Salle de sport : est-ce encore vraiment rentable ?

Dernière mise à jour: 12 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Oui, une salle de sport peut encore être vraiment rentable en France aujourd’hui, mais les meilleurs projets sont ceux qui évitent de copier un grand réseau avec moins de moyens.

La demande n’est pas le problème principal. La pratique sportive progresse encore, la fréquentation des loisirs sportifs marchands augmente et les grands réseaux continuent d’ajouter des clubs sans casser leur croissance.

Le marché français garde probablement du potentiel au niveau national, mais cette moyenne devient presque secondaire au moment de choisir un local. La vraie saturation se joue désormais à quelques kilomètres près, parfois simplement entre deux zones commerciales.

Les grands clubs montrent qu’un modèle généraliste peut toujours produire beaucoup de cash une fois rempli. Basic-Fit affiche un retour sur capital investi de 31 % sur ses clubs matures et Fitness Park communique des marges élevées dans son réseau.

Le revers du modèle apparaît avant cette maturité. Un grand club supporte presque immédiatement son loyer, ses machines, son énergie et une bonne partie de son personnel, alors qu’il peut lui manquer encore plusieurs centaines d’adhérents pour atteindre son point mort.

Les abonnements autour de 25 à 30 € restent viables, mais ils sont surtout adaptés à des opérateurs capables de réunir plusieurs milliers de membres, d’automatiser une partie de l’exploitation et d’amortir leurs outils sur un gros réseau. Pour un indépendant de taille moyenne, copier ces prix peut faire beaucoup de dégâts.

Le marché va d’ailleurs progressivement dans l’autre direction : les grands réseaux cherchent eux-mêmes à augmenter le revenu par membre avec des formules Premium ou Ultimate. Quelques euros supplémentaires par abonnement ont énormément de valeur lorsque le club compte 2 000 ou 3 000 clients.

Pour un entrepreneur disposant de 200 000 ou 300 000 €, un studio spécialisé, du coaching ou du small-group training peut donc être plus logique qu’une grande salle généraliste. Il faut recruter moins de clients, occuper moins de mètres carrés et surtout ne pas affronter Basic-Fit uniquement sur le nombre de machines.

Le local et la vitesse de remplissage peuvent compter davantage que quelques points de marge théorique. Un loyer trop élevé reste bloqué pendant des années, tandis que six mois de retard dans la montée en puissance peuvent vider la trésorerie avant même que le concept ait eu le temps de montrer ce qu’il vaut.

La bonne affaire aujourd’hui est donc rarement « une salle de sport » au sens large. C’est plutôt une salle adaptée à sa zone, à son capital et à son positionnement : une franchise capable de remplir vite, une petite structure facturant davantage grâce au coaching, ou un club implanté dans un bassin encore sous-équipé.

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Salle de sport : est-ce encore vraiment rentable ?

Les Français vont-ils encore assez à la salle pour faire vivre de nouveaux clubs ?

Oui, la demande pour les salles de sport reste solide en France aujourd’hui, et elle continue plutôt de monter que de s’essouffler.

Le baromètre Sport-Santé publié par la FFEPGV avec Ipsos BVA indiquait que 72 % des Français pratiquaient une activité physique en 2025, contre 54 % en 2012. Deux Français sur cinq déclaraient aussi dépasser trois heures de sport par semaine. Sur plus d’une décennie, nous voyons donc une progression de fond, bien plus intéressante qu’un simple rebond ponctuel.

Les loisirs sportifs marchands ont suivi la même direction. Selon l’Union Sport & Cycle, leur fréquentation a progressé de 7,4 % sur l’ensemble de 2025 et leur chiffre d’affaires de 6,2 %. Le nombre d’établissements a aussi augmenté de 4,5 %.

L’Europe confirme cette tendance. EuropeActive et Deloitte comptaient 75,5 millions d’adhérents à des clubs de fitness fin 2025, soit 4,1 millions de plus en un an, tandis que les revenus du secteur progressaient de 9,1 % à 39,1 milliards d’euros.

Aujourd’hui, la difficulté n’est donc pas de trouver des gens intéressés par le fitness. Il faut surtout réussir à les capter sans payer trop cher pour les attirer.

Indicateur récent Évolution
Français pratiquant une activité physique 72 %
Fréquentation des loisirs sportifs marchands +7,4 %
CA des loisirs sportifs marchands +6,2 %
Adhérents aux clubs de fitness en Europe +5,8 %
Revenus européens du fitness +9,1 %

Y a-t-il déjà trop de salles de sport en France ?

Non, le marché français n’a pas l’air saturé dans son ensemble, mais certaines zones locales sont déjà très encombrées.

Basic-Fit estime le taux de pénétration du fitness français autour de 10 %. Le groupe l’évalue à 19 % aux Pays-Bas et 13 % en Allemagne et en Espagne. Même en prenant ces comparaisons avec prudence, la France semble encore avoir de la marge.

Mais la moyenne nationale dit peu de choses sur un projet concret. Basic-Fit possédait déjà 894 clubs en France fin 2025, contre 528 quatre ans plus tôt. Fitness Park dépasse 400 implantations en France et à l’étranger, Keepcool tourne autour de 300 clubs et ON AIR dépasse désormais la centaine.

Le marché a donc réussi à absorber plusieurs centaines d’ouvertures supplémentaires sans que les grands réseaux arrêtent de se développer.

Pour un entrepreneur, la vraie saturation se joue désormais à quelques kilomètres près. Ouvrir dans une ville sous-équipée n’a rien à voir avec arriver derrière Basic-Fit, Fitness Park et ON AIR dans la même zone commerciale.

Est-ce que les grandes salles de sport gagnent encore vraiment beaucoup d’argent ?

Oui, les meilleurs réseaux de salles de sport affichent encore des niveaux de rentabilité très élevés.

Basic-Fit a réalisé environ 1,42 milliard d’euros de chiffre d’affaires en 2025, en hausse de 17 %, avec 348 millions d’euros d’EBITDA sous-jacent après loyers. Le groupe a aussi dégagé 54,3 millions d’euros de bénéfice net sous-jacent.

Ses 1 216 clubs arrivés à maturité ont généré en moyenne 369 000 € d’EBITDA de club après loyer. Le retour sur capital investi atteignait 31 %, légèrement au-dessus de l’objectif interne de 30 %.

Fitness Park communique de son côté environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires moyen par club et 35 % d’EBITDA moyen dans son réseau français. Ce sont des chiffres venant du franchiseur, donc ils doivent être recoupés dans le DIP d’un projet précis. Leur ordre de grandeur reste néanmoins très parlant.

Ces chiffres montrent surtout qu’un club plein, bien placé et bien exploité peut encore être une très belle machine à cash. Mais reproduire ces performances sans la taille, la marque et les outils de ces réseaux est une autre histoire.

Combien d’adhérents faut-il vraiment pour qu’une salle de sport tourne bien ?

Pour une grande salle généraliste, il faut souvent compter en milliers d’adhérents avant que l’économie devienne vraiment confortable.

Basic-Fit comptait en moyenne 2 902 abonnements par club en 2025, contre 2 701 un an plus tôt. Avec un revenu moyen de 24,91 € par membre et par mois dans ses clubs en propre, quelques centaines d’adhérents supplémentaires peuvent peser lourd sans faire grimper les coûts dans les mêmes proportions.

Fitness Park annonce plus de 1,4 million d’adhérents répartis sur plus de 410 clubs en France et à l’international. Même si la moyenne brute doit être maniée avec précaution, nous restons dans un ordre de grandeur supérieur à 3 000 membres par implantation.

C’est là que le modèle devient puissant. Une salle de 1 000 ou 1 500 m² paie son loyer, ses machines, son énergie et une bonne partie de son équipe qu’elle accueille 1 000 ou 3 000 personnes.

Tant que le club reste sous son seuil critique, chaque mois fait mal. Une fois ce seuil franchi, les abonnements supplémentaires améliorent beaucoup plus vite la marge.

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Peut-on encore gagner de l’argent avec des abonnements à 25 ou 30 € ?

Oui, les abonnements low-cost autour de 25 à 30 € restent rentables, mais ils exigent énormément de volume et une exploitation très serrée.

Basic-Fit facture actuellement son abonnement Comfort 24,99 € toutes les quatre semaines, Premium 29,99 € et Ultimate 34,99 €. Fitness Park affiche autour de 30 € toutes les quatre semaines pour son offre Classic avec engagement après la période promotionnelle.

À ce niveau de prix, le client attend pourtant beaucoup : grande surface, machines modernes, horaires larges, application, espaces variés et parfois accès à tout un réseau.

Basic-Fit fait fonctionner cette équation avec près de 2 900 adhésions par club en moyenne, une forte automatisation et plus de 1 600 clubs exploités directement. Un indépendant qui facture 25 € avec 700 membres possède une économie complètement différente.

Copier les prix du low-cost sans avoir ses volumes est probablement l’une des façons les plus rapides de fragiliser une nouvelle salle.

Les salles de sport arrivent-elles encore à augmenter leurs prix ?

Oui, les grands réseaux réussissent actuellement à faire monter le revenu par adhérent sans freiner leur croissance.

Chez Basic-Fit, le revenu mensuel moyen par abonnement est passé de 22,86 € en 2022 à 23,53 € en 2023, 24,24 € en 2024 puis 24,91 € en 2025. Cela fait près de 9 % de hausse en trois ans.

Le groupe indique aussi qu’environ la moitié de ses nouveaux adhérents choisissent désormais les formules Premium ou Ultimate. Une bonne partie de la progression vient donc du mix d’abonnements, pas seulement d’une hausse du tarif d’entrée.

Fitness Park suit la même logique avec Classic, Access+ et Ultimate. Les réseaux cherchent de plus en plus à faire payer davantage aux clients qui veulent plus de services ou plus de flexibilité.

Quelques euros supplémentaires paraissent modestes à l’échelle d’un membre. Répétés sur plusieurs milliers d’abonnés pendant douze mois, ils changent fortement l’économie du club.

Basic-Fit Revenu moyen mensuel par abonnement
2022 22,86 €
2023 23,53 €
2024 24,24 €
2025 24,91 €

Est-ce que le vrai problème aujourd’hui, c’est le prix d’ouverture d’une salle ?

Oui, le montant à investir est devenu l’un des gros points faibles du business des salles de sport.

Fitness Park indique un apport personnel autour de 400 000 €, avec un investissement global souvent présenté autour de 1,2 million d’euros ou davantage selon le projet.

ON AIR demande actuellement au moins 350 000 € d’apport pour des clubs d’au minimum 1 000 m², avec un investissement démarrant autour de 1 400 €/m². Gigafit communique également un investissement à partir de 1 400 €/m². Keepcool se situe plus bas, autour de 600 000 € d’investissement global et 120 000 à 150 000 € d’apport selon l’enseigne.

Machines, travaux, vestiaires, contrôle d’accès, ventilation, décoration et trésorerie de départ font rapidement monter la facture.

Il faut donc regarder autre chose que la marge du club. Une salle qui gagne 250 000 € par an après avoir nécessité 1,2 million d’euros d’investissement ne raconte pas la même histoire qu’un studio produisant 100 000 € avec 250 000 € engagés.

Concept Investissement annoncé ou indicatif
Keepcool env. 600 000 €
Gigafit à partir de 1 400 €/m²
ON AIR à partir de 1 400 €/m²
Fitness Park à partir d’env. 1,2 M€

Une petite salle peut-elle encore faire mieux qu’un Basic-Fit ?

Oui, une petite salle peut très bien gagner sa vie aujourd’hui si elle évite la bataille frontale sur le prix et le nombre de machines.

Sur l’abonnement à 25 ou 30 €, l’amplitude horaire, la quantité d’équipements et l’accès à plusieurs centaines de clubs, les grands réseaux partent avec un avantage énorme.

Une petite structure peut en revanche vendre quelque chose de plus difficile à industrialiser : coaching très présent, communauté locale, programmation spécialisée, small-group training, suivi personnalisé ou expérience premium.

Les chiffres changent vite quand le revenu par client augmente. Un studio réunissant 250 clients à 100 € par mois génère le même ordre de grandeur de revenus d’abonnement que 1 000 membres à 25 €.

Les coûts sont évidemment différents, mais la comparaison montre pourquoi un petit club n’a pas besoin de jouer au même jeu que Basic-Fit. Le vrai danger, c’est d’avoir la taille d’un indépendant et le positionnement d’une grande chaîne.

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Faut-il ouvrir 24h/24 et fonctionner avec très peu de personnel ?

Pour une salle généraliste à bas prix, des horaires très larges et une équipe réduite deviennent presque indispensables pour rester compétitif.

Basic-Fit comptait déjà plus de 300 clubs accessibles 24h/24 et 7j/7 en France fin 2025. Le groupe a aussi élargi les horaires de nombreuses autres salles et attribue une partie de la croissance des adhésions à cette évolution.

Cette stratégie a un coût. L’EBITDA moyen après loyer de ses clubs matures est descendu de 399 000 à 369 000 € entre 2024 et 2025, notamment à cause du coût du 24/7 avec personnel et des plages horaires prolongées.

Les enseignes cherchent donc à limiter la masse salariale ailleurs. ON AIR indique par exemple fonctionner avec seulement trois à cinq employés dans des établissements dépassant 1 000 m².

Pour un indépendant, le 24/7 ne mérite pas d’être ajouté simplement parce que « tout le monde le fait ». Il doit rapporter plus qu’il ne coûte en sécurité, énergie, ménage et personnel.

Un mauvais loyer peut-il tuer une salle de sport rentable ?

Oui, le bail peut suffire à transformer un bon concept de salle de sport en mauvais investissement.

Une salle généraliste moderne nécessite souvent entre 700 et 2 500 m² chez Fitness Park et au moins 1 000 m² chez ON AIR. À cette échelle, une différence apparemment modeste au mètre carré devient énorme.

Prenons 30 € de loyer annuel supplémentaire par mètre carré sur un local de 1 200 m². Cela représente 36 000 € par an, soit 324 000 € sur neuf ans avant même de prendre en compte l’indexation.

Le problème devient encore plus sérieux après les travaux. Vestiaires, douches, sols renforcés, ventilation et électricité spécialisée rendent un déménagement coûteux.

C’est pourquoi une grande boîte commerciale avec parking, un peu en retrait, peut parfois être bien meilleure qu’un emplacement très visible. Une salle de sport n’a pas forcément besoin de payer le même prix au mètre carré qu’un restaurant ou une boutique de centre-ville.

La franchise rend-elle vraiment une salle de sport plus rentable ?

Parfois oui, mais il faut que le supplément d’adhérents généré par la marque couvre largement les redevances payées.

Fitness Park demande autour de 6 % de royalties et 2,4 % de contribution publicitaire selon les informations communiquées aux candidats. Gigafit indique 5 % de redevance d’exploitation plus 1,8 % de publicité. ON AIR annonce 6 % plus 1 %.

Sur un club réalisant 1 million d’euros de chiffre d’affaires, 7 % de redevances représentent déjà 70 000 € par an. À 8,4 %, nous arrivons à 84 000 €.

En échange, le franchisé récupère une marque connue, des achats négociés, un concept déjà testé, des outils numériques, un plan de prévente et un accompagnement sur le local.

Dans un business où atteindre rapidement 2 000 ou 3 000 adhérents peut faire toute la différence, cette accélération peut valoir largement son prix. Mais payer 70 000 ou 80 000 € par an pour une enseigne qui n’apporte pas assez de trafic devient vite une très mauvaise affaire.

Une salle de sport peut-elle être rentable dans une petite ville ?

Oui, les petites villes peuvent encore offrir de très bonnes rentabilités si le club reste proportionné à la zone.

Basic-Fit donne un exemple intéressant. Plus de 35 % des clubs ajoutés à sa catégorie des établissements matures en 2025 avaient été ouverts dans des zones rurales. Ces clubs comptaient en moyenne moins d’adhérents et généraient moins d’EBITDA, mais leur retour sur capital investi restait comparable.

Voilà un point souvent mal compris : un club peut gagner moins d’argent en valeur absolue tout en étant aussi intéressant financièrement si son local, ses travaux et son foncier coûtent beaucoup moins cher.

Gigafit prévoit d’ailleurs un format Express de 350 à 550 m² pour des zones de seulement 20 000 à 30 000 habitants, alors que son format XL vise plutôt des bassins de 60 000 à 80 000 habitants.

Dans une petite ville, le projet devient surtout dangereux lorsque l’entrepreneur construit une salle prévue pour 3 000 clients dans un marché qui n’en offrira jamais autant.

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Est-ce qu’une salle premium est plus rentable qu’une salle low-cost ?

Pas forcément, mais le premium donne aujourd’hui davantage de possibilités pour éviter la guerre des prix.

Fitness Park ajoute de plus en plus d’équipements et d’espaces haut de gamme tout en restant sur un positionnement accessible. ON AIR mise beaucoup sur le design, l’ambiance et les zones spécialisées. Gigafit développe aussi des espaces autour de la récupération et de la longévité.

Dans le même temps, Basic-Fit pousse ses formules Premium et Ultimate. Les grands réseaux cherchent eux-mêmes à faire monter la valeur perçue plutôt qu’à vendre uniquement un accès aux machines.

Pour un indépendant, cette évolution est importante. Facturer davantage reste possible, mais la différence doit être évidente pour le client. Une jolie décoration et quelques machines premium ne suffisent plus vraiment.

Un vrai positionnement supérieur doit se voir dans l’expérience, les services, le coaching ou la spécialisation.

Le coaching rapporte-t-il plus qu’une salle classique ?

Pour une petite structure, le coaching ou le small-group training peut offrir aujourd’hui une économie plus intéressante qu’un abonnement généraliste low-cost.

À 30 € par mois, 500 abonnés génèrent 15 000 € mensuels avant les ventes annexes. À 120 €, 125 clients suffisent pour produire le même chiffre d’affaires.

Le modèle avec coaching demande plus de travail humain et limite davantage la capacité. En échange, il fonctionne souvent dans des surfaces plus petites, avec moins de machines et beaucoup moins de membres à recruter.

Il attaque aussi un point faible évident des grandes chaînes : elles savent très bien vendre de l’accès, mais elles suivent beaucoup moins précisément chaque membre.

Pour quelqu’un qui dispose de 200 000 ou 300 000 € plutôt que d’un million, cette alternative mérite franchement d’être comparée à l’ouverture d’un grand club classique.

Est-ce que les salles de sport gagnent surtout grâce aux abonnés qui ne viennent jamais ?

Non, les adhérents totalement inactifs ne sont pas le cœur du modèle économique des salles de sport.

Le système fonctionne surtout parce que tous les membres ne viennent pas au même moment. Un club peut donc vendre plusieurs milliers d’abonnements sans avoir besoin d’une machine ou d’un casier pour chaque personne.

Basic-Fit indique d’ailleurs chercher à amener ses adhérents à fréquenter le club au moins une fois par semaine et rapporte avoir encore atteint cet objectif en moyenne en 2025.

Un client qui ne vient jamais peut continuer à payer un temps, mais il possède aussi une excellente raison de résilier rapidement. Un membre qui s’entraîne régulièrement a beaucoup plus de chances de rester.

Le business est donc plus solide lorsque les gens utilisent réellement leur abonnement, même si l’utilisation reste répartie dans la semaine.

Pourquoi Basic-Fit et Fitness Park continuent-ils d’ouvrir autant de clubs ?

Parce que les grands réseaux trouvent encore aujourd’hui suffisamment d’emplacements capables de générer de bons rendements.

Basic-Fit est passé de 528 clubs en France fin 2021 à 647 en 2022, 781 en 2023, 858 en 2024 puis 894 en 2025. Cela représente 366 établissements français supplémentaires en quatre ans, soit environ 69 % de croissance du parc.

Fitness Park annonce de son côté plus de 410 clubs en France et à l’international et environ 80 projets d’ouverture annuels, dont une cinquantaine en France. ON AIR dépasse désormais 120 clubs.

Comme nous l’avons vu plus haut, la demande française reste assez forte pour absorber de nouvelles capacités. Ce rythme d’expansion montre surtout que les meilleurs réseaux voient encore beaucoup d’opportunités locales rentables.

Pour un nouvel entrant, il faut cependant lire l’autre moitié du message : chaque ouverture supplémentaire réduit mécaniquement le nombre de zones faciles encore disponibles.

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Combien de temps faut-il avant qu’une nouvelle salle de sport devienne rentable ?

Une nouvelle salle peut atteindre son seuil de rentabilité autour d’un an lorsqu’elle démarre fort, mais quelques mois de retard peuvent coûter très cher.

Fitness Park communique un seuil de rentabilité moyen atteint autour de douze mois dans son réseau. Basic-Fit utilise de son côté des campagnes de membres fondateurs avant et autour des ouvertures pour remplir rapidement ses nouveaux clubs.

Le bail, les machines, l’énergie et une bonne partie des frais commencent à courir dès l’ouverture, même si le club ne possède encore que quelques centaines d’abonnés.

Une salle qui a besoin de 1 800 membres pour être à l’équilibre et qui reste longtemps bloquée à 1 200 brûle de la trésorerie tous les mois.

Dès que la masse critique est franchie, l’économie s’améliore beaucoup plus vite parce que le local et les équipements sont déjà là. C’est pour cela que la vitesse de prévente compte presque autant que le nombre final d’adhérents.

Quel est le plus gros risque quand on ouvre une salle de sport aujourd’hui ?

Le plus gros risque aujourd’hui est de surinvestir dans une salle trop banale pour une zone déjà très concurrentielle.

Les chiffres de fréquentation sont encore bons, les grands réseaux grandissent et les meilleurs clubs dégagent des marges élevées. Rien n’indique actuellement un effondrement de la demande française pour le fitness.

Le danger vient plutôt du compte de résultat. Un entrepreneur peut facilement engager 600 000 €, 1 million d’euros ou davantage avant d’avoir atteint sa vitesse de croisière. Il doit ensuite rivaliser avec Basic-Fit autour de 25 € toutes les quatre semaines, Fitness Park autour de 30 € sur son offre classique et plusieurs autres enseignes nationales.

Dans ce contexte, 200 adhérents manquants, un loyer trop élevé ou six mois de retard dans la montée en puissance peuvent absorber rapidement la trésorerie prévue.

Aujourd’hui, un business plan qui ne fonctionne que si presque tout se passe bien mérite d’être refusé.

Salle de sport : est-ce encore vraiment rentable ?

Oui, une salle de sport peut encore être très rentable en France aujourd’hui, mais une salle généraliste sans avantage clair devient de plus en plus risquée.

Les données récentes restent franchement bonnes pour le secteur. La pratique sportive progresse, les loisirs sportifs marchands gagnent encore des clients et les grands réseaux continuent d’ouvrir des clubs à un rythme soutenu.

Basic-Fit affiche un retour sur capital investi de 31 % sur ses clubs matures. Fitness Park communique environ 1 million d’euros de chiffre d’affaires et 35 % d’EBITDA moyen par club. Nous sommes très loin d’un business condamné.

Le problème, c’est le prix à payer pour entrer dans la partie. Les grands concepts demandent désormais souvent plusieurs centaines de milliers d’euros d’apport et parfois plus d’un million d’euros d’investissement, alors que les leaders maintiennent des abonnements d’entrée autour de 25 à 30 €.

Pour nous, les meilleurs projets actuels tombent généralement dans trois catégories : une zone encore sous-équipée, un concept vraiment différencié capable de facturer plus cher, ou une franchise assez forte pour remplir rapidement un grand club.

Une grande salle indépendante, coûteuse à construire, sans marque forte et avec une proposition très proche de Basic-Fit ou Fitness Park nous paraît aujourd’hui beaucoup moins séduisante.

La salle de sport reste donc un business rentable. Il faut simplement avoir une vraie raison pour laquelle les clients choisiront la vôtre.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

La rentabilité d’une salle de sport ne peut pas être résumée par un seul chiffre. Nous avons donc analysé les dimensions qui déterminent réellement l’économie d’un projet en France : profondeur de la demande, intensité concurrentielle, niveaux de prix, nombre d’adhérents, revenu par membre, coûts d’ouverture, structure de coûts, choix du local, franchise, vitesse de montée en puissance et rendement du capital.

Pour chacune de ces dimensions, nous avons recherché les données disponibles les plus récentes en privilégiant les sources de première main : résultats financiers et publications des réseaux, tarifs effectivement commercialisés, données des fédérations professionnelles, études sur la pratique sportive et informations communiquées aux candidats à la franchise.

Nous avons confronté ces données plutôt que de chercher un indicateur unique de rentabilité. La hausse de la pratique sportive prend davantage de poids lorsqu’elle coïncide avec une progression de la fréquentation commerciale, des adhésions, des revenus du secteur et des ouvertures de clubs. À l’inverse, les montants investis, le loyer ou une montée en charge trop lente peuvent rendre mauvais un projet lancé dans un marché pourtant dynamique.

Les performances des grands réseaux sont utilisées comme benchmarks d’un club arrivé à maturité, notamment pour comprendre les volumes d’adhérents, le revenu par membre, l’effet des coûts fixes et le rendement du capital. Elles ne sont pas traitées comme une promesse de rentabilité qu’un nouvel indépendant pourrait reproduire automatiquement.

Lorsque les données françaises ne suffisaient pas à donner du contexte, nous avons utilisé des références européennes afin de vérifier si les tendances observées en France s’inscrivaient dans un mouvement plus large du marché du fitness.

Parmi les principales sources utilisées figurent le Baromètre Sport-Santé Ipsos bva / FFEPGV, le bilan 2025 des loisirs actifs et sportifs marchands de l’Union Sport & Cycle, les données d’EuropeActive et Deloitte sur le marché européen du fitness, le rapport annuel 2025 de Basic-Fit, ses données opérationnelles et financières détaillées et ses tarifs commercialisés en France.

Pour les modèles de franchise, les investissements, les surfaces, les apports et les redevances, nous avons notamment utilisé les informations de la Fédération Française de la Franchise sur Fitness Park, de la Fédération Française de la Franchise sur ON AIR, ainsi que les informations publiées directement par ON AIR Fitness, Gigafit et Keepcool.

La conclusion repose donc sur la lecture croisée de ces éléments récents : non seulement pour savoir si les salles de sport peuvent encore être rentables, mais surtout pour déterminer dans quelles conditions un nouveau projet a aujourd’hui de bonnes chances de l’être.

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L'équipe de Modeles de Business Plan

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