Institut de beauté : l’onglerie est-elle déjà saturée ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Institut de beauté : l’onglerie est-elle déjà saturée ? Oui, l’onglerie standard est déjà très encombrée dans beaucoup de zones françaises, mais elle reste intéressante lorsqu’elle apporte de la fréquence, du cross-selling ou une vraie spécialité.

Le paradoxe du marché est assez simple : la demande reste forte alors que l’offre est devenue extrêmement facile à comparer. Une cliente peut voir en quelques minutes les prix, les photos, les avis et les créneaux de plusieurs professionnelles proches.

La saturation est donc surtout visible sur les prestations remplaçables. Une pose classique de semi-permanent à prix moyen entre vite en concurrence frontale avec des instituts, des studios spécialisés et des indépendantes à domicile qui ont parfois beaucoup moins de charges.

Le vrai avantage économique de l’onglerie reste la fréquence. Une cliente qui revient toutes les trois ou quatre semaines peut générer plusieurs centaines d’euros de chiffre d’affaires par an et devenir très précieuse pour un institut qui lui vend aussi d’autres prestations.

Pour cette raison, un poste onglerie intégré à un institut existant peut être plus intéressant qu’un nail bar qui doit financer seul son acquisition, son local et son trafic. La même prestation n’a pas du tout la même valeur selon le reste du modèle.

Le prix seul est rarement une bonne défense. Une baisse de 45 à 35 € retire 22 % de chiffre d’affaires par rendez-vous et oblige à produire environ 29 % de volume en plus pour revenir au même niveau.

La spécialisation peut encore créer de la marge, mais seulement si le prix paie vraiment le temps supplémentaire. Un nail art spectaculaire vendu un peu plus cher n’est pas forcément rentable s’il immobilise le poste deux fois plus longtemps.

La commodité devient elle aussi un positionnement. Une promesse simple — ponctualité, réservation immédiate, amplitude d’ouverture et pose fiable en moins d’une heure — peut être plus forte commercialement qu’une carte de prestations interminable.

La réglementation entretient une concurrence très ouverte puisque la pose de faux ongles peut être exercée sans CAP esthétique lorsqu’elle ne comprend pas les gestes réservés aux soins esthétiques. Cela facilite l’arrivée de nouvelles professionnelles avec une structure légère.

L’hygiène et la maîtrise des produits deviennent donc de vrais facteurs de confiance. L’interdiction du TPO depuis septembre 2025 a rappelé que la qualité d’une onglerie ne se juge pas seulement à ses photos Instagram.

Le meilleur test de saturation reste local. Des agendas pleins à 45 ou 60 € dans une zone très concurrentielle sont plus rassurants que quelques salons à bas prix qui ont tous des créneaux libres le jour même.

Pour quelqu’un qui ouvre un institut en France, la conclusion est nette : proposer les ongles reste pertinent si la prestation augmente la fréquence de visite, renforce le panier ou repose sur une promesse claire. Ouvrir une copie supplémentaire des offres déjà présentes dans le quartier est beaucoup plus difficile à défendre.

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L’onglerie est-elle vraiment saturée en France aujourd’hui ?

Oui, l’onglerie généraliste est déjà très encombrée en France, mais il reste de la place pour une offre qui donne aux clientes une vraie raison de changer de prestataire.

Le problème commence par la quantité d’offres qui se ressemblent. Sur les plateformes de réservation, Google Maps et Instagram, une cliente trouve facilement plusieurs professionnelles proposant semi-permanent, gel, gainage, extensions et nail art dans la même zone. Il devient alors très difficile de gagner simplement avec une carte de prestations correcte et des prix dans la moyenne.

En même temps, rien n’indique que les Français aient cessé de se faire les ongles. Planity, qui couvre l’ensemble des métiers de la beauté et pas uniquement l’onglerie, est passé de 30 000 partenaires et 200 millions de rendez-vous gérés en 2023 à 60 000 partenaires et 400 millions en 2025. En 2026, l’entreprise indique désormais enregistrer six prises de rendez-vous chaque seconde. Nous ne pouvons pas isoler les ongles dans ces chiffres, mais ils montrent à quel point la réservation professionnelle de prestations beauté reste massive.

La saturation existe donc surtout là où les prestations sont faciles à remplacer. Une nouvelle onglerie qui ressemble aux dix autres du quartier arrive sur un marché difficile. Une spécialiste recherchée pour une technique, une rapidité ou un style précis joue déjà une autre partie.

Situation locale Notre lecture
Beaucoup d’ongleries, agendas pleins Marché concurrentiel mais demande forte
Beaucoup d’ongleries, créneaux libres partout Risque réel de surcapacité
Prix très bas et promotions permanentes Forte pression sur les marges
Quelques spécialistes très demandées Place possible avec un positionnement distinct

Pourquoi autant de nouvelles prothésistes ongulaires arrivent-elles encore ?

L’onglerie attire toujours beaucoup de nouvelles professionnelles parce qu’on peut tester le métier avec beaucoup moins d’argent et de contraintes qu’un institut de beauté complet.

La réglementation française joue directement sur cette concurrence. Dans sa FAQ publiée en 2026, la DGCCRF rappelle que la pose de faux ongles n’est pas considérée comme un soin esthétique réglementé. Elle peut donc être pratiquée sans CAP esthétique. Une véritable manucure effectuée sur les ongles naturels reste, elle, réservée à un professionnel qualifié.

Le Gouvernement a donné la même réponse à l’Assemblée nationale quelques semaines auparavant : le stylisme ou la prothésie ongulaire n’entrent pas dans l’obligation de qualification tant que la prestation ne comprend pas les gestes réservés aux soins esthétiques.

Cette règle permet de démarrer dans un local très léger, à domicile ou parfois avec un simple poste loué. Il n’y a pas besoin de financer immédiatement plusieurs cabines, des machines coûteuses ou une grosse équipe.

Pour celui qui veut ouvrir un institut, c’est une donnée essentielle. On entre dans un métier où une nouvelle concurrente peut apparaître rapidement avec des charges fixes très inférieures aux nôtres. Cette facilité d’entrée explique une bonne partie de la sensation de saturation actuelle.

La demande pour les ongles continue-t-elle vraiment de progresser ?

Oui, la demande pour les prestations ongulaires reste bien vivante aujourd’hui, même si nous manquons d’une statistique publique française assez fine pour mesurer uniquement les nail bars.

Les estimations privées disponibles vont dans la même direction. Grand View Research évaluait le marché européen des salons d’onglerie autour de 3,3 milliards de dollars en 2023 et projetait environ 5,4 milliards en 2030. Cela correspondrait à un peu plus de 7 % de croissance annuelle moyenne. Le cabinet classe notamment le gel et les extensions parmi les segments porteurs.

Les estimations consacrées au marché français donnent également une croissance positive sur les prochaines années. Nous les utiliserions avec prudence : ce sont des modèles de cabinets d’études, pas des comptes consolidés de toutes les ongleries françaises.

Le signal le plus intéressant vient finalement du comportement des clientes. Les ongles se prêtent particulièrement bien au rendez-vous récurrent, et les grandes plateformes beauté continuent de doubler leur empreinte. Une catégorie qui disparaît ne s’accompagne normalement pas d’une telle expansion de l’écosystème de réservation.

Le secteur est donc encombré alors que la consommation reste soutenue. C’est justement ce mélange qui rend l’onglerie intéressante, mais plus difficile à lancer qu’il y a quelques années.

Pourquoi l’onglerie reste-t-elle aussi intéressante pour un institut de beauté ?

L’onglerie reste très attractive pour un institut parce qu’une bonne cliente peut revenir dix à quinze fois par an.

C’est beaucoup plus fréquent que pour de nombreux soins visage ou prestations bien-être. Une cliente qui revient toutes les quatre semaines effectue environ treize rendez-vous par an. Avec un panier moyen de 45 €, elle génère déjà 585 € de chiffre d’affaires annuel. À 55 €, nous passons à 715 €.

Cinquante clientes de ce type représentent environ 29 000 à 36 000 € de chiffre d’affaires annuel. Cent clientes régulières peuvent donc produire une base de 58 500 à 71 500 €, avant les prestations pieds, le nail art, la vente de produits ou les autres services de l’institut.

Évidemment, ce chiffre d’affaires ne dit rien à lui seul sur la rentabilité. Il faut payer les heures de travail, les cotisations, le local et les périodes creuses. Mais il explique pourquoi les instituts continuent de vouloir des postes onglerie : quelques dizaines de clientes très fidèles valent beaucoup plus qu’un flux constant de clientes occasionnelles.

Retour de la cliente Prix moyen CA annuel par cliente
Toutes les 4 semaines 35 € 455 €
Toutes les 4 semaines 45 € 585 €
Toutes les 4 semaines 55 € 715 €
Toutes les 3 semaines 45 € Environ 765 €
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Le semi-permanent est-il devenu trop banal pour faire vivre une onglerie ?

Le semi-permanent classique peut encore gagner de l’argent, mais il est devenu trop banal pour constituer à lui seul un bon positionnement.

Une cliente qui cherche aujourd’hui une pose couleur simple peut souvent choisir entre plusieurs instituts et indépendantes proches. Elle voit le tarif, les photos, les avis et parfois le prochain créneau disponible avant même d’avoir parlé à quelqu’un.

Dans ces conditions, les prestations simples deviennent très comparables. Un institut qui propose exactement la même pose en une heure que ses voisins doit gagner sur autre chose : emplacement, horaires, rapidité, excellente tenue, expérience ou prix.

Le danger apparaît lorsqu’on baisse les prix pour résoudre le problème. Passer une prestation de 45 à 35 € enlève 22 % de chiffre d’affaires par rendez-vous. Il faudrait environ 29 % de clientes supplémentaires pour retrouver le même chiffre d’affaires.

Or une prothésiste vend surtout son temps. Une fois l’agenda rempli, elle ne peut pas produire 29 % d’heures supplémentaires sans travailler davantage ou embaucher.

Nous garderions donc volontiers le semi-permanent sur la carte d’un institut. Nous éviterions simplement d’en faire la raison principale pour laquelle les clientes devraient venir chez nous.

Est-ce devenu une guerre des prix entre ongleries ?

Dans les prestations ongulaires les plus simples, la guerre des prix est désormais un vrai risque, surtout quand plusieurs professionnelles proposent presque la même chose dans un petit rayon.

La concurrence à domicile accentue encore le phénomène. Une indépendante qui travaille dans une pièce déjà disponible chez elle peut tenir avec un prix qu’un institut avec loyer commercial, réception, salariés et aménagements aura beaucoup plus de mal à reproduire.

Essayer de battre systématiquement cette professionnelle à 30 ou 35 € est rarement une bonne idée pour un institut. Même si le coût des gels reste relativement faible, chaque réduction de prix frappe directement le revenu obtenu pour une heure de travail.

Le bon indicateur devient alors le chiffre d’affaires par heure. Une pose à 50 € réalisée proprement en cinquante minutes peut être plus intéressante qu’un nail art vendu 70 € qui immobilise le poste pendant deux heures.

C’est aussi pour cela que certaines ongleries arrivent encore à facturer nettement plus que leurs voisines. Dès que la cliente perçoit une différence de résultat, de vitesse ou de fiabilité, elle compare moins mécaniquement les tarifs.

Une prothésiste à domicile peut-elle vraiment faire mal à un institut ?

Oui, une bonne prothésiste qui travaille chez elle peut rendre l’onglerie entrée de gamme très difficile à défendre pour un institut traditionnel.

Elle part souvent avec un gros avantage de coûts. Elle peut avoir peu ou pas de loyer professionnel, travailler seule, limiter ses horaires aux périodes remplies et réduire fortement les dépenses liées à l’accueil ou à l’aménagement commercial.

Son activité peut également paraître très professionnelle en ligne. Avec de bonnes photos, des avis Google, Instagram et un outil de réservation, la différence de visibilité avec un institut physique est beaucoup plus petite qu’autrefois.

L’institut doit donc exploiter ce qu’un studio domestique reproduit moins facilement. Une cliente peut regrouper plusieurs prestations, venir sur une amplitude horaire plus large, profiter d’une organisation plus robuste et retrouver un service même lorsqu’une personne de l’équipe est absente.

Pour une offre basique vendue uniquement sur le prix, l’avantage revient souvent à l’indépendante. Plus l’institut valorise l’expérience complète et le gain de temps, plus le rapport de force s’équilibre.

Les réseaux sociaux et le nail art ont-ils changé la concurrence ?

Oui, Instagram et TikTok ont rendu l’onglerie beaucoup plus concurrentielle, tout en permettant aux meilleures techniciennes de sortir très vite du lot.

Le métier s’y prête presque parfaitement. Chaque rendez-vous peut produire une nouvelle photo ou une courte vidéo. Une indépendante sans vitrine peut construire en quelques mois un portfolio de dizaines de poses visible par toutes les clientes locales.

Cela explique aussi pourquoi une simple présence sur Instagram n’apporte plus beaucoup d’avantage. Publier des photos de French manucure semblables à celles de tout le monde nous remet immédiatement au milieu de la foule.

En revanche, une signature visuelle forte peut modifier complètement la comparaison. Une spécialiste des micro-French, des designs japonais, des formes longues ou du nail art très détaillé attire des clientes qui recherchent son travail précisément. Elles ne tapent plus seulement « onglerie autour de moi ».

Nous devons malgré tout regarder la montre. Un nail art magnifique vendu 15 € plus cher mais demandant quarante minutes supplémentaires peut réduire la rentabilité du poste. Le meilleur positionnement créatif combine désirabilité et prix suffisamment élevé pour payer le temps supplémentaire.

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Une onglerie peut-elle gagner simplement en étant plus rapide et plus pratique ?

Oui, la commodité peut aujourd’hui être un avantage aussi puissant que le nail art, surtout dans les villes où les clientes ont beaucoup de choix.

La croissance de Planity permet de voir à quel point les habitudes ont changé. La plateforme comptait 15 000 partenaires en 2021, 30 000 en 2023 puis 60 000 en 2025. En cinq ans, son réseau a donc été multiplié par quatre. Elle affiche maintenant six rendez-vous pris chaque seconde.

Cette progression couvre tout le secteur beauté, mais elle montre clairement ce que la clientèle attend désormais : voir les disponibilités, réserver immédiatement et éviter l’aller-retour de messages pour trouver un créneau.

Dans l’onglerie, où le rendez-vous revient souvent toutes les trois ou quatre semaines, cette simplicité compte énormément. Un institut situé près du travail ou du domicile, ponctuel, réservable tard le soir et capable d’assurer une pose en cinquante minutes peut fidéliser sans être le moins cher.

Une promesse aussi simple que « toujours à l’heure, résultat fiable, sortie en moins d’une heure » peut être commercialement plus forte qu’une carte interminable.

L’hygiène et les produits peuvent-ils vraiment différencier une onglerie ?

Oui, l’hygiène et la transparence sur les produits sont devenues des arguments beaucoup plus sérieux, surtout depuis que la réglementation européenne a directement touché les gels pour ongles.

Le cas du TPO a été très visible. Cette substance utilisée dans certaines préparations pour ongles artificiels a été interdite dans les cosmétiques dans toute l’Union européenne à partir de septembre 2025 après son classement comme toxique pour la reproduction de catégorie 1B. La DGCCRF a rappelé qu’aucun délai n’était prévu pour écouler les anciens stocks : les professionnels devaient arrêter de les utiliser.

Cet épisode a obligé les salons à vérifier leurs références et leurs fournisseurs. Il rappelle aussi que la cliente confie ses mains à quelqu’un qui utilise des produits chimiques, des instruments et parfois du matériel électrique très près de la peau.

Le contexte réglementaire renforce cette différence de qualité. Comme nous l’avons vu plus haut, la simple pose de faux ongles n’impose pas de CAP esthétique. Le niveau réel de formation peut donc beaucoup varier d’une professionnelle à l’autre.

Un institut sérieux peut en profiter sans transformer son marketing en cours de réglementation. Montrer des instruments propres, connaître les références utilisées, savoir expliquer les produits et maintenir des procédures constantes crée une confiance que les photos de nail art seules ne donnent pas.

Les difficultés financières des instituts montrent-elles que l’onglerie devient trop risquée ?

Les dernières défaillances nous rendent plus prudents sur l’économie des instituts, mais elles ne montrent pas un effondrement spécifique de l’onglerie.

Altares a recensé 2 106 défaillances en 2025 dans l’ensemble « coiffeurs, soins de beauté et corporels », contre 2 092 un an plus tôt. La hausse annuelle était donc faible, autour de 0,7 %.

Le début de 2026 s’est nettement détérioré. Altares compte 640 défaillances sur le premier trimestre dans la même catégorie, contre 560 un an auparavant, soit +14,3 %. Plus de 74 % de ces procédures étaient des liquidations judiciaires directes.

Nous devons rester précis : ces statistiques mélangent coiffure, esthétique et soins corporels. Elles ne permettent pas d’affirmer que 640 ongleries ont échoué. Elles montrent cependant que les petits commerces de beauté ne sont actuellement pas dans une période où n’importe quel concept se finance facilement et survit.

Pour un projet d’institut, la conclusion pratique est assez nette. Une demande soutenue ne sauve pas un établissement avec trop de loyer, trop d’heures vides ou des prix trop faibles.

Défaillances « coiffeurs, soins de beauté et corporels » Période précédente Période récente Évolution
Année complète 2 092 2 106 +0,7 %
Premier trimestre 560 640 +14,3 %

Une onglerie seule est-elle plus risquée qu’un institut qui propose plusieurs soins ?

Oui, un nail bar pur est plus exposé à la saturation qu’un institut capable d’utiliser les ongles pour faire revenir régulièrement ses clientes et leur vendre autre chose.

Prenons une cliente qui revient treize fois par an pour ses ongles. Pendant ces treize visites, l’institut peut aussi lui faire découvrir les sourcils, les cils, une épilation, un soin visage, les pieds ou des produits à domicile.

Cette logique change complètement la valeur économique du rendez-vous. Le semi-permanent peut être moyennement différencié et pourtant rester très utile s’il fait revenir une cliente qui dépense ailleurs dans l’établissement.

L’avantage est encore plus marqué pour un institut qui possède déjà un fichier clients. Ajouter un poste onglerie à 500 ou 1 000 clientes existantes n’a rien à voir avec ouvrir une nouvelle boutique en espérant que la rue fournisse immédiatement assez de rendez-vous.

Les réseaux spécialisés eux-mêmes élargissent leurs propositions. L’Onglerie, marque présente depuis 1983, présente aujourd’hui plusieurs concepts autour des ongles et du regard. Cette diversification montre qu’une enseigne historique cherche elle aussi à augmenter les occasions de dépense autour de sa clientèle existante.

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Est-ce que les grandes franchises arrivent encore à gagner de l’argent avec les ongles ?

Oui, des réseaux continuent de développer l’onglerie en France, ce qui serait difficile à expliquer si le marché était devenu inexploitable partout.

Les données 2026 de la Fédération Française de la Franchise indiquent pour L’Onglerie un investissement à partir de 80 000 € HT, un chiffre d’affaires annuel moyen annoncé autour de 200 000 €, un droit d’entrée de 17 000 €, ainsi que des redevances de 7 % et 3,5 %.

Ces chiffres viennent du réseau et ne garantissent évidemment pas le résultat d’un futur point de vente. Ils sont néanmoins intéressants pour comprendre l’échelle du business.

À 200 000 € de chiffre d’affaires, nous sommes très loin d’une petite activité annexe à domicile. Il faut suffisamment de rendez-vous pour financer le local, le personnel et les frais du réseau. Une implantation mal choisie peut rapidement devenir lourde.

Le fait qu’un réseau historique continue de se développer montre qu’il existe toujours des zones exploitables. Il confirme aussi que l’onglerie professionnelle est devenue un vrai métier de retail : l’emplacement, le remplissage de l’agenda et la productivité comptent autant que la technique.

Comment savoir si une ville a déjà trop d’ongleries ?

Le meilleur test consiste aujourd’hui à regarder les agendas des concurrentes, pas simplement à compter les enseignes sur Google Maps.

Imaginons quinze ongleries autour d’un futur local. Si les cinq mieux notées sont presque complètes pour la semaine et peuvent maintenir des prix de 45 à 60 €, la zone peut encore être très intéressante. La concurrence élevée confirme alors qu’il existe une vraie consommation locale.

Six ongleries suffisent parfois à rendre un quartier inquiétant si chacune propose des créneaux le jour même, multiplie les réductions et affiche des prix proches du minimum rentable.

Nous regarderions aussi la concurrence qui vise réellement la même cliente. Un studio de nail art à 80 € ne joue pas exactement contre un bar express à 30 €. Ce sont les professionnelles comparables en prix, style et promesse qu’il faut compter.

Les avis ajoutent une autre couche. Trois concurrentes à 500 avis chacune témoignent d’un historique de volume important, mais elles occupent aussi déjà des positions difficiles à déloger. À l’inverse, dix prestataires avec très peu d’avis et des agendas vides peuvent révéler une demande locale trop faible.

Pour une étude de marché, nous prendrions donc plusieurs jours et plusieurs horaires différents pour observer les créneaux disponibles. Ce travail donne souvent une meilleure idée de la saturation réelle qu’un chiffre national sur le marché de l’onglerie.

Quel type d’onglerie a encore de la place aujourd’hui ?

Une nouvelle onglerie a encore une vraie chance si elle peut répondre en une phrase à la question : « Pourquoi une cliente viendrait-elle ici plutôt que chez les cinq autres ? »

Un studio très créatif peut être connu pour un style que les concurrentes maîtrisent mal. Un concept express peut promettre une pose fiable sur la pause déjeuner. Un institut premium peut vendre un environnement beaucoup plus rassurant et confortable. Un établissement de quartier peut gagner grâce à une amplitude d’ouverture et une réservation extrêmement simples.

Un institut multi-soins possède encore une autre carte : la cliente vient déjà sur place. L’onglerie devient alors une façon de la faire revenir plus souvent plutôt qu’une activité qui doit financer seule toute l’acquisition.

Nous sommes beaucoup moins convaincus par le positionnement que l’on voit encore régulièrement : jolie décoration, semi-permanent, gel, nail art, tarifs moyens et « produits de qualité ». Toutes les concurrentes sérieuses peuvent désormais raconter à peu près la même chose.

Aujourd’hui, être simplement professionnelle n’est plus un positionnement. C’est le prix d’entrée.

Faut-il encore proposer de l’onglerie quand on ouvre un institut de beauté ?

Oui, nous proposerions encore de l’onglerie dans beaucoup de nouveaux instituts, à condition de savoir exactement comment elle doit gagner de l’argent.

Le cas le plus séduisant est celui d’un institut où le poste onglerie augmente la fréquence de visite d’une clientèle qui achète déjà d’autres prestations. Une cliente peut venir chaque mois pour ses mains, ajouter les pieds avant l’été, réserver ses sourcils à la même occasion et acheter ponctuellement un produit.

Nous serions beaucoup plus prudents lorsque l’onglerie impose une embauche, une grande surface supplémentaire et des prix bas simplement pour remplir le planning. Dans ce scénario, le nombre de rendez-vous nécessaires grimpe vite.

Il faut donc faire le calcul à l’heure. Prenons un poste disponible 35 heures par semaine avec 70 % de remplissage réel : environ 24,5 heures sont vendues. À 45 € de chiffre d’affaires par heure, le poste produit autour de 1 100 € par semaine avant congés et fermetures. À 30 €, il tombe autour de 735 €. Une différence de 15 € dans le revenu horaire représente alors presque 19 000 € sur cinquante semaines.

C’est ce calcul, beaucoup plus que la popularité des ongles sur Instagram, qui doit décider si la prestation mérite sa place dans le concept.

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Alors, l’onglerie est-elle déjà saturée ?

Oui, l’onglerie standard est aujourd’hui saturée dans beaucoup de zones françaises, et ouvrir une copie supplémentaire des offres existantes nous paraît franchement risqué.

La demande reste pourtant suffisamment forte pour qu’une bonne onglerie puisse encore très bien fonctionner. Les rendez-vous beauté en ligne continuent de monter, les réseaux spécialisés restent présents et la fréquence naturelle de la prestation peut transformer quelques dizaines de clientes régulières en chiffre d’affaires significatif.

Le problème vient surtout de l’offre. La pose de faux ongles reste facile d’accès réglementairement, une indépendante peut démarrer avec peu de charges et les clientes comparent maintenant les prix, les avis, les photos et les disponibilités en quelques minutes. Pendant ce temps, les défaillances de l’ensemble coiffure-beauté ont accéléré de 14,3 % au premier trimestre 2026. Comme vu plus haut, ce dernier chiffre ne concerne pas uniquement l’onglerie, mais il rappelle qu’un marché fréquenté n’assure pas automatiquement une bonne économie.

Pour un institut de beauté, nous garderions donc volontiers les ongles lorsque la prestation apporte de la fréquence, du cross-selling ou une vraie spécialité. Nous laisserions tomber le projet si toute l’étude de marché se résume à constater que « les ongles sont populaires » et à proposer le même semi-permanent que le quartier.

Il reste de l’argent à gagner dans l’onglerie. La place facile, elle, a largement disparu.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Pour déterminer si l’onglerie est réellement saturée en France, nous avons séparé la question en plusieurs dimensions : intensité de la concurrence, niveau de demande, facilité d’entrée de nouveaux professionnels, pression sur les prix, économie d’un poste de travail et capacité d’un concept à se différencier.

Nous avons ensuite croisé les données réglementaires, l’évolution de la réservation beauté, les estimations de marché, les défaillances d’entreprises, les données de réseaux spécialisés et les indicateurs opérationnels utilisés dans l’article, notamment la fréquence de visite, le remplissage et le chiffre d’affaires par heure.

Nous n’avons pas donné le même poids à tous les éléments. Les textes réglementaires et les données publiées directement par les organismes concernés servent de base pour les faits vérifiables. Les estimations privées sont surtout utilisées pour confirmer une direction de marché, et les statistiques plus larges que l’onglerie uniquement lorsqu’elles éclairent un phénomène précis comme la dynamique de réservation ou la tension économique dans les métiers de la beauté.

Les chiffres de Planity sont utilisés comme indicateur de la montée de la réservation professionnelle dans la beauté, pas comme une mesure directe du seul marché de l’onglerie. De la même façon, les défaillances Altares couvrent la catégorie plus large « coiffeurs, soins de beauté et corporels » et servent ici à documenter le contexte économique des petits commerces de beauté.

Pour la réglementation, nous nous appuyons sur la DGCCRF, la réponse du Gouvernement publiée par l’Assemblée nationale et l’article L.121-1 du Code de l’artisanat. Pour le TPO, nous avons retenu la DGCCRF et le règlement européen à l’origine de l’interdiction.

Enfin, nous avons évalué les éléments ensemble plutôt qu’isolément. Une forte densité de concurrentes peut traduire une demande importante ; un marché en croissance peut rester difficile pour un nouvel entrant ; et un prix attractif peut masquer une productivité trop faible. L’objectif est de distinguer un marché simplement concurrentiel d’un marché réellement difficile à pénétrer.

Parmi les sources clés utilisées figurent Planity sur l’évolution de son réseau, Planity Pro sur la taille actuelle de son écosystème, la DGCCRF sur l’encadrement des soins esthétiques et de la prothésie ongulaire, la réponse gouvernementale publiée par l’Assemblée nationale en 2026, Légifrance sur l’article L.121-1 du Code de l’artisanat, la DGCCRF sur l’interdiction du TPO, EUR-Lex pour le règlement (UE) 2025/877, Altares pour le bilan 2025 des défaillances, Altares pour le premier trimestre 2026, Grand View Research pour le marché européen des salons d’onglerie, Grand View Research pour le marché français, le Guide 2026 de la Fédération Française de la Franchise, la fiche FFF de L’Onglerie et le site officiel de L’Onglerie.

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