Combien rapporte une sandwicherie par mois aujourd'hui ?

Dernière mise à jour: 15 Septembre 2026

Lancez une sandwicherie sans laisser les coûts grignoter votre marge

Un business plan de 35 pages, déjà rédigé et mis en forme pour cette activité : marché, concurrence, stratégie et tableaux financiers.

C'est parti

EN RÉSUMÉ

Une sandwicherie indépendante qui fonctionne correctement peut aujourd’hui réaliser autour de 25 000 à 50 000 € de chiffre d’affaires TTC par mois et laisser environ 2 500 à 6 000 € mensuels à une exploitation bien tenue.

Le chiffre d’affaires seul dit assez peu de choses. Deux sandwicheries à 50 000 € mensuels peuvent avoir des résultats très différents selon le loyer, la masse salariale, le coût matière et surtout la part des ventes réalisée via les plateformes.

Le vrai moteur est le couple débit-panier. À 150 clients par jour et 12 € de panier moyen sur 26 jours, le point de vente atteint déjà 46 800 € TTC mensuels ; avec 100 clients à 11 €, il reste sous 30 000 €.

Pour un projet avec plusieurs salariés, la zone des 30 000 à 40 000 € mensuels commence à devenir sérieuse. Sous 25 000 €, le modèle peut encore fonctionner, mais il devient beaucoup plus sensible au moindre salarié de trop ou à un loyer un peu lourd.

Gagner 5 000 € par mois est crédible, mais généralement pas avec une petite affaire à 15 000 ou 20 000 € de ventes. Il faut plutôt viser autour de 40 000 à 50 000 € HT par mois, sauf à obtenir une marge nette vraiment exceptionnelle.

La masse salariale est souvent le poste qui fait basculer l’économie du commerce. Une sandwicherie peut être pleine entre midi et 14 heures et pourtant mal gagner sa vie si elle paie trop d’heures le reste de la journée.

Le sandwich lui-même peut afficher une très belle marge brute sans rendre le magasin très rentable. Sur un produit vendu 8 €, plusieurs euros restent après la matière, mais il faut encore financer les salaires, le local, l’énergie, les pertes, les emballages, les frais bancaires et les commissions éventuelles.

La livraison apporte du volume, mais 30 % de commission sur une commande change complètement la rentabilité. Un établissement très dépendant d’Uber Eats ou Deliveroo doit donc être analysé autrement qu’un commerce réalisant l’essentiel de ses ventes au comptoir.

Le loyer doit être regardé en proportion du chiffre d’affaires attendu, pas seulement au mètre carré. Un emplacement cher avec beaucoup de flux peut être bien plus sain qu’un local bon marché incapable de générer 120 ou 150 tickets par jour.

Le marché reste énorme, mais il est plus dur qu’avant : fréquentation sous pression, consommateurs attentifs à la valeur, repas apportés de chez soi, concurrence des supermarchés via les titres-restaurant et multiplication des offres de snacking. Une sandwicherie moyenne a donc moins de marge d’erreur.

Le meilleur indicateur avant d’ouvrir n’est probablement pas une moyenne nationale de chiffre d’affaires. C’est la capacité du local à produire assez de passages au bon moment, avec un panier autour de 10 à 13 €, sans devoir surdimensionner l’équipe pour servir le rush.

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Le business plan est déjà rédigé pour une sandwicherie

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Combien de chiffre d’affaires une sandwicherie peut-elle faire par mois aujourd’hui ?

Une sandwicherie indépendante qui tourne correctement peut aujourd’hui viser autour de 25 000 à 50 000 € de chiffre d’affaires TTC par mois, avec des écarts énormes selon l’emplacement.

On arrive assez vite à ces montants quand on raisonne en tickets. Avec 100 clients par jour, un panier moyen de 11 € et 26 jours d’ouverture, une sandwicherie encaisse 28 600 € TTC par mois. À 150 clients et 12 € par ticket, elle monte à 46 800 €. Un très bon emplacement servant 200 clients à 13 € atteint 67 600 €.

Le haut du marché va beaucoup plus loin. La Mie Câline publie pour ses magasins un chiffre d’affaires moyen de 872 000 € HT par an, soit près de 73 000 € HT par mois. L’enseigne reçoit en moyenne 464 clients par jour. Ce chiffre donne une idée du potentiel d’un gros point de vente, mais il serait dangereux de le prendre comme référence pour le prévisionnel d’un indépendant : le réseau compte 239 magasins, une marque nationale et environ dix salariés par unité.

Pour un premier projet, nous considérerions plutôt 30 000 à 40 000 € mensuels comme une zone déjà sérieuse. À 20 000 €, le modèle devient beaucoup plus serré dès qu’il faut payer plusieurs salariés et un vrai loyer commercial.

Clients par jour Panier moyen CA TTC sur 26 jours
60 10 € 15 600 €
80 10,50 € 21 840 €
100 11 € 28 600 €
120 11,50 € 35 880 €
150 12 € 46 800 €
180 12,50 € 58 500 €
200 13 € 67 600 €
250 13 € 84 500 €

Combien gagne vraiment le patron d’une sandwicherie par mois ?

Pour une sandwicherie bien gérée, gagner autour de 2 500 à 6 000 € par mois pour l’exploitant est crédible ; dépasser durablement cette zone demande déjà une très bonne affaire.

Il faut être beaucoup plus prudent ici que lorsqu’on parle de chiffre d’affaires. Les dernières données françaises montrent que les marges de la restauration sont sous forte pression. Le nouvel Observatoire économique lancé par l’UMIH avec l’Ordre des experts-comptables s’appuie sur les comptes et déclarations de TVA de près de 180 000 entreprises. Il constate que plus de la moitié des restaurateurs ont vu leur résultat reculer sur le dernier exercice étudié et que plus d’un quart des établissements sont déficitaires.

La restauration rapide peut conserver de meilleures marges que la restauration traditionnelle grâce au débit, à une carte courte et à moins de service en salle. Les ratios professionnels utilisés dans le secteur placent une restauration rapide saine autour de 8 à 15 % de résultat net. Nous traiterions cependant 15 % comme une très bonne performance, pas comme l’hypothèse centrale d’un business plan.

À 30 000 € HT de CA et 8 % de résultat, l’entreprise dégage 2 400 €. À 40 000 € et 10 %, elle produit 4 000 €. À 50 000 € et 12 %, nous arrivons à 6 000 €.

Même là, « résultat de l’entreprise » et « argent dans la poche du patron » ne se confondent pas parfaitement. La rémunération peut passer par un salaire de dirigeant, du bénéfice conservé dans la société ou, selon la structure juridique, des dividendes.

Peut-on vraiment gagner 5 000 € par mois avec une sandwicherie ?

Oui, une bonne sandwicherie peut rapporter 5 000 € par mois à son exploitant, mais ce niveau suppose généralement un commerce qui dépasse nettement les 30 000 € mensuels de ventes.

Avec 45 000 € HT de chiffre d’affaires et 11 % de résultat, nous obtenons presque exactement 5 000 €. Avec seulement 25 000 € de ventes, atteindre le même résultat exigerait 20 % de marge nette, ce qui serait exceptionnel dans ce métier.

Nous avons aussi un benchmark concret du côté des réseaux. Sur ses magasins de plus de trois ans, La Mie Câline annonce actuellement une moyenne annuelle de 70 000 € en salaire plus dividendes pour un franchisé seul. Cela représente environ 5 800 € par mois en moyenne avant la fiscalité personnelle du dirigeant. Pour un couple de franchisés, l’enseigne annonce 100 000 € par an.

Ces magasins réalisent toutefois 872 000 € HT de chiffre d’affaires annuel en moyenne. Le fameux objectif de 5 000 € mensuels existe donc bien dans le monde réel, mais plutôt dans une affaire déjà solide que dans une petite sandwicherie réalisant 15 000 ou 20 000 € de ventes.

Combien de clients par jour faut-il pour qu’une sandwicherie marche vraiment ?

Nous viserions au moins 100 à 150 clients par jour pour une sandwicherie classique avec salariés, car c’est dans cette zone que le chiffre d’affaires commence à absorber correctement les coûts fixes.

Prenons un panier de 11 €. Soixante-dix clients par jour donnent seulement 20 020 € TTC par mois sur 26 jours. Avec 120 clients à 11,50 €, on atteint 35 880 €. Avec 150 clients à 12 €, nous sommes déjà à 46 800 €.

Ce seuil n’a rien de magique. Une petite affaire tenue uniquement par son propriétaire et son conjoint peut fonctionner avec moins. À l’inverse, une sandwicherie ouverte sept jours sur sept, avec une grosse équipe, un manager et 6 000 € de loyer aura besoin d’un débit bien supérieur.

La vraie question à poser avant de signer un bail est beaucoup plus simple : peut-on faire passer 120 personnes par jour dans ce local ? Pour un commerce principalement concentré sur le déjeuner, cela peut vouloir dire servir 70 ou 80 clients entre midi et 14 heures. Un mauvais flux piétonnier ne se rattrape pas facilement avec un joli menu.

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Le business plan que votre banque attend pour une sandwicherie

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Quel panier moyen faut-il viser dans une sandwicherie aujourd’hui ?

Pour une sandwicherie urbaine, viser autour de 10 à 13 € par client nous paraît aujourd’hui beaucoup plus solide que de construire le modèle autour d’un sandwich vendu seul à 6 ou 7 €.

Quelques euros changent énormément l’économie du point de vente. Avec 120 clients par jour pendant 300 jours, ajouter 1 € au panier produit 36 000 € de chiffre d’affaires annuel supplémentaire. Passer de 10 à 12 € ajoute 72 000 €.

Cela explique l’importance des formules. Un client venu acheter un sandwich peut prendre une boisson, un dessert ou un café sans créer un deuxième passage en caisse ni doubler le temps de travail. Les boulangeries-sandwicheries ont d’ailleurs beaucoup élargi leur offre autour du déjeuner, du café et du snacking chaud.

Le prix a cependant une limite. Les dernières analyses de France Snacking décrivent un consommateur très attentif à la valeur perçue, alors que la fréquentation reste fragile. Augmenter mécaniquement les prix pour compenser les coûts finit donc par faire perdre des tickets. Aujourd’hui, la bonne formule doit paraître généreuse à 11 ou 12 €, pas simplement coûteuse.

Combien reste-t-il sur un sandwich vendu 8 € ?

Sur un sandwich vendu 8 €, il peut rester autour de 5 € après les seules matières premières, mais ce montant est encore très loin du bénéfice réel.

Dans une restauration rapide bien tenue, le coût des matières tourne souvent autour de 25 à 35 % du chiffre d’affaires HT. À 30 %, un produit vendu 8 € consomme donc environ 2,40 € de matières en ordre de grandeur.

Ensuite arrivent les salaires, le loyer, les emballages, l’électricité, les pertes alimentaires, les frais de carte bancaire, l’entretien, l’assurance, la comptabilité et éventuellement la livraison.

La Mie Câline fournit ici un repère intéressant : le réseau affiche actuellement 62 % de marge brute moyenne. Autrement dit, environ 38 % du chiffre d’affaires part dans le coût des marchandises de son modèle. C’est plus élevé que certaines cibles génériques de restauration rapide, ce qui rappelle qu’un sandwich, une viennoiserie, une boisson et une formule n’ont pas du tout le même coût matière.

Le sandwich peut donc afficher une belle marge brute tout en appartenant à un magasin qui gagne très peu d’argent.

Où partent 40 000 € de chiffre d’affaires dans une sandwicherie ?

Sur 40 000 € HT de ventes mensuelles, les matières et le personnel peuvent facilement absorber à eux seuls 24 000 à 28 000 €.

Les repères utilisés aujourd’hui en restauration placent généralement le coût matière autour de 25 à 35 % du CA HT et la masse salariale autour de 30 à 40 %. Leur addition, souvent appelée « prime cost », devient dangereuse lorsqu’elle dépasse durablement environ 65 %.

Nous avons construit ci-dessous un scénario de sandwicherie plutôt bien exploitée. Ce n’est pas une moyenne officielle ; l’objectif est de voir ce que deviennent concrètement 40 000 € de ventes.

Poste mensuel Hypothèse Montant
Chiffre d’affaires HT 100 % 40 000 €
Matières et emballages 30 % 12 000 €
Personnel chargé 32 % 12 800 €
Loyer et charges du local 8 % 3 200 €
Énergie, entretien, assurances 5 % 2 000 €
Banque, caisse, comptabilité, logiciels 2 % 800 €
Marketing et promotions 2 % 800 €
Pertes et autres frais 4 % 1 600 €
Résultat avant impôt 17 % 6 800 €

Ce scénario est volontairement performant. Un point de vente moins productif peut perdre plusieurs points de marge très vite : 2 000 € de masse salariale supplémentaire, 800 € de gaspillage et 1 000 € de commissions de plateformes font déjà disparaître plus de la moitié des 6 800 €.

Un salarié de trop peut-il faire perdre l’argent d’une sandwicherie ?

Oui, une sandwicherie peut être pleine à midi et rester peu rentable si elle paie trop d’heures de personnel sur l’ensemble de la journée.

Le coût du travail est devenu encore plus sensible récemment. Le Smic brut horaire est passé à 12,31 €, soit 1 867,02 € brut par mois pour 35 heures. L’UMIH souligne que cette hausse a même dépassé plusieurs minima prévus dans les grilles de la restauration rapide.

Pour l’employeur, le coût réel d’un temps plein dépasse évidemment le salaire brut affiché. Un poste supplémentaire représente donc plusieurs dizaines de milliers d’euros par an.

Le problème particulier d’une sandwicherie vient de ses pics. Il faut parfois quatre personnes entre 11 h 45 et 13 h 45, alors que deux suffiraient à 15 heures. Une organisation capable de préparer avant le rush et de concentrer les heures payées sur les bons créneaux peut gagner plusieurs points de marge sans vendre un sandwich supplémentaire.

C’est aussi pour cela qu’un propriétaire très présent en production obtient souvent un résultat apparent supérieur à celui d’un investisseur absent. Une partie de cette différence rémunère simplement les nombreuses heures qu’il effectue lui-même.

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Quel loyer maximum une sandwicherie peut-elle supporter ?

Pour une sandwicherie, nous essaierions de maintenir loyer et charges locatives sous environ 8 à 10 % du chiffre d’affaires HT prévu.

À 30 000 € de CA HT mensuel, 8 % représentent 2 400 €. À 50 000 €, le même ratio permet 4 000 €. Un loyer de 3 500 € peut donc être très raisonnable dans une grosse rue commerçante et beaucoup trop lourd dans un emplacement générant 25 000 € de ventes.

Voilà pourquoi comparer uniquement les loyers au mètre carré aide peu un porteur de projet. Un local de gare à 5 000 € peut être formidable s’il génère 250 tickets quotidiens. Un local à 1 500 € sans bureaux, lycée, gare, commerces ou flux piétonnier autour peut coûter plus cher économiquement puisqu’il manque de clients.

Pour une sandwicherie, nous préférerions presque toujours payer un peu plus cher un flux démontrable plutôt que choisir le local le moins cher de la ville.

Uber Eats et Deliveroo font-ils vraiment gagner plus à une sandwicherie ?

La livraison peut augmenter le chiffre d’affaires d’une sandwicherie, mais une dépendance forte aux plateformes peut manger une grosse partie de la marge.

La grille publique d’Uber Eats en France est très parlante. L’offre Marketplace Standard affiche actuellement 30 % de frais de service, et Premium 33 %. Les commandes à emporter passées par la plateforme sont facturées moins cher, à 15 %.

Sur une commande livrée de 20 €, 30 % correspondent déjà à 6 €. Si les produits coûtent ensuite 6 € à fabriquer, nous avons consommé 12 € sur les 20 € avant la main-d’œuvre, le loyer et les autres frais.

Pour autant, une commande livrée à 15 heures, quand l’équipe est déjà payée et la cuisine disponible, peut rester intéressante. La livraison devient beaucoup plus gênante lorsqu’elle remplace des ventes directes que le commerce aurait pu réaliser au comptoir.

Nous regarderions donc la part du CA provenant des plateformes avant de nous enthousiasmer devant le chiffre d’affaires total d’une sandwicherie à vendre. Deux établissements affichant 50 000 € par mois peuvent avoir des rentabilités très différentes si l’un réalise 5 % de ses ventes en livraison et l’autre 40 %.

Une sandwicherie est-elle encore un bon business en France aujourd’hui ?

Oui, une bonne sandwicherie peut encore être un très bon commerce, mais le marché actuel pardonne beaucoup moins les mauvais emplacements et les structures de coûts trop lourdes.

La demande reste énorme. Les 200 principales enseignes de restauration rapide suivies par France Snacking cumulent 21,6 milliards d’euros de chiffre d’affaires et ont encore progressé de 4,2 % sur le dernier exercice publié, même si une partie de cette hausse vient des ouvertures et du changement de périmètre. Les boulangeries-sandwicheries avaient déjà atteint autour de 4 milliards d’euros de ventes dans les données précédentes du secteur.

En parallèle, la fréquentation devient plus difficile à gagner. Les dernières données européennes de Circana reprises par France Snacking montrent un recul de 0,5 % des visites hors domicile dans les cinq grands marchés européens, avec une France sous pression. Le secteur français se bat davantage sur les promotions, les prix et la valeur perçue.

Les comptes des restaurants racontent la partie la moins confortable. Le récent Observatoire UMIH–Ordre des experts-comptables constate un recul du chiffre d’affaires dans 95 départements sur 98 au deuxième trimestre étudié. L’UMIH évoque également environ 25 fermetures par jour dans la restauration et plus d’un quart des établissements avec un résultat négatif.

Il y a donc beaucoup de clients, énormément de concurrence et moins de place pour l’à-peu-près.

Les titres-restaurant aident-ils toujours autant les sandwicheries ?

Les titres-restaurant restent importants pour les sandwicheries du midi, mais une part croissante de cet argent part désormais vers les supermarchés.

C’est un sujet très concret pour un commerce installé près de bureaux. Selon l’UMIH, la part des supermarchés dans l’utilisation des titres-restaurant est passée de 31,5 % en 2022 à plus de 40 % aujourd’hui. L’organisation professionnelle estime à près d’un milliard d’euros le manque à gagner associé pour les restaurateurs.

Le phénomène rejoint un autre chiffre intéressant : 45 % des actifs interrogés dans les données présentées par France Snacking apportaient leur déjeuner au bureau. Une sandwicherie ne se bat donc plus seulement contre la boulangerie d’en face, le kebab ou le fast-food. Elle concurrence aussi le repas préparé à la maison et le déjeuner acheté au supermarché.

Cela favorise les offres qui donnent une vraie raison de sortir : produit chaud, préparation minute, recette difficile à reproduire, formule généreuse ou service extrêmement rapide. Un sandwich froid banal vendu cher a beaucoup plus de mal à gagner ce combat aujourd’hui.

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Combien faut-il vendre chaque jour pour gagner 5 000 € par mois avec une sandwicherie ?

Pour viser environ 5 000 € de résultat mensuel, nous chercherions plutôt une sandwicherie capable de générer autour de 40 000 à 50 000 € HT par mois avec une bonne maîtrise des coûts.

Avec une marge nette de 10 %, il faut 50 000 € HT de chiffre d’affaires pour obtenir 5 000 €. À 12,5 %, 40 000 € suffisent. Avec seulement 8 %, il faut monter à 62 500 €.

Ensuite, nous pouvons convertir cet objectif en clients. À 12 € TTC par passage et 26 jours d’ouverture, 150 clients donnent 46 800 € TTC par mois. Avec un panier de 14 €, 130 clients suffisent pour atteindre 47 320 €. À seulement 9 €, il faudrait 200 clients par jour pour arriver à 46 800 €.

Panier moyen TTC Clients/jour CA TTC mensuel sur 26 jours
9 € 120 28 080 €
10 € 120 31 200 €
11 € 130 37 180 €
12 € 150 46 800 €
13 € 150 50 700 €
14 € 130 47 320 €
14 € 160 58 240 €
15 € 180 70 200 €

Ces calculs montrent pourquoi le panier moyen et le débit doivent être étudiés ensemble. Une sandwicherie premium à 14 € n’a pas besoin du même flux qu’un comptoir vendant principalement des produits à 8 ou 9 €.

Quel chiffre d’affaires minimum faudrait-il prévoir avant d’ouvrir une sandwicherie ?

Pour un projet avec local commercial et plusieurs salariés, un prévisionnel durablement inférieur à 25 000 € mensuels nous inquiéterait ; autour de 35 000 à 45 000 €, l’économie commence à devenir beaucoup plus convaincante.

Imaginons 25 000 € HT de chiffre d’affaires. Avec 30 % de matières, 7 500 € partent immédiatement. Une masse salariale à 35 % en absorbe 8 750 €. Un loyer à 9 % coûte encore 2 250 €. Il ne reste que 6 500 € pour payer l’énergie, les assurances, les frais bancaires, la comptabilité, les réparations, le marketing, les commissions éventuelles, les intérêts, les pertes et le résultat du dirigeant.

Une partie de ces dépenses ne double pas lorsque les ventes passent de 25 000 à 40 000 €. C’est là que le volume commence à vraiment aider.

Avant une ouverture, nous chercherions donc beaucoup plus à prouver 120 ou 150 tickets quotidiens qu’à produire un joli business plan annuel. Compter les passants à différentes heures, observer les files des concurrents, regarder les bureaux et écoles autour du local et tester les prix acceptables apporte souvent davantage qu’une moyenne nationale de chiffre d’affaires.

Alors, combien rapporte vraiment une sandwicherie par mois aujourd’hui ?

Aujourd’hui, une sandwicherie indépendante sérieuse peut faire autour de 25 000 à 50 000 € de chiffre d’affaires TTC par mois et laisser environ 2 500 à 6 000 € mensuels à une exploitation bien tenue ; les meilleurs emplacements peuvent aller beaucoup plus haut.

Nous placerions le cœur d’un bon projet autour de 100 à 150 clients quotidiens minimum, avec un panier proche de 10 à 13 €. À 150 clients dépensant 12 € sur 26 jours, le commerce réalise 46 800 € TTC mensuels. Avec des coûts correctement maîtrisés, ce niveau commence à permettre une vraie rémunération du dirigeant.

Il faut surtout éviter de prendre les performances des meilleurs réseaux pour une moyenne. Comme nous l’avons vu plus haut, La Mie Câline approche 73 000 € HT de ventes mensuelles par magasin et 464 clients quotidiens, tandis que ses franchisés seuls gagnent en moyenne autour de 70 000 € par an en salaire et dividendes dans les magasins matures. Ce sont les chiffres d’une grosse machine commerciale, avec une dizaine de salariés par unité.

Pour un indépendant, 30 000 € mensuels peut déjà constituer une bonne petite affaire si le propriétaire travaille dedans, paie peu de loyer et limite son équipe. À 50 000 €, le potentiel devient nettement plus intéressant. Et une sandwicherie à 60 000 € peut encore décevoir si une masse salariale trop lourde, un loyer premium et 30 % de commissions de livraison engloutissent les ventes.

Si nous devions retenir un seul ordre de grandeur pour un porteur de projet, ce serait celui-ci : une sandwicherie qui fonctionne vraiment bien ne met pas 30 000 ou 40 000 € par mois dans la poche de son patron. Elle peut en revanche transformer ce niveau de ventes en quelques milliers d’euros de revenu mensuel, et les meilleures affaires dépasser 5 000 € de façon durable. Aujourd’hui, c’est déjà une excellente sandwicherie.

SOURCES ET MÉTHODOLOGIE

Cette analyse cherche à déterminer combien une sandwicherie peut réellement rapporter en France aujourd’hui. Il n’existe pas de chiffre unique : selon les sources, on parle de chiffre d’affaires, de résultat de l’entreprise, de revenu du dirigeant ou de performance d’un réseau établi. Nous avons donc croisé plusieurs types de données plutôt que de chercher une moyenne artificiellement précise.

Nous avons décomposé l’économie du point de vente en quelques variables concrètes : nombre de clients, panier moyen, jours d’ouverture, coût matière, masse salariale, loyer, commissions de livraison et résultat final. Les calculs présentés dans l’article sont des scénarios construits à partir de ces repères, pas des moyennes nationales officielles.

Les performances de La Mie Câline servent de benchmark opérationnel réel pour le chiffre d’affaires par magasin, le nombre de clients quotidiens, la marge brute, les effectifs et la rémunération des franchisés. Nous les utilisons comme point haut crédible, pas comme scénario de base pour une sandwicherie indépendante.

Pour mesurer la pression actuelle sur la rentabilité, nous nous appuyons notamment sur l’Observatoire économique de la restauration de l’UMIH et de l’Ordre des experts-comptables, fondé sur les comptes et déclarations de TVA de près de 180 000 entreprises. Les données de l’UMIH sont également utilisées pour les fermetures, les résultats négatifs et l’évolution de l’usage des titres-restaurant.

Le Smic est repris à partir du ministère du Travail, et les minima conventionnels de la restauration rapide à partir de Légifrance. Les commissions de livraison sont vérifiées sur les grilles publiques d’Uber Eats et rapprochées des ordres de grandeur publiés par France Num.

Pour le marché et la fréquentation, nous utilisons France Snacking, notamment son Top 200 de la restauration rapide, ses analyses de la valeur perçue et les données Circana sur les visites hors domicile. L’Observatoire Cetelem / Harris Interactive sert de référence pour la part des actifs qui apportent leur déjeuner au travail.

Nous avons séparé systématiquement chiffre d’affaires TTC, chiffre d’affaires HT et résultat afin d’éviter de mélanger prix payé par le client et performance économique du commerce. Nous distinguons aussi vente directe et vente via plateforme, puisque deux établissements réalisant le même chiffre d’affaires peuvent avoir des marges très différentes.

Parmi les principales sources utilisées : La Mie Câline, UMIH / Ordre des experts-comptables, UMIH sur les marges et résultats du secteur, ministère du Travail sur le Smic, Légifrance sur les minima conventionnels, Uber Eats sur les frais Marketplace, France Num sur l’économie de la livraison, France Snacking sur le Top 200, France Snacking / Circana sur la fréquentation, Observatoire Cetelem / Harris Interactive, UMIH sur les titres-restaurant, ministère de l’Économie sur les règles des titres-restaurant, Insee sur la structure économique de la restauration, Direction générale des Entreprises sur la filière restauration, Insee sur la restauration rapide et BOFiP sur la TVA applicable aux produits alimentaires.

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