Aménager un hôtel : quels coûts et équipements aujourd'hui ?

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Aménager un hôtel aujourd'hui demande généralement 5 000 à 10 000 € par chambre pour un simple rafraîchissement, 15 000 à 40 000 € pour une vraie rénovation 3–4 étoiles et 40 000 à 80 000 € ou davantage pour du haut de gamme.
Le prix par chambre est utile pour se repérer, mais il ne donne jamais à lui seul le budget de l'hôtel. Les couloirs, le lobby, le petit-déjeuner, les équipements techniques, les études et les imprévus peuvent ajouter plusieurs centaines de milliers d'euros.
La salle de bains est souvent le poste qui fait basculer une rénovation légère vers un chantier lourd. Tant que nous changeons peinture, éclairage et mobilier, les coûts restent contrôlables ; dès que nous touchons aux évacuations, à l'étanchéité ou à la ventilation, l'échelle du projet change.
Deux hôtels de 30 chambres peuvent donc afficher des budgets totalement différents. Un bâtiment techniquement sain peut rester sous 500 000 € pour un rafraîchissement sérieux, alors qu'une rénovation complète atteint facilement 800 000 à 1,2 million d'euros.
Le nombre d'étoiles doit être décidé avant de figer les plans. Des détails qui paraissent minuscules — nombre de tablettes de chevet, assises, équipements de télévision ou dimensions de certains éléments — deviennent coûteux lorsqu'il faut les corriger dans quarante chambres déjà terminées.
Dans une chambre, les investissements les plus visibles ne sont pas forcément les plus utiles. Literie, occultation, acoustique, douche, température, prises accessibles et Wi-Fi ont généralement plus d'impact sur l'expérience client qu'un équipement spectaculaire ou une domotique compliquée.
Les plus grosses surprises de chantier se trouvent souvent derrière les murs : électricité, CVC, eau chaude, ventilation, sécurité incendie, acoustique et accessibilité. C'est aussi là qu'un bâtiment ancien peut engloutir le budget avant que le client voie la moindre amélioration.
Une chambre témoin est particulièrement rentable dès que le projet comporte plusieurs dizaines de clés. Une erreur de 250 € corrigée sur le prototype évite déjà 15 000 € de dépenses inutiles lorsqu'elle aurait été répétée dans 60 chambres.
La standardisation est un levier sous-estimé. Employer les mêmes références de robinetterie, serrures, composants techniques et pièces de rechange simplifie les achats, la maintenance et les réparations sans obliger l'hôtel à donner la même apparence à toutes ses chambres.
Enfin, une rénovation d'hôtel existant sans réserve de chantier est fragile. Garder 10 à 15 % du budget pour les imprévus est beaucoup plus réaliste que d'utiliser toute l'enveloppe pour le mobilier et découvrir ensuite qu'une canalisation, un tableau électrique ou une ventilation doivent être repris.
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Combien coûte vraiment l’aménagement d’une chambre d’hôtel aujourd’hui ?
Pour une vraie rénovation de chambre d’hôtel 3 ou 4 étoiles, nous devons aujourd’hui penser plutôt en dizaines de milliers d’euros qu’en quelques milliers : environ 15 000 à 40 000 € par chambre constitue une bonne première fourchette.
Cushman & Wakefield utilise actuellement cet ordre de grandeur pour les chambres d’hôtels 3 et 4 étoiles en France, avec des budgets pouvant atteindre 80 000 € ou davantage dans un palace. Cela donne une base nettement plus réaliste que les estimations à 3 000 ou 5 000 € parfois visibles en ligne.
Ces petits budgets existent, mais ils correspondent surtout à une chambre déjà saine dans laquelle nous changeons peinture, textiles, luminaires et une partie du mobilier. Dès qu’il faut refaire la salle de bains, toucher à l’électricité, améliorer l’acoustique ou reprendre chauffage et climatisation, le projet change d’échelle.
Deux chambres qui paraissent presque identiques après travaux peuvent donc avoir coûté 8 000 € et 30 000 €. Ce que nous ne voyons plus une fois les murs refermés explique une bonne partie de l’écart.
| Type de rénovation d’une chambre | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Rafraîchissement très léger | 3 000–6 000 € |
| Peinture, sols, textiles, éclairage | 5 000–10 000 € |
| Mobilier complet sans gros travaux techniques | 8 000–15 000 € |
| Rénovation complète milieu de gamme | 15 000–25 000 € |
| Repositionnement 3–4 étoiles poussé | 25 000–40 000 € |
| Haut de gamme | 40 000–80 000 € |
| Palace ou projet très sur mesure | 80 000 € et plus |
Pourquoi un hôtel de 30 chambres peut-il coûter 400 000 € à rénover… ou plus de 1 million ?
Parce que le nombre de chambres ne suffit absolument pas pour estimer le coût d’un hôtel : l’état du bâtiment fait souvent davantage varier le budget que sa capacité.
Prenons deux hôtels de 30 chambres. Dans le premier, les salles de bains sont utilisables, les réseaux électriques sont récents, la climatisation fonctionne et les fenêtres ont déjà été changées. Nous pouvons concentrer l’argent sur les chambres et les espaces visibles.
Dans le second, nous découvrons des évacuations anciennes, une ventilation insuffisante, des tableaux électriques à reprendre, une mauvaise isolation acoustique et des équipements incendie à modifier. Même avec exactement 30 chambres, nous pouvons facilement ajouter plusieurs centaines de milliers d’euros au chantier.
C’est pour cela que le coût « par clé » fonctionne bien pour comparer rapidement des projets, mais beaucoup moins bien pour acheter un immeuble. Avant de signer, nous voulons surtout savoir ce qu’il y a derrière les murs.
Faut-il choisir le nombre d’étoiles avant d’aménager l’hôtel ?
Oui. Si nous voulons un hôtel officiellement classé, le nombre d’étoiles doit être décidé avant de commander le mobilier et de figer les plans.
La grille actuelle d’Atout France descend très loin dans le détail. Elle regarde la literie, les dimensions des lits, les assises, les tablettes de chevet, les éclairages, la télévision, certains rangements et une longue série de services.
Les dernières précisions publiées par Atout France donnent de bons exemples. Avec des lits jumeaux, une seule tablette placée entre les deux lits ne suffit pas : chaque occupant doit avoir la sienne. À partir de 2 étoiles, une chaise pliante ne valide pas le critère d’assise. Pour certains critères liés aux chaînes internationales, un Chromecast ne remplace pas les chaînes directement accessibles depuis la télévision.
Ce sont de petits détails individuellement. Sur 40 chambres déjà fabriquées et posées, ils deviennent vite pénibles — et chers — à corriger.
Quels équipements faut-il vraiment mettre dans une chambre d’hôtel aujourd’hui ?
Une chambre d’hôtel correctement équipée doit aujourd’hui résoudre cinq choses très simples pour le client : dormir, se laver, ranger ses affaires, recharger ses appareils et utiliser la chambre sans chercher comment tout fonctionne.
Nous avons d’abord le lit, le sommier, le matelas, les oreillers, la tête de lit et les tables ou tablettes de chevet. Viennent ensuite la penderie, le porte-bagages, les assises, un miroir, des rideaux réellement occultants et un éclairage qui peut être commandé facilement depuis le lit.
Les prises électriques méritent plus d’attention qu’avant. Un beau chevet avec une seule prise cachée derrière le matelas vieillit très mal face à deux smartphones, une montre, un ordinateur et parfois une tablette. Dans une rénovation actuelle, USB-C et prises accessibles sont devenus des choix beaucoup plus utiles qu’un gadget domotique rarement utilisé.
Télévision, Wi-Fi, sèche-cheveux et équipements de salle de bains complètent la base. Coffre, mini-réfrigérateur, bouilloire, machine à café et matériel de repassage dépendent davantage du niveau de gamme et de la clientèle.
Atout France continue d’ailleurs à faire évoluer et préciser son référentiel. Les équipements numériques n’ont donc pas fait disparaître les critères très physiques de la chambre : la literie, l’éclairage, les assises ou la tablette de chevet comptent toujours autant.
| Équipement | À prévoir ? | Là où il ne faut pas rogner |
|---|---|---|
| Lit, sommier, matelas | Oui | Confort et durée de vie |
| Tête de lit | Presque toujours | Solidité et nettoyage |
| Tablettes de chevet | Oui | Accès aux prises |
| Occultation | Oui | Noir réel dans la chambre |
| Penderie | Oui | Utilisation simple |
| Porte-bagages | Très conseillé | Résistance |
| Wi-Fi | Oui | Couverture dans chaque chambre |
| Télévision | Généralement | Installation propre et simple |
| Coffre-fort | Selon gamme | Fiabilité |
| Bouilloire / café | Selon gamme | Facilité d’entretien |
| Mini-réfrigérateur | Selon concept | Bruit et consommation |
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Combien coûte le mobilier d’une chambre d’hôtel ?
Pour meubler correctement une chambre d’hôtel professionnelle, nous devons généralement réserver plusieurs milliers d’euros avant même de parler de salle de bains, de climatisation ou de travaux.
Une chambre simple avec tête de lit, chevets, bureau, penderie, porte-bagages et quelques éléments complémentaires peut encore rester sous 5 000 € lorsque les dimensions sont standardisées. Le sur-mesure, les finitions plus ambitieuses et les petites séries peuvent rapidement emmener le lot mobilier vers 8 000 ou 10 000 €.
La tentation est forte d’utiliser du mobilier résidentiel moins cher. Nous pouvons le faire sur certains accessoires peu sollicités, mais c’est beaucoup plus risqué pour les lits, charnières, tiroirs, assises, textiles et revêtements manipulés quotidiennement.
Dans un hôtel, nous achetons aussi la possibilité de réparer. Un meuble professionnel dont le fabricant peut refaire une façade ou fournir une pièce trois ans plus tard a une valeur que le devis initial ne montre pas.
La salle de bains est-elle vraiment ce qui fait exploser le budget d’une chambre ?
Très souvent, oui. La salle de bains transforme facilement un rafraîchissement à moins de 10 000 € en rénovation à 20 000 ou 30 000 € par chambre.
Sur quelques mètres carrés, nous concentrons arrivées d’eau, évacuations, étanchéité, ventilation, électricité, éclairage, carrelage, douche, WC, vasque et robinetterie. Changer un miroir et un meuble-vasque reste simple. Déplacer une douche ou reprendre l’évacuation ne l’est plus du tout.
Il faut aussi raisonner en série. Un dépassement de 2 000 € sur une salle de bains représente 60 000 € dans un hôtel de 30 chambres et 100 000 € dans un hôtel de 50 chambres.
C’est notamment ce qui explique l’écart entre les budgets de rafraîchissement à moins de 10 000 € par chambre et les 15 000 à 40 000 € annoncés actuellement par des spécialistes de la rénovation hôtelière pour des opérations 3–4 étoiles plus complètes.
Combien faut-il prévoir pour le lobby, les couloirs et le petit-déjeuner ?
Les parties communes peuvent facilement ajouter 15 à 30 % au budget consacré aux chambres, et beaucoup plus dès que l’hôtel possède un vrai restaurant, un bar, un spa ou de grandes surfaces communes.
Le piège est assez classique : nous multiplions le prix d’une chambre par le nombre de clés et pensons avoir presque terminé le budget. Pourtant, il reste la réception, le lobby, tous les couloirs, les toilettes communes, la salle de petit-déjeuner, les locaux de ménage, la signalétique et parfois la cuisine.
Un hôtel sans restaurant peut rester relativement simple. Dès que nous ajoutons une cuisine professionnelle, les équipements de cuisson et de froid, l’extraction, le stockage, la plonge et les réseaux font grimper l’investissement.
Même les couloirs coûtent plus qu’ils n’en ont l’air. Nous devons traiter le sol, les murs, les plafonds, l’éclairage, les portes, la signalétique et parfois l’acoustique sur plusieurs centaines de mètres carrés qui ne génèrent aucune nuitée directement.
Quels équipements techniques oublie-t-on le plus souvent dans un budget d’hôtel ?
Les mauvaises surprises viennent souvent du CVC, de l’eau chaude, de l’électricité, de l’acoustique, du Wi-Fi, du contrôle d’accès et de la sécurité incendie plutôt que du mobilier.
Un hôtel fonctionne 24 heures sur 24. Trente chambres signifient trente portes à gérer, des dizaines de points Wi-Fi potentiels, beaucoup d’eau chaude le matin, des appels de puissance simultanés et des équipements techniques qui ne doivent pas gêner les clients lorsqu’ils dorment.
L’acoustique mérite d’être vérifiée avant les travaux. Une chambre magnifique dans laquelle nous entendons la télévision voisine reste une mauvaise chambre. Selon le problème, la correction peut concerner les portes, les cloisons, le plancher, la façade ou même les machines de ventilation.
Le même raisonnement vaut pour le Wi-Fi. Un routeur puissant installé près de la réception ne garantit rien au troisième étage derrière plusieurs murs porteurs. Pour un nouvel hôtel, nous devons penser couverture chambre par chambre.
La réglementation incendie est encore plus structurante. Les hôtels sont des ERP et relèvent de règles spécifiques. Pour les établissements concernés du type O, les textes en vigueur prévoient notamment des exigences sur le système de sécurité incendie et la détection automatique ; les petits hôtels de cinquième catégorie ont eux aussi leurs dispositions propres.
| Poste technique | Ce qu’il faut vérifier avant travaux |
|---|---|
| Électricité | Puissance, tableaux, prises, conformité |
| CVC | Production, distribution, bruit |
| Eau chaude | Capacité aux heures de pointe |
| Ventilation | Débits et nuisances acoustiques |
| Wi-Fi | Couverture réelle dans les chambres |
| Contrôle d’accès | Serrures, cartes, logiciel |
| Sécurité incendie | Détection, alarme, compartimentage |
| Acoustique | Chambres, couloirs, équipements |
| Ascenseur | Conformité, capacité, maintenance |
| Réseau informatique | Réception, PMS, paiement, téléphonie |
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Faut-il profiter de la rénovation pour refaire chauffage et climatisation ?
Si le système est ancien ou énergivore, oui : refaire les chambres aujourd’hui tout en conservant un CVC condamné à être remplacé quelques années plus tard peut coûter plus cher au total.
La question devient particulièrement importante pour les bâtiments tertiaires concernés par Éco Énergie Tertiaire. Le dispositif prévoit une baisse progressive de la consommation d’énergie finale, avec un objectif de 40 % à l’horizon 2030 par rapport à la référence réglementaire.
Le dernier bilan publié par le ministère montre d’ailleurs que, sur le périmètre déclaré étudié, la consommation finale corrigée du climat avait déjà reculé d’environ 26 % par rapport à la période de référence 2010–2019. Les bâtiments tertiaires bougent réellement, ce n’est donc plus un sujet à repousser systématiquement à la prochaine rénovation.
Pour un hôtel, cela remet au centre plusieurs décisions assez concrètes : production d’eau chaude, isolation, régulation chambre par chambre, climatisation, récupération de chaleur et pilotage des chambres inoccupées.
Quelles normes peuvent faire déraper le budget d’un hôtel ?
L’accessibilité et la sécurité incendie peuvent ajouter beaucoup plus au chantier qu’un changement de gamme de mobilier, surtout dans un immeuble ancien.
Atout France rappelle actuellement un point souvent mal compris : le classement en étoiles ne certifie pas la conformité PMR. Un hôtel reste un ERP et doit respecter séparément ses obligations d’accessibilité.
Dans un bâtiment existant, la difficulté vient de la configuration physique. Une porte trop étroite, un changement de niveau, une circulation difficile ou une salle d’eau mal dimensionnée ne se corrigent pas avec un nouvel équipement posé au mur.
Même chose pour l’incendie. La réglementation distingue notamment les catégories d’ERP et prévoit des dispositions spécifiques pour les hôtels. Les règles concernent entre autres les dégagements, l’alarme, la détection et, selon la configuration, le compartimentage.
Nous devons donc faire vérifier ces points avant de finaliser les plans de chambres. Découvrir une contrainte réglementaire une fois le mobilier commandé est exactement le genre d’erreur qui détruit une marge de sécurité.
Combien faut-il garder pour les imprévus d’une rénovation d’hôtel ?
Pour un hôtel existant, nous garderions rarement moins de 10 % du budget travaux en réserve, et 15 % devient beaucoup plus confortable dès que l’immeuble est ancien ou mal documenté.
Sur 800 000 € de travaux, cela signifie 80 000 à 120 000 € qui ne sont pas déjà promis à des fauteuils, des lampes ou une montée en gamme du lobby.
Cette réserve sert aux vraies découvertes de chantier : réseau derrière une cloison qui ne correspond pas aux plans, humidité, support dégradé, problème d’évacuation, installation électrique à reprendre plus largement que prévu.
Les équipements oubliés ne devraient pas être financés avec cette enveloppe. Si le PMS, les serrures électroniques ou le contrôle technique n’apparaissent pas dans le budget initial, nous avons simplement oublié une dépense.
Une chambre témoin peut-elle vraiment faire économiser de l’argent ?
Oui, et plus l’hôtel a de chambres, plus la chambre témoin devient intéressante : elle permet de trouver une erreur avant de la reproduire trente ou cinquante fois.
Nous pouvons y tester la circulation autour du lit, la hauteur des prises, l’ouverture de la penderie, la place d’une valise, l’éclairage du miroir, l’occultation et même la facilité avec laquelle l’équipe de ménage peut refaire la chambre.
Une petite erreur de 250 € paraît négligeable sur le prototype. Répétée dans 60 chambres, elle vaut déjà 15 000 €.
Le prototype permet également de regarder le temps d’installation et d’entretien. Un élément superbe mais pénible à nettoyer chaque jour peut être remplacé avant le lancement de toute la série.
Pour une rénovation lourde, cette étape aide aussi à décider s’il vaut mieux travailler par étage en gardant une partie de l’hôtel ouvert ou fermer complètement pendant une période plus courte. Cushman & Wakefield indique actuellement que les rénovations en hôtel exploité sont souvent organisées par tranches d’un ou deux étages.
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Quel budget faut-il prévoir pour rénover un hôtel de 30 chambres ?
Pour un hôtel de 30 chambres déjà exploitable mais à remettre sérieusement au goût du jour, nous arriverions assez facilement autour de 1 million d’euros avec une rénovation complète de milieu de gamme.
Prenons 25 000 € par chambre : les trente chambres représentent déjà 750 000 €. Il faut ensuite ajouter les parties communes, certains équipements techniques, les études et une réserve.
À l’autre extrême, trente chambres à rafraîchir à 7 000 € ne représentent que 210 000 €. Si le lobby est petit et que le bâtiment ne demande presque aucun travail technique, le projet global peut rester sous 400 000 ou 500 000 €.
Avec une enveloppe de 40 000 € par chambre, nous avons déjà 1,2 million d’euros avant même d’avoir rénové la réception ou les couloirs. C’est pour cela qu’annoncer « le prix d’un hôtel de 30 chambres » sans connaître l’état du bâtiment apporte finalement assez peu d’information.
| Exemple pour 30 chambres | Rafraîchissement | Rénovation complète |
|---|---|---|
| Chambres | 210 000 € | 750 000 € |
| Réception et lobby | 30 000 € | 70 000 € |
| Couloirs et autres communs | 25 000 € | 50 000 € |
| Petit-déjeuner | 20 000 € | 35 000 € |
| Technologie et contrôle d’accès | 15 000 € | 35 000 € |
| Travaux techniques complémentaires | 20 000 € | 80 000 € |
| Études et honoraires | 25 000 € | 70 000 € |
| Réserve | 40 000 € | 120 000 € |
| Budget indicatif total | 385 000 € | 1 210 000 € |
Où faut-il dépenser en priorité quand le budget de l’hôtel est serré ?
Avec un budget limité, nous mettrions d’abord l’argent dans ce que le client ressent vraiment : sommeil, douche, température, silence, obscurité, propreté et Wi-Fi.
Un matelas correct apporte généralement plus qu’un fauteuil spectaculaire. Une vraie occultation apporte plus qu’un objet décoratif sur la tête de lit. Une douche qui fonctionne parfaitement apporte plus qu’un miroir connecté.
Ensuite viennent les éléments qui évitent de refaire les travaux trop tôt : réseaux, ventilation, étanchéité, électricité et matériaux très sollicités. Les économies faites ici sont parfois les plus coûteuses quelques années plus tard.
Le sur-mesure mérite davantage de sélection. Il peut être très utile dans une petite chambre où chaque centimètre compte, mais nous n’avons pas besoin de fabriquer spécialement chaque table, chaque fauteuil ou chaque lampe pour donner une identité à l’hôtel.
Le meilleur levier est souvent la standardisation cachée : mêmes composants, mêmes dimensions, mêmes références de robinetterie et mêmes pièces de rechange dans un maximum de chambres, avec suffisamment de variation visible pour éviter l’impression d’un produit banal.
Alors, quel budget faut-il réellement prévoir pour aménager un hôtel aujourd’hui ?
Pour une première estimation, nous partirions aujourd’hui sur 5 000 à 10 000 € par chambre pour un rafraîchissement, 15 000 à 40 000 € pour une vraie rénovation 3–4 étoiles et 40 000 à 80 000 € ou davantage pour du haut de gamme.
Ces montants ne suffisent pourtant pas pour établir le budget total. Les espaces communs, réseaux, CVC, sécurité incendie, accessibilité, technologie, honoraires et imprévus doivent être ajoutés séparément.
Le chiffre à regarder avant d’acheter un hôtel reste donc moins « combien coûte le mobilier ? » que « qu’est-ce que nous devons réellement ouvrir, déplacer ou remplacer ? ». Un bâtiment sain permet encore de créer un bon produit avec une enveloppe raisonnable. Un immeuble techniquement fatigué peut engloutir plusieurs centaines de milliers d’euros avant même que le client voie la moindre amélioration.
Pour un projet de 30 chambres, environ 350 000 à 500 000 € peut encore fonctionner pour un rafraîchissement assez simple. Une rénovation complète de bon niveau nous rapproche beaucoup plus naturellement de 800 000 à 1,2 million d’euros, voire davantage si les réseaux et les parties communes doivent être repris lourdement.
C’est cette différence qu’il faut identifier avant de signer le bâtiment, car elle peut peser davantage sur la rentabilité du futur hôtel que quelques points de négociation sur le prix d’achat.
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à reconstruire un budget réaliste d’aménagement ou de rénovation d’un hôtel en France aujourd’hui. Nous avons séparé les chambres, le mobilier, les salles de bains, les parties communes, les lots techniques, le classement hôtelier, les contraintes réglementaires, l’énergie, les études et les imprévus plutôt que de chercher un prix moyen unique.
Les chiffres par chambre sont utilisés comme des ordres de grandeur, pas comme un budget complet. Une rénovation cosmétique, un remplacement intégral du mobilier et une rénovation 3–4 étoiles avec reprise des salles de bains ou des réseaux n’ont pas le même périmètre et ne doivent pas être comparés comme s’il s’agissait du même chantier.
Nous avons donné davantage de poids aux sources françaises récentes et directement liées au marché hôtelier ou à la réglementation. Les fourchettes de rénovation par chambre s’appuient notamment sur les niveaux publiés par Cushman & Wakefield pour des opérations hôtelières en France.
Pour le classement et les équipements des chambres, nous nous sommes appuyés sur Atout France, son référentiel de classement des hôtels de tourisme, son guide de contrôle et sa FAQ dédiée aux hôtels. Ces documents permettent de distinguer ce qui relève du classement, des choix d’exploitation et du simple positionnement commercial.
Les questions d’accessibilité et de sécurité incendie ont été traitées séparément du classement hôtelier. Les principales références utilisées sont le Service Public Entreprendre sur l’accessibilité des ERP, les dispositions de Légifrance relatives aux établissements de type O et celles applicables aux ERP de cinquième catégorie.
Pour l’énergie, nous avons utilisé le cadre officiel d’Éco Énergie Tertiaire, les dispositions du Code de la construction et de l’habitation et le bilan OPERAT 2024–2025 publié par l’ADEME. Les objectifs réglementaires et les données de consommation servent ici à replacer les choix de CVC, d’eau chaude et de régulation dans le contexte actuel du parc tertiaire.
Nous avons également séparé le coût de la chambre du coût de l’hôtel dans son ensemble. Les scénarios de 30 chambres ont été reconstruits poste par poste pour vérifier qu’une hypothèse plausible au niveau d’une chambre reste cohérente une fois ajoutés le lobby, les couloirs, le petit-déjeuner, la technologie, les travaux techniques, les honoraires et la réserve de chantier.
Enfin, les fourchettes retenues sont volontairement larges. L’état réel du bâtiment, la localisation, le niveau de gamme, le recours au sur-mesure, les contraintes d’exploitation pendant les travaux et les découvertes derrière les murs peuvent déplacer le budget bien davantage qu’une petite variation du prix du mobilier.
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