Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Lancez une salle de sport sans sous-estimer le taux de remplissage nécessaire

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EN RÉSUMÉ

Pour 2027, le concept de salle de sport le plus rentable pour un premier établissement en France est probablement le studio de Pilates Reformer premium, à condition que la zone ne soit pas déjà saturée.

Le point fort du Reformer n’est pas seulement la mode actuelle. C’est surtout le rapport entre le capital engagé, la petite surface nécessaire et le chiffre d’affaires qu’un même mètre carré peut produire plusieurs fois dans la journée.

Le remplissage compte beaucoup plus que la taille du studio. Avec dix machines, sept cours par jour et 25 € réellement encaissés par place, passer de 50 % à 70 % de remplissage fait grimper le chiffre d’affaires annualisé d’environ 273 000 € à 382 000 €.

Les grandes salles low-cost restent extrêmement solides une fois matures, mais elles jouent dans une autre catégorie financière. Basic-Fit montre qu’un club mature peut produire autour de 369 000 € d’EBITDA après loyers, avec un retour sur capital supérieur à 30 %, mais il faut aujourd’hui plus d’un million d’euros pour ouvrir ce type de site.

L’EMS est sans doute le meilleur concurrent du Reformer pour un petit capital. Le ticket d’entrée peut rester autour de 140 000 à 180 000 €, mais le marché adressable est plus étroit et l’activité dépend davantage de l’encadrement humain.

Hyrox et le fitness fonctionnel offrent un potentiel intéressant pour 2027, mais ils consomment davantage de surface. Le meilleur modèle semble donc être un club polyvalent qui utilise Hyrox comme moteur commercial sans dépendre uniquement de cette tendance.

Les salles généralistes de 400 à 900 m² peuvent encore fonctionner, mais elles doivent choisir clairement leur clientèle. Sans différenciation forte, elles se retrouvent coincées entre les grandes chaînes très équipées et les studios premium beaucoup plus spécialisés.

La franchise peut accélérer le remplissage, mais elle coûte vite plusieurs dizaines de milliers d’euros par an. Elle est surtout intéressante pour un premier site ; dès qu’un entrepreneur veut dupliquer plusieurs établissements, la construction d’une marque propre devient plus attractive.

Le vrai risque pour 2027 n’est pas que les Français arrêtent de faire du sport. C’est que trop d’entrepreneurs ouvrent le même concept au même endroit et transforment une belle tendance nationale en mauvaise économie locale.

Le classement change donc avec le capital disponible : autour de 150 000 €, l’EMS mérite d’être étudié ; entre 150 000 et 300 000 €, le Reformer est notre premier choix ; entre 300 000 et 600 000 €, le fonctionnel premium devient crédible ; au-delà du million, les grandes franchises redeviennent très sérieuses.

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Quel type de salle de sport est le plus rentable pour 2027 ?

Est-ce encore un bon moment pour ouvrir une salle de sport en France ?

Oui, le marché français du fitness continue de grossir, mais ouvrir une salle quelconque dans une zone déjà saturée devient nettement plus risqué.

L’Observatoire Forme & Fitness publié par l’Union des entreprises Sport & Cycle recense aujourd’hui environ 18 millions de pratiquants, plus de 6 900 établissements et plus de 3,5 milliards d’euros d’activité en France. L’étude s’appuie notamment sur une enquête auprès de 5 000 Français et sur les données de plusieurs milliers d’établissements.

La tendance récente reste positive. Sur l’ensemble de 2025, les loisirs sportifs marchands ont gagné 7,4 % de fréquentation et 6,2 % de chiffre d’affaires, tandis que le nombre d’établissements augmentait de 4,5 %. Le début de l’année suivante est resté bien orienté : +4,8 % de fréquentation, +5,7 % de chiffre d’affaires et +2,8 % d’établissements au premier trimestre selon l’UESC.

Autrement dit, davantage de Français paient pour pratiquer une activité physique dans un établissement privé et la croissance de la demande reste, pour l’instant, supérieure à celle du nombre de sites.

Mais cette moyenne nationale cache déjà des marchés locaux beaucoup plus difficiles. L’escalade en donne un bon exemple : alors que le nombre de salles avait fortement augmenté, le chiffre d’affaires du secteur a reculé et le revenu moyen par établissement s’est contracté.

C’est exactement le risque à surveiller pour les concepts qui ouvrent très vite aujourd’hui, notamment le Pilates Reformer.

Quelle salle de sport est vraiment la plus rentable : celle qui gagne le plus ou celle qui demande le moins d’argent ?

Pour un entrepreneur, la salle la plus rentable n’est pas forcément celle qui produit le plus gros bénéfice annuel. Le résultat change complètement lorsqu’on rapporte ce bénéfice au capital engagé.

Un Fitness Park ou un On Air peut dépasser largement le chiffre d’affaires d’un studio Pilates ou EMS. Mais il faut généralement mobiliser plusieurs centaines de milliers d’euros d’apport et un investissement total qui peut dépasser le million d’euros.

À l’autre extrême, Iron Bodyfit communique un investissement d’environ 140 000 à 180 000 € pour un studio EMS. Club Pilates indique environ 300 000 € pour un studio de 140 à 180 m². Un studio indépendant de Pilates Reformer peut démarrer avec encore moins lorsqu’il reste compact et évite un aménagement haut de gamme excessif.

La comparaison devient donc plus intéressante lorsqu’on regarde combien d’argent il faut mettre au départ, combien de chiffre d’affaires cet argent peut produire et combien de mètres carrés il faut payer chaque mois.

Les données communiquées par les franchiseurs doivent être traitées comme des objectifs commerciaux, et non comme des résultats garantis. Elles restent néanmoins utiles pour comparer l’architecture économique des différents modèles.

Concept Investissement indicatif CA annuel communiqué ou scénario Surface indicative Lecture
Fitness Park autour de 1,2 M€ autour de 1 M€ ~1 200 m² Gros profit potentiel, capital lourd
Keepcool ~600 k€ ~450 k€ ~500 m² Modèle intermédiaire
L’Appart Fitness variable ~600 k€ ~880 m² Club généraliste classique
On Air Fitness très élevé ~1,5 M€ 1 000 à 2 000 m² Gros CA, gros ticket d’entrée
Iron Bodyfit ~140-180 k€ ~241 k€ dans son scénario à 180 membres petite surface Très compact
Club Pilates ~300 k€ cible ~700 k€ en année 3 140-180 m² Très fort CA/m²
Studio Reformer indépendant souvent ~100-250 k€ très variable ~100-180 m² Rendement potentiellement très élevé

Les grandes salles low-cost restent-elles les plus rentables ?

Les grandes salles low-cost restent parmi les meilleurs business du fitness une fois arrivées à maturité, mais elles sont difficiles à battre seulement si l’on dispose déjà de beaucoup de capital.

Basic-Fit fournit aujourd’hui le meilleur point de comparaison parce que ses comptes sont publics. Ses clubs matures ont produit en moyenne environ 369 000 € d’EBITDA sous-jacent après loyers en 2025. Le groupe indiquait aussi un retour sur capital investi de 31 % pour ces clubs matures.

C’est une très belle performance pour une activité qui nécessite de grands locaux, beaucoup de machines et plusieurs milliers de membres.

Le revers apparaît lorsqu’on regarde l’investissement initial. Basic-Fit dépensait en moyenne environ 1,33 million d’euros pour construire un nouveau club en 2025, contre 1,15 million quatre ans plus tôt.

La puissance du modèle vient de son échelle. Basic-Fit comptait 4,93 millions d’abonnements pour 1 716 clubs détenus en propre à la fin de 2025. Son revenu moyen par membre atteignait 24,91 € par mois, contre 24,24 € un an plus tôt.

Fitness Park et On Air suivent une logique proche. La Fédération Française de la Franchise indique actuellement environ 1,5 million d’euros de chiffre d’affaires annuel moyen pour On Air, avec des surfaces comprises entre 1 000 et 2 000 m² et un apport demandé de 350 000 €. Fitness Park travaille lui aussi sur de grands clubs et demande plusieurs centaines de milliers d’euros d’apport.

Pour quelqu’un qui veut investir 150 000 ou 250 000 €, ce modèle est simplement hors catégorie.

Un petit studio peut-il vraiment gagner plus par mètre carré qu’une grande salle ?

Oui, un studio spécialisé bien rempli peut générer plusieurs fois plus de chiffre d’affaires par mètre carré qu’une salle généraliste.

La raison est simple : une grande salle loue surtout un droit d’accès mensuel, tandis qu’un studio vend plusieurs fois par jour les mêmes mètres carrés sous forme de places dans un cours.

Basic-Fit encaissait en moyenne 24,91 € par mois et par membre en 2025. Un studio de Pilates Reformer peut encaisser un montant proche avec une seule séance vendue au tarif public.

Prenons un studio équipé de dix Reformers. Avec sept cours par jour et 26 jours d’ouverture par mois, nous avons 1 820 places disponibles chaque mois.

Si le revenu réellement encaissé est de 25 € par place après abonnements, packs et promotions, le studio possède une capacité maximale théorique de 45 500 € mensuels.

À 50 % de remplissage, cela donne environ 22 750 €.

À 70 %, environ 31 850 €.

À 80 %, environ 36 400 €.

Tout cela peut tenir dans 100 à 180 m².

Pour donner un ordre de grandeur, Keepcool déclare environ 450 000 € de chiffre d’affaires annuel moyen pour 500 m². L’Appart Fitness affiche environ 600 000 € pour 880 m². Club Pilates communique, de son côté, une cible de 700 000 € pour seulement 140 à 180 m².

Même en décotant fortement cette cible de franchiseur, l’écart de productivité immobilière reste énorme.

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Le Pilates Reformer est-il vraiment le meilleur business fitness pour 2027 ?

Pour un premier établissement en France, le Pilates Reformer est aujourd’hui notre meilleur candidat si l’objectif est de maximiser le rendement d’un investissement compris grosso modo entre 100 000 et 300 000 €.

La demande reste exceptionnellement forte. Dans son dernier bilan annuel, ClassPass indique que le Pilates a été l’activité la plus réservée de sa plateforme dans le monde pour la troisième année consécutive.

Les réservations Pilates ont progressé de 66 % en un an. Pour le Reformer seul, la hausse atteint 71 %. Plus de 15 millions de séances Pilates ont été réservées sur ClassPass sur l’année et le mot Pilates a généré plus de 27 millions de recherches sur la plateforme.

Ce qui nous intéresse surtout, c’est que le phénomène ne dépend plus d’une seule variante. Le Reformer domine, mais le Pilates au sol a lui aussi fortement progressé.

Le deuxième avantage vient du prix. Dans les grandes métropoles françaises, une séance Reformer à l’unité se vend fréquemment autour de 25 à 40 €, parfois davantage dans les studios les plus premium. Les abonnements et packs réduisent le revenu encaissé par place, mais celui-ci reste sans commune mesure avec les 20 à 40 € mensuels d’un abonnement à une grande salle.

Enfin, le local reste petit. Club Pilates recommande 140 à 180 m² et estime environ 300 000 € l’investissement total. Sa cible commerciale pour la troisième année est de 700 000 € de chiffre d’affaires et 300 000 € d’EBITDA.

Une marge de 43 % doit être prise avec énormément de prudence puisqu’elle vient du franchiseur. En revanche, elle montre ce que permet mathématiquement un studio lorsque les cours sont presque pleins.

Le Pilates Reformer gagne donc notre classement surtout grâce à cette combinaison : petit local, panier élevé et cours répétés toute la journée.

Combien peut rapporter un studio de Pilates Reformer bien rempli ?

Un studio de dix Reformers peut dépasser 300 000 € de chiffre d’affaires annuel sans hypothèse délirante, mais la rentabilité dépend énormément du passage de 50 % à 70 ou 80 % de remplissage.

Prenons toujours dix places, sept cours quotidiens, 26 jours par mois et 25 € de revenu moyen réellement encaissé par participant.

À seulement 30 % de remplissage, le studio réalise environ 164 000 € de chiffre d’affaires annualisé.

À 50 %, nous arrivons à 273 000 €.

À 70 %, environ 382 000 €.

À 80 %, environ 437 000 €.

À 90 %, près de 491 000 €.

Cette progression explique pourquoi deux studios presque identiques peuvent afficher des profits radicalement différents. Une bonne partie des charges existe déjà que le cours accueille quatre personnes ou neuf : loyer, logiciel, énergie, publicité, remboursement du matériel et une large partie du coût du coach.

Remplir deux sièges supplémentaires pendant chaque cours peut donc représenter plusieurs dizaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires annuel additionnel.

Remplissage moyen Places vendues/mois CA mensuel à 25 € CA annualisé
30 % 546 13 650 € 163 800 €
40 % 728 18 200 € 218 400 €
50 % 910 22 750 € 273 000 €
60 % 1 092 27 300 € 327 600 €
70 % 1 274 31 850 € 382 200 €
80 % 1 456 36 400 € 436 800 €
90 % 1 638 40 950 € 491 400 €

Est-ce déjà trop tard pour ouvrir un studio de Pilates Reformer ?

Non, mais la période où presque n’importe quel bon studio Reformer pouvait profiter d’un manque d’offre touche probablement à sa fin dans plusieurs quartiers des grandes villes.

Les réservations mondiales progressent encore très vite et les réseaux accélèrent leur développement. La conséquence est prévisible : de nouveaux studios arrivent rapidement.

Cette situation rappelle ce qui s’est passé dans d’autres loisirs sportifs. L’Union des entreprises Sport & Cycle a observé sur l’escalade un cas particulièrement parlant : sur une période où le nombre de salles augmentait fortement, le chiffre d’affaires du secteur baissait et le chiffre d’affaires moyen par site chutait à deux chiffres.

Un studio Pilates peut suivre exactement la même trajectoire dans une micro-zone.

Nous regarderions donc avant tout le nombre de Reformers disponibles à dix ou quinze minutes du futur local, les prix réellement pratiqués, les créneaux affichés complets et surtout ceux qui restent disponibles à la dernière minute.

Les recherches Google nationales sur Pilates nous intéressent beaucoup moins que le nombre de places encore disponibles le mardi soir autour de l’adresse visée.

L’EMS peut-il être encore plus rentable que le Pilates ?

L’EMS peut battre le Pilates en retour sur capital pur, mais son marché est beaucoup plus petit et le modèle dépend davantage de l’encadrement humain.

Sur le papier, les chiffres sont impressionnants.

Iron Bodyfit communique un investissement de l’ordre de 140 000 à 180 000 €. Dans son scénario économique, le point d’équilibre se situe autour de 132 membres. Avec 180 membres, le réseau projette environ 20 120 € de revenus mensuels et 5 315 € de résultat. À 220 membres, le scénario monte à près de 24 900 € de revenus et environ 10 000 € de résultat mensuel.

Bodyhit communique également un ticket d’entrée relativement faible pour une activité physique, autour de 130 000 €, avec un chiffre d’affaires cible de l’ordre de 180 000 à 220 000 € après deux ans.

Nous garderions une marge de sécurité importante sur ces chiffres puisqu’ils proviennent des enseignes elles-mêmes.

Le marché réel donne néanmoins du poids au concept. L’Union des entreprises Sport & Cycle estime qu’environ 600 studios EMS existent désormais en France et qu’ils accueillent autour de 150 000 pratiquants.

C’est suffisamment gros pour prouver qu’il existe une vraie clientèle, mais très loin des millions de pratiquants concernés par le fitness généraliste.

L’EMS présente aussi une contrainte opérationnelle forte : les séances doivent être supervisées par une personne formée. Le développement du marché s’accompagne d’ailleurs d’un effort de professionnalisation et de certification.

Nous voyons donc l’EMS comme un excellent business de niche, particulièrement intéressant avec moins de 200 000 € de capital.

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Une salle Hyrox ou CrossFit peut-elle être plus rentable en 2027 ?

Une salle de fitness fonctionnel qui profite de la vague Hyrox peut devenir un très bon business en 2027, mais nous préférerions ouvrir un club polyvalent plutôt qu’une salle dépendante uniquement de Hyrox.

La progression de Hyrox est actuellement difficile à ignorer. ClassPass a mesuré une hausse de 506 % des recherches Hyrox et de 432 % des réservations de cours liés à la discipline sur un an.

Cette croissance est beaucoup plus rapide que celle du Pilates.

Mais Hyrox consomme aussi davantage de surface. Courir, pousser ou tirer un traîneau, travailler sur SkiErg et rameur et accueillir des groupes demande facilement plusieurs centaines de mètres carrés.

L’utilisation que font les grandes enseignes de Hyrox est intéressante. Fitness Park ajoute par exemple des zones Hyrox à des clubs qui proposent également musculation, cardio, powerlifting, haltérophilie et cross-training.

Un club indépendant de 300 à 600 m² peut suivre la même logique en vendant des cours collectifs, un abonnement open gym, du coaching personnel, des préparations Hyrox et des programmes de force.

CrossFit a déjà démontré la solidité de cette logique communautaire sur une période beaucoup plus longue.

Le fonctionnel/Hyrox est donc probablement le pari le plus intéressant juste derrière les studios très compacts, surtout lorsqu’on trouve un ancien local commercial ou industriel avec un loyer faible.

Les salles généralistes de 400 à 900 m² sont-elles encore un bon business ?

Oui, mais une salle généraliste de taille moyenne doit aujourd’hui proposer une vraie raison de payer plus qu’un low-cost, sinon elle se retrouve coincée entre les grandes chaînes et les studios premium.

Keepcool en donne une bonne illustration. La Fédération Française de la Franchise indique actuellement environ 500 m² de surface, 600 000 € d’investissement et 450 000 € de chiffre d’affaires annuel moyen HT. Le réseau demande environ 150 000 € d’apport.

Elancia affiche 300 à 600 m², environ 300 000 à 400 000 € d’investissement et 450 000 € de chiffre d’affaires annuel moyen.

L’Appart Fitness monte vers 880 m² et environ 600 000 € de chiffre d’affaires moyen.

D’un côté, Basic-Fit, Fitness Park ou On Air offrent beaucoup de matériel, de grandes amplitudes horaires et des prix devenus très difficiles à battre pour un indépendant.

De l’autre, les studios spécialisés promettent une séance encadrée, une petite communauté et une expérience beaucoup plus personnelle.

Les concepts intermédiaires les plus intéressants sont donc ceux qui choisissent franchement leur clientèle : sport-santé, seniors, accompagnement débutants, femmes, coaching poussé ou clientèle périurbaine.

Combien de clients et de coachs faut-il pour qu’une salle de sport gagne vraiment de l’argent ?

Une salle de sport peut atteindre son équilibre avec environ 130 clients en EMS ou nécessiter plusieurs milliers d’adhérents en low-cost, et le coût des coachs change encore fortement ce seuil.

Iron Bodyfit place son seuil de rentabilité théorique autour de 132 adhérents dans son scénario franchiseur.

Un studio Pilates de dix machines peut également fonctionner avec quelques centaines de clients réguliers si ceux-ci viennent souvent et achètent des packs ou abonnements suffisamment chers.

Le low-cost se situe dans un autre monde. Basic-Fit comptait 4,93 millions d’abonnements pour 1 716 clubs détenus en propre à la fin de 2025. Une division brute donne environ 2 870 abonnements par club, même si cette moyenne mélange des salles anciennes et des ouvertures récentes.

La différence vient aussi du personnel. Un adhérent supplémentaire dans une grande salle libre-service ne nécessite presque jamais d’ajouter immédiatement un salarié. Dans un studio premium, chaque nouveau créneau suppose généralement un coach.

Un instructeur peut toutefois encadrer dix personnes en même temps. Dix places à 25 € représentent 250 € de chiffre d’affaires sur un cours. Même avec 40, 50 ou 60 € versés au coach, l’économie reste intéressante lorsque la salle est pleine.

À quatre participants, le même cours ne génère plus que 100 € pour presque le même coût d’encadrement.

Pour un studio premium, le chiffre d’affaires par heure de cours est donc souvent plus révélateur que le simple nombre d’abonnés.

La franchise fait-elle réellement gagner plus d’argent ?

Une franchise ne rend pas automatiquement une salle plus rentable. Elle prend une partie du chiffre d’affaires en échange d’une marque, d’un modèle déjà testé et d’une machine commerciale prête à fonctionner.

Le coût est loin d’être négligeable.

Keepcool prélève actuellement 5 % de redevance directe et 2,5 % de redevances indirectes. Sur 450 000 € de chiffre d’affaires, cela représente environ 33 750 € par an.

On Air affiche 6 % de redevance directe et 1 % de communication nationale. Avec 1,5 million d’euros de CA, cela représente environ 105 000 €.

Club Pilates communique 7 % de redevance de marque et 2 % pour le fonds marketing. Si un studio atteint sa cible de 700 000 € de chiffre d’affaires, nous arrivons à 63 000 € par an.

Un indépendant économise ces sommes mais doit construire lui-même sa marque, son acquisition, ses offres, son logiciel, ses scripts commerciaux et sa méthode d’exploitation.

Pour un premier club, payer 7 ou 8 % peut donc être rationnel si le réseau permet de remplir la salle beaucoup plus vite.

Avec plusieurs établissements, construire sa propre marque devient plus intéressant puisque les outils déjà créés peuvent être réutilisés sans ajouter une redevance proportionnelle permanente.

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Où faut-il ouvrir pour qu’une salle de sport soit vraiment rentable ?

Le meilleur emplacement pour une salle de sport est celui où suffisamment de clients peuvent payer le prix demandé sans que le loyer consomme l’avantage économique du concept.

Les grands clubs et les studios ne cherchent donc pas le même immobilier.

On Air demande une zone de chalandise d’au moins 50 000 habitants et travaille sur 1 000 à 2 000 m². Keepcool annonce un minimum autour de 30 000 habitants avec environ 500 m². Elancia peut descendre vers des zones de 20 000 habitants avec 300 à 600 m².

Pour ces salles, parking, visibilité routière, facilité d’accès et coût du mètre carré pèsent énormément.

Un Pilates Reformer joue presque la stratégie inverse. Avec 120 ou 150 m², nous pouvons supporter un loyer au mètre carré plus élevé et nous installer beaucoup plus près des clients.

Le bon quartier possède idéalement une forte densité de femmes actives, de cadres, de professions libérales ou de foyers capables de dépenser 100 à 250 € mensuels dans une activité sportive. La proximité de bureaux peut aussi aider à remplir les heures creuses.

Les dernières données ClassPass montrent d’ailleurs que les habitudes deviennent plus étalées dans la journée. Les réservations sur la pause déjeuner ont fortement augmenté et Marseille figurait parmi les villes où cette pratique était particulièrement visible.

Si cinq studios Pilates vendent déjà beaucoup de capacité dans un rayon de dix minutes, ce potentiel théorique devient évidemment beaucoup moins intéressant.

Quel est le vrai risque pour une salle de sport en 2027 ?

Le principal risque en 2027 sera probablement de confondre croissance d’une activité et rentabilité d’un nouvel établissement.

Le marché du fitness reste solide aujourd’hui. Les dernières données françaises montrent encore une progression de la fréquentation et du chiffre d’affaires.

Le danger vient de l’offre qui court derrière cette demande.

Nous avons déjà vu ce mécanisme avec l’escalade : davantage de salles, une fréquentation qui tient mais des recettes qui se contractent par établissement.

Le Pilates Reformer nous semble particulièrement exposé à cette évolution parce que ses qualités économiques sont désormais évidentes. Petit local, prix élevé par cours, esthétique adaptée aux réseaux sociaux et investissement raisonnable : le concept attire naturellement de nouveaux entrants.

Hyrox pourrait connaître le même phénomène avec un peu de retard.

Nous préférerions donc un concept qui dispose de plusieurs sources de revenus. Pour le Pilates, cela peut vouloir dire Reformer, cours au sol, privatisation et coaching individuel. Pour le fonctionnel, Hyrox, force, open gym et coaching.

Alors, quel type de salle de sport sera le plus rentable en 2027 ?

Pour un entrepreneur qui ouvre son premier établissement en France, nous choisirions aujourd’hui un studio de Pilates Reformer premium, à condition que la zone locale ne soit pas déjà saturée.

Le Pilates Reformer gagne surtout lorsque nous rapportons le potentiel de résultat au capital et aux mètres carrés nécessaires. Un studio de 100 à 180 m² peut générer plusieurs centaines de milliers d’euros de chiffre d’affaires avec quelques centaines de clients, alors qu’un grand club doit généralement engager plus d’un million d’euros et recruter plusieurs milliers d’adhérents.

Les derniers chiffres renforcent ce choix. Le Pilates reste l’activité la plus réservée sur ClassPass pour la troisième année de suite et ses réservations ont progressé de 66 % en un an. Le Reformer lui-même gagne 71 %. Comme vu plus haut, cette demande rencontre une économie par mètre carré particulièrement favorable.

Nous placerions l’EMS juste derrière pour un entrepreneur qui cherche surtout un investissement très compact. Son marché français reste toutefois beaucoup plus petit, avec environ 150 000 pratiquants.

Le fitness fonctionnel associé à Hyrox serait notre troisième choix. Sa croissance est actuellement spectaculaire et le matériel conserve une utilité même si Hyrox ralentit. Le besoin de surface le rend simplement moins efficace financièrement qu’un studio Reformer.

Pour un investisseur capable d’engager plus d’un million d’euros, le classement change complètement. Le grand club low-cost ou premium-accessible redevient probablement le meilleur choix. Les chiffres de Basic-Fit montrent qu’un club mature peut produire autour de 369 000 € d’EBITDA après loyers avec un retour sur capital investi supérieur à 30 %.

Le choix dépend donc beaucoup du capital disponible. Autour de 150 000 €, l’EMS mérite d’être étudié sérieusement. Entre environ 150 000 et 300 000 €, nous préférons le Pilates Reformer. Avec davantage de surface et 300 000 à 600 000 €, un club fonctionnel premium ou un concept généraliste très différencié devient crédible. Au-delà du million, les grandes franchises reviennent dans la course.

Pour 2027, notre premier choix reste le Reformer, mais seulement là où la demande locale dépasse encore clairement l’offre.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer quel type de salle de sport paraît le plus rentable pour un entrepreneur qui veut ouvrir un établissement en France en 2027. Nous ne comparons pas simplement les chiffres d’affaires annoncés par les enseignes : nous regardons ensemble le capital nécessaire, la surface, la capacité de chiffre d’affaires, le levier opérationnel, la profondeur de la demande, la vitesse d’expansion de l’offre et la maturité du concept.

Nous avons privilégié les données françaises lorsqu’elles existaient, notamment celles de l’Union des entreprises Sport & Cycle, de la Fédération Française de la Franchise et des réseaux eux-mêmes. Pour les tendances qui dépassent largement le marché français, notamment Pilates et Hyrox, nous avons complété avec les données internationales de réservation et de recherche de ClassPass.

Les données observées ont davantage de poids que les projections commerciales. Les comptes publiés de Basic-Fit permettent par exemple d’observer l’économie réelle de clubs arrivés à maturité. Les prévisionnels de franchiseurs sont utilisés surtout pour comprendre la structure économique d’un modèle et tester ce qu’il peut produire à différents niveaux de remplissage.

Nous avons séparé la dynamique nationale de la réalité locale. Une activité peut progresser très vite au niveau national tout en devenant moins attractive dans certains quartiers si l’offre y augmente encore plus vite. C’est notamment pour cette raison que le risque de saturation locale du Pilates Reformer est traité à part.

Les comparaisons de chiffre d’affaires par mètre carré servent surtout à mesurer l’efficacité immobilière des modèles. Elles ne remplacent pas une analyse complète de marge : un studio premium supporte davantage de coût humain par heure qu’une salle libre-service, tandis qu’un grand club doit financer beaucoup plus de surface et de matériel.

Pour les scénarios Reformer, nous avons utilisé une hypothèse simple et transparente : dix machines, sept cours par jour, 26 jours d’ouverture par mois et 25 € de revenu moyen réellement encaissé par place. Les différents niveaux de remplissage permettent ensuite d’observer l’effet direct sur le chiffre d’affaires.

Notre classement pour 2027 n’est donc pas une prévision ponctuelle. Il repose sur la convergence des derniers signaux disponibles : croissance de la pratique, fréquentation, chiffre d’affaires, ouvertures, prix, capacité, structure de coûts et saturation.

Parmi les principales sources utilisées figurent l’Observatoire Forme & Fitness 2026 de l’Union des entreprises Sport & Cycle, son bilan 2025 des loisirs sportifs marchands, le point de conjoncture du premier trimestre 2026, son analyse de la croissance des loisirs sportifs marchands, l’Observatoire de l’escalade et l’Observatoire des loisirs sportifs marchands.

Nous avons aussi utilisé le Business and Financial Review 2025 de Basic-Fit, la synthèse Five Years of Basic-Fit et ses états financiers consolidés pour les clubs matures, le coût d’ouverture, le nombre de membres, le revenu moyen par membre et le rendement du capital.

Pour les modèles de franchise, nous nous sommes appuyés sur les fiches de la Fédération Française de la Franchise consacrées à Fitness Park, Keepcool, On Air Fitness et Elancia, ainsi que sur les informations franchise publiées par Club Pilates France, Iron Bodyfit et Bodyhit.

Enfin, le rapport ClassPass 2025 est utilisé pour la dynamique récente du Pilates, du Reformer, de Hyrox et des réservations sur la pause déjeuner. Ces données servent comme indicateurs de demande et de tendance ; elles ne sont pas traitées comme une mesure directe du marché français.

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Les quatre documents pour lancer une salle de sport

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