Magasin de lunettes : quel matériel aujourd'hui ?

Lancez un magasin de lunettes avec des chiffres solides dès le départ
Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier.
C'est partiEN RÉSUMÉ
Magasin de lunettes : quel matériel aujourd'hui ? Pour démarrer sérieusement en France, il faut surtout financer le contrôle des verres, l'ajustage, les mesures, un petit atelier de SAV et une informatique métier fiable ; la grosse chaîne de taillage et les équipements de réfraction très automatisés peuvent venir plus tard.
Le piège est de confondre matériel utile et matériel impressionnant. Un magasin peut être techniquement crédible avec un équipement assez sobre si les fonctions essentielles sont bien couvertes et si certaines opérations sont externalisées.
Le frontofocomètre fait partie du vrai socle de départ. Il coûte bien moins qu'une chaîne de taillage et intervient directement dans le contrôle des corrections, des anciennes lunettes et des équipements remis au client.
Le taillage est le premier gros arbitrage financier. Tant que les volumes restent incertains, externaliser les montages peut être plus rationnel que d'immobiliser plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers d'euros dans une meuleuse peu utilisée.
Une salle de réfraction n'a de sens que si l'examen de vue fait réellement partie du modèle du magasin. Une installation simple, bien aménagée et correctement utilisée peut coûter quelques milliers d'euros ; l'automatisation fait vite grimper la facture sans changer la mission de base.
L'autoréfractomètre devient surtout intéressant avec du débit. À quelques examens par semaine, il risque d'être sous-utilisé ; à plusieurs examens par jour, le gain de temps et la fluidité commencent à peser beaucoup plus lourd.
Le petit matériel d'atelier est peu spectaculaire mais très rentable opérationnellement. Pinces, tournevis, chaufferette, ultrasons, visserie et consommables servent au quotidien et soutiennent un vrai service après-vente en magasin.
Le centrage vidéo n'est pas un ticket d'entrée obligatoire. Il devient beaucoup plus cohérent dans une boutique qui vend beaucoup de progressifs individualisés ou de verres premium, où les paramètres supplémentaires sont réellement exploités.
L'occasion est particulièrement intéressante sur les grosses machines, à condition de regarder le SAV, les pièces, le calibrage et la capacité à faire réparer rapidement l'équipement. Une machine ancienne très bon marché peut coûter cher le jour où elle bloque l'atelier.
Pour le matériel technique et informatique seul, un budget d'environ 7 000 à 12 000 € HT permet déjà une ouverture légère et sérieuse ; 15 000 à 30 000 € HT donnent davantage de marge pour la réfraction et le taillage. Au-delà, on paie surtout l'internalisation, l'automatisation et le positionnement premium.
Pour un premier point de vente, nous garderions volontiers une partie du capital en trésorerie plutôt que de tout mettre dans les machines. Un atelier spectaculaire ne compense pas un stock trop court, un local mal financé ou un démarrage sans marge de manœuvre.
Tous les documents pour lancer un magasin de lunettes
Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier. Vous y mettez vos chiffres, vous présentez le dossier.
Voir le pack completTéléchargement immédiat
Quel matériel faut-il vraiment pour ouvrir un magasin de lunettes aujourd’hui ?
Pour ouvrir un magasin de lunettes aujourd’hui, nous avons surtout besoin de matériel pour mesurer, contrôler, ajuster et délivrer correctement les lunettes ; une grosse salle d’examen et une chaîne de taillage entièrement automatisée peuvent attendre.
La frontière est importante. La convention nationale des opticiens prévoit notamment un système permettant d’apprécier la performance visuelle, des conditions adaptées aux mesures et aux essayages, ainsi qu’un atelier équipé pour l’usinage et le contrôle des équipements d’optique médicale. En revanche, elle n’impose pas qu’un petit magasin neuf accumule immédiatement toutes les machines disponibles sur le marché.
Dans le socle de départ, nous mettrions donc un frontofocomètre, les outils de réglage et de réparation, une chaufferette, du matériel de nettoyage, une solution fiable pour les mesures pupillaires et les hauteurs, puis l’informatique métier avec la télétransmission. Ce sont des équipements utilisés directement dans la vente, le contrôle ou la remise des lunettes.
Les grosses dépenses arrivent ensuite. Une meuleuse automatique devient utile si nous voulons tailler nous-mêmes les verres. L’autoréfractomètre accélère les examens. Une colonne vidéo apporte des mesures plus poussées pour certains verres premium. Ces trois postes peuvent représenter à eux seuls plusieurs dizaines de milliers d’euros.
| Matériel | Au démarrage ? | Ordre de grandeur actuellement observé |
|---|---|---|
| Frontofocomètre | Oui | Quelques centaines d’euros d’occasion à plusieurs milliers d’euros neuf |
| Pinces et petit outillage | Oui | À partir d’environ 200 € pour une trousse professionnelle |
| Chaufferette | Oui | Quelques centaines d’euros selon le modèle |
| Bac à ultrasons | Oui | De quelques dizaines à quelques centaines d’euros |
| Mesure pupillaire / hauteurs | Oui | Très variable selon solution manuelle ou numérique |
| Ordinateur et imprimante | Oui | Environ 1 000 à 2 000 € selon équipement |
| Logiciel métier / télétransmission | Oui | Abonnement ou licence selon éditeur |
| Autoréfractomètre | Pas forcément | Environ 1 500 à 6 000 € sur des occasions professionnelles observées |
| Ensemble de taillage | Pas forcément | De quelques milliers à plus de 10 000 € en occasion selon génération |
| Colonne de prise de mesures | Non, sauf positionnement premium | Peut dépasser 10 000 € en neuf |
Peut-on ouvrir un magasin de lunettes sans acheter une grosse meuleuse ?
Oui, un magasin de lunettes peut actuellement démarrer sans immobiliser 10 000 € ou davantage dans une chaîne de taillage complète, surtout si son volume de ventes est encore inconnu.
Le point réglementaire est plus subtil qu’on pourrait le croire. La convention nationale prévoit que l’opticien dispose d’un atelier avec le matériel nécessaire à la réalisation des équipements, mais cet atelier peut être attenant au magasin ou centralisé. Les montages doivent rester sous le contrôle d’un professionnel opticien. Un réseau ou une organisation possédant un atelier central n’a donc pas besoin de reproduire une unité de production complète dans chaque point de vente.
Pour un indépendant, il existe aussi des solutions de verres livrés détourés ou de montage externalisé. Le coût unitaire est alors supérieur et nous dépendons davantage du laboratoire, mais nous supprimons une grosse dépense fixe au démarrage.
Les prix du marché rendent ce choix très concret. Des spécialistes de l’atelier optique indiquent ces jours-ci qu’une détoureuse professionnelle d’occasion peut démarrer autour de 1 500 €, alors que les systèmes neufs les plus complets se chiffrent en dizaines de milliers d’euros. Sur le marché de seconde main, les ensembles plus récents avec centrage, rainage ou perçage montent facilement à plusieurs milliers d’euros supplémentaires.
Nous internaliserions donc le taillage lorsque le volume, les délais promis aux clients ou le besoin de montages particuliers le justifient vraiment. Au début, l’argent peut être plus utile dans le stock, l’aménagement ou la trésorerie.
Le frontofocomètre est-il vraiment indispensable dans un magasin d’optique ?
Oui, le frontofocomètre fait partie des achats que nous couperions en dernier : il sert directement à vérifier la correction des verres que le magasin va remettre au client.
Le frontofocomètre mesure notamment la sphère, le cylindre et l’axe d’un verre et sert aussi au contrôle d’une ancienne paire. Dans un atelier, il intervient donc avant la vente, pendant certaines opérations techniques et au contrôle final.
Les prix restent raisonnables par rapport aux autres machines. Les guides professionnels consacrés à l’atelier optique parlent actuellement de quelques centaines d’euros pour certaines occasions et de plusieurs milliers d’euros pour du neuf. C’est un ordre de grandeur bien inférieur à celui d’une chaîne de taillage moderne.
Nous ne chercherions pas forcément le modèle le plus haut de gamme. Pour une boutique qui débute, la priorité est d’avoir un appareil fiable, correctement calibré et suffisamment adapté aux types de verres réellement vendus.
Faut-il une salle d’examen de vue dès l’ouverture du magasin ?
Non, une salle d’examen complète ne mérite d’être équipée dès l’ouverture que si l’examen de réfraction fait vraiment partie du service que nous voulons vendre.
Quand un opticien détermine la réfraction, le Code de la santé publique et la convention applicable aux opticiens encadrent les conditions dans lesquelles le client doit être reçu. L’espace doit notamment assurer une confidentialité visuelle et phonique correcte et être équipé pour évaluer la vision de loin et de près.
La convention cite une lunette d’essai ou un réfractomètre et prévoit éventuellement un autoréfractomètre. Elle précise surtout qu’un examen de réfraction ne peut pas se limiter à la mesure fournie par un réfractomètre automatique. Acheter une machine à plusieurs milliers d’euros ne transforme donc pas, à elle seule, une pièce libre en bonne salle d’examen.
Une configuration simple peut déjà couvrir beaucoup de besoins : mallette de verres d’essai, monture d’essai ou réfracteur manuel, système d’optotypes et espace correctement aménagé. Les automatismes viennent ensuite.
Pour une boutique centrée sur la vente de montures à partir d’ordonnances existantes, nous reporterions facilement une partie de cette dépense. Pour une enseigne qui veut réaliser beaucoup de renouvellements et de contrôles visuels, elle devient beaucoup plus difficile à repousser.
Combien facturer pour rentabiliser un magasin de lunettes ?
Le prévisionnel du pack calcule votre seuil de rentabilité, votre besoin en fonds de roulement et votre trésorerie à partir de vos propres hypothèses. Vous changez un chiffre, tout se recalcule.
Voir le pack completAucune connaissance financière requise
Combien coûte réellement une salle de réfraction aujourd’hui ?
Une salle de réfraction peut démarrer à quelques milliers d’euros avec du matériel simple ou d’occasion, tandis qu’une installation très automatisée peut facilement passer au-dessus de 10 000 €.
Le premier niveau coûte assez peu. Des mallettes de verres d’essai neuves sont encore vendues pour quelques centaines d’euros. Un réfracteur manuel d’occasion peut lui aussi se trouver sous les 1 000 €. Le système d’optotypes ajoute généralement quelques centaines à quelques milliers d’euros selon la technologie choisie.
L’autoréfractomètre fait vite monter le ticket. Sur le marché professionnel de l’occasion, nous voyons actuellement des appareils autour de 1 500 € dans le bas de la fourchette, puis 2 500 à 3 000 € pour d’autres références et 5 000 à 6 000 € pour certains équipements plus récents ou plus sophistiqués.
Cette dispersion change complètement la manière de budgéter une création. Une salle fonctionnelle et une salle spectaculaire peuvent remplir la même mission de base tout en ayant un coût multiplié plusieurs fois.
| Équipement de réfraction | Niveau de prix actuellement rencontré |
|---|---|
| Mallette de verres d’essai | Quelques centaines d’euros |
| Monture ou lunette d’essai | Quelques dizaines à quelques centaines d’euros |
| Réfracteur manuel d’occasion | Souvent sous 1 000 € |
| Projecteur / écran d’optotypes | De quelques centaines à environ 2 000 € selon système |
| Autoréfractomètre d’occasion entrée de gamme | Autour de 1 500 € |
| Autoréfractomètre d’occasion intermédiaire | Environ 2 500–3 000 € |
| Autoréfractomètre récent d’occasion | Environ 5 000–6 000 € |
| Unité de réfraction complète d’occasion | Plusieurs milliers d’euros |
| Installation automatisée haut de gamme | Peut dépasser 10 000 € |
Un autoréfractomètre vaut-il vraiment son prix pour un nouveau magasin de lunettes ?
Pour un nouveau magasin de lunettes, l’autoréfractomètre devient intéressant quand nous faisons assez d’examens pour profiter réellement du temps gagné ; sinon, plusieurs milliers d’euros peuvent rester longtemps sous-utilisés.
L’appareil fournit rapidement une première mesure objective de la réfraction et, sur certains modèles, de la kératométrie. C’est très pratique lorsqu’un magasin enchaîne les contrôles. Mais les textes applicables aux opticiens rappellent précisément que cette mesure automatique ne suffit pas à constituer l’examen.
Le calcul économique est donc assez simple. À cinq examens par semaine, une machine à 5 000 € a beaucoup de temps pour s’amortir. À plusieurs examens par jour, la rapidité de prise en charge commence à avoir une vraie valeur opérationnelle.
Nous préférerions ainsi une bonne installation manuelle avec un opticien qui maîtrise sa réfraction à un autoréfractomètre coûteux acheté surtout parce qu’il « fait professionnel ». Dès que les rendez-vous deviennent nombreux, l’ordre des priorités change.
Quel petit matériel d’atelier faut-il acheter dès le premier jour ?
Le petit atelier de réglage est indispensable dès le premier jour parce que nous allons l’utiliser beaucoup plus souvent que la plupart des grosses machines.
Une trousse professionnelle d’une quinzaine d’outils peut commencer autour de 200 € selon les guides spécialisés récents. Nous aurons ensuite besoin de plusieurs pinces adaptées aux différentes opérations, de tournevis de précision, de brucelles, de visserie, de plaquettes, de consommables pour montures nylon et de petits éléments de dépannage.
La chaufferette compte beaucoup dès que nous travaillons des montures plastiques. Un bac à ultrasons est également utile pour le nettoyage avant remise au client et pour le SAV.
Il faut éviter de trop rationaliser ce poste. Une pince de mauvaise qualité peut marquer une monture qui vaut plusieurs centaines d’euros, alors que la différence de prix entre un outil médiocre et un bon outil professionnel reste faible à l’échelle du budget du magasin.
Un atelier capable d’effectuer immédiatement un réglage, un changement de plaquettes ou une petite réparation donne aussi au magasin quelque chose que le client ressent tout de suite : du service sur place.
Faut-il encore mesurer les lunettes à la main ou passer au centrage vidéo ?
La mesure manuelle reste parfaitement crédible aujourd’hui ; le centrage vidéo devient surtout intéressant si nous vendons beaucoup de progressifs individualisés ou de verres haut de gamme.
Pour une paire simple, l’écart pupillaire et les hauteurs peuvent encore être relevés avec des outils beaucoup moins coûteux. Ce qui compte est la précision de la prise de mesure et la manière dont la monture est positionnée sur le visage.
Les colonnes numériques vont beaucoup plus loin. Selon les systèmes, elles peuvent mesurer automatiquement la distance verre-œil, l’angle pantoscopique, le galbe de la monture et d’autres paramètres exploités par certains verres personnalisés.
Nous sommes alors dans une tout autre catégorie de budget. Des systèmes haut de gamme de type Visioffice sont régulièrement estimés autour de 10 000 € ou davantage en neuf. À ce niveau de prix, l’achat doit être cohérent avec ce que nous vendons.
Un magasin qui fait principalement des unifocaux standards n’exploitera qu’une petite partie de cette capacité. Une boutique orientée progressifs premium, personnalisation et panier moyen élevé peut en revanche réellement s’en servir dans la vente.
Trois semaines de travail pour un magasin de lunettes, déjà faites
Vous récupérez les quatre documents, vous les adaptez à votre projet, et notre équipe les relit gratuitement avant que vous les envoyiez à votre banque.
Voir le pack completAccompagnement par nos experts, gratuit
Quel matériel informatique faut-il prévoir dans un magasin de lunettes ?
Aujourd’hui, un magasin de lunettes a besoin d’un vrai poste informatique métier avec logiciel d’optique, télétransmission, connexion internet fiable et équipement compatible SESAM-Vitale.
L’Assurance Maladie indique actuellement qu’un ordinateur PC ou Mac récent, une imprimante et une connexion internet suffisent comme base matérielle. Le point sensible vient davantage de la compatibilité entre le logiciel, les lecteurs de cartes et l’écosystème SESAM-Vitale.
Depuis plusieurs années, seules les solutions utilisant le standard PC/SC sont encore supportées par l’Assurance Maladie. Elle recommande également de vérifier la compatibilité avec l’appli carte Vitale, dont le déploiement change progressivement les usages de lecture de la carte physique.
Le logiciel métier gère ensuite beaucoup plus que la caisse : dossiers clients, ordonnances, commandes, stocks de montures, facturation, tiers payant et télétransmission. Pour nous, ce poste mérite donc davantage d’attention que son apparence banale ne le laisse penser.
Nous prévoirions au minimum un ordinateur fiable, une imprimante, une connexion de secours si l’activité dépend fortement du cloud, un lecteur compatible avec la solution choisie et un contrat de maintenance logiciel correct. La journée où la facturation ou la télétransmission s’arrête, l’économie réalisée sur l’informatique paraît vite dérisoire.
Faut-il acheter le matériel d’opticien neuf ou d’occasion ?
Pour un premier magasin de lunettes, nous achèterions volontiers les grosses machines d’occasion ou reconditionnées, mais seulement lorsque le SAV, les pièces et le calibrage restent faciles à obtenir.
Le marché de seconde main est particulièrement intéressant dans l’optique parce qu’un équipement professionnel peut conserver longtemps sa fonction principale. Les offres observées actuellement couvrent des frontofocomètres à quelques centaines d’euros, des autoréfractomètres autour de 1 500 € et plus, et des systèmes de taillage allant de quelques milliers d’euros à plus de 10 000 €.
Le prix affiché ne raconte cependant qu’une partie de l’histoire. Une ancienne meuleuse peu chère devient une mauvaise affaire si les pièces sont rares, si une réparation immobilise l’atelier pendant deux semaines ou si aucun technicien local ne veut encore intervenir dessus.
Nous serions beaucoup moins hésitants sur du petit matériel neuf : pinces, chaufferette, consommables, périphériques informatiques. Leur coût représente une faible part du projet et leur utilisation est quotidienne.
Comme vu plus haut, les économies les plus fortes se trouvent sur la réfraction automatisée et le taillage. C’est là que l’occasion peut réellement faire gagner plusieurs milliers d’euros sans dégrader le concept du magasin.
Combien faut-il prévoir pour le matériel d’un magasin de lunettes ?
Pour le matériel technique et informatique seul, nous viserions actuellement environ 7 000 à 12 000 € HT pour une ouverture légère et sérieuse, puis plutôt 15 000 à 30 000 € HT si nous ajoutons une vraie salle de réfraction et davantage d’atelier sur place.
Une configuration proche du bas de la fourchette suppose de rester sobre : contrôle des verres, petit atelier, prises de mesures classiques, informatique métier et externalisation d’une partie du taillage. Nous pouvons alors conserver une grosse partie du capital pour les montures, le local et le besoin en fonds de roulement.
Entre 15 000 et 30 000 €, nous pouvons déjà envisager une réfraction mieux équipée, un autoréfractomètre d’occasion et une partie de la chaîne de taillage. Le choix exact dépend énormément de ce qui est acheté neuf ou reconditionné.
Au-dessus de 30 000 €, nous entrons vite dans des configurations où le magasin internalise presque tout ou ajoute des technologies de centrage et de personnalisation avancées. Avec des machines récentes haut de gamme, dépasser 50 000 € ne demande pas beaucoup d’efforts.
Ces montants n’incluent ni le stock de montures, ni l’agencement complet, ni les travaux, ni le dépôt de garantie du local. Pour un créateur, cette distinction est essentielle : le « matériel d’opticien » n’est qu’une partie du cash nécessaire avant la première vente.
Quel matériel achèterions-nous en priorité pour ouvrir un magasin de lunettes aujourd’hui ?
Nous commencerions aujourd’hui avec environ 7 000 à 12 000 € HT de matériel bien choisi, en gardant le taillage lourd et les équipements numériques premium pour plus tard.
Le premier argent partirait dans le frontofocomètre, les outils d’ajustage et de réparation, la chaufferette, le nettoyage, une prise de mesure fiable et l’informatique métier. Ce sont les postes que nous utiliserons presque tous les jours.
Si l’examen de vue fait partie du concept, nous ajouterions ensuite une salle de réfraction simple mais sérieuse. Quelques milliers d’euros suffisent déjà pour construire quelque chose de fonctionnel en mélangeant neuf et occasion.
La meuleuse arrive après. Tant que les volumes restent incertains, externaliser une partie du taillage évite d’immobiliser beaucoup de capital. Lorsque le nombre de montages augmente ou que nous voulons promettre davantage de rapidité, l’atelier interne devient plus facile à défendre.
Enfin, nous laisserions l’autoréfractomètre haut de gamme et la colonne de centrage vidéo dépendre des ventes réelles. Ces machines ont leur place dans un magasin qui fait beaucoup d’examens ou de progressifs premium. Elles n’ont aucune raison de devenir le ticket d’entrée obligatoire pour chaque nouvel opticien.
Pour un premier point de vente, la meilleure configuration est donc assez sobre : très bon contrôle, très bon ajustage, informatique fiable et assez de matériel de réfraction pour le service réellement proposé. Nous préférerions ouvrir avec ce socle et encore 20 000 € de trésorerie plutôt qu’avec un atelier spectaculaire et presque plus de cash.
Ce qu’il faut pour faire financer un magasin de lunettes
Une banque veut des chiffres sourcés, un marché documenté et une stratégie tenable. Les quatre documents répondent à ces trois questions dans l’ordre où elles se posent.
Voir le pack completConvient pour une demande de prêt
SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à déterminer quel matériel un créateur doit réellement financer pour ouvrir un magasin de lunettes en France aujourd’hui. Nous avons séparé le socle technique nécessaire à l’ouverture des équipements dont l’intérêt dépend surtout du volume d’examens, du niveau d’internalisation du taillage et du positionnement commercial du magasin.
La difficulté vient du fait que les réponses disponibles mélangent facilement plusieurs sujets : exigences réglementaires, matériel utilisé tous les jours, confort de travail, automatisation et équipements premium. Nous avons donc décomposé la question entre contrôle et délivrance des lunettes, réfraction, taillage, prise de mesures, informatique, télétransmission et arbitrage neuf/occasion.
Les textes officiels et la convention nationale applicable aux opticiens ont servi à fixer le cadre réglementaire, notamment pour l’atelier, le contrôle des équipements et les conditions de réalisation de la réfraction. Nous les avons utilisés pour distinguer les fonctions à couvrir de la liste des machines qu’un magasin choisirait éventuellement d’acheter.
Pour l’informatique métier et la télétransmission, nous avons utilisé les informations de l’Assurance Maladie et du GIE SESAM-Vitale, notamment sur l’environnement de facturation, les matériels compatibles et le standard PC/SC. Cela permet de traiter l’informatique comme un poste opérationnel à part entière, et pas seulement comme une caisse.
Les documentations des fabricants ont surtout servi à comprendre ce que font réellement les différentes machines : mesure des verres, autoréfraction, centrage numérique, paramètres de personnalisation et taillage. Nous avons séparé la fonction technique de la nécessité économique : une machine peut améliorer ou accélérer une opération sans pour autant être prioritaire à l’ouverture.
Pour les équipements automatisés, nous avons utilisé l’intensité d’usage comme principal test économique. Un autoréfractomètre, une colonne vidéo ou une chaîne de taillage prennent davantage de sens quand ils sont sollicités souvent ; avec peu de volume, l’investissement reste beaucoup plus difficile à défendre.
Nous avons appliqué le même raisonnement au taillage en comparant l’investissement fixe à l’externalisation ou à l’utilisation d’un atelier centralisé lorsque l’organisation le permet. L’objectif était d’identifier ce qui doit être disponible pour servir correctement le client, puis ce qui peut attendre que les volumes deviennent plus prévisibles.
Pour les prix, nous avons privilégié des fourchettes observables plutôt qu’un prix moyen unique. Le marché mélange matériel neuf, reconditionné, anciennes générations et équipements très automatisés ; les budgets globaux du texte sont donc des configurations reconstituées à partir de paniers cohérents, et non une moyenne statistique des dépenses des magasins d’optique.
L’occasion a été évaluée avec un critère supplémentaire : la capacité à maintenir l’équipement en fonctionnement. Pour les grosses machines, le SAV, le calibrage, la disponibilité des pièces et l’accès à un technicien peuvent compter presque autant que le prix d’achat.
Parmi les principales sources utilisées : la convention nationale applicable aux opticiens sur Légifrance, son article 13 sur l’atelier et l’espace de réfraction, l’article D4362-18 du Code de la santé publique, l’Assurance Maladie sur la télétransmission, le GIE SESAM-Vitale sur le poste de travail, Essilor Instruments sur les équipements de réfraction, Essilor Instruments sur Visioffice X+, Essilor Instruments sur le système de taillage DELTA, NIDEK sur ses gammes de réfraction et de taillage, Visionix sur ses équipements professionnels, Vallée Optique pour les verres d’essai, et Matériel Optique pour les chaufferettes professionnelles.