Combien coûte l'ouverture d'un kebab aujourd'hui ?

Dernière mise à jour: 16 Septembre 2026

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EN RÉSUMÉ

Combien coûte l'ouverture d'un kebab aujourd'hui ? Pour un kebab indépendant en France, il faut aujourd'hui prévoir autour de 70 000 à 120 000 €, avec environ 90 000 € comme budget de travail crédible pour un petit restaurant correctement équipé et encore doté de trésorerie après l'ouverture.

Le vrai écart ne vient pas de la broche à kebab. Il vient du local : un ancien snack déjà équipé peut économiser plusieurs dizaines de milliers d'euros, alors qu'un local nu peut engloutir le budget dans l'extraction, l'électricité, la plomberie et les mises aux normes.

Un budget de 30 000 € n'est pas absurde, mais il correspond à un scénario opportuniste : ancien snack, très peu de travaux, matériel déjà présent et dirigeant fortement impliqué dans l'exploitation. Pour une création classique, c'est trop serré.

Le matériel de cuisine reste relativement maîtrisable par rapport à l'immobilier. Une cuisine cohérente tourne autour de 15 000 à 30 000 € HT, alors qu'une mauvaise décision sur le local peut coûter autant, voire davantage, en travaux invisibles.

L'extraction est l'un des postes les plus trompeurs. Une hotte seule coûte peu à l'échelle du projet, mais créer tout le réseau, traverser plusieurs niveaux ou gérer les contraintes de copropriété peut ajouter 10 000 à 20 000 € ou plus.

Pour un petit kebab de 40 à 60 m², la taille ne divise pas vraiment les coûts fixes techniques. Il faut toujours du froid, une plonge, de l'électricité adaptée, une extraction, une caisse et un minimum de trésorerie. Voilà pourquoi un projet réaliste se rapproche plus souvent de 80 000 € que de 40 000 €.

Une reprise peut paraître chère sur l'annonce et pourtant être moins coûteuse qu'un local vide. Ce qui compte est le coût restant jusqu'au premier service, pas seulement le prix du fonds ou le dépôt de garantie.

La réserve de cash est une vraie ligne du budget, pas ce qu'il reste par hasard à la fin. Garder 10 000 à 20 000 € après les travaux peut faire la différence entre absorber un démarrage lent et se retrouver immédiatement sous pression.

Le personnel devient vite un poste plus lourd que le loyer. Deux salariés au SMIC représentent déjà plus de 3 700 € de salaire brut par mois, avant le reste du coût employeur et les contraintes réelles de planning.

La franchise change complètement d'échelle. Les formats structurés demandent souvent plusieurs dizaines de milliers d'euros d'apport et peuvent porter l'investissement total bien au-delà de 200 000 €, voire davantage selon l'enseigne et le format.

Le marché reste porteur pour la restauration rapide, mais il est plus encombré. Ouvrir sous-capitalisé est donc particulièrement risqué : mieux vaut un local techniquement sain, un équipement fiable et une réserve de trésorerie qu'un décor plus spectaculaire payé au prix d'un compte bancaire vide.

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Combien faut-il vraiment pour ouvrir un kebab aujourd'hui ?

Pour ouvrir un kebab indépendant en France aujourd'hui, nous prévoirions plutôt 70 000 à 120 000 €, avec environ 90 000 € comme budget de travail crédible pour un petit restaurant correctement équipé et disposant encore de trésorerie après l'ouverture.

On trouve pourtant des estimations beaucoup plus basses. Certains guides parlent encore de 20 000 à 50 000 €, tandis que L'Express Franchise estime actuellement qu'un projet de kebab ou tacos peut mobiliser 15 000 à 40 000 € pour le local, 15 000 à 45 000 € pour les travaux et 15 000 à 25 000 € pour le matériel. Rien qu'en additionnant ces trois postes, nous arrivons déjà entre 45 000 et 110 000 €, avant le stock, la caisse, l'enseigne et la trésorerie.

C'est cette addition qui explique pourquoi un budget de 30 000 € peut être réaliste pour une reprise légère mais beaucoup trop court pour transformer un local vide. Le coût dépend énormément de ce qui existe déjà derrière la porte : extraction, électricité, plomberie, cuisine, froid et conformité du local.

Nous utiliserions aujourd'hui trois repères. Autour de 40 000 à 60 000 €, il faut généralement trouver un ancien snack presque exploitable. Entre 70 000 et 120 000 €, on peut monter un petit indépendant dans des conditions plus normales. À partir de 120 000 à 180 000 €, on entre rapidement dans les gros travaux, les emplacements chers ou les concepts plus travaillés.

Type de projet Budget que nous retiendrions Dans quel cas ?
Reprise très légère 35 000–50 000 € Ancien snack équipé, peu de travaux
Petit kebab très économe 45 000–65 000 € Petite surface, matériel mixte neuf/occasion
Kebab indépendant classique 70 000–100 000 € Local adapté, cuisine complète, trésorerie correcte
Projet indépendant confortable 90 000–120 000 € Travaux plus importants et vraie réserve de cash
Création lourde 120 000–180 000 € Local à transformer, emplacement cher
Franchise kebab 180 000–500 000 € Restaurant plus grand et concept standardisé
Grand fast-food franchisé 300 000 €+ Surface importante et aménagement premium

Peut-on vraiment ouvrir un kebab avec 30 000 € ?

Ouvrir un kebab avec 30 000 € reste possible aujourd'hui, mais seulement si le local fait déjà une grande partie du travail à votre place.

Imaginons un ancien snack de 35 ou 40 m² avec extraction, plonge, installation électrique adaptée, comptoir et une partie du froid. Quelques machines peuvent être remplacées pour 5 000 à 10 000 €, la salle rafraîchie avec quelques milliers d'euros supplémentaires et le reste consacré au stock et aux premiers mois. Dans ce scénario, 30 000 à 40 000 € peuvent suffire.

Une boutique nue change complètement le calcul. Une extraction à créer, une alimentation électrique à renforcer, de la plomberie, un sol de cuisine, des sanitaires et une façade peuvent absorber les 30 000 € avant même d'acheter la plupart des équipements.

Il faut aussi rester du cash après les travaux. Un entrepreneur qui consomme ses 30 000 € avant le premier service devra financer les salaires, le loyer et les fournisseurs avec les recettes des premières semaines. C'est une position très fragile pour un restaurant qui doit encore se faire connaître.

Nous traiterions donc 30 000 € comme un scénario opportuniste. Pour une création classique, c'est trop bas.

Combien coûte vraiment le local d'un kebab ?

Pour un kebab, l'entrée dans le local peut coûter moins de 10 000 € comme plusieurs dizaines de milliers d'euros avant le moindre travaux, surtout si un droit au bail ou un pas-de-porte s'ajoute au dépôt de garantie.

Un loyer de 1 500 € par mois paraît par exemple assez raisonnable. Avec trois mois de dépôt de garantie, nous immobilisons déjà 4 500 €. Ajoutons 15 000 € de droit au bail et quelques frais liés à la prise du local : près de 20 000 € peuvent sortir avant l'installation de la première friteuse.

La localisation fait évidemment exploser les écarts. Des relevés de transactions et d'offres publiés pour de petites villes montrent encore des droits au bail inférieurs à 10 000 ou 15 000 €, alors que les bons emplacements des grandes métropoles peuvent monter beaucoup plus haut.

Mais le vrai piège reste un local bon marché qui n'a jamais accueilli de restauration. Deux boutiques affichées au même loyer n'ont pas du tout la même valeur si l'une possède déjà une extraction utilisable, une puissance électrique suffisante et les bonnes évacuations.

Avant de comparer les loyers, nous comparerions donc le montant total nécessaire pour pouvoir réellement cuisiner dans chaque local. C'est beaucoup plus proche de ce que le projet va coûter.

L'extraction peut-elle ajouter 20 000 € au budget d'un kebab ?

Oui, une extraction compliquée peut ajouter plusieurs milliers d'euros et parfois faire déraper le projet de 10 000 à 20 000 € ou davantage.

Une hotte professionnelle seule reste abordable. Nous trouvons actuellement des modèles autour de 1 000 € HT, tandis que les caissons d'extraction varient de quelques centaines à plusieurs milliers d'euros selon le débit.

Le devis change dès qu'il faut créer le réseau complet. Il faut faire passer des gaines, trouver une sortie extérieure, traverser éventuellement plusieurs étages, traiter le bruit, respecter les contraintes incendie et parfois obtenir l'accord d'une copropriété. Le coût du matériel devient alors secondaire face à celui de l'installation.

C'est aussi un risque de calendrier. Un restaurant peut attendre une machine supplémentaire ; il ne peut pas faire fonctionner correctement sa broche, sa friteuse et sa cuisine chaude sans extraction adaptée.

Nous vérifierions donc ce point avant de signer le bail. Un ancien restaurant légèrement plus cher peut finalement coûter beaucoup moins qu'un local commercial séduisant où toute la ventilation reste à créer.

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Combien coûte le matériel pour équiper un kebab ?

Pour une cuisine de kebab complète, nous budgéterions actuellement environ 15 000 à 30 000 € HT de matériel, en mélangeant éventuellement neuf et occasion.

La broche elle-même pèse assez peu dans ce total. Les catalogues CHR proposent aujourd'hui des machines à kebab professionnelles dès environ 900 € HT, avec des modèles plus puissants ou plus élaborés autour de 1 500 à 2 500 €. Une friteuse peut coûter moins de 1 000 € en entrée de gamme professionnelle, tandis que les modèles à gros rendement montent rapidement à plusieurs milliers d'euros.

Le froid fait davantage gonfler la facture lorsqu'on additionne tout. Une armoire positive de bonne capacité tourne souvent autour de 700 à 1 700 € HT. Il faut ensuite une desserte ou une saladette réfrigérée, du négatif, parfois une chambre froide, une plonge, des tables inox, des lave-mains, des étagères et le petit matériel.

L'occasion permet de gagner plusieurs milliers d'euros. Nous la privilégierions volontiers pour l'inox, les meubles et certains équipements faciles à inspecter. Nous serions plus prudents avec un groupe froid vieillissant ou une machine dont une panne peut arrêter le service.

Acheter chaque appareil au prix minimum n'est d'ailleurs pas forcément la meilleure économie. Livraison, installation, raccordements et réparations font partie du coût réel.

Équipement Prix actuellement observé, HT
Machine à kebab 900–2 500 €
Friteuse professionnelle 400–3 000 €
Armoire positive 700–1 700 €
Congélateur professionnel 600–1 500 €
Desserte ou saladette froide 700–1 500 €
Hotte seule 800–2 000 €
Caisson d'extraction 400–3 500 €
Plonge, lave-mains et inox 1 500–4 000 €
Caisse et matériel de commande 1 000–3 000 €
Ustensiles et petit matériel 1 000–3 000 €
Cuisine complète cohérente 15 000–30 000 €

Combien coûtent les travaux d'un kebab ?

Pour les travaux d'un kebab, 20 000 à 40 000 € est aujourd'hui une enveloppe beaucoup plus réaliste que les quelques milliers d'euros parfois prévus dans les petits business plans.

L'Express Franchise utilise actuellement une fourchette de 15 000 à 45 000 €. Elle nous paraît cohérente pour une raison simple : plusieurs petits chantiers coûteux s'additionnent très vite. Il faut parfois refaire une partie de l'électricité, créer des évacuations, adapter les sanitaires, poser des revêtements lavables, installer l'extraction, aménager la cuisine, travailler la façade et mettre le local aux normes d'un établissement recevant du public.

Même une décoration très simple ne protège donc pas d'un gros budget travaux. Les éléments invisibles sont souvent les plus chers.

À l'inverse, un ancien restaurant correctement entretenu peut faire économiser 20 000 ou 30 000 € en une seule décision immobilière. Nous paierions volontiers un peu plus cher pour un bon local déjà équipé plutôt que d'acheter systématiquement le local commercial le moins cher à transformer.

Pour nos calculs, nous prendrions environ 10 000 à 15 000 € lorsqu'il s'agit surtout de rafraîchir un snack existant, 20 000 à 40 000 € pour une adaptation normale et au moins 40 000 à 50 000 € lorsque plusieurs postes techniques doivent être recréés.

Quel budget prévoir pour un petit kebab de 40 à 60 m² ?

Pour un petit kebab de 40 à 60 m², nous partirions aujourd'hui sur environ 80 000 à 90 000 € tout compris plutôt que sur les 40 000 € souvent associés à un « petit » projet.

La taille réduit bien certains coûts : moins de mobilier, un loyer potentiellement plus faible et une salle plus rapide à aménager. En revanche, une petite cuisine a toujours besoin d'une broche, de friteuses, de froid, d'une plonge, d'électricité adaptée, d'une extraction et d'un système de caisse.

Prenons un projet assez banal. Nous dépensons 10 000 € pour entrer dans le local, 20 000 € de travaux, 18 000 € pour la cuisine et le froid, 6 000 € pour la façade, la salle et la caisse, 3 000 € de stock et de consommables, environ 3 000 € pour le lancement et les démarches, puis nous conservons 15 000 € de trésorerie. Le total atteint 75 000 €.

Deux mauvaises surprises suffisent ensuite à approcher 90 000 €. Une extraction plus compliquée peut coûter quelques milliers d'euros supplémentaires ; un droit au bail plus élevé peut en ajouter 10 000.

Poste Projet très économe Projet réaliste Projet plus lourd
Entrée dans le local 5 000 € 10 000 € 25 000 €
Travaux 12 000 € 20 000 € 40 000 €
Cuisine et froid 15 000 € 20 000 € 30 000 €
Salle, façade et caisse 4 000 € 7 000 € 12 000 €
Stock initial 2 000 € 3 000 € 4 000 €
Démarches et lancement 2 000 € 3 000 € 4 000 €
Trésorerie conservée 8 000 € 15 000 € 25 000 €
Total 48 000 € 78 000 € 140 000 €

Vaut-il mieux reprendre un kebab existant ou créer le restaurant de zéro ?

Pour un premier kebab, une bonne reprise peut aujourd'hui être financièrement plus intéressante qu'un local vide, même lorsque le prix affiché paraît nettement plus élevé.

Le fonds de commerce peut transmettre le droit au bail, le matériel, une cuisine déjà aménagée et surtout un local où la restauration a déjà fonctionné. Nous récupérons alors en une seule opération plusieurs dépenses qu'une création devra payer séparément.

Prenons un fonds vendu 70 000 €. Il paraît cher face à une cellule commerciale disponible avec seulement 10 000 € à verser au départ. Mais si cette cellule exige ensuite 30 000 € de travaux, 20 000 € de cuisine, 10 000 € d'extraction et quelques mois supplémentaires avant l'ouverture, l'écart se réduit très vite.

Il faut évidemment regarder ce que nous achetons. Un fonds avec une mauvaise réputation, un matériel fatigué et un bail trop cher ne mérite pas une prime simplement parce qu'il s'agit d'un restaurant existant.

Nous comparerions plutôt les deux scénarios sur le coût restant jusqu'au premier service : acquisition, travaux, matériel manquant, délai avant ouverture et trésorerie nécessaire. Cette comparaison révèle souvent qu'une reprise saine coûte moins cher qu'elle n'en a l'air.

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Combien faut-il prévoir pour le stock, les démarches et les petites dépenses oubliées ?

Pour le stock, les formations, les assurances et les dizaines de petites dépenses du lancement, nous garderions environ 5 000 à 10 000 € en dehors des gros travaux et du matériel.

Le stock de départ reste assez contenu. Pour un petit kebab, 2 000 à 5 000 € permettent généralement de constituer les premières réserves de viande, pain, légumes, sauces, boissons, frites et emballages. Une carte courte aide beaucoup : chaque burger, tacos ou dessert supplémentaire ajoute des références, du stockage et parfois un appareil.

Il faut ensuite payer les produits d'entretien, contenants à emporter, sacs, petits ustensiles, tenues, affichages, assurance, éventuels honoraires, création de l'enseigne et installation de la caisse. Pris séparément, ces montants paraissent anecdotiques. Ensemble, ils prennent rapidement plusieurs milliers d'euros.

La formation spécifique en hygiène alimentaire donne un bon exemple. Elle dure 14 heures dans la restauration commerciale. Les tarifs affichés actuellement par plusieurs CCI sont de 350 € à Toulouse, 390 € dans la Drôme, 410 € en Seine-et-Marne et 500 € dans le Loiret. Cette obligation reste donc très loin des postes qui font déraper un projet.

Le risque financier lié aux normes vient surtout des travaux qu'elles peuvent imposer dans un mauvais local. C'est là que nous chercherions les milliers d'euros cachés.

Combien de trésorerie faut-il garder après l'ouverture du kebab ?

Pour un petit kebab, nous chercherions actuellement à conserver au moins 10 000 à 20 000 € de trésorerie après avoir payé le chantier et le matériel.

Cette réserve est particulièrement importante en ce moment. Les dernières données de Gira Conseil montrent que le nombre de points de restauration en France a encore augmenté de 2,1 % sur un an, alors que la fréquentation n'a progressé que d'environ 1,5 %. Le pays compte désormais plus de 415 000 unités de consommation alimentaire hors domicile.

Cela signifie qu'un nouveau kebab arrive sur un marché où l'offre grandit plus vite que le nombre de visites. Les premiers mois peuvent donc être beaucoup plus lents que le scénario optimiste du business plan.

FranceAgriMer donne une autre mesure de cette concurrence. Sa dernière grande étude estime à 418 000 le nombre d'établissements de consommation hors domicile en 2024, pour environ 7,4 milliards de prestations et 100 milliards d'euros de chiffre d'affaires HT. La restauration rapide fait partie des segments qui résistaient encore le mieux, mais elle évolue au milieu d'une quantité énorme d'alternatives.

Avec 15 000 € encore disponibles, nous pouvons absorber un début poussif, une panne ou une campagne marketing supplémentaire. Avec 500 € sur le compte après l'inauguration, chaque imprévu devient immédiatement urgent.

Combien coûte le personnel d'un kebab aujourd'hui ?

Le personnel peut facilement coûter plus cher que le loyer d'un kebab : deux salariés à temps plein représentent déjà 3 734,04 € de salaire brut par mois au niveau du SMIC actuel, avant le reste du coût employeur.

Le SMIC brut mensuel est maintenant de 1 867,02 € pour 35 heures. Avec trois salariés, nous arrivons à 5 601,06 € de salaires bruts mensuels. Il faut ensuite tenir compte des cotisations réellement dues, des congés, des éventuelles heures supplémentaires et des contraintes de la convention applicable.

Un kebab peut limiter ce poste lorsque le dirigeant travaille lui-même en cuisine ou au comptoir. C'est souvent ce qui rend un petit établissement viable au lancement. Mais le planning reste difficile à comprimer : préparation, service du midi, service du soir, nettoyage, approvisionnements et parfois sept jours d'ouverture représentent beaucoup d'heures.

Nous serions donc prudents avec les prévisionnels où une seule personne semble pouvoir faire tourner toute l'activité pendant des mois. À court terme, ça peut tenir. À long terme, le restaurant doit générer assez de marge pour rémunérer le travail réellement nécessaire.

Une franchise kebab coûte-t-elle beaucoup plus cher qu'un indépendant ?

Oui, ouvrir un kebab en franchise demande aujourd'hui généralement beaucoup plus de capital qu'un petit indépendant, avec des projets qui peuvent approcher ou dépasser 300 000 €.

Franchise Magazine observe actuellement des apports personnels de 50 000 à 90 000 € parmi les réseaux de kebab référencés, avec une moyenne d'environ 70 000 €. Ces montants correspondent uniquement à l'apport du franchisé, pas à la totalité du projet.

Mexi Kebab illustre bien l'écart. L'enseigne affiche actuellement 20 000 € de droit d'entrée et un investissement initial compris entre 180 000 et 500 000 €. D'autres réseaux du segment demandent 70 000, 80 000 ou 90 000 € d'apport.

Une partie de l'écart vient naturellement du format. Ces restaurants sont souvent plus grands, plus travaillés et conçus pour atteindre des volumes de chiffre d'affaires très supérieurs à ceux d'un snack de quartier. Le cahier des charges impose aussi un certain niveau de décoration et d'équipement.

Pour quelqu'un qui veut simplement ouvrir un kebab de 50 m², les budgets de franchise sont donc de mauvais points de comparaison. Ils montrent néanmoins jusqu'où peut monter l'investissement quand le kebab devient un véritable concept de restauration rapide structuré.

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Est-ce devenu plus risqué d'ouvrir un kebab aujourd'hui ?

Oui, nous pensons qu'un kebab sous-capitalisé est plus dangereux aujourd'hui qu'il y a quelques années, surtout parce que le marché offre moins de marge d'erreur.

La dernière photographie de Gira montre une fréquentation qui progresse beaucoup moins vite que le nombre de points de vente. En parallèle, les défaillances dans le secteur CHR ont augmenté de plus de 8 % sur la dernière période analysée par le cabinet. Tout le monde ne souffre pas de la même façon, mais les établissements moyens ont moins de place pour se contenter d'un emplacement correct et d'une offre banale.

Les coûts fixes restent également élevés. Le SMIC a encore été revalorisé et le financement bancaire n'est pas gratuit. Dans les données les plus récentes de la Banque de France, le taux moyen des nouveaux crédits bancaires accordés aux PME atteint 3,72 %, contre 3,53 % quelques mois auparavant.

Nous ne gonflerions pourtant pas le budget uniquement par peur. Le meilleur usage de l'argent supplémentaire est très concret : meilleur local, extraction déjà présente, équipement fiable et réserve de trésorerie. Dépenser 15 000 € de plus dans une décoration spectaculaire tout en ouvrant sans cash nous semblerait beaucoup moins prudent.

Le coût d'ouverture doit finalement être mis face au volume de commandes nécessaire. Un projet de 60 000 € sur un très bon emplacement peut être plus solide qu'un restaurant de 120 000 € situé là où personne ne passe.

Alors, combien coûte vraiment l'ouverture d'un kebab en France aujourd'hui ?

Aujourd'hui, nous retiendrions environ 90 000 € comme budget central pour ouvrir un petit kebab indépendant en France sans construire tout le projet sur des hypothèses exceptionnellement favorables.

On peut descendre vers 40 000 à 60 000 € en reprenant un ancien snack bien équipé, en utilisant du matériel d'occasion et en réalisant peu de travaux. C'est une vraie possibilité, particulièrement pour un exploitant qui travaille lui-même dans le restaurant.

Entre 70 000 et 120 000 €, le projet devient beaucoup plus confortable : cuisine complète, local correctement adapté, quelques travaux et surtout une réserve de trésorerie après l'ouverture. C'est la zone que nous privilégierions pour construire un prévisionnel indépendant aujourd'hui.

Les 120 000 à 180 000 € arrivent vite lorsque le local est cher ou techniquement compliqué. Et pour une franchise ou un restaurant plus grand, les exemples actuels montrent que 200 000 à 300 000 € ne sont plus des montants exceptionnels.

Le chiffre à retenir dépend donc beaucoup moins de la broche à kebab que du local choisi. Une machine professionnelle peut coûter autour de 1 000 à 2 500 € ; une mauvaise décision immobilière peut en coûter vingt fois plus.

Si nous devions garder une seule règle pour le business plan, ce serait de prévoir le projet jusqu'à plusieurs mois après l'ouverture. Un kebab construit pour 70 000 € avec encore 15 000 € disponibles est généralement bien mieux armé qu'un restaurant de 85 000 € qui démarre sans réserve.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à estimer combien coûte réellement l'ouverture d'un kebab en France aujourd'hui. Plutôt que de partir d'un budget global puis de le justifier après coup, nous avons décomposé le projet en blocs : local, état technique, travaux, extraction, cuisine et froid, dépenses de lancement, personnel, financement et trésorerie.

Nous avons privilégié une reconstruction « bottom-up ». Les obligations réglementaires viennent en priorité des administrations françaises ; le SMIC et le coût employeur des sources sociales officielles ; le coût du crédit de la Banque de France ; la structure du marché de FranceAgriMer et Gira Conseil ; les prix du matériel de catalogues professionnels actuellement commercialisés ; et les investissements de franchise des enseignes elles-mêmes.

Nous distinguons ce qui est simplement possible de ce qui constitue un budget de travail solide. Un kebab peut ouvrir avec beaucoup moins de capital lorsqu'il reprend un ancien snack déjà adapté, conserve une partie du matériel et limite les travaux. Ces cas existent, mais ils ne servent pas à définir le scénario central.

Le local est comparé sur son coût réel de mise en exploitation, pas seulement sur son loyer ou son prix d'entrée. Destination du bail, extraction, ventilation, électricité, sanitaires, sécurité incendie et accessibilité peuvent transformer complètement l'économie d'un local apparemment bon marché.

Nous n'avons pas mélangé les indépendants et les franchises. Les données de réseaux servent surtout à mesurer jusqu'où peut monter l'investissement lorsqu'une enseigne impose une surface, un niveau d'aménagement, des équipements et des standards de marque plus importants.

La trésorerie est traitée séparément du coût physique d'ouverture. Les données sur la fréquentation, le nombre de points de vente, les défaillances ou le coût du crédit servent surtout à juger combien de réserve il est prudent de conserver une fois le restaurant ouvert, pas à gonfler artificiellement le prix d'une hotte ou d'une friteuse.

Quand un montant n'existe pas sous forme de statistique nationale, nous cherchons la convergence entre plusieurs éléments observables : prix actuels du matériel, obligations techniques, scénarios de local, coûts d'exploitation et benchmarks sectoriels. Le chiffre final doit donc être lu comme une enveloppe de planification, pas comme un « prix moyen officiel » du kebab en France.

Parmi les sources clés utilisées figurent Service Public Entreprendre sur l'ouverture d'un restaurant, Service Public Entreprendre sur les règles d'hygiène, le ministère de l'Agriculture sur la formation à l'hygiène alimentaire, le ministère du Travail sur le SMIC, l'Urssaf pour le coût employeur, la Banque de France sur les nouveaux crédits aux PME, FranceAgriMer sur la consommation hors domicile, Gira Conseil sur le marché de la restauration, Bpifrance Création sur le plan de trésorerie, Mexi Kebab pour les conditions d'investissement en franchise, METRO France pour les prix de machines à kebab et Nisbets France pour les équipements de froid professionnel.

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