Dernière mise à jour: 16 Septembre 2026

Structure médicale : atteignez le bon remplissage

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EN RÉSUMÉ

Ouvrir une clinique : quelles règles aujourd'hui ? En France, c’est possible, y compris pour un entrepreneur non médecin, mais une vraie clinique hospitalière ne s’ouvre pas comme un simple centre médical : l’activité doit d’abord entrer dans le bon cadre d’autorisation de l’ARS.

Le mot « clinique » ne suffit pas à définir le projet. Une structure de consultations, un établissement de chirurgie ambulatoire, une clinique avec hospitalisation et une installation de chirurgie esthétique peuvent relever de régimes très différents.

Le point le plus contre-intuitif est que la demande commerciale ne suffit pas. Une ville peut sembler attractive, avec des patients, des médecins et du pouvoir d’achat, sans qu’une nouvelle activité hospitalière y soit automatiquement autorisable.

Une clinique ne reçoit pas une licence générale valable pour toutes les spécialités. Les autorisations se raisonnent activité par activité : médecine, chirurgie, psychiatrie, soins médicaux et de réadaptation, traitement du cancer, urgences, soins critiques, radiologie interventionnelle, etc.

Le calendrier réglementaire doit venir avant le bâtiment. Les fenêtres de dépôt de l’ARS, l’instruction du dossier, les travaux, les recrutements et la mise en service peuvent immobiliser du capital pendant des mois, parfois des années.

Un bâtiment bon marché peut devenir un mauvais investissement s’il exige trop de transformations. Bloc opératoire, imagerie lourde, fluides médicaux, sécurité électrique, flux propres et sales ou évacuation incendie peuvent coûter bien plus que l’écart de loyer entre deux sites.

Les petites cliniques ne sont pas forcément les plus simples à rentabiliser. Certaines activités imposent des seuils de volume ou des organisations minimales, alors que les coûts fixes du bloc, de l’anesthésie, de la surveillance et de la permanence des soins restent élevés même avec peu de patients.

Externaliser la stérilisation, certains circuits pharmaceutiques ou les déchets médicaux peut alléger l’investissement initial, mais la responsabilité réglementaire ne disparaît pas pour autant. La clinique doit toujours pouvoir démontrer que ses circuits sont conformes et traçables.

La conformité continue après l’ouverture. Certification HAS, sécurité des soins, infections associées aux soins, droits des patients, données de santé et contrôles de l’ARS font partie du fonctionnement normal de l’établissement, pas d’un dossier à régler une seule fois.

Pour un nouvel entrant, le projet le plus réaliste est souvent celui dont le parcours de soins est très clairement défini dès le départ. Plus nous empilons d’activités lourdes, plus nous empilons aussi les autorisations, les équipes, les gardes, les équipements et les dépendances.

Le bon ordre est donc simple : définir précisément ce que nous allons faire au patient, vérifier qu’il existe une place réglementaire dans la région, mesurer le volume nécessaire pour faire tourner l’activité, puis choisir le bâtiment et dimensionner les équipes. Commencer par un local trouvé « au bon prix » est souvent l’inverse de la bonne méthode.

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Ouvrir une clinique : quelles règles aujourd’hui ?

Qu’est-ce qui fait qu’un projet devient vraiment une clinique en France ?

Une clinique devient un véritable établissement de santé dès que son activité entre dans le champ des soins hospitaliers réglementés, et cette qualification change immédiatement les règles du projet.

Le mot « clinique » est trompeur parce qu’il peut désigner, dans le langage courant, aussi bien quelques spécialistes réunis dans un même bâtiment qu’un établissement de chirurgie avec hospitalisation. Juridiquement, l’écart est énorme. Un cabinet médical ou un centre de consultations peut fonctionner avec un cadre relativement léger. Dès que nous créons un établissement de santé assurant des activités comme la médecine hospitalière, la chirurgie, la psychiatrie ou les soins médicaux et de réadaptation, nous entrons dans le système des autorisations sanitaires.

Le même raisonnement vaut pour des activités très spécialisées. Une installation de chirurgie esthétique pratiquant des actes sans finalité thérapeutique ou reconstructrice suit, elle aussi, un régime d’autorisation spécifique.

Avant de choisir un bâtiment, nous devons donc pouvoir décrire précisément ce qui arrivera à un patient entre son entrée et sa sortie : simple consultation, intervention ambulatoire, anesthésie, nuit d’hospitalisation, réadaptation, chimiothérapie, imagerie interventionnelle, soins critiques… Ce parcours détermine une grande partie de la réglementation applicable.

Peut-on ouvrir une clinique sans être médecin ?

Oui, un entrepreneur ou un investisseur qui n’est pas médecin peut exploiter une clinique privée en France.

L’autorisation sanitaire peut être portée par une personne morale dont l’objet comprend l’exploitation d’un établissement de santé. Le capital, l’immobilier ou la direction générale peuvent donc relever d’acteurs non médicaux.

L’exercice de la médecine reste évidemment réservé aux professionnels autorisés. Les médecins conservent leur indépendance professionnelle et les cliniques privées disposent d’une conférence médicale qui intervient notamment sur la politique médicale, la qualité et la sécurité des soins.

Nous pouvons donc séparer la propriété de la clinique et l’exercice médical. En revanche, un actionnaire ne peut pas piloter les indications médicales comme il piloterait les ventes d’un réseau de magasins.

Peut-on ouvrir une clinique dès que le bâtiment et les médecins sont prêts ?

Non. Une véritable clinique doit généralement obtenir ses autorisations sanitaires avant de commencer l’activité concernée.

Le Code de la santé publique soumet à l’autorisation de l’Agence régionale de santé la création d’un établissement de santé, mais aussi la création, la conversion et le regroupement des activités de soins ainsi que l’installation de certains équipements matériels lourds.

Cette règle change l’ordre dans lequel il faut construire le projet. Acheter un bâtiment, signer avec les médecins et investir plusieurs millions d’euros avant d’avoir sécurisé la trajectoire réglementaire peut exposer le porteur de projet à un actif impossible à exploiter comme prévu.

Une fois l’activité prête à démarrer, l’établissement déclare sa mise en service. L’ARS peut ensuite contrôler la conformité du fonctionnement réel avec ce qui a été autorisé.

Le premier rendez-vous sérieux d’un projet de clinique devrait donc arriver très tôt avec l’ARS et les spécialistes de la réglementation sanitaire, bien avant l’inauguration.

Une clinique peut-elle être refusée même si le projet est bon ?

Oui. Une clinique techniquement solide peut rester bloquée si elle ne correspond pas aux besoins de soins retenus par l’ARS pour le territoire.

C’est probablement la particularité la plus importante à comprendre pour un entrepreneur. L’autorité ne regarde pas seulement si le bâtiment est conforme, si les médecins sont compétents et si le financement tient. Elle regarde aussi si l’activité demandée s’insère dans le schéma régional de santé.

Les autorisations doivent notamment répondre aux besoins identifiés dans la région, être compatibles avec les objectifs régionaux et respecter les conditions d’implantation prévues pour chaque activité.

Le marché privé et le besoin sanitaire peuvent donc raconter deux histoires différentes. Nous pouvons repérer une ville où les patients attendent longtemps, où les habitants disposent d’un fort pouvoir d’achat et où les médecins semblent prêts à rejoindre le projet, sans pour autant obtenir automatiquement le droit d’y créer l’activité hospitalière envisagée.

C’est pourquoi une étude de marché classique ne suffit pas. Pour une clinique, la carte des autorisations existantes et la planification de l’ARS comptent autant que la démographie ou le niveau de revenus local.

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Quelles activités d’une clinique ont besoin d’une autorisation ARS aujourd’hui ?

Aujourd’hui, 21 grandes catégories d’activités de soins sont soumises à autorisation, ce qui couvre l’essentiel des activités hospitalières qu’une clinique privée peut vouloir développer.

La réforme entrée en vigueur ces dernières années a largement réorganisé ces autorisations. La liste actuellement en vigueur comprend notamment médecine, chirurgie, psychiatrie, soins médicaux et de réadaptation, traitement du cancer, urgence, soins critiques et radiologie interventionnelle.

Une clinique ne reçoit donc pas une licence générale qui lui permettrait ensuite d’ajouter librement de nouvelles spécialités. Nous devons regarder l’établissement activité par activité.

Activité envisagée Autorisation sanitaire
Médecine Oui
Chirurgie Oui
Obstétrique et néonatologie Oui
Psychiatrie Oui
Soins médicaux et de réadaptation Oui
Médecine nucléaire Oui
Chirurgie cardiaque Oui
Cardiologie interventionnelle Oui
Neurochirurgie Oui
Urgences Oui
Soins critiques Oui
Dialyse Oui
Traitement du cancer Oui
Hospitalisation à domicile Oui
Radiologie interventionnelle Oui
Assistance médicale à la procréation pour certaines activités Oui

Combien de temps faut-il prévoir avant de pouvoir ouvrir une clinique ?

Pour une clinique soumise à plusieurs autorisations, il faut penser le calendrier en mois et souvent en années entre la conception initiale et la montée en charge complète.

Les demandes suivent les périodes ouvertes par les ARS. Une fois la fenêtre de dépôt fermée, l’instruction peut aller jusqu’à six mois dans le régime général. Le vrai calendrier est plus long puisqu’il faut auparavant construire le dossier, sécuriser les médecins, définir le plateau technique et attendre la bonne période de dépôt.

Un dossier incomplet peut aussi faire perdre beaucoup de temps. Nous ne sommes pas dans une procédure où quelques justificatifs manquants se corrigent forcément en quelques jours.

Après l’autorisation viennent les travaux, l’installation des équipements, les recrutements, les contrôles et le démarrage opérationnel. Certaines autorisations ont par ailleurs une durée limitée et doivent ensuite être renouvelées.

Pour le business plan, immobiliser du capital pendant une longue phase pré-opérationnelle fait donc partie du risque normal d’un projet de clinique.

Un ancien immeuble de bureaux peut-il facilement devenir une clinique ?

Parfois, mais transformer un bâtiment ordinaire en clinique peut coûter suffisamment cher pour ruiner l’intérêt d’un local pourtant bien placé.

Une clinique cumule les contraintes d’un établissement de santé et celles d’un établissement recevant du public. Il faut donc gérer simultanément accessibilité, évacuation incendie, circulations, flux des patients, flux propres et sales, locaux techniques, ascenseurs, zones de soins et parfois fluides médicaux.

Dès que nous ajoutons un bloc opératoire, de l’imagerie lourde ou une hospitalisation importante, l’écart avec un immeuble tertiaire classique augmente vite. Les contraintes structurelles, les alimentations électriques sécurisées et les équipements techniques peuvent devenir plus déterminants que la décoration ou la façade.

Un loyer de 180 euros par m² peut finalement coûter plus cher qu’un bâtiment à 250 euros par m² si le premier exige une transformation lourde.

Avant de négocier sérieusement un site, il faut tester sa compatibilité avec l’activité médicale précise que nous voulons y mettre. Pas après la promesse de bail.

Pourquoi une clinique chirurgicale coûte-t-elle beaucoup plus cher qu’un centre médical ?

Une clinique chirurgicale doit être capable de réaliser l’intervention, l’anesthésie et la surveillance post-opératoire avec un niveau de sécurité hospitalier permanent.

Cela impose un secteur interventionnel organisé, des salles adaptées, une surveillance après anesthésie, du matériel de réanimation et des professionnels pouvant intervenir immédiatement en cas de complication.

La réglementation sur la surveillance post-interventionnelle illustre bien cette différence. Chaque poste doit permettre notamment la surveillance du rythme cardiaque, de l’oxygénation et de la pression artérielle. La salle doit aussi disposer de moyens d’assistance ventilatoire et permettre un accès immédiat à la défibrillation.

Le problème économique apparaît ensuite très vite. Ces équipements et ces équipes doivent être disponibles même lorsqu’un bloc tourne en dessous de sa capacité. Une clinique réalisant dix opérations par semaine ne répartit donc pas ses coûts fixes comme un établissement qui en réalise cinquante.

Le volume d’activité devient alors presque aussi important que la conformité technique.

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Une petite clinique peut-elle être trop petite pour avoir le droit d’exercer ?

Oui. Certaines activités imposent des volumes minimums, et quelques dizaines de patients de différence peuvent décider si une activité spécialisée reste autorisable.

C’est particulièrement visible dans le traitement du cancer. Les seuils en vigueur exigent par exemple des nombres minimums d’interventions ou de patients selon le type de traitement. Nous trouvons ainsi 70 interventions annuelles pour certaines activités de chirurgie oncologique mammaire, 40 pour la chirurgie thoracique et 30 pour plusieurs chirurgies digestives ou urologiques.

Ces nombres paraissent faibles lorsqu’on les regarde isolément. Pourtant, il faut disposer chaque année des patients correspondant exactement au type d’intervention autorisé, des chirurgiens nécessaires, de l’anesthésie, du bloc et de tout l’environnement de soins associé.

Une clinique très spécialisée doit donc tester son bassin réel de patients avant de construire son plateau technique.

Activité Minimum annuel réglementaire
Obstétrique, principe général 300 accouchements
Chirurgie oncologique mammaire 70 interventions
Chirurgie oncologique thoracique 40 interventions
Chirurgie oncologique digestive et viscérale 30 interventions
Chirurgie oncologique urologique 30 interventions
Chirurgie oncologique ORL / cervico-faciale 20 interventions
Chirurgie oncologique gynécologique 20 interventions
Chirurgie complexe de l’ovaire 20 interventions
Radiothérapie externe 600 patients
Traitements médicamenteux systémiques du cancer 100 patients

Peut-on faire tourner une clinique avec très peu de personnel permanent ?

Pour une clinique avec chirurgie, hospitalisation ou soins complexes, chercher à fonctionner avec une équipe permanente minuscule devient rapidement difficile.

Il n’existe pas un ratio national simple qui imposerait le même nombre de médecins et d’infirmiers à toutes les cliniques. Les obligations changent selon les activités.

L’anesthésie illustre bien le problème. Une intervention nécessite une organisation permettant d’assurer l’anesthésie, de surveiller le patient après l’acte et de réagir immédiatement à une complication. D’autres spécialités comme les soins critiques, la maternité ou certaines prises en charge oncologiques ajoutent leurs propres exigences.

L’ARS peut également demander des organisations particulières pour assurer la permanence des soins ou imposer des coopérations avec d’autres établissements.

Pour une petite structure, la bonne question devient donc très concrète : quelles compétences doivent être présentes sur place, lesquelles doivent pouvoir intervenir immédiatement et lesquelles peuvent être mutualisées ?

Cette distinction a beaucoup plus d’impact sur la masse salariale que le nombre théorique de lits.

Peut-on externaliser la pharmacie, la stérilisation et les déchets médicaux d’une clinique ?

Une clinique peut externaliser certaines fonctions, mais elle reste responsable d’organiser des circuits conformes et traçables.

Les médicaments utilisés dans un établissement hospitalier passent par un cadre très contrôlé, notamment lorsqu’une pharmacie à usage intérieur est nécessaire. La stérilisation des dispositifs médicaux suit elle aussi des règles spécifiques et peut, dans certaines situations, être confiée à une autre structure autorisée.

Les déchets d’activités de soins à risques infectieux suivent leur propre filière. Une société spécialisée peut les collecter et les traiter, mais le producteur doit pouvoir retracer leur prise en charge.

Nous retrouvons la même logique pour plusieurs fonctions techniques : déléguer une tâche peut réduire l’investissement initial, mais cela ne fait pas disparaître les obligations de la clinique.

Pour un petit établissement, ces mutualisations peuvent d’ailleurs faire la différence entre un projet supportable et un plateau technique surdimensionné.

Jusqu’où vont les obligations de qualité après l’ouverture d’une clinique ?

Les obligations continuent pendant toute la vie de la clinique, avec des contrôles, une certification HAS et des exigences permanentes sur la sécurité des soins.

Le régime actuel de certification concerne tous les établissements de santé, publics comme privés. Le sixième cycle de la Haute Autorité de santé est désormais en cours et prévoit une évaluation périodique des établissements autour du patient, des équipes de soins et du fonctionnement de l’établissement.

Le référentiel a récemment été actualisé. Il comprend aujourd’hui 12 objectifs et 118 critères, contre 132 critères dans le cycle précédent. La simplification du nombre de critères ne rend pas la certification anecdotique : les évaluateurs cherchent à vérifier ce que les équipes font réellement sur le terrain.

Une clinique doit aussi organiser la lutte contre les infections associées aux soins, gérer les événements indésirables, les plaintes et les droits des patients. La commission des usagers fait partie du fonctionnement normal d’un établissement de santé.

Le risque réglementaire continue donc après l’ouverture. Une belle autorisation affichée dans un dossier ne protège pas une clinique dont les pratiques se dégradent deux ans plus tard.

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Peut-on utiliser un logiciel médical ou un cloud classique dans une clinique ?

Une clinique peut utiliser des services cloud, mais l’hébergement de données personnelles de santé entre dans un régime de sécurité bien plus strict qu’un SaaS d’entreprise ordinaire.

Pour les situations couvertes par le régime HDS, l’hébergeur doit être certifié. L’Agence du numérique en santé recensait récemment 411 hébergeurs certifiés, ce qui montre que l’offre est désormais large, mais le porteur de projet doit encore vérifier que son prestataire et les services réellement utilisés entrent bien dans le bon périmètre.

Le chiffrement ne permet pas d’échapper à la règle. L’Agence du numérique en santé rappelle explicitement qu’une donnée personnelle de santé reste une donnée de santé même lorsqu’elle est chiffrée.

À cela s’ajoutent le RGPD, la gestion des droits d’accès, les sauvegardes, les traces de connexion, les incidents de sécurité et les contrats avec les sous-traitants.

Le choix du dossier patient, de la solution de rendez-vous ou de l’infrastructure cloud mérite donc d’être fait avant que toute l’organisation dépende d’un outil mal adapté.

Une clinique peut-elle perdre son autorisation après avoir ouvert ?

Oui. Une clinique qui cesse de respecter les conditions de sécurité ou d’organisation peut voir son activité suspendue, modifiée et, dans les situations les plus graves, perdre son autorisation.

L’ARS dispose de pouvoirs de contrôle après l’ouverture. Lorsqu’elle constate un problème, elle peut demander des mesures correctrices et mettre l’établissement en demeure d’agir. Une situation urgente pour la sécurité des patients peut conduire à une suspension immédiate de tout ou partie de l’activité.

Cette possibilité limite fortement les économies que l’exploitant peut réaliser lorsque la trésorerie se tend. Réduire une présence médicale indispensable, différer un équipement critique ou laisser une organisation se dégrader peut finir par toucher directement le droit d’exercer.

Une clinique rentable sur Excel doit donc aussi pouvoir absorber durablement le coût de sa conformité.

Est-il plus simple de racheter une clinique existante que d’en créer une ?

Oui, racheter une clinique déjà en activité peut enlever une partie du risque de départ, surtout lorsque les autorisations, le bâtiment et les équipes sont déjà en place.

Cela ne transforme pas pour autant l’acquisition en simple achat de PME. Les autorisations sanitaires doivent être examinées une par une, avec leur périmètre, leurs échéances et les éventuelles obligations attachées à leur maintien. Le transfert de l’activité reste encadré par l’ARS.

Nous devons aussi regarder les résultats de certification, les non-conformités en cours, les volumes réels de patients, les équipes médicales, les contrats, l’état du plateau technique et les investissements qui approchent.

Une activité de chirurgie oncologique qui dépend de quelques médecins proches de la retraite ou qui peine à conserver son seuil de volume peut ainsi valoir beaucoup moins que ce que suggère son dernier chiffre d’affaires.

Le rachat raccourcit souvent le chemin réglementaire, mais il déplace une partie du risque vers la due diligence.

Quel type de clinique est le plus réaliste à ouvrir aujourd’hui ?

Aujourd’hui, une clinique spécialisée avec un périmètre médical très clair est généralement plus réaliste pour un nouvel entrant qu’un établissement voulant couvrir immédiatement de nombreuses spécialités lourdes.

Chaque activité supplémentaire peut ajouter sa propre autorisation, ses équipements, ses équipes, ses gardes, ses procédures et ses dépendances à d’autres services. Une clinique réunissant chirurgie, urgences, soins critiques, maternité et oncologie doit donc supporter une complexité sans commune mesure avec celle d’un établissement concentré sur quelques parcours.

La spécialisation n’assure cependant pas un projet léger. Une niche qui exige beaucoup de technologie ou des volumes minimums peut demander davantage de capital qu’une activité médicale plus large mais essentiellement ambulatoire.

La règle de construction du projet est assez simple : partir du parcours de soins que nous voulons réellement proposer, vérifier qu’il existe une place réglementaire dans la région, mesurer le volume de patients nécessaire, puis dimensionner le bâtiment et les équipes autour de cette réalité.

Ouvrir une clinique en France reste donc tout à fait possible aujourd’hui, mais les meilleurs projets commencent rarement par « nous avons trouvé un bâtiment ». Ils commencent plutôt par une activité médicale précise, un territoire où cette activité peut être autorisée et suffisamment de patients pour supporter durablement les coûts qu’elle impose.

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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à répondre à une question très concrète : ce qui peut réellement faire fonctionner ou bloquer un projet de clinique en France aujourd’hui. Nous avons donc décomposé le sujet en qualification de l’activité, autorisations sanitaires, planification régionale, délais, bâtiment, exigences techniques, volumes minimums, organisation médicale, fonctions support, qualité, données de santé et maintien des autorisations.

Nous avons privilégié les règles directement applicables et les organismes qui administrent réellement le système. Le Code de la santé publique et les textes réglementaires passent en premier, puis les autorités nationales compétentes comme la Haute Autorité de santé, l’Agence du Numérique en Santé, la CNIL et le ministère de la Santé.

Nous avons séparé ce que la réglementation permet de ce qu’elle implique économiquement. Un seuil d’activité, une obligation de surveillance post-interventionnelle ou une permanence médicale sont d’abord des exigences opérationnelles ; nous les utilisons ensuite pour comprendre les coûts fixes, le besoin en personnel, le niveau de volume et le capital nécessaires.

Lorsque la réglementation fixe un seuil chiffré, nous avons repris le seuil officiel correspondant à l’activité précise plutôt qu’une moyenne de marché. Lorsque le texte ne fixe pas de ratio universel, notamment pour dimensionner toute l’équipe d’une clinique, nous n’en avons pas créé un : nous avons regardé les obligations attachées aux différentes activités.

La partie sur les autorisations repose notamment sur le régime prévu aux articles L. 6122-1 et suivants du Code de la santé publique, sur les conditions d’octroi liées aux besoins de santé et au schéma régional, sur la liste des activités soumises à autorisation, ainsi que sur les règles de dépôt, d’instruction, de transfert, de contrôle, de suspension et de retrait.

Pour les activités techniques, nous avons utilisé les textes relatifs à l’anesthésie et à la surveillance post-interventionnelle, les seuils réglementaires applicables au traitement du cancer, ainsi que les dispositions sur les pharmacies à usage intérieur, la stérilisation des dispositifs médicaux et les DASRI.

Pour l’après-ouverture, nous avons utilisé le référentiel du sixième cycle de certification de la HAS, les règles relatives à la qualité et à la sécurité des soins, à la commission des usagers et aux droits des patients. Pour le numérique, nous nous appuyons sur l’Agence du Numérique en Santé pour la certification HDS et sur la CNIL pour la définition des données de santé et les exigences de sécurité.

Les principales sources utilisées sont : Légifrance sur le régime des autorisations sanitaires, Légifrance sur les conditions d’octroi liées aux besoins de santé et au schéma régional, Légifrance sur la liste des activités de soins soumises à autorisation, Légifrance sur la surveillance post-interventionnelle, Légifrance sur les seuils d’activité applicables au traitement du cancer, le ministère de la Santé sur les DASRI, la HAS sur le sixième cycle de certification, l’Agence du Numérique en Santé sur HDS, la CNIL sur la sécurité du cloud et Légifrance sur le contrôle, la suspension et le retrait d’une autorisation sanitaire.