Franchise de salle de sport : est-ce encore intéressant ?

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Oui, une franchise de salle de sport peut encore être intéressante en France aujourd’hui, mais seulement si le local, la zone de chalandise et le niveau d’adhérents visé justifient vraiment l’investissement et les redevances.
Le marché continue de progresser : fréquentation, chiffre d’affaires et nombre d’établissements montent encore. Le problème n’est donc pas un manque général de demande, mais une concurrence beaucoup plus forte pour capter cette croissance.
Le ticket d’entrée change complètement le risque. Un grand club peut demander plus d’un million d’euros avant même d’avoir prouvé qu’il trouvera les 2 500 ou 3 000 adhérents nécessaires à son modèle.
Les abonnements à 25 ou 30 € restent économiquement puissants parce qu’un membre supplémentaire coûte relativement peu à servir. En revanche, avec un prix bas, manquer durablement de quelques centaines d’abonnés peut faire très mal.
Basic-Fit a relevé le niveau de compétition : prix bas, centaines de clubs, technologie, puissance d’achat et capacité à ouvrir vite. Pour un franchisé, vérifier seulement qu’il n’y a pas de Basic-Fit aujourd’hui dans la zone serait trop court.
La franchise peut valoir ses royalties lorsqu’elle apporte réellement plus d’adhérents, de meilleures méthodes d’ouverture et moins d’erreurs. Sur un club à 1 million d’euros de chiffre d’affaires, 6 % ou 7 % de redevances deviennent toutefois une dépense très visible.
Le vrai sujet n’est pas de choisir « grand » ou « petit » par principe. Il faut partir du nombre réaliste de clients accessibles dans la zone, puis dimensionner la surface et l’investissement autour de cette demande.
Le coaching reste une différenciation crédible face aux salles low cost, surtout s’il améliore la rétention ou permet de facturer davantage. Ajouter des coachs sans effet mesurable sur le revenu revient simplement à alourdir la masse salariale.
Pour un premier club, une bonne franchise garde un avantage net si l’entrepreneur ne connaît pas encore le métier. Pour un exploitant expérimenté, économiser plusieurs points de chiffre d’affaires chaque année peut rendre l’indépendance beaucoup plus séduisante.
Avant de signer, les chiffres les plus utiles ne sont pas les records du réseau mais les résultats de clubs comparables : adhérents à 6, 12, 24 et 36 mois, chiffre d’affaires médian, churn, délai d’équilibre, loyer, masse salariale et fermetures.
Au fond, le fitness reste un secteur porteur, mais il ne pardonne plus beaucoup les projets moyens. Un excellent club peut encore très bien gagner sa vie ; une salle simplement correcte peut vite se retrouver coincée entre dette lourde, gros loyer et concurrents à 25 ou 30 € par mois.
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Le marché des salles de sport est-il encore vraiment en croissance en France ?
Oui, les salles de sport continuent de gagner des clients en France aujourd’hui, et les chiffres récents ne montrent pas encore de retournement du marché.
L’Union des entreprises Sport & Cycle a enregistré sur l’ensemble de 2025 une hausse de 7,4 % de la fréquentation des loisirs sportifs marchands, accompagnée d’une progression de 6,2 % du chiffre d’affaires et de 4,5 % du nombre d’établissements. Le mouvement s’est poursuivi au début de 2026 : au premier trimestre, la fréquentation progressait encore de 4,8 % et le chiffre d’affaires de 5,7 %. L’organisation qualifiait même la dynamique spécifique de la forme et du fitness de « très soutenue ».
L’Europe suit la même direction. D’après le European Health & Fitness Market Report de Deloitte et EuropeActive, le nombre d’adhérents aux clubs européens est passé de 71,4 à 75,5 millions en un an, tandis que le chiffre d’affaires du secteur atteignait 39,1 milliards d’euros.
Le point le plus intéressant est que les revenus progressent plus vite que le nombre d’adhérents au niveau européen. Les clubs arrivent donc encore à faire monter le revenu moyen par client grâce aux hausses tarifaires et aux formules supérieures.
Nous partons ainsi d’un marché qui grossit encore franchement. Pour un futur franchisé, la difficulté se trouve surtout dans la quantité de clubs qui veulent capter cette croissance.
| Indicateur | Dernière évolution disponible |
|---|---|
| Fréquentation des loisirs sportifs marchands en France, 2025 | +7,4 % |
| Chiffre d’affaires du secteur, 2025 | +6,2 % |
| Nombre d’établissements, 2025 | +4,5 % |
| Fréquentation au T1 2026 | +4,8 % |
| Chiffre d’affaires au T1 2026 | +5,7 % |
| Adhérents au fitness en Europe, 2025 | +5,8 % |
Alors pourquoi une franchise de salle de sport paraît-elle plus risquée qu’avant ?
Une franchise de salle de sport peut encore très bien marcher, mais ouvrir un club moyen dans un emplacement moyen est devenu beaucoup plus dangereux.
La concurrence s’est énormément professionnalisée. Basic-Fit exploitait 528 clubs français fin 2021 ; quatre ans plus tard, il en comptait 894. On Air affiche désormais 124 clubs et plus de 450 000 adhérents. L’Orange bleue annonce environ 400 salles. Fitness Park a dépassé le cap des 400 clubs à l’échelle de son réseau.
Les prestations se sont enrichies en même temps. Les salles généralistes ajoutent désormais espaces de force, cross-training, boxing, cycling, applications, programmes d’entraînement et horaires étendus. Le client qui paie une trentaine d’euros par mois compare donc un nouveau club avec des chaînes qui ont déjà amorti leur technologie, leur marque et leurs méthodes commerciales sur des centaines d’établissements.
La demande reste bonne, mais le niveau minimum pour paraître compétitif a nettement monté. Une salle simplement correcte peut désormais sembler datée dès son ouverture.
Combien coûte vraiment l’ouverture d’une franchise de salle de sport aujourd’hui ?
Pour les grandes enseignes de fitness, il faut aujourd’hui prévoir plusieurs centaines de milliers d’euros et parfois dépasser largement le million.
Fitness Park communique sur un investissement à partir d’environ 1,2 million d’euros, avec 400 000 € d’apport personnel. On Air demande au minimum 350 000 € d’apport et indique un investissement à partir de 1 400 €/m² pour des clubs commençant autour de 1 000 m². Le ticket atteint donc déjà 1,4 million d’euros sur la surface minimale annoncée.
Les formats plus compacts font baisser nettement la facture. L’Orange bleue affiche désormais environ 350 000 € d’investissement global pour une salle moyenne de 500 m². Keepcool se situe autour de plusieurs centaines de milliers d’euros selon la configuration du projet.
Avec plus d’un million d’euros engagés, une erreur de zone de chalandise ou quelques centaines d’adhérents manquants ne constituent plus un petit problème commercial. Ils peuvent déséquilibrer tout le financement.
| Réseau | Ordre de grandeur de l’investissement annoncé | Apport indicatif |
|---|---|---|
| L’Orange bleue | env. 350 000 € | selon projet |
| Keepcool | plusieurs centaines de milliers d’euros | selon projet |
| Fitness Park | à partir d’env. 1,2 M€ | env. 400 000 € |
| On Air | à partir de 1 400 €/m² | 350 000 € minimum |
Une salle de sport franchisée peut-elle encore dépasser 1 million d’euros de chiffre d’affaires ?
Oui, certaines grandes franchises peuvent toujours dépasser le million d’euros de chiffre d’affaires par club, à condition de recruter plusieurs milliers de membres.
Fitness Park communique autour de 1,1 million d’euros de chiffre d’affaires moyen par unité et évoque un potentiel d’environ 1,5 million après deux ans pour certains nouveaux projets. Avec environ 1,4 million d’adhérents pour plus de 400 clubs, son réseau se situe dans un ordre de grandeur de plusieurs milliers de membres par salle.
On Air offre un autre repère. Avec plus de 450 000 adhérents répartis entre 124 clubs, nous obtenons environ 3 600 adhérents par implantation si nous divisons simplement les deux chiffres, même si la réalité varie évidemment beaucoup entre un club mature et une ouverture récente.
L’Orange bleue fonctionne avec une économie plus compacte : son site destiné aux entrepreneurs annonce environ 350 000 € de chiffre d’affaires potentiel après deux ans pour 350 000 € d’investissement et une surface moyenne proche de 500 m².
Ces trois exemples montrent pourquoi le chiffre d’affaires seul peut tromper. Un club à 1,2 ou 1,5 million d’euros de revenus peut demander trois à quatre fois plus de capital qu’un petit format. Ce que nous voulons connaître, c’est le cash qui reste une fois le loyer, les équipes, la dette, les machines et les redevances payés.
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Les abonnements à 25 ou 30 € permettent-ils encore de gagner de l’argent ?
Oui, les abonnements autour de 25 à 35 € peuvent encore être très rentables, mais ils obligent une grande salle à recruter énormément de monde.
Basic-Fit a bâti une grande partie de sa croissance européenne autour de cette économie. Son rapport annuel 2025 montre 4,93 millions d’abonnements dans ses clubs détenus en propre et un revenu moyen par membre de 24,91 € par mois, contre 23,53 € deux ans auparavant.
Prenons simplement un abonnement générant l’équivalent de 30 € toutes les quatre semaines. Nous arrivons à environ 390 € par an. Pour produire un million d’euros uniquement avec cette source de revenus, il faudrait environ 2 560 équivalents-abonnés présents toute l’année.
Un club de grande taille peut absorber beaucoup plus de membres que cela parce que deux mille personnes ne viennent évidemment pas s’entraîner au même moment. C’est tout l’intérêt économique du modèle : une fois les machines, le local et une partie de l’équipe payés, un membre supplémentaire coûte relativement peu à servir.
En revanche, manquer durablement de 500 ou 800 adhérents fait très mal lorsque le local de 1 500 m², les remboursements et les machines ont déjà été engagés.
Basic-Fit rend-il les franchises de salle de sport moins intéressantes ?
Oui, Basic-Fit complique fortement l’équation des franchises généralistes en France parce que le groupe peut ouvrir beaucoup de clubs, maintenir des prix bas et continuer à investir.
Le réseau français de Basic-Fit est passé de 528 clubs fin 2021 à 647 en 2022, 781 en 2023, 858 en 2024 puis 894 fin 2025. En quatre ans, le parc français a donc grossi de près de 70 %.
La trajectoire financière est tout aussi parlante. Basic-Fit a réalisé 659,8 millions d’euros de chiffre d’affaires en France en 2025, contre 559,7 millions un an plus tôt, soit environ 18 % de croissance. À l’échelle du groupe, le chiffre d’affaires a atteint 1,42 milliard d’euros et l’EBITDA sous-jacent après loyers 348 millions.
Cette taille donne à Basic-Fit une capacité d’investissement qu’un franchisé possédant un ou deux clubs n’aura jamais. Le groupe peut tester de nouvelles formules, investir dans son application, négocier ses équipements à grande échelle et ouvrir plusieurs dizaines de sites sur une année.
Pour un futur franchisé français, nous regarderions systématiquement la probabilité qu’un Basic-Fit arrive dans la zone dans les cinq ou dix prochaines années. Vérifier qu’il n’y en a pas aujourd’hui ne suffit pas.
Fitness Park montre-t-il que la franchise de salle de sport fonctionne encore ?
Oui, Fitness Park reste l’un des meilleurs contre-exemples à l’idée que la franchise de fitness serait devenue dépassée.
Le réseau a dépassé 400 clubs et environ 1,4 million d’adhérents, avec un modèle qui arrive à vendre un prix relativement accessible tout en investissant lourdement dans les surfaces, la musculation et les équipements spécialisés. Fitness Park a également poursuivi une expansion rapide ces dernières années en France et à l’étranger.
Le revers est à la hauteur du modèle. L’investissement annoncé démarre autour de 1,2 million d’euros et Fitness Park indique environ 6 % de royalties, auxquels s’ajoute une contribution à la communication nationale. Un club réalisant un peu plus d’un million d’euros de chiffre d’affaires peut donc reverser plusieurs dizaines de milliers d’euros chaque année au réseau.
Cela reste rationnel si Fitness Park permet d’obtenir beaucoup plus d’adhérents qu’une enseigne créée de zéro. La marque doit simplement apporter suffisamment de revenus supplémentaires pour payer son propre coût.
Combien les royalties d’une franchise de salle de sport peuvent-elles coûter chaque année ?
Les royalties d’une grande franchise de fitness peuvent facilement représenter 50 000 à 100 000 € par an lorsque le club dépasse le million d’euros de chiffre d’affaires.
Fitness Park affiche une redevance de l’ordre de 6 % du chiffre d’affaires, à laquelle s’ajoute sa contribution publicitaire. À 1,1 million d’euros de revenus, quelques points de pourcentage supplémentaires représentent très vite plusieurs dizaines de milliers d’euros.
On Air annonce actuellement 6 % de redevance annuelle et 1 % de redevance publicitaire. Sur 1 million d’euros de chiffre d’affaires, nous arrivons directement à 70 000 €.
L’Orange bleue utilise une structure différente. Son site annonce 7 020 € de redevance de fonctionnement annuelle, auxquels s’ajoutent 2 % de redevance publicitaire.
Le pourcentage le plus faible ne désigne pas forcément la meilleure affaire. Une enseigne capable de faire venir 3 000 clients dans un club qui en aurait attiré 1 800 seul mérite probablement d’être bien payée. En revanche, verser 70 000 € par an pour une marque qui influence peu le choix des clients serait difficile à défendre.
| Réseau | Redevance indiquée | Communication / publicité |
|---|---|---|
| Fitness Park | env. 6 % du CA | contribution supplémentaire |
| On Air | 6 % du CA | 1 % |
| L’Orange bleue | env. 7 020 €/an | 2 % du CA |
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Une franchise réduit-elle vraiment le risque de rater sa salle de sport ?
Oui, une bonne franchise réduit plusieurs risques au démarrage, mais un mauvais local peut quand même ruiner un excellent concept.
Un réseau expérimenté dispose déjà de données sur les zones de chalandise, les rythmes d’inscription, la disposition des machines, les promotions d’ouverture et les profils de clients. Il peut aussi accompagner le franchisé sur le financement, les travaux, les fournisseurs, le recrutement et la commercialisation avant ouverture.
Cette expérience a une vraie valeur pour quelqu’un qui ouvre sa première salle. Quelques erreurs évitées sur un projet à 800 000 ou 1,2 million d’euros peuvent financer plusieurs années de royalties.
La protection s’arrête toutefois assez vite face aux coûts fixes. Le loyer tombe chaque mois. La banque attend ses remboursements. Les machines ont déjà été achetées ou financées. Si le club atteint 1 700 adhérents alors que le business plan en attendait 2 700, le logo au-dessus de la porte ne bouchera pas le trou.
Nous accorderions donc beaucoup plus de poids aux performances des clubs du réseau réellement comparables au projet qu’à son taux de réussite national affiché.
Le bon emplacement est-il devenu le vrai problème des franchises de fitness ?
Oui, trouver un excellent emplacement est actuellement l’une des parties les plus difficiles d’un projet de grande salle de sport.
On Air demande par exemple au minimum 1 000 m² et une zone de chalandise d’au moins 50 000 habitants. Les grands Fitness Park peuvent également occuper de très grandes surfaces. À cela s’ajoutent les besoins de visibilité, de stationnement, d’accessibilité et, idéalement, de flux importants autour du site.
Il faut ensuite faire tenir le loyer dans le modèle économique. Un superbe local de 1 500 m² peut être une très mauvaise salle de sport si son loyer consomme trop de chiffre d’affaires.
Le problème devient encore plus sensible dans les zones commerciales recherchées, car plusieurs réseaux prospectent les mêmes emplacements. Une excellente zone occupée aujourd’hui le restera peut-être pendant dix ou quinze ans.
La marque compte beaucoup, mais l’adresse peut décider de la rentabilité pendant toute la durée du projet.
Grande salle de 1 500 m² ou petit club : quel format est le moins risqué ?
Un petit club demande moins de capital, tandis qu’une grande salle peut devenir beaucoup plus rentable si la zone permet réellement de remplir les mètres carrés.
Les grands formats de Fitness Park et d’On Air cherchent à réunir beaucoup d’activités au même endroit : musculation, cardio, force, training fonctionnel et parfois boxing ou cycling. Cette largeur d’offre aide à recruter plusieurs milliers de personnes et rend l’abonnement plus difficile à comparer avec celui d’un petit studio.
L’investissement suit toutefois la surface. Chez On Air, le minimum annoncé de 1 400 €/m² donne déjà 1,4 million d’euros pour 1 000 m². Passer à 1 500 m² signifie donc engager beaucoup plus de capital avant même de savoir combien d’adhérents resteront après les promotions d’ouverture.
À l’autre extrême, L’Orange bleue annonce environ 500 m² et 350 000 € d’investissement. Les studios spécialisés peuvent descendre encore plus bas en surface mais doivent souvent vendre davantage de coaching ou pratiquer des prix supérieurs.
Nous choisirions le format à partir du nombre réaliste de clients disponibles dans la zone. Ouvrir 1 500 m² parce que l’enseigne sait construire 1 500 m², c’est commencer le raisonnement dans le mauvais sens.
Le coaching peut-il vraiment aider une franchise à battre les salles low cost ?
Oui, le coaching reste une des rares façons assez évidentes de justifier un prix supérieur à celui des grandes salles low cost.
Keepcool a historiquement construit une partie de son positionnement autour de l’accompagnement, des small groups et d’une expérience moins centrée sur les grosses zones de musculation. L’Orange bleue insiste également sur la présence de coachs diplômés et sur ses cours collectifs.
Cette différenciation paraît plus solide que de simplement promettre des machines plus modernes. Basic-Fit, Fitness Park et On Air savent eux aussi acheter du très bon matériel. Les applications d’entraînement sont également devenues courantes.
Un excellent coach qui connaît ses adhérents, corrige leurs mouvements et crée une petite communauté locale est plus difficile à copier.
Il faut malgré tout payer ces personnes. Le coaching devient donc intéressant lorsqu’il permet de facturer davantage, de conserver les clients plus longtemps ou de générer des ventes additionnelles. Sinon, on ajoute surtout de la masse salariale.
Ce qu’il faut pour faire financer une salle de sport
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Les franchises de salle de sport peuvent-elles encore augmenter leurs prix ?
Oui, les salles de sport arrivent encore à faire monter le revenu moyen par adhérent, mais les hausses passent de plus en plus par les formules premium et les options.
Basic-Fit fournit un exemple assez propre sur plusieurs années. Le revenu mensuel moyen par membre du groupe est passé de 22,86 € en 2022 à 23,53 € en 2023, 24,24 € en 2024 puis 24,91 € en 2025.
Le rapport annuel 2025 donne aussi une explication concrète : depuis l’introduction de la nouvelle grille tarifaire, environ la moitié des nouveaux adhérents choisissent les niveaux Premium ou Ultimate.
C’est plus intéressant qu’une simple hausse générale des tarifs. Un prix d’appel bas continue d’alimenter l’acquisition, tandis qu’une partie des clients paie ensuite davantage pour des avantages supplémentaires.
Pour une franchise française, nous regarderions donc le revenu moyen réel par adhérent bien davantage que le tarif affiché sur la devanture.
Est-ce encore possible de financer une franchise de salle de sport avec une banque ?
Oui, les banques financent toujours des investissements de PME, mais un apport important reste pratiquement incontournable pour les grands concepts de fitness.
Les statistiques de la Banque de France montrent que l’accès au crédit d’investissement des PME reste élevé : fin 2025, 96 % des PME ayant demandé ce type de crédit déclaraient avoir obtenu au moins 75 % de la somme souhaitée. Le coût du crédit avait aussi baissé par rapport au sommet récent des taux.
Ces chiffres ne veulent évidemment pas dire qu’une banque acceptera facilement un projet de salle à 1,2 million d’euros. Les entreprises qui déposent effectivement une demande sont déjà en partie sélectionnées, et une création sans historique sera regardée de beaucoup plus près qu’une PME établie.
Les exigences d’apport des franchiseurs donnent d’ailleurs une bonne idée de la réalité. Fitness Park évoque environ 400 000 €. On Air demande au minimum 350 000 €.
Le financement devient surtout inquiétant lorsque l’entrepreneur utilise presque toute son épargne pour atteindre l’apport minimum et ne garde aucune marge en cas de démarrage plus lent que prévu.
Franchise ou salle indépendante : que choisir pour un premier club ?
Pour une première salle, une bonne franchise a généralement plus de sens qu’un concept indépendant, surtout si l’entrepreneur découvre le fitness et ne possède encore ni marque locale ni machine commerciale éprouvée.
L’écart se réduit fortement pour quelqu’un qui connaît déjà le métier. Un exploitant expérimenté peut créer son branding, négocier ses équipements, acheter son logiciel, recruter ses coachs et gérer lui-même ses campagnes d’acquisition. Les 5 à 8 % de chiffre d’affaires économisés deviennent alors très intéressants.
Sur un million d’euros de revenus, 7 % représentent 70 000 € par an. Sur sept ans, nous arrivons à 490 000 € avant même de prendre en compte l’évolution du chiffre d’affaires. Il faut donc que la franchise fournisse énormément de valeur pour justifier cette somme.
Le même raisonnement vaut pour quelqu’un qui envisage de rester propriétaire d’un seul club. Un mono-site concentre toute la réussite du projet sur une adresse. Beaucoup de réseaux voient naturellement leurs bons franchisés ouvrir ensuite plusieurs établissements, car l’expérience, les équipes de management et les méthodes acquises sur le premier peuvent servir aux suivants.
Pour un débutant, nous préférerions un excellent premier club franchisé avec la possibilité d’en ouvrir un deuxième plus tard plutôt qu’un projet indépendant monté uniquement pour éviter les royalties.
Quels chiffres faut-il demander au franchiseur avant d’ouvrir une salle ?
Avant d’ouvrir une salle franchisée, nous voulons voir les résultats des clubs qui ressemblent vraiment au projet, et une moyenne nationale ne suffit pas.
Le nombre d’adhérents après 6, 12, 24 et 36 mois est particulièrement utile. Nous voulons aussi connaître le chiffre d’affaires médian, le délai avant d’atteindre l’équilibre, le loyer rapporté au chiffre d’affaires, la masse salariale, les fermetures, les changements de franchisés et la proportion d’exploitants qui ont ouvert une deuxième salle.
Le churn mérite également d’être regardé. Une ouverture peut recruter énormément avec six semaines de promotions puis perdre une partie de ces abonnés. Un club qui affiche 3 000 membres une fois dans l’année ne vaut pas forcément un autre qui reste constamment autour de 3 000.
Le droit français impose la remise d’un document d’information précontractuelle lorsque les conditions prévues par la loi sont réunies. Nous l’utiliserions pour comprendre le réseau, puis nous appellerions directement plusieurs franchisés.
Les plus intéressants ne sont d’ailleurs pas forcément les champions mis en avant par le franchiseur. Un club ouvert depuis douze mois dans une ville comparable à la nôtre peut nous apprendre beaucoup plus.
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La réglementation française complique-t-elle vraiment l’ouverture d’une salle de sport ?
La réglementation ajoute du travail à l’exploitation d’une salle de sport, mais elle pèse généralement moins lourd dans la décision que le loyer, la dette ou le nombre d’adhérents.
Une salle doit notamment respecter les règles applicables aux établissements sportifs, à la sécurité, à l’assurance et à l’information des consommateurs. Les personnes rémunérées pour encadrer certaines activités doivent également disposer des qualifications nécessaires.
Les contrats d’abonnement demandent une attention particulière. La DGCCRF a déjà trouvé au moins une anomalie chez plus de 70 % des 571 établissements contrôlés lors d’une enquête sectorielle, notamment sur l’information commerciale, les promotions et certaines clauses contractuelles.
La possibilité de résilier électroniquement les contrats conclus par voie électronique a également renforcé les obligations pratiques des professionnels.
Sur ce sujet, rejoindre un réseau mature apporte un avantage assez concret : contrats, logiciels, procédures et communication ont normalement déjà été confrontés aux mêmes règles dans de nombreux clubs. Cela évite de tout découvrir seul.
Y a-t-il déjà trop de salles de sport en France pour ouvrir une franchise ?
Non, la France entière ne paraît pas saturée actuellement, mais certaines zones locales peuvent déjà compter largement assez de salles.
Les données récentes de l’Union des entreprises Sport & Cycle vont dans ce sens. La fréquentation et le chiffre d’affaires continuent de progresser, tout comme le nombre d’établissements. Au premier trimestre 2026 encore, le nombre de sites des loisirs sportifs marchands augmentait de 2,8 %.
Cette croissance simultanée de l’offre et de la demande suggère qu’il reste de la place quelque part, sans nous dire où.
Prenons une grande salle visant 3 000 adhérents. Si trois concurrents voisins cherchent chacun le même volume, la zone doit alimenter environ 9 000 abonnements. Ajouter un quatrième club ferait passer le besoin collectif autour de 12 000, sans compter les studios indépendants et les autres formes de pratique.
Nous regarderions donc la saturation à dix ou quinze minutes autour du local plutôt qu’au niveau national. C’est cette petite carte locale qui décidera si le projet peut remplir ses vestiaires et ses machines.
Quel type de franchise de salle de sport semble le plus intéressant maintenant ?
Aujourd’hui, les franchises de fitness les plus convaincantes sont celles qui ont une vraie raison d’être choisies : énorme puissance de marque, coût très bas, coaching fort, emplacement de proximité ou spécialisation claire.
Fitness Park joue surtout sur une offre très large pour un prix accessible, avec des clubs capables de recevoir énormément d’adhérents. On Air pousse encore davantage l’expérience visuelle, les grandes surfaces et l’univers de marque. L’Orange bleue peut fonctionner sur des formats plus petits et des territoires différents, avec davantage d’accompagnement humain.
Keepcool occupe un autre espace en ciblant une clientèle qui ne recherche pas forcément l’ambiance des grandes salles de musculation et valorise davantage le coaching.
Nous serions beaucoup plus méfiants envers un concept situé au milieu : abonnement plus cher que le low cost, machines similaires aux grandes chaînes, peu de coaching et aucune spécialité évidente.
Une jolie décoration ne suffit plus pour créer une franchise de fitness défendable.
Franchise de salle de sport : est-ce encore intéressant aujourd’hui ?
Oui, une franchise de salle de sport peut encore être un très bon business en France aujourd’hui, mais l’époque où la croissance générale du fitness pouvait sauver un projet moyen est largement derrière nous.
La demande reste solide. Les derniers chiffres français montrent encore une progression de la fréquentation et du chiffre d’affaires, et les grands réseaux continuent de recruter. Les consommateurs acceptent également de monter vers des abonnements plus chers lorsqu’ils comprennent ce qu’ils obtiennent en échange.
Le niveau de concurrence a cependant changé l’économie du projet. Les grands concepts peuvent demander plus d’un million d’euros d’investissement. Les abonnements d’entrée de gamme restent proches de quelques dizaines d’euros. Plusieurs enseignes possèdent déjà des centaines de clubs. Et les royalties peuvent retirer chaque année l’équivalent de plusieurs dizaines de milliers d’euros au compte de résultat.
Nous signerions donc une franchise lorsque le local est excellent, que la zone peut soutenir le nombre d’adhérents nécessaire et que les résultats de clubs comparables montrent clairement que la marque vaut ses redevances. Un apport suffisamment confortable pour absorber un démarrage moins rapide que prévu est également essentiel.
Un projet fondé surtout sur « le marché du fitness augmente » nous semblerait aujourd’hui beaucoup trop fragile.
Le secteur reste intéressant. Il est simplement devenu beaucoup plus sélectif : les très bons clubs peuvent encore produire de très belles performances, tandis qu’une salle simplement correcte risque de se retrouver coincée entre des investissements lourds et des concurrents capables de proposer davantage pour 25 ou 30 €.
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SOURCES ET MÉTHODOLOGIE
Cette analyse cherche à déterminer si une franchise de salle de sport reste un investissement intéressant aujourd’hui pour quelqu’un qui veut créer un business en France. Nous ne partons pas d’un simple constat de croissance du fitness : nous regardons ce qui peut réellement faire ou défaire l’économie d’un club, notamment la demande, la concurrence, le capital à engager, le nombre d’adhérents nécessaire, le coût de la franchise, l’emplacement, le financement et les contraintes d’exploitation.
Nous avons privilégié les données françaises lorsqu’elles existaient, les sources institutionnelles et réglementaires pour le contexte économique et juridique, les publications des réseaux pour leurs propres chiffres, et les données européennes lorsqu’elles permettaient de replacer le marché français dans une tendance plus large.
Les chiffres publiés par les enseignes sont utilisés pour comprendre leur modèle, pas comme des performances garanties. Lorsqu’un ratio est calculé dans l’article — par exemple un nombre moyen d’adhérents par club ou le montant annuel de royalties à partir d’un chiffre d’affaires donné — il s’agit d’un ordre de grandeur destiné à rendre les modèles comparables.
Nous avons aussi évité de comparer artificiellement des formats très différents. Une grande salle généraliste de plus de 1 000 m² et un club plus compact peuvent tous les deux fonctionner, mais ils n’ont ni le même besoin en capital, ni le même point mort, ni le même nombre de clients à recruter.
La conclusion ne repose donc pas sur un indicateur unique. Nous avons croisé les données de marché avec l’économie concrète des réseaux et donné davantage de poids aux informations récentes, directement observables et utiles à un entrepreneur français qui doit décider s’il vaut réellement la peine d’investir.
Parmi les principales sources utilisées figurent l’Union Sport & Cycle pour le bilan 2025, l’Union Sport & Cycle pour le premier trimestre 2026, EuropeActive pour le marché européen du fitness, le rapport annuel 2025 de Basic-Fit, la Fédération Française de la Franchise pour Fitness Park, On Air Fitness pour ses conditions de franchise, L’Orange bleue pour son modèle d’ouverture, Keepcool pour son offre de franchise, la Banque de France pour l’accès des PME au crédit d’investissement, la DGCCRF pour les contrôles des salles de sport, ainsi que Légifrance pour le document d’information précontractuelle, les qualifications des personnes encadrant une activité sportive contre rémunération et la résiliation électronique des contrats.
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