Livreur de colis : faut-il acheter son propre utilitaire ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026

Livraison de colis : maîtrisez vos coûts de tournée

Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier.

C'est parti

EN RÉSUMÉ

Oui, un livreur de colis a intérêt à acheter son propre utilitaire une fois sa tournée prouvée, mais l’acheter avant d’avoir sécurisé le travail est souvent une mauvaise idée.

Le vrai point de bascule n’est pas le prix du fourgon. C’est la stabilité du contrat : un véhicule acheté pour une tournée qui disparaît six mois plus tard peut devenir un boulet financier, même s’il avait été acheté à bon prix.

Les offres de leasing à environ 400 € par mois sont moins simples qu’elles en ont l’air. Certaines sont construites sur seulement 15 000 km par an, alors qu’une tournée régulière peut facilement dépasser 40 000 ou 50 000 km.

À fort kilométrage, la propriété devient beaucoup plus défendable. Un utilitaire utilisé 50 000 km par an répartit sa décote sur bien plus de kilomètres qu’un VUL français moyen, qui roule autour de 12 900 km par an.

Le bon compromis se trouve souvent dans l’occasion récente. Les exemples observés autour de 20 000 à 21 500 € pour des Master 2021 raisonnablement kilométrés évitent à la fois le surcoût du neuf et le risque mécanique des véhicules proches de 200 000 km.

Le régime fiscal peut changer complètement l’économie du véhicule. En micro-entreprise, les dépenses réelles de carburant, d’entretien, d’assurance ou d’achat ne viennent pas réduire directement le chiffre d’affaires servant de base aux cotisations sociales.

La TVA est un autre gros morceau. Un véritable utilitaire affecté à une activité ouvrant droit à déduction peut permettre de récupérer plusieurs milliers d’euros, alors qu’un entrepreneur sous franchise en base ne bénéficie pas de cet avantage.

Le coût annuel du véhicule compte davantage que sa mensualité. Dans notre simulation, un utilitaire acheté 20 000 € revient à environ 9 600 € par an avant carburant, soit près de 40 € par journée productive sur 240 jours.

Pour les tournées urbaines, acheter un vieux diesel uniquement parce qu’il est moins cher peut être une fausse économie. Les ZFE rendent déjà certains Crit’Air 3, 4 ou 5 plus difficiles à exploiter selon les villes, alors qu’un Crit’Air 2 laisse aujourd’hui davantage de marge.

L’électrique commence à devenir crédible lorsque la tournée est courte, répétitive et revient chaque soir au dépôt. Dès que les kilomètres deviennent très variables ou que la recharge dépend surtout du réseau public, le diesel récent reste beaucoup plus simple à gérer.

Enfin, la croissance du colis en France ne suffit pas à justifier l’achat. Le marché national reste solide, mais la vraie décision dépend du prix signé de la tournée, des kilomètres réellement nécessaires, des jours garantis et de la capacité à garder assez de trésorerie après l’achat.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Tous les documents pour lancer un livreur de colis

Business plan, prévisionnel financier, étude de marché et executive summary, déjà rédigés et chiffrés pour ce métier. Vous y mettez vos chiffres, vous présentez le dossier.

Voir le pack complet

Téléchargement immédiat

Un livreur de colis doit-il vraiment avoir son propre utilitaire ?

Non. Un livreur de colis peut très bien commencer sans acheter d’utilitaire, et c’est souvent le choix le plus prudent quand la tournée n’est pas encore sécurisée.

Certaines entreprises de livraison fournissent directement le véhicule. Des offres publiées par France Travail pour des tournées Colissimo ou Chronopost mentionnent encore des utilitaires mis à disposition des chauffeurs. Dans ce cas, acheter soi-même un fourgon n’apporte aucun avantage évident : on immobilise de l’argent dans un équipement que le contrat permet déjà d’utiliser sans le posséder.

La situation change pour un indépendant ou un sous-traitant qui doit apporter son propre véhicule. Posséder son fourgon peut alors ouvrir davantage de contrats et permettre de travailler pour plusieurs donneurs d’ordre.

Mais il faut garder l’ordre des choses en tête. Le contrat doit arriver avant le véhicule. Acheter 20 000 ou 30 000 € de matériel puis chercher ensuite assez de tournées pour le rentabiliser augmente énormément le risque au démarrage.

Combien coûte réellement un utilitaire pour livrer des colis aujourd’hui ?

Pour un livreur de colis, un utilitaire correct coûte actuellement autour de 15 000 à 25 000 € en occasion récente, tandis qu’un grand fourgon neuf peut dépasser 40 000 € HT au tarif catalogue.

Les annonces récentes donnent une bonne idée du marché réel. Sur L’Argus, un Renault Master L2H2 de 2021 avec 49 199 km était encore affiché récemment à 21 490 € TTC, soit 17 908 € HT avec TVA récupérable. Un autre Master de la même année avec 74 437 km était proposé à 19 990 € TTC. En descendant vers 120 000 km, nous avons trouvé un exemplaire à 20 990 € TTC.

Il existe encore moins cher, mais le kilométrage grimpe vite. Un Master 2021 affichant 193 400 km apparaissait par exemple à 13 320 € TTC.

En face, Renault affiche actuellement le Master Fourgon diesel neuf à partir de 41 600 €. Une offre professionnelle ramène toutefois le prix remisé du modèle concerné à 29 536 € HT. Le tarif catalogue donne donc une image trop pessimiste du neuf, mais l’écart avec une bonne occasion reste conséquent.

Pour quelqu’un qui lance une première tournée, la tranche autour de 18 000 à 22 000 € pour un utilitaire de quelques années est aujourd’hui beaucoup plus intéressante que le grand fourgon neuf à plus de 40 000 €.

Exemple observé Prix affiché
Master 2021, 193 400 km 13 320 € TTC
Master 2021, 74 437 km 19 990 € TTC
Master 2021, 49 199 km 21 490 € TTC
Master neuf, prix remisé de l’offre étudiée 29 536 € HT
Master neuf, tarif affiché 41 600 €

Un leasing à 400 € par mois est-il vraiment intéressant pour un livreur ?

Pas forcément. Pour un livreur de colis qui roule beaucoup, une offre à 400 € par mois peut devenir beaucoup moins séduisante dès qu’on regarde le kilométrage inclus.

Renault propose actuellement un Master diesel à 399,99 € HT par mois, sans premier loyer majoré, sur 60 mois. Vu comme ça, acheter une occasion à 20 000 € paraît presque inutile.

Le détail qui change tout se trouve dans le contrat : 75 000 km sur cinq ans.

Cela correspond à seulement 15 000 km par an.

Prenons une tournée assez simple de 180 km par jour, cinq jours par semaine et 48 semaines par an. Nous arrivons déjà à 43 200 km. À 220 km par jour, ce sont 52 800 km. Une activité intensive peut donc consommer en un peu plus d’un an l’équivalent de plusieurs années du forfait utilisé pour afficher la mensualité.

Et Renault précise bien que des kilomètres supplémentaires peuvent être facturés lors de la restitution.

Il faut donc demander une offre calculée sur le kilométrage réel de la tournée. Comparer 400 € par mois à un prix d’achat sans vérifier cette ligne ne nous apprend presque rien.

Hypothèse Kilométrage annuel
Offre Renault étudiée 15 000 km
180 km par jour, 240 jours 43 200 km
220 km par jour, 240 jours 52 800 km
250 km par jour, 240 jours 60 000 km

Un livreur roule-t-il assez pour rendre l’achat de son utilitaire rentable ?

Oui, une vraie tournée de colis peut générer suffisamment de kilomètres pour rendre la propriété très intéressante, à condition de garder le véhicule assez longtemps.

Les dernières données publiées par le SDES donnent un bon point de comparaison. Un véhicule utilitaire léger français a parcouru en moyenne seulement 12 900 km en 2025. Cette moyenne a même baissé pour la quatrième année consécutive.

Un livreur parcourant 45 000 km par an utilise donc son utilitaire environ 3,5 fois plus intensément que le VUL moyen français. À 60 000 km, nous approchons 4,7 fois la moyenne.

C’est beaucoup.

Prenons un fourgon acheté 20 000 € et utilisé pendant trois ans. À 50 000 km par an, il aura servi sur 150 000 km supplémentaires. Même si le véhicule perd 12 000 € de valeur pendant cette période, cette décote représente environ 8 centimes par kilomètre.

Il faut évidemment ajouter entretien, assurance, financement et réparations. Mais cet ordre de grandeur explique pourquoi l’achat peut battre une location permanente lorsqu’une tournée roule cinq jours sur sept pendant plusieurs années.

Le kilométrage élevé favorise donc assez nettement l’achat. Ce qui peut faire dérailler le calcul, c’est surtout un contrat qui s’arrête prématurément ou un utilitaire qui passe trop souvent au garage.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Combien facturer pour rentabiliser un livreur de colis ?

Le prévisionnel du pack calcule votre seuil de rentabilité, votre besoin en fonds de roulement et votre trésorerie à partir de vos propres hypothèses. Vous changez un chiffre, tout se recalcule.

Voir le pack complet

Aucune connaissance financière requise

Est-ce qu’un utilitaire à 10 000 € permet vraiment de gagner plus ?

Pas forcément. Pour un livreur de colis, économiser 8 000 € à l’achat peut coûter cher si le véhicule devient régulièrement indisponible.

Les annonces actuelles montrent bien le compromis. Nous trouvons des Master autour de 13 000 € TTC, mais certains approchent déjà 200 000 km. En ajoutant quelques milliers d’euros, nous trouvons aussi des modèles de 2021 autour de 50 000 à 75 000 km.

Pour une personne qui utilise son fourgon occasionnellement, le véhicule très kilométré peut rester intéressant. Une tournée quotidienne change complètement le problème.

Une panne pendant trois jours peut entraîner une réparation, une location de remplacement et éventuellement trois journées de chiffre d’affaires perdues. Une grosse panne pendant une période chargée peut coûter davantage que l’économie réalisée lors de l’achat.

Nous regarderions donc davantage l’historique d’entretien, le kilométrage, les grosses opérations déjà réalisées et l’état réel du véhicule que les 2 000 derniers euros à négocier sur le prix.

Pour une première tournée régulière, l’occasion récente reste souvent le meilleur milieu : beaucoup moins chère que le neuf, sans aller chercher systématiquement les véhicules les plus fatigués du marché.

Un utilitaire neuf vaut-il vraiment son prix pour un livreur de colis ?

Dans la plupart des petits business de livraison, non. Un utilitaire neuf apporte de la tranquillité, mais le surcoût est difficile à défendre lorsqu’on démarre avec une seule tournée.

Regardons l’écart observé actuellement. Un Master 2021 de moins de 50 000 km apparaissait récemment autour de 21 500 € TTC. Le Master neuf commence à 41 600 € au tarif affiché. Même l’offre professionnelle remisée étudiée tourne autour de 29 500 € HT.

Un indépendant paie donc plusieurs milliers, voire plus de 15 000 €, supplémentaires pour réduire l’âge et le risque mécanique.

Cela peut avoir du sens lorsque chaque journée d’immobilisation coûte très cher, quand un contrat impose un véhicule récent ou dans une petite flotte où les pannes perturbent plusieurs salariés.

Pour quelqu’un qui teste son premier contrat, nous préférons garder une partie de cette différence en trésorerie. Un véhicule à 20 000 € plus 8 000 € disponibles sur le compte peut être économiquement plus solide qu’un véhicule à 28 000 € qui laisse l’entreprise presque sans réserve.

L’utilitaire neuf devient plus facile à défendre une fois le business éprouvé.

La micro-entreprise change-t-elle complètement le calcul de l’utilitaire ?

Oui. Pour un livreur de colis en micro-entreprise, les dépenses importantes liées au véhicule peuvent rendre le régime beaucoup moins avantageux qu’il n’en a l’air.

L’administration fiscale le rappelle encore dans une mise à jour récente : un micro-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires et ne déduit pas ses dépenses professionnelles pour leur montant réel.

Pour une prestation de services relevant du BIC, les cotisations sociales sont actuellement de 21,2 % du chiffre d’affaires.

Supposons 60 000 € encaissés dans l’année. Les cotisations sociales représentent environ 12 720 €. Si l’utilitaire, le carburant, l’assurance, les réparations et les autres frais de déplacement absorbent ensuite 18 000 €, ces 18 000 € n’ont pas réduit la base utilisée pour calculer les cotisations.

C’est précisément le problème d’un métier qui peut avoir beaucoup de chiffre d’affaires mais également beaucoup de dépenses.

L’administration fiscale conseille elle-même d’étudier le régime réel lorsque les charges professionnelles deviennent importantes. Pour un livreur qui achète un utilitaire et roule énormément, cette comparaison mérite d’être faite assez tôt.

Est-ce qu’un livreur peut récupérer la TVA sur son utilitaire ?

Oui, dans beaucoup de cas professionnels, la TVA sur un véritable véhicule utilitaire peut être récupérable, ce qui peut modifier le prix réel de plusieurs milliers d’euros.

La doctrine fiscale française distingue les véhicules conçus pour transporter des personnes des camionnettes et fourgons destinés au transport de marchandises. Pour un utilitaire ouvrant droit à déduction et utilisé dans une activité elle-même soumise à TVA, la récupération est possible sous réserve de remplir les conditions fiscales habituelles.

C’est la raison pour laquelle les annonces professionnelles affichent souvent simultanément le prix TTC et le prix HT. Le Master à 21 490 € TTC que nous avons relevé récemment apparaît par exemple à 17 908 € HT avec TVA récupérable.

Un entrepreneur sous franchise en base de TVA ne récupère en revanche pas cette taxe. Les seuils applicables aux prestations de services restent actuellement de 37 500 € pour le seuil de base et 41 250 € pour le seuil majoré.

Il faut également éviter de confondre franchise de TVA et régime micro : ce sont désormais deux seuils distincts. On peut rester micro-entrepreneur tout en devenant redevable de la TVA.

Pour un véhicule à plus de 20 000 €, cette différence mérite d’être calculée avant l’achat, pas après.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Trois semaines de travail pour un livreur de colis, déjà faites

Vous récupérez les quatre documents, vous les adaptez à votre projet, et notre équipe les relit gratuitement avant que vous les envoyiez à votre banque.

Voir le pack complet

Accompagnement par nos experts, gratuit

Quel budget annuel faut-il vraiment prévoir pour son utilitaire de livraison ?

Un livreur de colis devrait raisonner en coût annuel complet, car la mensualité ou le prix d’achat ne représente qu’une partie de ce que le fourgon va réellement absorber.

Prenons une simulation simple. Nous achetons un utilitaire d’occasion 20 000 € et nous pensons le revendre 8 000 € trois ans plus tard. La perte de valeur moyenne revient à 4 000 € par an.

Ajoutons, uniquement pour construire un scénario de travail, 1 800 € d’assurance professionnelle, 3 000 € d’entretien et de pneus et environ 800 € de coût du financement ou du capital. Nous atteignons environ 9 600 € par an avant carburant.

À 240 journées de tournée, cela représente environ 40 € par journée travaillée.

Le carburant peut ensuite devenir encore plus lourd. Avec 50 000 km annuels, une consommation de 9 litres aux 100 km signifie 4 500 litres de gazole. Chaque variation de 10 centimes par litre modifie alors le résultat annuel de 450 €.

C’est aussi pour cela qu’une tournée compacte vaut beaucoup. Quelques dizaines de kilomètres inutiles par jour finissent par peser davantage sur la marge qu’une petite différence négociée sur le prix du fourgon.

Simulation annuelle Montant
Décote du véhicule 4 000 €
Assurance professionnelle 1 800 €
Entretien et pneus 3 000 €
Financement/capital 800 €
Total avant carburant 9 600 €
Coût sur 240 journées 40 €/jour

Que se passe-t-il si la tournée de livraison s’arrête six mois après l’achat ?

Un arrêt rapide du contrat peut transformer l’achat de l’utilitaire en très mauvaise opération, et c’est probablement le principal argument pour ne pas acheter trop tôt.

Imaginons un livreur qui finance 25 000 € pour démarrer un contrat presque entièrement dépendant d’un seul donneur d’ordre. Six mois plus tard, les volumes baissent ou la sous-traitance prend fin.

Le crédit, lui, continue.

Le véhicule peut être revendu, mais nous pouvons alors subir simultanément la première décote, les frais liés au financement et un prix de revente inférieur au capital restant dû.

Une location flexible coûte parfois davantage chaque mois, mais elle permet d’acheter quelque chose de précieux pendant cette phase : la possibilité de sortir rapidement.

Une stratégie assez logique consiste donc à tester la tournée avec un véhicule fourni ou une formule flexible, puis acheter une fois que nous savons réellement combien de jours par mois cette tournée produit.

Après un an de travail régulier, payer continuellement la marge d’un loueur devient beaucoup moins séduisant. Après six semaines d’activité, cette flexibilité vaut encore cher.

Les ZFE rendent-elles dangereux l’achat d’un vieux diesel pour livrer des colis ?

Oui, surtout dans les grandes villes. Acheter un vieux diesel uniquement parce qu’il coûte moins cher peut fermer certaines zones de livraison avant même que le véhicule soit amorti.

Les dernières données du SDES montrent que le diesel représente encore 91,6 % des véhicules utilitaires légers français. Le Crit’Air 2 pèse à lui seul 60,2 % du parc. Le diesel récent reste donc extrêmement courant chez les professionnels.

Mais les restrictions avancent déjà. Le ministère de la Transition écologique indique actuellement que 23 ZFE appliquent des restrictions aux véhicules utilitaires légers.

Les règles sont loin d’être identiques partout. Certaines zones touchent seulement les véhicules non classés ou Crit’Air 4 et 5. Grenoble et Lyon appliquent déjà des restrictions aux VUL Crit’Air 3, tandis que Montpellier, Strasbourg et le Grand Paris ont également prévu ce niveau avec des modalités ou périodes pédagogiques particulières.

Pour un livreur urbain, acheter un Crit’Air 4 très bon marché commence donc à ressembler à un pari. Un Crit’Air 2 laisse aujourd’hui beaucoup plus de marge.

Avant de signer, nous regarderions simplement toutes les communes traversées par la tournée et les règles locales applicables au véhicule précis. Une économie de 4 000 € perd rapidement son intérêt si le fourgon devient inutilisable sur le secteur qui génère le chiffre d’affaires.

Un utilitaire électrique est-il déjà plus intéressant pour la livraison de colis ?

Sur une tournée urbaine bien définie avec recharge au dépôt, l’utilitaire électrique devient aujourd’hui beaucoup plus crédible qu’il y a quelques années, mais il faut encore choisir la bonne batterie et le bon usage.

Renault affiche actuellement deux batteries sur le Master E-Tech : 40 kWh pour environ 180 km d’autonomie annoncée et 87 kWh avec jusqu’à 460 km en cycle WLTP selon la version.

La première batterie peut convenir à une tournée urbaine courte qui revient au même point chaque soir. Dès que nous dépassons régulièrement 150 à 180 km réels, la marge devient beaucoup moins confortable, surtout avec le froid, la charge, les détours et les imprévus.

Le constructeur affiche actuellement le Master E-Tech 40 kWh à partir de 40 100 € après prise en compte de la prime CEE présentée sur son site. Son offre à 400 € HT par mois ressemble à celle du diesel, mais elle reprend elle aussi seulement 75 000 km sur 60 mois.

Un autre chiffre est intéressant : le simulateur professionnel de Renault utilise actuellement 0,20 €/kWh comme hypothèse de recharge. À consommation équivalente, une tournée rechargée principalement au dépôt peut donc avoir un coût énergétique nettement inférieur au diesel.

Pour une livraison urbaine très répétitive, l’électrique mérite désormais un vrai calcul. Pour un indépendant qui ne sait jamais s’il fera 120 ou 350 km le lendemain et qui dépend des bornes publiques, le diesel récent reste beaucoup plus simple à exploiter.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Ce qu’il faut pour faire financer un livreur de colis

Une banque veut des chiffres sourcés, un marché documenté et une stratégie tenable. Les quatre documents répondent à ces trois questions dans l’ordre où elles se posent.

Voir le pack complet

Convient pour une demande de prêt

Posséder son utilitaire permet-il vraiment de trouver de meilleures tournées ?

Posséder son utilitaire peut ouvrir plus de portes à un livreur indépendant, mais la qualité du contrat compte beaucoup plus que la propriété du véhicule.

Avec son propre fourgon, un livreur peut accepter des missions demandant un sous-traitant déjà équipé, changer de donneur d’ordre et éventuellement répartir son chiffre d’affaires entre plusieurs clients.

Cette indépendance a une vraie valeur.

Mais le marché montre également que des sociétés continuent à recruter avec véhicule fourni. Posséder un utilitaire n’est donc pas automatiquement un avantage concurrentiel suffisant pour obtenir une meilleure rémunération.

Nous regarderions surtout ce que le contrat paie par journée ou par tournée, le nombre de jours garantis, les kilomètres réellement nécessaires, les pénalités éventuelles, les conditions de rupture et les coûts restant à la charge du chauffeur.

Une tournée à 250 € par jour avec 220 km, beaucoup de temps perdu et tous les frais à notre charge peut être moins intéressante qu’une tournée payée moins cher mais beaucoup plus compacte avec véhicule fourni.

Le fourgon donne de l’autonomie. Seul un bon contrat transforme cette autonomie en argent.

Combien de trésorerie faut-il garder après avoir acheté son utilitaire ?

Un livreur ne devrait pas vider son compte pour acheter son utilitaire, même lorsque payer comptant semble économiser des intérêts.

Le transport public routier léger de marchandises comporte déjà une exigence officielle de capacité financière. En métropole, Service Public indique 1 800 € pour le premier véhicule de moins de 3,5 tonnes et 900 € par véhicule supplémentaire.

Cette exigence réglementaire donne seulement un plancher. Dans la vraie vie, une entreprise dépendant d’un seul véhicule a intérêt à conserver bien davantage.

Une réparation à quatre chiffres, une franchise d’assurance, des pneus à remplacer ou quelques semaines avec moins de tournées peuvent arriver très vite. Or le fourgon sert directement à produire le chiffre d’affaires.

Si nous disposons de 25 000 € de trésorerie, dépenser 24 000 € comptant pour éviter un financement peut donc être beaucoup plus risqué que d’acheter une occasion moins chère ou de financer une partie du prix.

Pour une activité avec un seul véhicule, la réserve disponible après l’achat compte presque autant que le prix payé.

À partir de quand acheter son propre utilitaire devient-il vraiment intéressant ?

Pour un livreur de colis, l’achat devient vraiment intéressant lorsque la tournée est régulière, le kilométrage élevé et le contrat suffisamment solide pour garder le véhicule plusieurs années.

Nous pouvons ramener la décision à trois chiffres : combien coûte réellement le véhicule par an, combien de jours facturés il produit et combien coûterait une location prévue pour exactement le même kilométrage.

Supposons que la propriété coûte environ 9 600 € par an avant carburant dans notre simulation précédente. Sur 240 jours de tournée, le véhicule nous coûte autour de 40 € par journée productive.

Il suffit ensuite d’obtenir un véritable devis de location à 45 000 ou 50 000 km annuels, avec entretien, pneus, assurance éventuelle, frais kilométriques supplémentaires et conditions de restitution. Si l’écart avec les 40 € devient important et que nous pensons conserver la tournée trois ans, l’achat prend rapidement l’avantage.

À l’inverse, si nous n’avons aucune garantie sur le nombre de journées travaillées dans six mois, économiser quelques euros par jour grâce à la propriété ne compense pas forcément le risque pris.

Il n’existe donc pas un kilométrage universel où « acheter devient rentable ». Sur une tournée stable de 40 000 à 60 000 km par an, cependant, nous commencerions clairement à privilégier la propriété.

Le marché du colis est-il encore assez solide pour acheter un utilitaire aujourd’hui ?

Oui. La demande de livraison reste solide en France ; le vrai risque vient davantage de l’économie de notre propre contrat que d’un manque général de colis.

L’Arcep a comptabilisé environ 1,64 milliard de colis distribués en France en 2024, soit 3,4 % de plus que l’année précédente. Les revenus associés ont atteint près de 8,4 milliards d’euros HT, en hausse de 2,8 %.

Depuis, les données de la Fevad montrent que les ventes de produits en ligne ont encore progressé de 4 % en 2025. L’ensemble du e-commerce français a atteint 196,4 milliards d’euros et 3,2 milliards de transactions, soit 10 % de transactions supplémentaires en un an.

Nous n’avons donc pas devant nous un marché du colis en train de disparaître.

Il y a toutefois un détail moins confortable pour les sous-traitants. Dans les dernières données détaillées de l’Arcep, les volumes de colis ont progressé plus vite que les revenus associés : +3,4 % contre +2,8 %. Le revenu moyen du marché par colis s’est donc légèrement tassé.

Cela donne un marché avec davantage de travail, sans garantie que chaque colis génère davantage de marge.

Pour décider d’acheter un fourgon, nous faisons donc beaucoup plus confiance au prix signé de la tournée et à son historique de volume qu’à la croissance nationale du e-commerce.

4,8 sur Google4,5 sur Trustpilot

Les quatre documents pour lancer un livreur de colis

Le business plan raconte le projet, le prévisionnel le chiffre, l’étude de marché le justifie et l’executive summary le résume en deux pages. Rien à rédiger de zéro.

Voir le pack complet

PowerPoint, Excel et Word, modifiables

Livreur de colis : faut-il finalement acheter son propre utilitaire ?

Oui, mais généralement après avoir prouvé la tournée. Pour un livreur de colis qui travaille régulièrement et roule beaucoup, posséder une bonne occasion récente peut être sensiblement plus rentable que louer son utilitaire pendant des années.

Les chiffres actuels renforcent cette conclusion. Nous trouvons encore des Master de 2021 autour de 20 000 à 21 500 € TTC avec des kilométrages raisonnables. Dans le même temps, les offres de crédit-bail autour de 400 € HT mensuels que nous avons examinées sont construites sur seulement 15 000 km par an, alors qu’une tournée intensive peut dépasser 40 000 ou 50 000 km.

Le kilométrage change énormément la comparaison. D’après les dernières données du SDES, le VUL français moyen roule 12 900 km par an. Un livreur à 50 000 km exploite son véhicule presque quatre fois plus intensément, ce qui permet de répartir rapidement le coût d’achat.

Nous éviterions cependant deux erreurs assez fréquentes : acheter un grand fourgon neuf dès la première tournée et prendre à l’inverse le diesel le moins cher possible avec près de 200 000 km. Entre les deux, une occasion récente, bien entretenue et adaptée exactement au volume de la tournée offre aujourd’hui le compromis le plus convaincant.

Pendant les premiers mois, conserver de la flexibilité reste souvent préférable si le contrat peut disparaître rapidement. Une fois les volumes confirmés, continuer à louer année après année devient beaucoup plus difficile à justifier.

Notre réponse est donc assez nette : si nous testons encore le métier ou dépendons d’un contrat fragile, nous n’achèterions pas immédiatement. Si la tournée tourne déjà régulièrement, que nous dépassons plusieurs dizaines de milliers de kilomètres par an et que nous avons assez de trésorerie pour absorber une panne, nous achèterions notre propre utilitaire — avec une nette préférence pour une bonne occasion récente plutôt que pour du neuf.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer dans quelles situations l’achat de son propre utilitaire devient économiquement intéressant pour une activité de livraison de colis en France. Nous avons séparé la décision en plusieurs dimensions : prix d’achat, kilométrage, financement, coûts d’exploitation, stabilité du contrat, fiscalité, trésorerie, réglementation, motorisation et solidité du marché du colis.

Nous avons privilégié les sources publiques françaises et les données directement publiées par les acteurs concernés. Le SDES sert de référence pour le parc des véhicules utilitaires légers, leur kilométrage moyen, le poids du diesel et les catégories Crit’Air. Service Public, economie.gouv.fr, impots.gouv.fr et le BOFiP sont utilisés pour les règles de capacité financière, de micro-entreprise et de TVA. Le ministère de la Transition écologique et le site officiel Crit’Air servent pour les restrictions liées aux ZFE.

Les prix et offres Renault sont utilisés comme exemples commerciaux actuels, notamment pour le Master diesel, le crédit-bail à 60 mois et 75 000 km, le Master E-Tech et le simulateur de coût énergétique. Ces offres ne sont pas traitées comme des moyennes du marché : elles servent à montrer comment une mensualité, un kilométrage contractuel ou une motorisation peuvent modifier le calcul.

Les annonces L’Argus sont elles aussi utilisées comme points de marché observés. Les Master 2021 relevés autour de 13 000 à 21 500 € TTC illustrent l’écart entre un véhicule très kilométré et une occasion récente ; ils ne constituent pas un prix moyen national de l’utilitaire d’occasion.

Les scénarios de kilométrage, de décote, de coût annuel et de durée de détention sont nos propres hypothèses de travail. Ils servent à tester la sensibilité de la décision selon l’intensité réelle de la tournée et la durée pendant laquelle le véhicule reste productif. Ils ne sont pas présentés comme des moyennes officielles du métier.

Pour mesurer la profondeur du marché, nous utilisons l’Observatoire du courrier et du colis de l’Arcep ainsi que son jeu de données ouvert, puis le bilan 2025 de la Fevad pour le e-commerce français. Pour l’Arcep, nous distinguons le périmètre de la distribution en France du périmètre plus large incluant l’export afin que les volumes et revenus cités correspondent bien à ce que l’article cherche à mesurer.

Les principales sources utilisées sont : SDES sur les véhicules utilitaires légers, ministère de la Transition écologique sur les ZFE, site officiel Crit’Air, Service Public Entreprendre sur le transport routier de marchandises, economie.gouv.fr sur les obligations de la micro-entreprise, economie.gouv.fr sur les cotisations sociales, impots.gouv.fr sur la TVA, BOFiP sur la déduction de TVA applicable aux véhicules, France Travail pour un exemple de tournée avec véhicule fourni, Renault Professionnels pour le Master diesel, Renault Professionnels pour l’offre de crédit-bail Master, Renault Professionnels pour les caractéristiques du Master E-Tech, Renault Professionnels pour l’offre Master E-Tech, simulateur Renault pour le coût énergétique, Arcep pour l’Observatoire 2024 du courrier et du colis, data.gouv.fr pour le jeu de données Arcep, Fevad pour le bilan du e-commerce français 2025, ainsi que les annonces L’Argus utilisées comme observations ponctuelles du marché de l’occasion.

Qui est l'auteur de ce contenu ?

L'équipe de Modeles de Business Plan

Une équipe de financiers, consultants et rédacteurs

Nous sommes une équipe d’experts en finance, de consultants, d’analystes de marché et de rédacteurs spécialisés, dédiés à accompagner les nouveaux entrepreneurs dans la création de leur entreprise. Nous vous aidons à éviter les erreurs en vous fournissant des business plans détaillés, des études de marché précises et des prévisions financières fiables, pour maximiser vos chances de succès dès le départ. Si vous voulez en savoir plus sur nous, vous pouvez consulter notre page de présentation.