour de 200 000 à 250 000 €, parfois davantage.
Les données récentes rendent surtout les budgets trop serrés difficiles à défendre. Le dernier Observatoire FIDUCIAL montre un secteur où environ un tiers des produits d’exploitation part dans les matières et un autre tiers dans le personnel. En parallèle, le ticket moyen de la restauration traditionnelle est monté à 38 €, tandis que le prix du plat du jour observé a légèrement baissé à 17,08 €. Les restaurateurs réussissent donc à préserver leurs marges dans un environnement où pousser simplement le prix du plat devient plus compliqué.
Pour un restaurant africain, nous chercherions alors trois choses : une carte suffisamment courte pour contrôler les matières et la cuisine, un ticket moyen capable de dépasser le prix du seul plat principal, et un local dont le loyer reste compatible avec une fréquentation réaliste.
Avec ces conditions, 150 000 à 200 000 € donnent un projet finançable et une vraie marge de manœuvre. Avec 70 000 ou 80 000 €, le concept doit changer : moins de places, moins de travaux, moins de personnel et davantage de simplicité.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse reconstruit le budget prévisionnel d’un restaurant africain en France à partir de plusieurs blocs de coûts et d’exploitation. Il n’existe pas de statistique publique donnant un budget unique pour ce type de restaurant : nous avons donc séparé le local, les travaux, la cuisine, la trésorerie, les matières, le personnel, le loyer, les prix de vente et le volume de clients nécessaire.
Nous avons privilégié les données françaises de premier rang pour les règles et les ratios : réglementation, fiscalité, salaire minimum, plan de financement et observatoires professionnels. Les prix réellement affichés par des restaurants et des fournisseurs servent ensuite à contrôler les hypothèses de marché et les ordres de grandeur d’équipement.
Les ratios FIDUCIAL sont utilisés pour tester la structure économique du restaurant, notamment les achats matières, la masse salariale, les locations immobilières, les autres charges, le résultat net et les tickets moyens. Ils ne sont pas présentés comme des moyennes propres aux restaurants africains.
Les données de Bpifrance Création servent à structurer le besoin de financement initial et la trésorerie. Les pages d’Entreprendre.Service-Public.fr sont utilisées pour les contraintes d’ouverture, de local, d’ERP et d’accessibilité, tandis que le ministère de l’Économie sert de référence pour les taux de TVA applicables.
Pour la masse salariale, nous nous appuyons sur le ministère du Travail pour le SMIC et sur l’Urssaf pour les règles liées aux avantages en nature dans les hôtels, cafés et restaurants. Les données Insee servent de contexte sur l’évolution récente des prix et de la consommation dans la restauration.
Pour les prix observés, nous avons croisé plusieurs cartes de restaurants africains, notamment Bama Resto, Le Thiossane, Cœur d’Afrique Grill, O’Massasy, Le Djoko et A La Bonne Sauce. Ces cartes servent à tester les niveaux de prix et les écarts entre plats mijotés, grillades, poissons, boissons et formules.
Les scénarios de chiffre d’affaires, de ticket moyen et de fréquentation sont des hypothèses de travail construites à partir de ces données, pas des moyennes nationales. L’objectif est de vérifier qu’un même projet reste cohérent lorsqu’on confronte capacité de salle, prix, nombre de clients, coût matière, personnel, loyer et trésorerie.
Les principales sources utilisées sont : FIDUCIAL — Observatoire 2026 de la restauration, Bpifrance Création — Plan de financement initial, Bpifrance Création — Plan de trésorerie, Entreprendre.Service-Public.fr — Ouvrir un restaurant, Entreprendre.Service-Public.fr — Accessibilité des ERP, Ministère de l’Économie — Taux de TVA, Ministère du Travail — SMIC, Urssaf — Avantages en nature, Insee — Indice des prix des services de restauration, Insee — Consommation des ménages en 2025, Bama Resto, Le Thiossane, Cœur d’Afrique Grill, O’Massasy, Le Djoko, A La Bonne Sauce, METRO France — lave-vaisselle professionnel et Restoconcept — lave-vaisselle professionnel.