Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Le drive alimentaire repart bien en France : le marché a retrouvé une croissance solide, autour de 5 % par an, et les derniers chiffres montrent que ce mouvement tient davantage aux usages qu’à l’inflation.

Le point le plus important est que la reprise arrive après une vraie phase de digestion post-Covid. Après la quasi-stagnation de 2022, trois années de croissance consécutives commencent à dessiner autre chose qu’un simple rebond technique.

Le marché est déjà énorme. Le drive et l’e-commerce alimentaire des enseignes GMS pèsent environ 13,6 milliards d’euros, soit presque trois fois plus qu’en 2015.

La croissance actuelle paraît plus saine qu’en 2022-2023 : l’inflation alimentaire a nettement ralenti, les volumes sont repartis et le drive continue pourtant de progresser plus vite que l’ensemble des PGC-FLS.

Le vrai moteur devient la fréquence. Chez plusieurs grandes enseignes, le nombre de commandes par acheteur monte nettement plus vite que le panier moyen, ce qui veut dire que le drive s’installe dans les routines plutôt que de dépendre uniquement de nouveaux clients.

Le modèle reste très français : le client économise du temps sans payer le coût complet de la préparation. Tant que les enseignes absorbent cette main-d’œuvre, le drive garde une proposition de valeur difficile à battre pour les grosses courses familiales.

La livraison progresse plus vite, mais elle ne remplace pas encore le drive. Les deux formats se rapprochent plutôt l’un de l’autre, avec des modèles de livraison collaborative qui utilisent les infrastructures de préparation déjà en place.

Le problème pour un nouvel entrant est ailleurs : le réseau est mature, avec environ 7 300 points de retrait, et Leclerc contrôle autour de 45 % du circuit. Ouvrir un drive généraliste supplémentaire est beaucoup moins séduisant qu’il y a dix ans.

Les grands drives ont aussi besoin d’échelle. Un drive-entrepôt peut devoir approcher 5 millions d’euros de ventes annuelles avant d’atteindre un niveau économique confortable, ce qui impose déjà près de 200 commandes par jour en moyenne.

La meilleure opportunité entrepreneuriale se déplace donc autour du drive plutôt que dans le drive lui-même : préparation, anti-rupture, logiciels, stockage, micro-fulfillment, casiers, automatisation et dernier kilomètre profitent directement de la hausse du nombre de commandes.

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Drive alimentaire : est-ce que le marché repart ?

Le drive alimentaire repart-il vraiment en France ?

Oui. Le drive alimentaire français est aujourd’hui reparti sur une croissance solide, autour de 5 % par an, après avoir presque stagné au sortir du Covid.

Les données les plus récentes des enseignes GMS compilées par Olivier Dauvers évaluent le drive et leur e-commerce alimentaire à 13,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2025, soit 5 % de plus en un an. NielsenIQ voit encore le drive progresser de 5,7 % en 2026, alors que l’ensemble des PGC-FLS ne gagnerait que 1,5 %.

Le contraste avec 2022 est assez net. Après l’explosion de 2020, la croissance du drive était tombée autour de zéro. Elle est revenue à +12,6 % en 2023, puis environ +6,7 % en 2024 et +5 % en 2025. Trois années consécutives de hausse après la phase de digestion du Covid, ça commence à ressembler à une vraie tendance.

Pour un entrepreneur, le point important est donc clair : nous regardons un canal qui gagne encore du terrain dans un marché alimentaire français globalement beaucoup plus lent.

Période Évolution du drive
2019 +6,0 %
2020 +42,0 %
2021 +4,5 %
2022 +0,1 %
2023 +12,6 %
2024 +6,7 %
2025 ≈ +5 %
Prévision 2026 NielsenIQ +5,7 %

Le drive s’était-il vraiment effondré après le Covid ?

Non. Le drive alimentaire a gardé l’essentiel de ce qu’il avait gagné pendant le Covid, puis il a recommencé à avancer.

Le chiffre d’affaires donne une bonne idée de l’effet d’échelle. Selon les séries compilées par les Éditions Dauvers, le drive pesait environ 4,9 milliards d’euros en 2015. Dix ans plus tard, le drive et l’e-commerce alimentaire des enseignes GMS atteignent 13,6 milliards d’euros. Le marché a donc presque triplé en une décennie.

La période qui entretient l’impression de trou d’air est surtout 2021-2022. Après +42 % en 2020, une croissance de +4,5 % puis +0,1 % paraît faible. Mais les consommateurs n’ont pas rendu les dizaines de points de croissance gagnés pendant la crise sanitaire.

C’est ce qui rend la situation actuelle assez particulière. Le drive repart depuis un niveau déjà énorme, alors qu’une vraie rechute aurait obligé les enseignes à reconquérir les clients perdus.

La hausse du drive vient-elle encore surtout de l’inflation ?

Beaucoup moins qu’avant. Aujourd’hui, la croissance du drive continue alors que l’inflation alimentaire s’est fortement calmée et que les volumes de grande consommation ont eux aussi recommencé à progresser.

NielsenIQ estime que les prix des produits de grande consommation ont cumulé environ 20 % d’inflation entre début 2022 et début 2024. Une hausse du chiffre d’affaires du drive pendant cette période pouvait donc masquer une stagnation, voire une baisse, des quantités achetées.

Depuis, le contexte a changé. NielsenIQ mesure environ 6 % de déflation entre le pic de 2024 et l’automne 2025 sur son panier suivi. L’institut indique également que 2025 a été la première année depuis 2014, hors épisode exceptionnel de 2020, où chiffre d’affaires et volumes PGC-FLS ont augmenté ensemble.

Le drive a pourtant continué à gagner autour de 5 %. Il devient donc beaucoup plus difficile d’expliquer sa progression uniquement par les étiquettes plus chères.

Est-ce qu’il reste vraiment de nouveaux clients à gagner pour le drive ?

Oui. Plus de 11 millions de Français utilisent déjà le drive, mais le recrutement continue et l’alimentaire en ligne reste loin d’être universel.

NielsenIQ comptait plus de 11 millions de clients du drive en 2025, avec un nombre d’acheteurs toujours en progression. Si nous élargissons au drive et à la livraison, la Fevad et NielsenIQ recensent environ 13 millions de foyers achetant des PGC-FLS en ligne, soit près d’un foyer sur deux.

Ce chiffre montre aussi le chemin restant. Une grande partie des ménages français utilise encore peu ou jamais internet pour ses courses ordinaires.

La Fevad apporte un autre angle intéressant : parmi l’ensemble des cyberacheteurs français, seuls 22,8 % avaient acheté de l’alimentation ou des produits de grande consommation en ligne au cours des douze derniers mois en 2025. L’achat alimentaire en ligne est donc banal pour des millions de personnes tout en restant très loin de la pénétration de catégories comme l’habillement.

Il reste donc un vrai réservoir de clients, surtout parmi ceux qui commandent déjà presque tout le reste sur internet.

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Les clients font-ils leurs courses en drive plus souvent qu’avant ?

Oui. La hausse de fréquence est actuellement l’un des meilleurs indices que le drive s’installe encore davantage dans les habitudes.

Sur les données NielsenIQ publiées dans L’Essentiel Drive, le nombre de commandes par acheteur progressait de 5,4 % chez E.Leclerc, 8,5 % chez Intermarché, 14,1 % chez Carrefour et 9,8 % chez Auchan sur un an. Courses U était quasiment stable.

Carrefour est particulièrement parlant. L’enseigne combinait davantage d’acheteurs et 14,1 % de commandes supplémentaires par client alors que son panier moyen reculait de 3,1 %. La croissance venait donc largement du fait que les gens revenaient plus souvent.

Un utilisateur supplémentaire qui essaie une fois le drive apporte peu. Un foyer qui transforme neuf commandes annuelles en dix, puis dix en onze, crée du chiffre d’affaires récurrent.

Enseigne Acheteurs Commandes par acheteur Panier moyen
E.Leclerc +1,3 % +5,4 % +0,1 %
Intermarché +8,1 % +8,5 % +1,7 %
Carrefour +1,3 % +14,1 % -3,1 %
Courses U +4,4 % -0,5 % -0,1 %
Auchan +2,9 % +9,8 % +4,7 %
Tendance générale davantage de clients fréquence en hausse panier assez stable
Moteur le plus visible recrutement répétition des commandes effet secondaire

Pourquoi le drive marche-t-il encore aussi bien aujourd’hui ?

Le drive reste fort parce qu’il enlève une corvée sans faire exploser le prix des courses.

Pour beaucoup de consommateurs, le contrat est simple : ils préparent leur panier chez eux, passent récupérer les sacs et paient généralement les mêmes prix qu’en magasin. Olivier Dauvers résume régulièrement cet avantage par une particularité française assez puissante : l’enseigne prend en charge la préparation alors que le client paie rarement le coût réel de ce travail.

Le format colle également bien au climat actuel de maîtrise du budget. NielsenIQ indique que 65 % des foyers citent désormais la lutte contre le gaspillage parmi leurs moyens de faire des économies et que 45 % disent chercher davantage les promotions.

Commander depuis un écran facilite cette discipline. Les données Bascule Data analysées par Dauvers montrent qu’environ un quart des produits d’un panier drive sont directement ajoutés depuis des listes mémorisées. Pour constituer une commande d’une trentaine d’articles, le client parcourt relativement peu de pages.

Le drive transforme ainsi une partie des grosses courses en routine : eau, lait, couches, café, épicerie, entretien, surgelés. Pour une famille qui sait déjà ce qu’elle achète chaque semaine, le gain de temps reste difficile à battre.

Est-ce que les clients dépensent beaucoup plus en drive ?

Le panier du drive est gros, autour de 70 euros, mais les clients y achètent surtout plus de produits d’un coup plutôt que de dépenser sans compter.

La Fevad et NielsenIQ mesurent un panier moyen d’environ 71 euros en drive, contre 42 euros pour la livraison à domicile. TF1 rapportait récemment un ordre de grandeur très proche, autour de 73 euros et un peu plus de douze commandes par client et par an.

Le profil du client explique en bonne partie cet écart. Selon NielsenIQ, les familles représentent 67 % des achats drive. Pour elles, récupérer en voiture plusieurs sacs, des packs d’eau ou des produits lourds fonctionne particulièrement bien.

Le revers pour les distributeurs apparaît au moment de remplir le panier. Le consommateur voit son total progresser en direct et subit moins les rayons, les têtes de gondole et les achats impulsifs. NielsenIQ estime d’ailleurs que les promotions pèsent déjà 24 % du chiffre d’affaires du drive et qu’elles ont fourni 70 % de sa croissance récente.

La bataille se joue donc de plus en plus sur la fréquence, la promotion et la fidélité plutôt que sur un panier qui grossirait indéfiniment.

La livraison à domicile peut-elle finir par dépasser le drive ?

Pas à court terme. La livraison alimentaire pousse aujourd’hui plus vite, mais le drive garde une avance énorme en France.

Au premier semestre 2025, la Fevad et NielsenIQ ont mesuré +10,4 % pour la livraison à domicile et +5,5 % pour le drive. La livraison avance donc environ deux fois plus vite sur cette période.

Son point de départ reste beaucoup plus petit. Le drive demeure le principal canal du e-commerce alimentaire français et conserve surtout une adéquation très forte avec les grandes courses familiales.

Une forme intermédiaire grossit rapidement : la livraison collaborative. Shopopop et Tut Tut organisaient ensemble environ 550 000 livraisons mensuelles fin 2025, représentant près de 70 millions d’euros de marchandises par mois. Annualisé, cela dépasse 800 millions d’euros.

Le principe revient souvent à transformer une commande drive en livraison : l’entrepôt prépare le panier, puis un particulier le transporte jusqu’au client. Sur certains réseaux, cette livraison coûte autour de 8 à 10 euros au consommateur, alors que le coût complet d’une livraison professionnelle dépasse facilement 15 euros.

Les frontières entre retrait et livraison devraient donc continuer à se brouiller. Le même outil de préparation peut servir aux deux.

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E.Leclerc domine-t-il toujours autant le drive ?

Oui. E.Leclerc contrôle encore autour de 45 % du drive français, une domination exceptionnelle dans un marché aussi gros.

Les dernières données publiées par Olivier Dauvers montrent que Leclerc a dépassé 6,2 milliards d’euros de chiffre d’affaires drive en 2025. L’enseigne concentre aussi 16 des 20 plus gros drives français.

L’écart devient encore plus frappant lorsqu’on regarde le parc. Intermarché disposait d’environ 1 972 points de retrait mi-2025, Carrefour de 1 825 et Leclerc de seulement 896. Leclerc produit donc beaucoup plus de chiffre d’affaires avec beaucoup moins de sites.

Ses grands entrepôts changent complètement l’économie d’un point de retrait. Trente-deux Leclerc Drive dépassent 20 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel, tandis que Reims-Champleury, Le Mans et Ajaccio approchent ensemble 120 millions d’euros.

Pour un indépendant, l’avertissement est assez brutal : la concurrence pertinente ressemble davantage à une infrastructure logistique industrielle qu’à un petit commerce alimentaire en ligne.

Carrefour est-il vraiment en train de rattraper son retard dans le drive ?

Oui. Carrefour est aujourd’hui le grand distributeur qui gagne le plus vite du terrain dans le drive français.

Son activité drive a augmenté d’environ 16 % en 2025 et dépassé 2 milliards d’euros, d’après les données publiées par Olivier Dauvers. Face à un marché autour de +5 %, Carrefour a donc progressé environ trois fois plus vite.

L’enseigne partait cependant de loin par rapport à son poids général dans l’alimentaire. Carrefour détient autour de 22 % du marché français de la grande distribution mais une part bien plus faible du drive. Il peut encore gagner beaucoup simplement en convainquant davantage de ses propres clients magasin de commander en ligne.

Les données de fréquence renforcent cette lecture : le nombre de commandes par acheteur Carrefour a bondi de 14,1 % sur la période observée par NielsenIQ, la progression la plus élevée parmi les grandes enseignes comparées.

Leclerc reste très loin devant. Pour Carrefour, la vraie question est plutôt la vitesse du rattrapage, et elle est élevée.

Y a-t-il encore de la place pour ouvrir beaucoup de nouveaux drives ?

Plus vraiment. La France est déjà quadrillée par environ 7 300 drives et la croissance vient désormais davantage des sites existants que d’une course aux ouvertures.

Le parc comptait 7 294 points de retrait à mi-2025, contre environ 7 000 en 2023. Nous parlons d’une hausse d’un peu plus de 4 % en deux ans, alors que le chiffre d’affaires du circuit avançait nettement plus vite.

Le rapport 2025 de la Commission nationale d’aménagement commercial confirme cette maturité. Les drives représentaient encore 30 % des projets étudiés en recours par la CNAC, mais 40 % des dossiers drive concernaient des extensions de sites existants.

Le réseau reste vivant : de nouvelles unités apparaissent, des capacités sont ajoutées, certains magasins changent leur organisation. Mais la grande carte blanche géographique des années 2010 a largement disparu.

Pour un entrepreneur, trouver une ville française qui “n’a pas encore son drive” devient une thèse assez faible. Rendre les milliers de drives existants plus efficaces ouvre beaucoup plus de pistes.

Combien faut-il vendre pour qu’un drive alimentaire soit rentable ?

Pour un vrai drive-entrepôt, nous parlons vite de plusieurs millions d’euros de ventes par an avant d’obtenir une économie confortable.

Les données internes de Leclerc rapportées récemment par Olivier Dauvers placent autour de 5 millions d’euros de chiffre d’affaires annuel le niveau auquel un drive-entrepôt peut atteindre son seuil de rentabilité. Le drive Leclerc moyen dépasse 7 millions d’euros.

L’ordre de grandeur mérite d’être traduit. À 5 millions d’euros de ventes annuelles, un site doit écouler environ 96 000 euros de courses chaque semaine. Avec un panier autour de 70 à 73 euros, cela représente environ 1 300 à 1 400 commandes hebdomadaires, soit près de 200 par jour en moyenne sur une semaine complète.

Il faut préparer ces centaines de commandes, gérer les produits frais, absorber les pointes du vendredi et du samedi, maintenir la disponibilité, stocker les références et sortir les sacs rapidement lorsque le client arrive.

Un petit acteur peut évidemment construire un modèle différent avec une offre spécialisée ou un point de retrait léger. En revanche, reproduire frontalement un grand drive généraliste demande une échelle considérable.

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Pourquoi l’automatisation devient-elle si importante pour les drives ?

Parce que le prochain gros gisement de marge du drive se trouve probablement dans les minutes économisées pendant la préparation des commandes.

Le principe économique du drive crée une contrainte inhabituelle. Dans un magasin, le client parcourt les rayons, prend ses produits et pousse son chariot. Dans un drive, des salariés réalisent une partie de ce travail et le service reste souvent gratuit.

Plus le canal grossit, plus cette préparation pèse lourd. Un site à 1 500 commandes par semaine qui économise quelques minutes de travail sur chaque panier récupère rapidement des dizaines d’heures.

L’édition 2026 de L’Essentiel Drive consacre d’ailleurs pour la première fois un dossier complet à l’automatisation. Carrefour décrit aussi dans son dernier document d’enregistrement universel l’utilisation de dark stores, de solutions semi-robotisées de préparation et de différents formats de click & collect.

C’est l’un des angles business les plus intéressants du marché : logiciels de picking, prévision des commandes, micro-fulfillment, stockage, convoyage, gestion des ruptures, préparation du frais ou optimisation des créneaux. Un entrepreneur peut profiter de la croissance du drive sans vendre lui-même un seul paquet de pâtes.

Le drive alimentaire peut-il encore beaucoup grossir en France ?

Oui, probablement, mais la prochaine tranche de croissance sera plus difficile à gagner que la précédente.

Le drive possède déjà plus de 11 millions de clients et la France compte environ 7 300 points de retrait. Le marché a donc dépassé depuis longtemps sa phase de découverte.

Pourtant, NielsenIQ continue de prévoir +5,7 % de chiffre d’affaires pour le drive, contre seulement +1,5 % pour l’ensemble des PGC-FLS. La Fevad observe parallèlement que 13 millions de foyers achètent des produits de grande consommation en ligne et que leur nombre progressait encore de 4 % sur un an.

La fréquence laisse également de la marge. Un client drive passe en moyenne autour d’une commande par mois. Passer de douze à treize commandes par an représente déjà plus de 8 % de fréquence supplémentaire sans avoir besoin de recruter un seul nouveau foyer.

C’est probablement là que se trouve une grosse partie de la prochaine croissance : davantage d’occasions d’achat chez des personnes déjà convaincues, avec la livraison qui récupère certaines commandes et le retrait voiture qui reste très fort sur le gros panier familial.

Est-ce encore une bonne idée de lancer un business dans le drive alimentaire ?

Oui, à condition de viser les problèmes créés par la croissance du drive plutôt que de simplement ouvrir un point de retrait généraliste de plus.

Le marché donne envie : 13,6 milliards d’euros de ventes chez les enseignes GMS, environ 5 % de croissance récente, plus de 11 millions de clients et encore +5,7 % attendu par NielsenIQ. Mais l’infrastructure existante est immense, avec près de 7 300 drives et un leader qui contrôle autour de 45 % du circuit.

Nous éviterions donc une attaque frontale contre Leclerc, Carrefour, Intermarché, U ou Auchan sur la grande course alimentaire généraliste. Leur puissance d’achat, leurs stocks, leur clientèle existante et leurs réseaux physiques créent une barrière très haute.

Les zones plus ouvertes apparaissent autour de leurs contraintes opérationnelles. Plus de commandes signifie davantage de picking, de problèmes de disponibilité, de besoins de stockage, de créneaux à organiser et de kilomètres à couvrir. L’essor du co-transportage montre déjà qu’un marché entier peut apparaître autour d’une seule de ces contraintes : Shopopop et Tut Tut transportent ensemble l’équivalent de plus de 800 millions d’euros de marchandises par an.

Pour quelqu’un qui veut créer un business en France, nous regarderions donc beaucoup plus sérieusement l’automatisation de la préparation, les logiciels de gestion du drive, les casiers alimentaires, la livraison mutualisée, les outils anti-rupture et les modèles spécialisés que la création d’un énième drive généraliste.

Alors, le marché du drive alimentaire repart-il vraiment ?

Oui. Le drive alimentaire français connaît aujourd’hui une vraie reprise, et les données récentes indiquent qu’elle peut encore durer.

Le marché sort désormais clairement de la parenthèse 2021-2022. Après la quasi-stagnation qui a suivi le boom du Covid, les ventes ont retrouvé plusieurs années de croissance, atteignent 13,6 milliards d’euros chez les enseignes GMS et devraient encore progresser nettement plus vite que l’alimentaire dans son ensemble.

Le meilleur signe vient peut-être du comportement des clients. Ils sont plus de 11 millions, leur nombre continue de progresser et plusieurs grandes enseignes voient surtout leurs acheteurs commander plus souvent. La croissance devient donc plus profonde que le simple recrutement d’utilisateurs occasionnels.

La difficulté se trouve du côté de l’entrée sur le marché. Le réseau physique est mature, Leclerc possède environ 45 % du drive et un entrepôt autonome doit vite atteindre plusieurs millions d’euros de ventes pour fonctionner correctement.

Notre conclusion pour un porteur de projet est assez nette : le drive redevient un marché de croissance, mais l’opportunité la plus intéressante s’est déplacée. Les prochaines entreprises à profiter du mouvement auront de bonnes chances de gagner leur argent en aidant les drives existants à préparer, stocker ou livrer davantage de commandes avec moins de coût.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Pour répondre à cette question, nous n’avons pas cherché un indicateur unique capable de trancher à lui seul. Le drive alimentaire est un marché où plusieurs lectures peuvent sembler vraies en même temps : il a énormément bénéficié du Covid, son réseau physique est déjà très développé, mais ses ventes et ses usages continuent aussi d’évoluer. Nous avons donc traité la reprise comme une hypothèse à tester plutôt que comme une impression à confirmer.

Nous avons décomposé la question en plusieurs dimensions : trajectoire du marché, effet prix contre effet volume, recrutement et fréquence d’achat, évolution du mix drive/livraison, dynamique concurrentielle, maturité du réseau et économie opérationnelle des points de retrait. L’objectif n’était pas d’attribuer un score artificiel à chaque dimension, mais de voir si des indicateurs indépendants racontaient progressivement la même histoire.

Nous avons privilégié les données françaises les plus récentes disponibles et, chaque fois que possible, les producteurs directs de l’information : NielsenIQ pour les ventes et comportements de consommation, Fevad pour le e-commerce, Insee pour les prix, CNAC pour les projets commerciaux et publications officielles des enseignes pour leur stratégie et leurs performances. Les sources sectorielles spécialisées ont surtout été utilisées lorsque des données très précises — chiffre d’affaires par enseigne, économie d’un drive-entrepôt ou classement des plus gros sites — n’étaient pas publiées directement par les groupes.

Nous avons aussi veillé à ne pas fusionner des périmètres qui mesurent des choses différentes. Drive, e-commerce alimentaire, PGC-FLS en ligne et livraison à domicile peuvent évoluer ensemble sans être interchangeables. Chaque série est utilisée pour la question qu’elle permet réellement d’éclairer. De la même manière, les prévisions servent à tester la direction probable du marché ; elles ne remplacent pas les résultats déjà observés.

Enfin, nous avons séparé croissance du marché et facilité d’entrée sur le marché. Un secteur peut progresser tout en devenant moins intéressant à attaquer frontalement. Nous avons donc confronté les signaux de demande à la densité du réseau, à la concentration des leaders, aux seuils économiques des grands drives et aux contraintes qui augmentent avec les volumes.

Les principales sources utilisées sont NielsenIQ sur la conjoncture grande consommation 2025, Fevad / NielsenIQ sur le e-commerce alimentaire et PGC-FLS 2025, Fevad sur le classement e-commerce 2025, NielsenIQ sur le e-commerce alimentaire en France en 2023, NielsenIQ sur la redynamisation de la grande consommation en e-commerce et le Retail Spend Barometer de NielsenIQ.

Pour la partie prix et inflation, nous avons utilisé l’Insee sur les prix à la consommation en 2025 et l’Insee sur les prix des produits de grande consommation en grande distribution. Pour la maturité du réseau, nous avons utilisé le rapport d’activité 2025 de la CNAC.

Pour la dynamique concurrentielle et les modèles opérationnels, nous nous sommes appuyés sur le document d’enregistrement universel 2025 de Carrefour, le plan stratégique Carrefour 2030, la présentation du fonctionnement du Drive par E.Leclerc et la présentation de ses services Drive.

Pour le cotransportage, nous avons retenu les chiffres et engagements publiés par Shopopop ainsi que sa présentation du cotransportage appliqué aux retailers. Enfin, pour les chiffres très détaillés par enseigne et l’économie des grands drives, nous avons utilisé les performances par enseigne publiées par Olivier Dauvers et son analyse des performances de Leclerc Drive.