Les chiffres du marché de la plomberie en France

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Pour un plombier, combien d'interventions faut-il réaliser chaque mois pour vraiment en vivre ?

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EN RÉSUMÉ

Le marché de la plomberie en France reste un secteur solide pour créer une entreprise : la plomberie sanitaire représente plus de 10 milliards d’euros par an et s’appuie surtout sur un immense parc de logements existants qui doit être entretenu en permanence.

Le marché ne connaît pourtant pas de vraie reprise en volume. Sur les six premiers mois de 2026, le chiffre d’affaires de l’installation d’eau et de gaz progresse d’environ 3 %, alors que l’activité des artisans de couverture-plomberie-chauffage reste légèrement négative.

Le principal amortisseur est le parc existant. La France compte 38,4 millions de logements, dont 31,7 millions de résidences principales, face à seulement environ 371 000 logements autorisés sur douze mois. Le dépannage et le remplacement dépendent donc beaucoup moins du cycle immobilier que l’installation dans le neuf.

La construction neuve reste justement le point faible. Les autorisations de logements sont encore environ 9,5 % sous leur moyenne des cinq années précédentes, ce qui rend les entreprises très dépendantes des promoteurs et constructeurs plus vulnérables.

La rénovation résiste mieux que le neuf, mais elle ne connaît pas de boom non plus. Au premier trimestre 2026, l’entretien-rénovation reculait encore de 1 %, ce qui oblige à distinguer un marché défensif d’un marché réellement en forte croissance.

La salle de bains illustre bien cette nuance. Elle représente toujours plus de 2 milliards d’euros de produits, mais les ventes ont encore baissé en 2025. Les gros chantiers existent donc toujours, simplement ils ne tombent pas tout seuls dans le carnet de commandes.

Le chauffage élargit fortement le potentiel économique d’un plombier. Dès qu’une entreprise ajoute chauffe-eau, réseau hydraulique, maintenance thermique ou pompe à chaleur, elle passe d’un marché sanitaire d’environ 10,7 milliards d’euros à un univers plomberie-thermique dépassant 30 milliards.

La concurrence est nombreuse, mais la main-d’œuvre qualifiée reste difficile à trouver. France Travail recense 11 080 projets de recrutement de plombiers-chauffagistes en 2026 et 67,5 % sont encore jugés difficiles, malgré une forte baisse du nombre de recrutements prévus.

La rentabilité dépend beaucoup plus du modèle d’exploitation que du nombre de chantiers. Les écarts entre entreprises sont énormes : deux sociétés réalisant le même chiffre d’affaires peuvent produire des résultats très différents selon les déplacements, la tarification, les achats de matériel et l’organisation du planning.

Le modèle qui nous paraît le plus robuste combine dépannage, entretien, rénovation et quelques prestations techniques à plus gros ticket, avec une part de clients récurrents comme les syndics, bailleurs, agences ou commerces. La plomberie reste donc intéressante, mais surtout pour celui qui sait devenir disponible, visible et rentable localement.

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Que met-on vraiment dans le « marché de la plomberie » en France ?

Le marché français de la plomberie au sens strict couvre surtout l’installation, l’entretien et la réparation des réseaux d’eau et de gaz, des sanitaires et des canalisations.

C’est le périmètre que l’Insee classait historiquement en 43.22A et qu’il classe désormais en 43.22G dans sa nouvelle nomenclature. Le chauffage et la climatisation restent séparés, sous le 43.22H.

Cette distinction compte beaucoup lorsqu’on parle business. Un artisan qui intervient sur des fuites, des WC, des chauffe-eau et des salles de bains ne dépend pas exactement des mêmes marchés qu’une entreprise qui installe aussi des chaudières ou des pompes à chaleur.

Dans cet article, nous regardons donc d’abord la plomberie sanitaire et les installations d’eau et de gaz. Nous élargissons au chauffage seulement lorsqu’il fait réellement partie du modèle économique du plombier.

Combien pèse le marché de la plomberie en France ?

La plomberie représente un marché de plus de 10 milliards d’euros par an en France, et le métier élargi plomberie-chauffage dépasse largement cette taille.

Les dernières données structurelles détaillées de l’Insee permettant de séparer proprement les activités donnent environ 10,7 milliards d’euros de chiffre d’affaires pour les travaux d’installation d’eau et de gaz.

Les équipements thermiques et la climatisation ajoutent près de 20 milliards d’euros. Un plombier-chauffagiste peut donc évoluer dans un univers économique dépassant 30 milliards d’euros, alors qu’un spécialiste du sanitaire adresse une partie beaucoup plus étroite de cet ensemble.

Ce marché reste extrêmement fragmenté. Les bases issues de Sirene font apparaître plusieurs dizaines de milliers d’établissements ayant pour activité principale l’installation d’eau et de gaz. Aucun réseau national ne verrouille donc le métier comme peut le faire une poignée d’enseignes dans certains secteurs de services.

Indicateur Ordre de grandeur
Installation d’eau et de gaz ≈ 10,7 Md€
Chauffage et climatisation ≈ 19,7 Md€
Ensemble plomberie + thermique > 30 Md€
Parc de logements français 38,4 millions
Résidences principales 31,7 millions
Projets de recrutement de plombiers-chauffagistes en 2026 11 080
Recrutements jugés difficiles 67,5 %

Le marché de la plomberie repart-il vraiment aujourd’hui ?

Le chiffre d’affaires de la plomberie remonte actuellement, mais les artisans ne voient toujours pas de vraie reprise des volumes.

La dernière série mensuelle publiée par l’Insee est plutôt encourageante. Sur les six premiers mois de 2026, l’indice de chiffre d’affaires des travaux d’installation d’eau et de gaz atteint en moyenne 118,7, contre 115,3 sur la même période un an plus tôt. Nous calculons donc une progression d’environ 3 % en valeur.

Le terrain reste beaucoup plus froid. Au premier trimestre 2026, la CAPEB mesurait encore -0,5 % d’activité en volume pour les entreprises de couverture-plomberie-chauffage. Au deuxième trimestre, l’ensemble de l’artisanat du bâtiment reculait toujours de 1,5 % sur un an, pour un treizième trimestre consécutif de baisse.

Les factures progressent donc plus vite que la quantité réelle de travaux. Les prix, le matériel et la composition des chantiers peuvent soutenir le chiffre d’affaires alors que le nombre d’heures vendues ou de chantiers n’accélère presque pas.

Pour quelqu’un qui crée son entreprise aujourd’hui, compter sur une forte croissance naturelle du marché serait trop optimiste.

La crise du logement neuf fait-elle encore mal aux plombiers ?

Oui, les plombiers qui travaillent beaucoup avec les promoteurs et constructeurs restent exposés à un marché du neuf nettement inférieur à son niveau normal.

Les dernières statistiques du ministère chargé du Logement comptabilisent environ 371 000 logements autorisés sur douze mois. Cela reste 9,5 % sous la moyenne des cinq années précédentes.

Il y a bien un petit mieux. Sur les sept premiers mois de 2026, le niveau moyen des autorisations dépasse de 1,4 % celui enregistré sur l’ensemble de 2025. Les mises en chantier ont aussi rebondi de 8,9 % sur un mois lors de la dernière observation disponible.

Mais les volumes restent faibles après plusieurs années de chute. La CAPEB constatait encore au deuxième trimestre que le redémarrage des permis et des chantiers ne suffisait pas à entraîner les artisans du bâtiment.

Une entreprise de plomberie très dépendante du neuf peut donc profiter d’un rebond progressif, mais construire son business plan sur un retour rapide aux anciens volumes serait risqué.

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Pourquoi la plomberie résiste-t-elle malgré la crise du bâtiment ?

La plomberie tient surtout grâce aux 38,4 millions de logements français qui existent déjà et doivent continuer à fonctionner.

L’Insee compte 31,7 millions de résidences principales, auxquelles s’ajoutent les résidences secondaires et les logements vacants. Face à ce stock, les quelque 371 000 logements autorisés sur douze mois paraissent minuscules : le parc existant représente plus de cent fois ce flux annuel.

Tous ces logements possèdent des arrivées d’eau, des évacuations, des WC, des robinets et souvent un chauffe-eau. Une salle de bains peut attendre six mois avant d’être refaite. Une fuite importante, une canalisation bouchée ou un ballon d’eau chaude en panne se reporte beaucoup moins facilement.

Cette énorme base installée donne à la plomberie une demande de remplacement et de dépannage que la chute du neuf ne peut pas faire disparaître.

Pour un entrepreneur, c’est probablement la meilleure raison de s’intéresser au secteur actuellement.

La rénovation suffit-elle à compenser la baisse du neuf ?

La rénovation protège les plombiers, mais elle ne tire pas encore franchement le marché vers le haut.

Au premier trimestre 2026, la CAPEB mesurait une baisse de 1 % de l’entretien-rénovation dans l’artisanat du bâtiment. Le neuf reculait de 2,5 %. Les travaux de performance énergétique perdaient eux aussi 1,5 %.

La différence reste importante : l’existant résiste mieux que la construction neuve. Mais parler d’un boom de la rénovation serait faux.

Les carnets de commandes apportent un peu plus de confort. Les artisans interrogés par la CAPEB disposaient d’environ 80 jours de travail en portefeuille au début de l’année, soit près de quatre mois ouvrés.

Pour une création d’entreprise, nous préférerions donc l’entretien et la rénovation pour leur régularité, pas parce que ces marchés seraient actuellement en forte croissance.

La salle de bains est-elle encore un bon marché pour un plombier ?

La salle de bains reste un marché de plus de 2 milliards d’euros de produits, mais les ventes reculent encore.

L’Association française des industries de la salle de bains a évalué le marché 2025 à 2,098 milliards d’euros, soit -3,3 % sur un an. La baisse était de 4 % l’année précédente et de 6 % encore un an plus tôt.

La contraction ralentit donc progressivement, sans véritable retournement pour l’instant.

Les données des grandes surfaces de bricolage racontent la même histoire. Les ventes de produits de salle de bains y ont baissé de 4 % en 2025, alors que le bricolage dans son ensemble reculait de seulement 1,4 %. À l’inverse, le chauffage progressait de 3,3 %.

Le circuit professionnel reste néanmoins puissant : négoces, coopératives et ventes directes représentent environ 60 % du marché de la salle de bains en valeur.

Un plombier capable de vendre une rénovation complète peut donc aller chercher des tickets élevés. Il devra les gagner client par client, car le marché national ne lui fournit actuellement aucun vent arrière spectaculaire.

La transition énergétique crée-t-elle vraiment plus de travail pour les plombiers ?

La transition énergétique élargit nettement le marché des plombiers qui savent aussi travailler sur le chauffage et l’eau chaude.

La nouvelle nomenclature de l’Insee range d’ailleurs explicitement dans l’activité thermique les pompes à chaleur, chaudières, capteurs solaires thermiques et systèmes de chauffage. Pour beaucoup d’entreprises, la frontière pratique entre plombier et chauffagiste devient de plus en plus poreuse.

Le potentiel est considérable parce que le chauffage absorbe encore la majorité de la consommation énergétique d’un logement. Remplacer une chaudière, installer une pompe à chaleur, modifier un réseau hydraulique ou améliorer la production d’eau chaude représente généralement une intervention bien plus importante qu’un simple dépannage sanitaire.

Les politiques publiques poussent aussi vers l’électrification. Les nouvelles orientations annoncées en 2026 renforcent encore cette direction, notamment pour la sortie progressive des chaudières fossiles et le développement des pompes à chaleur.

Pour un entrepreneur qui veut développer une entreprise plutôt qu’un emploi indépendant, ajouter progressivement chauffage, eau chaude et maintenance technique ouvre donc beaucoup plus de possibilités.

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Y a-t-il trop de plombiers en France ou manque-t-on encore de professionnels ?

Il y a énormément d’entreprises de plomberie en France, mais trouver de bons plombiers reste difficile : 67,5 % des recrutements prévus en 2026 sont encore jugés compliqués.

France Travail recense 11 080 projets de recrutement de plombiers-chauffagistes cette année. C’est nettement moins que les 14 440 projets enregistrés l’année précédente, soit une chute d’environ 23 %.

Le marché de l’emploi s’est donc refroidi. Pourtant, la part des recrutements considérés comme difficiles n’a pratiquement pas bougé : 67,9 % auparavant, 67,5 % aujourd’hui.

Les entreprises cherchent moins à embaucher parce que le bâtiment ralentit, mais lorsqu’elles cherchent quelqu’un, deux postes sur trois restent difficiles à pourvoir.

Les écarts locaux sont énormes. En Nouvelle-Aquitaine, 82,2 % des projets sont difficiles. En Occitanie, nous sommes autour de 71 %. Certaines régions offrent donc un bien meilleur rapport entre concurrence commerciale et disponibilité de main-d’œuvre que d’autres.

Indicateur de recrutement 2025 2026
Projets plombiers-chauffagistes 14 440 11 080
Évolution annuelle ≈ -23 %
Part des recrutements difficiles 67,9 % 67,5 %
Part saisonnière en 2026 6,5 %
Nouvelle-Aquitaine : difficultés 81,3 % 82,2 %
Occitanie : difficultés 71,0 % 70,9 %
Île-de-France : projets en 2025 3 670

Est-ce que le marché de la plomberie est déjà saturé ?

La plomberie est très concurrentielle sur les prestations simples, mais le marché est loin d’être fermé à de nouveaux entrants.

Les bases d’entreprises montrent des dizaines de milliers d’établissements actifs dans l’installation d’eau et de gaz. Sur Google Maps ou les plateformes de travaux, un client d’une grande ville peut donc trouver énormément de plombiers en quelques secondes.

La concurrence devient particulièrement forte sur les recherches du type « plombier Paris », « débouchage », « changement de robinet » ou « installation chauffe-eau ». Un nouvel artisan sans avis, sans réseau et sans spécialisation se retrouve vite au milieu d’une longue liste d’alternatives.

La situation change lorsqu’on regarde les professionnels réellement disponibles, bien notés et capables d’intervenir rapidement. Les difficultés persistantes de recrutement montrent qu’il n’existe pas soudainement une réserve massive de main-d’œuvre qualifiée.

Le problème pour un nouvel entrant est donc surtout de devenir visible et crédible, pas de trouver un marché où absolument personne d’autre ne travaille.

Combien de chiffre d’affaires peut faire une petite entreprise de plomberie ?

Une petite entreprise de plomberie peut dépasser 100 000 € de chiffre d’affaires par personne productive, et une équipe de quelques personnes peut assez vite atteindre plusieurs centaines de milliers d’euros.

Les statistiques de centres de gestion portant sur plusieurs milliers d’entreprises de plomberie-chauffage-sanitaire donnent un chiffre d’affaires moyen autour de 205 000 € par entreprise et approximativement 118 000 € par personne.

Ces moyennes mélangent évidemment des structures différentes, mais elles fournissent un ordre de grandeur utile. Un plombier seul bien occupé n’a pas besoin de devenir une PME de dix personnes pour générer un chiffre d’affaires à six chiffres.

Le chiffre d’affaires dépend ensuite énormément du mix. Un dépanneur vend beaucoup de main-d’œuvre et de déplacement. Un installateur de salles de bains ou de chauffage facture beaucoup plus de matériel. Deux entreprises affichant 200 000 € de ventes peuvent donc laisser des revenus très différents à leurs dirigeants.

C’est pour cette raison que le chiffre d’affaires seul dit assez peu sur la qualité réelle d’une entreprise de plomberie.

Est-ce qu’un plombier gagne vraiment beaucoup d’argent ?

Une entreprise de plomberie bien gérée peut être très rentable, mais les marges sectorielles sont beaucoup moins extraordinaires que les prix facturés aux particuliers peuvent le laisser croire.

Les données financières disponibles sur les petites entreprises d’installation d’eau et de gaz placent historiquement la marge d’EBE médiane autour de 6 % du chiffre d’affaires. La marge nette médiane se situe autour de 5 %.

Surtout, l’écart entre entreprises est énorme. Le quart inférieur tourne autour de 1 % de résultat net, tandis que le quart supérieur approche 10 %. À 200 000 € de chiffre d’affaires, cela peut vouloir dire environ 2 000 € de résultat pour l’un et près de 20 000 € pour l’autre, selon la structure considérée.

Et la trésorerie reste tendue actuellement. Au premier trimestre 2026, 25 % des artisans du bâtiment interrogés par la CAPEB déclaraient un besoin de trésorerie. Seulement 6 % voyaient leurs marges augmenter, contre 19 % qui les voyaient baisser.

Un plombier peut donc avoir beaucoup de travail tout en gagnant peu s’il facture mal ses heures, sous-estime les déplacements, perd du temps entre les chantiers ou avance trop de matériel.

Indicateur financier historique 25 % les plus faibles Médiane 25 % les plus élevés
Marge d’EBE 1,3 % 6,3 % 11,9 %
Marge nette 0,7 % 4,7 % 9,8 %
BFR 55 jours 93 jours 127 jours
Autonomie financière 33,4 % 46,5 % 57,8 %
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Les plombiers souffrent-ils autant que le reste du bâtiment actuellement ?

Les plombiers résistent mieux que plusieurs autres métiers du bâtiment, même si personne n’échappe vraiment au ralentissement actuel.

Au premier trimestre 2026, l’activité couverture-plomberie-chauffage ne reculait que de 0,5 % sur un an selon la CAPEB. L’électricité et la menuiserie-serrurerie perdaient chacune 2,5 %, tandis que l’ensemble de l’artisanat du bâtiment reculait de 1,5 %.

Cette résistance ne signifie pas que la plomberie repart fortement. Les interventions sur le parc existant amortissent simplement une partie du choc provenant du neuf.

Les défaillances donnent une lecture similaire. La construction reste l’un des secteurs les plus touchés par les faillites en France, mais la dernière photographie d’Altares montrait une stabilisation du second œuvre alors que certaines activités du bâtiment reculaient davantage.

Pour un créateur, la plomberie fait donc partie des métiers du bâtiment relativement défensifs actuellement. Le contexte reste tout de même assez mauvais pour sanctionner rapidement une entreprise trop endettée ou mal tarifée.

Quel type d’entreprise de plomberie a le plus de chances de marcher aujourd’hui ?

Le modèle le plus solide aujourd’hui combine dépannage, entretien, rénovation et quelques prestations techniques à plus gros ticket.

Le dépannage apporte une demande urgente. L’entretien et les petits remplacements alimentent le planning toute l’année. Les salles de bains ajoutent des chantiers plus importants. Le chauffe-eau, le chauffage et éventuellement la pompe à chaleur augmentent encore le panier moyen et permettent de toucher une partie du marché de la rénovation énergétique.

La clientèle compte tout autant que les prestations. Des particuliers donnent souvent de meilleures marges mais demandent davantage de commercial et d’avis en ligne. Les syndics, bailleurs, agences immobilières, commerces ou petits sites professionnels peuvent fournir des interventions récurrentes et réduire le coût d’acquisition de chaque chantier.

À l’inverse, dépendre presque exclusivement d’un promoteur, d’un constructeur ou d’une poignée de gros donneurs d’ordre laisse peu de marge de manœuvre sur les prix et expose directement au cycle du neuf.

Nous chercherions donc d’abord une zone où les délais d’intervention sont longs, puis quelques clients récurrents, avant de chercher à grossir l’équipe.

Le marché de la plomberie reste-t-il vraiment intéressant pour créer une entreprise en France ?

Oui, la plomberie reste aujourd’hui un marché intéressant pour créer une entreprise en France, mais l’opportunité vient davantage de la demande récurrente et du manque de bons professionnels que d’une forte croissance du secteur.

Les chiffres sont assez cohérents entre eux. La plomberie sanitaire représente plus de 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires. Le pays possède 38,4 millions de logements à entretenir. Le chiffre d’affaires du secteur a progressé d’environ 3 % sur les six premiers mois de 2026. Et malgré une forte baisse des intentions de recrutement, 67,5 % des postes de plombiers-chauffagistes restent difficiles à pourvoir.

En face, plusieurs voyants restent médiocres. L’artisanat du bâtiment enchaîne treize trimestres de baisse. Le neuf reste près de 10 % sous sa moyenne récente. L’entretien-rénovation ne progresse pas encore. Les ventes de salles de bains reculent toujours et les trésoreries des artisans restent sous pression.

Notre jugement est donc assez clair : ouvrir une entreprise de plomberie peut encore très bien fonctionner en France, surtout avec un modèle local centré sur l’existant, le dépannage, la rénovation et les clients récurrents. Le marché ne fera cependant pas le travail à la place de l’entrepreneur. Dans un secteur aussi fragmenté, la vraie différence se fait sur la disponibilité, la réputation, les prix, la qualité d’exécution et la capacité à recruter quand l’activité commence à décoller.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer si le marché français de la plomberie reste suffisamment solide pour créer une entreprise aujourd’hui. Nous avons traité la question comme une décision entrepreneuriale et comparé plusieurs dimensions : taille du marché, évolution récente de l’activité, exposition au logement neuf, profondeur du parc existant, rénovation, recrutement et économie des petites entreprises.

Nous avons séparé la plomberie sanitaire du chauffage lorsque les données le permettaient. L’Insee classait historiquement les travaux d’installation d’eau et de gaz sous le code 43.22A et les classe désormais en 43.22G dans la NAF 2025. Les équipements thermiques et la climatisation relèvent du 43.22H. Cette distinction évite de présenter comme un seul marché des activités qui n’ont pas exactement les mêmes moteurs.

Nous avons aussi distingué chiffre d’affaires et activité réelle. Une hausse des ventes en euros peut venir des prix, du coût du matériel ou du type de chantiers réalisés sans signifier que les artisans exécutent davantage de travaux. C’est pourquoi les séries mensuelles de chiffre d’affaires de l’Insee ont été rapprochées des enquêtes de conjoncture de la CAPEB sur l’activité en volume.

Pour mesurer la résistance du secteur, nous avons comparé le flux de logements neufs avec la taille du parc existant. Les statistiques du ministère chargé du Logement permettent de suivre les autorisations et mises en chantier, tandis que l’Insee fournit le nombre de logements et de résidences principales. Cette comparaison permet de voir à quel point le dépannage, le remplacement et l’entretien reposent sur une base installée beaucoup plus large que le seul marché de la construction neuve.

Les données de France Travail ont été utilisées pour mesurer la tension sur la main-d’œuvre. Nous regardons à la fois le nombre de projets de recrutement et la proportion de recrutements jugés difficiles, car une baisse des intentions d’embauche n’implique pas nécessairement que les professionnels qualifiés soient devenus faciles à trouver.

Lorsque plusieurs indicateurs évoluaient dans des directions différentes, nous ne les avons pas moyennés. Nous avons regardé ce qu’ils mesuraient réellement. C’est notamment ce qui nous conduit à décrire la plomberie comme un secteur résilient plutôt que comme un marché actuellement en forte croissance.

Les principales sources utilisées comprennent : l’Insee pour la nouvelle définition de l’activité plomberie 43.22G, l’Insee pour les équipements thermiques et la climatisation 43.22H, la fiche sectorielle de l’Insee sur les travaux d’installation, la série mensuelle de chiffre d’affaires des travaux d’installation d’eau et de gaz, l’Insee pour le parc de logements français, le SDES pour les autorisations et mises en chantier de logements à fin juillet 2026, la CAPEB pour la conjoncture de l’artisanat du bâtiment au premier trimestre 2026, la CAPEB pour le deuxième trimestre 2026, France Travail pour les besoins de main-d’œuvre 2026, la base Sirene pour le tissu d’entreprises, le SDES pour le suivi de la rénovation énergétique et Altares pour les défaillances d’entreprises au deuxième trimestre 2026.

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